04 août 2017

La planète bleue est en forme (mais les humains?)

Imaginons écrivait Buffon dans son grand ouvrage consacré à la Nature que l'on décidât de ne plus manger de poissons, en particulier des harengs, eh bien remarquait cet illustre naturaliste cette espèce possède un tel degré de reproduction qu'elle recouvrirait rapidement l'espace des océans, et, partant s'autodétruirait n'ayant plus de surface pour se déployer.

Il en en a toujours  été de même avec les lapins et aujourd'hui les sangliers et les cormorans ; même le nombre des loups doit être régulé au grand dam des idéologues qui se moquent comme une guigne de l'égorgement croissant des moutons voulant voir ceux-ci disparaître au même titre que les vaches alors qu'ils participent à l'écologie de la prairie. Ne culpabilisons donc pas si nous mangeons de la viande (Hitler était végétarien) c'est même salutaire pour la santé en particulier des nourrissons, du moins avec modération

Ce catastrophisme ambiant n'est pas nouveau. Il est à vrai dire séculaire. Un millénarisme parmi d'autres. En 1972, quelques années avant précisément le passage à notre second millénaire, le Club de Rome avait déclaré graphiques d'exponentielles à l'appui qu'au train où cela allait les humains courraient tout droit vers la catastrophe.

René Dumont n'avait de cesse tel le prophète Philippulus dans Tintin et l'étoile mystérieuse d'annoncer la fin du monde et une probable famine généralisée. Bien sûr, n'était aucunement pris en compte l'impact dramatique des régimes politiques, le régime communiste par exemple a fait bien plus de dégâts écologiques que le plus pire des États "capitalistes"(destruction de la mer d'Aral) puisque là au moins une opinion se mobilise et exige l'imposition de filtres anti-pollution et la hausse des critères petit à petit a permis d'avoir le degré actuel. Londres, Paris, Lyon, c'était Pékin aujourd'hui au début du XX° siècle, cela n'a plus rien à voir maintenant. Dans la Seine une trentaine d'espèces de poissons existe actuellement contre moins d'une dizaine il y a trente ans.

Qu'en est-il en effet aujourd'hui ? Il y a de quoi de nourrir au moins deux fois le nombre d'humains du moins si l'on réformait l'agriculture mondiale de telle sorte que l'on sache tirer le bilan d'une agriculture par trop intensive se faisant au détriment de la qualité, épuisement des terres comprises.

Par ailleurs, la Terre n'a jamais été aussi verte ; le Sahel reverdit par endroits on le sait, la banquise, même au Nord, ne diminue pas contrairement aux propos de certains navigateurs ayant fait des constats en…été et confondant état donné et variabilité naturelle qu'il faut souvent calculer sur une décade voire plusieurs ; les ours polaires vont bien et même sont en augmentation. L'été actuel n'est pas plus chaud (dans le sud) que celui de 1911, et d'autres évènements "chauds" de cette sorte ont eu lieu dans les siècles précédents (par exemple au XVIII° siècle durant trois années consécutives).

Certes, le processus centralisateur et uniformisant de la "mégalopole" a des effets négatifs multiformes, dont cette foule solitaire narcissique qui pense bien plus à (se)consumer qu'à consommer "intelligemment", sans parler des gaspillages, des déchets de son océan dont personne se soucie ou à peine au large du Panama; observons d'ailleurs que les mêmes qui dénoncent ce processus sont les premiers à le favoriser en aggravant la césure centre/périphérie qui ne se situe plus seulement désormais entre pays développés et sous-développés, mais au sein même des villes, autrefois creuset de l'émancipation sociale et culturelle aujourd'hui son tombeau tant les nouvelles élites politico-culturelles et spéculatives ont fait main basse sur les centre villes transformées en vastes zones piétonnières matricées de restauration de vestiges musées-pompes à fric et en magasins de marque, se donnant bonne conscience en distribuant quelques subsides à la "diversité culturelle" en réalité elle-même devenue une panoplie de plus (malgré ses revendications sur le colonialisme et l'esclavage uniquement "occidental" bien sûr) une réserve à sioux ou à zoulou dans cet incroyable zoo urbain que sont devenus ces centre-villes peuplés de "particules élémentaires" se jalousant les unes les autres (ainsi cette américaine parlant d'appropriation culturelle pour celles et ceux qui portent des tresses africaines)…

Nous nous envoyons à nous-mêmes des cacahouètes par la surconsommation compensatrice lorsque nous déambulons dans cette restauration high tech du monde dit "ancien" ; nous sommes ainsi réduits à être les spectateurs d'un monde pourtant si décrié (puisque issu de la fameuse "Domination"qu'une "vraie" révolution supprimerait "définitivement") par ceux-là mêmes qui la reproduisent de manière subtile (cachés derrière la formule "lutte contre les inégalités") qui en vivent bien aujourd'hui (mais pas autant qu'une star de foot ou du vingt heures ce qui les enragent) ; ils se vengent alors avec l'impôt super progressif, planqués dans les nouvelles forteresses culturelles et médiatiques protégées par les horodateurs sur-nourris et autres ponts-levis et herses invisibles à l'oeil nu mais bel et bien là via les réseaux ad hoc du in et du off, insiders, outsiders

Malgré cela, la misère a diminué dans le monde et celle-ci n'a rien à voir avec ledit réchauffement climatique. Prenez le cas du Venezuela et de la Corée du Nord, de l'Algérie, de divers pays en guerre civile en Afrique, leur misère actuelle est-elle due audit réchauffement climatique ? Vraiment? C'est ce que tentent pourtant de faire croire certains de leurs dirigeants avides de toucher une part des cent milliards de dollars annuels prévus à cet effet par la COP21.

Mais, au fait, qui va payer ? Vous. Car ce qui se profile derrière ce sont des centaines de milliards de dollars liés à ladite "transition énergétique" visant à investir de l'argent public donc des impôts dans les démantèlements de centaines de centrales condamnées et la construction de centaines d'autres jugées aptes à se connecter au "smartgrid"; même nos dits "insoumis" font parties de la panoplie, on les voit bien d'ailleurs les démanteler et en construire d'autres avec la scie à métaux et le masque anti-particules fines voilà les nouveaux "emplois" qu'ils proposent : déconstruire après la nation et sa culture ces centrales nucléaires qui ne produisent aucun CO2 et qui ont plusieurs décennies encore devant elles alors que lesdites énergies renouvelables ont actuellement un rendement infime, tandis que les centrales à charbon allemandes continuent à nous polluer à tout va, mais tout cela est démenti bien sûr, et, surtout, cerise sur le gâteau, hautement manipulateur : en effet, le projet de fermer dix-sept centrales nucléaires de M. Hulot consiste à faire baisser en réalité la consommation d'électricité, pour d'une part forcer l'investissement dans ledit "renouvelable" mais aussi à introduire des rationnements non dits, de la frugalité idéologique, à réserver la production publique aux réseaux "smartgrid", ceux du centre, à l'élite bio-techno bien au chaud derrière sa forteresse médiatique, tandis que le reste de la population va revenir à la bonne vieille habitude des gros pulls l'hiver et des remèdes anti-chaleur à base de torchons humides et de courants d'air, tout en faisant le coup du mois le plus chaud alors qu'il n'en est rien comme il a été indiqué plus haut.

Tout cela est bien entendu contradictoire. Pousser à la consommation des vestiges d'un monde tant décrié d'un côté, tout en sommant à consommer "autrement" jusqu'à nuire à sa santé de l'autre côté sont les ingrédients de l'idéologie dominante actuelle qui cherche de plus en plus l'hégémonie moins par la libre discussion que par la coercition insidieuse, on écarte les mauvais pensants, on coupe le crédits aux labos et chercheurs récalcitrants tel Marcel Leroux (qui en est sans doute mort d'ailleurs) et Claude Allègre ne va pas bien. N'oublions pas, à lire Philippe Robrieux, que les exclus du PCF perdaient tout : statut, amis, femme, de quoi entrer en dépression… Heureusement qu'une poignée, toujours, résiste.

Bis repetita aujourd'hui. La Terre, elle, du haut de ses milliards d'années passées et avenir doit s'en moquer, même si les idéologues actuels osent parler en son nom.


11 juin 2017

État du monde: qui peut pallier la faillite onusienne?

Il est aisé de se gausser de Trump voire de le vilipender vertement parce qu'il ne ferait au fond que jeter de l'huile sur le feu par son intervention sur une base syrienne soupçonnée d'avoir abrité des avions porteurs de bombes chimiques ; sauf que cette vieille critique de "l'huile sur le feu" qui en fait tend à faire croire que ce geste seul aurait créé le feu laisse supposer également que sans aucune action américaine, le monde irait bien mieux en général, le Proche Orient en général, le Venezuela en particulier.

En gros la poussée de fièvre de l'islam en crise (depuis des lustres) serait un produit occidental, voire américano-sioniste ; idem pour Maduros qui voit la patte américaine au coeur d'un Venezuela pourtant aujourd'hui en perdition ; où l'on voit alors là comment les narratifs d'extrême gauche et d'extrême droite se retrouvent, ce qui est leur droit, sauf que leur argumentation reste fausse : l'offensive islamophile actuelle n'a rien à voir avec l'Occident, ni même avec Israël, sinon le seul fait que leur présence en effet dérange. Quant à la hausse actuelle de l'antisémitisme, l'origine de ce dernier ne provient pas de la réémergence d'Israël, il était là bien avant dans le monde, y compris dans les textes islamophiles, (Bensoussan l'a rappelé et il a été traîné en justice, et, acquitté, la puissance publique a fait appel !)

Il faut en fait aujourd'hui renverser cette analyse archi-fausse produite encore à foison par cet anti-occidentalisme multiforme qui repose au fond sur l'idée elle aussi vieillie que l'Europe puis les USA auraient en quelque sorte coloniser le monde pour empêcher toute autre forme de civilisation que la pax occidentalis diffractée aujourd'hui en pax europa et pax america. Comme si la colonisation arabo-musulmane n'avait jamais existé, ni la colonisation japonaise, aujourd'hui chinoise…

C'est plutôt parce que l'Occident, au-delà de ses imperfections, prouve qu'un autre monde plus soucieux de liberté d'égalité de fraternité bref de justice, existe, que précisément les autres modèles "concurrents", qui ont tous échoué néanmoins, tentent de le supprimer ou tout le moins cherchent à le discréditer. Certes des velléités nihilistes le sapent de l'intérieur en faisant croire que le technicisme le libertinage et la licence seraient son seul héritage, cataloguant de "conservateurs" voire de "réactionnaires " et autres adages "populistes" les discours stipulant que l'héritage occidental ne peut être réduit à ces tentatives somme toute marginales, même si du fait de la démocratisation médiatique, leurs vulgarisateurs en dominent les circuits comme autrefois à l'époque du sophisme triomphant dans une Grèce (déjà) en crise.

Mais ce problème n'est pas ici le point à traiter : faut-il laisser passer et laisser faire des atrocités au seul nom de la souveraineté et des rapports de force ? À ce compte là les USA et le Canada n'auraient jamais dû intervenir durant les première et seconde guerre mondiales. Il est sûr que pour ceux qui croient encore que Pétain était réellement porteur d'une révolution nationale ou que le CNR aurait reconstruit la France, le fait toujours de montrer du doigt "l'Amérique" reste un réflexe pavlovien palliatif comme cela se voit encore dans l'actuelle campagne présidentielle française.

Plus strictement dit, si l'idée de civilisation existe au sens d'élévation vers un affinement de soi, et si, découlant de cette définition, l'idée de valeurs objectives communes existe (ne serait-ce que respecter sa signature au bas d'un contrat) alors il aurait fallu que les pays s'étant réunis sous le label "nations unies" respectent cette idée d'unité reposant sur une Charte, universelle, celle observant au fond qu'il existe certes des droits citoyens, mais aussi des droits humains. Ce qui implique que dans certaines circonstances les premiers ne peuvent être privilégiées sur les seconds, sauf à accréditer l'idée que puisqu'une majorité donnée a voté pour un pouvoir exterminateur alors celui-ci aurait le "droit" d'éliminer toute population honnie. Sous l'Allemagne nazie comme sous la Russie communiste.

Certes, récemment, il a été fait état que l'intervention américaine lors de la seconde guerre du Golfe aurait tué des "millions" d'irakiens, sauf que cela n'est guère tangible au vu des faits aujourd'hui à disposition ; gageons que les anti-américains patentés qui sont légions et bien introduits auraient depuis longtemps exhibé les "preuves" alors que le massacre à grande échelle de chiites et de kurdes était bien avéré à l'époque sans que cela n'émeuvent beaucoup les partisans de la suprématie "über alles" du principe "citoyen".  Tout en oubliant que Saddam Hussein avait basculé dans l'islamophilie offensif (amorcé lors de la première guerre du Golfe) et que les certes profondes maladresses de l'administration Bush ont été cependant aggravées par Obama lorsqu'il décida de quitter prématurément l'Irak, ou de ne rien faire en Libye.

Mais, encore une fois, le problème n'est pas seulement là. Il s'observe aussi et surtout dans l'insuffisance notoire des instances mondiales beaucoup plus obnubilées à soutenir des visions partisanes ou dépassées. Par exemple le fait de poser l'existence d'Israël comme la cause numéro un des difficultés actuelles du Proche et Moyen Orient d'une part, et le fait, d'autre part, de ne pas voir que c'est bel et bien la mauvaise gouvernance des États en Afrique et en Amérique du Sud qui reste source des déséquilibres grandissants comme cela se voit au Venezuela, au Mozambique, en Afrique du Nord et ailleurs, quoiqu'en disent les mélenchonistes.

Néanmoins, faut-il pour autant se cantonner à des voeux pieux sur la nécessaire refonte des instances internationales ? Certes les plus transis des partisans de la "citoyenneté mondiale" en appellent à l'existence d'un "impôt mondial" en particulier sur les FTN comme les GAFA, sauf que ce point, pas inintéressant en soi si l'on veut en effet trouver des fonds pour renouveler les instances mondiales, repose toujours sur la même vision manichéenne voyant dans le "Nord" la cause des problèmes du "Sud" alors que ce dernier, avec, certes, la complicité d'une part du premier, reste, toujours, la cause de ses propres manquements, préférant la corruption (en effet alimentée par l'affairisme occidental) et le soutien à l'islamophilie (lui aussi soutenu en Occident) pour contenir des populations très jeunes, avides, elles, de démocratie, de liberté, et ne voyant comme seule issue que l'immigration pour s'en sortir. Or, ce dernier point implique précisément de fonder une autre vision des rapports internationaux avant même d'envisager sa superstructure institutionnelle mondiale.

Certains critiquent il est vrai et avec parfois de justes observations cette vision trans-souverainiste en la taxant de "mondialiste " alors qu'elle est, au-delà de ses travers et manques (du fait même aussi de ce manque de coopération mondiale effectif) plutôt universaliste au sens français : c'est-à-dire non pas idéaliste au sens communiste religieux ou aujourd'hui boboiste, mais de type à la fois géopolitique et pragmatique : autrement dit, au-delà de son fond morphologique eschatologique (les sociétés basées sur la liberté et la justice sont objectivement plus durables et plus tournées vers le bonheur, non réductible au consumérisme, que les autres) il s'avère qu'il ne suffit cependant pas d'être plus ferme sur les frontières, même retrouvées ; car ce souverainisme supposé reconstitué ne sera pas à même d'enrayer les mouvements mondiaux de population et de mutations technologiques, surtout si n'est pas en même temps pensé à la source ce qui empêchent les politiques de coopération et de codéveloppement préservant à la fois la continuité historique des nations et leur prospérité mutuelle.

Certes, cet universalisme, là, ce que je nomme l'universel morphologique propre à une néo-modernité renouvelée, au sens de ne pas se contenter d'imposer un universel supposé "véritable", mais de démontrer la nécessité d'un universel aussi indispensable que l'électricité et la lutte contre les maladies parasitaires, nécessite une diplomatie capable de comprendre que Rome ne s'est pas faite en un jour pas plus que le monde vivant y compris perçu dans la vision créationniste.

Aussi est-il nécessaire d'impulser à la fois une profonde transformation en profondeur des structures onusiennes afin de les dégager des idéologies tiers-mondistes technicistes et affairistes et, en même temps, de continuer à opérer une politique dite des "petits pas" propres à toute diplomatie digne de ce nom.

En ce sens, il convient par exemple de reprendre langue avec la Russie pour que les discussions autour des problèmes syriens n'excluent aucune des parties (hormis les djihadistes) et qu'elles soient réellement médiatisées afin que l'opinion mondiale puisse suivre en temps réel la teneur des difficultés (une demande innovante des Guyanais français qui hélas n'a pas pu prendre corps). De même le différent israélo-arabe doit être analysé en son fond et à ciel ouvert, aussi l'UNESCO devant revoir sa copie en la matière tant sa position unilatéralement pro-palestiniste nuit à l'émergence d'une solution partagée et durable.

Enfin, et toujours à titre d'exemple, les politiques unilatérales et intérieures pakistanaises, iraniennes, saoudiennes, nord coréennes, russes, chinoises, turques, doivent être saisies de manière à la fois globale et spécifique en ce sens qu'elles doivent être critiquées au nom des valeurs objectives morphologiques communes au lieu de toujours cacher la poussière des violations multiformes des droits humains sous le tapis commode de la "souveraineté".

En même temps, il s'agit aussi de tenir compte de la réalité des problèmes : ainsi s'il n'y avait pas un wahhabisme agressif avalisé par l'OCI (et soutenu par certains pays occidentaux) le chiisme version khomeyniste ne ferait peut-être pas de telles surenchères anti-israéliennes afin de se montrer meilleur État musulman ; de même les compromissions des élites pakistanaises avec une islamophilie agressive sont nourries également par le même wahhabisme s'appuyant sur le relativisme affairiste occidental lui-même nourri d'un orientalisme à la Lawrence d'Arabie qui continue à faire tant de mal, poussant le Pakistan vers l'implosion.

Idem concernant la Corée du Nord où il serait bon plutôt de la menacer seulement de l'intégrer surtout dans un processus global de coopération multiforme, même s'il n'est pas contradictoire non plus de la défier déjà au niveau symbolique en la poussant à discuter la validité de ses prises de position sur sa conception plus globale des droits humains.

Ce défi symbolique devrait être d'ailleurs généralisé. Or, il est généralement sous-estimé, y compris au niveau universitaire d'ailleurs (qui connaît, hormis ceux de Baudrillard, et, plus lointain, de Marcel Mauss, ou plus récents de Michel Maffesoli, les travaux de Gilbert Durand et aujourd'hui de Jean-Jacques Wunenburger en la matière ?). L'univers symbolique, aujourd'hui certes rétréci à sa dimension idéologique et consumériste (on consomme toujours via des paradis artificiels alimentés par la pub et la culture de plus en plus médiatique) et regonflé artificiellement via un écologisme simplificateur et un transcendantalisme orienté, n'en reste pas moins une dimension fondamentale constitutive de notre rapport au monde puisqu'il structure sur nos comportements et perceptions.

Si l'opinion mondiale savait ce qui s'était réellement passée durant la présence française en Algérie, ce qui s'est réellement passé en 1947, mais aussi dans les années 20 et 30 dans ladite "Palestine" occupée par les Anglais après l'avoir été par la Turquie durant des siècles sans parler de l'occupation arabo-musulmane supplantant l'occupation byzantine et romaine, on en saurait bien plus sur les problèmes d'aujourd'hui à savoir déjà que la présence juive précède et de loin la Shoah.

Il est d'ailleurs étonnant, à moins que l'Histoire ne soit plus considérée comme une science (toute comme l'économie la politique etc…) que l'on ne prenne au sérieux ces problèmes uniquement lorsqu'ils sont niés. Or, ledit "devoir de mémoire" ne signifie pas seulement faire un travail d'archivistes mais aussi de politique au sens entier et plein du terme comprenant dans ce cas en plus de l'idée de "polis" celle aussi de politeia c'est-à-dire d'appartenance : appartenir à la fois à mon quartier ma cité ma région ma nation ma civilisation et aussi mon intersection avec les autres civilisations, ce qui fait angle, et donc permet d'asseoir plutôt le dialogue que la guerre.

Il faudrait ainsi arriver à poursuivre l'effort de Coubertin transmuant l'énergie négative de la politeia (déjà observée par Leo Strauss lorsqu'il étudie les écrits politiques d'Aristote à savoir poser le "meilleur" y compris par la guerre létale) en énergie douce et durable celle du sport. Comment ? Le "doux commerce" façon Montesquieu repris par Wilson après la première guerre mondiale ne suffit pas et même a été contreproductif puisqu'il ne fallait pas laisser l'Allemagne à ses démons en continuant son occupation le temps qu'elle se calme. Il faut non seulement des projets communs mondiaux, mais aussi des défis des joutes qui permettraient tel le potlach de consumer l'énergie guerrière en énergie créatrice. Cela se fait certes dans l'innovation le sport, la musique, le cinéma. Mais pourquoi pas aussi dans le monde de la Théorie ? Cela serait utile qu'au niveau mondial de vastes plate-formes médiatiques puissent impulser des confrontations autrement que par le biais de colloques spécialisés.

Aujourd'hui par exemple la question de la santé, mentale y compris, la question du climat, la question de la bonne vie, sont des questions qui devraient être débattues mondialement ; autrement l'on verra de plus en plus des discours refusant la confrontation pacifique, comme le discours islamophile actuel (voir à ce propos le dernier livre de Pierre-André Taguieff, l'islamisme et nous), mener des campagnes anti-vaccin, anti-omnivore, anti-chrétien, anti-juif, ce qui implique en effet des discussions aussi sur la transcendance car il est dit beaucoup de choses fausses, ce qui veut dire que les "fake news" d'aujourd'hui ne sont au fond que la pâle copie de "fake explanations" d'hier effectuées sur divers problèmes et conflits qui en s'aggravant continuent leur ravage tel ce dernier attentat dans une église copte ce dimanche des Rameaux, symbole de paix, universelle, elle.

 
9 avril 2017


02 juin 2017

«Que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi»

L’appel de 17 intellectuels

TRIBUNE – Dans un texte publié en exclusivité dans Le Figaro, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Élisabeth Badinter, Marcel Gauchet et d’autres personnalités* appellent à ce que toute la lumière soit faite sur la mort de cette Française de confession juive tuée aux cris d’«Allah akbar». Ce crime d’une barbarie rare, qui a eu lieu en pleine campagne présidentielle, a reçu peu d’attention des médias.

Le 4 avril dernier, Sarah Halimi, Française de confession juive, âgée de 65 ans, mère de trois enfants et retraitée, a été torturée à son domicile aux cris d’«Allah akbar» puis défenestrée. La victime vivait dans un HLM du quartier de Belleville depuis une trentaine d’années. Cette nuit-là, son voisin, Kobili Traoré, 27 ans, a pénétré chez elle vers quatre heures du matin, l’a agressée et a commencé ses sévices. «Le rapport de police confirme que ma sœur a subi des actes de torture pendant près d’une heure, il l’a massacrée. Les dégâts sont tels que ma décence ne me permet pas de vous donner des détails», expliquera William Attal, le frère de Sarah Halimi. Une partie de la scène a été enregistrée par un voisin. La bande-son, que possèdent les enquêteurs, confirme le calvaire de Sarah Halimi. Les coups gratuits portés par l’agresseur sont d’une violence extrême. L’autopsie révélera plus d’une vingtaine de fractures sur le corps et le visage de la victime. Tandis qu’il s’acharne sur Sarah Halimi, le criminel la qualifie de «Sheitan» («démon» en arabe). Il déclame des sourates du Coran, crie «Allah akbar» plus d’une dizaine de fois. Les hurlements retentissent jusqu’au rez-de-chaussée de l’immeuble. Personne ne vient en aide à Sarah Halimi. En revanche, des voisins appellent la police, qui se rend sur place, mais n’intervient pas.

 

«Près de deux mois après les faits, la presse commence enfin à relater ce crime qui a eu lieu en pleine campagne présidentielle. Tout laisse penser, dans ce crime, que le déni du réel a encore frappé»

En définitive, après l’avoir torturée pendant près d’une heure, Kobili Traoré traîne sa victime par les poignets et la jette par la fenêtre du troisième étage. Puis, parfaitement calme, il fait une prière. Sarah Halimi elle, gît, morte, dans la petite cour intérieure de l’immeuble. Il est environ 5 heures et demie du matin. Les policiers présents sur place se décident alors à interpeller le criminel. L’arrestation se déroule sans heurt. Considéré comme inapte à être placé en garde à vue, le tueur est interné d’office en hôpital psychiatrique. En matière pénale, si la justice concluait à une «abolition du discernement» de l’auteur des faits, celui-ci serait déclaré irresponsable et ne comparaîtrait pas aux assises.

Pourtant, Kobili Traoré n’a pas d’antécédents psychiatriques. Il a le profil de beaucoup d’islamistes radicaux violents: un passé de délinquant, un casier judiciaire très lourd avec des condamnations multiples dans des affaires de drogues, plusieurs séjours en prison. La veille du meurtre, il avait passé sa journée à la mosquée de la rue Jean-Pierre-Timbaud (XIe), connue pour être un foyer d’islamisme radical. Par ailleurs, Kobili Traoré ne pouvait ignorer la judéité de sa voisine. La retraitée était une femme pieuse qui portait la perruque caractéristique des juives orthodoxes. Ses petits-fils venaient lui rendre visite en kippa. L’une des filles de Sarah Halimi déclare avoir été, dans le passé, traitée de «sale juive» par une des sœurs de l’agresseur de sa mère.

Les faits que nous venons d’exposer ont pour source le rapport de police consacré à l’homicide. Une information judiciaire a été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour «homicide volontaire». Le caractère antisémite du meurtre n’a pas été retenu. Le procureur de Paris, François Molins, a en effet considéré qu’il fallait attendre le résultat de l’enquête avant de se prononcer sur la nature du crime. Pour leur part, les avocats de la victime évoquent «une chape de plomb» et réclament que l’enquête retienne cette circonstance aggravante. Près de deux mois après les faits, la presse commence enfin à relater ce crime qui a eu lieu en pleine campagne présidentielle.
Tout laisse penser, dans ce crime, que le déni du réel a encore frappé. Une question parmi d’autres: pourquoi les policiers appelés sur place par des voisins ne sont-ils pas intervenus dans l’appartement? Auraient-ils eu peur? Nous demandons que toute la vérité soit établie sur le meurtre de Sarah Halimi. Que toute la vérité soit dite sur la profondeur des fractures françaises. Il faut que la politique de l’autruche cesse et que nos dirigeants prennent conscience de ce qui se passe dans le pays. Pour Sarah et sa famille, mais aussi pour la France.

* Liste complète des signataires: Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques ; Pascal Bruckner, philosophe ; Alain Finkielkraut, académicien ; Marcel Gauchet, philosophe ; Noémie Halioua journaliste à «Actualité juive», Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Laignel-Lavastine, philosophe ; Barbara Lefebvre, professeur d’histoire-géographie ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Michel Onfray, philosophe, Céline Pina, essayiste ; Michèle Tribalat, démographe et Paul Thibaud, philosophe et ancien président de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF).

Source :
http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/01/31003-20170601ARTFIG00316-l-appel-de-16-intellectuels-que-la-verite-soit-dite-sur-le-meurtre-de-sarah-halimi.php


02 juin 2017

Neige sur la France : pourquoi les responsables se sont plantés

Hormis la météo, qui avait prévenu, les autres responsables ont été induits en erreur par nombre de "prévisionnistes" dont la DATAR : ce dernier organisme explique par exemple que la Normandie aura d'ici une trentaine d'années un climat proche de celui de… l'Espagne… Les épisodes de neige actuels sont donc considérés non seulement comme transitoires mais liés à un "dérèglement" qui ne contrarie pas la dynamique d'ensemble du "réchauffement" comme il est montré sur la carte (ci-dessus ou ici). Or, pour l'instant en tout cas, cette dynamique "réchauffiste" ne se vérifie pas localement, même si, les médias font grand cas d'un climat global "moyen" qui, lui, se "réchaufferait" alors que certains climatologues comme Marcel Leroux nie l'existence réelle d'une telle moyenne, certains observateurs la relativisent, et que d'autres considèrent que ce n'est pas exceptionnel, que cela n'enlève pas le fait que nous sommes à un stade "interglaciaire" (ce qui veut dire que l'on va plutôt vers le froid) ou encore que la hausse s'est en réalité stoppée en moyenne depuis les années 90.

Mais ce qui importe ici est de rappeler que la plupart des "experts" considéraient que " la neige ne tombera plus" en France (une vidéo de C dans l'air l'expliquait, mais elle a été virée dernièrement du Net, reste le titre…) ; aujourd'hui "ils" expliquent que c'est "exceptionnel", que cela peut même être important à certains moments, mais que dans l'ensemble cela se noie dans une moyenne de réchauffement progressif pariant sur une Normandie chaude en été, et donc une Manche plus clémente qu'actuellement : si c'était vrai cela serait en fait une bonne nouvelle, même si les mêmes parlent de sécheresse, de climat aride, alors que les nappes phréatiques françaises se sont remplies contre toute attente !… En tout cas, pour en savoir plus, allez sur le site Pensée Unique… ce site est décidément de plus en plus d'actualité…

12 mars 2013

Written by Lionel Castériou in: Article Resiliencetv, Climat unique-ARTV, Fresh Air-ARTV |

23 janvier 2017

Pollution, Primaires PS, Climat, Manifs…la manipulation du Chiffre

Il faut se rendre à l'évidence, les cyniques et les nihilistes qui nous "gouvernent" voyant bien qu'ils sont à court d'arguments pour justifier l'iniquité de leur pouvoir de plus en plus branlant en sont à manipuler de plus en plus les chiffres à l'instar des staliniens d'hier et d'aujourd'hui (tels les Chinois et leur taux de croissance…).

Il ne s'agit pas de nier les phénomènes, mais d'en contester l'ampleur, telles les corrélations non vérifiées, surtout le caractère opportuniste de certaines d'entre-elles. Ainsi le fait qu'au moment même où les idéologues de la décroissance et de l'austérité écologique tentent de s'imposer à gauche (afin de ressusciter leur doctrine moribonde du communisme mondial) la pollution en particules fines battrait son plein alors qu'il s'agit, d'une part, de la conséquence des bouchons monstres produits par la lutte anti-voiture forçant les véhicules à rouler/stopper/redémarrer sans cesse et donc à rester dans les vitesses les plus polluantes (1ère et seconde) alors que le parc automobile s'est rajeuni et que les moteurs sont bien moins polluants malgré les tricheries observées ici et là.

D'autre part, la mesure en particules fines a été considérablement rehaussée, ce qui implique de trouver des taux qui n'existaient guère il y a une décennie, voire bien plus, alors que l'air est bien moins polluée aujourd'hui : ainsi le smog qui entourait les grandes villes du fait du volume de cheminées d'usine à proximité a chuté. 

Enfin, sur ce plan, rien ne dit qu'il existe une corrélation aussi directe entre pollution liée aux particules fines et maladies respiratoires celles-ci ayant des causes multiples et à sérier individuellement ; de plus comment se fait-il que ne soit pas intégré également le fait que les particules polluantes voyagent, telles celles venant du charbon allemand ? Ce filtrage dans les chiffres apparaît alors bien contradictoire et donc propice à la manipulation qui s'appuie répétons-le sur un affinage des critères de mesure.

Par ailleurs pourquoi nous bassine-t-on à longueur de journée que nous battons des records de de chaud depuis trois ans ? Parce qu'il s'agit de contrecarrer l'idée de "pause" de 15 ans que n'ont de cesse de rappeler les climato-réalistes en  soulignant, sur la base d'observations satellites et non sur des simulations, que la hausse des températures (0,7 depuis un siècle et demi ce qui est très peu) a été ces temps-ci stoppée. De plus la cause est encore sujette à caution à savoir l'idée que la pollution liée au monoxyde de carbone (souvent confondu avec le dioxyde de carbone, naturel, lui) en serait le facteur principal alors qu'il y a déjà eu dans le passé des périodes de réchauffement et de refroidissement liées à des facteurs autrement plus complexes.

Iront-ils jusqu'à indiquer que le mois de janvier 2017 aura été le plus chaud dans le monde (alors qu'additionner des mesures pour faire un climat moyen est un non sens comme le rappelait le regretté Marcel Leroux) ? C'est fort possible puisqu'ils en viennent même à expliquer la tombée de la neige par la hausse supposée des températures, alors que dix ans auparavant, lorsque la neige tombait moins sur nos sommets ils disaient exactement le contraire!…

Quant au niveau politique les choses sont identiques : lorsqu'il s'agit de minorer la mobilisation d'un adversaire il est bon de choisir des photographies adéquates comme des sondages d'opinion ad hoc en montrant des foules éparses alors que souvent leur nombre varie selon l'élongation ou le regroupement du corps de manifestation cela a été le cas pour la Manif pour Tous sans cesse minorée en France, de même que les manifs protestataires organisées contre la loi travail, enfin lors de l'installation de Trump lorsqu'il s'agit de la comparer avec celles d'Obama et des "femmes" le lendemain, alors qu'il s'agit moins d'indiquer que Trump a réuni moins de monde (ce qui est possible) que de montrer des images manipulées photographiant l'espace d'une foule sans cesse mouvante et donc montrant des "trous" à certains endroits.

Ne parlons pas enfin de la toute dernière manipulation qui a fait gonfler en l'espace de quelques heures les votants de la primaire du PS passant de quelques centaines de milliers à un million supplémentaire…

Nous sommes en fait face à des gens absolument sans scrupule, aucun, tels ces "démocrates" US allant chercher dans les poubelles russes quelques scandales sexuels pour salir Trump (où en sont ces "sextape" d'ailleurs?) tels ces "démocrates" PS capables du pire en manipulant, eux, tous les chiffres, de la pollution au bourrage des urnes à la façon africaine et algérienne ; à vrai dire c'est plutôt l'administration française qui a appris aux potentats africains à le faire, tel ce fameux bourrage des urnes de 1947 en Algérie afin que le vote de la chambre "indigène" pourtant consultative soit minoré (ce qui a alors poussé les modérés, francophones vers les radicaux….voir mon livre sur les Berbères à ce sujet…)

Doit-on supporter encore cette manipulation à tous les étages ?… Il faudrait qu'une Commission composée d'observateurs indépendants voie le jour afin de mettre à plat tous ces chiffres.


14 janvier 2017

La Secte (anti-Trump, anti-Israël, anti-patriote…)

Si le viol peut être désirable comme l'avance Isabelle Huppert dans "Elle" (selon "les indiscrets" du Point "Elle a même supplié Philippe Djian, auteur du roman Oh…, dont le film est une adaptation, de lui laisser jouer Michèle, cette quinqua à poigne qui finit par prendre du plaisir à se faire violer par un inconnu " ) mais ce à la suite d'une Marcela Iacub qui bégayait là Foucault) comment demander à cette génération là de nous défendre contre les viols perpétrés par les djihadistes de l'EI ?

Certes ce ne serait pas la "même chose" (tout en étant la "chose même" perpétrée dans les coulisses cossues du Titanic État français) il n'empêche que cette fascination pour la violence, même rétractée au champ de la vie dite "privée" (ce "terrain vague" anyway pour eux) en dit long sur le degré de fermeture de cette Secte (fermeture que les membres veulent néanmoins voir "sauter" sur eux et en jouir dans le secret ouaté des alcôves golden globe awards le fric c'est chic malgré l'appel à la prudence d'un Pasolini dans Sâlo) toute une volonté d'acier, une attention opiniâtre de voir triompher la démesure de leur vision (cocaïnée opiacée etc…) celle d'un monde cousu sur mesure ou le mode deleuzien des plans merveilleux mais sans merveille : ils commencent au départ sur une ballade avant de finir en cauchemar sauf que l'on est sommé de le voir en rêve sublime (Oh my god…michet) avec ses bons et ses méchants.

Par exemple Trump, ouh le vilain, l'empêcheur qu'il faut empêcher, absolument, parce que pour toute cette Secte le monde a été dessiné tracé empaqueté simulé et exposé une fois pour toutes il doit être et devenir semblable aux prévisions d'un GIERC politique et symbolique visualisant depuis si longtemps un monde brassé et sans frontières le monde du trans- celui du translucide également, monde de fantômes, d'hologrammes (Mélenchon aux côtés de Chavez dans les meetings cela va en jeter !) monde d'handicapés d'un côté, monde des "vus à la TV" de l'autre déclinant en Affiches et Photocopies, en Modèles et Simulacres, où est l'original la copie ? Celle-ci est vivante celle-là morte ? Peu importe ! Débats spéculatifs pour philosophes boutonneux au royaume du Faux et de la Faux. Jérusalem n'a jamais été juive ou si peu, mais oui, l'UNESCO l'a voté donc c'est exact, mais est-ce vrai ? Peu importe on vous dit, le vrai veut du sens, humain, du pourquoi, l'exactitude n'est que machinal, elle sert, dessert, avec bébé GPA en cerise sur le gâteau à se partager sous revenu universel bien sûr.

La Secte tente de reconstruire le passé, le toucher, alors que l'un des adages en SF est de ne jamais recomposer le passé pour ne pas mutiler l'avenir ; la Secte remodèle le passé pour faire de l'avenir un éternel présent… un cadeau qu'elle s'offre (tout en refusant toute politique de l'offre) acquiesçant à nos demandes supposées d'handicapés programmés (sans même de tiers payant) figurants de cette immense TV réalité qu'est devenue l'actualité, pas étonnant dans ce cas que la Secte choisisse comme bouc émissaire l'un de ses émissaires précisément, un Trump qui aurait en plus le culot de bousculer le film en voulant placer une ambassade US à Jérusalem ce qui ne correspond pas au scénario de la Secte.

Mais s'il le fait, cela voudra dire qu'il veut réellement casser ce manège, sortir du film, basculer dans le réel charnel admettre qu'obéir au scénario actuel à la lettre ne déboucherait que sur la même impasse dans laquelle même le Pape actuel a sombré emportant avec lui la Chrétienté comme s'il voulait donner raison à Onfray alors qu'en réalité la civilisation judéo-gréco-chrétienne et son amplitude moderne (ou la Connaissance ouverte au plus grand nombre et la possibilité de devenir meilleur) n'a que 2000 ans, ce qui est peu par rapport aux civilisations précédentes, sans parler du Néolithique…

Nous avons justement appris du pourquoi de leur effondrement : le fait qu'elles pourrissent par la tête, qu'il faut donc faire en sorte d'avoir les institutions que nous méritons, qui, "nous", nous qui nous nous reconnaissons mutuellement comme étant membres d'une même famille, voilà ce qu'être patriote veut dire semble-t-il… Voilà ce que la Secte veut détruire. Obstinément. Fascinée par la violence qu'elle inocule tout en accusant autrui d'en être la cause, comme si les problèmes humains pouvaient être résolus définitivement à jamais alors qu'ils nécessitent sans cesse d'innover partout et tout le temps. Mais la Secte ne veut pas, freinant de ses mille fers qu'elle garde bien au chaud dans le fromage étatique. Alors que l'État c'est nous ; la Secte, elle, dit toujours " l'État c'est moi "… Et tous les veaux et autres moutons le croient…


03 janvier 2017

Toujours les mêmes !

Il ne suffit pas de dire que notre élite est "suicidaire" ou bien que les Français le serait (Eric Zemmour versus Eric Brunet sur RMC le 9/10/14) il faut le prouver à partir d'exemples indiscutables montrant à la fois l'incurie ambiante et le fait que malgré cela on voit toujours les mêmes nous l'expliquer…

1°/ Prenons le cas de la dichotomie "bon musulman" (non djihadiste ou alors seulement le djihad de " purification et de paix") et "mauvais musulman" (le côté obscur du djihad) ; plutôt que s'égosiller (en pure perte) à expliquer que les deux aspects sont liés et plus ou moins distribués selon les cas, observons prosaïquement que lorsqu'une famille entière ou des jeunes "veulent aller faire le djihad" cela ne veut pas dire nécessairement ou absolument, d'emblée, qu'ils veulent aller égorger tous ceux qui ne veulent pas le faire, mais, au moins, qu'ils veulent vivre le djihad dans ses deux dimensions : vivre au jour le jour dans l'ambiance, complètement.

On serait d'ailleurs tenté de proposer à toute personne voilée des pieds à la tête ou habillée en tunique barbe babouches etc d'aller rejoindre leur "État" s'il n'y avait pas aussi le fait que celui-ci veut se déployer au détriment des Kurdes (avec la bénédiction de la Turquie…).

Mais là n'est pas l'objet ici puisqu'il s'agit de montrer qu'aucun de nos "intellectuels", féru de mauvaise sociologie (enfonçant des portes ouvertes) et de philosophie de bazar (dans quel état j'erre), aucun de ces "mêmes" que l'on nous fournit à longueur d'ondes pourrait comprendre cette dimension existentielle qui implique évidemment d'en trouver la source à la fois dans leur raison d'être "l'islam" et aussi dans le fait que certains ont envie d'en faire un mode de vie total.

Au contraire, ces "mêmes" (ils se dupliquent à l'infini) iront besogner une différence introuvable entre islam et islamisme, se prétendant même docteurs es islam (ainsi l'E.I ne serait pas musulman paraît-il) tout en avançant toujours les mêmes facteurs socio-économiques pour expliquer le passage à l'acte alors qu'il ne s'agit guère ou si peu de cela ; ou alors il faudrait expliquer l'engagement dans le léninisme le maoïsme, le gauchisme post 68 comme étant la solution trouvée à l'époque par des "déséquilibrés" des "exclus" (comme on le dit à propos des djihadistes) sauf que ceux-ci ont fini par s'intégrer et à trouver un équilibre puisqu'ils dominent aujourd'hui tous les circuits du pouvoir du prestige et des richesses.

2/Un autre exemple :tout être humain en tant qu'animal politique veut se déployer physiquement et culturellement aussi loin que possible, ce qui implique de profiter des avantages sociaux tout en refusant de faire le moindre compromis en matière de mode de vie ; nos "mêmes" sont incapables de comprendre cela évidemment.

3/ Encore un : le problème n'est pas tant que l'État en France est "fait" la France mais qu'aujourd'hui il l'a trompe, comme il l'a fait à de nombreuses reprises, en préférant se servir plutôt que consolider le lien qui avait toujours été tissé entre le Roi et le Peuple, contre les Grands, du moins jusqu'à ce que Louis XVI, en s'enfuyant, ait choisi la caste des faux aristocrates (puisqu'un vrai aristocrate selon Platon prouve qu'il est meilleur sur le terrain et non par l'hérédité) plutôt que le Peuple.

Aujourd'hui l'État en effet se moque des "sans dents" en les réduisant à des assistés (aseptisés) afin non pas d'aider les plus démunis (puisqu'il vaut mieux apprendre à pécher que distribuer du poisson d'où la nécessité de libérer plutôt l'initiative que de la corseter) mais en vue de justifier un État faussement de Providence que Marine le Pen avec Mélenchon et Médiapart et les faux syndicats (identiques aux syndicats soviétiques : mafia et compagnie comme on le voit au port de Marseille à Air France à la SNCF qui empêche par exemple un ferroutage et un fret digne de ce nom) sont les seuls à défendre encore parce qu'ils imaginent tous qu'ils suffiraient de récupérer la machine à fabriquer des billets pour s'en sortir ; ce qui est une vue de l'esprit et ce d'autant plus que les pays qui le font s'en sortent (plus ou moins, ainsi le Japon) non pas tant à cause de cela mais précisément parce qu'ils ne tuent pas dans l'oeuf l'initiative individuelle en la massacrant d'emblée à coup de monopoles comme celui des charges sociales qui pourraient fort bien être pris en charge par la concurrence à partir du moment où les soins lourds et la formation longue seraient mutualisés (voir mon dernier livre sur tout ce 3).

L'État en France tant admiré encore préfère pourtant transformer les Français (qui restent) en handicapés bourrés de calmants, les "mêmes" vivant à leur place par procuration, étalant ainsi leurs fantasmes "contradictoires" sous cellophane tout en se congratulant mutuellement sur des ondes aux ordres, devant les regards hébétés des sans dents zombifiés.

4/Un dernier exemple : j'avais tenté un jour de comprendre pourquoi les "mêmes" (journalistes, essayistes, acteurs/actrices, politiques…) n'étaient pas dénoncés par cette poignée d'intellectuels qui tout de même ont encore quelque chose à dire tels Glucksmann, Finkielkraut…J'avais demandé par exemple au premier s'il ne pouvait pas critiquer dans une préface à un livre que je préparais (La philosophie cannibale) le fait que les "mêmes" s'appuient sur un Foucault, un Deleuze, Derrida, etc qui ont été les fondateurs de la gabegie intellectuelle et artistique actuelle en prônant la destruction méthodique de soi puisque ce dernier en se réalisant peut être susceptible de s'ériger en énergie de vie qu'il s'agirait cependant de dépenser (dé/penser) de peur que cela soit accumulé en "capital"dominateur à l'origine d'Auschwitz (Adorno  Bourdieu Lyotard en feront ensuite leur fonds de commerce). Douter du doute qui doute du doute (Morin). Échouer d'échouer à échouer (Blanchot).

Glucksmann m'a dit qu'il comprenait ma demande, mais qu'il ne pouvait pas écrire une critique sur Foucault ou cautionner celle-ci parce que celui-ci l'avait aidé à publier certains de ses livres à l'époque où les communistes staliniens faisaient la loi dans toute l'édition (ils font encore la loi mais moins, ils se sont recroquevillés dans leurs bastions : France Culture, France Inter, l'Université…). Quant à Finkielkraut, animateur (entre autres choses) d'une émission à France Culture, il me confirma qu'il avait bien reçu mon livre précédent sur le même sujet (Le nihilisme français contemporain, ajout à Éthique et épistémologie du nihilisme, ma thèse) sans plus, ajoutant seulement que pour lui Foucault c'était bien autre chose, ce qui n'était pas cependant le problème puisque détenteur d'une émission de service public de surcroit il pourrait admettre qu'une critique sur Foucault puisse être entendue.

Il ne me répondit pas et s'en alla enfoui dans son nuage et ses orages à venir.  A vrai dire, lorsque je vois nombre de colloques, d'émissions spéciales et de numéros anniversaires sur les quatre cavaliers de l'apocalypse déconstructionniste je me suis toujours dit qu'ils pourraient, en société démocratique, accepter la contradiction, eh bien non, même un Marcel Gauchet, directeur de la revue Débat, n'avait pas voulu il y a dix ans publier un de mes articles (publiés ailleurs) sur ce sujet : dix ans après la génération produite par ces manquements le dénoncent aujourd'hui comme affreux réactionnaire.

Voilà le problème : il ne s'agit même pas de réagir comme aigri, envieux, haineux et fielleux par tant de ressenti, mais de se demander pourquoi les "mêmes" n'acceptent pas au moins la contradiction, ou alors l'organise lorsqu'ils ne peuvent plus faire autrement (Duhamel/Zemmour sur RTL le 9/10/2014) ? Pourquoi cette conspiration du silence ?… Sans doute parce que tel l'enfant le peuple se dira "mais le roi est nu", ces "mêmes" n'ont rien à dire sinon réinventer l'eau chaude ou le fil à couper le beurre…faire peur par les mots "racisme", "droite", "ringard" et, bien sûr, "sioniste", "extrême droite" insultes suprêmes de mêmes semblables au fond à Mr Smith dans Matrix.

D'où le danger à terme de cette duplication cancérigène (le même à l'infini) si elle persiste.

 

9 octobre 2014


31 décembre 2016

France: justice et éthique en roue libre

Les photos de détenus publiées sur Facebook intitulées "MDR ô Beaumettes" symbolisent bien cette force de démonstration tranquille que possède la réalité sur tous les débats idéologiques. La réalité ou Résultat, soulignait Hegel, possède ce "quelque chose en plus", disait Kant, à toute représentation a fortiori prévisionnelle. Ainsi, l'on croyait que le débat se situait en matière carcérale entre des supposés réactionnaires voulant enfermer à tout prix et des supposés progressistes soucieux de l'individualisation de la peine et de la réhabilitation du détenu via ladite "contrainte pénale" plutôt que la prison pour les peines de moins de cinq ans (la victime, elle, passe en second plan comme je l'ai montré, par de nombreux exemples, dans mon livre sur la question).

Or, il s'avère que les détenus n'en veulent pas ! et ces photos le démontrent amplement. Un récent témoignage sur France Info indiquait que le détenu interviewé préférait la prison parce qu'en contrainte pénale il se devait de suivre les conseils d'un psy, chercher un travail, bref mener une vie "normale" alors qu'en prison relate la déléguée FO pénitentiaire à BFMTV Catherine Forzi, du syndicat pénitentiaire Force Ouvrière

"La sécurité n'existe plus aujourd'hui. On ne peut plus fouiller les détenus depuis l'article 57 (de la loi pénitentiaire de 2009, NDLR), et c'est la porte ouverte à tout, tout rentre au sein de la prison. On voit cela aujourd'hui, mais on ne sait pas ce qui pourrait rentrer un autre jour. Ca devient dangereux". La responsable syndicale a par ailleurs évoqué, dans les colonnes de La Provence, le fait que les détenus "ont tous des téléphones portables, le sport, l'école, des activités, la télévision avec en prime Canal+, alors que la majorité des gens à l'extérieur n'ont pas les moyens de se payer l'abonnement". "Ce n'est plus une prison, c'est un centre de vacances", regrette-t-elle. "

On peut bien sûr relativiser ce témoignage, parler toujours de "domination", d'"enfermement" dans les colloques concernant la prison alors que d'anciens spécialistes en criminologie (lorsque celle-ci existait encore comme discipline à part entière – on lui a refusé sa place à l'Université dernièrement-au lieu d'être remplacé par la sociologie pénale) expliquaient que ce qui se passe en prison n'a rien à voir avec le phénomène carcéral et bien plus avec la vie sociale tramée de recherche du pouvoir des richesses et du prestige.

Mais en France (comme aux USA jusque dans les années 80) on s'arcboute sur l'idée fausse que la notion de sanction doit être allégée alors qu'elle symbolise le prix à payer lorsque l'on rompt le pacte social celui de la citoyenneté c'est-à-dire l'égalité des droits et la liberté de jouir de ses biens.

Ce n'est pas tout. Observez que non seulement les juges décident en matière pénale, en matière économique, mais aussi en matière architecturale : ainsi alors que les voix, s'indignant naguère que la cour carrée du Louvre se trouvât violentée avec la venue des trois pyramides de verre, avaient été traitées là aussi de voix réactionnaires, le fait que des juges "administratifs" estiment aujourd'hui que la façade de verre prévue pour la rénovation de l'immeuble de la Samaritaine entre en "dissonance" avec l'environnement haussmanien, n'a par contré guère été critiqué par les grands gardiens et maîtres de cérémonie de l'idéologie dite "progressiste" qui s'avère être en fait une idéologie moralisatrice ennuyeuse et poussiéreuse à souhait comme s'en moquent à juste titre les détenus des Baumettes qui ne font que rappeler le réel humain.

On peut multiplier les exemples (aéroports, central park, autocars dénigrés par une Duflot hors sol), jusqu'à peut-être se demander si ces excès de moralisme crémeux ne viennent pas cacher un vide et un cynisme sidéral repérable à la fois dans la décomposition des moeurs, telles qu'acheter et vendre des enfants (via la GPA autorisée de fait par la circulaire Taubira) voire accepter que l'on puisse se débarrasser d'un foetus humain (jusqu'à six mois aux Pays Bas, au Canada, en Espagne, trois mois et demi en France) comme l'on noie au fond un petit chat en surnombre (remarque justement Chantal Delsol dans une récente tribune de V.A).
Sauf que dire cela, du moins poser la question vous catalogue d'emblée de "réactionnaire" alors que la réalité encore une fois est bien plus complexe, ainsi une Florence Aubenas dans livre " En France" a relaté sur Europe 1 qu'elle a interviewé une jeune fille de 16 ans expliquant que le bébé qu'elle portait avait été sa "solution" pour stabiliser une vie chaotique alors qu'avorter n'aurait fait peut-être que l'empirer. Dire cela n'implique pas de revenir sur la loi Veil mais souligne déjà que cet acte n'est pas une simple opération, de plus il semble bien que les faiseuses d'ange continuent de sévir car les dépassements de délais abondent, ce qui implique que les voyages en Belgique aux Pays Bas ne ralentissent pas.

Pourquoi rappeler cela ?… Parce qu'il existe sans doute une saturation de la banalisation technique des affaires humaines, tant et si bien d'ailleurs que l'on voit émerger d'un côté une volonté néo-naturaliste de préserver "la" nature telle qu'elle est supposée rester, vierge de toute empreinte humaine, de l'autre côté émerge une volonté néo-dogmatique désireuse de voire des interdits éthiques effectifs contrôler la faiblesse humaine : ainsi l'engouement pour le djihadisme et aussi l'amalgame entre islam et (nord)africains viennent dialectiquement se nourrir l'un/l'autre dans une attraction/répulsion qui débouche sur le face à face Houellebecq/Zemmour,   Houellebecq faisant le constat de ce vide sidéral de transcendance autrefois comblée par les idées de République et de Révolution et considérant somme toute que l'islam est la pire des religions à l'exception de toutes les autres, Zemmour expliquant que le béni oui-oui de la génération 68 (par exemple la notion d'altérité a été émasculée au profit de la seule différence à respecter alors que terme inclut aussi la confrontation à la façon du potlatch don/contre don bien vu par Marcel Mauss) a débouché en effet sur une dislocation progressive dudit "vivre ensemble" ; sauf que lorsqu'il parle "des" musulmans en nombre il amalgame tous les originaires d'Afrique (du Nord) qui tentent précisément de s'éloigner de l'islam sur la pointe des pieds ou du moins de la voir à l'instar des chrétiens comme tradition culturelle sauf que les intellectuels post tiersmondistes, néo-orientalistes, et les politiques les renvoient à cette origine cultuelle (et "arabe") en leur construisant des mosquées en veux-tu en voilà en les forçant en quelque sorte à rester "fidèles" à leur différence identitaire supposée, identité pourtant critiquée comme notion par les mêmes au nom d'une lutte contre "l'essentialisme" qu'ils encouragent pourtant en réalité.

En fait les pourfendeurs des Houellebecq/Zemmour (qui dominent les médias l'Université et les politiques) sont les meilleurs alliés objectifs du nihilisme technocratique et du totalitarisme djihadiste aujourd'hui en roue libre.

6 juin 2015


24 décembre 2016

Nouveaux éclairages sur le néo-fascisme en Occident

Six exemples permettent d'étayer de plus en plus cette thèse, difficile sans doute à percevoir (mais faut-il faire toujours confiance en ses sens, et surtout son intuition politique sans réfléchir ?) :

1/en France, malgré le maquillage du multipartisme et de la pluralité médiatique (repérables également en Algérie, en Chine…), on assiste à la morgue moribonde d'un État failli incapable tout autant d'expulser les nervis écolo-fascistes installés sur Notre dame des Landes que ceux qui s'installent de temps à autre sur des centrales nucléaires, alors que la majorité des particules fines qui empestent le ciel en France proviennent du charbon allemand et du feu de bois scandinave. Or, cette domination écolo-fasciste (l'écologie est né à l'extrême droite, Hitler était végétarien) étend son emprise partout (jusque dans le genre) tandis que l'on assiste toujours comme à Guignol aux gesticulations vaines d'un supposé "Ministre du redressement productif"(un titre tout droit sorti de Tartarin de Tarascon d'Alphonse Daudet) sorte de sous-préfet persistant à se croire encore dans la France des années impériales et qui donc cherche à tout prix à sauver la collusion État post monarchie absolue (solidifié par Bonaparte) et assistanat affairiste (colbertisme du mercantilisme) aux grandes entreprises se nourrissant au Marché Public comme Bouygues, sans compter les subventions prétextes " je te casse une jambe mais je te fournis une béquille" comme le dit Nicolas Doze de BFM, mixture de patronat "roumain" que dénonce également Alain Madelin en observant ce grand patronat pleurnicher le chapeau à la main pour quelques sous, un "Capitalisme Monopoliste d'Etat" dénoncé en effet autrefois par les communistes, mais qui est devenu en réalité un devenir indépassable pour une classe bureaucratico-syndicale française de plus en plus en perdition pourtant. Ce CMN français veut imposer sa vision néofasciste des télécoms instrumentalisant maintenant la Caisse des dépôts afin de continuer son parasitage au nom du Peuple français, ce qui illustre un cynisme rare.

En fait l'idée de l'État "stratège" c'est cela même le néo-fascisme, c'est-à-dire l'État colbertiste devenant de plus en plus un faisceau au sens affairiste (et parfois mafieux, exemple l'affaire Boulin) espèce de Cartel à la française qui associe une partie de la Haute Administration (les mousquetaires de Richelieu) s'étant aujourd'hui affranchie des contraintes politiques par son informatisation complexe (jusqu'au ratage du logiciel Louvois) à des syndicats croupions s'étant accaparés de l'appareil d'État, tout comme celui de ladite protection sociale, toujours obligatoire et surtout toujours monopolistique.

Ces deux faisceaux, Haute Administration absolutiste et Syndicats croupions libertaires/communistes, veulent toujours maintenir leur force de frappe, leur emprise et parasitage sur la société civile en empêchant par exemple toute tentative d'autonomisation (ainsi les lycées n'ont toujours pas le droit de choisir leurs enseignants) en se mettant en grève contre "le pacte de responsabilité", en tentant enfin de préserver une mainmise sur les réseaux de communication de plus en plus vaches à lait, ce qui excite cette techno-structure néo-fasciste qui, bien sûr, se cache sous de la dentelle démocratique de bon aloi, l'anti-racisme par exemple alors que les quartiers sensibles restent toujours abandonnés ; ainsi ce reportage à Bobigny relatant que l'habitat est repeint mais jamais réhabilité en profondeur, tandis que les complexes sportifs municipaux restent toujours sous la dépendance d'un carcan réglementaire qui empêchent par exemple de bénéficier des bibliothèques, des piscines,des gymnases, de façon plus dynamique, ce qui inciterait les jeunes à se les approprier au lieu de les boycotter voire les détruire.

En réalité, l'État, le vrai, celui au service de la Nation, donc l'État réellement républicain (res publica) devrait être son instrument facilitateur au sens qu'il doit faciliter les choses, pour le Peuple, non pour les nantis ; un Peuple qui serait incité et accompagné à se prendre réellement en main, non pas pour qu'il se débrouille dans l'angoisse et la misère comme sous l'État Providence (la gageure) mais pour que non seulement il s'émancipe mais affine son être à la fois un et multiple ; c'est d'ailleurs ce que conseillait Alexandre Soljénitsyne en 1998 dans La Russie sous l'avalanche (livre prémonitoire, éditions Fayard, p.28) avant qu'il ne se fasse diaboliser par BHL parce qu'il voulait juste que la Russie, débarrassée du communisme (défendu par le maître de BHL, Althusser), retrouve son âme, qu'un Depardieu a semble-t-il entre-aperçu.

2/Et justement, l'opiniâtreté à vouloir sanctionner la Russie au sujet de la Crimée (alors qu'elle n'a guère été critiquée lorsqu'elle a écrasé la Tchétchénie, tandis que la Turquie occupe toujours une partie de Chypre) illustre bien cette volonté étatiste de refuser que la géographie épouse la volonté des peuples à s'associer selon leurs affinités électives ; or, il se trouve que la Russie refuse à la fois le nouvel ordre religieux qui place l'islam, y compris wahhabite, comme religion dite de paix alors qu'il véhicule un obscurantisme rare, – et il était en passe de dominer la Syrie tant ils étaient sur-armés par l'Arabie Saoudite et le Qatar ; et à la fois la Russie refuse le nouvel ordre moral, celui par exemple du "Trouble dans le Genre" qui veut imposer la production à terme cybernétique d'un nouvel eugénisme celui de l'enfant clé en main, preuve par excellence de l'existence en acte de ce néo-fascisme qui prétend cependant toujours lutter contre le fascisme de papa avec son eugénisme traditionnel et son racisme antijuif alors qu'il en édifie un en toute légitimité au nom de la Science et de la Morale exigeant la confusion des genres et des civilisations (puisque la domination vient du Masculin et de l'Occident). Tout en exigeant (du moins officieusement) le boycott d'Israël. Alors que les réfugiés syriens se comptent par millions et qu'ils crèvent de faim. Comme prévu.

La France suit. Sur tous les plans. Que fait-elle en Syrie ? Rien bien sûr. Ce qui ne veut pas dire pour en revenir sur le plan international qu'il ne faille pas dire à la Russie le fond de sa pensée, par exemple que l'on ne touche pas à la Pologne par exemple, ou qu'il faille bien faire quelque chose en Syrie… Mais l'on doit parler d'égal à égal avec la Russie. Il ne faut pas la mépriser comme le fait le ministre français des affaires étrangères qui parle de "Poutine" (même pas de "Monsieur Poutine") comme s'il s'agissait du garnement de la porte d'à côté, du chef d'une république bananière, l'on croit littéralement rêver, le menaçant même de ne pas lui livrer des bateaux militaires, ce qui se double d'une imbécillité crasse, évidemment. Les récentes déclarations de Bruno Lemaire, Alexis Poniatowski idem

3/ De même, l'idéologie dudit réchauffement climatique (0,7° en plus depuis 150 ans alors qu'il était question de plusieurs degrés à la fin du Quaternaire) devient de plus en plus l'un des symboles phares de ce néo-fascisme néo-scientiste au sens où le "réchauffisme" a été élevé au rang de science alors que de plus en plus de scientifiques honnêtes mettent en doute le fait que l'activité humaine en soit le principal facteur. Il suffit de lire Marcel Leroux, de le voir et l'écouter aussi, et d'aller sur le site de Pensée Unique pour s'en convaincre.

4/Idem pour l'idéologie du "trouble dans le genre" (supra) considérée comme une avancée "scientifique" : la preuve, l'une de ses inventrices est devenue docteur honoris clausa. D'où la tentative de l'enseigner jusque dans les maternelles comme on l'a vu (et d'aucuns à l'UMP la défende, ne voyant pas que sous couvert d'égalité des sexes l'on inocule le nihilisme).

5/ Idem pour l'Islam qui serait, paraît-il une religion de "paix", ce que ne comprennent pas, paraît-il, les dits "islamistes", or, au lieu de discuter avec eux pour tenter de montrer leur lecture par trop "littérale" (pourquoi pas, cela ne mange pas de pain) Obama et Hollande préfèrent sinon les éliminer (à coup de drones) du moins les améliorer avec des sermons (comme ne pas tuer des homosexuels, ce n'est pas "bien", sauf que les LGBTQI préfèrent s'en prendre aux méchants "catho" de la Manif pour tous) Obama, Hollande et consorts stipulant que les islamistes auraient "mal" lu l'islam, ce qui est d'une ineptie rare, du moins si l'on sait lire la littérature islamique et surtout si l'on a vécu sous son joug.

6/Et que penser de ces "affaires" qui secouent alternativement gauche (Cahuzac) et droite : ainsi sept juges au moins sont sur le dos de Sarkozy, sans oublier les propos d'un ambassadeur affirmant que Kadhafi, aurait financé Sarkozy. Ce qui ne serait guère nouveau dans la France/Afrique (Bongo, Bokassa…). N'oublions pas que Kadahfi a financé la gauche française dont le PSU et el PS -il achetait beaucoup de numéros de leurs journaux. Tandis que Ben Bella finançait certains trotskistes issus du courant dit "pabliste". Que du beau monde englué jusqu'à la moelle dans les affaires donc. Mais que peuvent faire d'autre des "révolutionnaires professionnels" ou des "résistants issus du Conseil National de la Résistance" sinon vivre à ce genre de crochets en attendant le parasitage officiel dans l'Administration, à la MNEF et autres officines para-étatiques juteuses lorsqu'ils décident pour certains d'avaler leur chapeau "radical" afin d'accepter au bout du compte de devenir les faire valoir du social étatisme basculant sous nos yeux en social fascisme malgré l'illusion du contraire ?…

On peut observer que ces six thèses (il y en a mille autres) sont partagées par tout le spectre politique ou à peu près des pays abritant les vrais imitateurs de Potemkine.

18 mars 2014


13 décembre 2016

LES CRIMES DE L’ÉPURATION

« Il y a deux histoires, l’une que l’on enseigne et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable » (Honoré de Balzac)
 
            Si l’on en croit l’historien Henri Amouroux, les Français étaient majoritairement pétainistes jusqu’au débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Mais l’histoire d’après-guerre, écrite et enjolivée par les gaullistes et les communistes, a scindé le pays, de façon assez caricaturale, en deux camps : les résistants et les « collabos », ce qui permettait de minimiser les crimes commis à la libération : une période appelée « l’épuration » et qui, hélas, justifie bien son nom ! 
            Qu’on le veuille ou non, la France de 1940 à 1944 a été pétainiste et passive à 90 ou 95%. Il y a bien eu une poignée, une faible proportion de la population, pour fournir les « résistants de la première heure ».
En novembre 1941, la rupture du pacte germano-soviétique a fait basculer des communistes dans la résistance puis, l'instauration du STO en mars 1942, a poussé plus massivement des jeunes vers les maquis. Mais la résistance restera cependant marginale jusqu'au débarquement allié du 6 juin 1944.
Dans les clichés de cette époque trouble, on a retenu des résistants -gaullistes, communistes, socialistes- et une droite « maréchaliste » voire collaborationniste, ce qui relève des « mensonges de l’Histoire ».
La droite d’avant-guerre était, dans son immense majorité fortement antiallemande. Deux partis, exclusivement, se déclaraient fascistes : le  « Faisceau » de Georges Valois et le « Franscisme » de Marcel Bucard.
Seul le premier avait des accointances avec l'Italie fasciste. Le chantre de la collaboration fut Pierre Laval, ancien député socialiste. Les partis les plus collaborationnistes furent le « Parti Populaire Français » créé et dirigé par Jacques Doriot, ancien député-maire communiste de Saint-Denis qui mourra sous l'uniforme allemand et le « Rassemblement National Populaire » du député socialiste Marcel Déat, éphémère ministre de l'aviation en 1936.

La droite nationaliste, souvent favorable au maréchal Pétain, va s'impliquer massivement dans la résistance. Son premier martyr connu fut l'officier de la « Royale », Honoré d'Estienne d'Orves, fusillé au Mont-Valérien, le 29 août 1941. L'amiral Darlan était sur le point d'obtenir sa grâce quand, le 21 août, le Communiste Pierre Georges, futur « colonel Fabien » -qui ne sera qu’un pseudonyme que les communistes s’empresseront de sacraliser- tira dans le dos d'un officier allemand, l'aspirant Moser, au métro « Barbès ». L'histoire officielle n'a pas retenu ce détail, ni le fait que l'aspirant Moser attendait le métro sans arme, quand Pierre Georges lui a (héroïquement) tiré dans le dos. En représailles, cent otages sont exécutés dont Honoré d'Estienne d'Orves.
            Hélas trop souvent, tels les ouvriers de la dernière heure, certains résistants tardifs se montreront les pires épurateurs (parfois pour faire oublier un passé de « collabo » ou une fortune bâtie en faisant du marché noir.)
C’est une époque où l’armée française, qui veut se persuader qu'elle a gagné la guerre, reconstitue ses effectifs en régularisant des FFI et des FTP communistes. Heureusement, avant d'en faire des militaires d'active, on envoie ces cadres au rabais tester leur niveau de connaissance à l'école des officiers de Cherchell, en Algérie. L'ancien député Marcel Bouyer, lieutenant FFI, ex-agent de liaison dans la poche de Royan, racontait en riant :

« Cherchell, c'était impayable ! Des gens y rentraient avec des galons de colonels et en ressortaient… sergents. ». Il est vrai que l'inflation aux galons était monnaie courante à l'époque : Jacques Delmas (Chaban dans la résistance), futur maire de Bordeaux, aspirant en 1939, sera… général en 1944, à 27 ans. Malgré des états de service honorables, on n'avait plus vu ça depuis Bonaparte ! Mais, en ces temps troublés, tout est permis, il suffit d'oser ! On a même vu, chez les FTP,  des « colonels à 6 galons » (un colonel en porte 5) dont un qui avait échoué à son peloton de… caporal en 1939.
De Gaulle, décorant à Bordeaux une rangée d'une douzaine de « colonels » FFI ou FTP trouve, en bout de file, un simple capitaine auquel il déclare en souriant : « Vous ne savez pas coudre ? » 

            Tout ceci pourrait prêter à sourire, mais la France de la libération, c'est aussi celle des crimes de l'épuration qui demeureront une honte et entachera à jamais notre Histoire…
A la libération, en métropole, commencera une kyrielle de procès, plus ou moins bâclés, plus ou moins expéditifs, mais avec une apparence de légalité.
Intransigeance d’une justice partisane et injuste : le 27 janvier 1945, la cour de justice de Lyon  rend  son verdict : Charles Maurras, 76 ans, l'un des écrivains  les plus influents de son temps, est condamné à la réclusion perpétuelle et à la dégradation nationale pour « intelligence avec l'ennemi ».
Si quelqu'un n'avait jamais eu d'« intelligence » avec l'Allemagne, c'était bien Maurras. Lutter contre le germanisme avait été l'un des buts de sa vie. Mais nous étions en 1945 et le seul fait d'être proche de Pétain valait d'être taxé aussitôt du crime de collaboration… donc de traître.
            Durant la même période s’ouvre le procès de Robert Brasillach, directeur du journal « Je suis partout ». Condamné à mort, il a bénéficié d'un soutien massif des intellectuels -gaullistes et communistes, entre autres- qui ont signé une pétition pour demander sa grâce à De Gaulle. Le « premier résistant de France » refusa son recours en grâce et Brasillach fut fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge.
De Gaulle justifiera sa décision, plus tard, par « son indignation  d'avoir vu Brasillach  posant  en uniforme allemand sur la couverture d'un magazine … ». Oui mais voilà, Robert Brasillach n'a jamais porté l'uniforme allemand. De Gaulle l'a simplement confondu avec Jacques Doriot. Un « détail » peu glorieux qui entache la « belle histoire »   du gaullisme…
            Le 15 août 1945, en plein été, la cour rend son verdict au procès Pétain : la peine de mort.
Ce vieux maréchal, qui, en juin 1940 avait « fait don de sa personne à la France pour atténuer ses malheurs » paie pour la lâcheté de tout un peuple.
En effet, arrêtons de faire croire que ce vieillard aurait fait, avec la complicité de Pierre Laval, une sorte de coup de force pour s'emparer du pouvoir. Rappelons les faits : les parlementaires français ont accordé les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix pour et 80 contre, soit, en gros, 85% des suffrages exprimés. Ce vote eut lieu le 10 juillet 1940. Comment ose-t-on écrire que la France et ses représentants légaux ne pardonnaient pas au maréchal d'avoir demandé les conditions d'un armistice le…18 juin ? Ils ont eu le temps de la réflexion et ont donc voté en leur âme et conscience.
Dans un entretien à Valeurs actuelles en date du 13 décembre 1993, l’historien, Henri Amouroux, déclarait : « Le gaullisme a imposé l'idée qu'il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime. C'est fabuleux ! Mais, ce n'est pas sérieux ! ».
                L'épuration a été sanglante dans presque toute la France. Citons, par exemple, les « purges » et règlements de compte effectués, en toute impunité, par les FTP du Limousin. Des comportements monstrueux qui finiront par irriter puis indigner Georges Guingouin, commandant le « régiment de marche du Limousin » (FTP), bien qu'il s'agisse de ses propres troupes. Guingouin, maire de Limoges à la libération, sera exclu du PCF après un long procès « stalinien » ; il avait osé écorner le mythe d'une France combattante pure, incarnée par les communistes !
            L'épuration, c'est aussi cet exploitant agricole en Charente, Paul de M…., qui a vu son père et son frère fusillés sous ses yeux parce qu'ils étaient aristocrates, catholiques et châtelains. L'enquête prouvera qu'ils aidaient la résistance non-communiste.
            Robert Aron, historien de la période de l’épuration, note : « C’est un véritable armorial, un annuaire des châteaux ou un bottin mondain de province que l’on pourrait constituer avec les victimes. D’autant que beaucoup d’entre elles ont eu le tort inexpiable, tout en étant antiallemandes, de faire confiance à Pétain, ou bien d’être, dans la résistance, d’un camp différent de celui de leur assassin… ».
C'est aussi, cette jeune fille, catholique et cheftaine des guides de France, qu'on viendra chercher le jour de son mariage pour la fusiller devant ses proches au motif que sa famille -mais pas elle !- aurait été « collabo…
C'est cet amiral en retraite, proche du maréchal Pétain, que les épurateurs vont écarteler entre deux camions en le brûlant à la lampe à souder…
C'est le comte Christian de Lorgeril, parent de d'Estienne d'Orves, mais à qui on reproche son château et ses idées monarchistes. Il est arrêté le 22 août 1944 : « Complètement nu, le malheureux dut s'asseoir sur une baïonnette. Puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés. Les bourreaux lui transpercèrent le thorax et le dos avec une baïonnette rougie au feu. Le martyr fut ensuite plongé dans une baignoire pleine d'essence à laquelle les sadiques mirent le feu. Leur victime s'étant évanouie, ils le ranimèrent pour répandre ensuite sur ses plaies du pétrole enflammé. Le malheureux vivait encore. Il devait mourir, 55 jours plus tard, dans les souffrances d'un damné… ».
Ce récit, d’un sadisme écœurant, est paru dans le quotidien « L'Aube » en novembre 1950. Nous étions revenus aux pires heures de la Révolution de 1789 !
Parmi la faune de barbares « résistants » de l’époque, figurait un certain Henrot, responsable, entre autres, du massacre de la famille de Buffières et du pillage de leurs propriétés de Dolomieu et Milliassière, près de Grenoble. Le rapport d’enquête établit que : « Le 16 août 1944 au matin, une équipe d’une dizaine d’hommes fut désignée et placée sous la responsabilité d’Henrot, pour se rendre au château de Dolomieu afin de ramener au maquis le comte et la comtesse signalés comme collaborateurs… Lourdement armés, ils enfoncèrent la porte et abattirent philibert venu à leur rencontre les bras levés. Il fut abattu d’une rafale de mitraillette… Son épouse, qui protégeait leur petit garçon Michel, resta au premier étage… Marcelle et son fils Michel furent emmenés au camp du Châtelard… Arrivée au camp, Marcelle fut soumise aux pires tortures… une nuit d’orgies, devant son fils… Marcelle fut exécutée par ordre ainsi que son fils, sans qu’il soit question de la mise en jugement ou d’une décision de condamnation… ».
Ce rapport d’enquête stipule que l’enfant de 5 ans reçut une balle dans la tête, allongé sur le corps de sa mère.
Philibert de Buffières avait un frère en camp de concentration. Il y mourra. Son fils Bernard était sous-officier dans l’armée de Lattre.
Quelques jours plus tard, le 22 août, toujours sous les ordres du « lieutenant » Henrot, la bande investit le domaine de Milliassière: « Elisabeth de Buffières nota dans son livre de messe, une phrase prémonitoire : « Aimer c’est se donner jusqu’au sacrifice. 22/08/1944 ». Les FTP pillent et saccagent le château. Puis, vers 22h30 ils repartent vers d’autres forfaits : « Elisabeth ne réapparaissait pas… Etendue sur son lit, elle avait reçu trois balles de revolver dont une dans la tempe, après avoir été violée… »
 Le « lieutenant » Henrot, lui, ne rendra jamais de compte à la justice : tué d’une balle en pleine tête (sans doute tirée par un de ses hommes), le 3 septembre, place des Terreaux, à Lyon, durant la libération de la ville. Le nom de ce « grand résistant » figure quelque part, sur un monument aux morts « pour la France ».
            Il existe un autre volet de l’épuration qu’on a trop tendance à minimiser : celui des femmes tondues.
            Pour les « épurateurs », le fait de coucher avec l’occupant était sanctionné, à minima, par la tonte des cheveux. Ces femmes tondues étaient accusées de « collaboration horizontale », un acte qui n'est pas incriminé dans le code pénal et qui n’a donc rien d’illégal. Certaines ont été lynchées, violées, torturées ou tuées. Le compte de ces victimes est difficile à établir. On parle de 20 ou 30 000, peut-être plus ?

Au nom de l’épuration, on a martyrisé et tondu des femmes amoureuses (celles, par exemple, qui refusèrent de quitter leur concubin ou leur mari allemand, lors des évacuations de civils des bases de sous-marins de Saint-Nazaire, Lorient et Dunkerque), puis celles qui, après tout, n’ont fait que leur métier (entraineuses, prostituées…). On se souvient de la tirade de la comédienne Arletty à qui on reprochait un amant allemand et qui répondit de sa voix gouailleuse et nasillarde : « Et alors ? Mon cœur est français mais mon cul est international ! ».
Après-guerre, des femmes tondues, battues, violées ont tenté des actions en justice contre leurs bourreaux mais leur action a été disqualifiée, elles n’étaient pas considérées comme des victimes.

            Le chiffre officiel  de l'épuration, communiqué par Adrien Texier, alors ministre de l'intérieur,  au « colonel Passy » (le capitaine Dewavrin) est de 105 000 victimes. Ce chiffre émanait des rapports des préfets. Il n'a jamais trouvé de démentis sérieusement étayés.

            On a toujours tendance, pour minorer voire légitimer les crimes de l’épuration, à les mettre en parallèle avec ceux de la Milice, de sinistre mémoire. Mais les exactions barbares de la Milice, dans les derniers mois de la guerre, représentent entre 2 000 et 5 000 victimes. C’est odieux et énorme (sur une courte période et avec des effectifs armés d’environ 10 à 15 000 hommes à peine) mais cela représente de 2 à 5% maximum des crimes commis par les FTP et/ou d’autres  (vrais ou faux) résistants…  

            Durant la seconde guerre mondiale, sur le sol de France, les « purges » de la libération et les bombardements anglo-américains firent, officiellement, 3 à 4 fois plus de victimes civiles que celles attribuées aux nazis.

« C'est la mémoire qui fait toute la profondeur de l'homme » soutenait Peguy. Dans le but de promouvoir une vérité historique par trop malmenée, Eric de Verdelhan –avec la sagacité qu’on lui connaît- a réussi la prouesse de transmettre dans son livre « Les massacres oubliés », cette mémoire si maltraitée de nos jours…

Jusqu’ici, l’Histoire n’a été qu’un recueil de mensonges, d’ironies, de bouffonneries, un amoncellement de massacres et de cris de douleur. C’est ce qui est lassant chez elle : cette trame toujours semblable sous l’infini variété des motifs, cette lutte constante pour un chimérique pouvoir, ces victoires perdues, ces espoirs trahis, ces décadences, ces chutes, ces reniements, ces efforts vers un avenir qui se dérobe sans fin et qui ne relâche rien de ses exigences sanguinaires, donne une image de l’homme dont on ne saura jamais si elle exprime sa grandeur ou au contraire sa misère.
            Albert Camus soutenait que « seule la vérité peut affronter l’injustice. La vérité ou bien l’amour ». Un homme qui écrit a charge d’âme, tout livre est un plaidoyer. Eric de Verdelhan, nous livre, ici, une étude réaliste à base de faits et de vérités vraies à l’histoire morale du XXème siècle.
 
José CASTANO
                                                                       e-mail : joseph.castano0508@orange.fr
 
Dans cet ouvrage qui relate bon nombre de « massacres oubliés », tels ceux de la Vendée ou de Katyn (entre autres), un grand chapitre est consacré à la guerre d’Algérie. Le génocide des harkis est fidèlement retranscrit ainsi que les massacres perpétrés sur la communauté européenne d’Oran, le 5 juillet 1962… d’où le titre de l’ouvrage : « Oran, 5 juillet 1962 (et d’autres massacres oubliés) »
Adresser commande à :
Eric de Verdelhan – 132 avenue de Nivelles, 17100 Saintes.
Prix : 18€ + 4 € de frais de port. (Règlement à la commande)
 
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-
 
« Il y a une jeune école historique qui veut mener une sorte de guerre privée et qualifiée d'héroïque contre le gouvernement de Vichy. Il me paraît absurde de renverser les choses au point de dire que non seulement le gouvernement a été complice mais qu'il a pris l'initiative d'une entreprise de répression des juifs. Je me demande parfois si, contrairement à l'idée commune, la part de sacrifice dans la politique et la conduite du maréchal Pétain n'ont pas eu des effets plus certains et positifs sur le salut des juifs que sur le destin de la France ». (Annie Kriegel, journaliste-historienne Juive, ex militante communiste – Entretien à Valeurs actuelles, 25 mars 1991).
 
-o-o-o-o-o-o-o-o-
 
«  TERREUR ISLAMISTE »
 
Cliquez sur ce lien :
http://popodoran.canalblog.com/archives/2016/08/31/34261377.html
 
o-o-o-o-o-o-o-o-
 
Mon blog :  http://jose.castano.over-blog.com/
 
Ma biographie, cliquer sur : – Ma Biographie
 
Mes ouvrages, cliquez sur : -Ma Bibliographie


18 novembre 2016

La dictature d’extrême gauche de plus en plus enragée

L'extrême gauche, et ses compagnons de route postmodernes, relativistes, nihilistes, tient fermement dans ses serres en France (et dans la plupart des pays occidentaux)  l'Université, Collèges et lycées, FIAC, théâtre public, cinéma, la plupart des médias et ce de manière sinon explicite (en particulier les premiers de la liste) du moins implicite en imposant par exemple ses mots clés et tabous qui, franchis, suscitent immédiatement la mise à l'Index de fait, même si ici et là, et pour des raisons d'audience et donc de profitabilité, tous les médias ne réagissent pas au doigt et à l'oeil aux réquisitions (les cas Zemmour, récemment Sarkozy sur le climat…) de ce qu'il faut nommer une nouvelle Inquisition (dont la sociologie est à faire, mais j'en ai esquissé les pourtours dans plusieurs articles et ouvrages…mis à l'Index…).

Prenons quatre exemples : la nouvelle préposée à l'animation de la tranche 6h30 à 07h sur France Culture s'est encore fendue de cette réaction typique propre à la nouvelle Inquisition (encore fendue parce qu'elle s'offusquait il y a peu des arrêtés anti-burkini) parlant cette fois d'un acte "islamophobe" au fait qu'une tête de porc ait pu atterrir près d'un magasin de coiffure appartenant à un certain "Mohamed"… Or, il faut y voir là plutôt un réductionnisme xénophobe rétrécissant le Mohamed en question à sa religion supposée, ce qui n'est pas de la même nature; car le jet de tête de porc pourrait s'expliquer si son magasin est explicitement un lieu propagandiste djihadiste ; auquel cas il s'agirait plutôt d'une critique pratique provocatrice, sans doute excessive, mais qui désigne bien la nécessité au moins d'en parler.

Mais s'il ne s'agit pas de cela alors cet acte de lancée de tête de porc est moins islamophobe que xénophobe, ce qui relève plutôt d'un refus d'entrée de toute intégration/assimilation, projetant une vision racialiste et non plus politique de la Nation, or c'est ce dernier aspect qui fonde la France, y compris monarchiste, et non la première de confection récente autour des thèses de Gobineau ce précuseur du nazisme. 

Mais la préposée à la propagande relativiste ne va pas évidemment jusqu'à là tant pour elle le nommé "Mohamed" ne peut être que musulman. Renforçant ainsi l'uniformité identitaire supposée tout en récusant ce dernier terme bien sûr.Et, surtout, elle fait croire qu'elle combat ledit "racisme" alors qu'elle le renforce plutôt puisqu'en réduisant le détenteur du prénom "Mohamed" à sa religion supposée elle va à la fois dans le sens de l'acte xénophobe qui l'y réduit, et, en même temps, récuse toute possibilité de critique en la cataloguant de maladie à soigner, ce qui en dit long sur la nature de cette nouvelle Inquisition capable de médicaliser en fait toute critique sauf une celle ayant trait au "libéralisme" bien sûr, une telle animosité pouvant alors servir de point de contact aux diverses idéologies absolutistes qui y voient un ennemi à éliminer bien plus qu'un adversaire.

Le second exemple fait état des propos de la nouvelle directrice de campagne de la candidate à la primaire écologiste, pourfendeuse de ladite "loi travail" et qui s'est targuée des bons sondages récents adoubant en quelque sorte la loi Taubira quant aux mariages de même sexe y voyant là une quasi acceptation des thèses genristes puisque pour elle avoir deux pères deux mères etc c'est kifkif bourricot réduisant là aussi la filiation à un problème "d'affection" alors qu'il s'agit principalement d'un problème d'identification de projection mimétique propre aux différences psychiques, ce qui est d'une toute autre complexité que cette seule arithmétique animalière présupposant que "l'affection" octroyée c'est au fond un peu de chaleur telle la femelle sevrant ses petits les premiers mois, tout un réductionnisme techniciste mesurant ainsi quantitativement une filiation au degré de "care" mise à disposition.

On mesure là le degré de vulgarité, de méconnaissance crasse du psychisme distinctif, mais aussi l'application des thèses sadiennes (défendues par Foucault et Deleuze) réduisant âme et corps au mécanisme indifférencié des désirs totaux (jusqu'à la mort donnée chère à Derrida lisant Blanchot) comme l'avait très bien analysé Olivier Véron dans L'avenir du printemps (Les Provinciales) en observant (p.107)qu'

" un homme ou une femme n'est plus qu'un objet sans visage et sans sexe, passant de l'un à l'autre, "monnaie vivante" (Klossowski), seul l'orifice anal étant considéré à cause de sa puissance de transgression. (Rachele Borghi, une discipline de Judith Butler qui enseigne actuellement à l'Université de Paris-Sorbonne, parle de "l'anus comme laboratoire des pratiques démocratiques".).

On peut comprendre aussi pourquoi face à de telles injonctions posant une telle indifférence comme cadre normatif impératif implicite d'aucuns encore mineur(e)s peuvent virer djihadistes ou identitaires racialistes (sauf que ces derniers oublient que les partisans de la dissolution nihiliste du moi sont aussi blancs blonds et de souche depuis des générations, Foucault, Deleuze, Lyotard, Mélenchon, Duflot… ne semblant pas avoir dans leurs noms des consonances métèques juives etc…)

Le troisième exemple fait justement état de ces nouvelles milices normatives comme les "antifa" dont parle également Olivier Véron dans le même ouvrage (pp.62-67) qui articulent à la fois la lutte anti-identitaire, anti-homophobe, antisioniste, anti-libérale, pouvant ici aller casser une permanence socialiste, expulser là manu militari des "veilleurs" des fameuses "nuit debout" ou tissant ici et là des pétitions pour cataloguer d'islamophobe un chercheur considérant que l'islam n'a pas, n'a jamais, été le lien avec la philosophie grecque (réduisant en plus toujours diverses cultures à leur religiosité commune majoritaire alors qu'un Avicenne était Perse, Saladin Kurde, Averroès Maure…).

Le quatrième exemple est à repérer dans ce nouveau millénarisme réchauffiste et carbo-centriste (intégrant d'ailleurs les trois autres) accusant l'humain consommateur (donc"pêcheur") de tous les maux touchant "Gaïa" en particulier celui dudit "réchauffement climatique" alors que le climat a toujours changé (disait feu Marcel Leroux) et que l'on confond lutte nécessaire contre la pollution la désertification les déchets, les gaspillages, et hypothétique lutte contre un changement climatique dont rien ne dit encore que l'activité humaine soit la principale cause de sa modification. Malgré les coups de chaleur ou de froid (dans les années 70 on parlait d'ailleurs de refroidissement climatique…)

Le plus problématique dans ces quatre exemples tient moins aux positions tenues qui après tout sont recevables en régime démocratique issu de plusieurs siècles de combat contre l'absolutisme, que dans la volonté opiniâtre de leurs adeptes d'imposer leur manière de voir, jusqu'à poursuivre et "buter" tout récalcitrant y compris dans l'intimité de son travail, un Marcel Leroux par exemple, professeur de climatologie (alors que Jean Jouzel est glaciologue et non pas climatologue au sens académique) a vu les crédits de son laboratoire à Lyon3 supprimés comme il me l'avait confié, une telle hostilité l'ayant d'ailleurs miné jusqu'à sa mort peu de temps après…

N'oublions pas aussi que l'on avait tenté d'évincer Sylvain Gouguenheim de son poste de médiéviste alors que l'Université a été fondée en Occident comme un univers protégé dans lequel la liberté de pensée est première….

Gageons que cette nouvelle caste dominante va faire feu de tout bois au fur et à mesure qu'elle sentira le vent du boulet. Mais est-ce si sûr ?…

Sous Sarkozy, et alors qu'une section de criminologie devait naître à l'Université, afin de bien la distinguer de la sociologie pénale et de la psychologie criminelle, parce que l'acte criminel doit être étudié en tant que tel et non pas le réduire à des circonstances sociales et psychiques (telle aujourd'hui la notion de "déséquilibré")cette section a été avortée.

Or, l'acte criminel en particulier dit "terroriste" peut aussi se nourrir d'idéologies mortifères qui légitiment d'un point de vue eschatologique l'acte meurtrier ; ce qui implique de caractériser et d'étudier précisément ces idéologies ; par exemple l'islam et ses interprétations, par exemple l'anarchisme, le léninisme, le nationalisme… ; sans oublier certaines variantes du technicisme affairiste qui basculent elles aussi en absolutisme et d'ailleurs peuvent s'allier aux variantes actuelles du néo-léninisme par le nouvel eugénisme de la GPA, tout en se servant de "l'islam cool" (tant prôné par la BBC, France Culture et Médiapart) comme néo-bouddhisme faisant office d'un paravent culturaliste afin de cacher en même temps (à la façon de docteur Jekyll et Mister Hyde) la traque implicite et explicite de tout courant réellement critique refusant ces diverses formes d'aseptisation établies dans les quatre exemples.

L'absolutisme ainsi se métamorphose et affiche aujourd'hui un visage d'ange : or, à trop faire l'ange…


02 novembre 2016

Jean Jouzel fait de la climatologie people


Jean Jouzel, glaciologue, affirme sur sa bio (voir extrait en dessous) avoir établi une corrélation entre température et gaz à effet de serre et ce en remontant sur 450 000 ans, or, cette corrélation n'explique en rien celle qu'il établit avec le CO2 humain puisque celui-ci ne remonte qu'à un siècle de façon industrielle ; par ailleurs si la température aurait augmenté selon le climatologue Marcel Leroux de 0,74 c, elle diminue depuis 2007…

  "Les différents sédiments (marins, continentaux ou glaciaires) ont beau nous fournir les moyens de reconstituer les variations passées de la température, seules les glaces polaires nous donnent accès à la composition de l'atmosphère, grâce à l'analyse des bulles d'air qui y sont piégées, assure-t-il. Cette caractéristique unique, que nous avons mise en évidence grâce à l'analyse des glaces du forage de Vostok (dans le cadre d'une collaboration internationale exemplaire mise sur pied entre la France, la Russie et les États-Unis au début des années 1980, nous a permis d’établir un lien étroit entre la température et la concentration en gaz à effet de serre (méthane et dioxyde de carbone) lors de la succession des périodes glaciaires et interglaciaires. Les enregistrements, qui couvrent désormais quatre cycles climatiques, soit 420 000 ans, indiquent une remarquable corrélation entre climat et gaz à effet de serre sur l'ensemble de cette période". L'épluchage systématique de ces "carottes", à l’origine d’une pluie de publications historiques dans la revue Nature, a montré par ailleurs que "le réchauffement associé aux déglaciations a commencé dans l'hémisphère Sud, que l'augmentation des teneurs en gaz à effet de serre a précédé la fonte des grandes calottes de l'hémisphère Nord, et que l'Holocène (l’époque dans laquelle nous vivons) est la plus longue période avec un climat stable".

Si donc cela explique la teneur isotopique des glaces antarctiques, il n'y a aucun rapport expérimental à l'action du CO2 humain sur le "réchauffement". D'autant que la hausse des tempétures précède toujours la hausse du CO2 d'au moins 800 à 4000 ans selon Marcel Leroux  et non l'inverse, or, Jean Jouzel clame le contraire. Par ailleurs le principal à effet de serre est l'océan à 80% et que s'il n'y avait pas d'effet de serre nous ne pourrons plus vivre, la température étant constamment négative… Il y a donc imposture, relayé par tout un amalgame avec des problèmes réels comme la désertification, sauf que le Sahara est devenu tel bien avant l'ère industrielle…

Aussi l'on confond tout : les excès comme les changements naturels, avec cette prétention de croire que l'action humaine peut infléchir ainsi et en si peu de temps la puissance terrestre vieille de 4 milliards 500 000 années. L'écologie catastrophe a remplacé le communisme qui lui-même n'y a pas été de main morte dans la pollution, pourtant il n'est guère visé…

Si nous n'y prenons pas garde nous allons assister à la levée d'une idéologie des plus totalitaires, certains de ses sbires mettant déjà en cause une natalité excessive créatrice de CO2 : "Démographie : la vraie vérité qui dérange"



Lu sur Mécanopolis :

Qui a peur de Claude Allègre ?


 

Par Agatà Kovacs

Il y a une dizaine de jours, une polémique a été causée au sein de l’UMP par l’annonce d’une éventuelle nomination de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à la tête d’un ministère couvrant l’industrie, l’innovation et la recherche à l’occasion d’un futur remaniement en juin 2009. Or, beaucoup y offrent des résistances de plus en plus virulentes, qu’ils fassent partie de la droite ou des milieux écologistes.

ellepleure600x450

Ce qui est dérangeant pour ces personnes, ce sont les positions de Claude Allègre par rapport au réchauffement climatique. Présentons tout d’abord le principal intéressé en quelques mots: Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français. Ses travaux scientifiques et sa carrière de chercheur ont notamment été récompensés par le Prix Crafoord en 1986 et la Médaille d’or du CNRS en 1994. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin de 1997 à 2000. Bien que militant depuis 1973 au PS, il décide de ne pas reprendre sa carte en janvier 2008. Nicolas Sarkozy, chez qui il avait été aperçu entre les deux tours de l’élection présidentielle, déclare en février 2008 qu’il aimerait bien travailler avec lui. Le 28 août 2008, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a confié à l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale Claude Allègre le soin d’organiser les Assises européennes de l’innovation.

Quant questions environnementales, la prise de position publique de Claude Allègre est que le réchauffement climatique existe bel et bien, mais ne trouve pas son origine dans les activités humaines. Une illustration de son propos est donnée par ses déclarations sur le réchauffement climatique du 21 septembre 2006 dans la chronique hebdomadaire qu’il tient dans le magazine L’Express, et qui ont contribué les premières à faire naître la polémique. Il y écrit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcément due à l’activité humaine. Il stigmatise simultanément « l’écologie de l’impuissance protestataire [qui] est devenue un business très lucratif pour quelques-uns ».

En réaction aux prises de positions d’Allègre, certains scientifiques ont ainsi critiqué explicitement ses arguments. Le biologiste Pierre-Henri Gouyon parle de « négationnisme écologique » de la part d’Allègre. D’autres scientifiques, en revanche, le soutiennent, parfois partiellement. Ainsi, lors d’une séance de l’Académie des sciences en mars 2007 ses arguments ont été défendus par ses collègues géophysiciens de l’IPGP Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, membres de l’Académie des sciences. Ces derniers ont été vivement critiqués par deux autres académiciens des sciences, spécialistes du climat, Hervé Le Treut et Édouard Bard (professeur au Collège de France).

Il vaut la peine de se pencher sur cette thèse “dissidente” de réchauffement climatique dû aux cycles naturels et non à l’homme. En effet, n’en déplaise à Al Gore et à son film “Une vérité qui dérange”, douter de l’origine humaine du réchauffement n’est pas un crime commis contre la citoyenneté et l’honnêteté, mais bien un doute non seulement légitime à la base, mais d’autant plus renforcé par la mise au grand jour de plusieurs mensonges et exagérations d’Al Gore dans son fameux documentaire. Les responsables du système éducatif n’ont d’ailleurs pas toujours accueilli ce dernier avec l’enthousiasme le plus extraordinaire qui soit.

En effet, en octobre 2007, le film a fait l’objet d’un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le directeur d’école, Stewart Dim-mock, a en effet porté plainte contre le gouvernement britannique en l’accusant de faire du lavage de cerveau. Notons que d’après la loi britannique, si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’”Education Act 1996″ et être reconnus coupables d’endoctrinement politique.

Le tribunal ne s’est pas opposé à la diffusion du film dans les établissements scolaires du Royaume-Uni, à condition qu’il soit accompagné d’une documentation indiquant ce qui est de l’ordre du consensus scientifique, ce qui ne l’est pas et ce qui est un point de vue politique. Le tribunal a effectivement relevé plusieurs erreurs dans le documentaire, dont les sept que voici :

Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu’on ne peut rien affirmer de tel.

Le film suggère une interprétation des graphes montrant l’évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s’il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu’affirme Gore.

Le film lie l’ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l’opinion scientifique est qu’il n’y a pas de preuves suffisantes.

Le film montre l’assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes.

Le film prétend qu’une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête.

Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l’Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.

Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l’évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu’aucune preuve d’une telle évacuation n’existe.

D’autre part, à la fin de son “documentaire”, Al Gore prétend que les seules publications ayant remis en doute l’origine humaine du réchauffement avaient paru dans des revues populaires, et étaient destinées à jeter un “doute mal intentionné”, alors qu’aucune revue scientifique n’avait remis cette soi-disante vérité en cause. Or, il s’avère que les scientifiques expérimentés ne sont pas peu nombreux à se poser un certain nombre de questions…

 

 

Par exemple, alors que le débat sur le réchauffement climatique fasait plus que jamais les manchettes depuis le dépôt du rapport de Nicholas Stern, ex-économiste en chef de la Banque mondiale, lequel fait état du coût possible de cette crise autour de 7 000 milliards de dollars, un écrivain québécois autodidacte, Pierre de Châtillon affirmait dans son livre que le réchauffement du climat est un mythe, car selon lui, le climat n’est pas dans une période de réchauffement unique à l’époque à laquelle nous vivons mais a toujours répondu à des changements cycliques depuis la nuit des temps. Depuis la sortie du rapport Stern, qui compte tout près de 700 pages, tous les journaux de la planète ont relancé la nécessité de la mise en application du protocole de Kyoto. Selon de Châtillon, des bouleversements climatiques semblables à ceux qu’on observe aujourd’hui sont survenus à des périodes de l’histoire et ont provoqué la disparition de civilisations très avancées. L’auteur avance qu’il y a plus de 10 000 ans, des civilisations dont on a retrouvé les vestiges dans les océans sont disparues lors de catastrophes climatiques qui ont été répertoriées aussi bien par Platon qu’inscrites dans les annales chinoises. Selon lui, ces bouleversements climatiques réapparaissent dans l’histoire humaine avec la régularité d’une horloge.

Selon de Châtillon, les gaz à effet de serre ne peuvent expliquer le réchauffement climatique et cette théorie semble donner raison au président américain, qui a déclaré n’être pas convaincu de la relation entre réchauffement climatique et gaz à effet de serre. L’auteur ajoute que beaucoup de scientifiques sont incapables d’établir un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre et qu’ils ne comprennent tout simplement pas comment cette relation a pu être établie. Une chose est sûre: pas une semaine ne passe sans qu’on fasse état, quelque part sur la planète, de phénomènes extrêmes tels que sécheresses, incendies de forêts, tempêtes, ouragans, inondations et glissements de terrain. Sans parler de la fonte accélérée des glaciers et de la montée du niveau des mers. Pour Pierre de Châtillon, ces phénomènes sont trop rapides et généralisés pour n’être dûs qu’à l’effet de serre. L’auteur précise qu’à certains endroits, les hivers sont plus longs et plus rigoureux: on a vu tomber de la neige dans le désert d’Arabie et au Mexique. Bref, selon lui, on ne peut parler de «réchauffement» mais bien de «bouleversement climatique».

La crise du climat a commencé avec le gigantesque trou constaté il y a une vingtaine d’années dans la couche d’ozone, réputée protéger la planète contre le rayonnement solaire. Les fluorocarbones (CFC) utilisés dans les réfrigérateurs, les systèmes de climatisation et les contenants sous pressions furent désignés comme responsables de la déperdition de ce bouclier filtrant les rayonnements cosmiques. Puis on a accusé les Brésiliens qui coupent la forêt amazonienne, les courants El Niño et El Niña. Ensuite, ce fut au tour des millions de véhicules automobiles et leurs émanations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré toutes les mesures prises, les changements climatiques se sont accélérés puis on a accusé les industries. Or, dit de Châtillon, si on fait abstraction des trois quarts de la planète qui sont recouverts par les océans, 3% par les calottes polaires, les marais, lacs, déserts et montagnes, il ne reste que 1,8% de la planète qui est peuplé d’êtres humains. Selon le National Geographic, la totalité des espaces peuplés et industriels de la Terre pourraient tenir dans un territoire grand comme l’Espagne. De Châtillon parle d’hystérie collective, d’autant plus que nombre de climatologistes ne croient pas au réchauffement climatique dû à l’accumulation des gaz à effet de serre. L’auteur croit qu’il est erroné ou au mieux signe de grande vanité de croire que l’activité humaine pourrait être la cause d’un réchauffement climatique global. Il avance qu’il suffirait d’une seule éruption volcanique comme il y en a déjà eu par le passé pour que la pollution engendrée dans l’atmosphère soit supérieure à toute celle causée par l’activité humaine.

De Châtillon cite les travaux du professeur Robert Pease, professeur de physique et de climatologie, selon qui la couche d’ozone se répare d’elle-même, alors que les molécules d’ozone dans l’atmosphère sont constamment reconstituées lorsque l’énergie de la lumière ultra-violette brise les liens des molécules d’oxygène. Selon les calculs du Pr Rowland, il y aurait une molécule de CFC pour 136 000 000 de molécules d’oxygène dans la couche d’ozone, à une hauteur de 25km d’altitude. Selon ce dernier, la théorie de la déplétion de l’ozone est inexistante, car elle est basée sur la supposition que les molécules de CFC grimperaient dans l’atmosphère sans difficulté… alors qu’elles sont plus lourdes que l’air. Quant au CO2, ce gaz ne représente que 0,035% de l’atmosphère et même si ce taux doublait, tout ce qui vit sur Terre pourrait s’en accommoder. Selon les scientifiques, plus de 99,9% du CO2 se trouve au niveau du sol ou en dessous et 71% de ce gaz est dissous dans l’eau de mer. Or, puisque le CO2 est un gaz plus lourd que l’air et qu’il se dissout dans l’eau de mer, il est donc impossible qu’il s’accumule dans les hautes couches de l’atmosphère et occasionne un quelconque effet de serre. Dès que le CO2 se manifeste dans l’atmosphère, il est aussitôt capté par les eaux de pluie et raméné au sol. De plus, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère devrait produire logiquement une explosion de la végétation, puisque ce gaz est utilisé par les plantes dans leur métabolisme, et on sait bien qu’il n’en est rien. Par ailleurs, l’atmosphère de la planète Vénus est entièrement composée de CO2 produit par l’activité volcanique. Mars possède des calottes polaires qui sont composées de CO2 solide (glace sèche). Or, dit l’auteur, si le CO2 était la cause d’un hypothétique réchauffement climatique, Mars serait beaucoup plus chaude qu’elle ne l’est actuellement. Selon lui, la Terre se réchauffe en fait depuis le début du siècle dernier, à un moment où la pollution automobile et industrielle était quasi inexistante. Bref, même si la simultanéité du bouleversement climatique et du CO2 connaissent un cycle similaire, rien ne permet de croire que l’un est la cause de l’autre. Alors quoi? Si les bouleversements climatiques ne sont imputables ni à une augmentation des gaz à effet de serre, ni à une déperdition de la couche d’ozone, ni aux courants El Niño et El Niña ni même aux gaz intestinaux des vaches, quelle en est la cause ?

 

 

Claude Allègre chez Ruquier

Pierre de Châtillon explique que les bouleversements climatiques vont de pair avec certains phénomènes, mais n’en sont pas la cause. L’auteur admet l’augmentation du nombre des tornades et l’explique par une montée des températures, lesquelles auraient débuté en 1860 (voir graphique). Comme il est possible de le constater, dit-il, déjà en 1920, la courbe de croissance est visible et l’augmentation de la température est de 1 degré sur 90 ans, en accélération depuis 1990 jusqu”à aujourd’hui. Ainsi est-on passé d’une moyenne annuelle de 150 tornades depuis 1920 pour atteindre 600 en 1955 et plus de 1200 en 1990.

Quant au niveau de la mer, selon Pierre de Châtillon, il est en augmentation depuis le début du siècle, tout en notant que l’escalade s’est accélérée depuis 1980. L’activité volcanique elle, est passée de 1500 journées d’activité en moyenne en 1940 au double en 1990, puis encore au double entre 1990 et 2004. Les tremblements de terre (voir graphique) de magnitude 2,5 et plus sont passés d’une moyenne de 500 par année de 1920 à 5000 par année en 1973 puis à 25 000 en 2004. Selon de Châtillon, le réchauffement climatique ne serait pour rien dans cette augmentation. Selon l’auteur, qui cite Schumann, la Terre se conduit comme un énorme condensateur électrique. La cavité entre la surface de la Terre et l’ionosphère agit comme un condensateur dans un circuit électrique en oscillant. Or, cette oscillation, qui se situait à 7,8 sur une échelle de 13 il y a dix ans, se situe aujourd’hui à 12. Bref, cette résonnance est en relation inverse directe de la puissance du champ magnétique de la Terre. Selon l’auteur, dans les temps anciens, cette situation a toujours précédé une modification importante du champ magnétique terrestre. Et si la Terre participe à cette résonnance, elle n’est pour rien dans sa création. Selon de Châtillon, l’énergie nécessaire à ces vagues provient de la haute troposphère. Bref, les sources des bouleversements climatiques actuels seraient extérieurs à la planète !

L’auteur démontre un accroissement de l’activité solaire. Voir à ce sujet la vidéo ci-dessous. En décembre 2001, la NASA a publié des photos de la planète Mars indiquant une fonte majeure de ses calottes polaires, tout comme sur la Terre. Un astronome russe, Pasichnyk, a rapporté qu’il semblait se développer sur Mercure des calottes polaires, ce qui est considéré comme impossible, vu sa faible distance du soleil. Sur Vénus, des observateurs ont observé en 1999 une luminosité verte typique d’une atmosphère composée d’oxygène, ce qui a causé une grande surprise. On a observé dans l’atmosphère de Mars la formation de nuages et le champ magnétique de Jupiter a doublé d’intensité depuis 1992. En 1997, on a observé la formation d’un gigantesque tube de plasma entre Jupiter et Io, une de ses lunes. L’énergie colossale nécessaire à ce phénomène est de l’ordre de plusieurs millions d’ampères. On a observé depuis quelques temps des aurores brillantes à la surface de l’atmosphère de Saturne, ce qui indique une augmentation de sa charge électrique. Même chose pour Uranus, soumise à de fortes luminosités et des aurores boréales. Bref, les scientifiques, tout en écoutant les propos alarmistes des environnementalistes, se grattent la tête en essayant de comprendre la relation entre tous ces événements. Selon Pierre de Châtillon, ce qui se passe est bien plus qu’un simple réchauffement climatique: il s’agit d’une véritable tempête d’ordre cosmique, à l’échelle de l’univers et nous serions sur le point de devoir y faire face, tout comme d’autres civilisations les ont subies il y a des milliers d’années, et qui ont disparu de la surface de Terre…

En outre, le chef du Laboratoire d’Études spatiales de l’Observatoire de Poulkovo et membre de l’Académie des Sciences russes, Khabiboullo Abdoussamatov et plusieurs scientifiques apparus récemment dans une émission de débat sur la BBC expliquent que malgré les pressions qu’ils subissent, ils continueront à affirmer que la production du CO2 serait l’effet et non pas la cause du réchauffement climatique. En fait, la hausse des températures, disent-ils, précèdent de plus de 800 ans la hausse de CO2 et est, de ce fait, une conséquence de la hausse de température. Bref, selon de plus en plus de scientifiques, la cause du réchauffement du climat de la Terre est complexe, et semble résulter d’une cascade d’événements qui se passent sur notre soleil.
La personnalité la plus médiatisée qui incarne la lutte contre le réchauffement climatique en France est sans doute Nicolas Hulot. En dehors de cela, il est également connu pour accepter des fonds de la part de grandes entreprises considérées comme polluantes à l’image d’EDF, L’Oréal ou Rhône-Poulenc. Vincent Cheynet a écrit à ce sujet: « En fait, le diable en personne proposerait à Nicolas Hulot de figurer dans son comité de soutien en lui promettant de fermer le robinet en se lavant les dents que l’hélicologiste accepterait aussitôt. Ce qu’il y a de magique avec le Pacte écologique, c’est qu’il n’y a plus ni pollueurs ni pollués, ni droite ni gauche, ni bien ni mal, ni exploiteurs ni exploités, mais seulement des gentils consommateurs qui cliquent sur Internet pour sauver la planète ».

12

 

Sur son site, Nicolas Hulot s’appuie entre autre sur ce graphique pour démontrer le rôle des citoyens dans la lutte contre la pollution et la trop grande émission de CO2, donc soi-disant contre le réchauffement climatique. Ces données sont sans doute correctes, mais est-il tout aussi correct de remettre la majorité de la faute du réchauffement climatique (qui n’est sans doute pas du tout d’origine humaine, d’après ce que nous avons vu) sur le pauvre citoyen ? Il paraît évident que non, car on ne leur propose aucune alternative permettant de continuer à vivre et à servir leur pays par le biais de leur travail aussi confortablement et efficacement avec des énergies renouvelables et non polluantes, car nos sociétés occidentales soient elles-mêmes loin d’être en mesure de s’auto-suffire en usant d’énergies vertes. Elles n’ont donc pas les moyens, pour l’instant tout du moins, de proposer des services assez efficaces pour permettre à une quantité significative de citoyens de remplacer leur mode de consommation d’énergie et d’obtenir ainsi des résultats non-négligeables sur l’émission totale de CO2. Il est d’ailleurs intéressant de mettre ceci en relation avec l’avant-dernier paragraphe de l’article de Régis Mex à propos du problème environnemental, dans lequel il dit ceci:

“Alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante.”

L’hypocrisie consiste donc à donner l’illusion aux citoyens qu’ils ont le pouvoir d’avoir un impact sur la situation environnementale alors qu’en fait, ils ne l’auront que lorsque nos sociétés seront décidées à le lui donner. Pour l’instant, on semble préparer lentement la transition entre modes d’énergie basés sur les hydrocarbures et le nucléaire à des énergies vertes dans les mentalités. Mais tout laisse à penser que ce délai, qui s’annonce long, permet aussi aux magnats de l’énergie de se convertir petit à petit de sorte à conserver en définitive leur monopole, ne laissant la recherche s’effectuer qu’au rythme qu’ils veulent bien lui accorder.

L’idée est aussi de rejeter systématiquement la responsabilité des pires tragédies sur le pauvre citoyen. Ainsi, pense-t-on, si on arrive à faire en sorte qu’il croie sincèrement être celui qui doit faire changer les choses, on pourra instrumentaliser la façon dont il agira aux façons que l’on choisira, puisqu’il suit le chemin tout tracé par la propagande de masse. On pourra alors, entre autre, leur faire accepter plus facilement leur propre asservissement s’ils sont convaincus que c’est pour le bien de la planète. Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich (1933-1945), indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie, disait que la meilleure façon de persuader le public de la véracité de quelque chose, c’était de le lui répéter ce quelque chose de façon massivement répétitive. Continuellement. Et finalement, le public croit que ce quelque chose est vrai, même s’il n’est appuyé par rien de tangible. Le sujet du réchauffement climatique répond à ses critères, et sa diffusion est largement permise par des lobbys tels que le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat). Á noter également que les fonds investis dans la recherche pour l’écologie et le climat sont passés de 170 millions de dollars par an avant Bush père à 2 milliards de dollars par an. D’où de nouveaux investissements et des créations d’emplois qui en ont fait un secteur rentable.

Tout ceci pour dire que notre cher Claude Allègre a bien des raisons de douter, et que ceux qui l’accusent de “négationnisme écologique” ont plus de scrupules à protéger une version de la réalité pour des raisons plus confortables économiquement et sociologiquement parlant que pour une réelle éthique scientifique et morale. Pas étonnant donc qu’on en vienne à utiliser le mot “négationnisme” comme si nier l’origine humaine du réchauffement climatique était aussi grave que de nier l’Holocauste. Tout est fait pour discréditer Claude Allègre par les façons les plus médiocres qui soient.
Mais qu’en est-il de ses chances de rentrer au gouvernement ? Jean-Marc Jancovici raisonne que «Si Nicolas Sarkozy veut se ridiculiser à huit mois du rendez-vous de Copenhague (le sommet sur le réchauffement climatique, NDLR), il peut nommer Claude Allègre». Notons que Jancovici est un proche de Nicolas Hulot, très influent dans l’univers du développement durable, et notamment auprès de Martin Bouygues, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

Mais les chances que Claude Allègre soit nommé au gouvernement sont, malgré tout, loin d’être inexistantes: Alain Juppé estime que l’arrivée de Claude Allègre constituerait un «contre-signal formidable» en raison des positions du scientifique sur le réchauffement climatique.
Nicolas Sar­kozy lui-même, malgré toutes les critiques que nous avons relevées, semble décidé à nommer cet homme, qu’il considère comme «très intelligent». «Il s’en fout de ce que pensent ses ministres, il veut s’entourer des plus intelligents», décrypte un ministre. Le président veut surtout maintenir et amplifier sa politique d’ouverture.

De plus, si le transfert de Xavier Darcos au ministère de la Justice ou à l’Intérieur se précise, Nicolas Sarkozy se trouve bien en peine de lui trouver un remplaçant. D’où la tentation de nommer un spécialiste du sujet, plutôt proche de la gauche. «Il est dans le schéma de réflexion du président», confirme l’un de ses collaborateurs.

On se demanderait bien quel mal prendrait le gouvernement Sarkozy pour refuser un homme qui a largement prouvé ses compétences sous le gouvernement Jospin et qui a le mérite d’aller dans le contre-courant de la pensée écologiste dominante pour affirmer sa propre conviction des choses, qui est, à n’en pas douter, la plus proche de la réalité. Sa nomination ne pourrait clairement être qu’un plus, ajoutant un ministre compétent et honnête dans ses opinions, préférant éviter la langue de bois, auprès de Nicolas Sarkozy. Mais il reste à ce que ce dernier fasse son choix…

Agatà Kovacs, pour Mecanopolis

1er janvier 2010


27 juillet 2016

Esquisse sur la guerre d’Algérie

 Il s’agira de tenter de percer deux énigmes principales :

       1/Pourquoi les habitants de l’Afrique du Nord ont-ils basculé d’une colonisation à une autre, de type arabo-islamique ? Car, contrairement aux apparences, cette dernière est en effet bel et bien plus étrangère, plus féroce, injuste, et humiliante que la française. Elle importe en effet une langue, qui n’était ni parlée ni écrite, y compris avant l’arrivée de la France[1], et impose une dictature identitaire unique et un affairisme jamais vu auparavant ; maquillée par un bourrage permanent des urnes, appris sans doute aux côtés des courants extrêmes de l’Administration française des années 1946-51. Ce qui envenime par la même occasion le sort de tous, jusqu’à voir cette contrée disparaître désormais de l’histoire du monde ; même si elle vivote encore comme appendice de la Ligue arabe, cet ectoplasme, ou coquille vide.

2/De son côté, l’administration française d’après guerre fut héritière d’une erreur magistrale datant de la fin du XIXème siècle, celle de la séparation organisée des communautés, et ce, sans rire, pour le « bien » des… autochtones. Rappelons en effet que Napoléon iii s’inspira de Thomas Ismaïl Urbain dont les bonnes intentions visaient à « protéger » ces derniers contre « la minorité des colons européens[2] ». Ce qui eut l’effet contraire. C’est que l’on appelle aujourd’hui le communautarisme. Ou l’apartheid soft. Au lieu de proposer d’emblée l’assimilation et la naturalisation d’office comme le proposait certains implantés[3] ; ce qui aurait eu certes pour objet de se heurter aux pouvoirs des tribus et des autorités religieuses islamiques, mais aussi de sécréter une voix nouvelle qui aurait pu tracer dans le réel, l’idée que l’affiliation à la République française signifiait bien plus une appropriation des idées de démocratie et de libertés de penser et d’entreprendre nécessaire pour tout réel humain, sans que l’on perde pour autant sa spécificité.
Ce ne fut pas cette voie là qui fut suivie par l’administra­tion française, en particulier celle de Napoléon iii et son idée de « royaume arabe ». Elle crut qu’en renforçant, culturellement, la seule variable arabo-musulmane[4], tout en manipulant, politiquement, le processus électoral (de 1948 et de 1951 par exemple[5]) ils pouvaient astreindre l’aile national islamiste de Messali Hadj[6], et s’accommoder d’une société duale de type sinon d’apartheid du moins communautariste. Celle-ci exista cependant bel et bien et se renforça après 1962. En effet, l’autre aile du mouvement indépendantiste, celle des arabo-socialistes nassériens, envisageait explicitement cette césure. Elle gagna la manche en éliminant tout le monde, « centristes » à la mode comme Abbane[7]… Car les Français et européens[8] implantés s’y prirent mal et au lieu de poser le problème sur des bases démocrates et universelles ils choisirent la manipulation et le fait d’enfermer l’Afrique du Nord dans l’unique dimension « musulmane » alors que nombre d’autochtones refusaient d’être perçus ainsi ; ce qui ne put que renforcer l’aile arabo-islamique et amoindrir des démocrates comme Ferrat Abbas[9].
 
Précisons ces deux points.
 
Indépendamment de ses illusions, de ses erreurs, spécifiques, la présence française ne peut guère être réduite à ses exactions militaires et ses acquisitions (propres à toute invasion). Ou alors il faut également faire de même pour l’invasion arabo-islamique. Sauf que la présence française avait une bien meilleure légitimité historique que cette dernière parce qu’elle pouvait se réclamer de la civilisation romaine et chrétienne à laquelle les Berbères ont massivement contribué, y compris contre Rome, on l’a vu.
Sans l’invasion arabe, la Berbérie serait encore aujourd’hui une terre occidentale au sens culturel alors que depuis qu’elle s’est tournée vers l’Orient, jusqu’à imiter celui-ci dans les moindres turbans, elle n’a fait que régresser.
 
Il est donc clair qu’il ne faut pas réduire la présence française et son action au métro parisien Charonne et à diverses exactions isolées, condensés supposés génocidaires de son invasion et sa répression propres aux xixe et xxe siècle. Parce que, d’une part, la France n’a pas été la seule à envahir et à réprimer dans cette région (on oublie la Turquie), et que, d’autre part, la France est en réalité liée à la Berbérie du Nord, du fait de son propre passé chrétien.
 
Voilà pourquoi Saint Louis désira s’arrêter à Tunis lorsqu’il revint de croisade[10]. Il ne pouvait en effet oublier comme je l’ai indiqué dès le départ de cet ouvrage que les principaux Pères du christianisme viennent de Berbérie : Cyprien, Tertullien, Augustin[11], le pape Victor ier (qui arrêta le nombre des évangiles, rappelons-le[12]).
 
Car le christianisme s’est peu à peu répandu en Afrique du Nord à partir du ier siècle, mais ce à l’insu de Rome et même contre elle, du moins jusqu’à l’avènement de Constantin au ive siècle. La lutte entre saint Augustin et le donatisme par exemple mettait en prise des centaines d’évêques de chaque côté, on l’a vu[13].
Par contre, l’islam s’est imposé par les armes et principalement ainsi. Il a massacré d’entrée de jeu ; aussi est-il ridicule de reprocher uniquement aux Français cette façon de faire, surtout lorsque, il n’y a pas si longtemps, le fln tua au moins cinquante mille de ses propres membres[14], sans parler des messalistes, des berbéristes, et des centaines de milliers de morts des années 1990.

En définitive il s’avère que l’islam, au lieu de se greffer comme élément cultuel et culturel charrié à la façon du judaïsme, du christianisme authentique, voulut leur interdire de regarder la grandeur de leur passé (comme il le fit d’ailleurs en Arabie, à la Mecque, alors que toutes les religions pouvaient prier autour de la pierre noire). Non seulement le passé chrétien (qui dura plus de mille ans et… dure encore, voire même renaît…). Mais également le passé préchrétien qui vit un Massinissa imposer la Berbérie[15] comme puissance montante face à Carthage et Rome[16].
Avec l’islam les Berbères furent frappés d’amnésie, d’où leur ferveur à le défendre, comme s’ils n’existaient que par lui en lui pour lui…
 
Il est vrai que si les Berbères, des campagnes, (ceux des villes s’enfuirent ou se réfugièrent dans les montagnes) s’accommodèrent si bien de cette hérésie, (par opposition à la ville comme je l’ai suggéré), ce fut sans doute parce qu’ils crurent avoir été membres de l’islam de tout temps.
Ils se soumirent donc aux Turcs, (gardiens de la Mecque, une épée de Mahomet est toujours au palais Topkapi de l’ex-Constantinople), et ce durant plusieurs siècles jusqu’à l’arrivée de la France (ce que l’on oublie trop souvent), les habitants d’Alger s’adonnant à la Course, se transformant en pirates sur les côtes, vivant de prise d’otages et de rapines, infestant en un mot la Méditerranée, d’où l’intervention de la France pour que cela cesse.
 
Mais lorsque les Berbères crurent se réveiller en menant (pour les autres) la majeure partie de l’effort de guerre en vue d’une indépendance dans laquelle toute leur diversité ethnique, religieuse et culturelle pourrait voir le jour (comme ils le crurent lors du Congrès de la Soummam avant que « Krim » ne se débarrasse d’Abane Ramdane[17]), ce fut, en réalité pour s’abandonner, à nouveau, au joug d’une armée d’opérette installée confortablement au Maroc et en Tunisie tout le long du conflit avec la France. Tout en allant chercher ses ordres au Caire. Ce qui leur aliéna Messali Hadj qui ne voulait pas obéir au socialisme arabe nassérien (sans doute parce qu’il le ne le trouvait pas assez arabo-islamique au sens traditionnel[18], car lui aussi voulait construire un « Maghreb arabe[19] » ; ce qui précipita l’« extermination » de ses partisans par le fln[20].
Les Français « de souche », du moins les officiels, espéraient depuis Napoléon iii[21] devenir une « puissance musulmane » et tentent encore de le réaliser en France actuellement en soutenant la junte militaire et son idéologie.
Pourquoi était-ce impossible ? Parce que dans ce cadre là l’attachement à l’islam en tant qu’entité politico-religieuse (à la différence du judéo-christianisme) aurait toujours prévalu et empêché de fait un brassage. Le seul moyen aurait été d’encourager la pluralité religieuse et culturelle en n’entravant pas d’une part l’effort de redécouvrement chrétien effectué par les Kabyles ; en supportant d’autre part les efforts laïcs de certains arabophones qui refusaient la mainmise islamique sur le mouvement de libération[22].
Il n’en fut rien.
Raymond Aron avait donc sinon raison du moins de meilleurs arguments que Jacques Soustelle lorsque le premier préconisa contre le second de sortir au plus vite du guêpier « algérien[23] ». Ne serait-ce déjà que par le facteur démographique. Et ensuite par l’incompatibilité entretenue volontairement par les messalistes, les ouléma et les divers dirigeants arabo-nassériens du fln entre islam et démocratie.
Pourtant, la civilisation dite uniquement « arabe » s’avère être historiquement une fiction fabriquée très récemment : au xixe siècle par les colonisateurs français et anglais, au xxe siècle et à partir des années 1930 par les nationalistes arabistes lorsqu’ils prirent comme exemple le nazisme.
Par ailleurs les faits historiques, non falsifiés, montrent que son déclin actuel, remontent dès la fin du xie siècle, à la suite de l’effondrement omeyyade (par ailleurs d’origine syrienne, c’est-à-dire non arabe, la langue arabe n’étant devenue langue officielle en Syrie que dans les années 1920). L’extension abbasside qui prit la suite des Omeyyades est bien plus un conglomérat de peuples dominés par les Kurdes (Saladin), les Perses (Avicenne) et… les Afro Berbères (Almoravides Almohades). Jusqu’à l’invasion Tartare ; puis Turque.
 
Les plus idéologues des arabistes contemporains sont conscients de ce fait, bigarré, composite ; aussi utilisent-ils, alternativement, le religieux comme sédiment et moteur, – par exemple lorsque le mot “arabe” devient trop vague ou s’es­tompe depuis la disparition d’un Nasser ou l’effondrement d’un Saddam Hussein –, en considérant, cette fois, que c’est par l’islam, qu’une telle civilisation aurait pu voir le jour.
Et d’aucuns, parmi eux, tel un Ben Laden, pensent que c’est précisément en réincarnant, réinsufflant, imitant, pas à pas, cette affiliation religieuse, c’est-à-dire en sacralisant jusque dans le moindre aspect cette « longue marche » que fut le mode d’extraction, d’émergence et d’organisation politique qu’impulsa Mahomet, qu’une résurrection doit être possible.
Quelle fut la première conséquence de ces deux erreurs ?

Celle-ci : en choisissant d’insérer les « indigènes » (les vrais) dans l’unique dimension arabo-islamique, – (par exemple en favorisant le développement de l’influence ouléma[24], en plaçant l’arabe (littéraire) comme seule langue autochtone à enseigner lors du statut de 1947[25]), la France empêchait, de fait, la possibilité d’une coexistence supérieure où l’on aurait vu se construire une Berbérie pluriculturelle, plurilinguistique, pluri religieuse, à l’instar de ce qui se passa lors des brassages avec les juifs et les romains ; (le terme pluri se distinguant de multi en ce sens qu’il s’appuie plutôt sur un socle universel et laïc qui fonde et limite la diversité, alors que le multi récuse ce socle et prétend s’y substituer, ce qui a pour résultat la coexistence ghettoïsée des « communautés »).
Observons que les autorités françaises de 2007, empêchent encore une telle pluralité, par exemple en refusant la création d’une Maison culturelle de la Pluralité Berbère à Paris alors que l’Institut du monde « arabe » propage sa falsification historique, (– anti-israélienne par ailleurs : ce pays n’étant pas mentionné sur la carte géographique murale…) –, alimentant ainsi la haine entretenue savamment par certains dans les quartiers dits « difficiles » et donc fabriquant un nouvel antisémitisme bien plus virulent que le racisme anti-nord africain…


Que dire à tous ces Berbères, non pas les arabophones, mais les arabo-islamisés ou néo-colons[26] qui non seulement pensent vivre en Arabie mais l’imposent aux autres ?
Ils sont semblables à ces Berbères de la frange occidentale (Maroc) qui, sous Idris ier, construisirent Fès en copiant le style d’Orient, ne sachant pas que celui-ci bégayait déjà Byzance (Sainte Sophie) c’est-à-dire l’art grec inspiré par le christianisme (la mosquée de Jérusalem fut par exemple construite par un architecte grec).
 
Que leur dire ? Peut-être leur proposer de vivre en Arabie, à Gaza, leur arabo-islamité[27]. Mais certains se prétendent « Berbères » comme l’actuel Président de la République dite « algérienne ». Si l’on était comme eux, on proposerait d’expulser les plus excités. Comme ils l’ont fait avec les Juifs, les Européens, et les fidèles à la République française[28]. Avec l’aide, objective, des désespérés de la colonie il est vrai[29].
Mais les Berbères authentiques sont généreux et peuvent accepter que dans le cadre d’une pluralité démocratique où l’on verrait les trois cultures co-exister (berbérophone, francophone, et parlers populaires unifiés), de tels individus aussi intolérants soient… tolérés. Par contre, il s’agirait d’exiger d’eux qu’ils acceptent dorénavant de penser à une pluralité culturelle, linguistique, religieuse, sur une base laïque et démocratique, voilà un minimum que l’on ne peut guère uniquement caractériser de « berbériste ».

Ce fut d’ailleurs là le drame des berbères arabo-islamisés, voire des assimilés dans le monde entier : personne ne leur fait confiance, même si on peut leur reconnaître des mérites. La xénophobie (à ne pas confondre avec le racisme néanmoins) est la chose au monde la mieux partagée.
Ainsi le rcd et le ffs, pas entièrement arabo-lobotomisés il est vrai[30], avaient beau jeu de présenter des programmes alternatifs globaux, c’est-à-dire intégrant les intérêts de toute la population dite « algérienne », eh bien, non seulement le Pouvoir mais aussi ses soutiens français (de « souche »), par exemple au journal Le Monde, (au Figaro aussi) les traitaient tout aussitôt de « partis kabyles ». Ne parlons pas du fameux « complot berbériste ». Et même lorsque les berbères jouent uniquement la carte arabo-islamique, les vrais Arabes, eux, les regardent avec suspicion, on l’a dit, ou alors s’en servent comme porte-flingues[31].

Cette suspicion n’est pas nouvelle. Ainsi Charles-André Julien peut-il rappeler, on  l’a lu plus haut, que « les Arabes, fussent-ils de la plus basse origine, détestent les Berbères musulmans. Le kharijisme a donné suffisamment de tablature aux conquérants pour expliquer leur berbérophobie croissante, et l’on comprend que l’ascète Bohloul ait donné un festin le jour où il acquit la preuve qu’il était bien un Arabe cent pour cent[32].

Pourtant, malgré cette « berbérophobie », et alors que les gages donnés par eux sont innombrables (ne serait-ce qu’en faisant de la surenchère coranique), les Berbères sont devenus en majorité amnésiques de leur glorieux passé, et ce sans doute à cause d’un présent stagnant, et d’une vision idyllique, mystique même, de l’islam, cette réécriture pourtant[33], qui les a purgé à la façon du docteur Jeckill se transformant en Mister Hyde. Pour l’éternité.
D’où leur refus, logique, d’accepter la loi républicaine, dite « française », alors qu’elle allait bien au-delà de cette forme historique puisqu’elle touchait à l’universalité, celle qui permet de développer l’être humain et non pas seulement l’occi­dental.
Nous le voyons aujourd’hui tous les jours, de l’Inde à la Chine, et de plus en plus en Afrique. Tandis que les pays dominés par le national arabo-islamisme et le caudillisme sud américain (bureaucratie exponentielle et homme providentiel) régressent, malgré l’embellie pétrolière connue par certains.

Ce fut ce contenu universel là (mal vendu à l’ époque il est vrai par les implantés et l’Administration française) que redoutait précisément leurs ennemis anti-démocrates et anti-laïcs par définition même, cherchant à tout prix à rattacher l’Afrique du Nord à l’Orient, surtout depuis que celui-ci était à nouveau entré en ébullition aux alentours des années 1930 à la suite de la chute de l’empire turc.
Ils leur fallait dans ce cas absolument récuser la filiation originaire de la Berbérie à l’Occident puisqu’elle a été l’un des berceaux du christianisme, lui-même au fondement de la liberté de conscience qui a eu par ailleurs la capacité de se rebeller contre lui-même via le protestantisme et la philosophie des Lumières.
Rien de tel ne s’est passé en l’islam. Et la réserve des mo’tazilistes au IXe siècle récusant le caractère incréé du Coran et défendant l’idée du libre arbitre fut âprement combattu[34].Tout comme la pensée philosophique autonome à vrai dire, puisque l’islam est censé répondre à tout puisqu’il est l’intercesseur qui en permet la possibilité même et son discernement.
 
Il ne faut donc pas se tromper d’angle. Les prétendus pourfendeurs de la présence française, encore actuellement au pouvoir et possédant nombre de relais en France même parmi la petite et moyenne intelligentsia arabisée et alter islamisée[35], ne visaient pas en réalité à libérer les Berbères d’un énième joug et ainsi à leur ouvrir les portes de cet immense et prospère avenir qu’est la démocratie basée sur les libertés de penser et d’entreprendre.
Pourquoi ? Parce qu’elle remettait en cause la primauté de la loi islamique considérée comme supérieure aux idées de démocratie et de laïcité.
L’impasse de la constitution d’un double Collège (l’un « musulman », l’autre « européen ») ne pouvait dans ce cas qu’accroître les tensions entre deux « communautés », séparées, et ce bien plus du fait de forces – françaises, européennes, et arabo-islamisées – refusant leur mixage[36], à la façon américaine, que par effet congénital qui aurait été propre aux autochtones.

Jacques Soustelle crut, on l’a vu, qu’une espèce de fédération francophone aurait pu sauver la mise, du moins après 1958 [37]. En fait, si l’on remonte disons avant les évènements de Sétif dont nous allons parler dans un instant(1945), le débat n’était pas entre choisir l’affiliation pure et simple et le choix mixte entre national-islamo-baathisme, comme il s’établit de plus en plus dans les années 1960, mais plutôt entre un universalisme démocratique et une emprise uniforme autocentrée sur une origi­ne ethnique imaginaire, semblable au mythe aryien. Ce fut la seconde option qui l’emporta. Mais ce fut subtilement fait. Les Berbères tombèrent en effet dans le panneau d’une Algérie, démocratique et plurielle, alors qu’ils oeu­vrèrent en réalité pour asseoir une dictature nationale arabo-islamique qui les somme désormais de disparaître purement et simplement.
Pour y arriver, il faut tout d’abord éloigner l’influence occidentale en général, française en particulier. Comment ? En créant des murs de sang. On l’a vu lors de l’insurrection de 1871 : pas plus l’islam que la structure tribale, ne furent, semble-t-il, les ferments déclencheurs. La Kabylie s’embrasa à partir d’un seul foyer, celui d’un différent monétaire. Pourtant, ils en devinrent les ingrédients nécessaires pour en justifier la propagation et permettre ensuite que les répercussions bénéficient, en fin de compte, aux religieux islamiques.
En effet, les religieux, tels des guerriers aux aguets, étaient à la recherche du moindre incident ; organisés de plus en plus en confréries maraboutiques, et donc en contre-sociétés, – (n’oublions pas qu’en islam, la confrérie détient un rôle politico militaro religieux comme ce fut le cas à Kairouan puis avec les Almoravides et les Almohades), ils étaient de plus en plus inquiets, en réalité, de voir les efforts d’intégration de la France en direction d’un monde non tribal, urbain, tel par exemple, on l’a déjà signalé plus haut, le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 (soit six ans avant l’insurrec­tion Kabyle de 1871…) qui offrait aux autochtones un choix de société au sens fort, crucial, absolu, du terme, observe Goinard[38] : « (…) entre continuer d’être « régis par la loi musulmane » ou « jouir des droits des citoyens français en étant régis par les lois civiles et politiques de la France » (…) ».

Cette volonté de séparer les Communautés  existe toujours de la part des religieux islamiques ; c’est par exemple exactement ce qui est train de se passer… en France… en 2007, sous nos yeux. Nous avons relaté plus haut l’exemple de Cheikh Aheddad durant l’insurrection Kabyle de 1871 qui cherche à créer un fossé de sang entre les peuples ; eh bien on s’aperçoit que c’est ce même genre d’idée qui se trouve agitée actuellement par les pro-arabo-islamisants, avec le soutien d’idiots utiles, tel un Pascal Blanchard qui dénonce une « volonté coloniale »visant à faire un sort à une culture autochtone, (entendez immigrée), alors qu’elle se trouve installée en…France. Ainsi celle-ci ne peut plus défendre sa propre culture par exemple en refusant de voir entrer le voile islamique dans les Services Publics, sous peine d’être traitée de « raciste » ; mais, bien sûr, les innombrables actes réellement racistes effectués dans les pays dominés par cette même culture islamique qui tente de s’imposer en France seront passés sous silence.
Plus encore, ce qu’il convient bien d’appeler un alterislamisme participe de cette idée fallacieuse stipulant que toute culture non occidentale est, par essence, une culture de résistance alors qu’elle peut fort bien charrier des éléments que l’on aurait autrefois taxé de réactionnaire.
C’est ce genre de choses qu’obtiennent les religieux islamiques et autres experts en insurrection : créer un mur de sang entre les Communautés de telle sorte qu’aucun « melting pot » ne soit envisageable, pas même une cohabitation.
Observons sur ce point un premier exemple, quoique ancien, mais toujours actuel de manipulation, celui de Sétif.
Le livre de Robert Aron, déjà cité, fait état de 5 000 à 6 000 morts (chiffre donné par des fonctionnaires connue pour leur « arabophilie » ajoute le livre de Robert Aron), tandis que Charles André Julien parle de 6 000 à 8 000 morts[39] et que David Pryce-Jones fait état de 6 000 morts[40] tout en soulignant l’aspect prémédité concocté par les « nationalistes arabes » Ce que relate, mais sans plus, le livre dirigé par Robert Aron[41] en soulignant le caractère complexe de la situation, en particulier pour cerner l’exact déclencheur de la crise.
Cette prudence dans l’analyse, n’est cependant plus d’actualité, ce qui indique beaucoup de choses, et implique déjà que l’on entre à nouveau dans les détails.

Ainsi, en 2005, lors du soixantième « anniversaire », le drame dont nous allons parler dans un instant est définitivement rejeté sur la partie française : qu’il s’agisse de Jean Daniel du Nouvel observateur (11 mai 2005), de Jean-Paul Mari sur le site du même journal (8 mai), de Mehdi Lallaoui et de Hassane Zerrouky dans le journal L’Humanité (respectivement 5 et 7 mai), de Josée Garçon de Libération (7 mai), de Nicolas Weill du Monde (8 mai), ou encore du point de vue de Jean-Louis Planche (Le Monde du 8 mai), force est de constater que, d’une part, le commentaire submerge la présentation des faits. En particulier leur enchaînement, si crucial, au vu du déchaînement qu’il entraîna. D’autre part, leur mise en perspective reste des plus succinctes.

Ainsi, s’agissant du séquentiel des faits, le premier élément déclenchant fut donc cette manifestation à Sétif où un coup de feu abattit le porteur du drapeau, un « scout » dont le site du Nouvel Obs donne le nom : Bouzid Saal, tout en parlant de « bousculade » quant à la cause du coup de feu sans plus de précision ; idem dans un court article du Monde, (relativement bien fait néanmoins comparé aux autres) ; idem également selon une autre brève trouvée sur le site du Nouvel Obs, alors que Mehdi Lallaoui affirme qu’il est « établi que c’est la police qui la première ouvrit le feu contre les manifestations de Sétif, à hauteur du Café de France » ; tandis que Hassane Zerrouky assène que c’est le « préfet de Constantine, Lestrade-Cardonnel, qui a ordonné aux forces de police : « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. »
Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants. Les colons, organisés en milices, participent à la répression ».
 
Une version pourtant controversée si l’on en croit les propos de l’historien Jean-Louis Planche, (dans un point de vue pourtant très peu objectif), puisqu’il signale que l’on « discute aujourd’hui pour savoir qui, d’un policier ou d’un manifestant, a lâché le premier coup de feu » ; sans oublier que Hassane Zerrouky va bien vite en besogne lorsqu’il énonce le rôle immédiat des colons « organisés en milices ».
Parce que la séquence n’est pas celle-ci. Mais plutôt qu’à la suite de l’assassinat du porteur de drapeau, au soir du 8 mai, sur « le registre de décès » relate Jean-Paul Mari du Nouvel Obs, vingt et un « indigènes » et vingt « européens » sont déclarés morts. Puis il s’avère que ce sont « 102 » européens qui trouvent la mort, concède Jean Daniel, (Josée Garçon, elle, saute la séquence, ainsi que Nicolas Weill qui s’en tient à vingt neuf européens tués le 8 mai, tandis que Mehdi Lallaoui parle de « 103 Européens d’Algérie », sans cependant donner plus de précisions quant à la séquence temporelle et au type d’exac­tions alors que Jean-Paul Mari indique que les « troubles gagnent le Constantinois. À Kherrata, les émeutiers font sauter la boulangerie, la poste, le palais de justice ; ils violent, tuent et mutilent les cadavres. L’armée accourt, les civils se constituent en milice… ».
C’est, d’une part, bien donc à la suite de l’assassinat de ces 102 ou 103 européens que les milices surgissent et non immédiatement le 8 mai 1945 comme l’énonce pourtant plus haut Hassane Zerrouky dans l’Humanité. D’autre part, seul Jean-Paul Mari indique, on l’a lu, des viols et des mutilations de cadavres concernant les dits européens.
 
Or, il aurait été loisible d’approfondir la question, par exemple lorsque l’on lit un Pierre Goinard qui expose, dans son livre référence, Algérie, l’œuvre française, que[42] : « Des heurts avec le service d’ordre clairsemé, un coup de feu et c’est l’émeute sauvage, fermes européennes attaquées, massacrés gardes champêtres et gardes forestiers, juge de paix, curé, des femmes, des vieillards, des enfants, égorgés, mutilés, mains tranchées, ventres éviscérés, seins arrachés, organes sexuels sectionnés fourrés dans la bouche du cadavre… ; en quelques heures plus de cent morts et deux cent cinquante blessés européens. Cependant le soulèvement reste localisé et n’est pas unanime : des musulmans préviennent ou cachent des Européens. Ceux-ci, regroupés en milices, tuent à leur tour (…) ».
Ce genre d’exaction, Benjamin Stora le relate, quoique par inadvertance (Libération du 7 mai 2005[43]) : « on sait qu’un des responsables du PC à Sétif a eu les bras sectionnés lors des affrontements », précédé par le propos suivant : « Certains militants européens ont d’ailleurs participé à la répression de Sétif, dans les milices. Peut-être par simples représailles ».

Cette observation tempère d’une part l’idée que les « colons » s’organisent uniquement dans des milices pour aller chasser de « l’indigène » dans un esprit génocidaire comme le prétend le président algérien actuel ; par ailleurs le fait que cela soit un communiste qui se fasse ainsi mutilé n’est peut-être pas dû au hasard, puisqu’il représente cet athéisme si honni par certains ouléma. Les communistes de l’époque, parlent, eux, d’éléments « hitlériens » au sein des insurrectionnels, ce que récuse l’historien Alain Ruscio dans un article de l’Humanité.

Or, Pierre Goinard avance[44], que les ouléma « dans l’Est algérien surtout et à Tlemcen, étaient nationalistes et antifrançais au nom de l’islam, en liaison étroite avec les Universités de Tunis et du Caire, le Proche Orient et le monde arabe. Déconcertés par la laïcisation de la Turquie sous Kémal Pacha après 1918, ils orientèrent alors leurs sympathies vers Charkib Arslân qui diffusait de Genève l’idéologie de la nation arabe. Expulsé du Liban par les Français en 1920, antisémite admirateur de Hitler et en même temps financé, dit-on, par Moscou ».

Ce genre de stratégie, susciter la réaction de l’ennemi en le provoquant émotionnellement par des mutilations préméditées, a été appliqué à plusieurs reprises, par exemple en 1955 à El Halia, mais aussi en 1871 lors de l’insurrection dite Kabyle on l’a vu plus haut (et c’est devenu monnaie courante lors de l’affrontement entre les islamistes et les arabo-baathistes dans les années 1990 en Algérie ou encore actuellement en Irak).
 
Si l’on réfléchit donc sur le début de la séquence, si déterminante, il s’avère peu vraisemblable qu’à la suite du meurtre (commandité par qui ?) de ce scout, musulman, un tel déchaînement dans la mutilation ait pu spontanément avoir lieu (au cri de « El djihad » mais que relativise – au nom de quoi ? – Annie Rey-Goldzeiguer, citée par Josée Garçon, en le cataloguant d’« arme de guerre civile plus que religieuse ») : de fortes présomptions incitent, d’une part, à observer le côté prémédité du phénomène qui a été déclenché de telle sorte que la réaction française puisse prendre la démesure souhaitée.
Ceci créa ce « mur de sang » dont parle Cheikh Aheddad et que Stora relève également lorsqu’il énonce que le « soulèvement musulman et la répression à grande échelle ont creusé un fossé de sang entre Européens et Algériens indépendantistes ».
 
D’autre part, la situation de l’époque ne peut guère se réduire au fait que puisque l’assimilation ou l’intégration s’avé­rait une impasse donc elle ne pouvait que déboucher sur ce genre affrontement comme l’avance hâtivement l’historien Jean-Pierre Peyrolou dans l’article de Josée Garçon. C’est oublier que précisément cette ouverture n’était pas acceptée par la mouvance arabo-islamiste animée par les ouléma d’une part, par Messali Hadj ensuite, par les partisans du « socialisme arabe », qu’exprimèrent les nassériens et autres baathistes ensuite.
Dans ces conditions d’oscillation les propos d’un Ferhat Abbas de 1936, que Pierre Goinard relate[45] expriment bien cette complexité : « Nous avons écarté une fois pour toutes les nuées et les chimères pour lier définitivement noter avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays. Nous sommes les fils d’un monde nouveau, né de l’esprit et de l’effort français ». De tels propos étaient dangereux pour les franges du nationalisme arabe et de l’arabo-islamique. Il fallait empêcher que se constitue une voie intermédiaire. Coûte que coûte. D’où Sétif. Et le début de la chute pour l’espoir.

Second exemple : ce travail de sape peut être repéré par la suite au sein même du fln.

Partons d’un texte, celui de la constitution du Front de libération algérien créé en 1955. Sa lecture est décelable dans les mémoires d’un des bras droits d’Abdel Nasser, Fathi al Dib, (j’en déjà parlé à propos d’Abbane), et ceci est révélateur non seulement parce que cela incarne le soutien, notoire, du nassérisme, voire son implication centrale, au nationalisme dit algérien, mais aussi parce qu’y est inscrit noir sur blanc une certai­ne conception de la nation se raccrochant bien plus à son acception raciste qu’à sa traduction citoyenne, c’est-à-dire républicaine, mais aussi démocratique.

Ainsi l’article 1 parle bien de citoyenneté, (tout en étant précédé de la sentence coranique « Au nom d’Allah, Puissant et Miséricordieux ») les articles 4 et 5 le démentent tout aussitôt – (à l’instar de l’article 6 de la Constitution soviétique – la plus démocratique du monde – qui donnait en réalité tout le pouvoir au Parti)- en formalisant ce qui suit :

article 4 : « L’Algérie est arabe de race et musulmane de foi et continuera à l’être. Elle respecte également les autres religions, croyances et races. Elle condamne toutes doctrines racistes et colonialistes ».

Article 5 : « L’Algérie fait partie intégrante du Maghreb arabe, qui fait partie du monde arabe. Ses aspirations au panarabisme et sa collaboration avec les peuples et gouvernements ainsi qu’avec la Ligue arabe sont tout à fait normales[46] ».

On voit tout d’abord une contradiction majeure avec ce qui était cru à la base. Rappelons ce que Rémy Madoui relate de son expérience de terrain, par exemple les propos que lui aurait confié dans le maquis Boughara Ahmed Ben Larbi (dit M’Hamed, dirigeant du maquis algérois, qui meurt en 1959) : « (…) il ne faut pas oublier un instant que notre révolution n’est pas une guerre de religion. Le peuple algérien est musulman, chrétien, juif, agnostique ou croyant non pratiquant tout simplement. (…) Tout ce que nous avons en commun avec les ouléma, en tant que parti, est que l’Algérie est notre patrie. Tout comme pour la religion, ici nous parlons la daridja, qui est un dialecte formé de mots arabes, berbères et français, le français, et quelques langues berbères[47] ».
Or le contenu des articles 4 et 5 est en contradiction flagrante avec ce propos puisqu’il est question de race et de panarabisme qui, de fait, tue dans l’œuf toute spécificité autre que la suprématie « arabe » et, surtout, les inscrit dans une dimension d’infériorité avec la dhimmitude.

Arrêtons-nous un peu plus en un troisième exemple sur cette question qui montre bien en quoi le nationalisme arabe et l’islamisme sont les deux faces d’une même médaille.

On a tendance en Occident et singulièrement en France à opposer « socialisme arabe » et islamisme. Cette illusion, largement partagée au-delà de la gauche tiers-mondiste et de la droite gaulliste, s’est manifestée encore fortement en 2003 à l’occasion de l’attaque du régime de Saddam Hussein par les États-Unis et leurs alliés. On entend souvent reprocher à George W. Bush et à Tony Blair d’avoir détruit « le seul régime laïc de la région » ou encore « le rempart contre les mollahs iraniens » tout en y cataloguant de « contre-nature » l’actuelle alliance islamo baathiste.
Certes le socialisme arabe et l’islamisme ne sont pas identiques. Mais, contrairement aux apparences, ils ne s’oppo­sent pas sur le fond, la résurgence de la grandeur d’autrefois, mais sur les moyens d’y arriver : la renaissance (Nahda) pour le premier en s’inspirant des efforts de modernisation prônée au début du xixe siècle par certains intellectuels installés en Europe[48] ; le retour à l’imitation des pieux ancêtres pour le second (al-salaf al-salih) qui donna le salafisme dont les Frères musulmans égyptiens, le wahabisme saoudien, le Hamas palestinien sont les variantes.
L’idée de califat agitée par exemple sous Saddam Hussein, baasiste pourtant, (et encore actuellement par ses partisans) n’est donc pas seulement une perspective tactique visant à rallier l’islamisme. Elle poursuit la velléité du grand califat espérée dans les années 1920 à 1940 à la suite de l’effondrement de l’Empire Ottoman, puis enrayée par l’Arabie Saoudite avec la naissance de la Ligue arabe en 1945 ; elle fut réamorcée à la fin des années 1950 avec les deux tentatives de création d’une République arabe unie l’une comprenant l’Égypte, la Syrie, et pratiquement l’Irak si l’alliance des deux premiers n’avait pas périclité entre-temps, la seconde incluant à nouveau l’Égypte, la Syrie, et la Libye, jusqu’en 1977. Ces tentatives (qui devaient également inclure l’Algérie et la Tunisie), échouèrent – (et permirent, surtout après 1967, la montée en puissance du wahabisme saoudien et ses milliards de dollars) – pour deux raisons décisives : d’une part cette union ne s’est pas faite sur des bases démocratiques impliquant une pluralité des centres de décisions et des contre-pouvoirs institutionnels. Bien au contraire, elle a épousé les formes classiques de la constitution d’un Empire impliquant la centralisation du pouvoir, et donc l’hypertélie d’un centre[49], en l’occurrence ici le Caire, au détriment de la périphérie, ce qui était inconcevable à terme pour la caste militaro affairiste dominant ces divers pays. La seconde raison tient à la base largement islami­que de leurs structures institutionnelles en ce que l’intrication des sphères décisionnelles entre le politique et le religieux, (ce dernier étant pour une part fonctionnarisé avec des mosquées d’État, par exemple en Égypte et en Algérie) empêcha l’émer­gence autonome d’attitudes politiques laïques, idem en matière de culture et de mœurs.
L’un des critères permettant de le vérifier tient par exemple à la manière dont la feu « nouvelle gauche arabe » ayant eu le vent en poupe dans les années 1950-1960 analyse ces régimes du nationalisme arabe. Emmanuel Sivan, dans son livre célèbre, Mythes politiques arabes[50], le décrit en ces termes, y soulignant deux temps : « Dans un premier temps, ce courant s’est consacré à la critique des régimes dits « révolutionnaires » ou « progressistes » (nassérisme, partis Baath en Irak et en Syrie). Il attribuait l’absence de réels changements socioéconomiques à l’attachement de ces régimes aux valeurs de l’islam (tout au moins à celles qui se prêtent à la manipulation des masses) et à leur refus d’épouser les valeurs de la modernité, au plan politique comme au plan des libertés individuelles. Dans un deuxième temps, ce mouvement devait aboutir à une réévaluation de la contribution de la pensée arabe au xxe siècle (…). Pour ces auteurs, la pensée traditionnelle était coupable de répandre de vaines croyances selon lesquelles le passé récent serait une période de décadence due exclusi­vement à l’influence de facteurs extérieurs (…) ».
Or, pour quelqu’un comme Saddam Hussein, lorsqu’il s’avéra que la construction d’une République arabe unie achoppait en effet sur la nécessité démocratique de son éventuelle construction (à l’instar de l’Union Européenne par exemple), de toute façon antinomique avec cet islam continué et formellement relooké que prônait le socialisme arabe, l’issue fut plutôt de renouer avec la forme politique ancienne, celle du califat incarné par son âge d’or (vii-ixe)[51], qui avait, en plus, – et ce surtout après la défaite de 1967 qui marqua le glas du socialisme arabe comme fer de lance du renouveau –, l’avantage d’articuler à elle toutes les tendances islamistes, à l’exception des chiites dont Saddam échoua par ailleurs à vaincre la tendance principale incarnée par l’Iran.
En ce sens, son adhésion de plus en plus visible à l’histoire, conquérante, de l’islam, (et non point uniquement au passé mésopotamien et babylonien), a non seulement précédé la première guerre du Golfe – au lieu d’en être le produit com­me il est prétendu ici ou là, mais était déjà perceptible dès la guerre avec l’Iran. Dans ces conditions lorsqu’il envahit le Koweït le 2 août 1990, il fallait moins y voir une annexion de type expansionniste mais une étape stratégique de transition vers la construction du califat, qui passait ensuite et nécessairement par la prise de la Mecque et de Médine en vue de légitimer son emprise dominante sur « le monde arabe et isla­mique » par une sacralisation. D’où l’appel apeuré en direction de Bush père du régime wahabiste saoudien qui se serait bien passé de voir des « mécréants » fouler son sol « sacré ».
Ne pas comprendre cette stratégie husseinienne (et aujour­d’hui benladeniste) visant à renouer avec l’arabo-islamisme classique (puisque la voie démocratique en tant que séparation organique du politique et du religieux est antinomique avec l’idée même du califat) afin de s’emparer, toujours dans un premier temps, des lieux saints musulmans avant de reprendre, dans un second temps (et muni des armes nécessaires…) le djihad, ininterrompu, avec l’Occident, explique alors bien pourquoi l’illusion de son « laïcisme » perdure encore parmi les visions en vogue de la vulgate dominante, surtout en France.

Pour y voir encore plus clair sur ce point, notons tout d’abord que l’émergence de l’islamisme, se situe, dans sa gran­de majorité, au milieu du xixe siècle. C’est donc un phénomène bien plus récent que l’idée arabiste de Nahda indiquée plus haut. L’islamisme s’appuie certes sur des précurseurs médiévaux, par exemple Ibn Taymiyya, un commentateur coranique syrien du xive siècle (qui inspira également au xviiie siècle Abdel Wahab, fondateur saoudien du wahabisme, puis tous les courants islamistes). Néanmoins les principaux courants islamistes contemporains se sont également, voire surtout, nourris d’une lecture tronquée de la littérature histori­sante européenne depuis le xviiie siècle jusqu’au milieu du xxe siècle vantant soit la supériorité rationaliste et scientiste de l’Europe, soit le droit historique à la reconquête, soit encore indiquant seulement l’aspect cupide des incursions de l’Occi­dent en Orient, négligeant son fondement religieux.
Emmanuel Sivan le montre bien[52] en indiquant comment les termes de « croisés » et de « croisades » surgissent seulement lors de la seconde moitié du xie siècle[53] à la suite de telles lectures dans l’historiographie arabisante en les définissant comme les causes majeures du déclin (le sionisme en serait l’avatar moderne), alors que les chroniqueurs arabisants de l’époque concernée n’ont ni utilisé ce thème comme élément scandant l’histoire du Moyen Orient, ni même employé les termes pour en désigner les acteurs occidentaux[54].
De même Menahem Milson[55]explique clairement de quelle façon un Jamal al-Din Afghani (chiite éduqué à Kabul et en Iran) et un Muhammad ‘Abduh (égyptien) ont émergé seulement au milieu du xixe siècle en appelant à un panislamisme, (au delà donc de la césure sunnite/chiite), prétendant « réformer » l’islam par l’épuration de ses éléments étrangers (lois, pensées), avec la maxime suivante « Il n’y pas de défaut dans l’islam ; la faille se trouve chez les musulmans ». Ils se sont appuyés sur Ibn Taymiyya (cité plus haut) pour osciller, à la façon du militarisme japonais, entre un je t’aime moi non plus l’Occident et son rejet total appelant au retour de l’imitation des « pieux ancêtres » ou salafisme ; tout en s’opposant au soufisme cet « islam populaire » dit Paul Balta[56], dont l’approche mystique faite de recueillement, d’extase à base de danse et de récitations lancinantes, préférant en un mot l’illumination à la déduction, leur semblait peu à même de forger les outils nécessaires pour la résurrection de l’âge d’or arabe.
En prônant l’unité panislamique comme tactique, Afghani eut plus de succès que ‘Abduh qui cherchait plus à lutter contre la modernité industrielle et urbaine par l’imitation d’une conduite pieuse, par exemple en combattant la polygamie. Son disciple direct, Ridha, Syrien, s’écarta de lui et chercha plutôt comme Afghani à traduire le salafisme en termes politiques, transformant l’idée de l’imitation en volonté de reproduire les conditions mêmes de la prise de pouvoir par Mahomet : retrait et refus de la société ambiante, recrutement exclusif de guerriers, conditions sacralisées puisque Mahomet les a aussi vécu.
Il fallait aussi lutter pour que la description littérale du monde inscrite dans le Coran soit inscrite dans les faits. Ce qui implique de s’opposer au début du xxe siècle à « l’invasion » juive de la Palestine. Parce que les juifs doivent rester soumis comme il est prédit dans le Coran. Qassam (qui donna son nom aux roquettes dont le Hamas abreuve Israël) continua l’interprétation de Ridha en assassinant des juifs et des britanniques choisis au hasard. Mais un autre disciple de ‘Abduh, Abd al-Raziq, qui prônait par contre une distanciation entre religion et État (1925) et faisait partie de ceux qui ne s’opposaient pas au retour des juifs sur leurs terres, fut promptement écarté au profit d’un Amin al-Husseini (grand oncle d’Arafat) qui devint célèbre comme mufti de Jérusalem et nazi convaincu (il fit alliance avec Hitler).
Les Frères musulmans avec la maxime « l’islam est la solution » et fondés en 1928 par Hassan el-Banna s’inspirèrent de l’interprétation strictement politique du salafisme prôné par Ridha, écartant la lecture pieuse et d’imitation d’un ‘Abduh, tout en prônant une rigoureuse chasse du juif, ce « cheval de Troie de l’Occident croisé »», aidé en cela par les Syriens et les arabes chrétiens, qui étaient les principaux panarabistes au début du xxe siècle, pourchassant les juifs, peuple « déicide », faisant de la surenchère dans l’arabisme pour être accepté par les idéologues socialistes, musulmans et islamistes. Sayyid Qutb, égyptien, prône la même prose, c’est le parfait exemple des frontières poreuses en islamisme et socialisme panarabe puisqu’il débuta dans les années 1940 en nationaliste égyptien avant de finir après un séjour aux USA comme djihadiste zélé posant comme apostat toute loi non islamique.
Cette fixation envers le passé fait-elle pour autant de l’isla­misme un adversaire déclaré de la Nahda du nationalisme arabe, c’est-à-dire ce souci d’actualisation qu’avaient nombre d’intellectuels arabisants au début du xixe siècle et du siècle suivant comme le pense Balta[57] ? Rien n’est moins sûr. Déjà parce que cet islamisme insiste « sur le rôle essentiel des Arabes dans la mise en œuvre d’une réforme islamique » comme l’obser­ve Menahem Milson. Ensuite, le nationalisme arabe, dans sa lecture syrienne ou égyptienne, n’a pas émergé comme rupture idéologique avec le religieux (nous l’avons vu plus haut avec les critiques de la feu nouvelle gauche arabe des années 1950-1960) – à la différence des révolutions jacobine, léniniste et nazie qui, toutes trois, se sont voulues totalement con­traires au judéo-christianisme, sur des modes, bien entendu, spécifiques. En Algérie, arabisme et islamisme se sont articulés constamment[58] jusqu’à en donner la preuve historique récemment.

Certes, le Coran fut brûlé en pleine rue lors de la révolution irakienne de 1958 comme le souligne Gilbert Meynier[59], ou encore le voile musulman n’était plus obligatoire, mais il s’agissait bien moins de signifier une rupture que d’af­firmer une supériorité doctrinale, l’arabisme, contre les tentatives – perçues comme poussiéreuses – de reproduire à la lettre l’islam du début.

D’ailleurs, les Frères musulmans se sont alliés avec le mouvement des officiers libres égyptiens qui renversa le roi Farouk en 1952, en particulier lorsque l’un d’entre eux, Gamal Abdel Nasser, démit à son tour son représentant attitré, le général Néguib, et entama une vigoureuse campagne anti-juive puis anti-copte[60], tout en protégeant les Frères musulmans ; même s’il pouvait également en pendre quelques-uns lorsque ceux-ci voulaient le concurrencer. Sadate prolongea l’islamisation et l’antichristianisme, même s’il signa la paix, il fut d’ailleurs tué pour cela.
En un mot, le socialisme arabe ou panarabisme, a été bien moins loin, au-delà de ses concessions cosmétiques, qu’un Atatürk ou un Bourguiba puisque son corps de doctrines s’est constamment nourri de cette lecture islamiste de l’Histoire qui pose le passé comme un éternel présent[61], tout en croisant cette perception avec l’historiographie marxisante et léniniste basant le capitalisme sur l’impérialisme c’est-à-dire l’accumulation primitive ou pillage qu’auraient apporté les Croisades à l’Occident alors qu’elle fut marginale, et rarement la motivation première[62].
Ainsi l’égyptien Gamal Abdel Nasser, le leader incontesté du nationalisme arabe des années 50-60, avançait : « (…) Nous n’avons jamais dit (…) que nous avions renié notre religion. Nous avons déclaré que notre religion était une religion socialiste et que l’islam, au Moyen-Âge, a réussi la première expéri­ence socialiste dans le monde[63] », tout en ajoutant que « Muhammad fut l’imam du socialisme[64] ». Cette continuité dite « socialiste » doit être alors pensée non pas, bien entendu, dans les termes européens du socialisme, mais comme une institutionnalisation englobant le politique, l’économique, la culture, les mœurs, bref, l’islam, tout en admettant quelques retouches formelles, doté d’une supériorité, théologique et politique, définitive. Michel Aflak, fondateur (chrétien), rappelons-le, du parti dit « laïc », Baath[65], ne disait-il pas, je l’ai déjà cité, que « le souffle du prophète animera toujours le nationalisme arabe ?[66] »

Ce sentiment est donc porté historiquement par un grou­pe, « les » Arabes, qui s’auto-conçoit, depuis Mahomet, com­me une sorte de caste suprême et ultime à laquelle il s’agit d’appartenir, sous peine d’être marginalisé. Par exemple en payant de lourds impôts comme les chrétiens et les juifs (dhimmis jusqu’à l’arrivée des Occidentaux…), et en effectuant toutes les corvées sur les domaines. D’où le désir des peuples dominés de se convertir afin d’échapper à ce statut clairement inférieur, au grand dam des dirigeants de l’époque (par exemple les Omeyyades) qui tentèrent, tout le long du viie siècle, de décourager cette pratique entraînant une nette diminution des rentrées fiscales, et une raréfaction de la main d’œuvre. Ce dernier aspect expliquera d’ailleurs l’essor de l’es­clavage dans les pays islamisés, en particulier venu d’Afrique (de douze à dix huit millions sur un millénaire) lorsque celui venu des pays Slaves vint à se tarir.
Dès le début observe Balta[67], les « Arabes avaient fait la symbiose entre foi et ethnie, islam et arabité. Ils estimaient (et certains estiment encore) avoir la prééminence sur les autres musulmans. (Note 1 : Il est vrai que Bokhari cite ce hadith de Mahomet : « L’abaissement des Arabes est celui de l’islam ») ». Cette fusion entre peuple et religion n’est certes pas l’apanage arabe, mais, à la différence des juifs, il y a volonté d’imposer l’islam comme seule vraie religion, et aussi de considérer qu’il n’est point besoin d’autre chose que l’islam. La question, en corollaire, n’est alors pas de se demander si démocratie et is­lam, si islam et développement, sont compatibles, mais si l’is­lam a besoin de leurs définitions singulières pour exister. La réponse est non jugent nationalistes et islamistes au-delà de leur formes spécifiques.
Oublier cet aspect condamnerait à ne pas comprendre l’origine majeure des échecs simultanés et successifs de la démocratisation au sein des pays dominés par l’institutionnali­sation de l’islam puisque celui-ci aurait réponse à tout. Il explique également l’impossibilité, permanente, de trouver une solution au conflit judéo-arabe[68].
La création, sous nos yeux, d’un national islamisme dont le racisme, patent, reste le seul à ne pas rendre des comptes, du fait de son auréole anticolonialiste et tiers-mondiste, n’est donc ni la conséquence du conflit judéo-arabe comme on le prétend[69] ni des deux dernières guerres en Irak, mais, au contraire, leur cause première.




 

 

 

 

 

[1]Pour preuve le fait que le pouvoir arabo-islamique en place depuis 1962 (sous couvert de nationalisme/socialisme arabe dans un premier temps) préféra cette solution au lieu d’unifier les parlers populaires en une seule langue, qui, aux côtés de Tamazight et du français aurait fait de ce pays une contrée avec trois langues officielles, comme la Suisse, bien plus petite (tandis que l’Inde en a près de 18).
 

 

 

 

[2]
[3]Nous emploierons ce terme plutôt que celui de colon car nombre de Français qui s’installèrent étaient assez comparables aux immigrés d’aujourd’hui s’expatriant pour des raisons économiques… (Pierre Goinard, Algérie, l’œuvre française, Éditions Jacques Gandini, 2001, p.88). De plus, certains le firent sous la contrainte, par exemple après la Monarchie de Juillet, après les Trois Glorieuses, après également le coup d’Etat de Napoléon iii où l’on déporta les républicains l’ayant combattu, après la défaite de 1871 avec l’arrivée d’Alsaciens à qui l’on donna des terres kabyles à la suite de leur défaite, (voir plus loin), sans compter les déportés de la Commune, et les forçats…
 

 

 

 

[4] Pierre Goinard, dans son Algérie, l’œuvre française,op.cit., relate (p.319) que « 
[5]op.cit., pp.277-286.
 

 

 

 

[6]Voir l’ouvrage de Benjamin Stora, Messali Hadj, Paris, Hachette/Pluriel, 2004, pp.110 et suivantes.
 

 

 

 

[7]Fathi Al Dib, dans Abdel Nasser et la révolution algérienne, Paris, L’Harmattan, 1985, p.172, explique bien pourquoi Abbane devait être éliminé : « 4. Abbane, dans ses idées et ses points de vue sur l’avenir de l’Algérie indépendante, avait ignoré l’appartenance arabe et islamique, ce qui constituait une déviation par rapport aux principes énoncés dans la constitution du 1er novembre 1954 ». L’auteur ajoute (p.251) : « J’avais transmis à Nasser les décisions de ce congrès, (Congrès national de la Révolution algérienne, réuni au Caire le 1er septembre 1957), lequel les avait jugées positives d’autant plus que le congrès avait constitué l’unité entre l’aln et le fln. Il m’avait chargé de transmettre ses félicitations au président et aux membres des comités pour cette réussite. Quelques jours plus tard, nous avions appris l’assassinat d’Abbane Ramdane, alors en route pour la Tunisie. Les membres du Comité avaient voulu laissé dans l’ombre la manière dont il avait été liquidé ainsi que les auteurs de cet attentat. Mais nous avions appris, par l’intermédiaire de ceux qui nous étaient fidèles, que Krim Belkacem en était l’instigateur. Son but était de se débarrasser d’un élément qui déviait de la droite ligne de la Révolution et qui cherchait à renforcer le pouvoir des politiques au détriment de l’armée. Ainsi finissait l’étape avec Abbane alors que commençait avec Krim Belkacem l’étape de conflit et de tentative de domination personnelle ». Voir également Bachaga Boualam, Mon pays la France ! Paris, éditions France-Empire, 1987, p.175. Rappelons que le terme de socialisme dans sa dimension arabiste n’a rien à voir avec son acception tournée vers le social, mais plutôt avec le national pensé comme renaissance, renouveau, de la gloire arabe… (voir l’annexe sur ce point).
 

 

 

 

[8] Pierre Goinard remarque qu’en 1837 et observe qu’en 1856 « près de la moitié de ces Européens n’avaient pas la citoyenneté française » Algérie, l’œuvre française, op.cit., p.104.
 

 

 

 

[9] Les origines de la guerre d’Algérie, Robert Aron, op.cit., p. 104.
 

 

 

 

[10] Visant à libérer le Tombeau du Christ et non pas à conquérir comme il fut prétendu par la suite. Voir sur ce sujet le livre d’Emmanuel Sivan,
[11] Gabriel Camps, Les Berbères, op.cit., p.124. Voir également Marcel Peyrouton, Histoire générale du Maghreb, op.cit., pp.34-37.
 

 

 

 

[12] Vincent Serralda et André Huard, Le Berbère…Lumière de l’Occident, op.cit ., p.51.
 

 

 

 

[13]Idem., p.33-35.
 

 

 

 

[14]Gilbert Meynier, Histoire intérieure du fln (1954-1962), Paris, Fayard, 2002, p.704.
 

 

 

 

[15]Rappelons qu’il était plutôt aguellid des Massyles ; Les Berbères eurent plusieurs noms durant leur Histoire (Lebou, Gétules, Numides, Maures, etc…, voir sur ce point Camps,
[16]Charles André Julien, Histoire de l’Afrique du Nord. op. cit., pp.12, 62-63, 119-121.
 

 

 

 

[17] Fathi Al Dib, Abdel Nasser et la révolution algérienne, op.cit., p.252.
 

 

 

 

[18] Sur l’affiliation islamique de Messali Hadj, voir l’ouvrage de Benjamin Stora, Messali Hadj, Paris, op.cit., pp.110 et suivantes.
 

 

 

 

[19]Idem, p.276.
 

 

 

 

[20]Gilbert Meynier, Histoire intérieure du flnop.cit., p.689 : « le fln mena contre le mna une véritable guerre d’extermination » souligne l’auteur….
 

 

 

 

[21]Pierre Goinard, Algérie, l’œuvre française, op.cit., p.109.
 

 

 

 

[22]Gilbert Meynier dans Histoire intérieure du fln, op.cit, p.508.
 

 

 

 

[23]Lire leurs positions dans deux fascicules : celui de Raymond Aron, La tragédie algérienne, Plon, 1957 ; et la réponse de Jacques Soustelle dans
[24] Robert Aron, Les origines de la guerre d’Algérie, op.cit., p.162.
 

 

 

 

[25] Idem, p.272.
 

 

 

 

[26]Comme l’actuel fln avec Abedaziz Belkhadem, Le msp d’Aboudjerra Soltani (Mouvement de la société pour la paix, le mrn d’Abdallah Djaballah (Mouvement pour le renouveau et la paix), qui mènent actuellement une violente campagne anti-française (anti-démocratique en réalité) afin de solidifier leur rôle de relais, de marionnettes, visant à asseoir l’emprise néocolonialiste des forces arabo-islamistes mondiales.
 

 

 

 

[27]Par contre, comment ne pas comprendre cet Anglais, qui, à Londres le 4 février 2006, en pleine affaire des caricatures danoises sur Mahomet, hurla courageusement « Go ! just go away ! » à l’encontre de la horde islamique menaçant de décapiter quiconque poserait des questions sur l’utilisation de l’islam et de son Ayatollah pour justifier des attentats, ce que reprochaient en réalité et essentiellement les dites caricatures danoises…
 

 

 

 

[28]Il n’est d’ailleurs pas possible de taire l’émouvant témoignage du Bachaga Boualam qui les représentait dans Mon pays la France ! op.cit., p170).
 

 

 

 

[29]Comme L’oas… mais celle-ci ne fut pas un ramassis de reclus fascistes comme on l’aurait cru. Ainsi, dans ses mémoires, Rémy Madoui, qui fut chronologiquement fellagha, officier français, et déserteur, peut-il écrire (op.cit., p.316) : « Quant à nous, « soldats perdus » qui dirigions l’ oas, nous venions de tous les horizons, nos convictions étaient diverses. Il y avait des anciens de la Résistance, des gaullistes, des hommes de gauche, des hommes de droite, des apolitiques…Nous convergions vers un seul but : nous opposer à la politique algérienne du général de Gaulle – nous étions des résistants à l’abandon. (…) ».
 

 

 

 

[30] Quoique…Said Sadi, dirigeant du rcd, n’a-t-il déclaré par exemple publiquement qu’il était « musulman » ? Ce qui n’est pas chose anodine lorsque l’on est responsable, public, d’un parti politique, dont le programme prône la laïcité.
 

 

 

 

[31]Amar Ouerdane, Les Berbères et l’arabo-islamisme en Algérie, Canada, éditions kmsa, 2003, p.68 et suivantes.
 

 

 

 

[32] CH-A Julien, Histoire…op.cit., p.381-382.
 

 

 

 

[33]Puisqu’il est clamé que le judaïsme et le christianisme sont truffés d’erreurs, ce qui est faux, et qu’elles défendent l’idée de liberté (par exemple Genèse, ii, 19), âme de l’identité berbère….
 

 

 

 

[34] Julien, Histoire de l’Afrique du Nord, op.cit., pp.383-384.
 

 

 

 

[35]En ce sens que l’islam apparaîtrait comme une alternative au capitalisme pour certains déçus du communisme, d’où la méfiance envers l’islam et le souhait de le contrôler en France, comme le dénonce avec circonvolution néanmoins Anna Bozzo dans La fracture coloniale, Paris, éditions La découverte, 2005, p.78, (ouvrage dirigé par Pascal Blanchard, entre autres, ayant également dirigé la rédaction du
[36] Pierre Goinard, Algérie, œuvre française, op.cit., p.110.
 

 

 

 

[37] L’espérance trahie, Paris, éditions de l’Alma, 1962, p.23.
 

 

 

 

[38] L’Algérie, œuvre française, op.cit.,p. 110.
 

 

 

 

[39] Les origines de la guerre d’Algérie, op.cit., p.141, note 3.
 

 

 

 

[40]In La diplomatie française, les Juifs et les Arabes, revue Commentaire, hiver 2005-2006, p.846.
 

 

 

 

[41] P.120 et suivantes.
 

 

 

 

[42] P. 35, op.cit.
 

 

 

 

[43] Interviewé par Hervé Nathan.
 

 

 

 

[44] Algérie… op.cit., p.355.
 

 

 

 

[45] Algérie, œuvre française… p.354-355.
 

 

 

 

[46] Abdel Nasser et la révolution algérienne, op.cit., p.52.
 

 

 

 

[47] J’ai été fellagha, officier français et déserteur, op.cit., p.51.
 

 

 

 

[48] Par exemple Tahtâwi et Abdô (égyptiens), in Paul Balta,
[49]Pour une analyse précise de l’opposition démocratie/empire, voir Jean Baechler, dans démocraties, Paris, Calmann-Lévy, 1985.
 

 

 

 

[50] Paris, Fayard, 1995, p.141-142
 

 

 

 

[51] Selon l’historien libanais Nabih Amin Faris, cité par Sivan, la décadence débute dès les « ixe-xie siècle » (Sivan, op.cit., Mythes… p. 59).
 

 

 

 

[52] Sevan, op.cit., p.30-31
 

 

 

 

[53] Idem., op.cit., p.24-26.
 

 

 

 

[54] Il en est de même pour Jérusalem observe Sivan (p.69) : « En juillet 1099, Jérusalem tomba aux mains des croisés. (…) Les sources musulmanes de la période ne signalent ni ébranlement, ni frustration, ni humiliation religieuse. (…) ».
 

 

 

 

[55]Professeur de littérature arabe à l’Université hébraïque de Jérusalem.
 

 

 

 

[56] L’islam, op.cit., p.36.
 

 

 

 

[57] L’islam, op.cit., p.104.
 

 

 

 

[58] Fusion présente dès le début du mouvement fln en Algérie. Voir Gilbert Meynier dans Histoire intérieure du fln, op.cit., p.220, 221, 223, 505, qui montre bien la présence de l’islam au fondement même de la dite « révolution » algérienne.
 

 

 

 

[59] Op.cit., p.220.
 

 

 

 

[60] Masri Feki, Le malaise égyptien, in A l’ombre de l’islam, minorités et minorisés, avec Moïse Rahmani et Lucien-Samir Oulahbib, janvier 2005, Bruxelles,
[61] Sivan, Les mythes… op.cit., p.35.
 

 

 

 

[62] Sivan, op.cit., p.55.
 

 

 

 

[63] 12 novembre 1964 in Paul Balta, L’islam, op.cit., p.116.
 

 

 

 

[64] Ibid., Balta, p.115.
 

 

 

 

[65] Parti de la résurrection arabe (1943 et 1953) fondé en Syrie par le chrétien Michel Aflak, le musulman sunnite Salah Al Din Bitar et Zaki Arsuzi, syrien, formé à la Sorbonne en 1920. Aflak ajoutait : « Philosophie du parti Baath, Jamil Chaker dans la revue libanaise Travaux et Jours, n°10, juin-septembre 1963, repris dans Revue de Presse (Alger, octobre 1963, n°78).
 

 

 

 

[66] Op.cit., Balta, p.115.
 

 

 

 

[67] Op.cit., p.102 et suivantes.
 

 

 

 

[68] A. R. Abdel Kader, dans Le conflit judéo-arabe, (Paris, François Maspero, 1961), relève dès les « années 30 » (p.42) le caractère « raciste, réactionnaire » de la « propagande arabe » à propos de la création du foyer national juif, racisme s’appuyant sur le « mépris » séculaire du « nègre » et du « juif », (p.45).
 

 

 

 

[69]Il suffit de lire la Charte nationale palestinienne pour s’en rendre compte : http ://communautes.hexali.fr/showtopic-3501.html
 

 

 

 


21 juillet 2016

BULLETIN D’INFORMATIONS N° 38 des climato-réalistes

Bulletin des Climato Réalistes


BULLETIN D'INFORMATIONS N° 38

 

 

A LA UNE :
  • Hommage à Marcel Leroux
  • Contre-Cop22 les 12-13 Novembre

HOMMAGE À MARCEL LEROUX

Un hommage aura lieu le 27 août prochain à l’occasion du 78e anniversaire de la naissance de Marcel Leroux (décédé le 12 août 2008) à Lully (Haute Savoie), son village natal.

Marcel Leroux, était professeur en climatologie à l’université Jean Moulin Lyon III, et directeur du Laboratoire de Climatologie, Risques, Environnement (CNRS). Il était un climato-sceptique convaincu. Lors d’un séminaire à l’Académie des Sciences le 5 mars 2007, il disait :

Cette focalisation, par défaut, sur l’effet de serre, est révélatrice de l’état de la discipline climatologique. En dépit de progrès considérables dans l’observation (par le satellite notamment) et dans le traitement (informatique), la discipline est dans une impasse conceptuelle depuis une cinquantaine d’années. Les modèles, en particulier, ne rendent pas compte des mécanismes véritables de la circulation générale, pourtant responsable de la transmission des changements climatiques.

MICHEL ONFRAY SUR LE CLIMAT

Le cycle de conférences « Une brève encyclopédie du monde » de Michel Onfray est retransmise sur France Culture les samedis de juillet. A la fin de l’une d’elles (voir à 1h23), répondant à une question, Michel Onfray donne un point de vue intéressant sur la COP21, Emmanuel Leroy-Ladurie, Philippe Verdier… et les Climato-Réalistes.

CLIMAT

2016 ne sera pas l’année la plus chaude

 

C’est le pronostic de Roy Spencer : du fait du refroidissement rapide de la troposphère moyenne (une chute de 0,37 °C en 2 mois), 2016 ne sera probablement pas l’année la plus chaude enregistrée.

 

Absence de cyclones dans le Pacifique Nord Ouest : un record historique

 

Selon le Joint Typhoon Warning Center, aucune tempête tropicale n’a été observée dans le Pacifique Nord Ouest pendant 200 jours consécutifs (entre le 17 décembre 2015 et le 3 juillet 2016). C’est le plus long record en 66 ans d’archives.

 

Pas d’accroissement des émissions de méthane en Alaska malgré l’augmentation des températures

 

Selon une publication de la revue Geophysial Research Letters, trois décennies de mesure par la NOAA sur le versant nord de l’Alaska ne montrent aucun signe d’accroissement à long terme des émissions de méthane liées à la fonte du pergélisol.

 

Quand le climat joue au yo-yo au Sahara

 

Le National Geographic du 8 juillet montre deux photos prises au même endroit dans le Sahara à deux années d’intervalle : rocaille et épineux sur la première photo, tapis de fleurs et de plantes sur la deuxième. Reflet d’un dérèglement climatique extrême, selon l’ethnologue Romain Simenel pour qui, qu’il pleuve ou que la sécheresse sévisse, c’est toujours la faute au réchauffement climatique. Les photos de l’ethnologue seront exposées à l’occasion de la COP22 à Marrakech.

 

La durée des périodes interglaciaires expliquée

 

Une récente publication dans Geosciences Frontiers attribue à un système de rétroaction impliquant le CO2, la poussière et l’albédo les longs intervalles de temps séparant les périodes interglaciaires que la théorie de la précession de Milankovitch ne parvenait pas à expliquer. Selon les auteurs, le mécanisme proposé est simple, robuste et complet et ses éléments clés sont bien étayées par des preuves empiriques.

DOCTO-CLIMATISSIMO

Deuxième conférence mondiale sur la santé et le climat

 

L’OMS et le gouvernement français ont organisé conjointement la deuxième Conférence mondiale sur la santé et le climat les 7 et 8 juillet 2016 à Paris : Objectif : «Créer des sociétés plus saines grâce à la mise en œuvre de l’Accord de Paris». Selon Purepeople cela a été l’occasion pour Ségolène Royal et la Reine d’Espagne Letizia, ambassadrice spéciale de la FAO, d’afficher leur complicité.Connaissance des énergies rapporte les propos historiques des deux femmes : « Désormais, dans les conférences climat, le sujet santé soit intégré à toutes les politiques » a déclaré Ségolène Royal. « Pourrons-nous nourrir neuf milliards de personnes d’ici au milieu du sièclealors que le climat change de manière si négative ?« , s’est gravement interrogée la reine Letizia. Consacrant un article à cet événement, L’Humanité du 8 juillet titre pour sa part : « Le réchauffement climatique et la spéculation sont les vecteurs de l’insécurité alimentaire« …

 

Très exactement 506 décès attribuables au réchauffement climatique anthropique pendant la canicule de 2003

 

L’université d’Oxford rapporte une étude publiée dans Environmental Research Letters, selon laquelle les modèles ont permis de déterminer qu’à Paris, 506 décès sur un total de 735 sont dus au changement climatique d’origine humaine. L’impact du changement climatique a été moins sévère à Londres, avec un supplément de 64 décès sur un total de 315. « Nous en sommes maintenant au stade où nous pouvons identifier le coût pour notre santé du réchauffement climatique anthropique » a fièrement déclaré le Dr Daniel Mitchell auteur principal de l’étude. Ces calculs morbides prennent-ils en compte l’effet d’îlot de chaleur urbaine ? Selon Météo France, celui-ci « peut atteindre sur l’agglomération parisienne une dizaine de degrés, en particulier lors des épisodes caniculaires. Ainsi, en 2003, des écarts de 8°C ont été relevés entre le centre de Paris et les zones rurales d’Ile-de-France. »

L’AAAS SE TIRE UN BALLE DANS LE PIED

L’AAAS (American Association for the Advancement of Science) a publié la lettre écrite par 31 organismes scientifiques « non partisans » qui a été adressée aux membres du congrès américain pour réaffirmer la réalité du changement climatique causé par l’homme et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « L’AAAS s’est tiré une balle dans le pied » selon la climatologue Judith Curry, qui estime que cette déclaration est « un abus flagrant d’autorité scientifique en faveur de décisions politiques spécifiques. »

AGENDA

Journées « New Dawn of Truth » les 8 et 9 septembre

 

L’Independent Committee on Geoethics organise 2 journées « New Dawn of Truth » (La vérité se fait jour). Précédant la COP22, ces deux journées auront lieu les 8 et 9 septembre au University College de Londres. Détails et programme disponibles sur London-conference-2016.

 

La Contre-COP22 de l’Association des Climato-Réalistes se tiendra les 12 et 13 novembre à Orléans

 

Save the date ! Le programme des réjouissances est en cours de préparation.

REJOIGNEZ L’ASSOCIATION !

Vous aimez notre bulletin ? Vous souhaitez nous aider à diffuser le climato-réalisme dans la sphère francophone ? Rejoignez l’association et soutenez-nous !

Ce bulletin a été réalisé par les climato-réalistes.

Retrouvez-nous sur Skyfall, ainsi que sur notre page Facebook.

Pour nous contacter, cliquez ici.



23 février 2016

Logiques d’une idée : l’émancipation

Postface à André Senik, Marx, les Juifs et les droits de l’homme. À l’origine de la catastrophe communiste, Paris, Denoël, 2011, pp.  205-240.


     Depuis l’effacement relatif de l’illusion communiste, un mot magique s’est mis à circuler dans les milieux de l’extrême gauche intellectuelle : « émancipation ». Ce mot représente ce qui reste du communisme comme récit utopique dont les réalisations historiques se sont soldées par des massacres de masse et des dictatures déshumanisantes. Le noble vocable d’« émancipation » est devenu un slogan des franges les plus intellectualisées de l’extrême gauche plurielle, qui s’adonnent à la critique radicale de la société capitaliste. Les incitations sloganiques empruntées à la rhétorique révolutionnaire se sont depuis longtemps inscrites dans le discours publicitaire. Il en va ainsi des injonctions paradoxales du type « Soyez spontanés ! » (ou « libres », « libérés », « authentiques », etc.). Communiant dans un progressisme de bonne compagnie, celui des partisans du « progrès en pente douce » (pour parler comme Hugo), la gauche et la droite françaises se sont ralliées à un slogan publicitaire diffusé par IKEA en octobre-novembre 2006 : « Oui au changement, votez IKEA » (variante : « Osez le changement, votez IKEA »). Les modérés aspirent au « changement » continu dans l’ordre et le calme. Les tenants de la radicalité révolutionnaire exigent l’« émancipation » pour tous, objectif dont la réalisation implique une rupture avec le « vieux monde », et la création nécessairement violente d’un monde nouveau pour des hommes nouveaux. Depuis deux décennies, le mot d’ordre des « radicaux » ou des nouveaux « révolutionnaires » prend la forme d’une exhortation du type : « Émancipez-vous ! » Un mot d’ordre qui, comme son concurrent moralisateur « Indignez-vous ! », peut être applaudi par tous. Mais il est certainement moins facile de s’émanciper que de s’indigner. L’émancipation, processus finalisé constitué d’une série d’actes volontaires ayant un « air de famille » avec des actes héroïques, ne saurait en effet se réduire à un état affectif ou à une attitude morale, à une « politique des affects » fondée sur l’identification scandalisée de la souffrance des victimes et le primat de la compassion[1]. Cet idéal moderne, où le « penser par soi-même » se conjugue avec le « vivre sans entraves », est au cœur de l’auto-représentation du monde moderne, et se présente dans divers récits comme un grand projet normatif, en principe inachevé. L’émancipation paraît être l’objet d’une promesse.
      Le projet normatif d’émancipation du genre humain, comme l’idéal d’autonomie, prend place dans l’imaginaire moderne de « la civilisation » comme processus de perfectionnement indéfini, c’est-à-dire progrès, mais un progrès fondé sur le triple impératif de rupture (sur le mode de la tabula rasa), de désappartenance et de maîtrise. Un imaginaire constitutif de la conception libérale de la démocratie, devenu l’un des présupposés de certaines visions politiques concurrentes de l’individualisme libéral (socialisme, anarchisme). Comme le rappelait récemment Zygmunt Bauman, le noble mot « civilisation » désigne « une croisade délibérément prosélyte conduite par les hommes de savoir et destinée à extirper les vestiges des cultures spontanées – les modes de vie et modèles de cohabitation locaux et liés aux traditions »[2]. C’est la conceptualisation progressiste de la modernité qui, selon Bauman, a forgé « la vision de l’histoire comme marche irrésistible des lumières, lutte âpre mais finalement victorieuse de la Raison sur les émotions ou les instincts animaux, de la science sur la religion et la magie, de la vérité sur les préjugés, du savoir établi sur la superstition, de la réflexion sur l’absence d’esprit critique, de la rationalité sur l’affectivité et la domination des coutumes »[3]. L’émancipation de l’homme signifiant la « libération du véritable potentiel humain », elle présuppose, pour être radicale, une rupture totale avec les appartenances particulières. C’est pourquoi ses théoriciens invoquent régulièrement « l’universalisme » et s’adossent à une « raison » supposée intrinsèquement libératrice. Le théoricien politique « post-marxiste » Ernesto Laclau note justement que, « dans les eschatologies sécularisées, l’universel doit émerger sans recours à aucune médiation : la “classe universelle” chez Marx est apte à remplir son œuvre émancipatrice parce qu’elle est précisément devenue une pure essence humaine qui s’est dépouillée de toute appartenance particulière »[4].  Ce qui caractérise à cet égard la pensée de Marx, dès sa première élaboration, c’est son projet de radicaliser et d’accélérer le processus de « civilisation », de rompre avec les vieilles illusions, d’éliminer les derniers vestiges du passé (« racines », « traditions », « héritages »), de supprimer les ultimes limitations (« appartenances », « particularismes »), d’en finir avec tout ce qui n’est pas conforme à l’étalon de la rationalité et de l’universalité. Mais aussi d’en finir avec l’individualisme « bourgeois », auquel il rattache les droits de l’homme (« abstrait ») et ceux du citoyen qui, dans la société civile (bürgerliche Gesellschaft)[5] – dite « société bourgeoise » dans la tradition marxiste -, ne peut être qu’un individu « égoïste ». Le surgissement de l’homme comme « être générique » est à ce prix.
      Il convient en outre de pointer la nature contradictoire de l’idée moderne de progrès, qui implique à la fois un mouvement d’émancipation vis-à-vis du religieux et le surgissement d’une nouvelle religiosité, dont l’une des fins dernières serait précisément l’émancipation totale de l’humain. Comme l’a noté Georg Henrik von Wright, le mouvement d’émancipation dont témoigne la pensée classique du progrès est double

 

[6]

. Ses « deux racines » sont, d’une part, la « libération de l’homme comme sujet en quête de connaissance de l’autorité de la Parole » (émancipation de la « vie de la connaissance » par rapport à ses tuteurs traditionnels que sont les prophètes ou les « maîtres de Vérité »), et, d’autre part, la libération de l’homme comme « sujet agissant de la tutelle de la religion » (émancipation de la « vie de l’action » : les hommes peuvent ainsi devenir les maîtres de leur destin)[7]. Or, cette double émancipation n’exclut pas un fonctionnement de type religieux de l’idée de progrès, de telle sorte qu’on pourrait concevoir le paradoxe d’une religion de l’émancipation qui, avec ses dogmes et ses rituels, donnerait son contenu et ses figures à la « religion du progrès » comme « religion » nouvelle, système de croyances propre à la modernité. Le schéma théologico-religieux en est connu : du fond de l’aliénation, se préparer à la rédemption. C’est ainsi que l’on peut toujours vouloir « refaire l’Eden avec les moyens de la chute »[8]. Ou reconstruire un grand récit de libération du genre humain, réécrire le programme de l’une de ces doctrines de salut collectif appelées par Raymond Aron « religions séculières »[9]


Scintillements obscurs de l’émancipation

      Après l’effondrement du système soviétique, ce qui été progressivement reconnu jusqu’à prendre une valeur d’évidence pour les esprits les plus lucides, c’est non seulement le « scepticisme général vis-à-vis des catégories centrales du discours classique de l’émancipation – comme par exemple la révolution », mais encore la mise en question de l’idéal de l’émancipation comme tel, l’effacement de la croyance à l’émancipation globale, ainsi que le remarquait Laclau en 2000[10]. Même le philosophe « radical » Jacques Rancière a été touché par le doute : « Il n’y a pas de la politique parce qu’il y a la foi en un avenir triomphant de l’émancipation[11]. » La désillusion a touché notamment la figure du prolétariat, érigée dans la tradition marxiste en classe émancipatrice universelle. Comme d’autres théoriciens politiques marqués par le marxisme, Laclau s’inquiétait dans les années 1990 de l’ébranlement du grand récit de l’émancipation, sous les coups non seulement de l’histoire mondiale, mais encore des penseurs postmodernes spécialisés dans la déconstruction : « Allons-nous nous débarrasser du projet émancipateur comme s’il s’agissait d’un vieux rêve des Lumières, à remplacer d’urgence par une politique du particularisme pur[12] ? » La réponse attendue a donné lieu à d’innombrables variations : le « projet émancipateur » ne doit pas être abandonné, il doit être repensé, ou refondé. Et l’on sait qu’à la suite des effondrements idéologiques, les « refondateurs » d’idéologies se multiplient à l’infini. Ce que certains intellectuels s’appliquent à déconstruire, d’autres s’emploient à le refonder. Le jeu peut continuer longtemps. 
      Certains marxistes résiduels, souvent des professeurs de philosophie jouant les intellectuels militants, ont fait de l’émancipation le thème principal de leurs dissertations et de leurs commentaires de textes engagés, ce à quoi leur formation professionnelle les destinait. On ne s’étonne pas de voir la France des lettrés au premier rang de ces scribes et conservateurs engagés du musée des horreurs communistes, qu’ils décorent de leurs coquetteries paralittéraires. Ils sont devenus sceptiques sur la possibilité d’une Révolution qui propulserait magiquement le genre humain dans le règne de la Liberté, mais, à défaut de pouvoir renouveler le vocabulaire rituel, ils continuent d’agiter le drapeau révolutionnaire à l’occasion de leurs séminaires ou de leurs colloques d’anciens combattants de la « cause prolétarienne », de nostalgiques de la « Révolution culturelle » chinoise[13]. Certains, notamment les ex-trotskystes, croient innover en ajoutant le qualificatif « citoyen » à tous les grands mots de l’utopie progressiste : la Révolution devient cette petite chose publicitaire nommée « révolution citoyenne ».
      Le plus frappant, chez les nostalgiques du merveilleux communiste, souvent disciples, admirateurs ou imitateurs d’Althusser, c’est leur commune volonté de préserver des vicissitudes de l’histoire l’Idée communiste, cette vieille idole redevenue leur nouvel absolu. Une Idée pure rebaptisée « hypothèse ». Ce qu’Alain Badiou appelle « l’hypothèse communiste », c’est « ce qui a animé, de la Révolution française aux années quatre-vingt du XXe siècle, les politiques révolutionnaires, ou politiques d’émancipation »[14]. En 2002, Badiou tirait sa leçon de cette grandiose histoire : « Nous savons aujourd’hui que toute politique d’émancipation doit en finir avec le modèle du parti, ou des partis[15]. » Ces croyants sans foi que sont les néo-communistes ont fini par se transformer en adeptes d’une doctrine marxiste réduite au minimum dogmatique. Une coquille vide ou presque : dans le mot « communisme », seules demeurent les promesses vagues de « l’émancipation ». Le terme reste à définir précisément, mais qu’importe : il fait rêver les rêveurs. Les prétentions à la scientificité se sont effacées (qui se risquerait à évoquer le « socialisme scientifique » ?), les ambitieux programmes de « transformation du monde » ont disparu. La rhétorique « émancipationniste » semble suffire aux maîtres rêveurs. Elle permet à certains d’échapper à la mélancolie. Comme si « l’esprit de l’utopie » avait partie liée avec la quête de « l’émancipation »[16].
      L’envers du sublime de l’émancipation, c’est la violence, souvent esthétisée par les penseurs « radicaux ». En 1967, le situationniste Raoul Vaneigem n’hésitait pas à prophétiser : « Du nouveau prolétariat sortiront les maîtres sans esclaves », avant d’affirmer, s’inspirant de Bakounine autant que de Marx, que « la violence insurrectionnelle des masses n’est qu’un aspect de la créativité du prolétariat »[17]. Deux ans plus tard, après l’expérience de Mai 68, le même Vaneigem commentait un fragment de Charles Fourier appelant à parcourir passionnément le « cercle immense des jouissances » possibles : « C’est un des grands mérites de Fourier d’avoir montré qu’il faut réaliser sur-le-champ – et pour nous cela signifie dès le début de l’insurrection généralisée – les conditions objectives de l’émancipation individuelle. Pour tous, le début du moment révolutionnaire doit marquer une hausse immédiate du plaisir de vivre ; l’entrée vécue et consciente dans la totalité[18]. » L’émancipation signifie dès lors une promesse de bonheur, du moins si l’on croit, comme Fourier, que « le bonheur est d’avoir le maximum de passions et de pouvoir les satisfaire »[19].  
     Mais ce bref rappel d’un moment mémorable de l’hédonisme révolutionnaire à la française ne doit pas nous éloigner des visions et des pratiques à la fois plus bourgeoises et plus austères des révolutionnaires de la chaire. Chez les fonctionnaires qui enseignent la Révolution anticapitaliste et touchent leur traitement dans ce bas monde « capitaliste », tout est rhétorique. Mais ils ont conservé de leur endoctrinement communiste le goût de l’absolu, et croient tenir leur nouvel absolu : l’idée d’émancipation. Le retour de l’utopie s’opère autour de cette nouvelle évidence indiscutable et indiscutée du pathos révolutionnariste, point fixe de la nouvelle doxa révolutionnaire des élites politico-intellectuelles à visage « radical ». Celles-ci restent cependant ainsi fidèles au message minimal et initial de Marx. C’est là ce que démontre Senik, sur la base d’une lecture minutieuse et rigoureuse d’un texte plus méconnu qu’ignoré du jeune Marx, Zur Judenfrage (Sur la question juive)[20].
      Partant du constat que le mot « émancipation » est désormais employé comme un mot magique dans les milieux néo-communistes, Senik suppose que ces derniers sont loin de savoir ou de reconnaître que l’idée d’émancipation humaine a été élaborée au cours de la rédaction, durant l’automne 1843, de l’essai polémique Sur la question juive, publié en février 1844. Mais Senik établit en même temps, avec les références requises, la permanence du projet d’émancipation humaine chez Marx, et la centralité de l’idée d’émancipation dans le marxisme de la maturité  : « L’émancipation est la grande idée du marxisme. Elle est la finalité de son programme. Ses adeptes se rallient d’enthousiasme à ce vocable, sans en chercher les contours et le contenu précis, sans procéder aux distinctions philosophiques qui s’imposent à qui veut en saisir le concept. Il leur plaît mieux d’y voir un projet d’émancipation de toutes les chaînes et de toutes les servitudes, qu’elles soient matérielles ou mentales, économiques ou culturelles. »
      En 1958, Henri Lefebvre croyait pouvoir opposer « l’interprétation stalinienne du marxisme » au « retour à la source : Marx », ou encore le « marxisme officiel », caractérisé par son caractère « scolastique » et son « dogmatisme », à la « critique de gauche » que doit en faire « la pensée marxiste »[21]. Il s’agissait de sauver à tout prix Marx du naufrage. L’opération de sauvetage n’est pas terminée, elle a trouvé de nouveaux volontaires.
      Senik, quant à lui, ne cherche pas l’origine du totalitarisme communiste dans le figement dogmatique du marxisme, d’Engels à Lénine et ses continuateurs. Il la trouve non pas dans les grotesques constructions idéologiques nommées naguère « histmat » et « diamat », mais dans la pensée du jeune Marx, devenue un refuge ou un alibi pour les ultimes défenseurs du marxisme. Ce qui implique de prendre au sérieux les textes inspirés publiés par Marx avant le Manifeste communiste[22], en cessant de les considérer comme pré-marxistes (c’est-à-dire pré-scientifiques)[23] et en les soumettant à un examen critique exigeant et sans complaisance. S’il est vrai que « le marxisme est l’ensemble des contresens qui ont été faits sur Marx »[24], il est cependant possible de soutenir, sur la base d’une lecture rigoureuse des écrits du jeune Marx, que le totalitarisme stalinien ne constitue pas un contresens historique commis sur ces derniers. C’est là ce qu’établit Senik.
     Senik pose donc à sa manière la question formulée par Leszek Kolakowski dans son fameux article de 1977 sur « les racines marxistes du stalinisme »[25]. La thèse soutenue par Senik se décompose en trois affirmations. En premier lieu, l’origine du stalinisme se trouve chez Marx, et plus précisément au cœur de la pensée de Marx, elle est repérable dans le rejet du libéralisme politique et économique et des droits de l’individu au profit d’une démocratie totalitaire. En deuxième lieu, c’est dans une lecture mystifiée de Sur la question juive que surgissent les contresens qui, adoptés et transmis par les adeptes du marxisme-léninisme, font passer la critique radicale des droits de l’homme, en tant que droits réels de l’individu « égoïste », pour leur « dépassement » dialectique. En troisième lieu, le jeune Marx construit précisément en 1843 la notion d’émancipation. Il donne au mot « émancipation » sa signification définitive : l’homme doit se libérer des limites qui le constituent en individu, en même temps que la société doit se libérer des médiations qui la constituent en communauté d’échanges régulés et « civilisés » entre des individus autonomes. Ce qui permet de comprendre en quoi l’idée d’émancipation, élaborée par Marx dès 1843 et maintenue par lui jusqu’à la fin de sa vie, était porteuse du totalitarisme stalinien. Telle est selon Senik l’origine de la catastrophe communiste.
      Senik s’étonne du fait que la pensée de Marx reste intouchable alors que le caractère catastrophique de sa mise en pratique est admis. Il se demande avec une sympathique insolence pourquoi elle n’a pas même pas été mise en examen, et pourquoi une démarxisation des esprits n’a pas été organisée. Question peut-être naïve, tant il est vrai que la « déléninisation » de la gauche militante n’a pas eu lieu, et que les esprits stalinisés continuent d’exercer un terrorisme intellectuel « de gauche » dans l’espace médiatique où ils restent nombreux. Dans son livre, Senik prend au sérieux l’une des réponses possibles à cette question : il formule l’hypothèse que cette pensée bénéficie de l’aura de son idéal proclamé, « l’émancipation ». Un maître mot, devenu un mot-fétiche, censé désigner une aspiration fondamentale du genre humain, la plus noble des aspirations aux yeux des utopistes révolutionnaires. C’est dans le grand récit de la libération ou de l’émancipation que, depuis plus de deux siècles, les idéologies révolutionnaires puisent leur puissance de séduction. Et ce, en dépit du caractère devenu indéfinissable de ce terme sacralisé, même aux yeux de ceux qui continuent à y avoir recours[26]. Car la définition précise donnée par Marx au terme d’émancipation a été oubliée, ou volontairement occultée : elle a été remplacée par un flot de connotations, parmi lesquelles chacun fait son marché. À défaut de pouvoir donner une définition conceptuelle de l’émancipation, Laclau énumère consciencieusement ce qu’il appelle les six « dimensions » de la notion d’émancipation : 1° dimension dichotomique (elle implique une rupture ou une discontinuité radicale), 2° dimension holiste (elle « porte sur tous les domaines de la vie sociale à la fois »), 3° transparence (elle implique un rejet des médiations, des relations de pouvoir ou de représentation), 4° « préexistence de ce qu’il s’agit d’émanciper par rapport à l’acte d’émancipation », 5° « dimension fondatrice inhérente au projet d’émancipation radicale », 6° dimension rationaliste (le « discours émancipateur des eschatologies sécularisées » postulant que la « pleine émancipation » surgit lorsque « s’abolit enfin la distance qui sépare le réel du rationnel »)[27]. Mais Laclau lui-même est conduit à reconnaître les contradictions entre ces diverses dimensions, ainsi que l’impossibilité de réaliser le programme d’action que chacune présuppose. 
      Le spectre de « l’émancipation » ne cesse de hanter les chaumières du gauchisme intellectuel. Le politiste engagé Philippe Corcuff, disciple de Pierre Bourdieu (mais « lu autrement ») et militant de la trotskiste Ligue communiste révolutionnaire (devenue en février 2009 le Nouveau Parti anticapitaliste, le NPA), ce qui ne l’empêche pas de se dire individualiste, libertaire et écologiste, et bien sûr altermondialiste, fonde ainsi son engagement politique sur ce qu’il appelle « l’utopie radicale de l’émancipation »[28]. En janvier 2005, ce parfait représentant de la gauche radicale a signé l’Appel des Indigènes de la République et co-fondé l’Université populaire de Lyon. Dans une conférence prononcée à Genève le 30 avril 2010, « Enjeux et défis de l’émancipation au XXIe siècle », Corcuff résume ainsi son propos, esquissant pour l’occasion une histoire de la noble idée :
      « J’entends émancipation comme un arrachement individuel et collectif à des “tutelles”, à des dominations, appelant une plus grande autonomie individuelle et collective. C’est le sens du mot qui a été travaillé dès les penseurs du siècle des Lumières du XVIIIe. Schématiquement, le monde moderne (depuis les Révolutions américaine et française) a connu deux grandes politiques d’émancipation : 1) l’émancipation républicaine-démocratique à partir du XVIIIe siècle justement, qui a posé la question de l’émancipation sur le plan de l’égalité politique et de la volonté populaire ; 2) l’émancipation socialiste au sens large (avec une grande diversité de courants) dans son sillage critique à partir du XIXe siècle, en posant la question sociale. Je fais alors l’hypothèse que la galaxie altermondialiste, à laquelle participent selon moi les universités populaires alternatives, pourrait constituer le creuset d’une troisième politique d’émancipation, intégrant des composantes des deux précédentes, mais dans un nouveau cadre répondant à des problèmes nouveaux ou renouvelés (et notamment la question écologiste et le traitement de l’individualité). »
     On aura compris que « l’émancipation socialiste », aussi louable soit-elle, ne saurait être considérée comme la dernière étape dans le développement de la sublime idée. Il reste à la radicaliser par une plongée dans l’eau bénite de l’altermondialisme. Rappelant avec la gravité requise « la double coordonnée de la galaxie altermondialiste », à savoir : « Le monde n’est pas une marchandise » et « D’autres mondes sont possibles », Corcuff déclare se soucier du « renouvellement altermondialiste de l’émancipation aujourd’hui ». On ne peut que lui souhaiter bon voyage au pays des chimères.

De l’aliénation à l’émancipation : le jeune Marx

      Qui donc est l’ennemi, pour le jeune Marx ? L’ennemi, c’est l’intérêt privé en tant qu’il est absolutisé. Plus précisément, comme le montre Senik, l’intérêt privé, en tant que tel, et plus généralement la forme individuelle et égocentrée de l’existence, est pour Marx l’ennemi qu’il faut impérativement faire disparaître. À la fin de son long article de la Gazette Rhénane consacré à « la loi sur les vols des bois » (octobre-novembre 1842), le jeune Marx, après avoir rappelé que « l’intérêt particulier ne connaît ni patrie, ni province, ni esprit général, ni esprit local », fustige le « matérialisme dépravé »[29], dont il caractérise le cœur par ce simple axiome : « L’intérêt privé se considère comme le but final du monde[30]. » Contre cette vision « égoïste » du monde, il va pratiquer en 1843 ce qu’il appelle « la critique au sein de la mêlée »[31], dans Sur la question juive comme dans sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (écrite fin 1843, et publiée également en février 1844). De cette « critique dans la mêlée », qui se distingue de la « critique critique » des Jeunes-Hégéliens, Marx affirme sans ambages qu’elle « n’est pas un scalpel, mais « une arme » : « Son objet est son ennemi [Feind], qu’elle veut, non pas réfuter, mais anéantir [vernichten]. » On doit s’interroger sur ce qu’il s’agit d’anéantir.  
      Le point de départ de la longue marche vers « l’émancipation humaine », c’est la critique de l’aliénation religieuse : « La critique de la religion est la condition de toute critique[32]. » Mais, pour être radicale, la critique de « l’opium du peuple » doit se faire critique du monde profane où se trouve le fondement réel de la religion : « La critique de la religion s’achève avec la doctrine selon laquelle l’homme est pour l’homme l’être suprême, donc par l’impératif catégorique qui commande de renverser toutes les conditions au sein desquelles l’homme est un être diminué, asservi, abandonné, méprisable[33]. »   
      L’aliénation, en tant que processus, se reconnaît à sa conséquence principale, ainsi caractérisée dans les « Manuscrits économico-philosophiques » de 1844 : « L’homme est rendu étranger à l’homme[34]. » Ce qui revient à dire que chaque individu humain est « rendu étranger à l’essence humaine »[35]. Le communisme peut dès lors se définir selon le schème du retour de l’homme à lui-même ou de la réappropriation par l’homme de son essence : il se définit, pose Marx, « comme réintégration ou retour de l’homme en soi, comme abolition de l’aliénation humaine de soi », ou encore comme « appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme, donc retour total de l’homme à soi en tant qu’homme social, c’est-à-dire humain »[36]. Dans les Manuscrits de 1844, le communisme est pensé comme « la vraie solution de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, (…) l’énigme résolue de l’histoire », et, précise Marx, « il se connaît comme cette solution »[37]. Le communisme, ajoute plus loin Marx, « est donc le moment réel de l’émancipation et de la reprise de soi de l’homme »[38].
      Si l’aliénation se définit par trois attributs essentiels : limitation, médiation et soumission au besoin bassement pratique, alors la figure de l’homme émancipé se construit par la négation de ces trois attributs. Comme l’a fait remarquer Kolakowski, le terme d’« aliénation » est moins descriptif que normatif, en ce qu’il « désigne un état dans lequel la vie humaine empirique est en contradiction avec l’essence de l’homme »[39]. Dénoncer l’état d’aliénation dans lequel se trouveraient les hommes, c’est appeler en même temps à « dépasser » cette intolérable situation : faire surgir l’homme désaliéné ou émancipé, c’est-à-dire l’individu humain délivré ou débarrassé de sa finitude. Telle est, comme le montre Senik, la plus folle vision de Marx. Dans cet homme désaliéné, fantasmé comme individu sans frontières individuelles, refusant les « intermédiaires », maître de ses activités multiples sans jamais s’enfermer dans aucune d’entre elles, on rencontre la première esquisse de « l’homme total », qui enthousiasmait tant naguère certains philosophes marxistes, tel Henri Lefebvre[40]. « L’homme total », c’est l’homme totalement désaliéné. Cette figure individuelle utopique échappant à la division du travail, Marx la caractérise dans un passage célèbre de L’Idéologie allemande où il rêve de « la société communiste, où chacun, au lieu d’avoir une sphère d’activité exclusive, peut se perfectionner dans la branche qui lui plaît » : « La société règlemente la production générale, ce qui crée pour moi la possibilité de faire aujourd’hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l’après-midi, de pratiquer l’élevage le soir, de faire de la critique après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ou critique[41]. » Considérant ces analyses des formes de l’aliénation et des voies de la désaliénation, comme ces descriptions de l’homme « émancipé » ou de « l’homme total » que l’on trouve dans les écrits de Marx antérieurs au Manifeste communiste, Maximilien Rubel n’hésitait pas à poser que « c’est dans son œuvre dite de jeunesse que se trouve la clef du Capital »[42].
      L’utopie de l’homme émancipé présuppose un imaginaire de la radicalité révolutionnaire reposant sur le refus des médiations, voire sur une diabolisation de ces dernières. De ce rejet de toute délégation ou représentation, et partant de tout compromis, de ce culte de l’immédiat dérivent une conception « spontanéiste » de la liberté et une vision normative de la démocratie comme « directe, absolue et totale », ainsi que le souligne Senik à la suite de Kolakowski : « Marx considère que l’homme est libre quand il agit directement sur les choses ou sur les gens, sans passer par la médiation de tiers, que ces tiers soient une personne ou une instance comme le Droit, Dieu, l’argent, le marché ou l’État. » Toute instance médiatrice est suspectée et rejetée en tant qu’« instrument de certains intérêts particuliers déguisés en une illusoire volonté universelle »[43]. C’est pourquoi « l’émancipation humaine » n’est pensable qu’en tant qu’émancipation sans « intermédiaire », donc sans limitation[44]. Les médiations ne font pas partie du paysage de la société parfaite habité par les heureux représentants de « l’homme nouveau ».
      On ne peut que s’interroger sur ce désir frénétique d’en finir avec les médiations, sur cette aspiration à une pure libération. Comment penser cette marche libérée de toute entrave, sans point d’appui, sans intermédiaire, sans médiation, sans détour, par voie directe ? Marx est en quête d’une émancipation humaine absolue, totale : ce rêve prométhéen n’est pas étranger à la recherche du « point suprême »[45], et s’apparente en même temps à la quête du Graal. Le désir de supprimer tout médiateur ou intermédiaire (Mittler, Medium), tout détour (Umweg), est au cœur du fantasme puriste ou « transparentiste » d’un rapport absolument immédiat de l’homme à l’homme. Ce qui surgit, c’est la chimère d’une auto-reconnaissance pure. D’où le rejet de la religion comme de l’État, au nom de l’insaisissable authentique « athéisme », composante de l’authentique « émancipation humaine » :
      « Même si, par la médiation de l’État [durch die Vermittlung des Staats], il se proclame athée, c’est-à-dire s’il proclame que l’État est athée, l’homme reste toujours imbu de préjugés religieux, précisément parce qu’il ne se reconnaît lui-même que par un détour [Umweg], par un intermédiaire [Medium]. La religion est précisément la reconnaissance de l’homme par une voie détournée [Umweg]. Par un médiateur [Mittler][46]. »
      Comment interpréter ce texte fondateur qu’est Zur Judenfrage, lorsqu’on le prend au sérieux ? Quatre types d’approches semblent possibles et légitimes :
1° On peut d’abord y trouver des traces d’un héritage intellectuel particulier : celui de l’antijudaïsme philosophique allemand qui, de Kant à Feuerbach et Bauer, tend à réduire la « judéité » à l’expression d’un véritable instinct de « tribu » ou de « race », qui oscillerait entre le goût du « trafic » ou du « marchandage » et un « égoïsme » communautaire sans pareil. Ce qui justifie qu’on inscrive ce texte du jeune Marx dans un courant judéophobe aux frontières floues, appelé par certains historiens contemporains « antisémitisme révolutionnaire »[47].
2° On peut ensuite y découvrir une récusation révolutionnaire de la « société bourgeoise » fondée sur l’individualisme égoïste, et à ce titre pensée comme le produit d’une généralisation et d’une réalisation de « l’essence du Juif ». Constatant que, dans son essai, le jeune Marx interprétait le capitalisme comme le judaïsme historiquement réalisé, Edmund Silberner a pu soutenir que Zur Judenfrage  constituait « la source de la tradition antisémite dans le socialisme moderne »[48]. De son côté, Maximilien Rubel note que « tout l’essai de Marx est rédigé dans ce style pathétique que nous retrouverons dans le Manifeste communiste et qui rappelle étrangement le style des prophètes bibliques vouant Israël à la colère et à la vengeance divines »[49].
3° On peut aussi y voir à l’œuvre la haine de soi d’un petit-fils de rabbin, converti comme ses parents au luthéranisme en vue d’une pleine intégration dans la société allemande, mais en même temps fils des Lumières et de la philosophie allemande, ce qui le conduit à faire preuve d’une intolérance maximale à l’égard du particularisme juif, image de ses origines perçues comme honteuses. Rubel ajoute qu’il lui semble « incontestable que Marx a éprouvé un certain ressentiment contre la religion de ses ancêtres, religion qui s’accommodait si bien d’un régime économique et social inhumain, qu’elle paraissait en être le crédo spirituel »[50]. Que l’on retienne ou non l’hypothèse de la « haine de soi » ou de l’« autophobie juive », 
Zur Judenfrage appartient dès lors à l’histoire des doctrines antijuives modernes[51].
4° On peut enfin le lire comme le témoignage d’un moment décisif dans l’évolution de la pensée de Marx : le moment où, dans le feu de la polémique engagée contre l’un des grands représentants de la « gauche hégélienne », Bruno Bauer, le penseur allemand construit ce qu’on peut identifier comme le concept clé de sa théorie ou l’idée régulatrice de sa philosophie, qu’il baptise « l’émancipation humaine », située par delà l’émancipation religieuse et l’émancipation politique. 
      Dans son livre, Senik recourt à tous ces types d’approches, pour offrir une interprétation nuancée, mais non complaisante, de cet écrit fondateur. Après avoir reconstruit la dialectique de l’aliénation et de l’émancipation telle que Marx l’applique à la « question juive », et montré que, pour Marx, le particularisme juif fait partie de l’essence même de la « judéité » (ou de la « juiverie » : Judentum), Senik n’a pas de peine à établir que l’émancipation humaine ne peut se réaliser que par la négation de la « judéité ». Pour Marx, il ne s’agit plus de critiquer une religion, le judaïsme, mais de détruire la société dans laquelle l’ethos ou « l’esprit juif » s’est réalisé. La déjudaïsation ou le désenjuivement devient la condition de la désaliénation, ou de la véritable émancipation, comme le note Senik : « Étant donné que la pratique du marchandage juif – der Schacher - s’est imposée à l’ensemble des sociétés modernes, la judéité est le nom propre de l’aliénation humaine dont ces sociétés doivent s’émanciper. La solution de la question juive et l’émancipation humaine ne font qu’un. Sur la question juive se conclut logiquement sur un appel au désenjuivement de tous les hommes. » Telle est bien, chez Marx, la conception de l’émancipation « humaine », et non pas seulement « politique » : « L’émancipation du Juif dans la société, c’est la société s’émancipant de la judéité[52]. »
      Les commentateurs marxistes, qui ne manquent pas de pointer « l’antisémitisme » des écrits de Bruno Bauer sur la « question juive » en 1843, se montrent indifférents à la dimension clairement antijuive de nombreux passages de l’essai du jeune Marx (surtout dans la deuxième partie), ou bien, lorsque cette dernière est relevée, font mine de s’indigner – non pas de la judéophobie marxienne, mais du fait de la souligner[53]. Dans son étude sur « le jeune Marx », parue en 1955, György Lukács consacre plusieurs pages à l’analyse de Zur Judenfrage – qu’il classe parmi les « documents de la transition »[54] -, et conclut sans émettre la moindre réserve : « L’émancipation humaine est donc en même temps “l’émancipation de la société libérée du judaïsme”, c’est-à-dire de la puissance de l’argent[55]. » L’historien Auguste Cornu, vigilant face à Bauer, écrit avec candeur en 1958 : « Alors que B. Bauer aboutissait dans ses articles à un antisémitisme, qui favorisait la réaction, Marx, enlevant à la question juive son caractère spécifiquement religieux et national, l’étudiait d’un point de vue général, économique et social[56]. » La lecture apologétique de cet essai aux accents judéophobes est une constante dans la tradition marxiste. L’historien trotskyste Isaac Deutscher, citant la dernière phrase de Zur Judenfrage, sur « l’émancipation de la société à l’égard de la judéité », n’y voyait qu’une manière d’exprimer, « d’une façon provoquante dans un idiome jeune-hégélien un peu trop paradoxal », le légitime désir que « le Juif et le non-Juif échappent l’un comme l’autre au mode de vie bourgeois »[57]. Et, alors que Pierre Birnbaum, au terme d’une analyse fouillée des écrits de Marx sur les Juifs et la « judéité », note justement que Marx « préconise la fin indispensable et inéluctable des Juifs »[58], Daniel Bensaïd lui reproche de recourir à une « formulation (…) vicieuse » et dénonce une « lecture orientée »[59].
       La thèse de Senik peut être ainsi résumée : l’idée d’émancipation est au cœur de la pensée de Marx ; or, elle a été élaborée très tôt, dès l’automne 1843, à l’occasion de la rédaction des deux articles du jeune Marx contre Bruno Bauer qui vont constituer l’opuscule Sur la question juive, qu’il faut donc considérer comme un texte fondateur. C’est dans cet écrit que Marx, sur la base d’une critique radicale de l’émancipation politique, prétend penser ce qu’il appelle « l’émancipation humaine ». Sa conclusion est que l’homme véritablement émancipé n’est autre que l’homme enfin dépouillé de tous les attributs de la « judéité », l’homme totalement « déjudaïsé » ou « désenjuivé » (expressions non employées par Marx). Il s’ensuit que le type d’humanité que Marx veut faire disparaître, en l’imputant à la judéité et à la propriété privée, c’est l’homme des droits de l’homme, l’homme trop prosaïquement humain à ses yeux – comme Senik le souligne. L’homme émancipé, c’est aussi l’homme nouveau, ce fruit espéré de la révolution en même temps que l’acteur indispensable de cette dernière. En 1856, Marx écrit en effet : « Nous savons que les forces nouvelles de la société n’ont besoin, pour abattre un bon ouvrage, que d’hommes nouveaux[60]. » Le commentaire critique de Löwith est éclairant : « On se demande si Marx a jamais pris clairement conscience des présuppositions humaines, morales et religieuses que comporte son exigence : créer un monde nouveau grâce à une re-création de l’homme. Il semble avoir été totalement aveugle aux conditions d’une possible renaissance et s’être dogmatiquement satisfait de la formule abstraite selon laquelle l’homme nouveau est le communiste qui engendre la communauté, le zoon politikon, l’“être générique” social de la moderne cosmopolis[61]. »
     Dans Zur Judenfrage, Marx propose de reformuler la « question juive » : « Bauer considère l’essence idéale et abstraite du Juif, sa religion, comme étant son essence totale. (…) Nous essayons de briser la formulation théologique de la question. La question de l’aptitude du Juif à l’émancipation se transforme pour nous en celle de savoir quel élément social particulier doit être surmonté pour supprimer la judéité [Judentum][62]. » La nouvelle formulation de la « question juive » commande celle de sa « solution ». Senik commente sans aveuglement ni complaisance : « On a bien lu “supprimer la judéité”. Par conséquent, on ne doit pas chercher à émanciper les Juifs, mais à s’en émanciper, à se déprendre de leur emprise. » 
      La conclusion programmatique de l’essai Sur la question juive est un appel à éliminer l’élément juif dans la « société civile » moderne (dite « bourgeoise » par les traducteurs marxistes), ce qui revient à vouloir supprimer ladite « société civile » dans laquelle, au stade de son « achèvement », la « judéité » aurait « atteint son apogée »[63]. Telle est en effet la conception de Marx, postulant que « l’essence véritable du Juif s’est réalisée et sécularisée universellement dans la société civile » (bürgerliche Gesellschaft) : « Nous trouvons l’essence du Juif d’aujourd’hui, non seulement dans le Pentateuque ou le Talmud, mais dans la société actuelle[64]. » Et il s’agit clairement pour Marx de supprimer la « limitation juive de la société »[65]. On trouve ainsi chez le jeune Marx, avant l’apparition du mot (Verjüdung) dans le pamphlet de Richard Wagner (La Juiverie dans la musique, 1850), l’idée de la « judaïsation » ou de l’« enjuivement » de la « société civile » ou « chrétienne », en ce que « la société civile ne se parfait que dans le monde chrétien »[66]. La thèse de la « judaïsation » est ainsi formulée par Marx : « Le Juif s’est déjà émancipé, mais d’une manière juive. (…) Le Juif s’est émancipé d’une manière juive, non seulement en se rendant maître de la puissance de l’argent, mais parce que, par lui et sans lui, l’argent est devenu une puissance mondiale, et l’esprit pratique juif l’esprit prati­que des peuples chrétiens. Les Juifs se sont émancipés dans la mesure même où les Chrétiens sont devenus des Juifs[67]. » L’élément juif à supprimer est donc multidimensionnel : il s’agit tout à la fois de la religion qu’est le judaïsme, de son fondement psychologique, social et économique qu’est « l’intérêt personnel », « l’égoïsme » et le « besoin pratique » (ces deux expressions étant toujours couplées par Marx), de l’objet réel de son culte : l’argent, et de la pratique sociale typique du « Juif » : le trafic ou le marchandage (Schacher). S’il est vrai que « l’argent est devenu une puissance mondiale et l’esprit pratique juif l’esprit pratique des peuples chrétiens »[68], alors, pour s’émanciper véritablement, l’humanité doit s’émanciper de la « judéité » dans toutes les sphères de ses activités.
      Senik souligne que, dans Zur Judenfrage, « la suppression de la judéité est présentée d’emblée et sans la moindre précaution de langage comme la seule solution envisageable de la question juive ». Marx n’hésite pas en effet à soutenir la thèse suivante : « Eh bien ! en s’émancipant du marchandage [Schacher] et de l’argent, par conséquent de la judéité réelle et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même. Une organisation de la société qui supprimerait les conditions préalables du marchandage [Schacher], et donc la possibilité du marchandage, aurait rendu le Juif impossible. La conscience religieuse du Juif se dissiperait, comme une fade buée, dans l’air vital véritable de la société[69]. » Et il conclut en reprenant le motif, qui ressemble à l’énoncé d’un programme révolutionnaire : « Dès que la société parvient à supprimer l’essence empirique de la judéité [Judentum], le marchandage [Schacher] et ses conditions, le Juif est devenu impossible, parce que sa conscience n’a plus d’objet, parce que la base subjective de la judéité, le besoin pratique, s’est humanisée, parce que le conflit a été supprimé entre l’existence individuelle et sensible de l’homme et son existence générique[70]. » Après avoir cité ce passage pour le moins sulfureux, Lukács conclut benoîtement : « Cet article dresse donc un tableau riche et vivant des contradictions internes qui traversent la société civile, et auxquelles aucun remède ne peut être apporté dans le cadre capitaliste[71]. »  
      À la fin de son article de 1843 sur « L’aptitude des Juifs et des chrétiens d’aujourd’hui à devenir libres », Bruno Bauer pose que pour appartenir à « l’humanité libre », les Juifs doivent en finir avec toutes les expressions de leur judéité, qu’ils doivent donc cesser d’être juifs : « Le chrétien doit cesser d’être chrétien pour devenir homme et libre. Le Juif, en revanche, doit sacrifier à l’humanité – qui résulte de l’évolution et de la dissolution du christianisme – le privilège chimérique de sa nationalité, sa loi imaginaire, qui ne repose sur rien – aussi pénible que lui soit ce sacrifice, car il doit absolument renoncer à lui-même et nier le Juif[72]. » Le Juif doit donc « rompre non seulement avec son essence juive mais aussi renoncer au mouvement qui porte sa religion à son achèvement »[73]. Ce terrible message, Marx l’a formulé à sa manière après Bauer, et avant Wagner. Dans Zur Judenfrage, Marx pense que « l’émancipation humaine » ne peut s’accomplir sans que les Juifs s’émancipent de leur judéité en même temps que l’humanité s’émancipe de « l’esprit juif » : « Nous reconnaissons donc dans la judéité [ou « la juiverie » : Judentum] un élément antisocial actuel et général,qui a été porté jusqu’à son niveau présent par l’évolution historique à laquelle les Juifs ont, sous ce mauvais rapport, collaboré avec zèle ; et à ce niveau il doit nécessairement se dissoudre. Dans sa signification dernière, l’émancipation des Juifs est l’émancipation de l’huma­nité à l’égard de la judéité[74]. » On sait que, dans la dernière phrase de son essai, le jeune Marx réaffirme cette thèse sous une forme légèrement différente[75]. Quelques années plus tard, Richard Wagner, emporté par son enthousiasme « révolutionnaire » (il est alors un proche de Bakounine), écrit dans la conclusion de son pamphlet intitulé La Juiverie [Judentum] dans la musique (1850) : « Devenir homme en même temps que nous, cela signifie avant tout pour le Juif : cesser d’être Juif. (…) Prenez part sans retenue à cette œuvre de rédemption, où le sacrifice régénère, et nous serons unis, semblables ! Mais pensez qu’il n’existe qu’un seul moyen de vous délivrer de la malédiction qui pèse sur vous : pour sauver Ahasvérus [le « Juif errant »], il faut — sombrer [76]! »
     L’étude critique de Senik met fin à une polémique oiseuse provoquée par cet écrit gênant du jeune Marx, que la plupart des marxistes ont abandonné les yeux fermés à la « critique rongeuse des souris », ou bien jeté dans les poubelles de la préhistoire de la théorie marxiste (l’enfer des écrits d’avant la « coupure »), ou encore soumis à un traitement textologique particulier, et salvateur, celui de la « lecture symptomale » ou celui d’un décryptage plus ou moins fantaisiste postulant que « Juif » (Jude) et « judéité » (Judentum), termes dénués de référence empirique, ne sont que des figures de rhétorique – métaphores, métonymies ou synecdoques. Senik démontre, d’une façon rigoureuse et méthodique, que la gêne, loin d’être simplement engendrée par une regrettable « ambiguïté » du texte[77], provient de la déclaration de haine qu’il contient, une haine terriblement évidente dont la cible est la « judéité » (Judentum) ou encore l’entité « le Juif » (der Jude).
     L’essai Zur Judenfrage peut par ailleurs être considéré comme la face visible de l’iceberg. La correspondance privée de Marx est en effet parsemée de propos antijuifs ironiques, sarcastiques ou méprisants, incluant divers clichés et stéréotypes antisémites (« le petit Juif X… », « le maudit Juif X… », « le Youpin [Jüdel] X… », « les Youpins », etc.)[78]. On peut y voir une confirmation de l’hypothèse selon laquelle, au-delà de ses textes de jeunesse, la haine de soi, chez Marx, s’est transformée en un mélange de haine et de mépris pour les Juifs[79]. Le traitement réservé à Ferdinand Lassalle (1825-1864), grand leader du socialisme allemand, « ami » et compagnon de luttes de Marx – qui le détestait -, montre que ce dernier, loin de s’en tenir à une judéophobie politico-économique, pensait selon des catégories racialistes, comme le montre ce passage d’une lettre à Engels datée du 30 juillet 1862 : « Il est maintenant parfaitement évident à mes yeux que la forme de sa tête et [la texture de] ses cheveux montrent qu’il descend des Nègres qui se sont joints à la troupe de Moïse, lors de l’exode d’Égypte – à moins que sa mère ou sa grand-mère du côté paternel n’aient eu des relations avec un Nègre[80]. » Ailleurs, Marx dit du « petit Juif » Lassalle, de « ce négro-juif de Lassalle »[81], qu’il surnomme parfois « le Youpin Braun » ou « notre Youpin Braun » (lettre à Engels du 25 février 1859), qu’il est « le plus barbare de tous les Youpins de Pologne ».
     On ne saurait enfin oublier que le passage au communisme suppose une rupture révolutionnaire. Marx est un adepte de la violence purificatrice, seule capable de détruire le « vieux monde ». Senik souligne justement le fait qu’avant même qu’apparaisse la formule « dictature du prolétariat », Marx s’était déjà montré favorable à l’usage de la terreur révolutionnaire : « Dans Sur la question juive, il voit dans la Terreur de 1793 la forme politique légitime et nécessaire du pouvoir de la volonté collective sur le point de vue des particuliers. » Quelques années plus tard, Marx prône clairement le recours à la terreur dans un article paru après l’écrasement de la révolution de Vienne, en novembre 1848, dans la Neue Rheinische Zeitung :
      « Les massacres sans résultats depuis les journées de juin et d’octobre, les concessions oiseuses depuis février et mars, le cannibalisme de la contre-révolution lui-même persuaderont les peuples qu’il n’existe qu’un seul moyen d’abréger, de simplifier, de concentrer l’agonie meurtrière de la vieille société et les douleurs d’enfantement de la nouvelle, un seul moyen : le terrorisme révolutionnaire[82]. »
    Mais après la terreur nécessaire, un monde nouveau s’ouvre aux hommes nouveaux en cours d’émancipation et d’auto-création. « L’homme total » de l’avenir, l’homme totalement émancipé, remodelé par lui-même, a fait l’objet de descriptions plus ou moins cocasses dans la tradition communiste. Le prométhéisme du matérialisme prolétarien a sa place dans une histoire de la mystique du surhomme[83]. À la fin du dernier chapitre de Littérature et Révolution, publié en 1924, Léon Trotski décrivait l’homme « socialiste » ou « communiste » du futur avec un enthousiasme prométhéen confinant au délire : « L’homme commencera sérieusement à harmoniser son propre être. Il visera à obtenir une précision, un discernement, une économie plus grands, et par suite, de la beauté dans les mouvements de son propre corps, au travail, dans la marche, au jeu. (… L’homo sapiens, maintenant figé, se traitera lui-même comme objet des méthodes les plus complexes de la sélection artificielle et des exercices psychophysiques. (…) Le genre humain, qui a cessé de ramper devant Dieu, le Tsar et le Capital, devrait-il capituler devant les lois obscures de l’hérédité et de la sélection sexuelle aveugle ? L’homme devenu libre (…) se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez. (…) L’homme deviendra incomparablement plus fort, plus sage et plus subtil. (…) L’homme moyen atteindra la taille d’un Aristote, d’un Goethe, d’un Marx. Et, au-dessus de ces hauteurs, s’élèveront de nouveaux sommets[84]. »  
   L’utopie communiste oscille entre l’idéal d’une vie heureuse dans l’absence totale de contraintes et celui de la maîtrise totale du devenir humain. Ses adeptes enthousiastes rêvaient de faire naître « l’homme total », ils ont engendré l’homme-masse. Rien ne permet d’imaginer qu’un autre communisme soit possible.
 
Conclusions 
 
      En lisant Senik, on comprend mieux comment s’est définie la voie moderne de la judéophobie, on saisit clairement à partir de quelles évidences idéologiques fut inventée la version progressiste et internationaliste de la haine des Juifs. En une formule : l’universalisme contre les Juifs. Pour les fanatiques de la « table rase », la démonisation des Juifs s’est fondée sur l’attribution à ces derniers d’un statut ontologique intrinsèquement négatif : celui d’être les représentants par excellence du passé, du particulier et de la tradition. De ce qu’il est convenu d’appeler les « appartenances » ou les « racines », soit les appartenances lourdes, dites culturelles ou ethniques, les « communautés », par définition particulières. Tel a été le prix à payer pour garantir l’essor du mythe de l’avenir et de l’utopie internationaliste, présupposant la magie de la rupture rédemptrice. Le jeune Marx pense en effet « l’émancipation humaine » non seulement comme arrachement aux appartenances lourdes, mais encore comme « dépassement » des droits de l’homme en tant que droits réels de l’individu « égoïste » : « L’émancipation politique est certes un grand progrès ; elle n’est sans doute pas la forme ultime de l’émancipation humaine en général, mais la forme ultime de l’émancipation humaine à l’intérieur de l’ordre du monde qui a existé jusqu’ici[85]. » Minimisant la portée de cette remarque (Marx n’aurait ainsi fait que souligner « les limites historiques » des droits dits « formels » ou des libertés démocratiques dites également « formelles » propres à la « société bourgeoise »), Daniel Bensaïd, théoricien trotskyste, en concluait qu’il fallait s’adonner à la « tâche de révolutionner la démocratie »[86].   Disons plus simplement que, pour Marx, « la véritable émancipation, c’est le communisme »[87]. Mais si le communisme ne coïncide jamais avec ses figures historiques, alors l’émancipation véritable ou radicale se situe toujours au-delà de toute limite, elle implique la négation de toute limitation. Donc de toute nouvelle incarnation historique. On n’a jamais fini de s’émanciper, comme on n’a jamais fini de se moderniser ou de progresser.
     Lire Senik, c’est aussi comprendre la logique du basculement de certains intellectuels juifs, depuis la Révolution française, dans la judéophobie. Son analyse de la judéophobie marxienne, loin de se réduire à une analyse de cas, prend la valeur d’un paradigme pour l’histoire des idéologies politiques. On peut être, comme Marx, issu par son père et sa mère de lignées de rabbins, et néanmoins donner dans la haine des Juifs, et dans une haine mêlée de mépris[88]. Dans son essai sur « Benjamin Disraeli, Karl Marx, et la recherche d’une identité » (1970)[89], Isaiah Berlin avait naguère montré la voie en suggérant que Marx « identifia les Juifs à la bourgeoisie, qu’il attaquait d’en bas, au nom des insultés et des opprimés »[90]. Il convient cependant de nuancer ce propos de Berlin, sur la base des analyses de Senik. Le Juif qu’en 1843 Marx ne veut surtout pas être, avec lequel il ne veut en aucune manière être confondu, ce n’est pas le grand capitaliste qui exploite ceux d’en bas (il n’est pas encore question dans ses écrits de capitaliste, ni de prolétariat, ni d’inégalité), c’est le petit commerçant et l’usurier médiocre, appartenant à la petite bourgeoisie juive. C’est cette figure que le Juif émancipé et intellectuel méprise, c’est elle qui fait éprouver au penseur allemand de la honte à l’égard de ses origines. 
      L’engagement révolutionnaire (socialiste, communiste, anarchiste) implique une déclaration de guerre contre « le capitalisme », lequel se confond, chez nombre de pères fondateurs du mouvement révolutionnaire, avec le « judaïsme » ou la « judéité » (Judentum), ou plus exactement avec « l’esprit juif » et les « pratiques juives » – la « manifestation juive sordide [schmutzig] » de l’activité pratique, selon la première des Thèses sur Feuerbach[91]. Du moins si l’on tient pour vraie l’équation « capitalisme = judaïsme », comme le présuppose le grand récit anticapitaliste des origines (Fourier, Toussenel, Bauer, Marx, Bakounine), dont la version populaire n’est autre que le mythe Rothschild, mythe répulsif central dans la judéophobie moderne[92]. Il ne saurait exister deux peuples élus : si le prolétariat, défini comme la « classe dont les chaînes sont radicales »[93], est en quelque sorte le peuple élu de la doctrine marxiste, « pour la raison précise qu’il est exclu des privilèges de la société dominante »[94], les Juifs, en dépit du fait qu’ils incarnent une catégorie transhistorique d’exclus, ne peuvent plus jouer le rôle de peuple élu. Ils en incarnent bien plutôt aux yeux du jeune Marx le contre-type, celui du peuple déchu.
     Comme les mots « aliénation », « dialectique » ou « réification » selon Kolakowski, le mot « émancipation » fait désormais partie de ces mots « qui obscurcissent plus qu’ils n’éclairent et dont la fonction essentielle consiste à créer un semblant d’explication là où il n’y en a aucune »[95]. L’emploi répété de ces mots magiques laisse croire que « nous disposons d’une solution globale toute faite pour toutes les difficultés humaines, alors qu’une telle solution n’existe pas et n’existera jamais »[96]. En réalité, l’expérimentation historique de l’idée normative d’émancipation, au sens précis que lui a donné Marx (éliminer les limites et les médiations), a été faite : elle a pris le visage répulsif du totalitarisme communiste. Mais le mot « émancipation » a survécu à la logique réelle de son expérimentation historique, comme bien d’autres mots politiques aux couleurs célestes. Mots positifs au contenu indéterminé et indéterminable, mots sonores qui fonctionnent aujourd’hui comme des marques, des drapeaux ou des emblèmes, et qui résonnent le mieux dans des slogans, des formules creuses, réceptacles ou capteurs des aspirations, des rêves ou des espoirs : « émancipation », « libération », « résistance », « révolution », « progrès », « modernité », auxquels se sont ajoutés « diversité », « citoyenneté », « métissage ». Le mot « démocratie » lui-même n’échappe pas à ce traitement idéologique, à ce mouvement de surenchère qui le désémantise pour mieux le mettre à toutes les sauces. Un même schème est ici appliqué, celui de l’immodérantisme, expression intellectualisée du mauvais infini mis en œuvre par le désir mimétique : l’exigence du « toujours plus de » (démocratie, diversité, métissage, modernité, émancipation, résistance, etc.), ou la valse du slogan simple « Plus de démocratie » au slogan sophistiqué « Démocratiser la démocratie », qui reviennent à des variations sur la demande confuse d’une démocratie toujours plus démocratique (plus étendue, plus directe, plus égalitaire, etc.). Sans oublier  la quête d’une « émancipation » toujours plus totale, plus radicale, plus internationale, de « l’émancipation du genre humain » à la recherche de « nouvelles formes » d’émancipation…
      L’ouvrage de Senik nous permet de comprendre enfin la persistance, chez les intellectuels qui se voient en révolutionnaires, du fantasme de l’émancipation permanente. Cette sous-catégorie des élites bourgeoises se nourrit de transgressions sans risque, et, à une époque où la norme est précisément la destruction des tabous, vit d’enfoncer des portes ouvertes en imaginant lutter héroïquement contre le « système » ou les « dominants », « résister » courageusement contre la censure ou se dresser contre un pouvoir tyrannique. Ce qui n’empêche nullement ses représentants de participer au terrorisme intellectuel ambiant. Sur le sol français, les plus hallucinés d’entre eux se glorifient d’être entrés en « résistance » contre un « fascisme » inévitablement « rampant », et se montrent fermement décidés à barrer la route au maréchal Pétain, qui ne cesse de faire son retour post mortem. L’esprit des morts gouverne l’imaginaire des vivants. 



8 février 2011














 


[1] Voir Dany Trom, La Promesse et l’obstacle. La gauche radicale et le problème juif, Paris, Les Éditions du Cerf, 2007, pp. 20-21, 91 sq.

 

[2] Zygmunt Bauman, La Décadence des intellectuels. Des législateurs aux interprètes [1987], tr. fr. Manuel Tricoteaux, Arles, Éditions Actes Sud, 2007, p. 121.

 

[3] Ibid., pp. 144-145.

 

[4] Ernesto Laclau, La Guerre des identités
. Grammaire de l’émancipation
, tr. fr. Claude Orsoni, Paris, La Découverte/M.A.U.S.S., 2000, p. 59.

 

[5] Hegel a consacré un long développement à la « société civile » (bürgerliche Gesellschaft) dans la 2e section (§§ 182-256) de la IIIe partie (« La moralité objective » ou « morale réalisée » : Sittlichkeit]) de ses Principes de laphilosophie du droit (1821), entre l’analyse de la famille et celle de l’État. Voir Eugène Fleischmann, La Philosophie politique de Hegel, Paris, Plon, 1964, pp. 207-254. Louis Althusser a publié dans sa collection « Théorie » les textes de Hegel sur la « société civile » tels que Marx les a connus : La Société civile bourgeoise, présentation et traduction de Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Maspero, 1975. Le titre donné à l’ouvrage constitue une formation de compromis dont la maladresse est significative. Les marxistes tiennent à leur « société bourgeoise ».

 

[8] Cioran, Histoire et utopie, Paris, Gallimard, 1960, p. 113. Sur ce modèle interprétatif du « progressisme », voir Pierre-André Taguieff, Les Contre-Réactionnaires. Le progressisme entre illusion et imposture, Paris, Denoël, 2007, pp. 217-297.

 

[9] Raymond Aron, « L’avenir des religions séculières » (1944), in L’Âge des empires et l’avenir de la France, Paris, Éditions Défense de la France, 1945, pp. 287-318.

 

[10] Ernesto Laclau, La Guerre des identités, op. cit., p. 6.

 

[11] Jacques Rancière, Aux bords du politique [1998], nouvelle éd. remaniée et augmentée, Paris, Gallimard, 2004, p. 217.

 

[12] Ernesto Laclau, La Guerre des identités, op. cit., p. 8.

 

[13] Alain Badiou, La Révolution culturelle. La dernière révolution ?, Paris, Les conférences du Rouge-Gorge, 2002. Pour une analyse critique de la « pensée Badiou », voir Philippe Raynaud, L’Extrême gauche plurielle. Entre démocratie radicale et révolution, Paris, Éditions Autrement, 2006, pp. 149-170.

 

[14] Alain Badiou, L’Hypothèse communiste. Circonstances, 5, Paris, Éditions Lignes, 2009.

 

[15] Alain Badiou, La Révolution culturelle, op. cit., p. 29.

 

[16] Voir par exemple Miguel Abensour, L’Utopie de Thomas More à Walter Benjamin, Paris, Sens& Tonka, 2000, pp. 24-27.

 

[17] Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Paris, Gallimard, 1967 ; rééd., 1973, pp. 220-221.

 

[18] Raoul Vaneigem, in Internationale situationniste, n° 12, septembre 1969, p. 75.

 

[19] Charles Fourier, cité par René Schérer, « Charles Fourier ou l’écart absolu », in C. Fourier, L’Attraction passionnée, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1967, p. 30.

 

[20] Karl Marx, À propos de la question juive (Zur Judenfrage), tr. fr. Marianna Simon, éd. bilingue, introduction de François Châtelet, Paris, Aubier Montaigne, 1971

 

[21] Henri Lefebvre, Problèmes actuels du marxisme, Paris, PUF, 1958 ; 3e éd., 1963.

 

[22] Comme le faisait par exemple Karl Korsch, en 1923, dans Marxisme et philosophie (tr. fr. Claude Orsoni, Paris, Minuit, 1964, pp. 65-133), en se référant notamment à la Contribution à lacritique de la philosophie du droit de Hegel (rédigée fin 1843), à Sur la question juive, à La Sainte famille (1844) ou aux Thèses sur Feuerbach (1845), où il voyait l’élaboration d’une « philosophie révolutionnaire » (p. 111), correspondant à la « première période » de l’histoire du marxisme, qui prend fin avec le Manifeste communiste et la Révolution de 1848 (p. 90).   

 

[23] Le bon Marx, le Marx marxiste, l’auteur du Capital, serait le fondateur de « la science matérialiste de l’histoire ». Les écrits d’avant la « coupure épistémologique » (1845), les « œuvres de jeunesse » (1840-1844), seraient des textes « idéologiques ». On sait que telle était la position de Louis Althusser et de ses disciples. Voir Louis Althusser, Pour Marx, Paris, François Maspero, 1965 ; rééd., avant-propos de Étienne Balibar, Paris, La Découverte, 2010, en partic. pp. 47-83, 155-160. Pour une critique de la reconstruction althussérienne, voir Raymond Aron, D’une Sainte Famille à l’autre. Essais sur les marxismes imaginaires, Paris, Gallimard, 1969, pp. 69-276 ; Jean-Marie Brohm et al., Contre Althusser. Pour Marx, Paris, Les Éditions de la Passion, 1999 ; Éric Marty, Louis Althusser, un sujet sans procès. Anatomie d’un passé très récent, Paris, Gallimard, 1999.

 

[24] Michel Henry, Marx, t. I : Une philosophie de la réalité, Paris, Gallimard, 1976, p. 9.

 

[25] Leszek Kolakowski, Le Village introuvable, tr. fr. Jacques Dewitte, Bruxelles, Éditions Complexe, 1986, pp. 47-72.

 

[26] Voir Ernesto Laclau, La Guerre des identités
, op. cit., pp. 43-67.

 

[27] Ibid., pp. 43-44.

 

[28] Philippe Corcuff, La Société de verre. Pour une éthique de la fragilité, Paris, Armand Colin,2002.

 

[29] Karl Marx, Œuvres philosophiques, tr. fr. J. Molitor, Paris, Alfred Costes, 1948, t. V, p. 184.

 

[30] Ibid., p. 162. Voir Karl Korsch, Marxisme et philosophie, op. cit., p. 156.

 

[31] Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, tr. fr. Marianna Simon, préface de François Châtelet, Paris, Aubier Montaigne, éd. bilingue, 1971, p. 63.

 

[32] Ibid., p. 51.

 

[33] Ibid., p. 81.

 

[34] Karl Marx, Manuscrits de 1844 (Économie politique et philosophie), présentation, traduction et notes de Émile Bottigelli, Paris, Éditions sociales, 1962, p. 64.

 

[35] Ibid., p. 65.

 

[36] Ibid., p. 87.

 

[37] Ibid.

 

[38] Ibid., p. 99.

 

[39] Leszek Kolakowski, Le Village introuvable, op. cit., p. 76.

 

[40] Henri Lefebvre, Le Matérialisme dialectique [1940], 5e éd., Paris, PUF, 1962, pp. 133-152 ; Id., Problèmes actuels du marxisme, op. cit., pp. 125-126. Voir aussi l’hymne à « l’homme communiste, l’homme total » par lequel Roger Garaudy concluait son livre paru en 1963 : Qu’est-ce que la morale marxiste ? (Paris, Éditions sociales, pp. 217-224). 

 

[41] Karl Marx, Friedrich Engels, L’Idéologie allemande [1846], tr. fr. Henri Auger et al., présentée et annotée par Gilbert Badia, Paris, Éditions sociales, 1968, p. 63 (tr. fr. légèrement modifiée).

 

[42] Maximilien Rubel, Karl Marx. Essai de biographie intellectuelle, Paris, Marcel Rivière, 1957, p. 224.

 

[43] Leszek Kolakowski, Le Village introuvable, op. cit., p. 25.

 

[44] Voir Jean-Yves Calvez, La Pensée de Karl Marx [1956], 7e éd. revue et corrigée, Paris, Le Seuil, 1969, p. 73.

 

[45] Voir Michel Carrouges, André Breton et les données fondamentales du surréalisme, Paris, Gallimard, 1950 ; rééd., coll. « Idées », 1967, pp. 22-34.

 

[46] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., p. 69. Ce passage est cité et commenté par Henri Desroche, Marxisme et religions, Paris, PUF, 1962, pp. 120-121.

 

[47] Paul Lawrence Rose, Revolutionary Antisemitism in Germany from Kant to Wagner, Princeton, NJ, Princeton University Press, 1990 ; nouvelle éd. augmentée d’une postface : German Question/Jewish Question : Revolutionary Antisemitism from Kant to Wagner, Princeton, NJ, Princeton University Press, 1992. Elisabeth de Fontenay, dans son étude critique intitulée Les Figures juives de Marx. Marx dans l’idéologie allemande (Paris, Galilée, 1973), refuse de poser la question de savoir si l’on peut considérer Marx comme antisémite ou non.

 

[48] Voir Edmund Silberner, « Was Marx an Anti-Semite ? », Historia Judaica, 11 (1), avril 1949, pp. 3-52 ; Id., Sozialisten zur Judenfrage. Ein Beitrag zur Geschichte des Sozialismus vom Anfang des 19. Jahrhunderts bis 1914, Berlin, Colloquium Verlag, 1962, pp. 119-127, 142. Sur cette thèse, voir Shulamit Volkov, Germans, Jews, and Antisemites : Trials in Emancipation, Cambridge et New York, Cambridge University Press, 2006, pp. 119-120.

 

[49] Maximilien Rubel, Karl Marx, op. cit., p. 88.

 

[50] Maximilien Rubel, Karl Marx, op. cit., pp. 88-89.

 

[51] Voir Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, t. III : De Voltaire à Wagner, Paris, Calmann-Lévy, 1968, pp. 432 sq. ; Isaiah Berlin, Trois essais sur la condition juive, tr. fr. anonyme, Paris, Calmann-Lévy, 1973, pp. 29-32, 57 sq. 

 

[52] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., p. 147 (tr. fr. modifiée par Senik).

 

[53] Voir Francis Kaplan, Marx antisémite ?, Paris, Berg International, et Éditions Imago, 1990, pp. 50-69.

 

[54] György Lukács, Le Jeune Marx. Son évolution philosophique de 1840 à 1844 [1955 ; 1965], tr. fr. Pierre Rusch, Paris, Les Éditions de la Passion, 2002, p. 63. Car, selon lui, « c’est seulement au cours de l’année 1844 que Marx parviendra à se hisser à la conception scientifique définitive du socialisme prolétarien » (ibid.).

 

[55] György Lukács, Le Jeune Marx, op. cit., p. 70.

 

[56] Auguste Cornu, Karl Marx et Friedrich Engels. Leur vie et leur œuvre, t. II, Paris, PUF, 1958, p. 270.

 

[57] Isaac Deutscher, « The non-Jewish Jew » (1958), in Essais sur le problème juif, tr. fr. Élisabeth Gille-Nemirovsky, Paris, Payot, 1969, p. 44.

 

[58] Pierre Birnbaum, Géographie de l’espoir. L’exil, les Lumières, la désassimilation, Paris, Gallimard, 2004, p. 83.

 

[59] Daniel Bensaïd, « “Zur Judenfrage”, une critique de l’émancipation politique », in Karl Marx, Sur la Question juive, présentation et commentaires de Daniel Bensaïd, Paris, La Fabrique éditions, 2006, p. 25.

 

[60] Karl Marx, « Die Revolutionen von 1848 und das Proletariat » (article paru en anglais dans The People’s Paper, 19 avril 1856), in David Rjazanov (Hrsg.), Karl Marx als Denker, Mensch und Revolutionär, Vienne et Berlin, Verlag für Literatur und Politik, 1928 ; rééd., Francfort/M., makol Verlag, 1971, p. 45 ; cité par Karl Löwith, Histoire et Salut [1949], tr. fr. Marie-Christine Challiol-Gillet et al. (d’après l’éd. allemande, 1983), Paris, Gallimard, 2002, p. 61.

 

[61] Karl Löwith, Histoire et Salut, op. cit., p. 61.

 

[62] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., pp. 127 et 129 (tr. fr. modifiée).

 

[63] Ibid., p. 141.

 

[64] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., p. 145.

 

[65] Ibid.

 

[66] Ibid., p. 141.

 

[67] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., pp. 131 et 133 (tr. fr. modifiée).

 

[68] Ibid., p. 133.

 

[69] Ibid., p. 131 (tr. fr. modifiée).

 

[70] Ibid., pp. 145 et 147 (tr. fr. modifiée).

 

[71] György Lukács, Le Jeune Marx, op. cit., p. 70.

 

[72] Bruno Bauer, « Die Fähigkeit der heutigen Juden und Christen, frei zu werden », in Georg Herwegh (Hrsg.), Einundzwanzig Bogen aus der Schweiz, Erster Theil, Zurich et Winterthur, 1843 ; rééd., Leipzig, Verlag Philipp Reclam jun., 1989, p. 154 ; tr. fr. Jean-François Poirier : « L’aptitude des Juifs et des chrétiens d’aujourd’hui à devenir libres », in Karl Marx, Sur la Question juive, présentation et commentaires de Daniel Bensaïd, op. cit., p. 159.

 

[73] Bruno Bauer, « Die Fähigkeit… », op. cit., p. 154 ; tr. fr., op. cit., p. 160.

 

[74] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., p. 131 (tr. fr. modifiée).

 

[75] Ibid., p. 147 (tr. fr. modifiée).

 

[76] Richard Wagner, Das Judentum in der Musik, in Jens Malte Fischer, Richard Wagners « Das Judentum in der Musik », Francfort/M. et Leipzig, Insel Verlag, 2000, p. 173. Voir la nouvelle traduction française de ce pamphlet par Anne Quinchon-Caudal, in Pierre-André Taguieff (dir.), Wagner contre les Juifs. « La Juiverie dans la musique » et autres textes, Paris, Berg International, 2011.

 

[77] Voir François Châtelet, introduction à Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., pp. 39, 43.

 

[78] Voir Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, t. III, op. cit., p. 436, qui se fonde sur les travaux d’Edmund Silberner (Sozialisten zur Judenfrage, op. cit., pp. 136-148) et d’Arnold Künzli (Karl Marx. Eine Psychographie, Vienne, Europa Verlag, 1966, pp. 214-215).

 

[79] Voir Werner Blumenberg, Karl Marx in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Reinbeck bei Hamburg, Rowohlt, 1962, p. 58. Pour une discussion de la question, voir Julius Carlebach, Karl Marx and the Radical Critique of Judaism, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1978, pp. 331-343.

 

[80] Marx, lettre du 30 juillet 1862 à Engels ; citée par Nathaniel Weyl, Karl Marx : Racist, New Rochelle, NY, Arlington House, 1979, p. 71.

 

[81] Ibid.

 

[82] Karl Marx, « Sieg der Kontrerevolution zu Wien », NRhZ, 7 novembre 1848, MEGA I, 7, p. 423 ; cité d’après Maximilien Rubel, Karl Marx, op. cit., p. 265.

 

[83] Michel Carrouges, La Mystique du surhomme, Paris, Gallimard, 1948, pp. 38-41.

 

[84] Léon Trotski, Littérature et Révolution, tr. fr. Pierre Frank et al., Paris, UGE, 10/18, 1971, pp. 288-290. Voir Pierre-André Taguieff, Le Sens du progrès. Une approche historique et philosophique [2004], 2e éd. corrigée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2006, pp. 229-232.

 

[85] Karl Marx, À propos de la question juive, op. cit., p. 79.

 

[86] Daniel Bensaïd, « Le scandale permanent », in Giorgio Agamben, Alain Badiou et al., Démocratie, dans quel état ?, Paris, La Fabrique éditions, 2009, p. 56.

 

[87] Francis Kaplan, Marx antisémite ?, op. cit., p. 50.

 

[88] Ibid., pp. 50, 60-87.

 

[89] Isaiah Berlin, Trois essais sur la condition juive, op. cit., pp. 57-78 (sur le cas Marx). 

 

[90] Ibid., p. 76.

 

[91] Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, § 1, in Karl Marx, Friedrich Engels, L’Idéologie allemande, op. cit., p. 31. 

 

[92] Voir Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, 2008, pp. 96-124, 313 sq.

 

[93] Karl Marx, Contribution à lacritique de la philosophie du droit de Hegel, op. cit., p. 99.

 

[94] Karl Löwith, Histoire et Salut, op. cit., p. 61.

 

[95] Leszek Kolakowski, Le Village introuvable, op. cit., pp. 85-86.

 

[96] Ibid., p. 86.

 


17 février 2016

L’écologisme ou le dernier avatar de l’hyper-rationalisme

Quant au gaz carbonique, sa présence homéopathique, permet l'extension de la flore et de la forêt, (il paraît que l'Amazonie va mieux...) comme l'énonce Marcel Leroux, climatologue de profession.

Fort de ces données, il est donc incroyable qu'en France cela soit un animateur de tv amoureux de belles banquises sur lesquelles l'on peut promener de jolies animatrices de radio et un ancien physicien atomique du CEA (Jouzel) qui donnent le alors que certains spécialistes sont ignorés, hormis Allègre.

Grâce à ce dernier l'on sait cependant que l'argorsarkozysme est une maladie récente attrapée parce que l'économie française est grippée : c'est ainsi la vieille économie qui se meurt, mais qui refuse de faire la place à la nouvelle.

Certes, nos gouvernants ne veulent revenir à "l'âge des cavernes", sauf qu'à cette époque le réchauffement battait son plein, il faisait bon, chaud, un air de Provence, le gibier en abondance, la providence quoi…Aujourd'hui, l'on aura seulement la pénurie, puisque l'économie déjà pas si folichonne ne survivra pas à un tel traitement de cheval : ou comment mourir, guéri : pur, éthéré, ectoplasme, d'un monde sans l'humain : inhumain. L'écologie inhumaine nouvelle est arrivée, allélua !


Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

16 février 2016

Climat: si on arrêtait de tout mélanger?


Le « climat » est au centre des préoccupations actuelles, mais l’intérêt qu’on lui accorde est essentiellement destiné à l’utiliser comme un épouvantail. Même « l’invraisemblable douceur » du mois de décembre 2006 et la facture de chauffage allégée sont considérées comme des catastrophes ! La mémoire en ce domaine est très sélective, car on omet de rappeler l’automnale fraîcheur du surprenant mois d’août précédent, et on s’empresse d’oublier l’hiver 2005-2006 qui a battu des records de froid, ou de chutes de neige, ou bien l’hiver 2000 lorsque la Sibérie a enregistré ses plus basses températures. La grande victime est
d’abord la discipline climatologique elle-même (cf. M. Leroux : «Global warming : myth or reality ? The erring ways of climatology », Praxis-Springer, 2005, 509 p., ouvrage que la presse française continue à ignorer). Tout le monde se proclame « climatologue », et on mélange tout : climat, pollution, écologie et écologisme, développement durable, scoops médiatiques, politique et intérêts économiques. Ainsi les incohérences, les affirmations gratuites, les impossibilités physiques et les mensonges éhontés sont multiples. Nous n’en soulignons que quelques aspects.

 

Pas plus qu’il n’existe de consensus parmi les scientifiques, les prétendus « experts » du GIEC ne sont nécessairement des «climatologues ». Car ils sont nommés par des instances non scientifiques, mais politiques … comme cet « expert national chargé du changement climatique » nouvellement nommé à l’ADEME, physicien nucléaire ! Tout « sceptique » déclaré est donc irrémédiablement écarté. Il conviendrait donc d’abord de compter les vrais scientifiques, mais surtout les climatologues avérés, chargés d’entériner le « Résumé Pour Décideurs ». C’est ce texte, et non les « Bases scientifiques » du climat (cf. www.ipcc.ch), qui fait ensuite « autorité ». C’est à l’occasion de ces réunions du GIEC que sont orchestrés, avec force marchandages, les « coups » médiatiques, destinés à impressionner l’opinion : en 1995 est introduite la phrase, toujours non prouvée, de « la responsabilité de l’homme dans le changement climatique », et en 2001 qu’est imposée la « crosse de hockey », qui prétend que la température n’a jamais été aussi élevée au cours des 1000 dernières années. Cette courbe est erronée, mais elle n’a toujours pas été retirée officiellement ! Les fourchettes de prédictions pour 2100 sont atténuées par rapport au précédent rapport de 2001 : + 2°C à + 4,5°C (contre 1,5°C à 6°C), et pour le niveau de la mer de + 28 à 48 cm (contre 9 à 88 cm). Le rapport de 2007 restera-t-il aussi « rassurant », sous peine de voir le Protocole de Kyoto continuer à s’étioler ? Nous savons maintenant que la dramatisation a été amplifiée, en dépit de l’absence d’argument scientifique nouveau, et bien que la température « globale » la plus élevée ait été atteinte en 1998 !

La vapeur d’eau est le principal acteur (95 %) de l’effet de serre, très loin devant le CO2, qui est pourtant toujours mis en avant, bien que le sens de la relation avec la température ne soit pas celui qui est prôné. La paléoclimatologie prouve en effet qu’une élévation de la température précède de 800 ans environ celle du taux de CO2 … En outre sa teneur passée révélée par les analyses isotopiques n’est pas comparable aux valeurs mesurées récentes : il est donc impossible de prétendre que les taux actuels n’ont « jamais » été aussi élevés (depuis 650 000 ans paraît-il !), et par conséquent impossible de prétendre que le climat actuel présente un caractère « exceptionnel ». Les chimistes glaciologues devraient donc, avant de se proclamer climatologues, montrer qu’ils sont capables de fournir une estimation fiable des valeurs passées ! 
 

Les prédictions sont issues de modèles climatiques dont l’efficacité est discutée. En premier lieu, et c’est le comble pour des modèles numériques, par les mathématiciens eux-mêmes qui jugent que « les modèles employés sont à ce point sommaires, grossiers, empiriques, fallacieux, que les conclusions qui en sont tirées sont dépourvues de toute valeur prédictive »
(B. Beauzamy, 2006). Ils utilisent notamment des relations simplistes, comme la règle de trois qui relie le CO2 et la température, ou la température de l’air et la pluie, ou celle de l’eau marine et l’activité cyclonique, relations incapables de rendre compte de la complexité des phénomènes météorologiques … En outre, c’est un défaut fondamental, ces modèles ne
représentent pas la dynamique réelle de la circulation générale, sachant qu’ils reposent sur le schéma tricellulaire de la circulation (1856), comme le montre encore H. Le Treut (cf. Pour la Science, 2007), alors que ce schéma a été officiellement jugé inacceptable dans les années 1950. Mais il n’est toujours pas remplacé !
 

On annonce un « extraordinaire » réchauffement du Pôle Nord … en dépit des observations de l’ACIA (Arctic Climate Impact Assessment, 2004) qui montrent sur la période 1954-2003 la juxtaposition de secteurs de refroidissement et de réchauffement. D’où proviendraient alors  les vagues de froid, et ce froid actuel si sévère en Californie ou dans les plaines américaines, sachant que le froid vient du pôle ? Le temps et le climat (qui est la « somme » des temps) dépendent étroitement de la dynamique des échanges méridiens d’air et d’énergie, donc de la circulation générale et de ses variations. Chaque jour, avec des intensités variables, d’énormes masses d’air froid quittent les pôles (appelées Anticyclones Mobiles Polaires, ou AMP).

Chaque AMP soulève au cours de sa progression vers les Tropiques autour et au-dessus de lui l’air moins froid, ou carrément chaud, en l’obligeant à se déplacer en retour vers le pôle correspondant. Ce soulèvement provoque une circulation cyclonique instable d’air chaud et humide qui alimente nos précipitations. Dans chaque unité de circulation, la trajectoire préférentielle des AMP divise l’espace (comme dans l’Atlantique Nord pris en exemple) en deux parties différentes : la façade ouest où descendent les AMP est « froide » (Amérique du Nord à l’est des Rocheuses), tandis que la façade orientale (Europe de l’Ouest) qui bénéficie prioritairement des remontées cycloniques de sud est « chaude ». Ce schéma climatique « normal » évolue constamment. La circulation s’est notamment intensifiée depuis les années 1970, véritable tournant climatique provoquant en particulier un transfert accéléré de chaleur sensible et latente tropicale vers les hautes latitudes. Les conséquences régionales sont diverses : sur la trajectoire des AMP renforcés la température baisse, et la pression augmente,
hausse de pression qui peut se traduire par une diminution sévère des pluies, et sur le continent par un réchauffement induit, voire par une canicule estivale temporaire. Sur le trajet des remontées cycloniques d’air chaud venu du sud, la température s’élève, la pression baisse, et les précipitations (pluies et neige) augmentent. Tel est le cas sur le pourtour de la Mer de
Norvège (ou de la Mer de Béring). Qui aurait alors l’idée bizarre de calculer un « climat
atlantique moyen » (ou « pacifique moyen ») à partir de comportements aussi différents ?

C’est pourtant ce qui est fait à l’échelle du globe entier, en « moyennant » les six unités de circulation, pour obtenir une température moyenne dite « globale » ! C’est ce résultat, dépourvu de toute signification climatique, qui est brandi (avec une « hausse » de 0,6°C sur 140 ans !) comme la preuve unique et « irréfutable » du « réchauffement » ! C’est, sur le plan scientifique, simplement risible !  On n’hésite pas non plus à affirmer sans preuve, et surtout en évitant soigneusement de citer les arguments « gênants » : – Le Groenland fond … c’est vrai sur les pourtours baignés par l’air chaud venu du Sud (en 1816 et 1817 déjà on avait pu atteindre le pôle en longeant les côtes groenlandaises), mais le satellite prouve que sa partie sommitale se refroidit et s’élève de 6 cm par an (en raison du transport accru de potentiel précipitable). – L’Antarctique se
disloque …alors qu’il est particulièrement stable (voire même bénéficie d’un gain de masse), sauf la Péninsule antarctique en raison de sa latitude et de conditions dynamiques particulières qui favorisent vers elle le transfert d’air chaud. – Les glaciers disparaissent … pourquoi ne pas dire qu’ils ont été plus réduits encore dans les Alpes au Moyen-Age, et que leur longueur
dépend de leur alimentation en neige antérieure à l’actuel ? C’est d’autant plus vrai à l’altitude des neiges du Kilimandjaro, proches de 6000 mètres, où ce n’est pas la température (inférieure à 0°C) qui a varié, mais (comme ailleurs) les conditions dynamiques de la pluviosité, avec notamment un glissement vers le sud de la structure pluviogène de l’Equateur Météorologique Vertical (EMV) (cf. M. Leroux : The Climate of Tropical Africa, 1983, 2001, Praxis-Springer, 560 p + CD). – Le Gulf Stream va s’arrêter … alors qu’il faudrait pour cela que le vent (moteur des courants marins superficiels) cesse de souffler, c’est-à-dire que toute la circulation aérienne comme océanique soit bloquée, ce qui est naturellement invraisemblable ! – La mer monte … mais aucune courbe ne le prouve (sauf pour quelques hypothétiques centimètres (12 cm en 140 ans) et aucune terre n’a encore disparu, l’évolution du niveau de la mer dans la fameuse île Tuvalu n’étant jamais montrée, certainement parce que les mesures effectuées depuis 1978 (par l’Australian National Tidal Facility) ne révèlent aucune tendance. – Les cyclones tropicaux vont augmenter … pourtant les spécialistes de météorologie tropicale affirment qu’aucune tendance à la hausse n’est observée (cf. Ph.J. Klotzbach, 2006 ; W. Gray, 2007), Ch. Landsea, spécialiste incontesté des cyclones, a préféré démissionner du GIEC pour « ne pas contribuer à un processus motivé par des objectifs préconçus et scientifiquement non fondés ». – etc… 
 
En bref, au lieu de tirer des plans sur la comète 2100, la climatologie, dans une impasse conceptuelle depuis une cinquantaine d’années, devrait plutôt chercher à contribuer efficacement à déterminer les mesures idoines de prévention et d’adaptation au climat du futur proche, climat dont l’évolution ne dépend en aucune façon du CO2. Car le changement climatique – c’est le propre du climat que d’évoluer constamment – est bien réel, et comme le prouve la hausse continue de la pression atmosphérique (sur la trajectoire des anticyclones mobiles) ce changement n’est pas celui qui est prédit par le GIEC. Ce sont les raisons et les mécanismes de ce changement permanent qu’il convient de définir sérieusement. Dans le même temps les autres disciplines, desservies par le mélange des genres et qui n’ont pas besoin de l’illusoire épouvantail climatique, pourront elles-mêmes se consacrer efficacement à lutter contre la pollution, ou à favoriser le développement durable.

Février 2007- article envoyé pour publication au journal Le Monde : http://lcre.univ-lyon3.fr/climato/Leroux-LeMonde.pdf

 

Pour voir la plus récente interview : http://www.dailymotion.com/video/x33184_marcel-leroux-climatologue-non-peop_tech


08 février 2016

être violé(e) ou d’extrême droite il faudrait choisir

Déjà dans la propagande LGBT(QI) le fait seul de ne pas accepter cette contre-vérité stipulant que l'homosexualité serait non seulement un choix mais juste un "moment" (puisque l'idée dominante actuelle consiste à avancer que la sexualité se métamorphoserait se "construirait" en permanence selon les rencontres -sauf que l'on voit guère d'homosexuels devenir hétéros, même un "moment") le fait seul donc de ne pas prendre pour argent comptant cette propagande qui prétend, en plus, parler "au nom" de tous les homosexuels (et trans) cette position critique est depuis quelques temps traitée (violemment) de "réactionnaire" voire même de "néo-réactionnaire" du moins si l'on prétend avoir des lettres.

Dans ce contexte le refus de se faire violer par des "migrants" (plutôt nord-africains que syriens aux dernières nouvelles) et surtout le fait de s'en plaindre, peuvent être aussi catalogués par les mêmes idéologues de refus (néo)réactionnaire d'accepter de se soumettre aux débordements du désir de plus misérable que soi, ce qui n'est pas "bien".

Pour ce courant qui fut animé par Foucault et Deleuze, le viol n'est pas un crime mais un comportement comme un autre s'il est "consenti " (Iacub par exemple le théorise ainsi) le sadisme étant encensé par le premier, le masochisme par le second.

Ainsi, la repentance post coloniale impliquant de se faire violer par un "damné de la Terre" serait l'obole "consentie" apportée à la cause cherchant à libérer le monde, la Terre, (Gaïa) de " l'homme blanc".

La moraline fonctionne bien à plein, même si elle n'a certes pas cette tournure aussi crue dans la majorité de sa prose, il n'en reste pas moins que le peu de "réaction" ou les silences gênés montrent parfaitement qu'il est bien "mal" vu de se plaindre sous peine de passer pour "raciste" "islamophobe" bref…d'extrême-droite…

Ce profil bas (et plus encore si possible) n'est cependant pas l'oeuvre hagarde de "loups solitaires" relativistes en phase de "sidération", il est diffusé un peu partout jusque dans ces nouvelles éditions de livres de jeunesse (comme les "Quatre filles du docteur March") qui se voient réécrits afin d'effacer tout ce qui pourrait rappeler leur attachement au judéo-christianisme, à l'amour courtois, la fidélité, la vertu dont parle Rousseau dans Émile lorsqu'il s'affronte au courant libertin.

Pas étonnant dans ce cas que la moindre critique envers l'afflux d'immigrés venant s'ajouter aux clandestins et autres pièces rapportées du regroupement familial perpétuel, voire le fait même d'écrire cela équivaut à être catalogué de proto-nazi transformant le "migrant" en "juif" d'aujourd'hui avec l'expulsion voire la "déchéance de nationalité" comme nouvelles "étoiles jaunes".

Tout cela s'avère en fait très cohérent pour ce courant dominant dans les médias et dans le système scolaire et universitaire puisqu'il a été énoncé naguère que le nazisme est le produit de l'Europe "libérale", que toute la société serait devenue un immense camp de concentration et d'extermination les individus étant transformés en terminaux consommateurs, "on achève bien les chevaux", "le salaire de la peur", tout ce fatras de références qui a pu faire oublier les cent millions de morts du Goulag (morts de "mort lente" comme l'amendait Brassens) passés comme une lettre à la Poste.

Ce sont aussi les mêmes qui "oublient" de dire que les victimes supposées se servant ainsi de leur sexe comme arme punitive ou salvatrice ont aussi des couteaux qui tranchent

 

dans le vif en France et en Israël et ce dans l'indifférence générale, puisque celui-ci serait le seul fautif, étant donné que tout aurait été réglé "techniquement" s'il n'y avait pas ce "refus d'Israël" ; ce qui est évidemment faux, les contracteurs des coups de couteau oubliant de dire que leur principale et unique revendication (cachée) consiste à ce que 5 à 7 millions de supposés réfugiés s'installent au coeur d'Israël, même pas à côté dans leur supposé futur État ; d'où l'impossibilité de mener à terme Oslo (Bill Clinton l'explique dans ses mémoires lorsqu'il rencontra Arafat à Camp David afin qu'il signe le second volet).

Tout se tient et s'accélère même, l'implosion généralisée du nationalisme arabe et sa danse de la mort avec son frère siamois l'islamisme, pousse sur la route des millions d'individus fuyant l'islam réel et non pas fantasmé par des Obama/Cameron/Hollande de plus en plus dans un autre monde, persuadés qu'il suffit d'abattre quelques têtes de la Méduse pour s'en dépatouiller alors qu'il faut lui couper la tête entièrement en même temps. C'est-à-dire ici ne pas avoir peur de la critique, ne serait-ce que celles d'un Dante ou d'un Voltaire avec sa pièce sur Mahomet.

Mais il n'y a pas que cette critique bien sûr car les partisans de ce dernier se nourrissent de la décomposition avancée d'une classe politico-intellectuelle à bout de souffle, s'accrochant uniquement à ses fromages et râteliers institutionnels, les chiens aboient la caravane passe, puisqu'il suffit de jeter l'anathème sur celles et ceux qui refusent de se faire violer physiquement et culturellement, puisqu'il suffit de se coaliser pour enrayer le jeu démocratique, ainsi Hitler ou le Fis d'aujourd'hui ne pourront pas accéder au pouvoir, sauf que les causes produisant les mêmes effets tôt ou tard la boule de neige sera suffisamment grande pour faire avalanche, et il ne restera que les yeux pour pleurer ou rire c'est selon…

En tout cas, la classe politico-intellectuelle qui opère ainsi cette cécité à grande échelle, une telle fuite en avant, s'avère être la seule responsable devant l'Histoire des malheurs qui sont en train de faire basculer la période de plus en plus vers un inconnu inquiétant et qui lui en effet peut faire peur…


29 novembre 2015

La peur exponentielle

Le livre de Benoît Rittaud, mathématicien, iconoclaste, vient à point nommé pour rappeler que les superstitions,  les grandes peurs, ne se sont pas estompées loin de là avec la montée en puissance de "la" science. Au contraire. Censée être pourtant la pointe du raisonnement le plus abouti, l'auteur développe que c'est bien désormais "la" science ou du moins ceux qui prétendent parler en son nom qui fomentent principalement ces superstitions et ces peurs, ce catastrophisme de fin du monde. Un tel paradoxe a même atteint aujourd'hui son paroxysme avec tous ces explorateurs des confins du monde rapportant que le climat change alors qu'il l'a toujours fait comme disait le si regretté climatologue (un vrai lui) Marcel Leroux.

Même les pensées que l'on aurait pu croire les plus critiques à l'égard de la science-sans-conscience sont touchées : elles n'échappent pas par exemple à ce syndrome de la toute puissance conceptuelle qui fait qu'en haut, à la cime du progrès scientifique et technique, elle laisse accroire que nous (l'Humanité) serions également capables d'influer non seulement sur le cours du monde humain mais au plus profond du cours terrestre (voire pourquoi pas céleste) jusqu'à, tenez vous bien, influer sur " les tremblements de terre " comme l'a énoncé sans sourciller François Hollande, et sans être démenti,  hormis parmi des sites aussi opposés que notre-planète.info et pensée unique.

Il est vrai qu'un géophysicien, Bill McGuire, soutient ce point de vue, mais en prenant comme point de comparaison la sortie de la dernière époque glaciaire, ce qui n'a rien à voir avec l'idée d'un lien entre activités humaines et tremblement de terre ; à moins de le penser précisément comme cette exponentielle dont parle Benoit Rittaud à savoir cette idée que des effets donnés à cet instant T peuvent se multiplier au carré selon une courbe ascendante de type géométrique  (2, 4, 16, 256,65536, 4294967296….) ou la fable de l'échiquier et son grain de blé doublé par case bien rappelée par Benoît Rittaud (p.63) : 64 cases donnant 63 doublements soit l'équivalent de 18 446 744 073 709 551 615  grains de blé.D'où le caractère inéluctable et sa "sidération" selon le mot à la mode.

Comme si les phénomènes pouvaient s'engranger ainsi sans que des interférences fassent bifurquer l'effet papillon ailleurs en d'autres formes ou l'amoindrisse. Ainsi souvent l'arrivée des tornades sur le golfe de Mexico apparaissent comme étant toujours "celle du siècle", par exemple la dernière dénommée "Patricia" alors que sa course exponentielle a été freinée par la force d'inertie du bloc montagneux, rétrogradant alors la supposée super-tornade en dépression tropicale classique…

Ne parlons pas de la supposée démographie galopante qui entrainerait automatiquement la submersion et la faim dans le monde…Rappelons-nous le fameux "péril jaune"…le pétrole à 200 dollars le baril, le fait que d'ici l'an 2000 nous passerions nos week-ends sur la lune…

En fait, l'idée, fausse, mais encore présente, de la supériorité supposée des sciences dites "dures" sur les "molles" laisse toujours accroire que la continuité asymptotique serait l'alpha et l'oméga du devenir humain.

Benoît Rittaud montre bien dans son livre comment s'est constitué peu à peu de nouveaux mythes, cerclés de chiffres et de courbes quasi cabalistiques à l'instar des mythes orphiques et pythagoriciens ; aujourd'hui la recherche du Nombre d'Or, de la fameuse transmutation du plomb en or, ont toujours leurs adeptes, parfois métamorphosés également en chasseurs d'OVNI nouvelle mouture ou ces planètes parallèles habitées aux confins de l'univers chiffonné ou du multivers.

Il y a cent cinquante ans à peine d'éminents scientifiques assuraient qu'il était impossible de rouler vite en train sans voir ses organes en souffrir (mythe néanmoins controversé), tandis que plus près de nous Lyssenko mettait en doute la transmission chromosomique des caractères. Le socialisme était "scientifique", dire le contraire revenait à sacrifier une carrière intellectuelle ou artistique. Cela faisait consensus…

En 2015 Google nous promet l'immortalité ou quasiment ; et aujourd'hui émettre un doute sur le caractère inexorable et principalement humain dudit "réchauffement climatique" équivaudrait à défendre la terre plate ou encore l'idée de voir le soleil tourner autour d'elle.

Cette assurance crâne s'avère effrayante alors que rien dans les observations souligne Rittaud corrobore ces affirmations comme le développe également Jacques Durand depuis des années sur Pensée Unique. Ce qui ne veut évidemment pas dire qu'il ne faille rien faire contre la pollution multiforme et autres "dégâts du progrès" comme le disait déjà Raymond Aron. Mais il faut souligner aussi que ceux-ci n'ont jamais été autant déplorables dans les pays communistes (et on le voit encore aujourd'hui en Chine avec ce smog impitoyable à Pékin) alors que dans les pays libres, la critique a permis d'amoindrir ces effets négatifs. Aussi est-il risible d'observer que les partisans du communisme aujourd'hui recyclés dans la deep ecology en viennent à épouser l'eschatologie de la fin du monde la peur exponentielle de sa disparation du fait de la "production capitaliste" alors que c'est celle-ci qui semble bien devoir être à la base de son propre renouvellement en assurant plus de filtrage et de durabilité…

Mais l'idéologie n'en est pas à une contradiction près, puisqu'elle les absorbe, les dépasse (la vitesse de la pensée spéculative étant illimitée).


30 octobre 2015

Pour le Collectif des climato-réalistes

Mon soutien au Collectif des climato-réalistes

 
 
Francis Richard a écrit : Le 10 septembre dernier j'ai apporté mon soutien au Collectif des climato-réalistes créé dix jours plus tôt.

Pourquoi? Parce qu'il s'agit de raison scientifique garder devant la véritable propagande déversée dans les médias main stream sur le réchauffement climatique.

Le Collectif des climato-réalistes est hébergé par Skyfall. Il a publié le 1er septembre 2015 un texte que je reproduis ci-après, volontairement seulement maintenant, un mois jour pour jour avant le début, à Paris, de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, COP21.

 

Pourquoi? Parce que je sais que la propagande va s'intensifier et que c'est donc maintenant le bon moment pour entrer en résistance contre elle, celui de son grand déferlement.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet a déjà traité les climato-sceptiques de "connards" le 5 octobre 2015 dans le Grand Journal de Canal+Fénelon disait que "dans les discussions, les injures sont les raisons de ceux qui ont tort"…

 

Aussi, plutôt que de m'offusquer du qualificatif dérisoire employé par cette dame à l'encontre de mes semblables, préféré-je le reprendre à mon compte et, exceptionnellement, signer ce billet de ce pseudonyme qui rime avec mon patronyme.

 

Francis Connard

 

Texte du 1er septembre 2015 du Collectif des climato-réalistes, suivi la liste des soutiens individuels mise à jour au 26 octobre 2015, où figure l'alter ego du signataire des lignes ci-dessus:

 

À l’approche de la conférence de Paris qui accueillera en décembre les représentants de tous les pays pour lutter contre l’évolution du climat, nombreux sont ceux, individus et associations, qui souhaitent exprimer leur préoccupation devant la propagande actuelle qui impose une véritable panique. La peur irrationnelle qui nous est quotidiennement distillée est l’œuvre d’une bureaucratie climatique dont l’intérêt objectif est d’aller toujours plus loin dans l’outrance et les prophéties de malheur. Pour lui faire face a été lancé le 1er septembre 2015 le Collectif des climato-réalistes, qui regroupe individus et associations rassemblés derrière un même projet : favoriser le retour à la raison dans le regard commun sur le climat.

L’absence de tout réchauffement statistiquement significatif à l’échelle de la planète depuis maintenant près de vingt ans, la hausse modérée et sans accélération du niveau de l’Océan depuis un siècle, la stabilité de la banquise à l’échelle globale ou encore la baisse de l’intensité cyclonique de ces dernières années ne sont que quelques exemples des observations de plus en plus nombreuses qui indiquent que l’approche de la question climatique ne saurait se réduire à des slogans culpabilisateurs. Le prétendu « consensus » sur la responsabilité humaine n’est qu’un leurre, nombreux sont les scientifiques parmi les plus éminents qui expriment leurs doutes sur la question. En ostracisant ces opinions dissidentes si essentielles à la bonne marche de la science, ce faux consensus imposé retarde notre compréhension du système climatique en même temps qu’il incite à des politiques irrationnelles et donc contre-productives.

Le temps est venu d’accepter que le climat a toujours changé et que l’humanité devra s’y adapter demain comme elle s’y est tant bien que mal adaptée hier. Une entente mondiale permettant à chacun d’être mieux protégé des aléas météorologiques est une belle ambition, dont la réalisation nous emplirait tous de fierté. Toutefois, cette ambition ne produira ses fruits que si elle ne grandit pas à l’ombre d’une peur arbitraire qui conduit à se tromper d’adversaire et à se focaliser sur les gaz à effet de serre, dont l’importance apparaît comme grandement exagérée. L’attention consacrée à l’avenir climatique est devenue une obsession démesurée qui risque fort de faire oublier les vrais enjeux collectifs de ce début de siècle.

Le Collectif des climato-réalistes se propose d’organiser diverses manifestations et de promouvoir des initiatives qui porteront un regard alternatif au discours dominant. L’objectif unique du Collectif est de contribuer à une information francophone sur le climat qui tranche avec la litanie catastrophiste actuelle. Le Collectif n’a aucun but lucratif, politique ou confessionnel.

Avec ses neuf ans d’existence et une notoriété qui s’étend dans toute la francophonie, le blog Skyfall est apparu comme le lieu d’expression le mieux adapté pour les climato-réalistes. En accord avec ses animateurs, Skyfall devient ainsi aujourd’hui le domicile internet de référence du Collectif. C’est donc prioritairement sur Skyfall que le Collectif publiera informations et annonces diverses, qui pourront bien entendu être relayées aussi ailleurs.

Tous ceux, individus ou associations, qui désirent soutenir le Collectif sont les bienvenus. Le Collectif souhaite vivement s’élargir aux sensibilités les plus variées et incarner ainsi cette large frange de la société civile qui, au-delà de tout clivage partisan, ne se reconnaît pas — ou plus — dans les discours alarmistes et culpabilisants sur le climat.

Vous pouvez contacter le Collectif des climato-réalistes en envoyant un courrier à l’adresse collectifdesclimatorealistes@gmail.com en précisant, si vous voulez apporter votre soutien :

- pour les personnes morales : intitulé exact, site internet ;

- pour les personnes physiques : prénom, nom, profession actuelle (si vous êtes retraité : dernière profession exercée, ou bien la plus significative), éventuellement lien vers un page personnelle, un site ou un blog (limité à un seul lien).

 

Comité scientifique :

Jacques Duran (physicien, directeur de recherches au CNRS (e. r.))

François Gervais (physicien, université François Rabelais, Tours)

Benoît Rittaud (mathématicien, université Paris-13, Sorbonne-Paris-Cité)

Camille Veyres (Mines-Telecom)

István Markó (chimiste, université catholique de Louvain)

Reynald Du Berger (géophysicien, université du Québec à Chicoutimi)

 

Comité d’organisation :

Marie-France Suivre

Christian Gérondeau

Pierre Bouteille

Benoît Rittaud

L’équipe de Skyfall

 

Personnes morales membres du Collectif  (mis à jour le 21 octobre 2015) :

Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

Association française des climato-optimistes

Association pour la liberté économique et le progrès social

Contribuables Associés

Institut de recherches économiques et fiscales

Institut Turgot

Students for liberty

Liberté Chérie

Héritage et Progrès

des Gadz’Arts d’Aix-en-Provence

le club des Grogniarts du CO2 (rassemblement informel de cadres de l’industrie, du commerce, de
l’enseignement et d’organismes scientifiques)

La Terre du Futur

Observatoire de l’éco-malthusianisme

 

Soutiens individuels au Collectif (mis à jour le 26 octobre 2015) :

Jean-Charles ABBÉ (chercheur en radiochimie), Florin AFTALION, Paul ALBA (retraité de l’industrie pétrolière), Pierre ALLEMAND (ingénieur chimiste), Angélique ANDRÉ (naturopathe-herboriste), Vincent ANDRES (éditeur), Rémi ANFRAY (géologue), Pierre ANIORTÉ (ancien promoteur immobilier), Gilles ARGY (ancien directeur R&D et ancien président du réseau national métariaux et procédés de l’ANRT), Max ARIES (retraité ingénieur dans le nucléaire), Éliane ARNAUD (ancienne enseignante de physique-chimie), Charles AUBOURG (professeur à l’université en géosciences), Jean-Pierre BARDINET (ingénieur), Yves BARDINET (ingénieur des Mines), Jean-Jacques BARRET (retraité), Monique BARRET (conseillère professionnelle retraitée), Mathieu BATAILLE (neurologue), Jacques BAUDOUIN (ingénieur), Jacques BAUGAS (lieutenant au long cours), Jean-Michel BÉLOUVE, Vincent BÉNARD (ingénieur en aménagement du territoire), André BENOIT (ingénieur chef d’entreprise), Sébastien BERTHAUD (juriste/Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie), Laurent BERTHOD (ingénieur agronome), Pierre BESLU (Commissariat à l’Énergie Atomique), Holly BIRTWISTLE (technicien de laboratoire retraité), Jean-Didier BODIN (ancien directeur de compagnie de chemins de fer), Michel BOILEAU, Jean-Guy BOITEAU (chimiste organicien), Henri BONDAR (chercheur en physique), Pierre BONN (ingénieur), Camille BOUCHET (agriculteur éleveur ovin), Hélène BOUCHET (agriculteur éleveur ovin), Jacques BOUDIER (ingénieur ESE), Joel BOURGUIGNON (ingénieur en électronique et technologies de l’information), Claude-Alain BOURINAT (médecin généraliste retraité), Patrick BOUSQUET DE ROUVEX (ancien scénographe et agent immobilier), Guy BOUTOUT (plasturgiste), Paul BRAAT (pneumologue retraité), Claude BRASSEUR (mathématicien), Christian BREDIN (médecin gastroentérologue et oncologue), Éric BRYS (ingénieur), Yves BUCHSENSCHUTZ, Thibaud CALMETTES (ingénieur domaine spatial), Christophe CANAL (directeur financier d’un groupe d’entreprises), Bernard CAPAI (chimiste), Jean-Louis CARTEL (médecin biologiste retraité), Patricia CARTIER-MILLON (comédienne metteur en scène et documentariste), François CARTON (ingénieur), Claude CAZELLES (infographiste-imprimeur), Christophe CHALVIGNAC (chef d’entreprise), Geoff CHAMBERS (ancien illustrateur et chargé de cours à l’université), Pierre CHAPERON, Luca CHAPITEAU (étudiant en journalisme), Pierre CHOMETON (ingénieur arts et métiers), Christophe CLEMENT (physicien neutronique), Marc CLERENS (consultant), Jean-François COCHET (dessinateur-projeteur en génie civil), Roger COMTAT (ancien chargé des travaux neufs et de l’entretien d’une usine d’ordinateurs), Jean-Paul CORNEC (ingénieur télécom), Lucien COSTE (ancien attaché risques et environnement et créateur et chargé de cours sur les risques naturels), Richard COTTÉ (professeur de mathématiques), Jean Philippe CROS (médecin honoraire des hôpitaux), Jean-Pierre COUSTY (directeur de projets d’ingénierie), Bernard CURE (ingénieur agronome), Benjamin DAMIEN (directeur de business development), Pierre DAVID (ingénieur ICAM), Anne DEBEIL (retraitée ingénieur civil chimiste et conseil en environnement sécurité), Fred DECKER (météorologue), Patrick DE DOMPSURE (membre d’un cabinet d’accompagnement), Yvan DE LESPINAY DE PANCY (traducteur scientifique et technique), Bruno DE LIMBURG STIRUM (ingénieur civil mécanicien à l’université), Anne DE MARCILLAC (ingénieur agronome), François DENIEUL (ingénieur productions animales), Jean-Claude DESOYER (professeur des universités honoraire en physique), François DESPERT (praticien hospitalier émérite en pédiatrie-endocrinologie), Georges DEVIC (ingénieur en équipements thermiques), Gérérd DEVILLE (ancien chercheur en physique du solide), Jean-Pierre DHUMERELLE (ancien ingénieur au ministère de l’Environnement), Manoel DIALINAS (ingénieur de recherche retraité), Jean-Luc DIDIER (cultivateur), Cédric DILIGEON (directeur logistique dans l’industrie automobile), Emmanuel DUBREUIL (consultant), Éric DONNI (ancien ministre-conseiller aurpès de la délégation européenne au Burundi), Jean-Louis DUCLUSAUD (ancien membre permanent du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et ancien chargé de mission du Groupe Inter-Académique pour le Développement), Cyril DUCROCQ (ingénieur ISAE-ENSMA), Brieuc DU HALGOUËT (ingénieur), Laurent DUPARC (géologue ingénieur géotechnicien gérant de société), Laurent DUPONT (responsable technique et risques industriels), Jean-Louis DURET (chef d’entreprise), Pierre DUVIC (inspecteur de l’environnement au ministère de l’Écologie), Abderrahmane EL HARRADJI (professeur à l’université en géographie physique), Christiane EMPEREUR (médecin), Jean-Claude EMPEREUR (maire honoraire), Jean-Pol EPPE (ingénieur), Jacques ERNST (ancien responsable commercial à l’international), Maggy ERNST (ancienne directrice d’une centrale internationale de marchandises), Jean-Marc ESTELLON (chef d’entreprise), Michel FABRE, Max FALQUE, Sylvain FLEURY (enseignant en histoire-géographie), Fred FOURNIER (gérant entreprise énergies renouvelables), Stephen FOX (sculpteur), Pascal FOURNIER (chimiste dans un centre de recherche sur les biotechnologies marines), Alain GAIDE (ancien cadre d’entreprise), Pierre GAIRRET (ancien chef d’entreprise), Alain GAGNON (enseignant de philosophie), Claude GALLAS (ingénieur télécommunications en retraite), Gérard GALLAS (ingénieur – ancien directeur d’un laboratoire de recherche et de contrôle du caoutchouc et des plastiques), Jean-Louis GARNIER (ancien consultant en transport collectif urbain routier), Dominique GARRIGUES, Michel GAY (pilote), Marc GENEST (cardiologue), Katharine GIBBENS (formatrice en langue anglaise), David GILLAN (microbiologiste chargé de cours), Roland GILLAN (ingénieur électronique/informatique retraité), Raymond GILLARDIN (instituteur retraité), Alain GIRARD (ancien enseignant de sciences physiques), Stéphane GOTTY, Christophe GOUMAZ (ingénieur agronome), Bernard GRANDCHAMP (ingénieur agronome – œnologue), Pierre GRANDPERRIN (ancien PDG d’une société de services informatiques), Gilles GRANEREAU (météorologue et chef de projet environnement et tourisme), Pierre GRAVELINE (ancien formateur), Claude GRELLET (médecin), Michel GUIEAU (retraité de l’industrie gazière), Jean-Claude GUILLAUMIN (président d’une association historique), Jonathan GUINÉE (en recherche d’emploi), Laurent Larry GUYOT-SIONNEST (conseil start-ups), h16, Laurent HAEGELEN (agriculteur éleveur bovin lait), Jacques HENRY, Jacques HERMAN, Michael HOHMANN (architecte et expert en énergies propres), Jean-Paul HOUSSAY (officier de police retraité – police technique et scientifique), Richard HOWARD (ingénieur-chercheur EDF), Olivier HUIN (chef d’entreprise), Christophe HUON (magistrat), Michel JALLAS, Benoît KETTOUCHE (directeur commercial), Peter KIRBY (retired local government official), Bernard LAFARGUE (comédien), Éric LAURIAC (informaticien), René LAVERSANNE (chef d’entreprise conseil en financement de l’innovation), Marcel LEBICHOT (ancien responsable d’études de marché et de prévision), Françoise LE BORNE (directeur de cabinet honoraire), Jacques LEGRAND, René LE HONZEC (dessinateur), Marc LE MENN (responsable d’un laboratoire de métrologie et de chimie océanographique), Jacques LEMIÈRE (ouvrier), Didier LEMIRE (consultant), Michel LE NORMAND (ancien professeur de botanique et pathologie végétale), Jean-Luc LÉONARD (journaliste), Arthur LEPIC (journaliste et traducteur), Thierry LEPOINT (ancien professeur des universités en chimie), Alexis LESAGE (enseignant en physique-chimie), François LEVADOU (ancien ingénieur physicien), Thierry LEVENT (médecin hospitalier), Fabrice LIENARD (masseur-kinésithérapeute), Daniel LIMON (apiculteur), Pierre LORRAIN (journaliste et écrivain), Jean LUDOVICY (ancien pilote de ligne commandant de bord), Jean LUGAND (artisan spécialiste en brûleurs), Luc MAGNENAT (ancien enseignant de géographie), Christian MARCHAL (astronome), Didier MARÉCHAL (gérant d’un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes), Henry-Pierre MARQUIS (officier de carrière en retraite), Michel MARTIN (ancien dirigeant d’une entreprise de formation et de conseil), Francis MASSEN (ancien enseignant de physique/mathématiques/informatique), Henri MASSON (professeur émérite à l’université), Jean-François MATHIEU (ancien formateur à l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la Prévention des Accidents et des Maladies Professionnelles), Mark McGUIRE (musicien), Jean Baptiste MENDIBURU (cadre commercial), Norbert MERJAGNAN (écrivain scénariste et éditeur), Jean MERMILLON (ancien officier supérieur de l’Armée de Terre), Nathalie MEYER-POTHIER (conseil financement entreprises), François MEYNARD (enseignant), Cyrille MICHEL (ingénieur et chef d’entreprise), Jean-Luc MICHEL (professeur des universités en communication), Pierre MONGIN (directeur de recherche honoraire de l’INRA), Serge MONIER (ancien cadre dirigeant dans l’industrie agro-alimentaire), Jacques-Marie MORANNE (expert NTIC), Lucien MORNET (ancien responsable informatique), Guy MUYLDERMANS (chimiste retraité responsable R&D et ancien enseignant), Willem MUYLDERMANS (professeur en sciences), Lars MYRÉN (retraité ingénieur civil chimiste et conseil en environnement sécurité), Georges NARD (géodésie), Marc NEIGEL (responsable administratif et financier dans une PME), Thierry NIDERMAN (traducteur scientifique), Jean NIVON (usine de fermetures de bâtiments), Louis NOHARET (ingénieur retraité), Hugues NOLLET (ingénieur génie civil), Jacques OLIVIER (ingénieur territorial), Lucien OULAHBIB (docteur en sociologie et habilité à diriger des recherches en sciences politiques), Robert PAGÉ, Alain PAILHÈS (ingénieur en électronique et génie atomique), Roland PASCOLO (senior consultant), Pierre PATOU (ingénieur automaticien), Jean-Pierre PELSENEER (ingénieur civil), Ludovic PENIN (andien directeur des systèmes d’information de grands groupes et ancien entrepreneur), Benoît PERRIN, Fernand PETIT (fonctionnaire honoraire), François PETIT (ingénieur en informatique), Françoise PETIT (mère au foyer), Jean-Louis PINAULT (hydrogéologue), Thierry PIOU (physicien), Raymond PISSART (ingénieur civil des mines retraité), Marc PISSAVINI (ingénieur de recherches en chimie), Anthony PITON (chef de projet dans l’industrie de l’énergie), Joseph PIZZO (actuaire-consultant et membre de l’Institut des actuaires), Daniel POLLET (ancien directeur technique d’une société de logiciels de conception électronique), Francis PONCET (rédacteur graphiste dans l’édition), Alain PRÉAT (géologue), André QUINTIN (ancien ingénieur agronome), Graziella RABAH (juriste et collaboratrice d’un élu en Nouvelle Calédonie), Marc RAZAIRE (arts et métiers), Jean-Michel REBOUL (graphiste), Jean-Claude RÉMONDET (retraité du forage et de la production pétrolière), Michel REY (restaurateur), Francis RICHARD (responsable d’une administration des ressources humaines), Jean-Pierre RICHAUD (ingénieur en mécanique énergétique), Denis RIÈS (dentiste), Denis RIEU (directeur commercial et marketing en électronique de loisir), Jean-Pierre RIOU (enseignant), Christian RIOUX, Chantal RITTAUD-HUTINET (professeur des universités en sciences du langage), Jacques RITTAUD-HUTINET (écrivain), Philippe ROBERT (chroniqueur politique), François ROBIN (médecin radiologue), Daniel ROMEAS (ingénieur retraité raffinage et pétrochimie), Daniel ROSSET-FOUCAUD (imprimeur retraité), John ROTSCHILD (retraité du secteur des assurances), Bertrand ROUFFIANGE (médecin radiologue), Serge ROULEAU (ingénieur), Martine ROUX (infirmière libérale), Olivier ROUX (enseignant en physique-chimie), Georges SAGNOL (ancien directeur de cabinet de conseil financier), Emmanuel SALA (gérant associé), Georges SCHELL (ancien associé d’un cabinet d’audit international), Alain SCHOLLAERT (élagueur), Jean François SCHUMACHER (chef d’entreprise), Samuel SCHWEIKERT (ingénieur en mécanique), Olivier SIBENALER (ingénieur conseil), François SIMONET (ancien directeur de la planification pour la gestion de l’eau et des écosystèmes aquatiques), Walter SIMONSON (ingénieur civil à l’université), Frédéric SOMMER (géologue), Jean SOUM-POUYALET (chirurgien-dentiste retraité), Eulalie STEENS (écrivaine sinologue et chargée de communication), Alain SYLVOS (ingénieur), Boris TCHERNISHOFF (responsable occasions et concessionnaire), Marcel TERRIER (risk manager), Erasmus THARNABY, Dirk THOENES (ancien professeur des universités en génie chimique), Fabienne THOMAS (médiatrice scientifique), Rémi THOULY (chargé d’étude technique), Régine TITELION (retraitée de la fonction publique), Alain TOULLEC (consultant-formateur), Guy VALLANCIEN (membre de l’Académie Nationale de Médecine et ancien professeur des universités en urologie), Jo VANDER HAEGEN (administrateur de sociétés), Catherine VAN VLIET-CONSTANTINIDOU (médecin anatomo-pathologiste retraitée), Brigitte VAN VLIET-LANOË (directrice de recherche émérite en géologie et sédimentologie), Christophe VARNIER (enseignant), Claude VERCAEMER (ancien directeur de la recherche technologique dans l’industrie), Jean-Louis VERDEAUX (ancien responsable développement durable pour une compagnie aérienne), Étienne VERNAZ (directeur de recherche spécialiste des déchets nucléaires), Charles VERNIN (arts et métiers), Vincent VERSCHOORE, Richard VIDALENC, Emmanuel VILMIN (statisticien et économiste), Joe WALLACH, Jean-Paul WEIBEL (ancien directeur d’usine dans l’industrie du caoutchouc et de la pharmacie/cosmétiques), Francis WEISS, Éric WERME (ingénieur logiciel), David WILSON (ingénieur chimiste), Thomas ZABULON (enseignant en chimie).

 

 

 

 


31 juillet 2015

Esbroufe et enphacélogramme plat

Tandis que des migrants se ruent par centaines dans le tunnel sous la Manche, que Hollande se met à rêver d'une réélection parce qu'il aurait réussi à faire avaliser les mensonges grecs (alors que la promesse de réformes n'engage que ceux qui y croient l'essentiel pour les dirigeants grecs étant de rester près du robinet d'euros) les sous-intellectuels du genre Elisabeth Roudinesco paradent, eux, encore et encore à la Une du Monde en glorifiant la pensée nihiliste sous les yeux apeurés d'un Marcel Gauchet toujours aussi gauche (quelqu'un capable d'écrire un livre avec un néo-léniniste comme Badiou ne peut qu'agir ainsi de toute façon).

Pendant ce temps les commentateurs ne sont même plus capables de parler d'un beau mois de juillet, d'un bel été, sous le prétexte qu'il y aurait de fortes chaleurs vite débaptisées "canicule" pour entrer dans le moule qui ne manquera pas d'atteindre toute sa puissance en décembre avec la boum sur le climat, un décembre que l'on cataloguera certainement de curieusement froid s'il s'avère à entrer en hiver alors qu'il est sommé de rester en "réchauffement", mégalomanie d'une élite qui confond lutte contre la pollution et les déchets et promotion des chimères idéologiques.

Encéphalogramme plat au niveau non pas des idées nécessairement, les plus horribles ont le vent en poupe d'ailleurs, mais des moyens de les faire connaître appliquer. Le monde semble être en suspens, hormis la tentative de la Turquie a faire taire les Kurdes en tapant d'abord sur l'E.I pour faire diversion. Pendant ce temps, en sourdine, dans l'invisible, les tensions, les lésions, et autres craquelures s'amoncellent (et "la nuit des longs couteaux" au FN en fait partie).


03 juillet 2015

Le bourrage de crâne s’amplifie

Sur tout. Surtout ces temps-ci sur ladite canicule, la Grèce, l'Irak, la Libye, l'hyper-taxation promise du "Kapital au 21ème siècle", "les" inégalités qui seraient toutes "injustifiées", et in fine le Figaro, qui, sur toutes ces matières, serait la "Pravda"selon Mme Taubira (alors qu'elle incarne, à l'état quasiment pur, cet ex journal soviétique).

LIrak de Saddam Hussein se portait paraît-il bien mieux : peu importe les gazages des Kurdes et le massacre, déjà, des shiites, par centaines de milliers, peu importe ses forces spéciales djihadisées, son désir de s'emparer de l'Arabie Saoudite, d'où les soutiens de celles-ci envers divers groupes djihadistes ; idem la Libye de Khadafi se portait paraît-il bien mieux alors que ce dernier maintenait un couvercle totalitaire qui allait tôt ou tard exploser comme cela a été le cas en Tunisie et en Syrie sans que Bush fils n'y soit pour rien… Pas même pour l'actuel Boko Haram. Les Berbères libyens s'en portent bien mieux et nous assistons plutôt à un status quo doublé d'une recomposition nécessairement alambiquée.

L'Irak sous Petraeus et la fin de Bush2 était répétons-le devenu stable, même si les causes exactes de la guerre ne sont en effet toujours pas claires, mais les Kurdes s'en portent bien mieux, et l'idée démocratique fait son chemin malgré les soubresauts et c'est bien là l'essentiel ; d'ailleurs lorsque en 2008 Obama commença à donner tous les pouvoirs aux shiites alors tout se détériora, oubliant que dans toute pacification il faut au moins une génération (25 ans) et qu'en Afghanistan cela se stabilise précisément malgré tout parce que déjà la Communauté internationale ne va pas partir sine die et que les équilibres ont fini par se faire en interne lors de la dernière élection présidentielle.

Tout cela, ces mensonges ou ces simplifications pour le coup bien "populistes" se doublent d'une prétention, de plus en plus obtuse, à redevenir en quelque sorte le centre repentant de l'Univers dans une sorte là aussi de selfie cosmologique paradoxale puisque l'on prétend en même temps n'être qu'une poussière d'étoile (quoique finie) parmi la multitude (ce qui n'est pas sûr puisque toute "poussière" ne connaît pas la vie…) tout en jurant être la cause (négative) de tout au moindre changement vital, comme si l'Occident cherchait en même temps à s'accuser de tout bien sûr, tout en jouissant de tout, en attendant l'Apocalypse promis (avant même Noé si l'on réfléchit bien).

Et pourtant…"elle" tourne : il n'y a pas de canicule si les températures diffèrent la nuit et le jour, un été chaud n'est pas la conséquence du "changement climatique" (qui a toujours existé selon le célèbre climatologue Marcel Leroux) ; par contre la lutte contre la pollution (comme le constate amèrement la Chine) l'amélioration de la qualité de l'air, un meilleur traitement des déchets et de leur ramassage sont  à l'évidence  nécessaires et peuvent même justifier que l'on puisse trainer divers impôts dans cette direction, tout en les diminuant ailleurs, telles ces aides inutiles envers les grandes entreprises.

Il vaudrait mieux réformer une taxation inconsidérée des revenus y compris du "Kapital" qui vient en fait cacher que devant toute hyper-imposition non justifiée, sinon idéologiquement, l'investissement devienne un "sacerdoce", en particulierpour les petites et moyennes entreprises qui sont par exemple bien en peine d'embaucher lorsque les cotisations sociales sur le moindre salaire double quasiment le coût de celui-ci sans que le salarié ne soit en mesure de faire jouer la concurrence puisque son brut lui ait d'office enlevé ; tout cela, cette ankylose qui force en fait le capital à préférer la spéculation à l'investissement, implique qu'il ne sert à rien d'accentuer la chasse fiscale comme le prétendent les Filoche et autres images selfie de Marx (tel le Piketty : miroir miroir qui est le plus beau, bien capable de refuser le prix Nobel le mettant alors au même niveau qu'un Sartre) à moins que la France ne devienne, officiellement (officieusement elle l'est déjà) la Grèce (qui n'impose pas ses armateurs et a toujours été l'homme malade de l'Europe selon Edmond About signale Eric Brunet, ) et faire ainsi un chantage façon Lénine lorsque l'emprunt russe ne fut pas remboursé tandis qu'il coûta aux (plus modestes) actionnaires français, tout en n'évitant évidemment pas la guerre alors que le coup de Lénine était supposé l'éviter (il préféra léviter).

Comment est-ce possible d'être toujours aussi prétentieux alors que le monde va de mal à pis (hormis la technologie s'entend et ces moments parfois intenses et heureusement de bonheur individuel) ?… Par idéologie au sens dogmatique absolutisé de ne jamais se remettre en cause alors que le problème n'est pas tant d'avoir des apriori que de refuser de les améliorer voire d'en changer. Ainsi toute cette économie dite collaborative, solidaire, toute cette recherche pratique en matière de qualité de vie (plutôt l'être que le seul avoir) sont balayées au profit d'un maintien extrême sous les fourches caudines d'un assistanat qui justifie la présence de l'élite étatiste alors que ses solutions sont de moins en moins fiables et plutôt de plus en plus friables.

Mais le désir d'explication absolue et définitive est si profondément ancrée, qu'il s'agisse du dieu nécessairement vengeur et de l'exponentielle obligatoirement dominatrice (comme le démontre Benoît Rittaud dans son dernier Opus) que nous sommes loin de voir "la fin des idéologies" comme je le croyais naguère…Celles-ci désormais dominent tout. Seul un petit "village" d'esprits libres résiste encore,  ses habitants sont cependant bien trop dispersés et divers pour pouvoir faire cause commune. Mais sait-on jamais…


Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv, Headline-RTV |

29 juin 2015

Critique des rituels postmodernes (gay pride, etc)

Point besoin de se réfugier dans des pseudo versions hermé(neu)tiques du religieux pour être protégé des pressions idéologiques dites "genrées" prétendant que toute préférence, y compris sexuelle ne serait "que" "construction", que l'on naît pas homme femme ni gay ni hétéro, mais qu'on le "deviendrait" puisque l'on serait d'abord une "personne" un "masque social" ; sauf que tout cela est faux (n'en déplaise à Obama qui en fait un casus belli avec Poutine) et cela a été très strictement, prouvé en long et en large par les psychologies dites différentielles, de la conduite, et de la motivation (Reuchlin, Nuttin, Janet, Piaget, Fraisse…).

Il est en fait confondu par les postmodernes du "genre" la question de l'identité plurielle du Soi (sujet acteur agent) et le rôle, la fonction social(e) certes appropriés principalement par les hommes pour les plus prestigieuses puissantes et lucratives, mais de moins en moins, d'autant que l'on sait depuis longtemps, sans remonter aux Amazones, que les femmes sont autant capables de faire la guerre, Jeanne d'Arc, Jeanne Hachette, mais aussi Dihya  (Kahina) qui lutta contre l'invasion arabo-musulmane.

Point besoin par exemple de compter, face aux défaillances judéo-chrétiennes et aussi de la pensée critique envers ce discours dominant "intimidant" comme le dit Laurent Fidès, sur ladite vigueur musulmane (laquelle d'ailleurs?) récusant toute différence, comme si certains machiavéliques calculaient ainsi (certains chrétiens) pour stopper les postmodernes, prétendant même au journal La Croix mieux connaître l'islam que les musulmans dits "déviants" (djihadistes) c'est dire ; un calcul fomenté aussi à l'extrême gauche, tel l'idéologue Laurent Mucchielli qui se félicite que dans certains quartiers la ferveur religieuse ait pu (quelque peu) remplacer la filiation aux drogues…

Pourtant…Pourquoi n'est-il pas possible d'arriver à expliquer très sereinement que certains sont certes gays, mais dès leur naissance en réalité, et que la pression normative aura fait qu'ils ont hésité à (se) l'avouer quoique de moins en moins maintenant, or c'est bien là le point crucial: le fait de ne pas avoir honte de son orientation puisqu'elle est naturelle -au sens où la nature nous a fait ainsi, voilà l'enjeu, réel, et pas du tout l'idée qu'être gay serait obligatoirement "progressiste, géniiiaaal ! (donc) de gauche" comme certains idiots utiles ont tenté de le faire croire à propos dudit "mariage pour tous" clouant même au pilori un Marcel Gauchet (qui s'interrogeait seulement sur le problème GPA de la filiation, cette "pop ubérisation" des ventres) avant que l'on apprenne qu'au FN l'orientation gay était bel et bien présente dans ses plus hautes sphères, ce qui a alors donné et heureusement un sacré coup de vieux à cette vision si naïve de ladite "n" sexualité produite selon les "envies" (ou les "i" et "Q" de LGBTQI…) et que l'on voit raviver à chaque "gay pride"…

Point besoin non plus de se réfugier dans ces mêmes versions hermétiques, s'il s'agit de récuser l'idée que le recours à l'IVG devrait être assimilé à n'importe quelle opération contraceptive, presque de la cosmétique comme s'il s'agissait de s'enlever quelques poils indésirables ; certains peuples s'acharnant à faire le moins possible d'enfants, d'autres en débordant et les envoyant sur des bateaux de fortune ; il était d'ailleurs assez affigeant d'observer il y a quelques semaines un Jean-Marie Le Guen face à Marine le Pen n'avoir comme quasi seul argument que celui-ci (accusant la dirigeante FN de vouloir supprimer l'IVG alors qu'il s'agirait de supprimer le remboursement de l'IVG dit de "confort") tout en psalmodiant "extrême droite extrême droite extrême droite" sauf que tout cela, sa diatribe éculée, sonnait faux, Le Guen semblant s'en apercevoir par moment, mais il avait des consignes sans doute celle par exemple de tout faire pour qu'un second tour Le Pen/Hollande puisse être possible…

Peut-être que le temps est venu de relativiser tous ces discours postmodernes intimidants, qui d'ailleurs font profil bas devant plus "dur" qu'eux : ou le lion du dedans (taxant d' "islamophobie" de "réactionnaire" de "raciste", tout discours critique) mais qui se fait lapin au dehors ("non, il n'y a pas un combat pour la civilisation", "non les Grecs ont raison de se faire payer leur retraite à 50 ans par les autres peuples européens") lorsqu'il s'agit de relever les défis d'un monde dit "moderne" encore bien jeune (500 ans) et dont l'objectif est désormais moins semble-t-il de remplacer les civilisations existantes que de les traverser les bousculer pour les métamorphoser de l'intérieur avec de nouvelles traditions plus conformes à ce que nous savons de neuf sur la condition humaine au delà des différences psychiques et culturelles : le fait par exemple d'être mû par une préférence forte à ne pas seulement exister (la pierre existe) mais à être et donc à devenir aussi (et non pas seulement) : si l'on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve, il n'empêche qu'il s'agit toujours de se baigner dans un fleuve, même si ses eaux changent, voire aussi de voguer dessus jusqu'à son embouchure, et plus encore, ou l'océan de l'aventure humaine et de son infinité Terre, Univers solide contracté de plus en plus prenant face à son extension/dispersion sous forme stellaire (mais ceci est une autre histoire….).


01 mai 2015

Le Pape Argentin et l’Evêque Nazi

 Sur D8, j’ai regardé « Histoire interdite : Seconde Guerre mondiale, les derniers secrets des nazis ». Ce documentaire relate, entre autre, comment un évêque catholique autrichien basé à Rome, Mgr Alois Hudal, évêque totalement acquis au national-socialisme, a exfiltré des nazis dès 1945 vers l’Amérique du Sud, notamment l’Argentine. J’ai cherché à en savoir plus aujourd’hui jeudi. Et j’ai découvert avec stupéfaction qu’il existe aujourd’hui en Argentine une congrégation catholique traditionaliste portant le nom Alois Hudal.

Venons-en aux faits. La Fraternité Sacerdotale St-Pie X (FSSPX), une communauté de prêtres traditionalistes fondée par l’évêque français Marcel Lefebvre, dispose de maisons et séminaires dans divers pays du monde, y compris en Argentine, où officiait l’évêque négationniste Williamson avant d’être écarté de ladite FSSPX. En Argentine, la FSSPX entretient des relations amicales avec l’organe d’information traditionaliste Sursum Corda, lui-même très ami avec la Congregacion Obispo Alois Hudal et les intégristes sédévacantistes de Crux et Gladius (voir liens vers sources en bas de page).

Le cas de l’Argentine est intéressant pour deux raisons. La première, c’est que le pape actuel est Argentin. La deuxième, c’est que l’évêque Alois Hudal mentionné plus haut était un évêque acquis au nazisme qui a fait passer des milliers de SS en Argentine lorsque celle-ci était dirigée par Peron, grand admirateur du nazisme et du fascisme. Cette même Argentine où sévissait, jusqu’à il y a quelques années, l’évêque négationniste Williamson, lorsqu’il était encore membre de la FSSPX. Cette même FSSPX qui fraternise avec Sursum Corda et la Congregacion Obispo Alois Hudal. Cette Congrégation qui, aujourd’hui, au 21e siècle, n’hésite pas à prendre le nom de l’évêque Alois Hudal acquis au nazisme il y a plus d’un demi-siècle.

Qui était Monseigneur Alois Hudal

Alois Hudal, né à Graz le 31 mai 1885 et mort à Rome le 13 mai 1963, était un évêque catholique autrichien, surtout connu pour avoir jusqu'au bout défendu une synthèse entre catholicisme et national-socialisme et pour avoir facilité la fuite de criminels nazis vers l'Amérique du Sud, notamment l’Argentine péroniste.

Cependant, les relations entre Monseigneur Hudal et le Vatican n’étaient pas bonnes. En effet, quand Hudal publia en 1937 son livre sur les fondements du national-socialisme, les autorités du Vatican se fâchèrent à cause de son éloignement radical des enseignements de l'Église.

Hudal remettait ouvertement en question la politique du Pape Pie XI et d'Eugène Pacelli, le futur Pape Pie XII, envers le national-socialisme, remise en question qui culmine avec l'encyclique « Mit brennender Sorge » dans laquelle le Vatican attaque ouvertement le national-socialisme. Cela dit, Mgr Alois Hudal n’a été ni démissionné, ni excommunié.

Après 1945, Alois Hudal devient l'un des principaux organisateurs de la filière d'exfiltrations des criminels nazis, avec passeport ou laissez-passer de la Croix Rouge Internationale, qui pouvaient ensuite être utilisés pour obtenir des visas, notamment pour l'Amérique du Sud. Alois Hudal était, à l’époque, actif dans le service pontifical des prisonniers de guerre (Commissione Pontificia d’Assistenza).

C'est grâce à cette filière qu’Adolf Eichmann (kidnappé en Argentine par le Mossad), Gustav Wagner, Erich Priebke, Eduard Roschmann, Franz Stangl, Walter Rauff, Klaus Barbie et Joseph Mengele ont pu échapper aux poursuites judiciaires. De même, certains nazis, comme l'autrichien Otto Wächter ont pu vivre à Rome après la guerre en toute impunité grâce à la protection d’Alois Hudal. Ces activités finissent par causer un scandale révélé en 1947 par un journal allemand.

A noter que la CEANA, la commission d'enquête historique sur les activités du nazisme en Argentine, conclut que les dignitaires du Vatican n'ont jamais encouragé ces exfiltrations. La CEANA a produit une lettre de Montini, le futur pape Paul VI, se montrant scandalisé par la suggestion de l'évêque Hudal d'accorder refuge aux SS. Selon les travaux de la CEANA, l'Église catholique aurait simplement été, comme la Croix-Rouge Internationale, tellement submergée par les flux massifs de réfugiés, qu'elle n'aurait pu procéder qu'à des enquêtes sommaires, aisément contournées par les anciens dignitaires nazis.

Encore aujourd’hui, cette question fait débat parmi les historiens. L’autre question qui se pose est de savoir si le pape argentin François, va réintégrer dans l’Eglise, la FSSPX, dont la Maison générale en Argentine semble entretenir d’amicales relations avec la Congregacion Obispo Alois Hudal (voir liens vers sources en bas de page).

Michel Garroté

Sources :

http://www.fsspx-sudamerica.org/fraternidad/prioratoargentina.php

http://sursumcordablog.blogspot.ch/2009/03/blog-de-la-congregacion-obispo-alois.html

http://congregacionobispoaloishudal.blogspot.ch/

http://cruxetgladius.blogspot.ch/

  


13 avril 2015

Les FAF ou le néo-racisme de caste

En France, les Factions Anti-Fascistes (FAF) sont, comme le sigle l'indique, aux antipodes de ce que leur nom complet prétend signifier. Ce sont d'authentiques totalitaires (ils séquestrent par exemple en ce moment le service radiophonique public français et la grande majorité des médias et de l'Éducation nationale, surtout le lycée et l'Université).

Issus de la Faction léniniste, elle-même ayant intégré les résidus herbertistes, guesdistes, soreliens, ses membres, ont atteint comme résultat effectif (dépouillé des habillages idéologiques) celui de remplacer l'élite en réalité (comme l'a démontré Claude Lefort dans La complication) mais en pis : la culture et la classe en moins, propulsant plutôt les envieux à peine dégrossis avec quelques pensums fabriqués à la hâte par les plus clercs d'entre-eux, ayant par exemple aujourd'hui quelques vernis intellectuels et autres doctorats issus de thèses aussi insipides que celle d'un Cambadélis comme l'a révélé Laurent Mauduit de Mediapart).

  Ce grand remplacement a été effectué au nom d'une supposée lutte pour "l'émancipation de l'Humanité" alors qu'ils n'ont émancipé qu'eux-mêmes en fin de compte, ils se sont ainsi sentis "affranchis" du réel objectif (celui de la complexité du social et sa ventilation en groupes liées pour une grand part à la compétence et non pas seulement au patrimoine) par le double langage (mensonge et dénonciation) en montrant du doigt les éternels manques et autres tricheries des sociétés humaines (avidité des Crésus du jour) ; une accusation aisée (puisque le combat contre l'injustice est permanent tout autant que la régulation de la lutte de tous contre tous comme l'a montré Hobbes) qu'ils ont réussi à maquiller par quelques résultats, certes, mais qui cependant ont pu être accomplis ailleurs sans eux (comme la santé et l'enseignement).

Les membres de cette secte des "Affranchis" ont en un mot profité des inconséquences et des refus de se réformer des anciennes élites pour abuser du besoin de changement propre à toute société, surtout de masse, à leurs profits. Ils se sont diffractés après l'écrasement injustifié de la Commune, et surtout après le coup d'État bolchevik de 17, en diverses obédiences (bakouninistes, léninistes, trotskistes, spartakistes, conseillistes) tandis que certains après 20 devinrent mussoliniens, et enfin nationaux socialistes dont, Doriot et sutout Marcel Déat (présenté comme le dauphin de Blum) et désireux de créer un parti unique.

Mais ce sont les staliniens qui accomplirent ce projet, après s'être débarrassés de leurs concurrents trotskistes ; ils se sont en effet taillés la part du lion en faisant croire qu'ils luttaient (à partir de 40) pour la France alors qu'ils ne faisaient que défendre Staline et "la patrie du socialisme". Grâce à cette spoliation et au fait d'avoir écarté de Gaulle, ils se sont présentés en sauveurs et éducateurs de la Nation via le CNR (Conseil National de la Résistance) dont le programme aujourd'hui est le principal obstacle à la réforme du pays puisque loin de protéger il fragilise en fabriquant une bureaucratie et un gaspillage qui vont de plus en plus à l'encontre des intérêts du plus grand nombre.

Ils ont réussi à faire croire tout le long des années après guerre jusqu'à maintenant (alors qu'ils sont de plus en plus minoritaires dans le pays) que leurs solutions servent le pays alors qu'en réalité elles le desservent et ne servent qu'à leurs propres clientèles qu'ils tiennent d'une main de fer puisque pris individuellement nombre de fonctionnaires vous diront qu'ils préfèreraient mille fois être payés selon leur travail effectif et non pas par avancement mécanique, nombre d'assistés préfèreraient un travail, nombre de salariés préfèreraient voir leur salaire être augmenté plutôt que leur RTT, nombre de travailleurs aimeraient pouvoir se former à autre chose y compris dans des métiers considérés comme déclassés,puisqu'ils y sont souvent bien mieux payés (ainsi un garagiste gagne bien mieux au niveau horaire qu'un maître de conférence). D'où sans doute la hargne de celui-ci à le mépriser, surtout s'il vote "mal".

En fait dans cette conception les individus sont renvoyés à leur réalité physique, uniquement et non pas à leur dextérité (c'est un naturalisme non dit). En un mot il vaut mieux être bien fait de sa personne et avoir du bagout qu'ingrat physiquement et timide pour pouvoir monter dans la hiérarchie totalitaire de gauche puisque cette montée se fait par cooptation dans les rouages syndicaux médiatiques artistiques et politiques, du moins en récitant à la perfection le catéchisme qui ne mange pas de pain (la paix dans le monde, lutter contre l'injustice).

C'est un racisme métaphysique au sens de se sentir supérieur parce que l'on badine sur des vérités premières au nom de la Révolution française (tel Vincent Peillon par exemple) et que l'on se croit porteur de nouveaux critères esthétiques et moraux (ce qui n'est guère suffisant pour fonder une nouvelle matrice culturelle). On peut aussi monter dans sa hiérarchie en étant le plus servile intellectuellement, d'où le côté insipide, formaté, de tout le personnel médiatico-politique et universitaire qui en est issu, comme il est possible de l'observer chaque jour.

Tout cela est su, connu, bien sûr, mais sous le manteau ou quasiment hormis quelques exceptions de toute façon stigmatisées, ainsi P.A Taguieff, qui, depuis sa polémique avec Hessel, n'est plus en odeur de sainteté alors que Hessel a osé dire que l'occupation allemande était bien moins dure que ladite "occupation israélienne". 

Alors que la liberté de s'exprimer, y compris pour un Palestinien se disant "arabe", est bien plus probante en Israël que sous le joug du Hamas et de l'Autorité palestinienne: où en est le débat démocratique dans ces territoires, les controverses sur la stratégie à suivre, où sont-elles ?…

Et pourtant cela continue, les principales tueries de juifs en France et dans le monde ont été fait ces temps-ci "au nom des enfants de Gaza" parce que ces FAF ont réussi le tour de force de se trouver des boucs émissaires grâce à leurs deux mots tabous "droite" et "extrême droite" y compris pour Israël.

Ainsi les réticences effectuées en Provence envers l'immigration algérienne par les rapatriés de 1961 ne seront pas lus comme une totale incompréhension de ces derniers envers une population qui les a chassé de leur terre (car lorsque l'on naît en Algérie, et que ses parents, les parents de ses parents y sont nés aussi on fait partie aussi de cette terre), non, ce sera lu comme du racisme, ce qui est faux, il s'agit plutôt, d'un rejet viscéral lié au traumatisme subi (je l'ai ressenti ainsi depuis deux jours étant en vacances dans le coin) : en un mot on ne va pas baiser la main qui vous a giflé.  

Mais les élites totalitaires au pouvoir au lieu de comprendre cela et dans ce cas d'effectuer un enseignement adéquat vont renverser la charge de la preuve en inventant un "post colonialisme" comportemental qui serait la cause du rejet des populations issues d'Algérie alors qu'il s'agit du contraire : c'est bien parce que certaines d'entre-elles se comportent encore en demandeurs exigeants de réparations imaginaires que la tension s'est envenimée alors qu'elles sont moins issues de l'immigration de travail (les entrepreneurs préférant les Marocains comme l'a démontré Daniel Lefeuvre) que du regroupement familial.

Aussi traiter de raciste une population de traumatisés est équivalent au fait de répondre à une violée qu'elle ne l'aurait pas été si elle avait portée une burka (ce qui n'est pas une garantie comme il a été vu en Arabie Saoudite…). La comparaison n'est pas si osée puisque aujourd'hui un membre de l'élite totalitaire comme Laurent Mucchielli peut avancer sans rire que le trafic de drogues et les incivilités diminuent dans les quartiers contrôlés par les barbus salafistes. Il sera aussi un de ces sociologues qui fera le lien automatique entre passé post colonial milieu défavorisé et résultat scolaire alors que les filles issues de milieux immigrés réussissent mieux que les garçons autochtones (français depuis plusieurs générations)…Ce qui implique de se demander ce que l'on enseigne aussi aux garçons dans leurs propres familles, comment est perçu le camarade d'origine pied noir et juif, comment la culture de "c'est la faute à la bourgeoisie" (aujourd'hui aux USA, au "libéralisme") a été enseigné comme excuse fondamentale de tout ce qui ne va pas afin de dédouaner les élites de FAF qui ainsi peuvent se la couler douce en se reproduisant dans la matrice étatique.

Nous en sommes là. Et la dérive incroyable d'un Edwy Plenel vers l'outrance idéologique (la critique envers l'islam sera chez lui d'emblée posée comme un racisme) dénote bien de la volonté de cette élite à continuer de prospérer en s'alliant avec les ennemis de la démocratie dont la haine n'a rien à envier à celle qui suinte du journal Rivarol.

Sauf que l'élite post-léniniste est au pouvoir (la droite, décervelée depuis longtemps lui ayant confié ses neurones). Mais comme dans les années 30 on jouera le coup du Front antifasciste, alors que FAF signifie bien fascisme également ,mais en creux dans l'incipit de l'hypocrisie petite bourgeoise dont ils sont à peu près tous issus et dont la haine de classe a toujours servi de corps social aux nervis de tout Ordre Nouveau y compris celui dans lequel nous baignons celui du social-étatisme.

Ce régime transforme tout un chacun en assisté, en pré-handicapé, en attendant la consommation d'organes artificiels qui viendra allonger ce semblant de vie par procuration qu'est fondamentalement ce type de régime, néo-monarchie absolue sans visage, on ne lui dira certainement pas "merci pour ce moment".

Sauf que la relève se cherche et pour l'instant se meurt, même si elle ne se rend pas.


08 mars 2015

Lutter plutôt contre la pollution et les déchets

La pollution en Chine est-elle dû au dit "réchauffement"? Pas vraiment si l'on en croit Under the dome de la journaliste Chai Jing. Il s'agit plutôt de ce résultat tristement réel d'une politique communiste qui a toujours considéré la "matière" y compris vivante comme quantité négligeable. Il suffit de se rappeler des dégâts autour de la mer morte au temps soviétique où les tuyaux des usines s'y dirigeaient directement sans aucun filtrage. Sans parler du peu de sécurité qui sévissait dans la centrale de Tchernobyl.

L'effort international devrait se diriger essentiellement là, contre les foyers de pollution, sans oublier ce sixième continent de déchets au large de Panama au lieu de dépenser inutilement des sommes considérables pour traquer un hypothétique réchauffement que l'on confond avec le changement perpétuellement du climat comme l'avait magistralement démontré, entre autres, Marcel Leroux.


27 février 2015

L’année terrible pour les Français juifs

      Janvier 2014-janvier 2015 : l’année antijuive en France, une année terrible. Et une année révélatrice. Elle aura permis de percevoir la collusion entre l’antisionisme radical et l’islamo-terrorisme, ces deux piliers principaux de la nouvelle configuration antijuive, telle qu’elle est observable en France comme ailleurs, mais peut-être avec plus de netteté qu’ailleurs. La tuerie antijuive de l’« Hyper Cacher » de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, s’inscrit non seulement dans l’année terrible commencée le 26 janvier 2014 avec la manifestation parisienne « Jour de colère », rassemblement des antijuifs français de toutes obédiences, mais aussi dans la dernière vague antijuive mondiale qui a débuté en octobre 2000, et a touché particulièrement la France.

     On observe par ailleurs que, depuis le début des années 2000, les meurtres de Français juifs tués en tant que juifs ne sont pas commis par des extrémistes de gauche ou de droite, mais par de jeunes délinquants, issus de l’immigration et se réclamant de l’islam, qu’ils soient ou non des jihadistes en mission. L’attaque meurtrière contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, avait pour cibles des « islamophobes » coupables d’exercer leur liberté d’expression et de pensée face à l’islam.  L’assassinat, le lendemain, d’une policière municipale visait un symbole de l’État français, jugé « islamophobe » pour diverses raisons. L’action jihadiste du 9 janvier 2015 visait des Juifs en tant que juifs, assassinés en raison de leur origine ou de leur identité collective. Ces tueries montrent que, pour les islamistes radicaux, il existe deux péchés mortels : être juif, être « islamophobe ». Deux raisons suffisantes pour mériter la mort. 

      À y regarder de plus près, cette année noire a combiné deux spectacles distincts. D’une part, celui du rejet explicite et violent des Juifs de France par des minorités actives recourant régulièrement à l’insulte, à la menace et à l’intimidation (en janvier et en juillet 2014, les slogans « Mort aux Juifs ! » ou « Juif : casse-toi, la France n’est pas à toi ! » ponctués de « Allahou akbar »), mais donnant aussi dans les agressions physiques  et les attaques terroristes de type jihadiste.

      D’autre part, face à la tuerie antijuive du 9 janvier, le spectacle de  l’indifférence, voire d’une honteuse complaisance de certains secteurs de la population et d’une partie des élites culturelles, converties au propalestinisme dont l’envers est la diabolisation d’Israël. Et ce, en dépit des torrents de rhétorique « antiraciste », d’appels à lutter « contre le racisme et l’antisémitisme » (et bien sûr « contre l’islamophobie »), déversés par les dirigeants politiques. Certains d’entre eux ont osé, quelques jours après la tuerie antijuive du 9 janvier, monter au créneau pour dénoncer la « montée de l’islamophobie ». Il s’agissait bien sûr de faire croire à un accroissement global de ce qu’on appelle en langue de bois « le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’islamophobie ». Pourtant, point de musulmans assassinés en France parce que musulmans, point d’enfants musulmans tués en tant que musulmans. Point non plus en France, même après les tueries de janvier 2015, de manifestations islamophobes violentes avec des slogans comme « Mort aux musulmans ! » ou « Musulmans assassins ! ». Ni même avec un slogan du type : « Musulman, casse-toi : la France n’est pas à toi ! ». La symétrie entre islamophobie et judéophobie relève de l’escroquerie intellectuelle et morale.   

      La grande manifestation parisienne du 11 janvier 2015, symbole rêvé de l’unité nationale contre « l’ennemi commun », a obscurci le paysage, en laissant croire que les réactions à l’attaque contre Charlie Hebdo se confondaient avec les réactions à l’attaque contre l’« Hyper Cacher ». Généreuse erreur d’interprétation. Quelques millions de Français se sont mobilisés avant tout contre une forme de terrorisme visant un hebdomadaire satirique de gauche érigé en symbole de la liberté d’expression. Fait significatif : cette marche n’a guère attiré les jeunes issus de l’immigration. On a pu observer par ailleurs la flagrante différence de traitement médiatique entre l’attaque contre Charlie Hebdo et celle contre la supérette juive, faisant écho au contraste entre la large mobilisation populaire en hommage à Charlie Hebdo, érigé pour l’occasion en symbole de la France voltairienne ou « républicaine », et la modeste mobilisation, à dominante juive, pour honorer la mémoire des victimes juives du jihadiste Coulibaly.

      Marceline Loridan-Ivens, écrivain et scénariste, ancienne déportée à Auschwitz-Birkenau, interviewée sur France Inter le 27 janvier 2015, a justement posé cette question rhétorique : « Vous croyez que les Français seraient descendus dans la rue si on n’avait tué que des Juifs il y a quinze jours ? » Après la tuerie de l’école juive de Toulouse du 19 mars 2012, les Français ne sont en effet nullement descendus en masse dans la rue. Les millions de « Républicains » qu’on a vu défiler en France le 11 janvier 2015 n’ont pas cru bon de protester en mars 2012 contre le meurtre de trois enfants juifs, tués à bout portant par le jihadiste Merah.

      En conclura-t-on que les meurtres d’« islamophobes » comme les dessinateurs de Charlie Hebdo sont d’une gravité sans commune mesure avec les assassinats d’enfants juifs ? Que certaines victimes d’attentats sont plus mobilisatrices que d’autres ?  Que les défenseurs français de « la République », qu’ils soient de droite ou de gauche, s’identifient spontanément aux rédacteurs d’un journal satirique, tués en tant qu’« islamophobes », et non pas à des Juifs français, ni même à des enfants juifs, assassinés les uns et les autres parce que juifs ?  Tout se passe comme si les assassinats de Juifs français étaient perçus par beaucoup comme une affaire judéo-juive, concernant surtout, voire principalement la « communauté juive », et qu’en tant que tels, ils ne pouvaient pas être représentés comme une offense faite à la France tout entière. Cette infigurabilité républicaine des Juifs tués en tant que juifs est apparue clairement en contraste avec la figuration quasi immédiate de la tuerie de Charlie Hebdo,  devenue à la fois un symbole rassembleur et un puissant thème mobilisateur.

      Derrière la façade du « grand rassemblement républicain » et l’écran de la « France unie », il n’était guère difficile d’apercevoir une hiérarchisation implicite, fondée sur le partage entre des victimes dotées d’une valeur universelle et des victimes réduites à leur identité particulière, ethnique ou religieuse, les victimes juives. Le droit de vivre des Juifs sortait du champ de vision des universalistes républicains, qui ne trouvaient pas en lui une raison suffisante de manifester. Ceux qui sont tués pour ce qu’ils sont semblent avoir moins de valeur que ceux qui sont exécutés pour ce qu’ils font.                  

       Cette flambée de violences antijuives signe-t-elle la fin du « franco-judaïsme » longtemps donné pour l’exemple emblématique du bon fonctionnement de l’assimilation à la française ? Annonce-t-elle l’effacement du mythe du « vivre ensemble »  que le « creuset républicain » aurait rendu possible ? Outre les réactions des Français juifs, dont certains ont fait le choix de l’émigration en Israël (ou ailleurs), on a observé une montée du pessimisme chez les élites, diagnostiquant un déclin irréversible de la puissance d’intégration de la France républicaine, devenue une mosaïque de communautés séparées, rivales et mutuellement hostiles.

      Une France antijuive, ou perçue comme telle, ne peut que fabriquer un nombre croissant de candidats à l’émigration volontaire. En attendant, les Français juifs doivent vivre comme une minorité protégée. Que l’État français soit devenu, par la force des choses, un État protecteur des Français juifs peut sembler rassurant. Mais cet impératif de protection particulière est susceptible d’alimenter et de renforcer chez ces derniers le sentiment angoissant d’être particulièrement exposés à la menace islamo-terroriste.   

      Une France sans ses Juifs serait-elle encore la France ? Manuel Valls a répondu clairement le 10 janvier 2015 : « La France sans les Juifs de France n’est plus la France. » Le 23 février 2015, François Hollande s’est adressé directement aux Français juifs inquiets pour les rassurer en s’efforçant de dissuader ceux qui seraient tentés de choisir le départ : « Les Juifs sont chez eux en France, ce sont les antisémites qui n’ont pas leur place dans la République. » La formule est forte et belle. Les recettes proposées restent les mêmes : prévenir, surveiller et punir. Il reste à savoir cependant comment mettre hors d’état de nuire lesdits antisémites, et si la chose est possible sans généraliser et banaliser le soupçon, ni transformer la France en une vaste société policière qui se doublerait d’une maison de rééducation.

      Il importe que des sommets de l’État parviennent de tels messages, exprimant une indignation morale justifiée et une louable volonté de réagir. Nul ne sait cependant si les positions des élites politiques trouvent un immense écho dans la population française. On peut craindre qu’elles ne rencontrent qu’indifférence ou hostilité dans certains secteurs de cette dernière.

     Le seul fait de pouvoir envisager aujourd’hui une France judenrein n’est-il pas un scandale absolu ?  Un exode massif des Juifs de France, et plus largement d’Europe, signerait la victoire de l’islamo-terrorisme en terres démocratiques. Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais l’avenir demeure incertain. Car nous savons désormais que l’avenir de la France ne dépend pas que de la France. La lutte contre la judéophobie est aujourd’hui indissociable de la lutte contre le terrorisme islamiste, qui ne peut être efficace qu’à la condition d’être menée au plan mondial.

 

 


23 décembre 2014

France : Non assistance à peuple en danger

Lorsque des attaques similaires à la voiture bélier se sont passées en Israël en novembre 2014 personne ne parlait d'actes de "déséquilibrés" mais d'attentats menés par des "activistes palestiniens" dont personne ne doutait de leur capacité de jugement ; lorsque cela se passe en France trois jours de suite (le dernier à Nantes le 22/12) les officiels s'obstinent de façon pour le coup très déséquilibrée à n'y voir "que" des actions "isolées" opérées par des supposés "dérangés" : de qui se moque-t-on?…

Les officiels français sont si pressés d'étouffer la réalité qu'ils vont désormais jusqu'à relativiser les cris religieux lancés à Dijon, ne parlons pas de ceux de Nantes, remettant même en cause l'attaque intentionnelle du commissariat du jour précédent ; et tout cela pour refuser obstinément de voir la vérité de la guerre et sa similitude avec ce qui se passe non seulement en Israël mais en Algérie naguère, allant mobiliser un sociologue à la retraite comme ce pauvre Michel Wieviorka qui n'avait déjà rien compris aux émeutes de 2005 et qui est venu dans C dans l'air expliquer en quoi des frustrations au Collège pourraient expliquer tel passage à l'acte, aidé en cela par un Mohamed Sifaoui encore plus incompétent que d'habitude lorsqu'il lance que cela n'avait "rien à voir avec sa conception de la religion". De tels propos sont absurdes, et même indignes tant les acteurs issus de l'islam réel ne peuvent évidemment pas connaître l'islam édulcoré des salons parisiens. 

Ce sont en fait des actes de guerre effectués depuis des siècles au nom du "dieu" dénommé "Allah" en imitant au mieux le comportement de son représentant qui au 6ème siècle avait de ses mains égorgés plusieurs centaines de personnes comme s'il coupait des têtes de choux, était-il  "déséquilibré" ? On a dit cela aussi d'Hitler, de Staline, comme si, pour innocenter la responsabilité collective d'un peuple ou d'un régime il fallait mettre tout sur le dos d'un seul ; et ceux qui opèrent ces raccourcis sont pourtant les premiers à établir par exemple des liens de cause à effet entre ces démences opérées par certains lycéens américains tuant leurs congénères et la détention d'armes, ou le caractère compétitif et dur de la vie américaine, relativisant pour le coup l'aspect individuel alors qu'ils n'ont de cesse pour les cas qui nous occupe de le mettre en avant…

Sauf que là, trop c'est trop, nous avons affaire à une somme d'incompétents, d'ignares, et en fin de compte de dangereuses personnes qui mettent en danger tout un peuple parce qu'ils s'obstinent à ne pas prendre le taureau par les cornes et à plutôt lui agiter un chiffon rouge ce qui ne fait que l'encourager à poursuivre.

Il est clair que tous ceux qui nient le caractère politique de ces actes devraient être radiés immédiatement ou alors être poursuivis en justice pour non assistance à personne en danger, ici en l'occurrence tout un peuple abandonné à une classe politico-médiatique de plus en plus incompétente, illégitime, nihiliste, cynique, et qui, à force, va amener un retour de balancier si dur qu'il va tout balayer sur son passage, sans aucune nuance, amalgamant toute la population d'origine nord africaine avec ce sortilège mortel, cette mouche Tsé Tsé qu'est l'islam depuis 1400 ans.

C'est ce que recherchent sans doute les apprentis sorciers qui nous gouvernent cherchant à tout rapetisser, infantiliser, à rendre tout un peuple handicapé, déjà en l'appauvrissant de plus en plus, ensuite en le rendant inculte, et, aujourd'hui, en l'abandonnant aux actions de soldats surgis certes du néant, certes en haillons, mais pas plus que ces gueules cassées qui se faisaient trouer la peau pour qu'un général ait son étoile et brille dans un salon parisien, là le gars et son cri obéissent à l'injonction du calife légitimé, comme ses ancêtres l'ont toujours fait ; il suffit de regarder le film de Jean Pierre Lledo  "Histoires à ne pas dire" pour comprendre que lorsque l'ordre avait été donné le voisin allait égorger "Marcel" qui l'avait aidé pourtant à construire sa maison, s'agissait-il d'un acte de "déséquilibré" ? Pas pour Sartre ni pour les "porteurs de valises".

Nous n'avons pas en tout cas à nous faire psychiatre en politique mais stratège et pour le coup, ici, soldat de la contre-insurrection, même si les chefs ont déserté ou pactisent avec l'ennemi. Nous sommes devant de la haute trahison et nous regardons cela comme s'il s'agissait d'un rêve (à la recherche des 12 000 verges à défaut de vierges) alors que nous voguons en plein cauchemar.


12 septembre 2014

A Madame le ministre de l’éducation nationale

Lettre envoyée le 8 septembre 2014
 
À l’attention de Madame Najat Vallaud Belkacem
Ministre de l’éducation nationale
 
 
Objet : réforme de l’enseignement de l’Histoire
       
      Madame le Ministre,

     Permettez-moi d’abord de respecter la grammaire française, telle qu’elle m’a été enseignée à l’école primaire communale, puis au cours complémentaire d’un quartier populaire de Paris (le 20ème arrondissement).
Soldat de deuxième classe, dans un régiment de transmissions, pendant seize mois, j’étais « une sentinelle » quand je gardais la caserne. Bien qu’à l’époque il n’y eut aucune femme pour garder les casernes et les sites sensibles de la défense du pays, nous étions tous « une sentinelle », lorsque nous passions deux fois deux heures dans une guérite, munis d’un fusil non chargé.
 
 
     Vous le savez, sans quoi, mériteriez-vous d’être ministre, ce n’est pas la féminisation systématique des mots qui donnera plus de droits à la femme. D’autant que, - je ne vous apprends toujours rien -, vous êtes ministre en France, Ministre de France, et devez très certainement connaître tout cela : les femmes ont joué, dans ce pays, un rôle majeur, un rôle de premier plan, depuis (je cite de mémoire, en allant chercher dans ce qui me reste des cours d’Histoire de l’école communale et du cours complémentaire) : Berthe aux grands pieds, Blanche de Castille, Jeanne d’Arc, Catherine de Médicis, Anne d’Autriche, Madame de Maintenon, la marquise de Pompadour, Madame de Staël, Joséphine de Beauharnais… et beaucoup d’autres encore que doivent connaître les historiens, et tous ceux qui étudient les faits passés et vont chercher les sources, les restituant sans confondre l’Histoire et cette détestable idéologie consistant à rapprocher des événements s’étant produits à des moments différents. Au nom de points communs, -communs dans leur essence pour les doctrinaires se prétendant historiens-, on instille ainsi à l’enfance, à l’adolescence et à la jeunesse étudiante, avec ce chaos, un point de vue partisan, une prétendue vue sur les événements, vue unilatérale et plus que sommaire sur le passé.
 
     Résultat : quel étudiant, et plus encore, quel lycéen, quel enfant du peuple, saura quand a vécu, quand ont gouverné, avec qui et pour faire quoi, Attila, Gengis Khan, Timour Leng, Richelieu ou Sully, Napoléon (le « grand » et le « petit »), Louis XIV et Jules César ? On leur parlera peut-être de « guerre de religion ». Concernant ce « sujet sensible », on leur mettra dans le même sac scolaire la « défenestration de Prague », le mouvement paysan hussite et les décapiteurs de l’Etat islamique ou les Zélotes de la guerre des Juifs contre les Romains des années 67-70.
     Et Louis le Onzième, puis les Premiers grands Etats-généraux, - ceux de 1452 élus par tout le Peuple du Royaume de France, toutes classes confondues -, qui établiront un programme complet de réformes politiques et économiques, véritablement audacieuses (fiscales/sociales), qui aujourd’hui en a entendu parler ?
 
     Je ne doute pas que vous, Ministre en charge de l’école, vous ayez ouvert les livres et lu Victor Duruy et les Historiens de la grande école française (l’école française d’Histoire, avec un grand H, ceux des historiens que Karl Marx saluait, Mignet, Guizot, Michelet, Thiers, puis Duruy… la liste de ces grands érudits est longue).

     Revenons aux Premiers grands états généraux, premier parlement des Peuples du Royaume de France devenant la nation française : Les 800 premiers députés du suffrage universel en France méritent-ils d’être d’ignorés et/ou méprisés comme c’est le cas, actuellement ?

     Leurs décisions étaient en avance sur les revendications démocratiques de la plupart des peuples européens, pour ne pas évoquer les autres Peuples, de la fin du 19ème siècle.
     Je ne doute pas que vous, Madame le ministre en charge de l’école de la république, vous ne les connaissiez mieux que moi et n’estimiez devoir à leur action et à leur courage plus que « quelque chose » ou qu’un coup de chapeau et deux ou trois lignes dans la notice nécrologique d’un quotidien du soir.
     Mais ces combattants des droits du peuple souverain,- élus à 800, il y a sept siècles, que vous devez connaître probablement mieux que moi, - j’insiste -, sinon seriez-vous ministre responsable de l’école dans cette république ?- ne doivent-ils être aujourd’hui connus seulement que de vous et moi ?
 
     Madame le Ministre,
 
     L’éducation nationale ne consisterait-elle désormais qu’à faire disparaître tout ce qui est national : Vercingétorix et les Arvernes, Aetius et ces Gallo-Romains défaisant les hordes sauvages d’Attila, Clovis, Charles Martel, Philippe Auguste envoyant à Rome quelques-uns de ses fidèles se saisir de la personne du Pape, Jeanne d’Arc, Etienne Marcel et la première Commune parisienne ferment de démocratie politique dans ce pays, Louis le XIe, auquel on doit le réseau serré de relais de poste qui organisait le pays (le royaume) comme un tout rationnel, Jeanne d’Arc l’audacieuse et intelligente paysanne de 19 ans répondant avec calme et à propos au tribunal qu’elle savait réuni pour décider sa mise à mort, François 1er dialoguant avec Suleyman le Magnifique, Henry IV et l’édit de Nantes (la liberté de conscience légalisée), Sully, Richelieu, Louis le quatorzième, Vauban, Louvois et Colbert, Mesdames de Sévigné et de Pompadour, Corneille et Racine (« sioniste » avant le mot), Voltaire, Rousseau et Diderot, Madame de Staël, Napoléon-le grand (ses fautes, ses faiblesses amoureuses - pour Joséphine la grande propriétaire d’esclaves - devraient-elles faire disparaître dans la mémoire et la conscience des élèves de France tout ce que le consulat et l’empire ont produit en tant que consolidation des conquêtes du soulèvement français des années 1787-1794 ayant définitivement brisé (par des moyens militaires et politiques) les organes matériels et les moyens moraux des « talibans » et des « djihadistes » du catholicisme (je songe ici aux tribunaux et aux geôles de l’inquisition) : avec le concordat, l’occupation de l’Espagne et de Venise et la longue mise en résidence surveillée du Pape ?
 
     Ma liste n’est évidemment pas exhaustive, vous le savez mieux que moi, puisque vous êtes ministre en charge de l’école, de l’université, de la recherche.
 
      Madame,
 
     Donner à la jeunesse, dès l’école maternelle, les outils du savoir (lire, écrire, compter, qui sommes-nous/d’où venons-nous ?), telle était la mission de l’école républicaine. L’est-elle encore ?
 
     Je ne vous apprends rien, en répondant, négativement, à cette question.
     Mais vous, est-ce ainsi que vous concevez votre mission : reconstruire ce que quatre décennies de contre-réformes ont réduit à un pitoyable état, à savoir : une école fabriquant 20% d’illettrés en classe de troisième des collèges ? Une école, proie d’idéologues « pédagogistes », dont le bilan est effroyablement négatif.
     Si c’est le cas, ce que je souhaite, si vous méritez votre nomination à votre nouveau poste :
     
     Permettez-moi de m’étonner, Madame le ministre,
 
     Comment comprendre en effet que vous écriviez, dans ce qu’on appelle, dans les Antilles, « un français banane » (prononcer « ban »-« nan »-« ne ») : « que n’importe qui peut devenir ministre » ?
     Démagogie, inconscience, ou incompétence ?
     Je ne veux croire rien de cela, alors je vous écris et que j’espère des réponses qui ne seront pas des faux-fuyants.
      Un ministre ne doit-il pas être compétent ?
      Un ministre ne doit-il pas être travailleur ?
      
      « N’importe ki peu hêtre ministre » 
     
      Un ministre ne doit-il pas chercher à s’instruire, en permanence, sans quoi le pays n’est plus dirigé par les élus du Peuple incarnant pour un temps sa souveraineté, mais par le chaos et par la décision guidée par le hasard ou les certitudes des hommes et femmes des bureaux non-élus ?
      Si « n’importe qui », que vous écrivez devant une classe « n’importe ki peu hêtre ministre », peut assumer le mandat populaire, au niveau du pays, quel idéal démocratique préconisez-vous ?
      Laissez-moi exprimer le fait que je tiens ce propos pour irresponsable !
      Non, tout le monde ne peut pas être ministre !
      Dire cela, c’est mentir, c’est illusionner, c’est encourager la paresse et laisser croire, ce qui me paraît le plus grave, que l’incompétence dirige ce pays !
      Non, tout le monde ne peut pas être ministre, ni ne doit le devenir !
      Il y a des gens, dont vous-même pensez, que même si le peuple vote pour eux, il faut faire en sorte qu’ils ne deviennent pas ministres. Dois-je vous faire un dessin ?
      Vous avez donc menti. Et vous avez menti en expliquant, avec une légèreté qui peut surprendre dans votre fonction, que tout individu peut diriger le pays.
     Vous n’avez pas voulu dire cela. Je le sais.

     Mais en écrivant dans un français qui n’est pas du français, vous avez semé un germe, avec ce grave contre-sens : être élu du peuple, pour accéder à la fonction gouvernementale, n’exige pas de qualités renforcées de travail, qualités qui peuvent s’acquérir mais que tout le monde n’acquiert pas.
     Votre « tout le monde » (« n’importe ki ») préconise la progression sociale jusqu’aux sommets politiques du pays, même dans la paresse.
     Vous avez très certainement voulu dire : voyez, moi, fille d’ouvriers, petite fille d’Arabes du Maroc, descendante de gens venus, de la lointaine péninsule baignée par la Mer Rouge et l’Océan Indien, jusqu’au pays berbère, il y a treize siècles, je suis devenue ministre en France ; alors cela veut dire qu’il n’y a d’obstacle pour aucun d’entre vous, pourvu… pourvu que vous fassiez des efforts et acceptiez d’avoir des obligations, des devoirs, parce que la République, proclamée par le Peuple parisien des « Sans-culottes », le 21 août 1792, c’est le régime politique où l’on n’a plus de devoirs sans avoir de droits mais, de façon inséparable : c’est un système de relations politiques et sociales où l’on ne possède pas de droits si l’on n’a pas de devoirs ! En d’autres termes : les Droits, y compris celui de devenir ministre, confèrent des Devoirs vis-à-vis des concitoyens.
 
     Dans une dictée, seuls 10 mots seront notés 
 
     Pourquoi ne l’avez-vous pas dit et pourquoi avez-vous écrit l’inverse?
     Vous ne l’avez pas écrit, est-ce parce que vous préparez, semble-t-il, une énième contre-réforme scolaire ? On dit, - mais est-ce vrai ? - qu’elle prétend effacer les différences entre ceux des élèves maîtrisant la pensée et ses nuances, au moyen de la langue, et ceux d’entre eux qui ne la maîtrisent pas, en décrétant : que dans un texte de dictée, seuls 10 mots, - qu’il faudra apprendre à connaître -, seront notés ; et si tous les autres mots sont écrits comme vous avez volontairement écrit au tableau, cela n’aura pas d’incidence sur la note. Ainsi, par cet effort d’appropriation de la langue réduite au minimum, vous réaliseriez l’égalité…
 
      Quelle égalité en vérité, madame le ministre ?
 
      Vous confondriez ainsi : « l’égalité » dans l’ignorance croissante et quelque chose qui n’a plus aucun rapport ; je veux parler de la reproduction de ce Peuple de France, ce Peuple français, dont Victor Hugo dira : qu’il garantit les conquêtes démocratiques de la République parce que « c’est le Peuple le plus instruit » (revoir son ouvrage de décembre 1851, que vous devez connaître, « l’histoire d’un crime »).
 
     Apologie du Hamas
 
     Madame,
     
     Je voulais aussi vous écrire, parce que vos prises de position concernant Israël, avec ce qui apparaît sur votre portail officiel (comme on dit aujourd’hui), sont devenus des instruments d’apologie du Hamas.
     Je ne vous apprends rien, en rappelant ici l’appel du 27 novembre 1947. Les Frères musulmans, dont le Hamas est le bras armé djihadiste, ont alors appelé « à la guerre sainte », à l’extermination des « Yahoud », jusqu’au dernier. Ils ont fixé cet objectif, conditionnant tous les autres : « jeter à la mer les Juifs survivants s’il s’en trouvait ».
 
     Vous le savez, comment pourriez-vous l’ignorer ?

     Le Hamas se prépare à une nouvelle guerre, plus meurtrière encore ; une guerre dont, sur votre portail officiel, on va encore rendre Israël responsable parce qu’il ne veut pas se retrouver dans la situation actuelle des pacifiques habitants de Syrie et d’Irak, traqués par les djihadistes, citons : Yezidis Turcomans « hérétiques », Chaldéens chrétiens, Arméniens chrétiens de Syrie, Kurdes de différentes écoles de l’islam, Chiites syro-irakiens, sunnites non-djihadistes d’Irak et Syrie.
      Israël a réagi à trois semaines de permanents bombardements du Hamas. 1500 missiles ont été envoyés par le Hamas, parvenant jusqu’à Tel Aviv et Jérusalem, avant qu’Israël réagisse à ces tirs. Ces 1500 tirs du Hamas, pourrissant et menaçant la vie quotidienne, ont recherché la mort de Juifs et d’Arabes d’Israël.

     
À grands frais, Israël essaie de protéger ses habitants, Arabes autant que Juifs… Mais à lire votre « portail », Israël devrait se résigner à ces tirs incessants et aux victimes qu’ils peuvent faire.
     Selon votre portail, Israël ne devait pas riposter à ces tirs ; il devait les supporter avec résignation. Il devra accepter les prochains tirs en préparation…
     Israël priverait Gaza de béton.
     Bien que Gaza « n’ait pas de béton » «parce que le méchant Israël fait blocus » (écrit-on sans honte sur votre portail), le Hamas a pu se servir de millions de tonnes de béton pour creuser un dédale de dizaines et dizaines de tunnels militaires sillonnant tout Gaza. Ce sont de longs tunnels, profonds de vingt mètres et plus, sous les sables, creusés dans le roc; ce sont des tunnels militaires débouchant en Israël, sous des écoles, des bâtiments administratifs, des installations agricoles, des maisons d’habitation.
     Vous ne le saviez pas ?
 
      C’est une véritable ligne Siegfried, entièrement bétonnée, située à plus de vingt mètres de profondeur, qu’a construite le Hamas.
      Vous l’ignoriez ?
      Ces tunnels de guerre ont été construits avec cette profusion de béton qui, paraît-il, manque cruellement à Gaza pour les réalisations civiles. Des centaines de faux uniformes israéliens y ont été trouvés.
     
      Pour Rosh Hachana 5775 (25 septembre 2014), ayant endossé ces uniformes, des centaines de djihadistes frères musulmans du Hamas, pas moins furieux et pas moins assassins, pas moins décapiteurs, que leurs collègues djihadistes du gang d’Al Bagdadi, devaient sortir des tunnels, sous les maisons, sous les synagogues, sous les bâtiments administratifs, sous les écoles, discrètement d’abord, puis vociférant, pour terroriser. Ils devaient surgir, à l’improviste, par centaines, déguisés en militaires israéliens, investissant les localités proches de Gaza, y terrorisant et y massacrant en masse, puis regagner les tunnels en ayant tué et/ou enlevé autant d’Israéliens que possible.
      Approuvez-vous cela ?
      Lorsqu’on lit votre site, ainsi que les commentaires qui y sont déposés et y restent un certain temps, on a la forte impression que oui. Se trompe-t-on ?
      Alors, madame le Ministre, quelle est votre position ?
      Souhaitiez-vous ce vaste massacre et kidnapping, programmés pour le 25 septembre 2014 ?
      
Êtes-vous avec le Hamas, avec ces frères jumeaux d’Al-Bagdadi et de « l’Etat islamique » qui prétend se répandre sur toute la planète ?

       
Êtes-vous avec cette peste politique, plus redoutable et meurtrière qu’un virus Ébola ?
Gaza/Le Hamas n’a pas de béton, - écrit-on effrontément sur votre site -, puisque Gaza serait privé de tout (un mensonge, comme vous le savez pertinemment).
   
      Gaza/Hamas n’aurait pas de béton, mais il a recommencé à reconstruire des tunnels militaires, où il fait travailler des enfants
 
      Gaza/Hamas n’a pas de béton, mais il a recommencé à reconstruire des tunnels militaires, où il fait travailler des enfants, des enfants esclaves militaires. Vous n’êtes pas scandalisée ?
     Le sort de l’enfance, n’est-ce pas une question qui doit vous préoccuper, de par votre fonction et votre maternité, même si le bourreau, même si l’esclavagiste militarisant l’enfance, c’est le Hamas Non, vous n’êtes pas d’accord ?
     Alors, que pensez-vous de cette odieuse militarisation esclavagiste de l’enfance ?
     Madame le ministre, j’attends avec impatience vos réponses.
     J’espère réellement que vous me détromperez, et que vos positions réelles, celles que vous allez défendre, clairement, en notre nom, ce n’est plus un enseignement chaotique de la matière historique.
     J’espère aussi, dans les mêmes termes, que votre portail cessera d’être une annexe du Hamas ce frère jumeau du «califat» Al Bagdadi.
 
 
 
                                                                                                      Bien respectueusement
                                                                                                                       Alain Rubin

06 septembre 2014

Valérie Trierweiler comme oeuvre d’art contemporain(e)

"Nous" y sommes, en plein happening, "installation" (les oeuvres, manières, "traditionnelles", sont, elles, soigneusement mises à la cave ou au placard à triple tour) puisqu'il y a même des ministres éphémères désormais. L'art on le sait serait partout, il/elle (selon la nouvelle terminologie) est là, ready made, vivante, et mort, peut-être ce sentiment de "dégoût" dont parlait déjà le 1er Ministre à propos d'un livre reportage sur DSK et qui envahit désormais la sphère publique, privée, telle une pestilence, l'oeuvre d'art Trierweiler faisant condamner Closer pour ce qu'elle décrit, elle, elle-même maintenant (est la nuit) en "reportage" dit-elle sur la manchette du livre dont elle est le contenu, elle est le livre, déification médiatique, sa version papier n'étant qu'une enveloppe, un grimoire de plus par lequel Valérie, tout en le commentant, entre au Pays des Horreurs et des Mensonges évidemment niées dans l'heure qui vient, elle-même déjà dépassée par le dernier sondage indiquant que Monsieur 13% (lui aussi, oeuvre, ready made) serait battu au second tour par Marine Le Pen qui est en train de faire le plein de "sans dents", sans rien faire, ce qui devient vertigineux, Mélenchon doit s'en mordre les doigts s'il lui en reste encore tandis que Dieudonné pense déjà au fait que la "décapitation" est un progrès, songeant à l'épuration à venir sans doute, un "progrès" au même titre en effet que la guillotine par rapport à l'écartèlement tant décrit par Foucault avec tant de fascination (dans Surveiller et Punir)tant cela ressemble à un "jeu" SM mais qui tournerait "mal" à la fin (ce qui n'est qu'un point de vue concédons-le).

Sauf que "nous" n'avons même plus besoin d'être décapités, écartelés, fouettés, étant saisis d'un coup aspirés décervelés, de l'intérieur, par ces genres de micro mécanismes médiatiques micro drones militaires façon Matrix qui s'enfonce par l'oeil les oreilles les sens l'air du temps son esprit aussi pour décomposer, imploser, regards, pensées, impressions, ce qui est bel et bien aussi un "progrès" dans ce cas au sens dieudonnésien qui cependant ne fait que continuer la conception rationaliste scientiste moderne (au même titre que les détracteurs de Marcel Gauchet qui eux visent l'instrumentalisation extensive quantitative du corps au nom de l'Idée) ou la réduction du vivre humain à une Technique, un Meccano. D'autant plus que dans ce "progrès" là d'aspiration, en interne, de toute inspiration, l'on garde une apparence, une façade, même des feux rouges (quelques lois, ou "dispositifs", obligées), quoique de plus en plus décalés, en distorsion négative (la distorsion positive nous permettrait de voyager dans le temps, ce qui n'est pas donné à tout le monde) on voit bien en effet que l'image (politique) bouge, se fracture, les couleurs s'affadissent l'écran se craquèle, comment tenir encore trois ans, 2017 (date fatidique celle du coup bolchevik) ?…

Comment tenir ? Mais tout à fait simplement, comme maintenant, tout ob/jet, dans le vide, continue sa lancée, à l'infini, tant qu'il n'y a pas d'obstacle, principe d'inertie, qu'avait mis au point Mitterrand lors de la 1ère cohabitation, il faut tenir, même si le sol s'est dérobé depuis si longtemps en réalité sous nos pieds…d'argile.

Plus prosaïquement disons que Valérie Trierweiler a accompli ce qui était déjà à l'oeuvre dans la vie sexuelle de Catherine M et dans Belle et bête de Marcelle Iacub avec DSK, mais avec quelque chose de plus : le fait que cela soit vécu de manière (in)volontaire au sens où certainement "elle" ne voulait sans doute pas que cela se passe ainsi ; mais qu'attendre d'autre d'un tel Faust du moins si l'on arrive à voir son cache avec de bonnes lunettes googlelisées, mieux que DSK en "réalité" non ?…moins le harcèlement semble-t-il, mais de la même veine : "le monde est à nous rien est à eux", eux ? Qui ? La finance ? Non, les "pauvres" ? Peut-être, puisqu' "il" le dit lui-même, les pauvres c'est sa raison d'être d'où le célèbre adage " le socialisme aime tellement les pauvres qu'il en fabrique de plus en plus" (nous y sommes), tout en s'en moquant, surtout lorsque ses propres dents rayent non pas seulement le parquet, mais aussi celui d'en dessous. Il/elle n'est pas le/la seul(e). Où l'on voit que malgré les efforts désespérés à masquer le tout en trafiquant les mots, les choses, elles, continuent, rien de nouveau sous le soleil.


31 août 2014

La « rébellion » contre Marcel Gauchet est-elle « progressiste »?

Cette question tente (vainement sans doute) de problématiser une affirmation avancée par deux des actuels accusateurs et pourfendeurs de Marcel Gauchet accusé d'être non seulement "réactionnaire" mais "contre le droit des femmes" adepte de "l'infériorisation" des homosexuels (infra) rien que cela, et ce parce que cet "authentique réactionnaire" avait osé organiser un "débat" (contradictoire) dans la revue "Débat" sur la question au fond de l'homoparentalité, et que, de ce fait, seul, il ne peut présider un colloque sur l'idée de rébellion ; nos deux éminents penseurs ont en effet bondi, refusant non seulement d'y aller mais se fendant d'un "appel" pour le boycotter. Et ce à deux reprises, appelant ainsi le banc et l'arrière banc dans un "appel collectif" (6 août).

Mais rentrons dans le vif du sujet avant de parler de toutes ces péripéties :

Ainsi pour eux, défendre la famille "traditionnelle" serait "réactionnaire" tandis qu'être "rebelle" donc "forcément progressiste" serait de militer pour… la famille "pour tous", lisons-les, interviewés par l'organe de presse idoine (les Inrocks) catalogué sans aucun doute de "rebelle"  :

"
Quelqu’un qui manifeste pour restaurer un ordre familial traditionnel, même s’il affronte la police, n’est pas un rebelle. Un rebelle est forcément progressiste, il met en question un ordre donné pour plus de désordre et plus de liberté. "

Qu'est-ce qu'un "ordre familial traditionnel " ?  Au minima, ni rebelle ni progressiste pour nos excellents intellectuels et professeurs (au moins). Pourquoi ? C'est ainsi, circulez il n'y a rien à voir. Sinon reconnaissez, avouez que vous êtes "conservateur" donc de "droite". Et si en plus de n'être ni rebelle ni conservateur vous voilà à "affronter la police" dans ce cas la "réaction" gronde (la "restauration" des ligues fascistes de 34 ne sont sans doute pas loin).

Comme si, au fond, être, vivre dans une famille hétéro, seulement, ou, en tant que telle, serait "traditionnel" donc synonyme de "réactionnaire" tandis qu'à l'inverse être homosexuel serait "progressiste", en soi. Cette affirmation, dichotomique, d'une bêtise éprouvante et de surcroît guère originale (voir par exemple  Hugo Marsan in Le Monde du 7/3/97 à propos d'un livre de Henning Bech : When men meet : homosexuality and modernity  dont je démonte l'inanité dans Éthique et épistémologie du nihilisme, 2002, La philosophie cannibale, 2006 ) est non seulement fausse mais absurde et est surtout réfutable par un seul fait, lourd :

pourquoi n'existe-t-il pas de "coming out " d'un homosexuel se déclarant en fait hétérosexuel ? N'est-ce parce que l'on peut aussi naître homosexuel et pas seulement le devenir ? Ce qui fait qu'être homosexuel, en soi, n'aurait rien de rebelle, ou alors Caligula, et nombre de nos rois de France, ont été des rebelles qui s'ignoraient (sans parler de Rohm, S.A et rebelle s'il en est tout de même). Mais nos experts en rébellion n'en ont cure et redouble d'effort sur ce crime de lèse majesté commis par Gauchet considéré comme au fond un militant de la "réaction" :

" C’est un penseur authentiquement réactionnaire, antidémocratique, obsédé par l’ordre traditionnel, qui ne fait l’éloge du peuple qu’à l’occasion de la Manifestation pour tous contre le mariage gay ; mais quand c’est le peuple qui manifeste pour la protection sociale en 1995, il écrit contre. Depuis vingt ans, il participe de tout ce qui défend l’ordre social, politique, sexuel, contre les revendications minoritaires. Le dernier numéro de la revue dirigée par Gauchet, Le Débat, se demande si le mariage pour tous est une “perversion” – c’est le terme employé ; le numéro précédent s’interrogeait sur l’immigration et la crise de l’identité nationale. Nous n’avons pas envie de discuter de cela."

Et encore :

"Mais qu’est-ce qui s’est passé dans le champ intellectuel et politique pour que lorsque quelqu’un attaque les gays et les lesbiennes, les minorités, les chômeurs…, il puisse apparaître comme un débatteur et lorsque l’on affirme, à l’inverse, que ces opinions sont inacceptables, on puisse être désigné comme censeur autoritaire ?"

Et encore :

"Nous nous insurgeons contre cette violence et nous dénonçons la violence discursive exercée sur les dominés et les minorités en général par Gauchet et les cénacles qui tournent autour de lui. Nous nous inscrivons dans un moment de reconquête : la gauche doit se ressaisir de ces thèmes, redéfinir ce qui est acceptable ou pas. Deuxième chose : la mobilisation contre nous vient, avant tout, de la droite et de l’extrême droite".

Puis :

" Si vous dites  : nous ne voulons pas accepter comme interlocuteur quelqu’un qui milite pour l’infériorisation des homosexuels, contre les droits des femmes, contre la lutte antiraciste, contre les luttes sociales, vous êtes perçu comme un stalinien ; alors que si, comme Gauchet, vous vous situez du côté de la réaction, si vous militez contre les droits des minorités, vous êtes perçu comme un démocrate qui participe au débat".

Cerise sur le gâteau :

"Cela démontre que ce qui intéresse Gauchet, ce n’est pas de parler, mais de parler en présence de gens de gauche, en présence d’intellectuels critiques, car sa parole a alors de la valeur. S’il parle en présence d’Alain Finkielkraut, Renaud Camus ou Michèle Tribalat, il n’a pas le sentiment de parler vraiment".

On le lit, que des attaques ad hominem, des contre-vérités, une rhétorique d'excommunication que n'auraient pas en effet renié les totalitaires des années 30 mais aussi des années 50, 60, 70, 2000, 2014…

Il y a plus : en quoi le fait de ne pas être "rebelle" selon leur définition interdirait de présider une rencontre sur cette question ? Au nom de quoi ?…Faut-il donc être cinéaste pour devenir critique de cinéma ? Politicien pour parler de politique ?…

Le propre de la pensée totalitaire est d'affirmer, d'imposer les thèmes et surtout de refuser toute démonstration. Comme les autres, leurs maîtres, naguère (dont j'ai disséqué en long et en large leur prose, défendue aussi à droite, dans un silence assourdissant), citons encore leur "pensée" issue du même interview :

"L’enjeu pour nous, c’est de renommer les choses, de catégoriser, de réinstaurer des fractures dans le champ intellectuel. Or, depuis une dizaine d’années, et la disparition d’auteurs comme Bourdieu, Deleuze ou Derrida qui étaient très attentifs à ces questions, on s’est peu à peu mis à accepter le fait que tout le monde débatte avec tout le monde. Nous nous inscrivons dans leur filiation : nous voulons faire éclater le champ intellectuel tel qu’il fonctionne aujourd’hui, faire advenir un nouveau champ".

Ces deux protagonistes sont en réalité les produits à l'état pratiquement pur des nouvelles factions d'extrême gauche adeptes de l'épuration permanente (à défaut de la révolution du même non), celle d'un monde dégorgé de la contradiction (Deleuze était en effet contre), pas loin de la Gueuse décapitée (la République sans tête). Ils veulent ainsi créer leurs propres espaces, être entre eux, sanctuariser donc encore plus le débat intellectuel, voilà ce que pensent ces si éminents penseurs ; on peut alors comprendre pourquoi du haut de telles hauteurs spirituelles si denses et si arides, ils regardent avec mépris un Marcel Gauchet qui a osé débattre d'une question interdite dont le contenu est incréé, sacré, suc de la rébellion elle-même depuis les années 68, un tel crime ne pouvait resté impuni, bracelet électronique donc pour Marcel Gauchet :boycotté lorsqu'il prétend présider des débats sur la "chose", jusqu'à complète soumission.


16 mai 2014

BOUDAREL, le monstre français du camp 113

Commissaire politique stalinien du Viêt Minh, « Les tortionnaires se ressemblent… Ils appartiennent à la sombre patrie des bourreaux et insultent d’abord à notre espèce avant de salir, au hasard des guerres, le drapeau de leurs victimes » (Pierre Moinot)
 
Dès le déclenchement de la deuxième guerre mondiale l’Indochine fut envahie par l'armée japonaise qui occupait déjà la Chine et qui avait proclamé en 1938 sa volonté d'éradiquer toute présence d'homme blanc en Extrême-Orient allant jusqu’à introniser, à son départ, le 2 septembre 1945, le gouvernement communiste Hô Chi Minh.
Lors des hostilités avec la France, le Viêt Minh effectua de nombreuses prises d'otages, incluant des civils. Beaucoup de prisonniers militaires français passèrent dans des camps d'internement situés dans les régions sous contrôle indépendantiste et furent soumis à une tentative de « rééducation marxisante » par des commissaires politiques au nombre desquels des communistes étrangers et Français faisaient montre d’un zèle excessif… Ainsi le PCF, par la voix de ses responsables, Maurice Thorez, Jacques Duclos, le couple Joliot-Curie… joua un rôle essentiel, non seulement dans la conception, mais aussi dans l'exécution du lavage de cerveau.
Le sort des prisonniers dans ces camps de rééducation fut longtemps méconnu du grand public. L’affaire Georges Boudarel  contribua à la rappeler à l'opinion dans les années 1990.
Militant du parti communiste français, chrétien progressiste et marxiste, Georges Boudarel naquit en 1926. En avril 1948, il s’embarqua pour l’Indochine comme  professeur de philosophie et anima l'antenne indochinoise du PCF, le groupe culturel marxiste auquel Jean Chesneaux, l’historien communiste, appartint.
Le 17 décembre 1950, refusant d’être incorporé dans l’armée française et considéré comme « insoumis » puis déserteur, il rejoignit le Việt Minh et se rendit après une longue marche au Tonkin où, en 1953, il fut nommé commissaire politique dans un camp de rééducation de prisonniers, le camp 113.
Situé près du village de Nam Nahm, à 25 km à l'ouest du kilomètre 32 de la RC2 (60 kms au sud de la frontière de Chine et 30kms au sud-ouest de Bac.Giang), ce camp, insalubre, connut très vite une intense activité mortuaire… Son cimetière débordait de cadavres que les grosses pluies d'automne déterraient. Les rats pullulaient et s'attaquaient aux mourants à l'infirmerie. Dès lors, la situation sanitaire devint telle qu’il fallut évacuer ce camp et le reconstruire 30 kilomètres plus à l'est, au nord de VINT-THUY, non loin de la RC2, près de LANG-KIEU.

Quelque 320 prisonniers, survivants d’un triste bétail pensant, abandonnés à leurs délires, à leurs rêves et à leur rancœur, tous d’origine européenne, officiers, sous-officiers et soldats, croupissaient dans ce camp dans des conditions infâmes d’alimentation, d’hygiène et de prophylaxie. A l’infirmerie, véritable antichambre de la mort, des squelettes vivants agonisaient, vaincus par la faim, la maladie et rongés par la vermine, sous un essaim de grosses mouches vertes. Ils étaient, en effet, vidés par la dysenterie, minés par le paludisme, l’avitaminose, les ascaris, la peau rongée par les champignons de la dartre annamite, de la bourbouille et du hong-kong-foot. Parmi ceux qui n’avaient  plus aucune réaction et qui allaient mourir le soir même ou dans la nuit, certains avaient les lobes d’oreilles et la base des narines entamés par les rats. C’était un spectacle affreux.

Tous ceux qui étaient admis à l’infirmerie mouraient. Les agonisants attendaient la mort, les épuisés prenaient la place des agonisants, les sans-espoirs succédaient aux épuisés, les nouveaux arrivés comblaient les vides entretenant ainsi le cycle. Dans un endroit retiré, des latrines avaient été creusées où grouillaient des millions d'asticots qui donnaient naissance à des multitudes de mouches vecteurs de toutes les maladies, véritable « pont aérien entre ce lieu et les cuisines » selon le mot même de Boudarel. Le taux de mortalité variait entre 25 et 40 décès par mois, et même plus, selon les saisons.
C’est en ce lieu sinistre que Boudarel, surnommé « Dai Dông », mit au point ses sévices chaque jour plus raffinés et excella dans le lavage de cerveau imprégné des doctrines du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien.
Dans ce « mouroir », sa spécialité : « La mise à mort sans toucher » consistait :
à abreuver de cours de "rééducation politique" des hommes blessés, malades, éreintés, affamés
à obliger les moribonds à se lever pour assister à ces séances, qui contribuaient à les achever
à exploiter la pratique clé la « critique et de l’autocritique » pour créer un détestable climat de méfiance, de discorde et de délation :

à remettre au Vietminh des médicaments parachutés par la Croix Rouge Française et en les refusant aux malades abandonnés sans soins
à réserver aux évadés repris un sort qui menait à une fin quasi certaine
à établir lui-même la liste des « libérables », c’est-à-dire en s’attribuant le droit de vie et de mort
à pousser la cruauté jusqu’à renvoyer au camp des prisonniers déjà sur le chemin de la libération : Certains en mourront de désespoir
à détenir un record de mortalité, avec 1 à 8 décès par jour.

Boudarel étant devenu le « conseiller technique » pour l’action psychologique, les chefs des 130 camps Việt Minh appliquaient avec zèle, sur ses indications, les séances de tribunal populaire destinés à juger ceux qui étaient considérés comme « fautifs ». Les prisonniers subissaient des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.
Ils furent, ainsi, victimes « d'agressions psychologiques découlant d'une doctrine monstrueuse, appliquée par un État pratiquant une politique d'hégémonie idéologique et d'intolérance active ». Tous les éléments du génocide constituant le crime contre l'humanité furent réunis, tel que le définit la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 : « Atteintes graves à l'intégrité physique et mentale du groupe ; soumission intentionnelle de celui-ci à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ».

Par ailleurs, en dépit de leur extrême faiblesse, tous ceux qui pouvaient tenir debout participaient aux corvées et aux activités du camp.  « Si pas travailler, pas manger ! » Telle était la devise du surveillant général.
« Notre estomac est un chien enragé qui glapit, s’élance et se déchaîne, déchire les entrailles de ses dents »…
Pour preuve de son implacable inhumanité et de la jouissance dont il devait probablement se repaître, Boudarel fit condamner à mort Jean CHAMINADAS qui commandait la 7ème Compagnie du 5ème Régiment Etranger d’Infanterie au motif d’avoir tenté trois évasions et tué une sentinelle lors de la dernière. Mais là ne s’arrêta pas son abjection…

Il demanda au frère du condamné, Max CHAMINADAS, également prisonnier, de commander, en personne, le peloton d’exécution… ce que Max refusa, évidemment. Qu’à cela ne tienne : Jean fut exécuté, pour l’exemple, sous les yeux de ses camarades d’infortune. Aujourd’hui, sa dépouille (ou ce qu’il en reste) repose au mémorial dédié aux « Morts pour la France » implanté à Fréjus.
 Parmi les punitions – identiques à tous les camps- l’une des plus terribles était le séjour prolongé dans la sinistre « cage à buffles» sous une maison sur pilotis où le prisonnier, attaché à un poteau dans une eau putride sans pouvoir se protéger des piqûres d’insectes, était supplicié jusqu‘à la folie et la mort.

Durant l'année de son activité au camp 113, Boudarel reconnut lui-même un taux de mortalité atteignant les 70 %. Sur les 320 prisonniers Français, 278 moururent de mauvais traitements et de torture physique et psychologique.
Lorsqu’ils débarquèrent à Marseille, les survivants, squelettes ambulants ou morts-vivants portés sur civière, furent la cible des jets de boulons, de crachats et d’injures par des dockers communistes de la CGT.
Inculpé de trahison Georges Boudarel fut condamné à mort par contumace en juin 1953. Après les accords de Genève, ce tortionnaire, bénéficiant de la loi d'amnistie gaulliste du 18 juin 1966, revint en France et fut aussitôt coopté au CNRS par ses amis communistes pour y préparer une thèse de troisième cycle d’histoire à l’université Paris VII Jussieu. Il devint maître de conférences à Jussieu et ces mêmes communistes et syndicalistes feront ensuite valider ses années « d’expérience » en Indochine pour favoriser sa carrière…
Durant ces années, il fréquente assidument les milieux trotskistes, en particulier la ligue d’Alain Krivine et comptera parmi ses amis et « protecteurs » Gisèle Halimi, Suzan Sontag, Marianne Schaub, Laurent Schwartz, Marcel Kahn, Madeleine Rebérioux… tout le gratin de la gauche intellectuelle qui sera à l’origine de la création de la « Ligue Contre Révolutionnaire ».
Le 13 février 1991, lors d'un colloque au Sénat sur le Vietnam auquel Boudarel participait, il fut reconnu et apostrophé par Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d'État aux anciens combattants ayant lui-même participé à la guerre d'Indochine durant laquelle il avait été prisonnier pendant 4 ans dans le camp 113.

« Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente ! » vitupéra Beucler.

L’affaire fit grand bruit, d’autant plus que Boudarel adopta une attitude provocatrice, affirmant ne rien regretter et allant jusqu’à se moquer publiquement de ses anciennes victimes.
D'autres témoignages furent déposés ensuite contre Boudarel qui fit l'objet en 1991 d'une plainte pour crimes contre l'humanité déposée par d'anciens prisonniers français du camp 113. Contre toute attente, articles et pétitions en faveur de Boudarel ne manquèrent pas dans le camp « progressiste » (Jean Lacouture, Pierre Vidal-Naquet…) et la justice rejeta l‘accusation de crime contre l’humanité portée par une association d’anciens combattants, au motif que les faits étaient couverts par la loi d’amnistie de 1966 (1).
Suprême dérision : Soutenu par l’ensemble de la gauche intellectuelle, il échappa également à toute sanction dans le cadre universitaire.
 A 65 ans, l’ancien commissaire politique du camp 113 put en toute légalité faire valoir ses droits à la retraite. Il mourra paisiblement dans son lit le 26 décembre 2003 à l’âge de 77 ans.
« Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » (Racine)
 
José CASTANO
courriel : joseph.castano0508@orange.fr
 
(1)   En 1966, le parti communiste fit voter au Parlement (avec l'accord des gaullistes au pouvoir) une loi d'amnistie qui couvrait les crimes ou délits « commis en liaison avec les évènements consécutifs à l'insurrection vietnamienne ».
 
« L‘inhumanité des camps Viêt Minh rejoint et égale celle des camps nazis »  (Capitaine Pierre MONTAGNON – Officier putschiste du 2ème REP – « Les parachutistes de la Légion »)
 
-o-o-o-o-o-o-o-
 
- Le nombre des militaires français capturés durant le conflit indochinois, répartis dans une centaine de lieux de détention, s'élèvera à 37.979 dont 28% seulement survivront, soit 10.754. Leur mortalité sera donc très supérieure à celle des camps d'extermination nazis considérés comme la honte de l'humanité.
- De 1945 à 1954, il y eut environ 37 000 prisonniers militaires aux mains du Vietminh. 71% moururent en captivité, soit environ 26 200 personnes.
- Sur les 2000 soldats français capturés en 1950 lors du désastre de la RC4, il ne restait plus en 1952, au camp n°1, que 32 survivants. Le taux de mortalité fut donc de plus de 90%.
- Sur les 11 721 prisonniers de Diên Biên Phu qui durent endurer une marche de la mort pour regagner les camps, 70 % périrent en moins de 4 mois. Seuls, 3 290 d’entre eux reviendront de captivité
- Le Viêt Minh ne reconnut jamais la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et pendant toute la durée du conflit, la Croix Rouge ne reçut jamais l’autorisation de visiter les camps.
 
-o-o-o-o-o-o-o-
 
Cliquez sur ces liens (ctrl + clic) :
 
- boudarel 91 – Vidéo Dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/x6qom_boudarel-91_news
1        juil. 2006 … Manifestation unitaire de mars 1991 organisée par l'AF contre le tortionnaire Boudarel.
 
-          Cliquez sur : Les camps de la mort
 
-o-o-o-o-o-o-o-
 
COMMUNIQUÉ DE L’ANAPI
 
L’Association Nationale des Anciens  Prisonniers Internés, Déportés d’Indochine (ANAPI) et ses adhérents ont été choqués des propos trop élogieux tenus par Monsieur FABIUS (voir texte ci-dessous), lors de son éloge funèbre au général GIAP, salué comme un « homme exceptionnel ».
En effet on ne peut pas, en ce qui concerne GIAP, dissocier le tacticien militaire du responsable politique du Parti communiste indochinois pour lequel il fut ministre de l’Intérieur et ministre de la Défense.
Il est donc un des responsables des conditions inhumaines de captivité pour les combattants de l’Union Française, prisonniers du Viet Minh dont -  sur 36 979 -  26 225 sont morts dans les camps, soit un taux de mortalité de 71%.
Les survivants et les veuves, ne peuvent pas comprendre qu’un ministre français attribue à Giap des qualités qui ont coûté si cher à l’Armée Française et à la France.
 
*******
« J’ai appris avec émotion le décès du Général Giap. Ce fut un grand patriote vietnamien, aimé et respecté par tout son peuple pour le rôle éminent et fondateur qu’il a joué pour l’indépendance de son pays.
Il était profondément attaché à la culture française et parlait d’ailleurs parfaitement notre langue. Le Général Giap fut un grand patriote et un grand soldat. Alors que la France et le Vietnam sont devenus désormais des partenaires stratégiques, je salue aujourd’hui la mémoire d’un homme exceptionnel et présente mes profondes condoléances à sa famille et au peuple vietnamien. »
Laurent FABIUS
*******
 
- Sites : www.anapi.asso.fr – courriel : contactanapi@gmail.com
ET
www.anai-asso.org – courriel : contact@anai-asso.org
 
-o-o-o-o-o-o-o-
 
Pour rappel :
 
S'inspirant des écrits de Mao Tsé Tung, « le grand frère chinois », Giap élabora les règles de la prise en main et de l'exploitation des masses par la propagande. Il définit le lavage de cerveau comme le prosélytisme populaire du communisme, susceptible de retourner le peuple pour l'amener à détruire l'ordre ancien et à créer un monde nouveau. Tel était ce « grand patriote et ce grand soldat (sic) » dont Laurent FABIUS a honoré la mémoire avec faste, au mépris des souffrances de nos soldats, au mépris de nos morts, au mépris des survivants de familles encore en deuil !
… Oui, c’est cet inénarrable ministre des affaires Etrangères, (jadis, « ministre du sang contaminé ») qui a rendu hommage à ce bourreau !… ce même ministre qui, associé à son chef de file, voulait bombarder –par « souci humanitaire »- la Syrie de Bachar El Assad… ce même ministre qui soutient les rebelles syriens recruteurs des jeunes « pommés » de nos banlieues pour les former au djihad.
Profondément apatrides, aux mœurs barbares, après les divers clips d’égorgements, décapitations et mutilations multiples dont ils s’enorgueillissent, récemment, la chaîne d’information BFMTV nous a livré un aperçu de leur bestialité en diffusant les images de ces « jeunes français désœuvrés » traînant derrière un pick-up aux cris d’« Allah Akbar ! » des cadavres de soldats de l’armée régulière syrienne. Images glaçantes et terrifiantes.
Selon le quotidien algérien EL WATAN du 28 janvier 2014, Al Qaîda entraînerait des centaines de « jeunes » issus des pays européens en Syrie et on estime à 700 (au moins) le nombre de jeunes musulmans de France séjournant dans ce pays.
Ces entraînements portent également sur la fabrication des véhicules piégés. Une fois la technique intégrée et apprise, ils retournent dans leurs pays respectifs pour former des cellules terroristes comme en témoigne la récente arrestation de l’un d’eux à Mandelieu (06) alors qu’il s’apprêtait à commettre un attentat avec un explosif de fabrication artisanale. Et voilà donc qui sont ces « rebelles » que l’on voudrait défendre et armer par « souci humanitaire »… Nous sommes très loin de l’angélisme affiché par Laurent Fabius qui ne voyait que la nécessité d’intervenir aux cotés de « valeureux combattants » dressés contre le régime totalitaire d’El-Assad.
Une autre « perle » de notre ministre (qui, la main sur le cœur, ne cesse à chaque libération d’otages –notamment de journalistes imprudents- de clamer avec une innocence infantile que « la France ne verse pas de rançons »), c’est –conforté par la passivité de nos parlementaires- la menace qu’il a proférée à l’endroit de la Russie de ne plus lui vendre des navires porte-hélicoptères Mistral si « Poutine continue ce qu’il fait en Ukraine ». Les porte-hélicoptères, c’est 1.000 emplois pendant quatre ans à Saint-Nazaire… mais il est vrai qu’en France, nous n’avons aucun problème avec l’emploi et que notre balance commerciale est « excédentaire »…
 
Voici de quoi sont capables, en réalité, ces pauvres rebelles que Messieurs FABIUS et consorts voudraient aider par « souci humanitaire »…
C’est assurément parce que la vitesse de la lumière est plus rapide que celle du son, que tant de gens paraissent brillants avant d’avoir l’air con…
 

 
-o-o-o-o-o-o-o-o-
 
« Le devoir de mémoire incombe à chacun… rendre inoubliable. Ceux qui sont morts pour que nous vivions ont des droits inaliénables. Laisser la mémoire se transformer en histoire est insuffisant. Le devoir de mémoire permet de devenir un témoin… »
Cette page est dédiée à la mémoire de tous ceux qui ont servi dans cette souffrante et aimante Indochine et qui l’ont arrosée de leur sueur, de leurs larmes et de leur sang. Puisse le philtre de l’oubli n’avoir jamais d’emprise sur eux afin qu’ils ne soient pas assassinés une seconde fois et, pour reprendre le mot célèbre d’Henri Guillaumet, aviateur perdu dans la Cordillère des Andes, nous pouvons leur dire : « Ce que vous avez fait, aucune bête au monde ne l'aurait fait ! »
Vous, anciens d’Indo ; vous, prisonniers des camps de la mort ; vous, martyrs de l’ignoble, recevez l’hommage de ma profonde compassion.
Semper fidelis – J.C
 


29 septembre 2013

Depardieu, Bardot, cathos : les chiens de garde se déchaînent

(publié le 5/01/13)

Le chien de garde de la pensée totalitaire néo-communiste s'en prend à Bardot en la traitant d'anti-musulmane parce qu'elle ne supporte pas l'égorgement rituel qui n'assomme pas au préalable l'animal, elle ne doit pas le dire, non, silence, il crache aussi tant qu'à faire sur Depardieu en le traitant d'"épave" (par exemple Claude Askolovitch sur RTL puis sur I-télé le même 4 janvier 2013) parce que Depardieu ne partage pas sa conception confiscatoire de la richesse, et il soutient évidemment Peillon dans sa remontrance envers la demande de débat annoncée par le secrétariat de l'Ecole catholique, en agitant l'idée que certains homosexuels vont faire des T.S ; ce qui est là le summum de la pensée no frustration children qui a fait "l'enfant roi" ou comment imposer "le droit à" comme un désir incompressible à satisfaire sous peine d'implosion, chantage similaire au fait de dire que Merah a été poussé par l'islamophobie ambiante comme n'ont pas peur d'avancer ceux qui par contre se taisent lorsque des dizaines de milliers de Syriens se font massacrer.

Que Bardot et Depardieu puissent être critiquables dans leur engouement envers Poutine est un fait, mais de là à s'en servir de prétextes pour régler des comptes avec des personnalités de poids qui osent se rebeller contre le politiquement correct français, cela devient franchement méprisable, surtout provenant de créatures décervelées qui ne savent en effet pas comment l'économie réelle fonctionne (mais elles ne sont pas les seules il est vrai) corrélant comme d'habitude richesses et pauvreté, critique de l'islam et racisme, refus du mariage pour tous et homophobie ; ce sont ces raccourcis qui font dire que ces créatures sordides sont des chiens de gardes invétérés dont l'aboiement enragé dévoile bien tout ce qui se cache de totalitarisme rentré qui ne demanderait pas grand chose pour se déverser en purge de tout ce qui ne pense pas "bien".

Ces chiens de garde restent persuadés que le débat n'est même plus nécessaire sur toutes ces questions, à l'instar dudit réchauffement climatique posé comme un fait acquis dont la critique est immédiatement classée de "négationnisme" avec comme effet concret de perdre son poste ou de se voir isolé dans son laboratoire, Marcel Leroux par exemple en est mort quelques temps après ; idem désormais pour ces autres sujets : critiquer le mariage pour tous devient non seulement réactionnaire mais relève désormais de la psychiatrie politique en attendant les tribunaux d'exception puisque la "phobie" y est décelée, tout comme pour l'islam censé uniquement avoir été "dévié" par des méchants, même Charlie Hebdo se couche vers la direction "licite".

Et ne parlons pas de ce désir de réussir sa vie qui rime nécessairement avec "en écrasant les autres", cette philosophie est enseignée dès la primaire où le premier de la classe est mal vu, traité de bouffon et de vendu, surtout si c'est une fille et qu'elle est blonde ; nous vivons dans un monde renversé où la moindre critique contre le nouvel ordre moral apparaît comme un crime de lèse-majesté et les Orques du style Askolovitch ont vite fait de rappeler à l'Ordre, et d'applaudir quand la trique montre son bout de nez alors que l'école privée aimerait bien ne plus être sous contrat qui s'avère être plus un frein, aujourd'hui une muselière, alors que ceux qui mériteraient cette dernière continuer de cracher leur venin tandis que l'illettrisme fait son chemin.

Le Titanic France coule, mais il ne faut pas le dire, non, juste mourir en silence, mourir de rire à la rigueur (huit humoristes sur les dix personnalités les plus prisées du moment en France), euthanasie assistée et générique, tandis que Hollande se démultiplie façon M. Smith dans Matrix afin de faire croire qu'il va inverser la courbe du chômage alors que le système mis en place en France depuis des décennies fait tout ce qu'il faut pour que l'emploi, réel, se fasse de plus en plus rare.

Mais les chiens de garde ont raison : il faut faire peur, laisser croire que l'Etat fait de bonnes dépenses, qu'une protection sociale privée ne serait que misère et injustice alors que chacun s'assure bien de façon privée contre le vol l'incendie l'accident. Il faut aussi culpabiliser en laissant croire que si l'on gagne plus c'est que l'on a bénéficié d'une chance que le sdf d'en bas n'a pas eu, c'est la même culpabilité qui faisait dire aux enfants de bourgeois adeptes de la veuve Mao et des Khmers rouges qu'il fallait aller plutôt à l'usine qu'à l'université, alors que ces injustices, là, ne se résolvent pas en ajoutant encore plus d'injustice mais en faisant en sorte que les personnes employées dans les fonctions les plus ingrates soient formées dans des métiers plus en accord avec leurs capacités ou la nécessité de se demander pourquoi la formation va mal en France, pourquoi tant d'emplois ne sont pas occupés alors qu'il y a tant de chômeurs, pourquoi les emplois de demain, déjà prévisibles il y a des décennies, ont été écartés par une classe politique plus à même de financer des emplois plombés de toute façon par des coûts excessifs du fait de charges trop lourdes, plutôt que d'inciter à ce qu'une domotique et une robotique deviennent bon marché, en parallèle à des productions sophistiquées en nano et bio tehnologies afin que l'on prolonge la vie plutôt que de l'euthanasier.

La France manque d'ingénieurs paraît-il, justement aussi parce que les chiens de garde ont maudit tout ce qui peut avoir l'apparence de la science et de l'effort au profit du tout people et de l'assistance généralisée, tandis que l'on se trimballe dans un pays musée, usé, les jeunes seront ainsi plutôt formés à l'art contemporain qu'à la physique chimie; ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas réformer celles-ci en les intégrant comme naguère dans une philosophie une métaphysique au lieu de les isoler, réitérant ainsi la vieille éducation scientiste qui préférait étudier l'animal mort que vivant ; peut-être d'ailleurs que tout le non débat autour de l'aéroport de Notre Dame des Landes est aussi un abcès en attente de crever, un de plus…et là,  les chiens de garde ne pourront rien y faire.

Au fond, que les deux plus grandes icônes des années 60 et 80 ne supportent plus de vivre en France en dit long sur notre état d'étouffement, littéralement (méta) physique.


13 juin 2013

Quelques remarques à propos des catastrophes et de l’énergie

La référence à la catastrophe est invoquée à tort et à travers, et notamment lorsqu’il s’agit de l’énergie et de l’avenir, de l'avenir de l'énergie. Clarifier les idées sur le concept de catastrophe, sérier un tant soit peu ce qu’il recouvre, vue l'importance "paradigmatique" qu'il a pris dans l'exposé des motifs, constitue un préalable avant toute réflexion programmatique dans le domaine de l’énergie.

À cela on doit adjoindre d’emblée la contestation la plus ferme de deux idées, d’abord celle d'une situation d’urgence qui imposerait d’adopter dans la précipitation des mesures drastiques à grande échelle propres à éviter la réalisation d’un risque hypothétique (dont la possibilité ou l'échéance de réalisation sont respectivement improuvable ou inconnue), ensuite celle qu’il serait du devoir de notre génération, avec ses moyens et connaissances datés, de trouver et déployer une stratégie censée résoudre les problèmes de l'approvisionnement énergétique de l'humanité pour les siècles à venir (hier, de 1944 — on parlait alors de « zero cost energy » — à 1987 lorsque le barillet de Superphénix s'est fissuré — on aurait pu judicieusement évoquer le « zero energy cost » —, la surrégénération du plutonium était censée relayer la pénurie annoncée d'uranium et de combustibles ; aujourd'hui — en fait depuis le milieu des années cinquante — on s'en remet à la fusion thermonucléaire contrôlée).

Notons que ce "devoir de résoudre définitivement les problèmes du futur" est d'autant plus impérieux que la croissance indéfinie des "besoins" reste le corollaire du "progrès" ; rien de plus naturel alors que les deux solutions prétendument définitives aient été imposées par le complexe physico-industriel, celui que constituent la physique nucléaire et les secteurs des industries lourdes, métallurgiques, mécaniques, électriques et leurs périphériques de pointe : la rhétorique de la première légitime les moyens et débouchés concédés aux seconds… et vice versa.

Les dites solutions définitives plaisent d'autant plus qu'elles promettent d'affranchir l'humanité des limites des ressources spontanément "offertes" par la nature : combustibles fossiles, gisements éoliens, maritimes et hydrauliques, surfaces de captage de l'énergie solaire et productivité de la biomasse. L'hubris prométhéen n'est plus l'apanage du héros en révolte contre la finitude de sa condition : celle-là devient le mot d'ordre et la revendication des masses aliénées. Il faudrait en tirer la conclusion : le châtiment devra être partagé par tous et , au delà, par toute la biosphère.

Cette partie débute par une sorte de coda qui tire en quelque sorte les conclusions des passages précédents, consacrés à discuter la question de la catastrophe.

Vous avez dit catastrophe(s) ?


A force d'employer des vocables extrêmes à propos de tout et n'importe quoi, on en arrive à tuer toute réflexion autonome : on prononce le mot magique et le débat est clos. L'art de la propagande — aujourd'hui on préfère parler de communication —, consiste à mettre en rapports serrés un projet, une stratégie ou une politique avec le ou les mots magiques qui rendront les premiers incontestables, mieux qui disqualifieront définitivement tous ceux qui oseraient les critiquer. La vérité scientifique dans quelque domaine que ce soit dépend du rapport de force institutionnel établi par les groupements d’intérêts en présence : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. »

La raréfaction historique par épuisement du pétrole, du gaz, puis du charbon engendreraient des catastrophes, à défaut de ne pas être une catastrophe en soi. Si c'en était une, du moins celle-là n'aurait-elle lieu qu'une fois !
Le quadruplement du prix des combustibles, à partir d'un « régime de croisière baissier », provoquerait une catastrophe économique (d’où la pseudo-panique française d’octobre 1973).

Une crise géopolitique interdisant l'accès à une part significative des ressources conduirait à de catastrophiques difficultés d'approvisionnement et un risque d'enchaînement de conflits probablement catastrophique.

Dans un registre plus statistique, un avion qui s'écrase ou un train de voyageurs qui déraille est une catastrophe. Une coup de grisou dans une galerie de mine chinoise représente une lamentable catastrophe d’un autre âge, prénucléaire. Une explosion volcanique offre la plus spectaculaire des catastrophes. Un cyclone tropical s'approchant d'une côte densément peuplée annonce une catastrophe majeure, de même un fleuve lorsque son débit enfle et menace de rompre ses digues. Une invasion de criquets pélerins ne peut qu'être qualifiée de catastrophique… depuis les sept plaies d’Egypte. On parle de sécheresses et d'épidémies catastrophiques. Un verrou de lac glaciaire qui cèderait sous l'effet d'un réchauffement climatique et/ou d'une raréfaction des précipitations neigeuses, voilà une catastrophe new look à verser au dossier d'accusation du gaz carbonique.
Mais, plusieurs années de surproductions agricoles résultant de circonstances bioclimatiques exceptionnellement favorables conduisent aussi à une catastrophe : l'effondrement des cours, une fois les capacités de stockage saturées.

Il serait particulièrement mal vu de mettre en cause le statut de catastrophe de tous ces exemples et des innombrables homologues dont on aurait bien du mal à épuiser la liste, Chacun suscite son lot de fantasmes et d'émotions, cultivés avec constance par la compétition entre les media de masse. Concernant l’énergie, rares, en tous cas minoritaires chez nous, sont les politiques qui ne cèdent pas à l'injonction d'annoncer la bonne nouvelle : la solution est là, un moindre mal pour certains cependant, le recours aussi général que possible à l'énergie nucléaire. Quiconque ne propose pas d'en tirer le plus large profit prend le risque de sombrer dans le ridicule sous les accusations de passéiste, d'ennemi du progrès, d'écolo naïf, de doctrinaire anti-nucléaire, sinon d'esprit faible malade de la trouille des radiations.

En effet, à prendre l'air du temps dans le pré hexagonal de la fille aînée de l'orthodoxie nucléaire (il s'agit bien d'orthodoxie, au sens historique du mot, car contrairement au catholicisme, universaliste par excellence, l'orthodoxie est fondée sur un lien étroit entre pouvoirs religieux et politique nationaux), les seules catastrophes qui n'en sont pas, ou si peu, sont les catastrophes atomiques et radiologiques (sauf si Al Qaïda arrive à divertir quelques curies de déchets nucléaires… ; la physique ne déploit d’effets délétères que si l’intention est mauvaise, merveilleuse assertion de la pensée magique). Nos bombes sont plutôt propres et les centrales si sûres qu'on serait malavisé de ne pas en implanter partout où leur refroidissement est assuré.


Les catastrophes et l’Histoire.


Si l’on tient à conserver aux catastrophes leur signification mathématique particulière, seules celles qui constituent le moment et le moyen d’une rupture dans le cours des choses, une bifurcation, sont à qualifier comme telles. Ce sont les seules qui n’ont besoin de se produire qu’une fois. De la longue liste non exhaustive ci-dessus, il ne reste alors plus grand chose. Concernant le domaine de l’énergie, pour nous limiter à l’objet de ce papier, les deux événements majeurs de 1973, puis 1979 — les deux chocs pétroliers — n’ont rétrospectivement pas modifié durablement le mode de production industriel.

Même le décollage du secteur électronucléaire ne saurait en être considéré comme une conséquence autre que symptomatique. Il résultait en fait de décisions bien antérieures : le programme Atom for Peace d’Eisenhower autorisant et favorisant la diffusion des technologies les moins proliférantes, d’une part, et pour ce qui concerne la France, d’autre part, la stratégie mise en place par André Giraud du CEA, en accord avec Marcel Boiteux d’EDF, de 1969 (départ du Général) à 1971 (accord initial de Superphénix avec les Allemands — partenaires depuis 1961 dans les travaux préliminaires sur la filière plutonium-sodium —, abandon du graphite-gaz pour Westinghouse, décision de faire Eurodif et d’étendre l’usine de La Hague).

Le contrat de programme de 1974 ne faisait que reprendre le plan de construction de centrales à eau légère à l’horizon 85 recommandé par la Commission PEON en 1971, en faisant passer la pilule au nom de la lutte contre le pétrole « arabe ». La technocratie nucléaire française n’avait donc pas besoin des chocs pétroliers pour imposer ses projets. Le seul effet de ces deux chocs : la décision de créer et consolider un système électrogène « tout-nucléaire » par captation d’un marché vulnérable, celui de l’habitat et du tertiaire dont la conquête avait commencé au début des années 60 (promotion du « compteur bleu » et du chauffage électrique pour profiter de la baisse tendancielle du prix du pétrole). L’histoire de cette période montre que l’industrie a continué d’investir as usual pour réduire ses consommations d’énergie, y compris d’électricité.

Ce sont les consommateurs individuels et le secteur des services, subjugués par une propagande quasi hégémonique et par l’influence organique d’EDF dans toutes les administrations et institutions, et à tous les niveaux hiérarchiques et géographiques, qui ont donné raison aux ambitions pharaoniques des promoteurs du programme. En partie seulement cependant, puisque malgré une pénétration de l’électricité à peu près double de celle rencontrée dans ces secteurs chez nos voisins européens le système de production électrique français connaît une surcapacité durable, non voulue au départ (au nom de l’argument : le nucléaire a ses nuisances donc, même si on en fait beaucoup, il faut l’ajuster aux besoins nationaux), que l’on exploite depuis comme un argument commercial favorable à la balance des échanges du pays. L’amnésie collective autorise toutes les pirouettes.

Pour l’Histoire, la décision d’abandonner le graphite-gaz au profit de l’eau légère a été prise moins d’un an après un gravissime accident survenu sur la première centrale sous license Westinghouse implantée à Chooz dans les Ardennes et exploitée conjointement avec les Belges. J’ai reproduit dans mon livre « Technocratie française » (Pauvert, 1977) le contenu d’un rapport secret d’EDF (daté de juillet 1974) relatant cet « incident » survenu en 1968, un an après la mise en service du réacteur. Suite à deux blocages consécutifs de grappes de contrôle, l’examen des boîtes à eau à l’entrée des générateurs de vapeur a révélé « un fort martèlement des plaques tubulaires par des débris métalliques ». Notons qu’aucune mesure ne fut prise après le premier blocage (grappe de contrôle N° 43)…

Le rapport poursuit en ces termes : « L’analyse de l’incident a mis en évidence :

- la rupture de 40 des 80 vis d’assemblage des viroles support de cœur,
- l’usure de l’écran thermique aux cavaliers d’appui sur les consoles solidaires de la cuve et déplacement latéral de cet écran,
- des fissures au voisinage des soudures, de 2 des 3 pontets supérieurs d’assemblage des 3 tiers d’écran thermique,
- des dégâts sur les tubes de guidage des éprouvettes métallurgiques,
- la rupture de 5 des 32 tirants reliant la plaque support du cœur à la plaque coulée inférieure. »

Rude apprentissage. On était passé très près de configurations accidentelles hors dimensionnement du système de sécurité : soit la désolidarisation de l’écran thermique (qui assure la circulation de l’eau de refroidissement primaire au travers des assemblages de combustible), soit la dislocation du cœur. Dans les deux cas (ce que montraient les problèmes avec les grappes de contrôle), l’arrêt de la réaction en chaîne n’aurait pu être instantanné, alors que l’évacuation de l’énergie produite aurait été gravement compromise. Bref, une catastrophe radiologique venait d’être évitée quasi par hasard (à ce niveau de dommages, le processus d’autodestruction engendré par les vibrations connaît une progression exponentielle…). Mais, rétrospectivement, il est clair que pour EDF et l’industrie nucléaire, la vraie catastrophe à éviter était en l’occurrence la divulgation de cet « incident ». Se serait-elle produite que les tenants du graphite-gaz, encore nombreux et influents, auraient probablement réussi à torpiller le deal Giraud-Boiteux.

Dans la confusion qui en aurait résulté il est quasi certain que le développement singulier de l’électronucléaire en France n’aurait pas eu lieu et que le pays aurait conservé des capacités d’adaptation et de diversification qui lui font plutôt défaut depuis : la politique énergétique n’aurait pas été surdéterminée par l’électronucléaire et une bonne part de la géopolitique du pays n’aurait pas été influencée par l’obsession de trouver des partenaires et/ou des clients pour l’industrie atomique nationale (d’autant plus que le graphite gaz étant proliférant, les Américains auraient combattu toute exportation de technologie nucléaire française). Pour une bifurcation, ç’aurait été une sacrée bifurcation.

Drôlement chanceux le lobby. Il venait de frôler le désastre technique et r adiologique — le vent du boulet atomique au ras des oreilles — et réussissait à en garder le secret (1) .

Je pense, soit écrit en passant, qu’il n’est pas possible de considérer que le Bien était ici le but poursuivi, sauf à le confondre avec des carrières technocratiques et les profits de l’industrie lourde.

On dit qu’une condition nécessaire pour éviter une catastrophe réside dans la capacité d’analyse des signes avant-coureurs. Cet épisode illustre l’incapacité catastrogène du système nucléaire à agir en ce sens. Car il fournit un exemple de signe avant-coureur lourd de catastrophes futures ; en soi, ce secret bien gardé constitue une catastrophe puisqu’il était une condition de la multiplication des centrales électronucléaires en France et ailleurs dans le monde. La catastrophe artificielle n’a jamais d’autre origine qu’un système d’information et de décision vicieux. Car, même en en restant au niveau bêtement technique, les dysfonctionnements des grappes de contrôle intervenaient « presque trop tard » : ce « presque » résultant d’une chance inouïe et non d’un programme sérieux de suivi du fonctionnement et de l’état du réacteur. On voit bien que les responsables n’étaient pas à la hauteur des risques encourus : pas vu, pas pris… redoublons d’arrogance. La continuité jusqu’à aujourd’hui est remarquable.

Les catastrophes et l’espèce, les catastrophes porteuses d’avenir


La vague du tsunami a frappé les esprit. Elle a été filmée sous tous les angles et chacun sait ce dont sa force irrépressible est capable. Il en est de même lors du passage d’un ouragan ou de la rupture d’un grand barrage. Les media « zooment » plein cadre sur les dégâts matériels, sur la désolation des populations, sur les alignements de cercueils et les cadavres extraits des décombres et de la boue. On a connu cela en Europe, en 1953 (je crois) quand les digues des polders de Hollande et d’Allemagne du Nord se rompirent sous les assauts d’une tempête mémorable, ou lors des récentes inondations de l’Elbe. Les structures économiques sont atteintes. Revient-on dans ces régions cinq ans plus tard : en gros tout est redevenu comme avant. Si la gouvernance locale est de qualité, les enseignements du drame ont été tirés. A aucun moment les conditions nécessaires à l’épanouissement de la Vie, d’une bonne vie, n’ont été menacées. Bref, les choses ont repris leur cours ; l’éventuel nécessaire travail de deuil est terminé.

Rien de tel après une catastrophe nucléaire. Il en est advenu deux dans l’ex URSS, une en 1957, dont la genèse reste mal connue et les conséquences humaines intégralement occultées, et l’autre en 1986 à Tchernobyl, celle que le lobby nucléaire aimerait bien qu’elle soit une fois pour toutes cataloguée, à l’instar d’un tsunami ou d’un tremblement de terre, comme un événement du passé. Or cette catastrophe que les media évoquent une fois par an autour du 26 avril, avec une emphase compulsive chaque dizaine d’années (images du réacteur en feu et du sarcophage, rappel des 32 morts officiels et des 1800 cancers thyroïdiens, « parfaitement curables » bien entendu), se révèle très durable avec ses conséquences écologiques et humaines empirant au fil du temps, aggravées par l’extension inévitable des zones contaminées (processus de diffusion).

Dans l’effondrement de l’URSS et les convulsions politiques et économiques qu’il a provoquées, la mémoire de Tchernobyl a failli prendre le même chemin que celle de Kyshtym, le vague souvenir d’un truc moche, typique et spécifique du communisme réel. Sans l’engagement héroïque d’une poignée d’êtres humains et sans les quelques soutiens exemplaires qu’ils ont reçus de l’étranger, les enseignements véritables de Tchernobyl seraient perdus. La stratégie de communication des services de radioprotection nationaux et internationaux et de l’Agence de Vienne aurait réussi l’opération consistant à mesurer Tchernobyl à l’aune d’Hiroshima, c’est-à-dire convaincre l’humanité entière que la consommation journalière de Césium 137 et de Strontium 90 produit des effets somatiques et génétiques de même nature qu’une irradiation externe unique brève et intense.

Selon cette interprétation « scientifique », le cumul des doses calculées aurait des conséquences différées quasi inobservables, noyées dans la statistique des cancers d’origines diverses. C’est pourquoi, avec l’assentiment de ce qu’on appelle « la Communauté internationale », les autorités des trois pays les plus touchés, Biélorussie, Russie et Ukraine maintiennent depuis 1986 des millions d’êtres humains dans des régions hautement contaminées (prendre la peine de lire le livre de Wladimir Tchertkoff, Le crime de Tchernobyl, Acte Sud 2006, malgré l’épreuve psychologique que cela représente).

Malheureusement, sauf exceptions de portée marginale, ni les media, ni les responsables politiques n’ont jamais osé croiser le fer avec les tenants de l’interprétation officielle. Les maux hallucinants dont souffrent la plupart des 800 000 à un million de liquidateurs, quand il n’en sont pas déjà morts : une rumeur bâtie sur quelques témoignages isolés. Les épidémies infantiles de cataracte, diabète sucré, cardiopathie et maladies infectieuses : des symptomes de radiophobie. Idem pour les enfants cancéreux à la naissance (eh oui…), l’explosion des malformations graves, des morts subites d’adultes, les troubles neurologiques invalidant « inexpliqués ». Quand 80% des enfants dans une population de 3 ou 4 millions sont malades en permanence, contre moins de 20% il y a vingt ans, la folie collective peut-elle servir d’explication ? Que dire des vaches qui deviennent systématiquement leucémiques après deux ou trois années de lactation : victimes de la radiophobie des éleveurs ?

Et les atteintes au patrimoine génétique des habitants de ces régions : une manifestation de la puissance de suggestion radiophobique sur le génome ?

Plus grave, puisque la contamination radioactive est disculpée, les programmes spécifiques visant à en atténuer les dommages (mesures individuelles des charges corporelles et distribution ciblée d’adsorbants naturels à base de pectine) ne reçoivent pratiquement plus aucun financement. Pire, Y. Bandazhevsky, le chercheur anatomopathologiste qui a montré comment le Césium 137 s’accumule dans les organes les plus actifs (cœur, pancréas, cerveau, muscles de l’œil —d’où les cataractes précoces—, reins, foie etc), déterminé les niveaux de contamination individuelle à ne pas approcher et formé des centaines de médecins et de chercheurs a été jeté en prison pour de longues années, sans que « la Communauté médicale mondiale » s’en émeuve.

Tchernobyl contredit donc les fondements de la doctrine des radioprotecteurs selon laquelle, hormis les irradiations aigües, la radioactivité a des effets aléatoires de type cancéreux réalisés de longues années après l’exposition et ne provoque pas d’atteinte notable au patrimoine génétique. C’est ce dogme qu’elle invoque pour appuyer avec enthousiasme le développement de l’énergie nucléaire. Comme le déclarait en substance Pierre Pellerin en avril 1974 lors de la seconde réunion d’un groupe de travail interministériel sur les déchets nucléaires : « Si l’on prend trop de précautions avec des normes trop contraignantes, on va pénaliser le nucléaire, qui est bon, face au charbon [comme substitut au pétrole arabe, NDA], qui est mauvais. On ferait mieux de consacrer plus d’efforts à la lutte contre le tabac ». Pas d’objection ouverte autour de la table… La France est le dernier pays capable de faire son deuil de cette doctrine, patrie d’accueil de la glorieuse Sainte Marie Curie, prix Nobel et patronne commune des physiciens nucléaires et des radiothérapeutes dont elle a fait la fortune avec le radium et ses nombreux usages (y compris dans la cosmétologie d’avant guerre).

Tchernobyl montre que la contamination radioactive d’un territoire produit des effets déterministes massifs sur la santé et la descendance de ses habitants. Tchernobyl représente une catastrophe pour l’espèce humaine et les autres espèces vivantes affectées : on entre dans un inconnu, celui d’une nature fortement contaminée par des radioéléments nouveaux contre l’action desquels les organismes vivants en leur tréfond sont dépourvus de défense autant que de capacité d’adaptation. Il s’agit donc bien d’une bifurcation radicale. De ce point de vue, les conséquences d’ores et déjà observées de Tchernobyl suggèrent que les retombées des tirs nucléaires atmosphériques et sous-marins des années 45 à 74 (je crois qu’il n’y en a plus eu après cette date) ont certainement provoqué des dommages, ne serait-ce que par la contamination radioactives des stockeurs biologiques de Césium (champignons, baies, lichens etc). Dommages que l’on a jamais cherché à évaluer au nom de la doctrine post-Hiroshima. La Science est bien peu curieuse quand il s’agit des détriments d’origine nucléaire ! Elle y perd esprit critique et exigence du doute méthodique, les fondements de sa déontologie.

Le retour d’expérience frôle le désastre absolu :

- une catastrophe radiologique, source d’une tragédie humanitaire « durable »,
- la victoire quasi-totale de la doctrine négationniste post-Hiroshima, comme catastrophe induite,
- l’arrogance retrouvée de l’industrie nucléaire surfant sur la vague de panique climatique, présage d’une multiplication de risques catastrophiques durables, limitée seulement par les ressources financières affectables à ce secteur.

La seule attitude politique intellectuellement défendable consiste, contre vents et marées, à exiger une stratégie cohérente de sortie du nucléaire, en faisant savoir que l’on croise les doigts pour que le malheur d’un ou d’autres tchernobyls nous soit épargné. On examinera les arguments de diverses natures réfutant sans difficulté l’impossibilité de sortir du nucléaire dans un pays où il « assure » plus la moitié de la production d’électricité.

Pour l’heure l’option nucléaire ne saurait être retenue que pour réduire la consommation de combustibles fossiles des centrales thermiques électrogènes. On en parle (ce serait la 4ème génération…) pour produire des hautes températures « bonnes à tout faire » (électricité, chimie, dissociation de l’eau et production d’hydrogène etc), mais il est clair que la technologie n’est pas disponible et on peut penser que l‘activité technique y consacrée n’est qu’une gesticulation visant à entretenir l’espoir d’un « mieux nucléaire ».

L’autre problème énergétique majeur est posé par l’augmentation de la consommation dans les transports, plus rapide que la croissance économique mondiale. Alors que l’on souligne la diminution tendancielle du contenu énergétique de chaque unité de PIB (efficacité énergétique), rares sont ceux qui posent la question des causes de l’augmentation de la part consommation des transports. En fait l’indicateur « quantité d’énergie par unité de PIB » n’a de signification que relative. Par exemple, en France, les dépenses de santé croissent en gros trois fois plus vite que le PIB. Le contenu énergétique de ces dépenses largement mutualisées (d’où leur explosion) est infime.

De même le développement très rapide du secteur des loisirs (35 h + RTT obligent) ne requiert, en soi, pas beaucoup d’énergie. Effet réducteur direct, l’abandon et /ou la délocalisation des industries lourdes, qui pèsent de moins en moins dans le PIB mondial, remplacées par des activités plus pointues et par des services, a induit la délocalisation de consommations d’énergie importantes. En fait, même dans l’Europe des 25, une des régions du monde globalement la plus développée, la consommation d’énergie per capita croît, tant en valeurs brute que finale (+4,4% entre 1998 et 2003), alors que l’efficacité énergétique s’améliore (6% sur la période). L’accroissement de la consommation dans les transports, qui est devenue le principal poste dans le bilan des combustibles fossiles, résulte de trois facteurs : l’évolution du mode de production (à flux tendus et avec soutraitance généralisée), l’urbanisation horizontale, génératrice de longs déplacements quotidiens, et l’explosion des voyages touristiques.

Mais la cause principale réside évidemment dans le très faible coût de la tonne x kilomètre ou du kilomètre x passager, tout compris, investissement, entretien, carburant, taxes et aussi… dans la vitesse qui permet d’annuler la plupart des frais annexes (restauration à bord, nuitées-escales etc) et d’augmenter la distance moyenne parcourue par unité de temps dans les déplacements quotidiens. Ces tendances et leurs causes sont mondiales, plus fortes dans les pays à forte croissance. La consommation des carburants est appelée à croître durablement. Les enjeux sont donc considérables.

Un consensus s’est établi récemment pour une substitution rapide et aussi importante que possible de carburants d’origine végétale aux dérivés du pétrole et au gaz naturel. J’ai déjà évoqué cette question dans un précédent papier motivé par la présentation du programme national faite par DdV lors du dernier Salon de l’agriculture. J’aimerais ici, puisque c’est du risque catastrophique qu’il s’agit, insister sur deux points, l’un terminologique, l’autre écologique. Le premier servant de paravent pour le second.

La novlangue sévit naturellement autant dans ce domaine que dans celui du nucléaire. Pour vendre le concept on a choisi le mot biocarburant. Puisque c’est bio, c’est bon, ainsi que le dit tout message publicitaire dans l’air du temps. Or, dès que l’on sort de la valorisation des déchets par fermentation méthanique et d’une production d’huile à la ferme comme substitut du gazole du tracteur, pour rêver de la conquête des marchés de masse, le mot biocarburant devient une grossière imposture. En effet, concurrencer les coûts de production extrêmement bas des carburants fossiles (il faut évidemment raisonner hors taxe dès lors qu’on sort d’actions marginales richement, même si indirectement, subventionnées comme l’actuel petit programme français de biocarburants) imposera forcément le recours à une intensification inouïe des pratiques agricoles. Passée la phase intiale, durant laquelle les adaptations techniques et réglementaires auront été réalisées, on butera sur les limites de l’hexagone, au plus un cinquième de la consommation nationale des transports actuelle.

L’érosion de la biodiversité du pays, un temps contenue grâce au retour des jachères, aura repris. Elle pourrait même être en passe de s’étendre au domaine forestier si la conversion enzymatique de la lignine débouche. On devrait donc abandonner dès maintenant le mot gentillet de biocarburant et le remplacer par celui plus objectif d’agrofuel. De même que l’on qualifie d’industries agroalimentaires les secteurs de la production de masse de nourritures standardisées, on devrait employer les mots « industries agroénergétiques » pour ce secteur qui produit et produira les agrofuels destinés aux réservoirs des véhicules.

Le second point relève du bon sens prévisionniste. Lorsque les mécanismes de financement et d’insertion technique et fiscale auront trouvé leur régime de croisière, dopée par le marché du carbone (qui n’a aucune raison structurelle de rester durablement déprimé), la production d’agrofuels prendra rapidement une part de plus en plus importante dans le bilan énergétique mondial. Les seules régions où des surfaces ad hoc « disponibles à coût foncier nul» soient importantes et où la main d’œuvre nécessaire coûte peu se trouvent en Amazonie, en Afrique intertropicale, en Asie du Sud-Est et en Sibérie.

Quelles que soient les techniques utilisées, le prix écologique sera énorme, des pans entiers des dernières forêts primaires mondiales allant être remplacés par des cultures d’oléagineux, de canne à sucre, de betteraves et d’arbres à croissance rapide, OGM pourquoi pas. Les ordres de grandeur sont sans appel. La productivité de la biomasse varie de 1 à 3 tep à l’hectare. Dans les pays actuellement développés la consommation de carburant vaut de 1 à 3 tep per capita. Disons donc qu’en gros, en misant sur les progrès techniques, le passage aux agrofuels conduira à long terme à consacrer en moyenne un hectare par personne à la production de carburants pour ses déplacements et ceux des marchandises qu’il consomme. A comparer avec la surface agricole nécessaire pour alimenter chaque être humain, de 5 à 10 fois moindre.

Les craintes que la biodiversité soit altérée par un changement climatique (2) paraîtront dérisoires à nos descendants confrontés bien malgré eux aux immenses destructions provoquées par une humanité devenue folle à l’idée que le ciel pouvait lui tomber sur la tête. Dans cette perspective, hélas réaliste, l’engouement durable pour les agrofuels représente une catastrophe porteuse d’avenir, d’un avenir où la situation écologique de la planète ressemblera à celle de l’Île de Pâques après qu’un groupe humain inconséquent s’y soit installé il y a plusieurs siècles.

Avec un peu de malchance on aura les deux types de catastrophes, les nucléaires et les agrofuels. Elles pourraient avoir des effets synergétiques, pour peu que des régions contaminées par des retombées radioactives se trouvent être des zones (sibériennes… ?) de production d’agrofuels : l’extension des retombées par les pots d’échappement !


Un scénario d’une politique énergétique écologique.


Commençons par poser quelques hypothèses et conditions.

Vu ce qui précède, on comprendra que la stratégie envisagée vise à sortir du nucléaire par substitution aussi rapide que possible d’autres technologies électrogènes et à cantonner les agrofuels à la case biocarburants, c’est à dire, dans la perspective d’une hausse continue du prix des carburants, au biogaz et aux carburants agricoles (autoproduction). Aux raisons invoquées j’en ajouterai deux faciles à faire valoir politiquement. Concernant l’énergie nucléaire : le moindre accident grave avec relâchement de radioactivité significatif imposant des mesures de confinement et/ou d’évacuation, quelle que soit la méthode utilisée pour en édulcorer les conséquences radiologiques, provoquera instantanément les faillites de l’agrobusiness d’exportation français (3) et de l’économie touristique du pays (hors Antilles, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Djibouti et Polynésie).

Concernant les agrofuels : on ne peut se dire écologiste et préconiser, au nom du « sauvetage du climat », que l’humanité s’engage dans une voie menant à l’épuisement la majeure part de la diversité vitale de la planète pour perpétuer le malentendu de la rencontre d’une Weltanschauung forgée dans la nuit des temps, quand les hommes étaient peu nombreux et pensaient le monde infini en dimension et en ressources sous la voute céleste, avec les facilités offertes par la thermodynamique et la découverte des gisements de combustibles fossiles.

Les deux conditions préalables que doit remplir un scenario de politique énergétique, c’est qu’il soit discutable et puisse être «mis en scène » à tout moment. La troisième, spécifique d’une politique écologique, c’est qu’il réduise simultanément les risques catastrophiques, réels (prévention nucléaire) et supposés (précaution climatique), et ne conduise pas à accroître la pression anthropique sur la biosphère. La troisième-bis, découlant de la précédente, c’est d’informer le plus largement possible l’opinion sur la réalité de la vie et de la mort des gens maintenus dans les régions contaminées par les retombées de Tchernobyl ; certes, il n’y a pas de réponse à la question « qu’est-ce que la Vérité ? », sur laquelle tous s’accorderaient mais, en revanche, on peut amener chacun à convenir de ce qui est et que c’est un mensonge ou une contre-vérité que de l’avoir nié. La quatrième, trop souvent oubliée des écologistes, est qu’il valorise les savoirs-faire et capacités des grands secteurs industriels concernés. La cinquième, enfin, est qu’il repère les principales modifications réglementaires permettant la diffusion sans hiatus des nouvelles productions énergétiques.

Cela posé, il faut rappeler, « impossible n’est pas français », que le pays a pu encaisser (il faudrait aussi dire décaisser) le choc du coût économique d’un programme tout électronucléaire réalisé à marche forcée en moins de vingt ans, concommitamment avec deux chocs pétroliers, suivi d’un contre-choc remettant plutôt en cause la stratégie en cours. Ce qu’on a pu faire si vite, en délaissant bien avant qu’il soit amorti un parc en grande partie ultramoderne de centrales thermiques classiques, on peut le faire avec un parc nucléaire qui semble être en voie d’amortissement d’après l’évolution de la structure de la dette d’EDF.

Commençons justement avec le problème que pose la sortie rapide du nucléaire pour l’industrie concernée ; on verra après le schéma de substitution qui accompagnera cette sortie.

La première décision à prendre, analogue à celle de l’abandon de Superphénix 10 ans après l’arrêt de son fonctionnement (le politique met décidément trop de temps à comprendre la signification de certaines réalités), est d’interrompre sans plus de façon tous les programmes de « démonstrateurs nucléaires », fission et fusion . Cela veut dire le désengagement d’ITER et l’abandon de l’EPR, en rase campagne. Pour calmer les esprits qui y verraient un vrai gâchis, il suffit de rappeler que les sommes afférentes (deux fois 3 milliards d’Euros) n’ont pas encore été dépensées, alors que dans l’aventure Superphénix, c’est une trentaine d’années de R&D et d’investissements industriels dédiés, en France et en Allemagne, ponctués par la construction de deux surgénérateurs de la classe des 300 Mwé (Kalkar et Phénix), de la ligne de retraitement UP2 de La Hague et du réacteur de la classe des 1200 MW, Superphénix : au bas mot largement plus de 30 milliards d’Euros en monnaie constante.

Abandonner ITER et l’EPR ne lèsera même pas les secteurs scientifiques et industriels en attente des budgets, à qui, on le verra, seront confiées des missions autrement plus utiles, alors que le coût du fiasco des filières sodium-plutonium a doublement pesé sur le développement économique, d’abord en dilapidant des moyens financiers considérables, et ensuite en gaspillant un immense potentiel scientifique et technique de très haut niveau qui aurait pu être employé à d’autres fins moins problématiques et plus fructueuses.

La seconde décision, à prendre simultanément, consiste à équilibrer la balance des échanges d’électricité (11% de la production, soit 13 à 14% de la production nucléaire). On suivrait ici l’exemple des Danois qui ont cessé depuis trois ans d’exporter leur surcapacité électrogène en thermique classique, conséquence du développement de leur parc éolien (voir mon précédent papier sur les renouvelables). Le risque nucléaire est suffisamment grand pour qu’on le limite autant que faire se peut dès maintenant. Cette mesure est très facile à faire passer politiquement, dès lors qu’est levée la chape de plomb officielle sur les séquelles de Tchernobyl.

La troisième, à prendre si EDF reste sous contrôle étatique, consiste à interdire à l’établissement toute implication dans l’exportation et l’exploitation de nouvelles centrales nucléaires à l’étranger : il faut être cohérent.

La quatrième, qui coule de source, consiste à interdire purement et simplement le chauffage électrique, en principal comme en appoint dans toute opération immobilière dans le neuf et en réhabilitation de l’ancien. C’est la seule niche de croissance d’EDF (les deux/tiers de son marché sont concentrés dans l’habitat et le tertiaire, contre 1/3 en Allemagne et au Danemark). Il faut la tarir et réserver l’électricité, la forme d’énergie la plus chère, aux usages où elle est insdispensable. En deux générations se résorbera l’aberration, qui pourrait se révéler criminelle si une catastrophe nucléaire survient chez nous, d’avoir poussé de toutes parts à la généralisation du chauffage électrique.

En adoptant un programme de sortie rapide du nucléaire la France s’offre l’opportunité, car ses entreprises disposent des bases de savoir-faire requises, de prendre le marché mondial du démantèlement des centrales. L’expérience a montré la complexité et le coût très élevé de ces opérations. Par ailleurs les questions soulevées par les déchets radioactifs du démantèlement sont loin d’être toutes résolues et celles qui le sont peuvent encore être améliorées, comme dans toute activité industrielle.