20 juin 2019

Le renouveau du « Printemps des Peuples »?

L'effacement des peuples, réduits seulement en haut lieu à des atomes programmables interchangeables avec carte bleue calculant, à terme ou d'ores et déjà, diverses permissions selon la "civilité" en "carbone"(Suède) en "haine"(France) en "sociabilité" (Chine) se conjugue avec l'effacement de la filiation père-mère-enfant par volonté narcissique infantile d'imposer à la Nature le fer rouge de "son"choix (ce qui est pourtant reproché dans le domaine économique au nom de la "Planète").

Ces deux effacements se faisant bien sûr au nom du "Progrès" alors qu'il s'agit plutôt d'une Régression, personnalisée par le retour en force d'une masse indifférenciée d'esclaves volontaires isolés et branchés en bas et d'une techno-structure multiculturaliste en haut (comme l'indiquent aussi certains quoique si rares observateurs) ne voyant le réel que par simulations et estimations véhiculées pour certaines par de nouveaux prophètes numériques (les plus alarmistes d'entre-eux prévoyant sinon la fin du monde en 2050 du moins le déluge mettant par exemple New York, Londres sous l'eau).

Il n'est alors pas inutile de rappeler que lorsque apparut à la suite de 1830 et surtout de 1848 la notion de "Printemps des Peuples" les Monarchies et Empires étaient de plus en plus malmenés dans leur absolutisme multiforme (spirituel politique, économique…) qui cisaillait les peuples par ces deux mêmes extrémités réduisant le citoyen et ses affiliations ethnique/culturelle à sa seule force de travail et/ou de chair à canon révolutionnaire et/ou expansionniste.

L'idée des absolutismes et de leurs prophètes a toujours consisté à domestiquer le caractère articulé vivant, incarné, charnel du fait de se sentir appartenir, reconnu, aimé, élevé dans un imaginaire plus grand que soi fait d'échanges constants entre vécus et pratiques qu'apporte le pays et par coalition la Nation; celle-ci se structurant, conflictuellement, au sein d'une Solidarité organique c'est-à-dire qui dépasse les solidarités familiales (ou mécaniques disait Durkheim) pour forger une interdépendance permettant à tous de bénéficier à la fois du bien commun et de sa propre dextérité.

Voilà ce qui lie semble-t-il peuple (demos) et cratos (pouvoir) ; et les meilleurs en son sein (aristos) lui apportent Justice et Justesse si l'on suit la lecture grecque que l'on peut retrouver chez d'autres peuples également ;  la démocratie étant le "régime naturel" de l'Humanité formaté diversement selon l'histoire des agrégats familiaux sédimentés en clans/tribus/nations, particularisme se forgeant dans des langues et des affinités y compris physiologiques que l'idée de nation transcende en ce que même si par exemple le terme ethnie semble être plus vérifiable que celui de "race"  il n'empêche que l'on peut ne pas avoir les mêmes traits, la même couleur, et pourtant se considérer déjà par sa naissance en un lieu donné comme appartenant à celui-ci bien plus que le contraire (comme l'indique par quelques biais Pierre-André Taguieff dans son dernier Opus "Race" un mot de trop ?)….

C'est ce que comprennent bien d'ailleurs ceux qui refusent cette distinction du lieu (et non pas du seul milieu) en cherchant à arracher ceux qui lui appartiennent pour les rattacher à une seule affiliation supposée supérieure celle d'une religion d'une idéologie, d'un État, comme le fut Rome (Paris, Londres, Moscou…)…

Les Empires, "monstres froids" réalistes, eurent ainsi le dernier mot à l'époque du "Printemps des Peuples" en écrasant leurs aspirations, contradictoires. Celles-ci ressurgirent cependant à la fin du siècle et donnèrent le à la première moitié du XX°siècle avec les errements qui s'en suivirent (fascisme, communisme, nazisme) jusqu'à aujourd'hui (tiers-mondisme) et dans le monde entier.

Il n'est alors pas inutile d'observer que nous vivons une situation comparable: ce qui remplace les empires d'antan s'incarne sans doute dans cette techno-structure de type nouveau croyant avoir absolument raison grâce à sa modélisation scientiste du monde, tout en ayant toujours soin de se faire plébisciter par voie électorale ; sauf que ceux qui ne lui appartiennent pas et qui refusent aussi de la servir comme esclaves volontaires gardent le souvenir que ce qui les tissent en profondeur ne se réduit pas à obéir à des injonctions comportementales conformes aux desiderata de cette techno-structure; d'où le fait de voir cette dernière les taxer de "populiste", "d'extrême droite" puisque ces termes symbolisent historiquement les errements ayant été produits par le premier printemps des peuples.

La techno structure a alors beau jeu de mettre en avant les actions de quelques excités qui s'en réclament encore (tel le nazisme) ; instrumentalisant aussi les crimes de ceux qui en creux font partie d'autres types concurrents de techno-structure comme celle de l'Islam ; car ce terme de "techno-structure"ne doit pas être réduit à sa dimension scientiste occidentale mais peut être aussi être appliqué à tout groupement de type ésotérique prétendant à une supériorité de fait ; cela peut être donc le cas des diverses écoles islamiques (comme l'indique René Guénon) et à vrai dire de toute micro-société élitiste ayant rompu avec toute dimension populaire automatiquement infériorisée alors que l'élite en tant que telle s'en distingue (aristos) mais ne s'en sépare pas (demos) comme l'indiquent Platon et Aristote.

Dans ce cas de figure, complexe, il n'est guère étonnant d'observer aujourd'hui une alliance de fait entre toutes les structures ésotériques du monde contre les peuples et leurs élites refusant cette scission. Que par exemple l'Arabie Saoudite d'un côté, l'Iran de l'autre, soient soutenus simultanément par des pans pourtant opposés de la technostructure mondiale montre bien des affinités de principe entre eux les coagulant contre les peuples.

Le fait que la Turquie puisse encore appartenir à l'OTAN ne cesse d'étonner. Le fait qu'un Morsi mort certes au tribunal fasse oublier que les Frères Musulmans égyptiens ont été jusqu'à écarter les salafistes pour s'emparer de tout le pouvoir (comme ils l'ont fait en Turquie) n'est par contre guère étonnant (surtout dans les propos d'un François Burgat par ailleurs invité le 19 juin sur France Culture sur la mort de Morsi) tant toute une frange de prophètes ex-communistes se reconvertit dans le "vert" et ses désormais cinquante nuances.

Le fait enfin qu'au sein de l'ONU puissent encore rester des États qui mettent à feu et à sang leur propre pays forçant les populations à émigrer devient de plus en plus incompréhensible. Voilà pourquoi un nouveau Printemps des Peuples est à l'oeuvre et cette fois secoue toute la techno-structure, qu'il s'agisse de Hong-Kong, du Soudan, du Venezuela, l'Algérie, la France, le Royaume Uni, l'Italie, l'Espagne de plus en plus, sans parler des USA du Brésil, du Canada bientôt, et ce au-delà des errements et des formes souvent contestables que cela peut prendre (comme au Brésil, certains propos de Trump, certaines analyses étatistes du Rassemblement National français…).

Il n'empêche que ce Printemps est et que la techno-structure aura sans doute bien du mal à le détruire comme elle l'a fait au 19ème et 20ème siècle ; sans doute parce que les peuples refusant en leur sein la césure entre les classes ont pu apprendre des erreurs passées ; en l'occurrence l'idée que la propriété privée serait la source principale de l'inégalité alors que celle-ci a des racines bien plus psychologiques que précisément la solidarité apportée par la Nation peut suppléer comme l'ont démontré Durkheim et aujourd'hui Liah Greenfeld dans ses derniers travaux.

Mais rien n'est donné. Seuls des signes avant-coureurs peuvent être perçus.

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv, Editorial de Resiliencetv-ARTV | Mots-clefs :,

20 juin 2019

Viol : Foucault et Iacub au secours de Frédéric Mitterrand

Ce qui frappe dans cette histoire, et qui a surpris, c'est le déclenchement de l'affaire, à savoir le viol de Polanski sur mineur que Mitterrand a semblé relativiser en faisant état du grand talent de ce dernier. Est-ce le coup de l'émotion comme il a semblé l'indiquer ensuite ou n'est-ce pas là l'idée, en sourdine, que le viol au fond ne serait pas un crime comme les autres ? D'où d'ailleurs la dernière affaire en date, à savoir sa lettre de moralité concernant l'implication de son filleul pour un…viol collectif

Lisons en premier lieu ces extraits d'une conversation entre Foucault et ses amis pour commencer à réfléchir :

« (…) D. Cooper : Dans le cas de Roman Polanski aux Etats-Unis, où il était question de sexualité orale, anale et vaginale avec une fille de treize ans, la fille ne semblait pas traumatisée, elle a téléphoné à une amie pour discuter de tout cela, mais la sœur a écouté derrière la porte, et tout ce procès contre Polanski s’est mis en route. Là il n’y a pas de blessure, le « traumatisme » vient des « formations idéales », sociales. La fille semble avoir joui de ses expériences.

M. Foucault : Elle paraît avoir été consentante. Et cela me mène à la seconde question que je voulais vous poser. Le viol peut tout de même se cerner  assez facilement, non seulement comme non consentement, mais comme refus physique d’accès. En revanche, tout le problème posé, aussi bien pour les garçons que pour les filles -car le viol pour les garçons, cela n’existe pas, légalement -, c’est le problème de l’enfant que l’on séduit. Ou qui commence à vous séduire. Est-ce qu’il est possible de proposer au législateur de dire : un enfant consentant, un enfant qui ne refuse pas, on peut avoir avec lui n’importe quelle forme de rapport, cela ne relève aucunement de la loi ? (…).

 

M. Foucault : Le problème des enfants, voilà la question. Il y a des enfants qui à dix ans se jettent sur un adulte –alors ? Il y a les enfants qui consentent, ravis.

M.-O. Faye : Les enfants entre eux : on ferme les yeux. Qu’un adulte entre en jeu, il n’y a plus d’égalité ou de balance des découvertes et des responsabilités. Il y a une inégalité…difficile à définir.

M. Foucault : Je serais tenté de dire : du moment que l’enfant ne refuse pas, il n’y a aucune raison de sanctionner quoi que ce soit. Mais ce qui m’a frappé, c’est qu’hier on en parlait avec des membres du Syndicat de la magistrature. L’un d’eux avait des positions très radicales : c’est celui qui disait justement que le viol n’avait pas à être pénalisé comme viol, que c’est tout simplement une violence. A propos des enfants, il a commencé par prendre une position également très radicale. Mais, à un moment donné, il a sursauté, et il a dit : ah, je dois dire, si je voyais quelqu’un qui s’en prenait à mes enfants !

En outre, on trouve le cas de l’adulte qui a, par rapport à l’enfant, une relation d’autorité. Soit comme parent, soit comme tuteur, ou comme professeur, comme médecin. Là encore, on serait tenté de dire : ce n’est pas vrai qu’on peut obtenir d’un enfant ce qu’il ne veut pas réellement, par l’effet d’autorité. Et pourtant, il y a le problème important des parents, du beau-père surtout, qui est fréquent. (…).

M. Zecca : (…) si l’on renverse le problème -au sujet des enfants- si l’on considère le viol comme un coup de poing dans la gueule, est-ce qu’il serait possible d’envisager les choses sous l’angle du « préjudice moral »?

J.P. Faye : On revient à la responsabilité civile.

M. Foucault : …dommages et intérêts, pretium doloris : il existe bien des catégories de cet ordre. Qu’est-ce que cela signifie, si l’on dit : on ne mettra plus le violeur en prison, cela n’a aucun sens -on lui demandera cent mille francs de dommages et intérêts? Est-ce qu’on peut dire cela ?

M. Zecca : Je ne pensais pas en termes d’argent. Je me demande simplement comment on peut laisser une porte ouverte pour reconnaître l’acte de violence, afin qu’il ne soit pas banalisé.

M. Foucault : Comme un accident d’automobile.

M.Zecca : Oui. Quelque chose, là, me gêne, le rapport à ce que peuvent faire des adultes sur des enfants. Et une situation où les enfants n’auraient plus aucun moyen juridique de se défendre. Il y a quelque chose qui manquerait. Si on considère le fait uniquement comme un coup de poing dans la gueule, cela permet à n’importe qui de violer un enfant ?

M. Foucault : Tu sais en même temps que la législation sur le viol d’un enfant, la « protection légale » qu’on accorde aux enfants est un instrument qu’on met entre les mains des parents. Pour liquider leurs problèmes avec d’autres adultes, la plupart du temps.

M. Zecca : Exactement.

(…).

M.-O Faye : Est-ce en raison de cette réforme du droit pénal qui se prépare sur le viol et la protection des enfants que la presse à sensation mène une telle campagne sur les « enfants martyrs » ?

M. Foucault : Cela me paraît évident.

M.-O Faye : Mais cette campagne porte à faux, car les « parents modernes » ne sont pas subitement devenus des monstres, il faut replacer ce rapport enfants-adultes dans une histoire : autrefois, les enfants étaient pris en charge par la communauté, ou par la famille communautaire élargie, comme l’a bien montré David (Cooper). Maintenant, la solitude d’un jeune couple avec ses enfants dans une H.L.M dans une cité ouvrière, cela engendre précisément les « enfants martyrs », toute une série de tensions, y compris les viols d’enfants.

J.P. Faye : La pression de la famille et de ses conflits s’accroît à mesure que le champ de celle-ci se rétrécit : c’est ce qu’a montré la description de David (Cooper).

D. Cooper : Oui, la communauté était ce lieu d’échanges libres (relativement). Y compris entre enfants et adultes. D’échanges sexuels. Mais comment reconstruire une telle communauté dans le contexte du capitalisme avancé ? (…) ».

 Je discute de ce point dans Ethique et épistémologie du nihilisme (p.159 et suivantes). Et La Philosophie cannibale .

Quant à Marcela Iacub, loin d'innover, elle applique ces propos de Foucault : je cite le texte d'une journaliste de Marianne, Isabelle Saporta,  (Marianne n° 420, 7 mai 2005, pages 70-71 disponible en ligne) : 

" Quoi de neuf du côté delà sexualité ? […] Un livre incendiaire (Antimanuel d'éducation sexuelle, Marcela Iacub et Patrice Maniglier, Editions Bréal, ISBN : 2749505402) […]

Les auteurs nous annoncent, en effet, la plus décevante des nouvelles : la libération sexuelle n'a pas eu lieu. […] Nous serions ainsi passés d'une société sous le contrôle du père (avant 1968) à une société sous le contrôle de l'Etat. À l'heure où le CSA et le ministère de la famille s'inquiètent de ce que les plus jeunes fassent leur éducation sentimentale devant des films pornos(60 % des garçons de 11 ans et 30% des filles du même âge déclarent en avoir déjà vu un), le propos apparaît pour le moins paradoxal, pour ne pas dire provocateur.


Selon Iacub et Maniglier, les années 70 ont vu l'émergence d'une nouvelle doctrine supraétatique : celle du bonheur sexuel. En 1972, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) prône ainsi une santé sexuelle enfin « délivrée de la peur, de la honte, de la culpabilité et autres facteurs psychologiques de nature à l'inhiber ». En 1973, l'éducation sexuelle fait son apparition dans les manuels scolaires. […] la France a suivi le mouvement de la libération sous contrôle de l’Etat et de la nouvelle bien-pensance. […]


Le consentement mutuel, le détachement de la sexualité de la notion même de procréation sont, aux yeux de nos néoprogressistes, les deux mamelles de cette libération chèrement acquise. Mais là où le bât blesse, selon les auteurs de cet Antimanuel, c'est que ce mouvement a eu deux conséquences : le choix d'un modèle sexuel victimaire et son pendant obligatoire, l'immixtion toujours plus importante de l'Etat dans la sexualité individuelle sous prétexte de défendre des victimes avérées ou supposées. […]


Les deux auteurs en veulent pour preuve le traitement d'exception réservé aux criminels sexuels. De fait, les chiffres fournis par le magistrat Didier Peyrat dans son dernier ouvrage (En manque de civilité, Editions Textuel, janvier 2005, ISBN: 2845971397) font froid dans le dos : en vingt ans, le pourcentage de détenus condamnés pour agression sexuelle est passé de 5,5 à 22. […] Là où Didier Peyrat y voit […] une volonté de ne plus laisser passer ce genre de crimes, Iacub et Maniglier n’y voient eux […] que la mise en exergue des limites de la notion de consentement… « Je ne cherche pas à dire que toutes les femmes qui se prétendent violées sont en réalité consentantes. Je cherche à attirer l’attention sur les conséquences néfastes, […] on traite de la même manière des hommes armés qui vont brutaliser une femme dans une rue sombre et un petit ami qui s’est montré finalement un peu trop insistant. » […]

On serait assez tenté de suivre Iacub et Maniglier lorsqu’ils pointent les limitent du système judiciaire : extrême sévérité des condamnations pour viol (aussi lourdes que pour un meurtre), tendance à utiliser un autre régime de preuve survalorisant le témoignage et faisant fi de la présomption d'innocence…


Mais l’on freine des quatre fers lorsqu'on lit la solution qu'ils proposent : extraire le sexuel des catégories juridiques : Le viol serait remplacé par l'atteinte à l'intégrité physique, le harcèlement par l'abus de pouvoir. Autant dire, pour Didier Peyrat, accepter un retour en arrière de cinquante ans, annihilant ainsi toute spécificité de la criminalité sexuelle et toute reconnaissance de ses conséquences psychiques sur la victime. […] "

Les propos de Frédéric Mitterrand corrobore  ces analyses : 


"La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre". Bref, la morale ne serait qu’occidentale et après moi le déluge. Tout y est dit (lire ici de larges extraits) Foucault et Iacub comme cadres de référence, mais aussi fumet du nihilisme appliqué dont il serait temps de parler un petit peu maintenant non ? 

 

16 octobre 2009


Enfermement, psychiatrie, prison, entretien de M.Foucault avec D. Cooper, J.P.Faye, M. Zecca, Change, N°22-23 : La Folie encerclée, 1977, pp. 76-110 ; repris dans Dits et écrits, (209), t. III, Gallimard, 1977, pp. 355 et suivantes.


19 juin 2019

L’Islam est bien plus dangereux que la Scientologie

Ne parlons pas des dits Incrédules (Transgresseurs) des dits Infidèles qu'il faut tuer (Sourate II, versets 187-193), des Idolâtres Sourate II, verset 214. Il faut combattre ceux qui ne croient pas tout simplement, on l'a dit, en particulier les Associateurs (entendez les chrétiens) : Sourate IX V.5-30. Tuez-les si, s'étant convertis, ils se ravissent: Sourate IV, verset 89.

 
La Scientologie ne raconte pas cela, aussi le problème n'est pas là, plutôt dans le fait qu'elle n'a pas la "chance" d'avoir quelques centaines d'années derrière elle pour que son charlatanisme ait pu se sacraliser. L'Islam, lui, a eu cette chance, mais faut-il pour autant faire comme s'il était un discours parmi d'autres, qu'il s'agirait de ne pas critiquer sous peine de passer pour un raciste ou un " bouffeur de musulman" ? Non, cent fois non. Car il est facile de repérer dans ce texte quelques versets passe partout voire même stylés en oubliant ceux qui posent problème.
 

L'islam, comme la France vis-à-vis de l'URSS, est une secte qui a réussi, mais on ne peut guère la comparer avec les sectes juives et chrétiennes car celles-ci se sont transformées, refusant de condamner celles et ceux qui la quittent, ce qui n'est guère le cas de l'Islam comme on le voit partout, y compris en Égypte où un Copte converti quelques temps à l'Islam pour épouser une musulmane puis se ravisant voit marquer sur son passeport qu'il a été un moment musulman, et cela se passe en Égypte, pas en Arabie Saoudite.
 

Mais aujourd'hui, dans le relativisme généralisé qui nous ronge, cet islam là ne sera pas critiqué, mais accepté comme étant " leur" culture, tout comme interdire aux femmes de lire et écrire, c'est "leur" culture n'est-ce pas, et si elle se répand en France, pourquoi pas, pourquoi faire "subir" aux enfants nés en France ces valeurs féministes qui ne les concernerait pas comme musulmans…l'ultra-gauchisme universaliste rigide s'est métamorphosé en tolérance absolue, sauf néanmoins pour Bush et Sarko : celui-ci n'a-t-il d'ailleurs pas deux fatwa intello-médiatiques sur le dos, la dernière férue de psychanalyse de Prisunic où il est prétendu qu'un enfant ne pourrait pas comprendre que les adultes peuvent faire de grosses conneries… L'enfant n'est pas fait en sucre. Il sait être résilient et se sortir plus fort de l'épreuve: ce qui ne démolit pas renforce. Il n'est pas sûr que cela concerne l'islam.
 
23 mars 2008
Written by Lucien SA Oulahbib in: Analyses-RTV, Article Resiliencetv | Mots-clefs :,

19 juin 2019

Vers le soft totalitarisme

Ne parlons pas des diverses charges sur l'islamophobie (qui vient de buter Bhutto), sur les radars autoroutes (moins de 5% des accidents), sur la condamnation judiciaire à l'encontre du journal Le Parisien parce qu'il n'avait pas écrit à la fin d'un article sur le champagne qu'il "fallait en boire avec modération". N'oublions pas également les grandes messes sur le réchauffement climatique, sur le sida, etc… La nouvelle idéologie du soft totalitarisme se met en place avec ses prêtres et ses cérémonies, son Inquisition et son excommunication. Nous glissons à vitesse grand V vers une société fliquée façon Terreur et Enragés, ou comment les plus grands pourfendeurs du "fascisme" le pratiquent à doses de moins en moins homéopathiques…

Comment se fait-il que l'écolo-gauchisme ait franchi cette étape du soft totalitarisme, sorte de fascisme déguisé en réalité ? Un ami considère que contrairement à ce que l'on pouvait penser, le gauchisme n'est pas le fils du communisme mais du fascisme (d'où sa haine viscérale envers ce qui lui ressemble : ou la révolte contre le Père).

J'émettrais un bémol : si l'on admet que Lénine dévie Marx (en en appelant à une extermination, réelle, de tout ce qui n'est pas "prolétarien", chose que repoussait Engels lorsqu'on lui demandât le sens du terme "dictature du prolétariat") on peut plaider dans ce cas que c'est plutôt Lénine, bien plus que Mussolini qui serait le père spirituel réel de Bové et Besancenot (et, maintenant, ou, du moins, un peu, via Morin précisément, (ex-léniniste), de Sarkozy? Qui l'eut crût ?…).

Mais ceci ne se voit pas (encore) parce qu'il est distillé sous la forme de pilules roses jour après jour dans les émissions roses, précisément, que sont devenus nombres de magazines radios et journaux, comme l'on parlait autrefois du minitel rose : ainsi, comment ne pas être d'accord puisque on l'avale en riant de plus en plus grassement, (en grimaçant ?).

Avec cette pilule du soft totalitarisme on voit la vie en rose si, et seulement si cependant, l'on dévoile, d'un côté, ses préférences sexuelles avec forces révélations salaces, tout en se déchargeant sur Bush (et Sarkozy…qui, justement, fait tout pour ne plus avaler de telles couleuvres) et, de l'autre côté, vous devez jurer sur la Bible Hulot que vous serez sage comme un ours des Pyrénées, ou, du moins,un ours blanc, et, promis, papa Hulot vous emmènera pour vous montrer là où ça fond, profond.

Voilà la force de soft totalitarisme ou la victoire totale de la cuisine quiétiste tant dénoncée par Blaise Pascal : prendre par le sexe des sentiments, jusqu'à la vie privée du Président dont la future femme n'a plus rien à cacher derrière ses lunettes noires onassisiennes, ensuite laissez faire laisser passer sur ce plan (avec quelques procès ici et là pour néanmoins rassurer les éternelles chaumières, bien utile en temps électoral), laissez mijoter au feux doux de cette nouvelle idéologie qui peu à peu contrôle ainsi votre thermostat mental.

Bonjour chez vous n°6. Qui est le n°1 ? Je suis le N°2 N°6. Mais ! je ne suis pas un numéro ! je suis un homme libre! cria le n°6 tandis que la grille (des programmes) se referma sur son visage rembruni.

27/04/2008


18 juin 2019

Comment réintégrer la Russie et dialoguer avec la Chine

Il serait possible de travailler sur un donnant-donnant, du moins à moyen terme: vous acceptez, vous, Russes, de retirer(à terme) Lénine,de l'enterrer, tout en organisant un procès sur les crimes communistes, tout en ouvrant à nouveau les archives afférentes pour nous permettre de poursuivre nous aussi juridiquement en France (même symboliquement puisqu'il y aura prescription sauf pour crimes contre l'Humanité) et, en échange, les sanctions seraient levées, tandis que le fait que vous vous soyez réappropriés la Crimée serait entérinée, cette contrée vous appartenant déjà historiquement de toute manière.

L'idée serait de faire admettre à Poutine que s'il ne désire pas une pression supplémentaire provenant de l'OTAN et des USA, et s'il veut par contre renouer avec la grandeur russe, il vaut mieux rompre définitivement avec la nostalgie soviétique, ce qui permettra de ressouder les liens forts qui ont toujours uni la Russie à l'Europe, même si celle-ci n'a jamais bien compris la spécificité de celle-là comme le déplorait Dostoïevski dans son Journal.

Quant à la Chine il serait temps de lui demander également d'abandonner la référence au communisme, en lui proposant déjà de débattre dessus à l'UNESCO par exemple en direct devant les caméras. On lui fera peut-être mieux comprendre pourquoi les notions de droits fondamentaux, de respect des droits intellectuels comme les brevets, de refus de la contrefaçon, ne sont pas interprétés de manière universellement recevable par les communistes chinois.

Il faut avoir ces débats, les lancer en tout cas, même si cela peut paraître puéril, naïf, passé de mode à l'heure du relativisme ambiant (allant jusqu'à rendre équivalent le port d'une petite croix et le voile islamique cette marque ségrégationniste) mais observez qu'il a suffi que le peuple se mobilise massivement à Hong-Kong pour laisser entrevoir que rien n'est jamais plié d'avance, que le combat est d'abord spirituel, qu'il n'y a aucune raison que la Chine confonde à ce point sa spécificité civilisationnelle et le régime politique qui l'organise, ce dernier étant visiblement de plus en plus nocif à celle là et au monde entier du point de vue "objectif", "scientifique", si l'on veut employer les grands mots que les absolutistes d'aujourd'hui avancent à tout bout de champ en ce sens où les libertés de penser d'aimer d'entreprendre, la distinction des pouvoirs, la propriété privée, sont des socles morphologiques absolus vérifiés par l'expérience historique et les données psycho-sociologiques aujourd'hui solidement à disposition.

Il est clair qu'en entamant un tel débat sur le communisme, immanquablement il faudra aussi l'amorcer sérieusement avec l'islam, ce qui n'empêche pas de regarder retailler également la poutre qui est dans notre oeil lorsque nous renonçons à appliquer chez nous ces droits fondamentaux que nous exigeons de voir ailleurs.


18 juin 2019

L’islam est incompatible avec la démocratie

Sauf que l'on va un peu vite en besogne en avançant que les islamistes n'auraient rien compris à l'islam, (ce sont des enfants, parfois sympathiques, on les dépeint quelquefois ainsi, un peu victimes de la société consumériste et permissive) ; pourtant, "on" réitère, "on" le clame ici et là, jusqu'à Tony Blair et Georges W.Bush dernièrement : ce n'est pas le "vrai" (true) islam. Et l'on ajoute, tout fier de cette réfutation qui a, il est vrai, toujours pignon sur rue malgré les efforts d'un Redeker, si les islamistes, qui se trompent donc, se déchaînent c'est uniquement en raison de causes sociales (Algérie, Maroc), ou parce qu'on les provoque (attentats de Londres, Madrid : c'est " à cause de" l'Irak, l'Afghanistan, Israël…) et le 11 septembre 2001 ? A cause de la politique américaine en général. La généralité fonctionne encore un peu ici. Par exemple dans un récent numéro de Newsweek (24 décembre 2007, p.41), la journaliste demande à Pervez Musharraf si ce déchaînement ne provient pas de l'activité militaire occidentale accrue, en particulier américaine, en Afghanistan. Musharraf tempère quelque peu cette relation réductrice de cause à effet, mais ajoute en détour d'une phrase que s'il n'y avait pas le conflit en Palestine…

Personne, ou presque, ne se demande s'il n'y a pas une relation de cause à effet entre l'islam prêché pleinement, politiquement donc, et le fait que ceux qui y adhèrent veulent voir ceci être réalisé également pleinement. Les cas algériens et pakistanais sont exemplaires. L'islam est religion d'Etat et ses adeptes veulent que l'islam devienne l'Etat même comme il est écrit noir sur blanc. On objecte qu'il ne faut pas interpréter littéralement "comme le font les islamistes". Sauf que ceux-ci ont bon droit de rétorquer qu'il est difficile de ne pas prendre au pied de la lettre des propos "incréés".

J'ajouterai ceci : plus des concessions ont été faites en matière de droit de regard sur les moeurs, la culture, l'éducation, plus l'appétit vient en mangeant et l'état, général, de la société aidant, l'islam apparaît comme la solution ; ce qui n'est cependant pas le cas lorsque l'on veut plutôt la démocratie. Parce que la Constitution de celle-ci, en général, présuppose que le Droit est consubstantiel à la souveraineté individuelle, elle-même représentée par diverses institutions qui l'encadre et la protège comme la Nation, la République, etc. Qu'il y ait débat entre cette souveraineté et sa Représentation, c'est le lot de la démocratie moderne. Une telle discussion est impossible en Islam car elle est close depuis que Mahomet y est venu apporter le Discernement (Koran) rectifiant ce qui a été dit de la Parole Divine (le Livre) par les Juifs et les Chrétiens, qui se sont trompés de tout au tout (Abraham n'est pas l'ancêtre des Juifs mais des Musulmans, -Ismaël n'est pas Egyptien mais Arabe, etc. Jésus n'est pas Dieu fait Homme mais Prophète etc…).

Rares sont ceux qui se disent que l'islam qui est professé en Occident par des intellectuels musulmans généralement occidentalisés ou très diplomates ne correspond pas à la Lettre même de l'Islam. Pourtant, il n'y a aucune raison de penser que les islamistes seraient des enfants ou des idiots, ce qui serait offensant et pour le coup réellement islamophobe parce que l'on ne voit pas pourquoi tant de lettrés qui sont à la tête du Hamas, du Hezbollah, de Al Keida, voire à la tête d'Etat comme l'Iran, ou en Arabie Saoudite, se tromperaient, à ce point, sur le contenu, réel, du Koran et de la Sunna. Or, ceux-ci, et c'est dit et écrit, sont incompatibles avec des pratiques non musulmanes, c'est-à-dire qui n'auraient pas été réglées au préalable par le Discernement et sa Vie.

Que faire ? Relire Lénine ne nous serait d'aucune utilité pour le coup. Par contre commencer à se poser des questions sur les concessions faites de plus en plus à l'islam sous prétexte d'intégration alors que celles-ci apparaissent plutôt comme autant de conquêtes territoriales (car le spirituel est lui aussi un "terrain", ne dit-on pas même un " champ"?…) ne serait pas inutile… Par ailleurs demander avant toute concession que la réciprocité existe réellement en terre islamique pour les Chrétiens les Juifs et tous les autres également, athées, bouddhistes, hindouïstes, paganistes, ne serait pas un luxe.

Bien au contraire, la construction d’une église chrétienne à la Mecque, ou, mieux encore, la possibilité, à nouveau, comme ce fut le cas avant Mahomet, que des Juifs des Chrétiens des animistes puissent prier dans leur religion autour de la Pierre Noire, prouverait justement la compatibilité entre islam et démocratie : chiche !

28 décembre 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv | Mots-clefs :

17 juin 2019

Pour un Mémorial français des victimes du Communisme

N'en déplaise à Patrick Besson qui dans le Point se moque du formidable travail de Thierry Wolton sur cette mortifère tragédie que fut le Communisme, et ce depuis 17, le tout à la lumière des efforts de hongkongais pour s'en dépatouiller sous nos yeux et des vénézuéliens pour s'en débarrasser, il est toujours navrant de constater que rien n'est réellement fait en France pour ne pas oublier, commémorer, entamer là aussi tout un travail "mémoriel" envoyant dans les écoles des rescapés du Goulag.

Or ce déni (qui a de nouveau sa source également en Russie après un temps d'ouverture en particulier des archives) semble bien être l'un des fondements principaux de cette persistance ourdie à vouloir en quelque sorte sinon excuser Hitler et Pétain du moins les comprendre jusqu'à répandre dans les cours de récréation (je l'ai entendu) qu'Hitler n'aurait pas pu faire les Beaux-Arts à Vienne parce que le directeur était juif (ce qui est faux, Hitler ayant surtout raté l'examen d'entrée) Céline avait aussi surfé sur cette même veine en vitupérant dans Bagatelle pour un massacre le directeur de l'Opéra de Paris ayant refusé son manuscrit.

Je ferai aussi ici l'hypothèse que plus les crimes communistes ne seront pas officiellement, institutionnellement, dénoncés, avec tout le processus juridique et mémoriel qui va avec, au niveau français, européen et mondial, plus, par compensation, une nostalgie justificatrice relativisera chez certaines jeunes nationalistes/patriotes excédés les crimes nazis et pétainistes (en particulier ceux de la Milice et des lois raciales qui n'ont pas été promulguées seulement sous la pression nazie comme d'aucuns le prétendent…) ce qui, en retour, permet au pouvoir centriste affairiste relativiste de type aujourd'hui macronien de jouer précisément sous nos yeux sur la résurgence de cette nostalgie y amalgamant alors et à souhait tous les nationalistes et patriotes bref dénonçant "l'extrême droite" dans pratiquement chaque critique émise sur sa politique désormais (y compris la PMA).

Ce n'est donc pas seulement une question académique mais foncièrement politique d'une si brûlante actualité.

D'ailleurs, rétrospectivement, c'est bien parce que ce déni, officiel, institutionnel, sur les crimes communistes existe suite au compromis gaulliste passé avec le PCF (puis ensuite avec l'islamo-arabisme nassérien) qu'un groupe comme Ordre Nouveau a pu plus aisément se constituer dans les années 70 ; principalement en réaction à la vague gauchiste trotskiste/maoïste semant la terreur dans les Universités -d'où la création du GUD émanation du mouvement Occident lui-même se constituant également sur des bases anticommunistes- et non pas seulement en vue de faire renaître le vieux fond racialiste néo-monarchiste antisémite toujours incarné par le journal Minute ; même si cet élément (couplé à l'émergence de la dite Nouvelle Droite puis plus tard de l'Oeuvre Française néo-paganiste antisioniste et aujourd'hui pro-palestiniste par exemple Alain de Benoist) n'est pas sans avoir des liens avec tous ces courants qui ont pu soit faire parti de la création du "Front" National, soit en être sorti, soit en être proche comme le Bloc Identitaire (qui a cependant rompu avec l'antisionisme).

Jean-Yves Camus, spécialiste de la mouvance, ne nie d'ailleurs pas la racine anticommuniste de la création d'Ordre Nouveau lorsqu'il écrit ceci en préface d'un fascicule de la fondation Jean-Jaurès consacré à Ordre Nouveau (p.6): "
 

" (…)Toutefois, Ordre Nouveau fut un mouvement de jonction générationnelle entre cette vieille garde et une extrême droite de jeunes gens nés après 1945, arrivés à la conscience politique lors de la guerre d’Algérie et de la Guerre Froide et pour qui l’anticommunisme, couplé avec l’anti-gaullisme, était la raison principale de l’engagement. (…)"

Tout ceci pour dire qu'il est de plus en plus agaçant, lassant, d'entendre tout le temps des références mémorielles sur le nazisme et le pétainisme alors que les crimes communistes sont à peine abordés encore moins sanctionnés de plus en plus oubliés (sauf dans les urnes heureusement).

Rien d'étonnant dans ce cas que des parallèles soient établis avec insistance entre la présence non négligeable de juifs intellectuels parmi les principaux dirigeants bolcheviques et aujourd'hui parmi les (ex)dirigeants gauchistes ainsi que dans les médias chassant aujourd'hui en meute contre "l'extrême-droite", oubliant que la plupart de ces juifs étaient (sont) issus de familles bourgeoises bien intégrées toujours à l'écoute d'idées radicales originales ou pas ("chaque génération est un nouveau peuple" disait Tocqueville) et que ceci a toujours été le cas de toutes les cultures, en particulier de la culture européenne, et donc également de la culture juive si l'on se souvient des tensions perpétuelles (toujours actuelles) en son sein (voire de la rupture, radicale, opérée par Jésus…). Par contre on ne voit guère chez Spinoza, Bergson, Husserl en quoi leurs origines juives aient à voir avec leur position philosophique, quoiqu'en pense Heidegger, surtout lorsqu'il corrèle de manière erronée la notion de "calcul" avec celle de judaïté (comme le montre Peter Trawny dans Heidegger et l'antisémitisme, Seuil, 2014, p.61).

Il est possible de faire enfin un dernier parallèle dans le déni historique avec l'omniprésence de la dénonciation de la traite transatlantique alors qu'il est fait toujours bien peu de cas de la traite islamique en effet quasiment inexistante des livres scolaires ; ne parlons pas des massacres inouïs accomplis par la conquête islamique de l'Inde (et de l'Afrique du Nord) massacres qui continuent à l'heure actuelle en Afrique en Afghanistan de façon perlée en Europe (via les attaques permanentes au couteau) financés par les bailleurs de fonds qataris et saoudiens de la dette publique française et du train de vie colbertiste d'un État omniscient (qui vient de faire échouer l'alliance entre Renault et Fiat au grand dam de l'ancien patron de Michelin aujourd'hui à la tête de Renault et qui s'y connaît sur le sujet).

Au final, tant que les crimes communistes (et aussi islamiques) ne seront pas dénoncés au moins avec la même vigueur que sont dénoncés les crimes nazis et les crimes prêtés au colonialisme européen -ceux-ci d'ailleurs étant amalgamés à ceux-là comme précurseurs (ce qui est vite aller en besogne oubliant que tous les peuples de la Terre sont responsables d'exactions envers les peuples vaincus) il persistera une nostalgie néo-nazie et pétainiste comme l'a bien repéré à ses dépends Renaud Camus lorsqu'il s'est aperçu dans sa propre liste aux Européennes d'une affinité à cet égard telle celle de cette jeune Gilet Jaune éborgnée par ailleurs ; nostalgie qui ne peut qu'alimenter les recherches de tous ces chasseurs autoproclamés "Antifa" cherchant quoiqu'il en coûte et avec la plus grande malhonnêteté intellectuelle à réduire le mouvement populaire refusant la mort (euthanasie douce) des Nations aux " idées nauséabondes de l'extrême droite".

Il ne fait pas bon en effet de refuser aujourd'hui l'imposition (progressif) d'un ectoplasme techniciste à base d'écologisme mensonger et de multiculturalisme obligé mettant de côté intégration et laïcité voire les combattant dans les faits au profit d'une idéologie Queer généralisée.


15 juin 2019

Le chantage à « l’extrême-droite »

De l'extrême-gauche revancharde islamo-écolo-réchauffiste à la droite gaulliste nostalgique de l'illusion colbertiste en train de mourir sous nos yeux en passant par le centre affairiste/nihiliste avide de néo-eugénisme réduisant les individus à un socle de composants techno divers un seul mot unit ce Galimatias en fausse photocopie des dites "années de résistance" 40-44, celui "d'extrême-droite" ; le tout en vue d'exclure annihiler détruire tous ceux qui refusent leur dictature de plus en plus illégitime tant tout ce tas d'idiots (in)utiles a faux archi faux sur tout et pourtant continue à pérorer avec une pédanterie ridicule si elle ne devenait pas à terme dangereuse pour les traditions de démocratie et de nation en France et dans le monde.

Il est particulièrement agaçant au sens d'être las d'observer que ce Galimatias ou la France Insoumise En Marche vers l'abîme cherche de plus en plus à imposer ses mensonges, ses bourrages de crâne, ses manipulations, le tout en hurlant du style #folle de rage, cataloguant toute analyse autre comme "négationniste" cherchant même à l'évincer, définitivement, du champ de l'expression ou alors à la nier par une avalanche de chiffres tronqués, catastrophistes….

Non, on ne respire pas moins bien qu'avant, les mortalités diverses baissent grâce aux progrès techniques, oui la misère du monde a diminué, certes beaucoup de choses sont à améliorer à transformer, en permanence d'ailleurs, mais n'oublions pas que le premier moteur à vapeur date d'à peine deux siècles et demi que le futur se dessine avec l'hybridation la fusion nucléaire, l'innovation perpétuelle ; du moins si le Galimatias au pouvoir cesse "d'emmerder le Citoyen" soucieux de préserver un certain art de vivre qui refuse en effet de mettre en équivalence purement arithmétiquement les traditions d'être au sens où il ne sera jamais possible de dire que les cloches qui rythment "les travaux et les jours" devraient aussi laisser de la place au muezzin alors qu'il n'y a aucune raison pour que cela se fasse, aucune ; non pas par "racisme" mais choix de privilégier plutôt ce qui constitue le réel patrimoine issu de notre régime démocratique faisant Nation celui du judéo-christianisme que le panthéisme des Lumières n'aura pas réussi à effacer, admettant sur le tard que le fondement de la civilisation européenne et ses divers fleuves repose sur la tension permanente entre Jérusalem et Athènes comme le rappelait Léo Strauss.

C'est-à-dire la nécessité d'admettre la réalité effective des commandements de la sacralité révélée, mais critiqués en permanence dans leur actualisation au sens de les affiner parce que l'on "ne se baigne jamais dans les mêmes eaux du fleuve".

Le Galimatias au Pouvoir en arrive aujourd'hui à nier ce double fondement en le traitant "d'extrême droite" voilà où l'on en est. Dans le déni.

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13 juin 2019

Les enfants (de) djihadistes pour les couples LGBTIQ+

Et pourquoi pas? Plutôt qu'une PMA, dangereuse pour l'enfant lorsqu'il s'agit de lui enlever non seulement le droit mais le besoin psychologique d'avoir un père (même détestable) pourquoi ne pas permettre ce type d'adoption concernant en particulier les orphelins?…

Au lieu de se complaire dans la combine politique visant à donner en "sociétal" ce que l'on retire en "social", puisque le gouvernement macronien tente de rassurer ainsi sa base électorale qu'il a décidé de compresser fiscalement pour amadouer les gilets jaunes (en réduisant les impôts de ces derniers) pourquoi ne pas pousser la compassion jusqu'au bout en répartissant ainsi ces enfants (de)djihadistes ? On le fait bien concernant lesdits "réfugiés" en les imposant à diverses mairies (au lieu de l'établir sur la base du volontariat).

Loin d'être une boutade ou une provocation cette solution permettrait de mettre au pied du mur tous ces généreux de salon qui n'ont de cesse de s'attendrir…sur eux-mêmes en réalité persuadés qu'avoir un enfant serait un droit en faisant fi des avancées en psychologie de l'enfant montrant l'importance fondamentale d'avoir un père et une mère dont les rôles non seulement sociaux mais psychologiques, du fait d'une différence qui ne serait pas qu'anatomique, sont de mieux en mieux établis (voir John Archer sur ce point qui confirme les travaux de Joseph Nuttin). 

Cette proposition irait en plus parfaitement dans le sens de la philosophie dominante actuelle basée sur la culpabilité la repentance ces deux mamelles du souci de soi. Et puis comme l'islam est toujours considéré comme une religion de "paix" uniquement malmenée par les "islamophobes" et les méchants "islamistes" payés par la CIA et le Mossad, adopter de tels enfants, par centaines, remplirait amplement ce besoin fou de posséder un enfant miroir ; pensez qu'un petit (de) djihadiste condense à lui seul toutes les "valeurs" de la bobocratie dominante: cette nouvelle synthèse entre la charité le tiers-mondisme l'orientalisme le culturalisme et la sensualité efficace (pensez à toutes ces belles photos torse nu entourant le Président Français) ne se reflète-t-elle pas en ces enfants là ?.

Une pierre deux coups: des hauts responsables LGBTIQ+(+?) prennent la décision d'adopter ces petits (de) djihadistes. Quel geste LGBTIQ+! Pourquoi en effet vouloir à tout prix fabriquer un enfant d'origine "fruit des entrailles" (ringard!) n'est-ce pas "réactionnaire" comme l'indiquent certaines lorsqu'elles exigent que l'on retarde en France le délai pour avorter (de 12 à 14 semaines soit trois mois et demi alors qu'il est extensible jusqu'à 24 semaines en UK, idem au Canada voire bien plus chez certains praticiens aux USA).

Allons de l'avant (surtout au bord du précipice démographique en Europe) ! Ne serait-ce pas là un incontestable "progrès" que de faire ainsi preuve de compassion nataliste?…

Sauf que cela ne se fera pas parce que les enjeux sont de plus en plus électoralistes échangeant du social contre du sociétal exigeant que le résilient (sous peine d'être taxé d'extrême droite islamophobe) soit de plus en plus plastique (tout en le sommant de moins en moins en utiliser); il faut (sollen) qu'il avoue enfin que sa réussite (supposée) provienne uniquement du fait qu'il aurait eu de la chance, ce qu'il doit expier; il doit en effet en avoir honte (name and shame) il peut se rattraper (un peu) en payant plus que tout le monde, en ne prenant plus l'avion, en vendant à terme sa voiture, en ne mangeant plus de viande (mais en détournant pudiquement les yeux sur l'abattement religieux) en ne faisant plus d'enfants d'origine (ou s'il en a en leur permettant de ne plus aller à l'école durant un an pour sauver la planète) en se repentant des crimes passés, même il y a cinq cent ans ;et, surtout, (surtout) il doit absolument (absolument) voiler son hétérosexualité par le "neutre", jusqu'à l'imposer sur l'acte de naissance dans certains pays (bientôt en France?) puisque tout ne serait "que" construction sociale confondant les rôles sociaux, nécessairement évolutifs, et les rôles affectifs qui s'appuient eux en constance sur une singularité et une altérité permanente, d'autant que l'on sait de plus en plus que l'homosexualité est d'origine biologique. Et rien que le fait d'adopter le sigle "LGBTIQ+" ajoute à cette confusion alors qu'il s'agit d'une propagande de plus mettant en danger y compris l'homosexuel stricto sensu puisqu'elle prétend forcer ce dernier à changer lui aussi. 

Mais si celui-ci désire avoir un enfant ?…Toute envie n'est pas aisément réalisable à l'évidence. Et pour les plus militants allant jusqu'à concevoir cette impossibilité comme une discrimination, le fait de s'ouvrir à une adoption d'enfants (de) djihadistes serait un geste non quelconque qui d'ailleurs mettrait en évidence en cas de protestations véhémentes ceux qui sont les véritables adversaires d'une réelle diversité "inclusive"…



11 juin 2019

La faillite politico-intellectuelle du multiculturalisme

Il ne passe pas en effet un jour sans que l'on tartine à longueur d'articles de la sociologie de bazar à la Azouz Begag pour expliquer par l'exclusion le basculement intégriste alors qu'il s'agit essentiellement d'un refus clair et net de toute modernité, celle-là même qui interdit d'obliger son voisin à faire comme soi-même c'est-à-dire vivre dans le même temps, le même instant, la même pensée, la même prière, le même regard qui regarde le même doigt désignant l'ennemi : la liberté qu'incarne l'Occident en tant qu'Idée et non pas en tant que race.

Voilà l'enjeu.

La réalité hinc et nunc qu'un Huntington avait formidablement bien vu ; si ce n'est qu'il récusait la possibilité que l'universel de la liberté puisse également toucher à terme les autres aires de civilisation comme on le voit avec l'Inde, la Chine, l'Afrique et une grande partie de l'Amérique du Sud. Or, seules les régions sous claire domination du national-islam/isme, qu'il soit d'Etat ou d'obédience chiite, et les régions longtemps dominées par une classe seigneuriale méprisante et une classe intellectuelle au moi marxiste démesuré (comme Cuba mais aussi comme la France) refusent la Modernité, même sous ses nouveaux atours plus respectueux du qualitatif, ce que je nomme la Néomodernité.

Et ils la refusent non pas du fait de ses excès qui en réalité transcendent toute structure historique puisqu'ils illustrent plutôt la faiblesse de la nature humaine devant les attraits du pouvoir de la richesse et du prestige (dernière victime en date, l'actuel président de la Banque Mondiale, Paul Wolfovitch dont le néoconservatisme affiché ne l'a pas empêché de flancher…), ils la refusent parce qu'elle remet en cause précisément l'idée stipulant que l'existence de ces excès serait produit soit par la société soit par le refus de suivre la volonté de Dieu. Pour eux, la nature humaine est bonne en soi ou alors intrinsèquement perverse ou produite par l'environnement. Dans ces conditions, seule une instance suprême, l'Etat, ou alors la Société, ou encore Dieu, solutionnera tous les maux ; c'est basic, simplet, mais c'est ainsi : nous en sommes là lorsque l'on enlève toutes les facéties et autres fioritures des débats ambiants.

Aussi, il existe une sorte de complicité de fait entre eux. Et donc une grande compréhension. C'est en quelque sorte pour viser un mieux compréhensible que ces assassins assassinent, "ils l'ont fait pour nous" s'exclamait Baudrillard en voyant les Twins s'effondrer, ils sont à bout en quelque sorte, c 'est la maladie même du " Système" qui donc s'attaque lui-même comme dans les maladies auto-immunes renchérit Derrida (j'en étudie la prose dans mon livre La philosophie cannibale) ; il y a là une psychosociologie de bas étage produite par des gens qui s'offusquent qu'un Sarkozy avance imprudemment que "la" pédophilie ou "le" suicide serait génétique (mais sans doute "des" pédophiles et "des" suicides peuvent avoir des antécédents héréditaires, c'est à voir à chaque cas…) et qui, pourtant, affichent tout tranquillement des analyses uniquement sociologisantes sur les motivations de tueurs qui officient de plus en plus partout à l'instar des tueurs de l'Ombre Jaune d'Henri Vernes, motivations uniquement construites à base de discrimination et de ressentiment, ce qui est possible pour certains cas, certainement pas pour les donneurs d'ordre, Ben Laden est richissime et certains tueurs ont des bac+5 à foison.

Non. C'est une guerre qui met en échec la grandiloquence de l'analyse post ou néo marxiste stipulant que la cause unique de la révolte serait liée au désir d'améliorer son sort à la manière tocquevillienne lorsque Alexis explique que dans les sociétés démocratiques, la revendication loin de s'éteindre s'accroît dans le toujours plus que François de Closet s'est évertué à analyser ; et nos socio-journaleux du dimanche ont alors projeté cette matrice d'explication sur les poseurs de bombe sans se poser un seul instant la question : et si ces gens ne voulaient pas du tout de ce genre de combat, mais préfèrent suivre leur propre agenda constitué aux alentours de la fin du 19ème siècle et qui stipulent que c'est précisément parce que l'islam s'est bien trop ouvert aux idées de liberté et de raison qu'il se trouve aujourd'hui dominé ?…

Il ne s'agit en effet pas pour eux de se demander à la façon d'un Léo Strauss pourquoi la montée en puissance de la Raison devrait signifier la mise à mort de la Vérité divine. Mais de considérer que l'individu ne doit pas chercher par lui-même en lui-même son propre accès vers ce qui le soutient en profondeur. Certes, la réaction catholique, franque, germanique, a connu ce genre de refus de l'individu, vite confondu avec l'individualisme, celui du plaisir comme seul but, mais il a fallu d'autres ingrédients pour qu'ils se transforment en franquisme, en fascisme, en nazisme : la conjonction entre un scientisme techniciste, l'idée d'une supériorité théologique ou métaphysique à faire partager à tous qu'ils le veuillent ou non, l'idée enfin d'une purification radicale afin de sauver le Peuple puis la Terre. Les précurseurs jacobins et bolcheviks n'étaient pas en reste : en tuant tous ceux qui ne croyaient pas en "la" Révolution…

Et, pourquoi, au nom de quoi, sous le prétexte que l'on ne serait pas issu de cette réaction là, n'aurait-on pas le droit de vouloir s'extraire de cette Histoire pour revenir à une autre celle du supposé âge d'or d'un islam triomphant ? Plus les bombes explosent, tuant d'ailleurs plus de musulmans que d'occidentaux, plus nos conseillers en sociologie de bas étage ne vont pas tenter de répondre à cette question, mais viendront plutôt agiter leur réponse à tout stipulant qu'il faut négocier plus de place : à quoi ? À cet islam précisément qui veut revenir à sa pureté originelle. Et le financement public des mosquées ne l'arrêtera pas comme le croit naïvement Gluksmann, s'il n'y a pas en même temps une critique de cette aspiration là, s'il n'y a pas un droit d'inventaire afin que certains versets liberticides puissent être épurés, si enfin il existe une explication réelle sur le manque de développement de tous ces pays sous domination national-islamique.

Aujourd'hui, les ingrédients sont en place pour que la conjonction entre un enseignement relativiste auréolant le passé d'une richesse culturelle reconstruite avec les fantasmes d'aujourd'hui, des médias véhiculant une soupe idéologique erronée, un désir de domination, les exploits guerriers répertoriés sur vidéo, construisent une alchimie instable aux effets propagateurs ravageurs au sein d'une jeunesse à qui l'on promet la domination mondiale et la soumission des femmes. Le fait de souligner que certains passent à l'acte par illettrisme et misère ne fait qu'effleurer le problème et ne s'attaque qu'à la pointe immergée de l'iceberg.

Combien de temps cette mécompréhension du mal durera ? A mon avis longtemps. On l'a bien vu dans les années 30. Aussi, tant que de nouveaux discours dits par de nouveaux visages et transmis par de nouveaux médias ne verront pas le jour, bref, tant que de nouvelles élites n'émergeront pas avec une toute autre approche, nous ne nous en sortirons pas.

16 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

10 juin 2019

Impasse(s) de la néo-Restauration

La nasse/masse macronienne se referme peu à peu non pas avec des crocs façon Dents de la mer mais une euthanasie lente (un transport doux) stigmatisant les "populistes" et leurs fiers à bras au nom d'une "résistance" surjouée, soit tous ceux qui n'accepteraient pas de se faire manger, les traitant même "d'extrême droite" rappelant incidemment qu'Hitler l'était aussi (végétarien?)etc, la chanson est connue ; certains tentent alors un grand arrière toute, allant même, tel Éric Zemmour, jusqu'à étiqueter le 6 juin 44 "d'invasion" (dans Z&N du 5 juin) venant après le Pétain "sauveur des juifs français" et la sacralisation du tandem De Gaulle/Pompidou instaurateurs "regrettés" de l'État dit "colbertiste".


Pourtant n'est-ce pas celui-ci qui accoucha de cet abandon en rase campagne du salariat public et privé entre les mains communistes et gauchistes, sans oublier l'Algérie confiée en gage d'alliance anti-américaine aux nationalistes arabistes ?


Mai 68, sa soif démocratique, furent abandonnés aux gauchistes, le Plan Calcul et le Concorde à la technocratie péroreuse ; Mitterrand choisit, lui, sur les conseils d'Attali, ce Soros du pauvre, le Minitel et le câble alors que les USA en étaient déjà à cette Toile Internet enceinte des GAFAM ; le tout aboutit à la constitution d'un État tentaculaire (une "URSS qui aurait réussit") en attente sinon de son Trump du moins d'un Reagan pour faire enfin le ménage sans pour autant se mettre à dos les fonctionnaires euthanasiés eux aussi en silence n'est pas Vincent Lambert qui veut.


Sauf que loin de faire le bilan de cet État "Social" issu du CNR, tout semble bien plutôt aller dans le sens inverse, celui d'une néo-Restauration bonapartiste, y compris au sein du RN ; d'aucuns spéculent même de voir à sa tête plutôt un Éric Zemmour pourquoi pas futur candidat en 2022 qui réussirait lui le "débat-du-second-tour" sauf qu'en cas de mésentente avec Marine Le Pen il faudra bien passer par le 1er tour et ses 3% à la clé, Debout la France bis donc ; Zemmour (qui dément cette candidature) étant cependant bien plus sympathique que Dupont Aignan haut en gueule et en ego hypertrophié mais petit en tout dirait Hugo (Victor) surtout en amitié politique à voir la façon dont il a écarté  sans raison autre que partisane Jean-Frédéric Poisson et Charles Gave.


Il n'empêche, le syndrome de Chateaubriand fait florès à nouveau : non pas le "c'était mieux avant" -même si aucune leçon ne se trouve toujours tirée sur le pourquoi d'un 1792 (soutenu également par Michel Foucault) surtout lorsque l'on cherche à opposer "France éternelle" et "France républicaine", mais le fait que cette néo-restauration préfère à nouveau se réfugier dans l'animosité gaullienne  anti-anglo-saxonne qui a été jusqu'à choisir de fricoter avec le marxisme (y compris sous la Résistance) avec les communistes d'après-guerre, puis les nationalistes/islamiques arabes, à l'exception de l'installation des fusées à Cuba cependant, De Gaulle soutenant Kennedy sur ce point sans doute pour montrer aux soviétiques jusqu'où pouvaient-ils aller (de même Mitterrand qui soutint Reagan contre le défaitisme vert des Allemands, déjà à l'époque…).


Mais comment transformer (afin dit-on de revenir à "la" Souveraineté) sur de telles bases nostalgiquement restauratrices un État bien plus tentaculaire, parasite, que souverainiste, se mêlant de tout et appauvrissant même le service public en réalité à voir la révolte actuelle des Urgences, la destruction du fret public par les grèves à répétition, la mort du port de Marseille, le tout fermant également les yeux sur la fragmentation du pays, voilée, cachée, par l'argent saoudien et qatari voilant les femmes par la même occasion (idem au Royaume Uni d'où le Brexit pour une part).


Surgit alors une incroyable concordance objective (non concertée) dans les Restaurations au niveau dit "sociétal" (ou les moeurs tout simplement) qui semble bien être la quotidienneté en acte des acquis civilisationnels atteints par une société donnée, son art de vivre en quelque sorte, puisqu'il s'avère que le souhait de ne pas voir la femme jouer au football ou faire de la boxe (dernière de Finkielkraut admirateur de Foucault) ou encore le fait de refuser que l'homme puisse se lever lui aussi la nuit pour donner le biberon (vieille antienne de Zemmour qui débuta ainsi son heure de gloire bien mieux encore qu'un Soral sur le même thème) toutes ces positions/revendications font en réalité plutôt anti "France Éternelle": du moins celle des Troubadours et de la vénération à la Vierge…


En effet, le fait de se lever la nuit pour l'homme serait plutôt un acte chevaleresque afin de préserver le sommeil de sa Dame tandis que le football féminin devient bien moins le symbole d'une masculinisation artificielle (produite par une société dite féminisée…) liée à une démocratisation égalitariste mais bien plutôt l'émergence d'une féminité assumée dans sa spécificité au sens de chercher bien moins la prouesse individuelle brusque et rude ("viril") et bien plus la fluidité de l'action collective d'abord (qui donne de meilleurs résultats y compris chez les hommes).


C'est d'ailleurs ce que ne comprennent pas les confusionnistes gauchistes du "genre" qui se trouve pris(es) à contrepied d'ailleurs lorsqu'ils/elles considèrent que les femmes seraient moins agressives au football du fait de leur apprentissage sevré conditionné par la société "mâle"ce qui est d'autant plus absurde que cette différence résulterait surtout de l'existence morphologique d'une spécificité féminine bien réelle au sens d'une bio-psychologie originelle c'est-à-dire optant d'abord sur la qualité durable des relations humaines que leur seule performativité de l'instant (Nuttin, Théorie de la motivation humaine, PUF,1980, p.166) ce qui n'empêche aucunement jalousie cruauté, Lucrèce Borgia….


En fait, la façon de trancher ici au sein de ces débats sociétaux en faveur d'une certaine évolution ne signifie en rien qu'il faille soutenir a contrario les politiques néo-eugénistes visant à écarter délibérément la nécessité d'avoir un père et une mère, ou les politiques néo-malthusiennes manipulant le droit à l'avortement en le transformant en contraception tardive ou en moyen de réduire la place de l'espèce humaine sur la Terre, voire de combler transitoirement le fossé démographique des pays développés par un accroissement de l'immigration.


D'ailleurs la présence de cette dernière se trouve manipulée par les uns et les autres au sens où il s'agit moins de "quantité se transformant en qualité" comme le pense Zemmour lisant, mal, Engels et Marx (eux-mêmes ayant mal lu Hegel sur cette question précise car cela dépend selon Hegel de "la substance posée") puisqu'il s'agit de saisir la "qualité" non pas en tant que grandeur intensive mais  intention se posant substantiellement comme cette "essence" c'est-à-dire comme ce vouloir désirant s'intégrer voire s'assimiler réellement (prendre aussi un prénom du cru tout en gardant le sien).


C'est ce qu'indique Marion Maréchal (plus claire sur ce point lors de sa dernière intervention sur LCI) lorsqu'elle écarte tout fondement racialiste de la nation française, ce qui implique en effet de ne pas se voir imposer des moeurs comme celles charriées par l'islam (wahhabite, turc, chiite peu importe) et qui se trouvent d'ailleurs au coeur de l'immobilisme des pays dominés juridiquement par lui (hormis ceux sous influence bouddhiste et hindouiste) sans parler de la répression sanguinaire qui en découle de manière permanente en leur sein comme on le voit actuellement au Soudan au Yémen au Mali en Libye (en attendant que cela recommence en Égypte et en Algérie). Ce qui implique aussi concrètement le fait de renvoyer ceux qui refusent toute intégration; déjà en ne ne leur renouvelant pas leur carte de séjour, puis en expulsant les condamnés à rapatrier dans les avions des pays concernés.

Il y a d'ailleurs là un consensus entre diverses composantes adeptes "amoureux de la France Éternelle" (censuré par Macron) allant d'un Bellamy à Pécresse en passant par Poisson (ce qui ne veut pas dire qu'elles soient d'accord sur le reste d'où leur échec actuel et futur…).

C'est le point névralgique, au niveau symbolique, et la fermeté peut y être payante, on le voit bien au Mexique où son Président pourtant de gauche a accepté de contrôler ses frontières sous peine de voir ses exportations être hyper taxées ; et "on "aura beau qualifier la fermeté de Trump d'extrême droite et de populiste, la politique contraire qui dénonce ainsi reste cynique affairiste, racialiste parce sous le prétexte d'humanisme fallacieux (car effaçant la notion de citoyenneté) "on" en vient à compartimenter la société en trois grands cercles comme l'indique Charles Gave: au centre des mégapoles se love insouciante et légère la nouvelle gentry huppée écologisée (en apparence) avec ses esclaves immigrés empaquetés sous logements sociaux formant le second cercle, le reste, les bouseux roulant au diesel la clope au bec écoutant Johnny ou du bon vieux rock façon country à la "périphérie"…


Et le premier Cercle préfère poursuivre des chimères auto-génératrices comme la promulgation de critères de plus en plus purs en matière de pollution certains s'apercevant que les humains produisent eux aussi du CO2 il faudrait donc en supprimer, un Yves Cochet expliquant désormais que l'Humanité pourrait disparaître en 2050, tandis que d'autres iront accuser les Romains d'avoir autrefois déclenché un changement climatique, le délire lyssenkiste fait donc rage, aussi  les défis de l'heure en matière d'immigration passent au second plan sans se demander objectivement pourquoi tant d'Afghans, tant d'Africains, tant de Sud-Américains frappent à la porte d'un Occident si honni; ne faudrait-il pas cibler sur l'islam destructeur en Afghanistan pour les premiers, sur l'islam destructeur en Afrique pour les seconds, sur le marxisme destructeur pour les troisièmes, les trois articulés à une corruption généralisée et à une incurie des États préférant adouber leurs financiers (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Iran, Chine…) plutôt que de s'occuper de leur population ?


Mais comment demander aux envahisseurs talibans de le faire alors qu'ils n'ont rien à faire de l'Afghanistan au fond ? Idem pour l'islam en Afrique cherchant à effacer la présence chrétienne, occidentale, pour continuer la traite esclavagiste des noirs sous une autre forme (aidés par les tiers-mondistes racistes noirs africains comme en Afrique du Sud) cela se voit bien encore dans les pays du Golfe et en Arabie même, les pays occidentaux se taisant car la vente d'armes permet aux États colbertistes de survivre et de continuer à appauvrir la classe moyenne française, d'enrichir la super-élite public-privé tout en donnant des miettes aux pauvres du troisième Cercle parce qu'il faut bien une façade sociale pour vivre heureux vivons caché derrière le masque de l'écologie sociale désormais, tant et si bien que non je ne vois pas comment en quoi la nouvelle restauration bonapartiste made in Zemmour et Buisson forgera les armes nécessaires pour mettre à bas cette spirale infernale. Il faut aussi regarder ailleurs.

 
Le 8/6/2019

10 juin 2019

La propagande des nouveaux ségrégationnistes

Les choses à force s'éclaircissent : la faction au pouvoir, croisement de nihilismes divers dont le néo-ségrégationnisme millénariste (NSM) est la pointe la plus avancée, s'appuient on le sait sur deux piliers: un discours pseudo-scientifique fait essentiellement de prévisions catastrophistes s'échelonnant de vingt à cent ans (celles pour 2020 étant désormais obsolètes : famine mondiale, montée des océans sur plusieurs mètres) d'une part, et un discours pseudo-historique fait également essentiellement d'analogies douteuses et de contre-vérités d'autre part.

Et les deux s'entrecroisent : ainsi il est de plus en plus courant d'observer l'émergence de pseudo-études provenant de pseudo-instituts asséner par exemple que le maintien d'un discours dit "climato-sceptique" (alors qu'il est plutôt réaliste) s'observerait plutôt à "l'extrême droite" comme l'indique l'un des bateaux-phares de la propagande NSM s'appuyant par exemple sur le fait qu'une des collistières "écolo" de la liste Place Publique-PS ait été traitée de "folle" alors qu'elle s'est fait elle-même connaître avec le hastag "#folle de rage" parce que ses oreilles sans doute sacrées avaient entendu des "propos négationnistes "en matière climatique…); de même, les propandistes NSM iront jusqu'à soutenir que les attaques antijuives en Allemagne viennent de l'extrême droite en majorité selon de pseudo-statistiques avancées par le ministre de l'intérieur allemand, sans que l'on ne sache cependant d'où ces dernières viennent réellement tant il est facile de minorer le fait que les principaux actes antijuifs ont été en réalité le fait de "migrants" musulmans. 

Mais cette propagande à double volet prend. Pour deux raisons: la première étant l'absence de colonne vertébrale d'une classe politico-intello-médiatique incapable comme toujours de jouer son rôle de sas, de filtre, propulsant comme d'habitude les pires idées à la mode comme s'il fallait crier le plus fort, être le plus jeune (comme dans le film Cabaret...) pour apparaître "vrai".

La seconde étant qu'il existe cependant un discours style "égalité et réconciliation" qui se fait fort de ramasser tous les poncifs antijuifs (argent pouvoir libido) alors que l'omniprésence d'un BHL s'explique bien moins par sa judaïté que sa lignée idéologique matinée de sartrisme postmaoïste ayant encore une emprise très prégnante dans les salons parisiens qui donnent toujours le là y compris pour ces entrepreneurs avides de laver leur agent supposé sale en s'achetant une danseuse intellectuelle afin de se faire passer pour des paragons de vertu. Par ailleurs le buzeness de l'écologisme devient colossal à tous points de vue (argent pouvoir et libido) et devient donc le point de passage obligé pour tous les opportunismes et collaborations (dont il faudra bien rendre compte un jour sauf que l'on attend toujours le Nuremberg des crimes communistes…).

Et le moindre des paradoxes on le sait consiste à promouvoir un nouveau ségrationnisme au nom de l'anti-ségrationnisme exhortant non seulement à l'organisation de réunions "non mixtes et racisées" mais en imposant la présence de voilées un peu partout, de même que la présence de la propagande LGBTQ+ cherchant à s'approprier la différence "homo" comme Pierre Palmade l'a appris à ses dépens. Les deux totalitarismes s'épaulant mutuellement tout en se faisant la guerre aussi (à l'instar des staliniens et des nazis collaborant contre les sociodémocrates avant la guerre et aussi au début de celle-ci n'en déplaise aux nouveaux caciques à la mode).

Il est en effet curieux d'observer que des voilées soutenues par divers kmers verts/rouges osent en appeler à la "liberté" alors que ce concept n'existe pas dans leur tradition, le "je" étant inconnu autant que le "c'est mon choix" autant de notions issues spécifiquement de l'expérience judéo-chrétienne et rationaliste qui en effet est le coeur de l'Europe, même si les nouveaux idéologues "verts" sont si désireux d'en faire table rase en guise d'amorce à ce nouveau millénaire.

De même il est tout à fait absurde de confondre la lutte pour la reconnaissance d'une nature homosexuelle spécifique en tant que donnée de fait et non pas choix ou maladie et la lutte nihiliste des déconstructionnistes cherchant à imposer leur volonté de détruire la société "euro-hétéro-centrée" (les LGBTQ+) quitte à s'allier avec certains musulmans opérant pour le compte du djihadisme intégral mondial qui cherche d'ailleurs moins à se battre contre les "inégalités" quelles soient de "genre" ou "sociales" que de les sacraliser dans un ségrationnisme strict renouvelé (en ce sens le djihadisme n'est pas un mysticisme mais un ésotérisme comme l'avait indiqué René Guénon dans Aperçus sur l'ésotérisme islamique et le Taoïsme).

Sur ce dernier point observons qu'il est pour le moins également curieux que tant d'"experts" es-science islamique défilent pour expliquer sans sourciller la différence entre islam et islamisme comme si cette question n'était pas tout d'abord propre à l'islam lui-même en ce sens où l'on ne voit pas en quoi pourrait être établi, surtout de l'extérieur, cette distinction puisque celle-ci est elle-même en débat en son sein. Il convient donc de parler plutôt de musulmans posant, ou pas, la loi islamique avant la loi civile de la société considérée.

En définitive, plus les faits viendront démentir cette propagande multi face, comme ils ont démenti celles qui la précédaient, plus ses partisans montreront leur visage réel de tyrannie de moins en moins larvée ou comment à trop faire l'ange on fait la Bête (fragment Laf. 678, Sel. 557)


10 juin 2019

La danse des scalps

Commençons par BHL. Les comptes macabres donc. Dans un bloc-notes du Point (8 décembre 2005) BHL agite des chiffres (« 700.000 morts » lors de la conquête de l’Algérie –1830- « par Bugeaud et Pélissier ») des chiffres inédits (que même le FLN n’aurait pas osé avancer,du moins pour la période incriminée) dont on trouve certes la correspondance quantitative chez Pierre Goinard (2001, p 112) mais plutôt en… 1864-1867 et non pas à cause de la conquête : essentiellement lorsque la combinaison d’une grande sécheresse, de la famine qui s’ensuivit, s’ajoutant à des épidémies de choléra et de typhus firent diminuer la population autochtone de 2 700 000 à 2 125 000 (Goinard, 2001, p 112).

 

D’où BHL tire-t-il donc ses chiffres sur la période…1830 ? Il s’appuie peut-être sur les informations du réseau Voltaire (qui agite le même adage employé par BHL : « Bugeaud et Pélissier » ) dont le sérieux en la matière (il a soutenu l’idée qu’aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone) prend fait et cause en réalité (sur la base d’exactions singulières) pour la diatribe négativiste actuelle posant le colonialisme non seulement comme mal absolu, mais cause ultime et unique en définitive de la gabegie actuelle en Algérie, en Afrique, dans le monde.

Ou alors BHL s’appuie peut-être sur les « travaux » de Pierre Péan expliquant que la conquête de l’Algérie visait uniquement à voler le trésor du bey (turc) d’Alger ? Cette analyse a d’ailleurs pignon sur rue en Algérie, expliquant ainsi que la France aurait volé l’or de l’Etat « algérien » (alors qu’il s’agissait d’une colonie turque et l’argent en la possession du bey était déjà volé aux autochtones), ce qui implique pourquoi l’Algérie fut ensuite exsangue, (pompée par les colons par la suite), incapable donc, en 1962, de s’en remettre, d’où son état actuel : cqfd. Et BHL se positionne dans cette mélasse et fait une pierre deux coups : il ne se fera plus enguirlander par Ramadan, et se distingue de ce « néo-réac » d’A.F (et ses trois b…), tout en faisant évidemment fi de tous les autres aspects négatifs de la colonisation…turque en Algérie sous laquelle les Juifs par exemple étaient tenus dans une conditions déplorable, sans parler de la colonisation…arabo-musulmane en Algérie non avare de massacres…

Et, d’ailleurs, pourquoi, dans cette nouvelle danse macabre, ne pas réduire également l’épopée napoléonienne à ses massacres en Espagne, la révolution française aux massacres vendéens et chouans, pourquoi ne pas remonter dans la repentance au meurtre de Vercingétorix par César, cause sans doute de l’état actuel de la France trop imprégnée de culture latine, école de l’impérialisme occidental, etc… ?

En fait, cette diatribe actuelle niant tout rôle positif au colonialisme (que Marx par exemple reconnaissait ) vise un autre objectif que le seul travail de mémoire nécessaire, (quoique omis lorsqu’il s’agit des divers goulags communistes : on ne voit pas la signature d’un Besancenot exigeant des excuses de la part des…trotskistes français complices des purges et des massacres, par exemple des marins de Cronstadt) ; l’autre objectif étant de s’attaquer à toute conception universelle des droits humains comme la liberté de conscience, mais aussi la liberté d’entreprendre.

En réduisant par exemple l’histoire de l’universel en France à l’Exposition Coloniale de 1930, on efface, soigneusement, méticuleusement, la distinction qui s’est opérée peu à peu entre l’idée d’universalité et la forme qu’elle peut prendre selon les circonstances historiquement situées. Autrement dit, l’essentiel chez les partisans contemporains de l’universel (dont je fais partie) n’est plus tant de seulement considérer la société démocratique comme étant un progrès sur la société tribale (ce qui est vrai), mais, aussi, d’admettre que ce progrès n’est pas uniquement portée par une seule forme, aussi parfaite qu’elle soit dans l’Idée, par exemple l’Etat, comme le croyait Hegel et par la suite le marxisme et le scientisme.

Bref, non seulement l’universel se réalise sous diverses formes et ce à un rythme donné, mais, également, il ne peut pas apparaître comme une espèce de science infuse, de vérité venant d’en haut et censée animer un bas nécessairement ignorant et incapable de s’organiser de manière autonome. Autrement dit encore, il s’agit à la fois de faire admettre qu’il existe des évolutions nécessaires dans les relations humaines, au même titre que le fait de prendre de l’eau plutôt au robinet qu’au puit, voire à la rivière, tout en sachant que le fait de vouloir encore aller à la rivière pour la chercher n’est pas nécessairement une attitude réac ou néo-réac.

En réalité ceux-là même qui dénonce une figure en fait ancienne de l’universel, impose eux leur différence comme cette figure périmée qu’ils prétendent voir encore, par exemple dans la laïcité, le refus du communautarisme. Il est dommage que BHL, en jouant ainsi au pyromane (parce que son chiffre avancé sans précautions va être commenté et utilisé pour exciter…) devienne lui aussi cet espèce d’idiot utile qui dénonce certes des choses réelles mais les noient dans une diatribe n’observant qu’un seul aspect des choses, alimentant ainsi la haine au lieu de la réduire.

Quant au sujet d’A.F et de ses trois b, tentons d’aller au-delà de la maladresse énonciatrice pour s’appuyer sur un fait réel que m’a rappelé un ami (lyonnais, chaud partisan de l’OL par ailleurs) : les recruteurs en matière de football écument en permanence le continent africain pour repérer de jeunes pousses qu’ils vont ensuite transformer en joueurs de talent (voir à ce propos l’excellent petit livre italien de Paul Bakoko Ngoi, intitulé Rêve de foot, -Gallimard jeunesse, 2004, traduit par Pascaline Nicou). Comme le continent africain est bien plus grand que la France (semble-t-il) le nombre de joueurs « black » va être à terme nécessairement plus grand…d’une part; d’autre part, il est possible que l’entraîneur de l’équipe de France ne puisse pas faire autrement que de ne pas se soucier de ce facteur politique qu’est le dosage des couleurs, surtout lorsque les joueurs « blancs » n’ont pas envie ou besoin de se montrer en équipe de France (alors que pour un jeune joueur « black ») ce sera un bon moyen de se faire connaître.

On peut comparer ce phénomène avec celui de la course à pied et de la boxe. Le Pen avait autrefois établi et ce avec tant de certitude que la surprésence africaine dans ces deux disciplines étaient dues à des différences génétiques (ce que ne reprend évidemment pas A.F) alors qu’en fait, s’agissant de la course à pied, elle s’explique également par ce facteur, celui du nombre, par le fait également qu’en Afrique (et dans le Sud) le sport est un ascenseur social bien réel, tandis que l’intégration du dopage comme élément dans la performance ira plutôt sélectionner ceux qui sont plus à même d’en acquérir comme les « blacks » américains. Idem pour la boxe, avec une différence supplémentaire : s’il n’y a plus vraiment de poids lourds « blancs » ( à l’exception des Slaves), ce n’est parce que les noirs sont plus costauds que les blancs ou encore qu’ils n’ont pas d’autre issue, mais parce que nombre de ces derniers ont préféré le catch (ou le football américain) qui payent mieux sur la durée et sont en fin de compte peu risqué…

Qu’en conclure ? En tentant de diaboliser A.F, par exemple en lui faisant dire ce qu’il n’a pas énoncé ou maladroitement, ceux qui se sont lancés à ses trousses, cherchant même à épurer France Culture de sa présence, tentent en réalité de justifier leur sauve qui peut idéologique, celle du communisme relooké altermondialisme, du relativisme communautariste de l’anti-américanisme et autres anti : antisioniste, antilibéral, anti-OGM, anti-réchauffement de la planête, anti-Af, non, ça je l’ai dit…anti-néo-réac j’allais l’oublier celui-là alors que c’est une vieille lune d’il y a trois ans maintenant…).

C’est la montée en force d’un néo-anarcho-léninisme messianique utilisant chaque problème comme aliment, possédant de forts relais dans les médias, la culture et l’enseignement, poussant même le cynisme tactique (pour certains) jusqu’à absoudre tout totalitaire arabo-islamiste ou islamiste afin d’attirer le plus possible de monde vers leur fatras poussiéreux (vampires idéologiques en attente de leurs proies) dont le propos sur le monde pose toujours chaque malheur comme fomenté, ourdi, par ce « ils » qu’un « yaka » résoudra bien sûr et définitivement.

Pendant ce temps, l’horloge avance, et la réaction, la vraie, engrange ce pain béni, qui, comme dans les années 30, sommera chacun de choisir entre communistes et fascistes. Or, c’est, là, qu’il faut leur dire non, pas vous, pas ça, n’utilisez pas les morts des autres pour oublier les vôtres ; vous avez déjà fait le coup en 68 en vous prétendant à la direction de ce mouvement, complexe, de contestation, ne recommencez pas alors que vous n’avez rien d’autre à proposer comme alternative que la haine et la soumission : du balai ! retournez à votre place, dans les poubelles de l’Histoire !

22 février 2007
 

 

Written by Lucien SA Oulahbib in: Evaluation de l'action-OIL |

10 juin 2019

Les racines réactionnaires de la haine anti-américaine

On a beau dire que ce faisceau d'accusations n''est pas suffisant pour les condamner jusqu'à la fin des temps, surtout lorsqu'ils pouvaient, aussi, soutenir des causes justes, rien n'y fait.

Cette opposition, tenace, inflexible, intemporelle, fonctionne un peu à la façon d'une condamnation à perpétuité, y compris lorsque le criminel a purgé sa peine. Il n'y a pas de seconde chance. Mais une double peine perpétuelle. La condamnation est de plus sans appel. La tache du crime est, une fois pour toutes, placée au front, et il n'y a pas de rémission, pas de pardon.
Nous en faisons part ici à resiliencetv, cela n'a pas l'air de toucher plus que cela.

Que je sache, si l'on prend tous les crimes que l'on suppose américains depuis disons 50 ans, ils ne sont tout de même pas l'équivalent des crimes staliniens et maoïstes de la même période.

Il n'y a pas eu des goulags américains dans lesquels des millions de gens pourrissaient, étaient tués avec l'exigence que la famille rembourse la balle qui a servi pour la sentence, sans oublier les trafics d'organes en ce qui concerne les prisonniers chinois.

Il existe donc bel et bien un formidable non-dit sur ces crimes de "gauche", et ce non-dit est si enfoui, si refoulé que je viens à me demander si les USA ne servent pas de défouloir et en fait de bouc-émissaire permettant d'évacuer cette incroyable omission.

Comme si l'on demandait aux USA de prouver qu'ils sont purs, beaux et braves comme l'étaient décrits les chevaliers communistes, et, comme ils ne le sont pas, et comme personne ne l'est, du moins en permanence, alors cette inexistence de pureté alimente cette irrationalité consistant à ne jamais leur pardonner quoique ce soit, parce que, justement, le travail de deuil sur les millions et les millions de morts communistes n'a jamais été fait en France alors que le PCF était membre de la direction communiste internationale et savait pertinemment qui l'on tuait et pourquoi.

Prenons un exemple récent avant de vous quitter: tout le monde a entendu parler de ce qui se passe au Darfour. J'attendais deux choses: d'une part que les grands pourfendeurs du "buschisme" se réunissent pour organiser une manif vers l'ambassade soudanaise. D'autre part que le Monde diplomatique soutienne. Rien de tout cela n'est arrivé et n'arrivera bien entendu et, en substitut, la logorrhée anti-américaine a redoublé d'ampleur (alimentée par la gauche radicale à la Chomsky également).

Ainsi les USA restent des condamnés à perpétuité, et plus les crimes de gauche, plus les crimes islam(istes) sont refoulés, plus les USA restent les parfaits bouc-émissaires.

Il en est de même au Proche-Orient : plus la misère, la gabegie se déploient en ayant pour cause l'omnipotence des dictatures militaires, plus celles-ci alimentent l'idée que les trois causes véritables sont Israël les USA, et l'Occident, car les dictatures savent se mettre au goût du jour.

J'ai donc beau expliquer qu'au-delà des reproches et des critiques, nécessaires, à faire, il faut savoir, aussi, balayer devant sa porte, (je suis assez zen dans mes réponses), rien n'y fait. J'en conclus que les USA, Israël, l'Occident, représentent le bouc-émissaire parfait pour refouler fébrilement ce que l'on ne veut pas voir. A ce stade, lorsque cela devient si passionnel, plus aucun dialogue n'est possible.

Mais à quoi bon aligner des arguments, puisque, de toute façon, ils seront noyés dans la boue des haines qui se déversent sans discontinuité.
Et l'Onu permet toujours à des dictatures de parader et même de se faire élire à la Commission des droits de l'homme !

Written by Lucien SA Oulahbib in: Evaluation de l'action-OIL |

10 juin 2019

Estimum


Pourquoi telle entreprise va-t-elle si mal, tel groupe s'effiloche-t-il, telle institution s'ankylose-t-elle, tel individu se déstructure tant ? Et quels sont les moyens sinon d'y remédier du moins d'en inverser la tendance ? Plusieurs sortes de savoirs peuvent dire beaucoup de choses sur tous ces dysfonctionnements et les moyens de les contrecarrer. Ils analysent en effet dans un premier temps les relations d'ordre se déclinant en types de corrélations données dont le classement permet de comprendre le pourquoi et de justifier le diagnostic.

Sauf que cette classification et ce diagnostic peuvent ne pas être acceptés comme on peut le voir dans maints exemples. En effet ils peuvent se heurter, et souvent d'emblée, à l'objection mettant en cause, pour diverses raisons, le ou les systèmes (s) de jugement employé (s). Il existe cependant plusieurs moyens d'y remédier. Nous verrons en effet ici que pour réfuter les diverses objections relativisant l'objectivité des jugements portés sur les activités humaines, il faut édifier une méthode forte d'analyse basée plutôt sur le paradigme du développement que sur celui de l'auto-organisation. Car le premier est bien plus large que le second.

Il unifie en effet un ensemble d'énoncés portés sur le même objet, l'action vivante, mais ce en tant qu'elle est aussi humaine. Ce qui permet, à la fois, d'englober l'auto-organisation liée au système vivant en général et de le spécifier au système vivant humain, et, à la fois, de faire un diagnostic et de confectionner des solutions pour l'action. Nous démontrerons donc ici qu'en basant l'estimation de l'action sur le concept de développement, on peut éviter l'éparpillement méthodologique et renforcer l'objectivité des jugements proposés.

1. Déploiement de la méthode en deux types d'items.

Deux types, au moins, de vie inextricablement liés bien que distincts seront principalement et uniquement utilisés pour estimer les éléments fondamentaux du développement.

C'est ce qu'il nous valider auparavant.

Le premier type déploiera ce que l'on peut nommer la vie relationnelle (VR).Il comprend au moins quatre relations permanentes d'interaction qui synthétisent ce que nous ont appris diverses disciplines et autres savoirs :

la santé (physiologique et cognitive), l'affectivité (sympathie-antipathie, amour-haine), la motivation-conation (sens et forme spécifique de l'action), le ludique (la détente, les passions).

Le second type se nommera la vie institutionnelle (VI) et articule au moins trois relations spécifiques d'interactions permanentes qui ont été elles aussi dégagées par diverses disciplines et autres savoirs :

le sociable (capacité de s'associer et de s'adapter au groupe), la représentation (conception multiforme de l'interactivité et perçue selon divers aspects, angles), la technique (les moyens matériels, outils, méthodes, disciplines, points de vue, permettant d'actualiser toutes les autres relations).

Pourquoi ces sept relations et non pas huit ou une seule ? Et comment peut-on être sûrs que leur domaine de définition n'inclut pas des prénotions non fondées ou subjectivement orientées ? Ces questions ne sont pas sans fondement.
La réponse ici consistera seulement à souligner que l'on a dégagé au moins sept relations, il peut donc en avoir d'autres, et que l'on cherchera à éviter tout a priori non démontré en s'appuyant simplement sur des énoncés éternels qui ne préjugent déjà pas de la forme locale du contenu formel et historique.

Par exemple il existe à l'évidence plusieurs formes de pratiques et/ou de méthodologie médicinale et médicale. L'important ici ne sera pas de les évaluer en tant que telles mais seulement de souligner qu'elles renvoient toutes à une relation pré-requise du développement, celle de l'aptitude à l'action.

Justifions ces sept relations permanentes qui interagissent l'une l'autre selon des modalités diverses à définir par chaque angle de vue ancré dans les disciplines et sciences appropriées et que nous pourrons intégrer comme corrélations lorsqu'il s'agira d'estimer empiriquement. Mais ce n'est pas notre objet car nous avons seulement ici à définir les items dans leur paramétrage permanent et non dans la variation concrète de leurs corrélations :

-La santé, physiologique et cognitive, est un concept suffisamment rassembleur pour stabiliser le contenu empirique permanent de cette nécessité fonctionnelle. Et selon que l'on se situe en conservation affinement dispersion dissolution positive ou négative, le rapport au contenu empirique de la notion de santé, varie et cette variation rétroagit nécessairement et sur l'ordonnancement d'ensemble des quatre éléments du développement et sur leur devenir.

Il en sera de même pour l'affectivité dont l'importance est de plus en plus reconnue aujourd'hui puisque les émotions n'apparaissent plus seulement comme des capteurs de tension mais aussi des révélateurs de sentiment, de signification .

-La motivation-conation, quant à elle, ne doit pas être seulement perçue comme dynamique singularisant par l'action choisie le sens, le but, donné au développement, mais aussi comme se déployant en tant que conation spécifique. Car la motivation qui déclenche l'action se déploie aussi selon un angle, une manière, un style, qui imprime la conation, la tendance permanente d'un soi, son caractère. La corrélation entre motivation et conation marque donc la spécificité même de chaque soi en tant qu'il est celui-là, et non un autre. C'est tout l'apport des psychologies de la motivation et de la conduite (Reuchlin, Nuttin) . Mais aussi de la sociologie issue de Weber qui pose l'acteur comme module intentionnel de l'action.

-Quant au ludique, cette fonction déclenche le potentiel cognitif et émotionnel pour lui-même. Ainsi l'imaginaire, le jeu, déploient certes les enjeux du monde mais sans la conséquence immédiate de la sanction selon le résultat. C'est là le terrain même du plaisir à être cause sans attendre le lent résultat des travaux et des jours.
Ces quatre interactions fondamentales forment donc le premier type, celui de la vie relationnelle (VR).

La justification des trois relations interactives permanentes du second type, celui de la vie institutionnelle (VI) peut, quant à elle, être établie comme suit :

Le sociable se prouve par l'existence du groupe et aussi par la façon dont le soi s'y insère comme acteur intentionnel et agent interdépendant .

La représentation se repère déjà dans le langage. Elle se vérifie ensuite dans tout ce qui est combinaison de significations établie selon divers angles et supports allant de l'artistique au scientifique.

La technique se perçoit dans tous les outils théoriques et pratiques forgés.

Bien entendu, ces deux types de vie, relationnelle, et institutionnelle, qui interagissent l'un sur l'autre, n'agissent pas de la même façon selon que le soi est un individu une entreprise une institution, et selon le moment historique considéré.

Ainsi, aujourd'hui, si une entreprise n'est déjà pas, par nature, indifférente à la technique professionnelle qui renforce l'effort de ses employés (VI), elle peut de moins en moins négliger leur santé physique et morale (VR) qui détermine pour une part la bonne utilisation de VI. À moins de tomber sous la classification la plus restrictive qui soit celle de la dissolution négative ou l'anti-développement.
Par ailleurs elle ne peut pas non plus faire fi de certains aspects du sociable qui structurent les relations inter salariés et celles qui sont établies entre ceux-ci et leur direction (VR). Par exemple une bonne technique d'organisation interne, certains avantages, dont une bonne ergonomie, et un intéressement (VI).

Avançons maintenant que chacun des aspects abordés au sein des deux relations (VR et VI) doit être évalué en premier par le biais de trois fonctions de l'action :

but/fin, moyen/intermédiaire, limitation/justification.

Ce n'est qu'ensuite que les réponses doivent être évaluées selon quatre critères et facteurs d'évaluation du développement : conservation affinement dispersion dissolution, positive et négative, car ce sont ceux-ci qui classent ce qu'il en résulte lorsque l'on choisit tel but, tel moyen, telle justification.

Si alors nous établissions un questionnaire nous pourrions procéder sous formes de questions fermées et distribuées en fonction des deux types d'items, ou relations, dégagés (santé, affectivité, motivation-conation, ludique, sociable, représentation, technique).

Ces questions interrogeraient l'importance des buts/fins, moyens/intermédiaires, limitation/justification, au sein de chacune des sept relations. Les réponses pourraient être classées selon une échelle de 1 à 10, répartie comme suit :

De manière rare, irrégulière (1-3). Parfois, souvent (4-6). Régulier, intensif (7-10).

Il faudra ainsi entourer chaque réponse type selon le choix opéré dans l’échelle proposée ci-dessus (1-3, 4-6, 7-10).

Puis il s'agira de se reporter à la fin du questionnaire pour confronter le choix à une grille type d’explication qui calculera pour chaque relation le contenu objectif en développement, à partir des quatre indicateurs (conservation, affinement, dispersion, dissolution) et de leur orientation renforcée (positive) ou amenuisée (négative).

Ainsi selon que les buts, moyens, justifications, sont plus ou moins conservés, affinés dispersés dissous, à partir d' un mode qui renforce le développement ou l'amenuise au sein même des sept relations permanentes distribuées en deux types d'items vitaux (vie relationnelle et vie institutionnelle), il pourra se dégager un résultat ou profil de développement à un moment historique donné du soi considéré.
Nous allons maintenant appliquer la méthode à des exemples divers.

2. Les applications de la méthode

La structure diagnostiquée et probabilisée dans ses perspectives de développement est donc indifféremment le soi d'un individu, d'une entreprise, d'une institution .
Il s'agira d'abord d'observer dans l'évaluation des objectifs des moyens et des justifications de l'action, comment se trouve appliqué le contenu des sept relations permanentes. Ce qui apporte un résultat donné. Il faudra ensuite reporter celui-ci aux critères d'évaluation (des quatre éléments fondamentaux du développement : liberté de penser et d'entreprendre, respect de soi et d'autrui) pour qualifier la nature du résultat atteint.

Ainsi il n'est pas besoin, à ce stade de l'analyse, d'entrer dans le détail explicite de l'application des sept relations puisque selon qu'elles sont plus ou moins actualisées elles orientent positivement ou négativement la conservation, l'affinement, la dispersion, la dissolution, du développement du soi considéré.

A.1. La conservation positive.

Détails de la définition : la conservation en général consiste à tenir les objectifs. Malgré un environnement hostile. En dimension positive, cela signifie viser la continuité et la durée dans l'effort, dans la mesure du possible, ainsi que la prise en compte des intérêts et du confort de chaque élément, citoyen, client, salarié compris. Ce qui implique déjà de respecter le contenu des sept relations permanentes.
Soit dans ce cas la typologie suivante : un soi, (individu, entreprise, institution) en position de conservation positive laisse responsable et autonome chacun de ses éléments pour s'organiser et atteindre les objectifs d'ensemble car il faut s'allier les meilleurs et en optimiser le potentiel.

1.1.
Ainsi pour une entreprise : chaque service, de la maintenance à la logistique, est libre de s'organiser comme il l'entend si et seulement si cette liberté est conforme aux objectifs d'ensemble et à leur économie d'échelle. Le tout étant perçu dans une gestion optimale des risques et du programme stratégique. Par exemple dans cette position de conservation positive, le service financier peut certes intervenir de manière autonome sur les marchés des capitaux et des monnaies selon les possibilités mais ce seulement lorsque le risque pris ne remet pas en cause les équilibres totaux de l'entreprise, incluant les intérêts des salariés. Néanmoins ces derniers se doivent de participer à l'actionnariat et donc d'entrer en conservation positive s'ils veulent que leurs intérêts soient effectivement pris en compte à parts égales de risques.
De même chaque service et chaque élément en son sein peuvent organiser le travail et tout leur emploi du temps s'ils acceptent de voir mesurer leur action en nombre d'objectifs atteints.
Exemple : le fait que Renault puisse actuellement établir un plan d'économie sans restructuration violente du genre licenciement massif. Sous réserve du moins que ceci ne joue pas contre la fiabilité de ses produits. Car autrement on basculerait dans le versant négatif. Y compris du propre point de vue de Renault. Le suivi dans le service après vente et la bonne gestion de la relation client sont également des exemples de conservation positive.

1.2. Pour une institution, les items constitutifs de la conservation positive ne diffèrent en rien de ce qui est dit précédemment. Certes le principe de service public, dans les dispositions législatives actuelles, n'a pas obligation à rentabilité. Il n'empêche qu'une institution désireuse d'être en phase avec la demande citoyenne ne peut pas ne pas prendre en compte les intérêts de celle-ci en tant qu'elle est aussi commanditaire de l'institution donnée. Ce qui implique une organisation adéquate aux besoins considérés du public puisque " service public" il y a. Le gouvernement de la République en est le mandataire tandis que le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel en sont les dépositaires légaux chargés de veiller à la protection du contenu positif de la notion.
Exemple : la convention contractuelle de l'assurance-chômage intitulée en France le PARE permet de concilier droit au travail, protection sociale et adaptation négociée de l'acteur citoyen aux demandes objectives de la production et de la société en général quant à sa transformation en tant qu'agent donné à un moment historique considéré.

1.3. Pour un individu,la position de conservation positive consiste à s'organiser de telle sorte que ni soi-même ni les autres puissent en pâtir. Dans ce cas, l'estimation se confond avec l'estime de soi puisque dans cette position l'action entamée respecte l'image de soi, tournée vers la conservation positive du développement visé. C'est-à-dire un déploiement en durée de son potentiel d'action par le biais des quatre éléments fondamentaux.
Exemple : dans cette position l'épanouissement de soi ne peut pas s'effectuer au détriment de l'épanouissement d'autrui. La conservation positive implique dans ce cas la recherche d'une durée et d'un confort dans les relations interpersonnelles et professionnelles.

A.2. La conservation négative

Détails de la définition : la conservation négative consiste certes à se conserver, mais de telle sorte qu'elle en arrive à nier les objectifs d'autrui et les besoins d'innovation. Soit par conviction. Soit par nécessité impérieuse. Le résultat est toujours à terme nocif au développement.

2.1. Pour une entreprise : cela implique de fonctionner uniquement de manière verticale et fermée, tout en visant seulement le court terme. Soit pour des raisons tactiques ou accidentelles comme le fait de restructurer à chaud, de geler telle augmentation de salaires ou tel investissement à la suite de mauvais résultats. Soit par souci de centrer sinon uniquement du moins principalement l'accroissement des bénéfices sur une permanente réduction drastique des coûts.

Exemple : le manque de recherche-développement, d'analyse des risques, d'économie d'échelle et de politique d'alliance illustrent cette position. De même que l'échec de certains investissements dans des entreprises en ligne ( ex : Prodigy d'IBM et de Sears Roebuck) , uniquement basés sur la spéculation boursière, et de certaines fusions élaborés seulement sur la base du potentiel comptable et non aussi sur une estimation pratique des contraintes objectives et de ce qu'il faut déployer comme forme de l'action pour y arriver. Le fait de délocaliser brutalement et de sous-payer certaines catégories d'employés parce qu'elles ne sont pas organisées syndicalement et/ou vivent dans des pays sous-développés expriment aussi cette position.

De même répercuter uniquement les hausses des coûts dans le prix des marchandises comme le font la plupart des compagnies pétrolières, mais aussi l'Etat entrepreneur illustrent la conservation négative. Quoique sur un autre plan la pratique de Microsoft d'imposer son navigateur intégré dans son logiciel Windows exprime encore plus son caractère nocif. Et le fait d'insérer des petits compléments de logiciels pour traquer les envies des consommateurs en ligne et à leur insu fait partie de cette nocivité. Enfin la position actuelle de certains Etats de ne pas tenir compte des accords de Kyoto (1997) sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et, a contrario, le refus idéologique de certains dirigeants de partis d'accepter des compromis nécessaires pour y arriver (d'où l'échec de la conférence de la Haye en novembre 2000) expriment également cette notion de conservation négative.

2.2. Pour une institution, cela peut vouloir dire de se rétracter sur ses intérêts et ses acquis en refusant toute modification. Ou d'imposer une réforme sans avoir recours à l'avis des fonctionnaires concernés.
Exemple : lorsque les syndicats représentant les services de la comptabilité publique et des impôts ont expliqué que leur refus de la réforme envisagée se justifiait principalement par le fait de ne pas avoir été associé au processus, alors que la réalité semble avoir été bien plus complexe que cela, d'un côté, et que la direction ne semble pas avoir tout essayé de l'autre côté, il semble bien qu'il y a là un exemple presque typique de conservation négative réciproque (nous reviendrons sur cet exemple plus loin). De même, lorsque " la " classe politique française pense que l'élévation actuelle du taux d'abstention est conjoncturelle ou liée seulement à telle ou telle cause unique et donc passagère, il s'avère qu'elle semble bien se rétracter sur une conservation négative qui dénie que d'autres corrélations soient aussi causes d'une telle déflexion .

2.3. Pour un individu, le versant négatif de la conservation consistera à viser uniquement dans les relations la manipulation d'autrui sans tenir compte des intérêts de celui-ci.
Exemple : le fait de mentir à quelqu'un pour avoir ses faveurs, de se cacher à soi-même ses erreurs et ses dysfonctionnements, de refuser d'aider autrui alors que l'on est en position de le faire, (car il ne s'agit pas de se mettre soi-même en danger), illustrent bien les effets pratiques de cet aspect nocif de la conservation du développement.

A.3. L'affinement positif

Détails de la définition : L'affinement positif consiste à optimiser la conservation positive de telle sorte que le fait de tenir les objectifs s'effectue en réunissant les meilleures conditions internes et externes. Ce qui signifie de tenir compte au mieux de la place de chaque élément nécessaire à la réalisation des objectifs. Cela veut dire aussi développer la meilleure image à l'intérieur et à l'extérieur de soi, d'affiner donc son comportement au diapason de son potentiel et des attentes relationnelles et institutionnelles d'autrui. Par exemple en s'associant à diverses actions de développement ayant en vue le renforcement des autres soi. Car plus le soi s'optimise, plus les conditions d'accroître le développement et donc la quiétude et la prospérité pour tous s'affinent.

3.1. Pour une entreprise, ceci implique la meilleure perception de son apport sur le marché, une ergonomie optimum, une excellente interaction direction/employés, un très bon équilibre dans la répartition des bénéfices entre dividendes, options/spéculations, salaires, investissements, l'encouragement à la prise d'actions par les salariés considérés plutôt comme partenaires qu'employés.
Exemple : la manière dont Air France a pu effectuer sa restructuration en prenant en compte les intérêts de l'ensemble de ses salariés. De même, la façon dont France Telecom a pu associer ses employés dans sa restructuration. Notons également la vogue actuelle des investissements dits " éthiques " ou tenant compte de l'environnement et dont la rentabilité est excellente. Le conseil personnalisé et garanti. L'aide diversifiée aux salariés.

3.2. Pour une institution, l'affinement positif signifie d'améliorer en permanence l'application des principes fondateurs tout en innovant en la matière par la simplification des procédures et la réduction des niveaux intermédiaires.
Exemple : lorsque EDF fait le bilan de la tempête de décembre 1999 en programmant un vaste plan de modernisation du réseau et de l'organisation des ressources humaines. Lorsque certaines mairies prennent au sérieux les problèmes de transport et de santé public, dus à la pollution, et lorsque des ministères comme ceux de la justice, de l'éducation, tentent d'affiner leur offre en amorçant des réformes nécessaires, les institutions tentent d'être non seulement en phase avec la demande citoyenne, mais cherchent aussi à renforcer les sentiments de justice nécessaires au développement du soi.

3.3. Pour un individu, l'affinement positif implique de s'estimer lucidement en vue d'accroître de telle sorte le développement interne et externe que celui-ci devient suffisamment fort pour écarter tout ce qui peut paraître redondant et rigide, telles des habitudes ou des coutumes ne favorisant pas les quatre éléments du développement, et des rancœurs et des peurs qui peuvent retenir une énergie autrement indispensable pour l'action positive. C'est aussi la recherche d'un diapason entre la raison et l'émotion qui permet de concilier le plus possible l'accord entre l'individu et l'environnement.
Exemple : lorsqu'un individu reconnaît ses erreurs et accepte de modifier en conséquence son attitude. Ce qui lui permet de gagner en capacité réactive et de mobiliser toute son énergie vers les objectifs futurs. Lorsque la recherche du chatoiement et de la beauté vise à affiner les sens et les sentiments.

A.4. L'affinement négatif

Détails de la définition : ce versant préfère la croissance pour la croissance au développement durable parce qu'il projette un narcissisme esthétisant qui veut créer le monde à sa seule image, préférant dans ce cas la seule croissance quantitative et ostentatoire plutôt que le développement qualitatif et harmonieux qui ne s'oppose pas au profit mais le limite lorsque ses conditions de production deviennent excessives.

4.1. Pour une entreprise, cela veut dire viser la suprématie dans un secteur, basant la croissance uniquement sur le rachat agressif de tous les concurrents par le biais d'OPA hostiles. Cela signifie aussi accroître un productivisme sans tenir compte des aspects nocifs à terme d'un tel processus .
Exemple : la crise dite de " la vache folle " a bien exprimé cette recherche de la croissance pour la croissance en vue de toucher le plus possible de subventions, sans tenir compte des indices concordants qui mettaient en cause de plus en plus certaines conditions de production, même si les règles hygiéniques étaient respectées.

4.2. Pour une institution, l'affinement négatif signifie de faire passer ses propres opinions et intérêts comme faits objectifs issus de la volonté générale.
Exemple : Le fait que l'Etat en France refuse pour le moment que l'on ouvre le marché de la consommation électrique aux petites entreprises et aux particuliers, ainsi que le marché du transport ferroviaire, comme il l'a fait pourtant pour le téléphone et l'audiovisuel. Cette ouverture ne veut pas dire qu'il ne faille pas mettre sur pied des instances de régulation indépendantes puisque dans le cadre de l'affinement, l'Etat se doit de veiller à la quiétude du citoyen consommateur. Dans un autre domaine, la volonté de réformer l'Education Nationale tentée par Claude Allègre a beaucoup plus échoué par excès de confiance dans le diagnostic supposé sans appel que par la seule rétractation des syndicats sur une position de stricte conservation négative.

4.3. Pour un individu, l'affinement négatif consiste à ne viser que l'apparence ostentatoire des êtres et des choses. De plus l'artifice esthétisant déconnectant l'instant de sa continuité symbolique donne l'impression de pouvoir afficher des conduites et de les contredire tout aussitôt. Dans cette position c'est ce mouvement plastique de relativisation qui est privilégié. Ainsi le raffinement ostentatoire primera sur l'affinement des relations avec les êtres et les objets.
Exemple : festoyer, posséder des biens luxurieux n'auront pas pour objet de développer une magnificence s'imprégnant de l'esprit du temps saisi dans son optimum multiforme, mais plutôt de déployer une ostentation.

A.5. La dispersion positive

Détails de la définition : disperser positivement l'action ne signifie pas seulement le fait de se diversifier dans plusieurs types de pratiques. Il s'agit aussi d'avoir à disposition pour chaque action plusieurs angles de vue et de jugement qui sont sur un même pied d'impartialité puisqu'ils sont indispensables les uns et les autres, les uns pour les autres.

5.1. Pour une entreprise, il n'y a pas de supériorité dans la stratification interne entre les services des divers pôles de développement. Du moins en position de conservation et d'affinement positifs.
Exemple : cela signifie que le commercial, la recherche-développement, la gestion des ressources humaines peuvent ainsi discuter les directives de l'équipe dirigeante, y compris jusqu'au conflit puisque ni la conservation et l'affinement négatifs prennent le pas sur l'objectivité nécessaire.

5.2. Pour une institution, cela signifie que les administrations collaborent. Ce qui implique interdisciplinarité et subsidiarité.
Exemple : la politique de la ville nécessite une intersection de services issus de divers ministères et administrations territoriales. L'aménagement du territoire implique de combiner dans le temps les interventions afin de ne pas voir les mêmes trottoirs ouverts plusieurs fois par EDF, GDF, le service des eaux, France Telecom… Une réduction de la pollution urbaine exige une politique des transports qui implique une réforme profonde de leur mode de fonctionnement.

5.3. Pour un individu, cela nécessite d'admettre la diversité des angles et des points de vue. Mais aussi la faculté de combiner des moments de détente et d'activités autres. Car la saturation se renverse en son contraire et transforme le stress positif en énervement improductif.
Exemple : certains mathématiciens expliquent qu'ils ont l'esprit bien plus clair lorsqu'ils font une activité manuelle après s'être penché sur un problème ardu. De même lors des rencontres scientifiques on s'est aperçu que les dialogues dans les couloirs et à l'heure des repas étaient bien plus fructueux pour les échanges d'idées que la seule exposition formelle à la tribune. Par ailleurs l'investissement dans des activités sportives et citoyennes renforce l'estime de soi dans tous les sens du terme.

A.6. La dispersion négative

Détails de la définition : la dispersion négative consiste en ce que chaque élément fait ce qu'il entend.

6.1. Pour une entreprise, chaque pôle de produit a transformé son autonomie en quasi indépendance jusqu'à même posséder certains appuis parmi les actionnaires. Ou encore certains actionnaires ont réussi à imposer un déploiement des actifs sans tenir compte des autres pôles décisionnaires.
Exemple : lorsque certains financiers se sont tournés vers les jeunes pousses de la dite nouvelle économie sans aucune prudence, en croyant que le marché de la consommation électronique peut en un clin d'œil se substituer à des processus symboliques complexes d'achat. Ainsi acheter un billet d'avion en ligne n'a rien à voir avec le fait d'acheter un livre ou un disque en ligne. L'interaction acheteur-libraire ou disquaire n'est pas quelconque.

6.2. Pour une institution, la dispersion négative peut être encore plus flagrante puisque d'après Michel Rocard une décision prise au Conseil des Ministres peut mettre six mois au minimum pour être appliquée.
Exemple : les gaspillages relevés chaque année par la Cour des Comptes. La multiplicité des niveaux décisionnels.

6.3. Pour un individu, cela implique d'être engagé dans trop d'activités et de relations en même temps sans les hiérarchiser.
Exemple : le fait de ne plus faire de distinction entre un dedans et un dehors. Ce qui implique de laisser sa vie publique et professionnelle envahir sa vie privée.

A.7. La dissolution positive

Détails de la définition : la dissolution positive consiste à choisir et à prendre une décision dont l'application est susceptible d'optimiser l'action. Le soi considéré déclenche la fonction de dissolution positive afin de prendre les décisions à même de conserver et d'affiner la pérennité dispersive de l'action entreprise. Ce qui implique de favoriser telle application plutôt que telle autre. Ce qui nécessite cependant de prendre en compte les contraintes des fonctions de conservation et d'affinement. Et donc de ne pas prendre des décisions sans tenir compte de l'avis des divers éléments éventuellement concernés.

7.1. Pour une entreprise, cette fonction s'articule à la notion de positivité car elle consiste tout d'abord à bien faire le point sur les tenants et les aboutissants d'une stratégie avant de trancher ou, plutôt, et tant qu'à faire car la notion d'affinement positif peut être aussi en jeu, avant de délier le nœud gordien. Du moins lorsque c'est possible. Le fait de délier plutôt que de trancher implique dans ce cas de circonscrire au mieux les éléments susceptibles d'aider à conserver la visée des objectifs et d'en affiner la réalisation dans des structures dispersives données tout en dissolvant par une bonne logistique et les économies d'échelle adéquates tout ce qui n'est pas nécessaire.
Exemple : la manière dont les économies d'échelle et les intégrations horizontales par plate forme d'activités sont effectuées dans l'industrie automobile.

7.2. Pour une institution, il s'agit de prendre des décisions en associant toutes les parties en jeu, quitte à s'appuyer sur une légitimité parlementaire ou référendaire lorsque le débat est figé.
Exemple : Il n'est pas nécessaire dans un premier temps de soumettre aux parties un document trop élaboré. Ou d'agir d'abord par questionnaire. Car ces actions seraient susceptibles d'être perçues comme étant en fait les pièces d'une matrice implicite qu'il ne s'agirait plus que d'amender. La manière dont EDF, à la suite de France Telecom, organise et décide de sa restructuration en associant peu à peu l'ensemble de son personnel est intéressante à cet égard. Ce qui n'est pas le cas à la SNCF et à l'éducation nationale, ni non plus à l'échelle internationale au sein des instances de régulation.

7.3. Pour un individu,la dissolution positive nécessite de prendre une décision qui puisse renforcer de telle sorte le développement choisi qu'elle ne remet pas en cause mais au contraire applique les dispositions nécessaires aux aspects positifs des trois autres critères de développement. Dans ces conditions la distinction entre objectivité et subjectivité devient simplement une question de degré d'application et non une différence de nature puisque la notion de valeur doit être objectivement prise en compte comme facteur décisionnel décisif en chacune des sept relations fondamentales puisqu'il met en jeu les quatre éléments permanents du développement.
Exemple : la décision prise n'oppose pas par principe raison et sentiment, tout dépend de la situation et du cas. De même la décision de rompre une relation ou de refuser de s'engager dans une situation jugée scabreuse peut se justifier si l'on admet qu'il y va de l'optimisation de chaque pas de l'action scandée afin d'atteindre la déhiscence du développement.

A.8. La dissolution négative

Détails de la définition : la dissolution négative surgit lorsque les trois autres critères du développement indiquent que le soi considéré a atteint ou programmé un état tel de négativité que se trouve déclenchée la destruction pure et simple de toute altérité. Ainsi la conservation n'a plus d'autre objet que sa rétractation sur ses positions acquises. L'affinement préfère constamment l'artifice du court terme et de l'ostentation. La dispersion et la dissolution montrent beaucoup plus une juxtaposition de prises de décisions qu'une cohérence d'ensemble.

8.1. Pour une entreprise, la dissolution négative engendre ou entraîne -selon qu'elle est subie ou déclenchée, une désarticulation des cohérences qui accentue le processus de dispersion négative ou rétracte brutalement l'entreprise sur la conservation et l'affinement négatifs.
Exemple : comme la prévision et la recherche-développement ont été des éléments peu ou jamais développés, il s'avère qu'en cas de résultats négatifs il faut prendre des décisions brutales qui cependant épargnent le train de vie et les avantages de la direction. C'est aussi le rachat et la revente en cascade d'une entreprise sans que ses employés aient été sinon associés du moins suffisamment avertis du changement. C'est également la dislocation des conventions traditionnelles et contractuelles comme le respect des délais et du règlement des factures.

8.2. Pour une institution, la dissolution négative consiste à passer non seulement les intérêts catégoriels avant l'intérêt commun de la collectivité mais également de s'appuyer sur ce dernier pour renflouer les déficits déclenchés par les premiers. Or il s'agit d'établir une distinction entre le déficit induit strictement par une exigence de modernisation de tel ou tel service public -qui d'ailleurs peut être contenu par les péréquations d'un fonds commun de placement, et le déficit induit par des gaspillages -relevés par exemple par la Cour des Comptes, et des passe droits ou des abus de biens sociaux non justifiés.
Exemple : toute structure qui tourne à vide, gonflant sa dette en permanence.

8.3. Pour un individu, la dissolution négative consiste à ne s'affirmer qu'en prenant constamment des décisions accentuant le négatif des trois autres critères : ainsi la conservation négative poussera l'égoïsme vers un solipsisme. L'affinement négatif se rétractera encore plus vers un esthétisme exacerbé de l'apparence. Tandis que la dispersion négative penchera de plus en plus vers une mise en équivalence de toutes les relations interpersonnelles.
Exemple : L'aléatoire est maître de la situation et en fait varie selon le caprice ou le rapport de forces qui tous deux dominent l'espace de chaque instant. Dans ces conditions les notions de durée, confiance, promesse n'ont plus aucun sens.

Synthétisons maintenant l'ensemble dans trois exemples finaux.

1er exemple. Le soi est une institution

Partons de la réforme avortée de Bercy. Quelle était la situation ? D'après Luc Rouban, interviewé par Les Echos du 13 et 14 octobre 2000, il s'agissait de " fusionner la comptabilité publique et les impôts, deux corps historiquement à couteaux tirés. Résultat : les syndicats majoritaires des deux directions se sont entendus pour défendre le statu quo. Dans le passé, de telles fusions ont déjà eu lieu -la direction des Assurances a intégré la direction du Trésor-, mais elles se sont faites en plusieurs années, peu à peu, grâce à la suppression des barrières techniques. "

Le point d'achoppement réside dans les deux termes " fusionner " et " intégrer ".

Car la fusion signifie un 1+1=1. Or ceci est impossible s'il n'y a pas la création d'une entité nouvelle (affinement positif) capable de respecter les deux parties, la comptabilité publique et les impôts, qui ont par ailleurs une toute autre histoire, vision, motivation, que les Assurances et le Trésor. Ce qui implique alors également d'écarter le terme " intégrer " qui ne renvoie qu'à 1+1=2.
Il faut donc atteindre plutôt 1+1 = 3. Le " + " étant lui aussi un terme à ajouter. Puisque si l'on s'appuie sur le principe stipulant qu'un tout est plus que la somme de ses parties, et que l'on connaît un tant soit peu l'état d'esprit du service public français surtout dans la haute administration, il faut proposer aux parties une troisième dimension. Une nouvelle entité capable de les respecter et de sauvegarder la liberté de penser et d'entreprendre.

Ce qui veut dire qu'il ne faut pas seulement avancer des avantages quantitatifs. Car les parties peuvent idéologiquement avoir l'impression de se faire acheter -d'autant qu'elles ont déjà ce qu'il faut.
Cette nouvelle dimension de développement déploie donc un but à la fois technique et politique (dispersion et dissolution positives). Comme par exemple la meilleure utilisation des biens et des avoirs de l'Etat pour assurer au mieux le service public (conservation et affinement positifs).
Il faut donc jouer sur le prestige d'une mission fondatrice nouvelle permettant de mieux asseoir les moyens d'actions de l'Etat ( conservation positive).
Il faut ainsi être politique en motivant idéologiquement la raison de la restructuration. Et il faut être technique en créant une entité nouvelle qui permette de mieux articuler les deux parties " historiquement à couteaux tirés ".
L'Etat tente par exemple d'appliquer actuellement la " gestion prévisionnelle des emplois des effectifs et des compétences " (GPEEC).
Gageons qu'il n'y arrivera pas s'il aborde le problème de la même façon. Car en proposant seulement une conservation positive, qui existe déjà pour les parties en présence avec leurs solides avantages, il va rétracter celles-ci sur la conservation négative.
Or, et surtout en France, l'on avance une réforme qu'en présentant d'abord son avantage à "l'intérêt général" (affinement positif). Du moins si l'on ne veut pas voir les parties concernées se calfeutrer derrière. En France parler chiffres et promotions, de manière abrupte, semble indécent, même si chacun y pense.

2e exemple. Le soi est une entreprise publique

Parlons de la RATP ou de la SNCF française. Comment résoudre la quadrature du cercle suivante : augmenter le trafic voyageur, le fret, et l'avoir financier pour moderniser, sans augmenter de trop le prix et les cadences de travail alors que les transports publics à la française fonctionnent actuellement en inadéquation avec la nouvelle découpe du temps social et urbain qui devient de plus en plus continu et mondial.

Tout bilan achoppe préalablement sur ce cercle.

Or on peut sortir de ce dernier en le tirant vers le haut (affinement positif). Il faudra par exemple qu'une décision (législative et référendaire) permette, d'un côté, une ouverture de capital, voire une privatisation. C'est une donnée objective. Car il est préférable que ces entreprises deviennent bénéficiaires (conservation positive) afin de pouvoir payer de l'impôt nécessaire au financement de la réforme de l'Etat, justice, formation, protections diverses (affinement positif). Mais cela impliquera également d'obéir à un strict cahier des charges.

De l'autre côté, il est possible à court et moyen terme de trouver un financement en permettant aux entreprises de défalquer le coût de la carte orange, pris en charge en totalité, de la somme qu'elles payent pour la taxe professionnelle. Ce qui est déjà une forte incitation pour les salariés. Et, afin de compenser le manque à gagner pour les collectivités locales, un fond de péréquation, et/ou un pourcentage donné de la CSG peuvent être mis sur pied puisque des transports propres ( à base de moteur à hydrogène et de pile à combustible ) participent à la lutte contre la pollution de l'air et donc soulagent par exemple le budget santé. Un affinement positif est alors possible : avoir plus de transports signifie plus de trafic, ce qui implique plus de consommateurs pour les autres commerces de la ville, ce qui implique plus de TVA et donc plus de fonds qui peuvent être réinvesti dans plus de matériels et plus d'emplois puisque en effet le travail se fait en continu.
Par la suite, lorsque l'idée de capitalisation pourra être considérée comme un élément positif du développement, alors l'existence d'un fort actionnariat salarié permettra de développer encore plus la qualité du service.

3e exemple. Le soi est un individu.

Partons d'un couple. Le fait de se plaire et donc d'aller vers la personne pour laquelle on ressent une combinaison, harmonieuse, de raison et de sentiment répond au critère de conservation positive. Puis la possibilité de chercher à parfaire la relation en faisant en sorte que chaque pas de toute action soit pensé en vue de renforcer le développement permet de satisfaire au critère d'affinement positif. Le fait ensuite de diversifier les habitudes et les pratiques en programmant l'alternance des plages d'activités et de détentes au fil des travaux et des jours répond au critère de dispersion positive.

Enfin pour parfaire l'ensemble de ces dispositions il est nécessaire de choisir adéquatement les objectifs, les moyens, et les justifications et donc d'écarter tout ce qui semble aller à l'encontre du " bon " développement. Ce qui répond au critère de la dissolution positive. C'est-à-dire à ce procédé cognitif qui permet de renforcer positivement le déploiement du potentiel de chacun. Ce qui implique de développer les meilleures émotions et sentiments en écartant celles qui sont susceptibles d'accroître le côté négatif de la conservation de l'affinement et de la dispersion qui ne voit plus en autrui que ce qui a été dissous, autrui devenant le miroir de sa propre réflexion.

En conclusion, nous justifierons la mise au point d'une telle méthode d'estimation articulant diagnostic et proposition de solutions en sachant bien que la décision de l'action au quotidien ne cherche pas nécessairement à se valider par la seule explication analytique objective. Il va de soi que l'on s'appuie souvent sur des formes plus usuelles s'affichant par exemple dans telle référence prestigieuse, tel ou tel système de savoir. Seulement notre propos n'est pas d'opposer les phénomènes de croyance mais de souligner qu'au-delà des distinctions il existe un point commun, le point du développement humain qui peut être saisi le plus objectivement qui soit et peut servir comme critère ultime pour passer au crible l'action, y compris lorsqu'il s'agit de décisions politiques.

C'est là tout l'objectif de notre méthode d'estimation du soi exposée ici. Et développée dans Méthode d'évaluation du développement humain.

23 février 2007

 

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

10 juin 2019

La dictature, molle, de l’anti-art

Laquelle ? Celle de faire prendre des vessies pour des lanternes, et il y a même des "répétiteurs" ou "guides" (comme dans les vrais musées !) pour y arriver, parce que dit gravement Dupont, si l'art contemporain est si critiqué (un peu comme le communisme avant, ou l'islam aujourd'hui ?) c'est bien parce qu'il n'est pas compris ; il faut donc l'expliquer au bon peuple clame, magnanime, Dupond, comparant pour le prouver, les difficultés d'un Manet à faire valoir sa peinture… Ce qui serait somme toute assez risible, s'il n'y avait pas cette volonté opiniâtre, de divers nains de jardin à grimper sur les épaules de géants pour faire la grenouille…de bénitier, parce que c'est la messe, attention les méchants réacs qui ne veulent pas dévorer goulûment l'hostie du "true" art, on vous a à l'oeil.

Car non seulement, bien sûr, tout ce qui n'est pas "installation" à base de vide grenier conceptualisé sur un beau papier et beaucoup de références, beaucoup, microphotos ou posters géants à répétition, poubelle renversée comme l'a écrit ici Paul Rhoads, tout ce qui n'est pas anti-art comme le psalmodiait Jean-François (Lyotard dans Dérive à partir de Marx et Freud) n'a, évidemment, pas sa place dans les musées, mais, surtout, lorsque le public fuit cet art devenu obligatoire, en se réfugiant dans les expositions permanentes, en fuyant les queues devant les rangs de ballons roses ou de salles tactiles (qui rappellent le Palais de la découverte et son Planétorium, en moins bien hélas…) nos gentils animateurs vont aller dénicher les cancres en leur exibant leurs (fausses) excentricités et ce jusqu'à réussir le tour de force suivant :

Ou comment vider de son contenu tel musée de renom pour n'en garder que le nom (un peu à la façon d'un mauvais restaurant qui garde la belle enseigne qui le précédait), sauf qu'ici il est question de mal-art et attention scrogneugneu il faut apprécier sous peine de se faire traité de réac (et donc de suppôt finkelkrautien ce qui est gravissime: interdit d'expo, d'émissions, silence tv etc). Ainsi, observe Christine Sourgins, dans Commentaire (n°112, p.985) le musée Bourdelle a été littéralement squatté par un dénommé Fabro dont les photos fluo tranchaient nécessairement avec ses statues en bronze…

Quand j'entends le mot art je sors au Palais de Tokyo ou à la Biennale de Lyon, et tout est géniaaal ! et tout ira bientôt à Londres, NY ! à Venise ! (mais certainement pas dans le nouveau musée de François Pinault…)

Le plus étonnant dans l'histoire, et alors que le marché des DVD explose (la tv française étant des plus merveilleuses comme chacun sait…) les films américains se taillent la part du lion, c'est que plus personne ne dit plus rien, hormis quelques courageux (par exemple à la suite de ce néant, volontaire, que fut le dernier festival d'Avignon), le cadavre de l'art gît par terre, et on l'enjambe, voilà tout.

Mais, devant, les promoteurs de l'art (con)temporain en bétonneront des photos et même, avec un bon retardateur, pourront en être les témoins!

27 février 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Liens d'actualité |

10 juin 2019

Le cinéma s’essouffle, par manque de fond

Et l’on a masqué cette simplification du fond par un excès de formes, de trémolos certes lumineux mais au sens électrique du terme, au sens de la peinture moderne qui ne tâche et ne pue pas tant ce qui est montré se veut conceptuellement bo! lavable, liquide, comme ce tableau de Bacon où l’on voit le personnage se liquider, se liquifier peu à peu, bo dans son lavabo . Le cinéma occidental étouffe par son incapacité à illustrer, à incarner, les problèmes de la civilisation urbaine mondiale de plus en plus compartimentée pour le meilleur et pour le pire, en passe d’être médiatiquement unifiée et en même temps dispersée en myriades de visions de plus en plus esseulées et dont les trajectoires croisent de moins en moins leurs sillons de vie et s’entrevoient quasi uniquement via la nouvelle réalité, celle de l’Image. Car c’est l’image et non pas la femme qui est devenu notre avenir.

Tel est, peut-être, le message ultime de l’impressionnisme que Van Gogh a dot et coupé ( cut ) devant l’arrivée de cette fin. L’oreille du sens avait été ainsi arrachée au début de ce siècle, à l’époque du triomphe de la Ville imbue d’elle-même, lorsque l’agonie de l’épaisseur de la vie monotone se percevait dans les sillons peints jusqu’au malaise par Van Gogh. Les sillons du silence intérieur qui cherchent et s’effraient du mouvement ( motion ), comme à la ville, avec tout ce monde, et comme au cinéma, avec toutes ces images.

Avec la ville, ce carrefour, avec l’image de tous ces corps ( auto) mobiles, les sillons de la vie monotone s’écartent dans tous les sens, se télescopent dans toutes ces images éphémères, comme le cubisme et le surréalisme l’ont montré avec jubilation, heureux de souligner les paradoxes modernes, urbains, de la vie humaine qui rendent plastiquement équivalents les corps, les mots qu’ils prononcent, puisque le oui de maintenant est en puissance le non de demain, puisque tout peut devenir rien, gloire et décadence, espoir et résignation, réel d’un instant ( d’un quart d’heure ) et condamné à seulement rêver sa vie pour toujours. Tout se mélangent se mangent, s’effacent dans le gouffre de plus en plus libre des désirs, ces boomerangs du temps qui passe et qui se nomment modes, marchandises, opinions.

Et pourtant ces épreuves intérieures sont irréductibles à toute plastique, à toute représentation, à toute épreuve, sauf à celles ducinéma mental. Et seulement à lui. La peinture l’a révélée, l’a défendue jusqu’à son explosion dans le cubisme et le conceptualisme.. Le cinéma d’illustration, le cinéma “ profond “, qui, lui, aurait été capable de poursuivre cette analyse à l’instar des plus grands ( tels Renoir, Bunuel, Hitchkock, Pasolini, Kirosawa, le Kubrick d’Orange mécanique, le Coppola d’Apocalypse Now, le Scorcese de Taxi driver., le Woody Allen de la Rose pourpre du Caire..), ce cinéma est mort bien avant que Van Gogh devienne un film et le faire valoir hypocrite du manque d’écoute, le préservatif du manque de.talent. Le cinéma qui pourrait peindre ce phénomène multiforme négatif est mort. Mais non pas ( ou pas seulement ) lorsque Jean Luc Godard devient la marque JLG, autrement dit se coupe l’oeil en retournant sa pupille, la caméra, pour zoomer dorénavant sur lui, sur son nombril, comme les autres, afin d’y rechercher peut-être le meurtrier ou la victime.
Nous l’avons dit. Ce cinéma est mort de n’avoir pas compris l’époque, même s’il a réagi dans de gigantesques soubresauts certes spectaculaires maisdéjà vu Excès de reconstitutions poussées jusqu’à devenir de la pâtisserie industrielle, celle par exemple qui ne veut pas être confondu avec le cinéma “ grand public “ et qui dépeint en fait de manière si prosaïque que la Violence et l’Amour sont les Amants de l’Histoire. La Richesse et la Pauvreté, ses cris. Surtout lorsque la douleur et la jouissance, l’amour et le sexe se confondent d’un point de vue plastique ( l'ancien Polanski, Lynch ).

Jusqu’où est-on allé dans ce genre de révélation basic ? Jusqu’où ira-t-on ?. Plus encore, la mécompréhension totale de ce que le mot "radical“ veut dire a fait que l’on a masqué cet échec d’illustrer l’époque autrement que par des poncifs, en poussant le déréglement de la balance entre les pôles subjectif-objectif, art-vie, ancien-moderne, académisme-novation, jusqu’à l’absurde. Jusqu’à croire que ce déréglement suffisait pour comprendre artistiquement la civilisation urbaine mondiale caractérisée par la prolifération des images et dont l’épidémiologie s’avère être celle-ci La vision plastique, par l’image de plus en plus parfaite, supplante objectivement dans l’esthétique tout autre jugement. Or, la fonction de l’Art qui n’est pas seulement une fonction plastique mais aussi esthétique se doit de critiquer également le sens de la forme montrée. C’est-à-dire doit démontrer que l’esthétique précède le plastique.

Prenons par exemple l’image parfaite d’une jouissance extrême comme dans les “ 120 jours “ ou dans “Portier de nuit” ou encore celle d’un beau SS comme dans “Cabaret”, eh bien,quand bien même seraient-elles troublantes, quand bien même serait—il racé, i v a là la tragédie même dc l’Art écartelé entre son devenir plastique et le sens nécessairement humain à maintenir, c’est-à-dire à dé-limiter, sans pour autant sombrer dans l’académisme et le rigorisme comme d’aucuns de la pseudo contre-culture voudrait nous le faire accroire en nous lassénant sous forme de signes hots . Ceux de la séduction fabriquée sous paintbox, c’est-à-dire et comme le montre le zombi de Marylin, Madonna , -mais sans la grandiloquence rigolote des dragqueen du Carnaval de Venise et d’ ailleurs-, jusqu’à l'ob-scène : sans scène ( ex :“ Les nuits fauves “).

Où sont les chefs d’oeuvres promis ? Où sont-ils disait autrefois Céline. Où est l’ Apocalypse now français de l’Algérie? L’Apocalypse Now de l’Irlande du nord ? L’Apocalypse Now soviétique, islamique (bien sûr les visés hurleront: et le capitalisme alors, mais ils auront tord et ils le savent… )? Qui montrera non pas ce qu avoir des parents communistes ou fascistes veut dire ( je mets ce “ou “ en italique car, pour moi, le racisme anti-étranger et le racisme anti-riches est identique. Il suffit de lire Lénine, Hitler… Mahomet ?…), mais ce que cela signifiait lorsque l’on était exclu du Parti dans les années 50-60, lorsque l’on perdait ses amis, son alter-ego, ses repères, sans avoir les bras de l’Abbé Pierre et Monseigneur Gaillot pour y pleurer ?
Seul le cinéma comique (et coréen avec un zest d'History of the violence) tient encore la route. C’est ce que Depardieu a bien compris lorsqu’il décide de plus en plus de travailler avec lui. D’aucuns se demandait pourquoi les “Visiteurs” ont marché naguère ? Pourquoi ce vieux “Crocodile Dundee” a marché dans les années 1980 ? Précisément grâce cette tension entre l’ancien et le moderne de la Ville et de la Vie, et dont la séparation s’avère en fait factice du point de vue de la permanence des rapports humains et en effet ubuesque du point de vue de la confrontation technique entre ces deux époques. Le public reste fasciné par l’accroissement d’efficacité de la modernité qui cependant ne vient pas suppléer son manque de souplesse, son excès de sophistication, et voiler son extrême hypocrisie, alors que l’austérité des techniques anciennes est largement compensé par la robustesse truculante des relations humaines, quand bien même leur rudesse.

Ce qui manque précisément à la modernité, c’est bien la solidité des liens sociaux, c’est le manque d’honneur, de loyauté, c’est l’excès d’indifférenciation et de lâcheté, le tout caché par l’anonymat du lien vite tranché comme l’on tranche un bras dans un Monty Python, comme lorsque l’on jette un kleenex ou un condom, tout en zappant sur le moment celui de la mante, l’amant suivant. Lorsque le cinéma français lors de la dernière soirée des Césars rend hommage à Spilberg, il a “oublié “de remercier le fait que Spilberg produit Lucas, que Spilberg et Lucas sont deux frères siamois. Bref, c’est la Guerre des Etoiles qui a marqué l’époque ouverte par les années 80 et certes pas les “ Amants du Pont Neuf". La Guerre des Etoiles, c’est l’Odyssée contemporaine ( et populaire en effet, comme les Contes de Grimm ou les Fables de la Fontaine ) avec ses sirênes, celles de toutes ces villes qui débordent de créatures étranges, ces bombes, sex, drog and kill, ces envies à fragmentation. Envies de rien et du Tout, celui de la Force et de son côté obscur. Jusqu’à l’absurde. Oklaoma. Tokyo…

Qui a compris, dans notre Europe, la nouvelle sémantique urbaine, celle des espoirs perdus, troués, dans tous les sens du terme ? Cinq heure du mat je dés-espère de ton sourire glacée Kate… Police. Stevee Wonder. Hearth W. and Fire. Bob Marley. Mickael Jackson, Prince, Le funk. Le rap. Le groove du techno-hard-core-métal. C’est peut-être l’étrange mixture de la musique anglosaxonne et black de la première société néo-primitive, la société américaine, qui nous aident àcompenser le formidable retard du cinéma occidental à nous révéler où nous en sommes à cinq ans de l’an 2000.

Où sont les chefs d’oeuvre 'promis’? Où sont-ils?

 

23 février 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

10 juin 2019

Nationalisme arabe et islamisme, les deux faces d’une même médaille

Certes le nationalisme arabe et l’islamisme ne sont pas identiques. Mais, contrairement aux apparences, ils ne s’opposent pas sur le fond, la résurgence de la grandeur d’autrefois, mais sur les moyens d’y arriver : la renaissance (Nahda) pour le premier en s’inspirant des efforts de modernisation prônée au début du XIXème siècle par certains intellectuels installés en Europe ; le retour à l’imitation des pieux ancêtres pour le second (al-salaf al-salih) qui donna le salafisme dont les Frères musulmans égyptiens, le wahabisme saoudien, le Hamas palestinien sont les variantes.

L’idée de Califat agitée par exemple sous Saddam Hussein, nationaliste arabe, (et encore actuellement par ses partisans) n’est donc pas seulement une perspective tactique visant à rallier l’islamisme. Elle poursuit la velléité du grand Califat espérée dans les années 1920 à 1940 à la suite de l’effondrement de l’Empire Ottoman , puis enrayée par l’Arabie Saoudite avec la naissance de la Ligue Arabe en 1945 ; elle fut réamorcée à la fin des années 1950 avec les deux tentatives de création d’une République Arabe Unie l’une comprenant l’Égypte, la Syrie, et pratiquement l’Irak si l’alliance des deux premiers n’avait pas périclité entre-temps, la seconde incluant à nouveau l’Égypte, la Syrie, et la Libye, jusqu’en 1977. Ces tentatives (qui devaient également inclure l’Algérie et la Tunisie), échouèrent -(et permirent, surtout après 1967, la montée en puissance du wahabisme saoudien et ses milliards de dollars)- pour deux raisons décisives : d’une part cette union ne s’est pas faite sur des bases démocratiques impliquant une pluralité des centres de décisions et des contre-pouvoirs institutionnels. Bien au contraire, elle a épousé les formes classiques de la constitution d’un Empire impliquant la centralisation du pouvoir, et donc l’hypertélie d’un centre , en l’occurrence ici le Caire, au détriment de la périphérie, ce qui était inconcevable à terme pour la caste militaro-affairiste dominant ces divers pays. La seconde raison tient à la base largement islamique de leurs structures institutionnelles en ce que l’intrication des sphères décisionnelles entre le politique et le religieux, (ce dernier étant pour une part fonctionnarisé avec des mosquées d’Etat, par exemple en Égypte et en Algérie) empêcha l’émergence autonome d’attitudes politiques laïques, idem en matière de culture et de mœurs.

L’un des critères permettant de le vérifier tient par exemple à la manière dont la feu «nouvelle gauche arabe» ayant eu le vent en poupe dans les années 1950-1960 analyse ces régimes du nationalisme arabe. Emmanuel Sivan, dans son livre célèbre, Mythes politiques arabes, le décrit en ces termes, y soulignant deux temps (p.141-142) : « Dans un premier temps, ce courant s’est consacré à la critique des régimes dits «révolutionnaires» ou «progressistes» (nassérisme, partis Baath en Irak et en Syrie). Il attribuait l’absence de réels changements socioéconomiques à l’attachement de ces régimes aux valeurs de l’islam (tout au moins à celles qui se prêtent à la manipulation des masses) et à leur refus d’épouser les valeurs de la modernité, au plan politique comme au plan des libertés individuelles. Dans un deuxième temps, ce mouvement devait aboutir à une réévaluation de la contribution de la pensée arabe au XXème siècle (…). Pour ces auteurs, la pensée traditionnelle était coupable de répandre de vaines croyances selon lesquelles le passé récent serait une période de décadence due exclusivement à l’influence de facteurs extérieurs (…) ».

Or, pour quelqu’un comme Saddam Hussein, lorsqu’il s’avéra que la construction d’une République Arabe unie achoppait en effet sur la nécessité démocratique de son éventuelle construction (à l’instar de l’Union Européenne par exemple), de toute façon antinomique avec cet islam continué et formellement relooké que prônait le nationalisme arabe, l’issue fut plutôt de renouer avec la forme politique ancienne, celle du Califat incarné par son âge d’or (VII-IXème) , qui avait, en plus, -et ce surtout après la défaite de 1967 qui marqua le glas du nationalisme purement politique comme fer de lance du renouveau arabe-, l’avantage d’articuler à elle toutes les tendances islamistes, à l’exception des chiites dont Saddam échoua par ailleurs à vaincre la tendance principale incarnée par l’Iran.

En ce sens, son adhésion de plus en plus visible à l’histoire, conquérante, de l’islam, (et non point uniquement au passé mésopotamien et babylonien), a non seulement précédé la première guerre du Golfe -au lieu d’en être le produit comme il est prétendu ici ou là, mais était déjà perceptible dès la guerre avec l’Iran . Dans ces conditions lorsqu’il envahit le Koweït le 2 août 1990, il fallait moins y voir une annexion de type expansionniste mais une étape stratégique de transition vers la construction du Califat, qui passait ensuite et nécessairement par la prise de la Mecque et de Médine en vue de légitimer son emprise dominante sur «le monde arabe et islamique» par une sacralisation. D’où l’appel apeuré en direction de Bush père du régime wahabiste saoudien qui se serait bien passé de voir des «mécréants» fouler son sol «sacré».

Ne pas comprendre cette stratégie husseinienne (et aujourd’hui benladeniste) visant à renouer avec l’arabo-islamisme classique (puisque la voie démocratique est antinomique avec l’idée même de Califat) afin de s’emparer, toujours dans un premier temps, des lieux saints musulmans avant de reprendre, dans un second temps (et muni des armes nécessaires…) le djihad, ininterrompu, avec l’Occident, explique alors bien pourquoi l’illusion de son «laïcisme» perdure encore parmi les visions en vogue de la vulgate dominante, surtout en France.
Pour y voir encore plus clair sur ce point, notons tout d’abord que l’émergence de l’islamisme, se situe, dans sa grande majorité, au milieu du XIXème siècle. C’est donc un phénomène bien plus récent que l’idée arabiste de Nahda indiquée plus haut. L’islamisme s’appuie certes sur des précurseurs médiévaux, par exemple Ibn Taymiyya, un commentateur coranique syrien du XIVème siècle (qui inspira également au XVIIIème siècle Abdel Wahab, le fondateur saoudien du wahabisme, puis tous les courants islamistes). Néanmoins les principaux courants islamistes contemporains se sont également, voire surtout, nourris d’une lecture tronquée de la littérature historisante européenne depuis le XVIIIème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle vantant soit la supériorité rationaliste et scientiste de l’Europe, soit le droit historique à la reconquête, soit encore indiquant seulement l’aspect cupide des incursions de l’Occident en Orient, négligeant son fondement religieux.

Emmanuel Sivan le montre bien en indiquant comment les termes de «croisés» et de «croisades» surgissent seulement lors de la seconde moitié du XIXème siècle à la suite de telles lectures dans l’historiographie arabisante en les définissant comme les causes majeures du déclin (le sionisme en serait l’avatar moderne), alors que les chroniqueurs arabisants de l’époque concernée n’ont ni utilisé ce thème comme élément scandant l’Histoire du Moyen Orient, ni même employé les termes pour en désigner les acteurs occidentaux.

De même Menahem Milson explique clairement de quelle façon un Jamal al-Din Afghani (chiite éduqué à Kabul et en Iran) et un Muhammad ’Abduh (égyptien) ont émergé seulement au milieu du XIXème siècle en appelant à un panislamisme, (au delà donc de la césure sunnite/chiite), prétendant «réformer» l’islam par l’épuration de ses éléments étrangers (lois, pensées), avec la maxime suivante «Il n'y pas de défaut dans l'islam ; la faille se trouve chez les musulmans». Ils se sont appuyés sur Ibn Taymiyya (cité plus haut) pour osciller entre un je t’aime moi non plus l’Occident et son rejet total appelant au retour de l’imitation des «pieux ancêtres» ou salafisme ; tout en s’opposant au soufisme cet «islam populaire» dit Paul Balta , dont l’approche mystique faite de recueillement, d’extase à base de danse et de récitations lancinantes, préférant en un mot l’illumination à la déduction, leur semblait peu à même de forger les outils nécessaires pour la résurrection de l’âge d’or arabe.

En prônant l’unité panislamique comme tactique, Afghani eut plus de succès que ’Abduh qui cherchait plus à lutter contre la modernité industrielle et urbaine par l’imitation d’une conduite pieuse, par exemple en combattant la polygamie. Son disciple direct, Ridha, syrien, s’écarta de lui et chercha plutôt comme Afghani à traduire le salafisme en termes politiques, transformant l’idée de l’imitation en volonté de reproduire les conditions mêmes de la prise de pouvoir par Mahomet (retrait et refus de la société ambiante, recrutement exclusif de guerriers). Par exemple en luttant au début du XXème siècle contre «l’invasion» juive de la Palestine. Parce que les juifs doivent rester soumis comme il est prédit dans le Coran. Qassam (qui donna son nom aux roquettes dont le Hamas abreuve Israël) continua l’interprétation de Ridha en assassinant des juifs et des britanniques choisis au hasard. Un autre disciple de ’Abduh, Abd al-Raziq, prônant par contre une distanciation entre religion et Etat (1925) fut promptement écarté au profit d’un Amin al-Husseini (grand oncle d’Arafat) qui devint célèbre comme Mufti de Jérusalem et nazi convaincu (il fit alliance avec Hitler).

Les Frères Musulmans avec la maxime «l’islam est la solution» et fondés en 1928 par Hassan el-Banna s’inspirèrent de l’interprétation strictement politique du salafisme prôné par Ridha, écartant la lecture pieuse et d’imitation d’un ’Abduh, tout en prônant une rigoureuse chasse du juif, ce «cheval de Troie de l’Occident croisé», aidé en cela par les syriens et les arabes chrétiens, qui étaient les principaux panarabistes au début du XXème siècle, pourchassant les juifs, peuple «déicide», faisant de la surenchère dans l’arabisme pour être accepté par les idéologues nationalistes musulmans et islamistes. Sayyid Qutb, égyptien, prône la même prose, c’est le parfait exemple des frontières poreuses en islamisme et nationalisme panarabe puisqu’il débuta dans les années 40 en nationaliste égyptien avant de finir après un séjour aux USA comme djihadiste zélé posant comme apostat toute loi non islamique.

Cette fixation envers le passé fait-elle pour autant de l’islamisme un adversaire déclaré de la Nahda du nationalisme arabe, c’est-à-dire ce souci d’actualisation qu’avaient nombre d’intellectuels arabisants au début du XIXème siècle et du siècle suivant comme le pense Balta ? Rien n’est moins sûr. Déjà parce que cet islamisme insiste «sur le rôle essentiel des Arabes dans la mise en œuvre d'une réforme islamique» comme l’observe Menahem Milson . Ensuite, le nationalisme arabe, dans sa lecture syrienne ou égyptienne, n’a pas émergé comme rupture idéologique avec le religieux (nous l’avons vu plus haut avec les critiques de la feu nouvelle gauche arabe des années 1950-1960) -à la différence des révolutions jacobine, léniniste et nazie qui, toutes trois, se sont voulues totalement contraires au judéo-christianisme, sur des modes, bien entendu, spécifiques. En Algérie, arabisme et islamisme se sont articulés constamment jusqu’à en donner la preuve historique récemment.

Certes, le Coran fut brûlé en pleine rue lors de la révolution irakienne de 1958 comme le souligne Gilbert Meynier , mais il s’agissait bien moins de signifier une rupture que d’affirmer une supériorité doctrinale, l’arabisme, contre les tentatives -perçues comme poussiéreuses- de reproduire à la lettre l’islam du début. D’ailleurs les Frères musulmans se sont alliés avec le mouvement des Officiers Libres égyptiens qui renversa le roi Farouk en 1952, en particulier lorsque l’un d’entre eux, Gamal Abdel Nasser, démit à son tour son représentant attitré, le général Néguib, et entama une vigoureuse campagne anti-juive puis anti-copte , tout en protégeant les Frères musulmans ; même s’il pouvait également en pendre quelques-uns lorsque ceux-ci voulaient le concurrencer. Sadate prolongea l’islamisation et l’antichristianisme, même s’il signa la paix, il fut d’ailleurs tué pour cela.

En un mot, le nationalisme arabe ou panarabisme, a été bien moins loin, au-delà de ses concessions cosmétiques, qu’un Atatürk ou un Bourguiba puisque son corps de doctrines s’est constamment nourri de cette lecture islamiste de l’Histoire qui pose le passé comme un éternel présent , tout en croisant cette perception avec l’historiographie marxisante et léniniste basant le capitalisme sur l’impérialisme c’est-à-dire l’accumulation primitive ou pillage qu’auraient apporté les Croisades à l’Occident alors qu’elle fut marginale, et rarement la motivation première .

Ainsi, écrit Paul Balta (L’islam, Marabout/Le Monde Éditions) l’égyptien Gamal Abdel Nasser, le leader incontesté du nationalisme arabe des années 50-60, avançait (p.116) « (…) Nous n’avons jamais dit (…) que nous avions renié notre religion. Nous avons déclaré que notre religion était une religion socialiste et que l’islam, au Moyen Age, a réussi la première expérience socialiste dans le monde » , tout en ajoutant que «Muhammad fut l’imam du socialisme » (p.115) . Cette continuité dite «socialiste» doit être alors pensée non pas dans les termes européens du socialisme, mais comme une institutionnalisation englobant le politique, l’économique, la culture, les mœurs, bref, l’islam, tout en admettant quelques retouches formelles, doté d’une supériorité, théologique et politique, définitive. Michel Aflak, fondateur (chrétien) du parti dit « laïc », Baath , ne disait-il pas que «le souffle du Prophète animera toujours le nationalisme arabe » ?

Ce sentiment est donc porté historiquement par un groupe, «les» Arabes, qui s’auto-conçoit, depuis Mahomet, comme une sorte de caste suprême et ultime à laquelle il s’agit d’appartenir, sous peine d’être marginalisé. Par exemple en payant de lourds impôts comme les chrétiens et les juifs (dhimmis jusqu’à l’arrivée des Occidentaux…), et en effectuant toutes les corvées sur les domaines. D’où le désir des peuples dominés de se convertir le plus vite possible, et d’en être les plus prosélytes (tels les Berbères, y compris aujourd’hui, au Maroc et en Algérie, mais cela devient de plus en plus controversé), au grand dam des dirigeants de l’époque (par exemple les Omeyyades) qui tentèrent, tout le long du VIIème siècle , de décourager cette pratique entraînant une nette diminution des rentrées fiscales, et une raréfaction de la main d’œuvre. Ce dernier aspect expliquera d’ailleurs l’essor de l’esclavage dans les pays islamisés, en particulier venu d’Afrique (de douze à dix huit millions sur un millénaire ) lorsque celui venu des pays Slaves vint à se tarir.

Dès le début observe Balta (page 102) , les « Arabes avaient fait la symbiose entre foi et ethnie, islam et arabité. Ils estimaient (et certains estiment encore) avoir la prééminence sur les autres musulmans. (Note 1 : Il est vrai que Bokhari cite ce hadith de Mahomet : «L’abaissement des Arabes est celui de l’islam»)».

Cette fusion entre peuple et religion n’est certes pas l’apanage arabe, mais, à la différence des juifs, il y a volonté d’imposer l’islam comme seule vraie religion, et aussi de considérer qu’il n’est point besoin d’autre chose que l’islam. La question, en corollaire, n’est alors pas de se demander si démocratie et islam, si islam et développement, sont compatibles, mais si l’islam a besoin de leurs définitions singulières pour exister. La réponse est non jugent nationalistes et islamistes au-delà de leur formes spécifiques. Et poussé à l’extrême cette acception permet de comprendre pourquoi il est possible de lire dans les programmes scolaires, actuels, de l’Arabie Saoudite (qui finance, le plus légalement du monde, nombre de structures en France, en Hollande, en Belgique…) non seulement que ce pays, arabe par excellence, « joue aujourd’hui un rôle dirigeant dans le monde musulman » , mais aussi que la «religion de l’islam est la vraie religion et toute autre religion est fausse. La religion de l’islam est noble et l’emporte sur toutes (les autres) religions. Dieu a accompli Sa promesse, car depuis que le soleil de l’islam s’est levé sur la terre, il est très au-dessus des autres religions » , ou encore la «religion de l’islam (…) a remplacé les religions qui l’avaient précédée» , les juifs étant « la méchanceté dans son essence même » .

A lire cette prose, qui ne s’oppose en rien aux propos précédents tenus par un Nasser ou un Aflak, on observe bien que l’islamisme est un nationalisme de fait, porté par une caste dirigeante, celle des « arabes » qui s’est construite, depuis toujours en réalité, sur une base raciste /absolutiste et non pas séculière. Et au XXème siècle elle a pu s’en justifier, -sans avoir besoin de rendre des comptes tant elle s’auréolait (et elle le fait encore sous nos yeux en Palestine et ailleurs) de lutte anti-colonialiste-, en brandissant plutôt l’exemple du nationalisme allemand et sa dérive nationale-socialiste que les nationalismes anglais, américains, français, et leur acculturation, spécifique mais réelle, dans le régime démocratique.

Cette conception théoraciale de l’Histoire, dont on ne voit pas comment elle aurait civilisé l’Occident , explique alors les liens établis avec l’Allemagne nazie dans les années 1930 -symbolisés par l’allégeance du grand oncle d’Arafat, Husseini, (Mufti de Jérusalem) à Hitler, de même que l’admiration de certains écrivains nazis envers l’islam ; sans oublier le soutien d’Abdel Nasser pour l’effort nazi, un Nasser ayant fait traduire Mein Kampf en arabe et déclaré le 1er mai 1964 à un journal allemand : « Durant la Seconde Guerre mondiale, notre sympathie allait aux Allemands » . Il considérait lui aussi que Les Protocoles des sages de Sion, traduit par La Ligue Arabe, était un document fiable. « Ce texte prouve sans le moindre doute que trois cents sionistes, qui se connaissent tous entre eux, décident du sort du continent européen », avait déclaré Nasser en 1958 à un journal indien.

Dans cette optique, le texte constitutif du Front de libération algérien (1955) mettant en avant la notion de «race arabe» est symptomatique : « Article 4 : L’Algérie est arabe de race et musulmane de foi et continuera à l’être. Elle respecte également les autres religions, croyances et races. Elle condamne toutes doctrines racistes et colonialistes. Article 5 : L’Algérie fait partie intégrante du Maghreb arabe, qui fait partie du monde arabe. Ses aspirations au panarabisme et sa collaboration avec les peuples et gouvernements ainsi qu’avec la Ligue arabe sont tout à fait normales » .
Observons que le « respect » dont parle l’article 4 doit s’appréhender dans le cadre musulman, c’est-à-dire comme dhimmitude, autrement dit citoyenneté de seconde zone, inversant ainsi le colonialisme mais ne l’abolissant pas dans son principe.

Cette conception ne doit pas alors être considérée comme un élément conjoncturel qui serait principalement déductible d’une lutte vengeresse contre la France. Mais le fondement même de l’arabo-islamisme. Ce n’est pas plus accidentel que le panturquisme qui se construisit sur le modèle du nationalisme allemand à partir des années 1909 avec le mouvement des «Jeunes Turcs» dont est issu le génocide arménien amorcé entre 1894-1896 sous Abdul-Hamid II pour se parachever en 1915 avec la bénédiction de son allié, l’Allemagne. Le nationalisme arabe et l’islamisme, ou national-islamisme, sont en réalité les deux faces d’une même supériorité qui doit se protéger de l’étranger en le minorant ou en l’extirpant . Ce qui a pour conséquence d’interdire, d’emblée, toute concession, d’ordre spirituel, et d’ordre territorial .

O
ublier cet aspect condamnerait à ne pas comprendre l’origine majeure des échecs simultanés et successifs de la démocratisation au sein des pays dominés par l’institutionnalisation de l’islam puisque celui-ci aurait réponse à tout. Il explique également l’impossibilité, permanente, de trouver une solution au conflit judéo- arabe .
La création, sous nos yeux, d’un national islamisme dont le racisme, patent, reste le seul à ne pas rendre des comptes, du fait de son auréole anticolonialiste et tiers-mondiste, n’est donc ni la conséquence du conflit judéo-arabe comme on le prétend ni des deux dernières guerres en Irak, mais, au contraire, leur cause première.


Pour une version plus récente de cet article

 

17 février 2007


 

 

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

10 juin 2019

Le dieu des musulmans n’est pas le même

Or, il n’y a pas de soumission chez ces deux formes de croyance.

Donnons trois exemples, Adam, Moïse, Jésus.

Adam :

Voilà comment le présente le Coran : Sourate II, verset 31 (traduction Masson, Folio/Gallimard ) :

« Il apprit à Adam le nom de tous les êtres, (…) ».

Dieu apprend à Adam qui tient donc là un rôle passif.

Dans la Bible, il est dit ceci (traduction d’Ostervald (1890), chapitre II, verset 19 :

« (…) l’Éternel Dieu avait formé de la terre toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux des cieux ; puis il les avait fait venir vers Adam, afin qu’il vît comment il les nommerait, et que le nom qu’Adam donnerait à tout animal vivant, fût son nom ».

Ainsi, c’est Adam qui nomme, il donne un nom, il a un rôle actif.

Idem, dans la traduction de la Bible, établie sous la direction de l’École biblique de Jérusalem (Les éditions du Cerf, 1998) il est dit (p. 35), chapitre 2, verset 19 :

« Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné ».

Le Coran ne parle pas de rôle actif d’Adam. Il fait état plutôt de son instruction et ensuite d’un dialogue entre Dieu et les anges puis celui-ci demande à Adam de dire à ceux-là les noms des êtres qu’il lui avait appris. Adam obtempère :

« Il apprit à Adam le nom de tous les êtres, puis il les présenta aux anges en disant : « faites-moi connaître leurs noms, si vous êtes véridiques ».
(II/32): Ils dirent : « Gloire à toi ! Nous ne avons rien en dehors de ce que tu nous as enseigné ; tu es, en vérité, celui qui sait tout, le Sage ».
(II/33): Il dit « O Adam ! Fais-le leur connaître les noms de ces êtres ! »
Quand Adam en eut instruit les anges, le Seigneur dit : « Ne vous ai-je pas avertis ? Je connais le mystère des cieux et de la terre ; je connais ce que vous montrez et ce que vous tenez secret » » .

Dans le Coran, Adam transmet les noms appris, alors que dans la Bible non seulement Adam les nomme, mais Dieu veille à ce que cela soit avec ses propres termes.
Pourtant Masson, dans sa note 1 au mot «être» du verset coranique (II/31) « Il apprit à Adam le nom de tous les êtres », se méprend totalement en y accolant une interprétation issue du texte biblique ! Ainsi Masson écrit :

« Ceci constitue une nouvelle affirmation du pouvoir de l’homme sur la création. On lit dans la Genèse (II,20) : « L’homme appela…de leurs noms tous les bestiaux, les oiseaux des cieux, tous les animaux des champs » Cf. Jean Chrysostome, Homelia IX in Genesim, II, 19, P. G. LIII, 79 ; Philon, op.cit., N)148, p. 241 ».

Or, le texte du Coran n’affirme en rien le «pouvoir de l’homme sur la création » mais plutôt sa capacité à apprendre le nom de tous les êtres, ce qui est tout à fait différent. Par ailleurs, Masson s’appuie sur le verset 20 (tout en citant, curieusement, sans en donner le contenu, le verset 19 via une référence à Chrysostome), alors que le verset 19 précise bien, lui, le rôle actif d’Adam. On ne comprend pas le verset 20 sans celui qui le précède.

Ainsi dans la traduction d’Ostervald il est dit pour le verset 20 :

« Et Adam donna les noms à tous les animaux domestiques, et aux oiseaux des cieux, et à toutes les bêtes des champs ; (…) »

Adam donne les noms, à lui, et non pas ceux que lui auraient indiqué Dieu.
Masson mélange donc tout tant il subit l’influence de ce qu’il traduit, affirmant le pouvoir de l’homme tout en citant un verset qui n’est pas compréhensible sans celui qui le précède puisque l’on pourrait penser que Adam donne des noms que lui auraient enseigné Dieu comme avance le Coran, alors que le verset 19 dit bien que c’est Adam et lui seul qui donne les noms.
La traduction de la Bible, établie sous la direction de l’École biblique de Jérusalem, ne diffère guère de celle d’ Ostervald pour le verset 20.
D’ailleurs, le plus intéressant dans ce verset 20 réside moins dans sa continuation du verset 19 que dans le fait qu’Adam s’aperçoit de sa solitude parmi les animaux . Ainsi dans l’édition du Cerf il est dit :

« L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fut assortie ».

Dans les versets 21 et 22, il est exaucé, puisque la femme se voit créer. Rien de tel dans le Coran. Rien qui souligne la nécessité de
la femme pour l’homme, chair de sa chair.

Moïse.

Dans l’Exode, le Décalogue, (XX), des paroles fondamentales sont prononcées puisqu’ils s’agit des Commandements. Or, nul trace de ceux-ci dans le Coran puisque le nom de Moïse apparaît pour la première fois dans le verset 51 de la sourate II pour tout autre chose, les quarante nuits (Exode, XXIV, 18) dont l’importance est d’une toute autre nature puisqu’il y est plutôt question de Liturgie et non de Morale pour la direction de l’esprit et du corps.

Et Abraham ? Dans la Bible, il vient avant Moïse (Genèse, 12), rien de tel dans le Coran, puisque Moïse y apparaît le premier et bien après le Décalogue (Ex, XX). La Sourate de La Vache n’est donc pas une chronologie. puisque au verset 62 il est question des chrétiens (également au verset 113) alors qu’ils apparaissent bien après dans l’Histoire.
Abraham vient au verset 124 pour recevoir certains «ordres », ce qui est bien vague alors que dans la Bible (Genèse,12,1) il lui est indiqué précisément qu’il va aller vers «le pays que je t’indiquerai ».

Au verset 125 de la Sourate II, il est question d’Ismaël auquel il serait confié une mission, sans plus de précision. Dans la Genèse, 16, 12, la mission d’Ismaël est très clairement définie :

«Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères».

Puis en 17,19, alors qu’Abraham pensait que Dieu lui parlait d’Ismaël, Dieu lui annonce la venue d’Isaac, pour lequel il dit:

« et j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle (…) ».

En 20, Dieu ne néglige pas Ismaël puisqu’il promet qu’il engendrera 12 princes et qu’il fera de lui une grande nation, mais Dieu persiste en 21 en disant que c’est avec Isaac qu’il établira l’alliance. Ismaël est circoncis le premier (17,23) parce qu’Isaac n’est pas encore né. Rien de tel dans la Sourate II, le choix d’Isaac par Dieu n’est pas inscrit. Pas plus que la demande de son sacrifice (Genèse, 22, 1). Il faut attendre le verset 133 pour qu’Isaac soit écrit en même temps que les noms d’Abraham, d’Ismaël, et le verset 136 ajoute ceux de Jacob, de Moïse et de Jésus…alors que Jésus vient bien après dans l’Histoire Commune.

Conclusion ? Il ne s’agit pas de la même Histoire. Donc il ne s’agit pas du même Dieu. Ce sont les mêmes noms, certes, mais pas du tout la même trame. La Bible relate un Commencement et l’arrivée de l’Homme capable de nommer les choses. Rien de tel dans le Coran. L’homme n’est que soumis, instrument. Certes Abraham obéit lorsqu’il s’agit de sacrifier Isaac. Mais il ne le dit pas à l’enfant. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il avait choisi d’obéir.

Si ce n’est pas la même Histoire, ce n’est pas le même Dieu.

Jésus.

Ainsi, il est dit dans l’islam que Jésus Christ n’est qu’un prophète, (sourate IV, verset 171), or cela n’est pas exact selon les Évangiles.

Observons cette question plus en détail en commençant par une lecture de la parole chrétienne.

Dans les Évangiles, il semble bien que Jésus soit Fils de Dieu (Matthieu. Chapitre III, Verset 17), non pas comme étant autre chose que Dieu mais moment singulier (Mt. IV, 7) : lorsque celui-ci devient la Direction (Mt. XXIII, 10).
Car Dieu vient apporter la Bonne Nouvelle (Mt. IV, 23) de manière visible, terrestre. Il se fait donc Fils, c’est-à-dire Homme, mais pas n’importe lequel, car il s’agit de vivre grâce à l'action du Saint-Esprit (Mt. I, 18). C’est-à-dire de vivre dans la Vérité, celle du Souffle de Vie qui a permis que Dieu devienne aussi Chair.

Quelle est cette Bonne Nouvelle ? Le Royaume des Cieux est accessible dès maintenant pour celui qui sait voir (Mt.V, 8).
Le péché Originel est pardonné : Dieu veut oublier la désobéissance d'Adam et Ève. Et Dieu ne veut pas que l'on fasse semblant de croire en Lui si cela ne se voit pas au plus profond des pensées, dans leur intimité même (MT. V, 28). Il ne suffit pas de respecter les Lois pour être l’Élu. Il faut se développer dans l'horizon de sa Grâce, c’est-à-dire en son sein même : c'est l'action du Saint-Esprit ce souffle de vie.
Voilà pourquoi Dieu est à la fois Un et se transsubtantialise en trois Personnes. Comment est-ce possible ? C’est ce que nous allons voir.

Lorsque Dieu est Commencement (et Fin) c'est le Père.
Lorsque Dieu est Direction fait Chair pour apporter la Bonne Nouvelle, et aussi comment vivre avec elle, c'est le Fils, c’est l’Homme, c’est Jésus.
Lorsque Dieu est Souffle de Vie, Providence, Grâce, afin que l'Humain (se) développe dans la Vérité, et en bonne intelligence avec la Nature, c’est l'Esprit Saint.

Dieu est certes unique, mais comme il est tout puissant, il peut se mettre en forme selon ce qu’il faut faire lorsqu’il s’agit d’intervenir sur Terre de façon visible.

Augustin dit par exemple dans La Trinité en commentant Jean: de lui (le Père ), par lui ( le Fils ) en lui ( le Saint Esprit) :

"Je vous demande de qui parle l’Apôtre dans cet autre passage: "De lui, par lui et en lui sont toutes choses. A lui la gloire dans les siècles. Amen" (Rom., XI, 36) ? S’il parle du Père, du Fils, du Saint-Esprit, en désignant chacune des Personnes par chacun des mots : "de lui" du Père ; "par lui" par le Fils ; "en lui" en l’Esprit Saint, il est évident pourtant que le Père, le Fils, le Saint-Esprit sont un seul Dieu, puisqu’il conclut : "A lui la gloire dans les siècles des siècles".

Au début de ce passage il ne dit pas : "O profondeur de la sagesse et de la science du Père" ni "du Fils" ni "du Saint-esprit", mais "ô profondeur de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables et ses voies impénétrables, car qui donc a connu la pensée du Seigneur ou a été son conseiller ? ou qui lui a donné le premier pour qu’il ait à recevoir en retour ? De lui, par lui, en lui sont toutes choses…A lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen" (Rom., XI, 33-36)".

Qu’en conclure ? Déjà que Jésus n’est pas musulman, contrairement à ce qui est répandu par certains arabo-islamistes, tentant de créer un Évangile musulman (Khalidi Tarif, Un musulman nommé Jésus, 2001,Traduction, Albin Michel, 2003), qui serait en définitive le seul habilité à parler de Jésus…
Ensuite ceci : si islam veut dire entière soumission à Dieu (ou le devenir musulman) alors l’humain n’est pas libre comme étant distinct de Dieu.
Car être soumis veut dire obéir, et à la lettre, celle du Coran, dit incréé et inamovible, or, dès la Genèse, lorsque Ève tend le Fruit de la Connaissance du Bien et du Mal, à Adam, et que celui-ci décide de l’accepter, et que Dieu ne les tue pas mais les chasse, il les rend libre, y compris jusqu’à désobéir.
Par la suite, Dieu, sous la forme de Christ (pour les chrétiens) vient pardonner ce geste en affirmant une nouvelle alliance entre les Humains et Dieu. Ce qui implique la possibilité de faire évoluer la Lettre, tout en se maintenant dans l’Esprit.
Il y a bien là une différence, et de taille.
Ce qui implique de se demander une chose sans avoir besoin de se demander pourquoi le Coran réécrit, systématiquement, la Bible et le Nouveau Testament, tout en prétendant que ce sont les Juifs et les Chrétiens qui auraient falsifiés leur propre livre !!!

S’agit-il du même Dieu ?

Ne serait-il pas possible, qu’en fait, les musulmans, prient un autre Dieu ? Ils pensent, certes, être celui d’Adam, par exemple, alors que ce n’est pas vrai, nous venons de le voir avec la Genèse.
Certes, les musulmans peuvent expliquer que tout ce qui est inscrit dans le Coran est Dieu, sauf que, en réalité, ce n’est pas le même Dieu.

Cet exemple montre bien qu’il ne suffit pas de dire que les Juifs, les Chrétiens, auraient"falsifié" puisque le problème n’est pas là, mais bien dans la suppression de la liberté offert par Dieu à l’homme.

Si ce qui importe consiste à respecter la Tradition alors celle-ci explique bien qu'il ne s'agit pas, en retour, de se soumettre, mais de s'offrir, ce qui implique qu'il existe la Loi de Dieu. Mais aussi, depuis Adam, la Loi de l'Homme. Libre.

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

09 juin 2019

Iran : laisser venir (archives)

Que voulons-nous ? Que l'Iran n'ait pas "la" bombe ? Pourquoi ? Au nom de quoi ? D'autant qu' "ils" disent que tel n'est pas leur objectif. Pourquoi dans ce cas ne pas "les" croire ? Au nom de la promesse de destruction qui pèse sur Israël ? Sauf que les déclarations dûment mandatées (et rectifiées…) des officiels iraniens actuels ne parlent pas d'une destruction militaire mais d'un démantèlement politique suite à un référendum de la population régionale concernée, expatriés palestiniens inclus. C'est ce voeu, pieu, qui est le discours diplomatique officiel de la République islamique d'Iran. Il n'est pas sûr que cela suffise pour déclencher une guerre préventive.

Alors ? S'agirait-il de lui refuser la bombe parce que l'Iran ne serait pas doté d'un régime démocratique ? Mais qui énonce cette objection ? Personne. D'officiel du moins. Pourquoi ? Parce qu'aucun document légalement reconnu par les instances internationales et/ou bilatérales ne pose les conditions hic et nunc de ce qu'est un régime démocratique. En quoi ce dernier serait-il par exemple meilleur qu'un autre régime, en l'occurrence, s'agissant de l'Iran, d'un régime théocratique basé sur l'Islam ? Car l'on ne voit guère au nom de quoi un régime théocratique basé sur l'islam comme l'Iran pourrait être déclaré dangereux pour la paix mondiale puisque le lien entre islam et violence n'existe pas.

En effet, aucune instance officielle ne peut ou ne veut prouver l'existence d'un lien (link) entre islam et violence. Bien au contraire. Car lorsque l'une d'entre-elles, Le Vatican, par le biais, officieux, de son plus haut représentant, le pape Benoît XVI, a tenté d'aborder, de façon scolar, la question, toutes les autres institutions, jusqu'à la présidence des Etats-Unis en passant par son secrétaire d'Etat, le docteur Rice, ont contesté qu'un tel lien non seulement puisse être dénoncé mais puisse être seulement énoncé…
Dans ces conditions, et comme aucun document officiel ne définit ni ne délimite le qualificatif de "meilleur régime politique", hormis quelques théories académiques, r
ien n'existe qui qualifierait et donc différencierait, officiellement du moins, les régimes politiques.

Dans ce cas, nous ne pouvons pas mettre en doute, de façon apriori, la signature d'un Etat ayant son Siège à l'ONU ; quand bien même serait-il théocratique ou encore basé sur l'islam, ce dernier fait s'avérant être désormais, selon la dernière jurisprudence officieuse en vigueur, nul et non avenu ou/et renvoyé au passé tumultueux des Eglises chrétiennes.
Certes, quelques principes généraux codifiant une coexistence pacifique sont énumérés et inscrits dans la Charte des Nations Unies ; ils permettent, en théorie, de vérifier leur effectivité au sein des Etats Membres. Néanmoins, leur réalisation, juridique, est laissée à l'appréciation des Etats Membres. Sauf si le contenu y est encadré par un Traité comme c'est le cas pour la non prolifération des armes nucléaires que… l'Iran a signé, semble-t-il. D'ailleurs, à ce sujet, l'Agence affectée à la non prolifération des armes nucléaires n'a pas émis de claires réserves à ce sujet ; elle a préféré transférer le dossier au Conseil de Sécurité.


Voilà les faits. Du moins certains d'entre-eux. Et ils semblent bien être des facteurs essentiels. C'est-à-dire réels, au sens d'effectivement moteurs de ce qui est éminemment tangible. Pour le moment.

Un tel constat peut déplaire.

Aussi, avant d'aborder maintenant la seconde raison, stratégique, -qui nécessiterait, un réajustement de notre politique-, posons le cas contraire. Celui de la conflagration, du choc avec l'Iran, bref, d'une attaque préventive à son encontre afin d'interdire à l'Iran d'avoir "la" bombe (ce qu'il nie par ailleurs).

Que se passerait-il au vu de l'étal actuel des forces en présence au niveau mondial, c'est-à-dire, plus strictement dit, depuis le coup de force du Hezbollah contre Israël, et le ralliement de certaines équipes dirigeantes d'Amérique du Sud, comme celle du Vénézuéla, à la stratégie iranienne de nucléarisation "pacifique" ?

Il n'est pas sûr que, en l'état actuel des choses, c'est-à-dire dans le cadre effectif des rapports de force et de l'absence de preuves tangibles, une attaque contre les installations nucléaires de l'Iran ne déclenche pas immédiatement une riposte au Liban même via le Hezbollah contre la Finul et Israël, ainsi qu'en Irak par le biais des factions chiites sous contrôle, et plus généralement dans le monde entier ; il suffit de se rappeler les attentats à Paris attribués à l'Iran rue de Rennes, rue des Rosiers, au drugstore des Champs Elysées…

Par ailleurs, depuis l'attaque du Hezbollah contre Israël via le Liban, et le fait qu'il n'ait pas été défait parce qu'Israël a préféré riposter par des représailles aériennes et un démantèlement relatif de ses installations dans le Sud (ce qui n'a pas été sans mal ni surprise…), le pan-islamisme semble avoir marqué des points au détriment du pan-arabisme de toute façon défait, même s'il résiste encore en Irak et en Egypte. La Syrie est déjà sous sa coupe. Et les autres pays de la Ligue arabe hésiteront d'autant plus à se ranger du côté de la guerre préventive que le précédent du Hezbollah au Liban a fait taire les voix qui s'inquiétaient de l'extension du croissant chiite. L'unité de fait contre l'ennemi juré américano-sioniste ne peut être remise en cause pour des raisons idéologiques par aucun Etat de la Ligue arabe.

De plus, nous ne serions pas, en cas de guerre préventive, dans la situation afghane où l'attaque du 11 septembre 2001 avait scellé le sort des Talibans, ni même dans la situation irakienne où, au-delà de savoir s'il fallait déclencher la guerre, l'invasion du Koweït et un embargo permanent, avalisé par l'ONU, soulignaient, constamment, le degré de défiance qui existait envers le régime baathiste dont le renversement a au moins révélé la convergence d'intérêts entre nationalistes arabes et islamistes puisque ceux-ci, toutes tendances confondues, préfèrent, à l'heure actuelle, bien plus maintenir une situation de confrontation permanente avec la Coalition, afin qu'elle reste et donc, paradoxalement, qu'elle justifie leur raison de combattre, plutôt que de tenter une normalisation politique qui pourrait déboucher sur un Etat non mafieux ou non théocratique, ce qui ne satisferait ni les uns ni les autres….

Avec l'Iran, nous ne serions pas dans ce cas de figure puisqu'il n'existe pour le moment aucune sanction à son égard et aucun précédent expansionniste stricto sensu. Dans ce cas, et au vu du contexte créé par la guerre déclenchée par le Hezbollah au Liban, de la nouvelle alliance entre l'Iran et les régimes pro-cubains, de la "neutralité" chinoise et russe, justifier une guerre préventive et surtout susciter une Entente unanime ne sera guère aisée…
Par contre la seconde raison, stratégique, permettrait, peut-être, de se sortir l'épine du pied en attendant que l'Iran dévoile son jeu.

En effet, s'il s'avère que l'Iran se soit réellement doté de l'arme atomique (il en serait à un an selon le dernier dossier de Times magazine) et qu'il cherche immédiatement à s'en servir, une guerre préventive, cette fois, aurait sa complète justification ; quand bien même les mécanismes de soutien se déclencheraient quasi-identiquement (attaque du Hezbollah au Liban, attentats…), et il y aurait, pour les Etats de la Ligue arabe, la possibilité, ténue mais réelle, de ne pas hésiter à se ranger du bon côté, et, en même temps, de poser à leur propre population la question même du bon régime politique : doit-elle se ranger du côté d'une conception djihadiste de l'Histoire ou faire sienne les avancées démocratiques issues depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la chute du Mur de Berlin stipulant que le régime politique qui les consacre, au-delà des formes qu'il prend selon l'histoire singulière des nations, est en fin de compte meilleur que tout autre régime, tout en étant infiniment perfectible.

En adoptant cette seconde raison, stratégique, nous ferions alors d'une pierre deux coups : nous prendrions l'Iran la main dans le sac et nous pousserions les Etats dits musulmans, ceux de la Ligue arabe en particulier, sans oublier les Etats pro-castristes, à préciser leur position quant à leur propre avenir : soit accomplir les réformes indispensables permettant de créer les conditions d'une prospérité réelle, soit continuer à laisser croire que leur non développement effectif vient essentiellement de l'existence d'Israël, et/ou des USA ; ce qui serait aller dans le sens de la conception djihadiste/léniniste et non pas trans-civilisationnelle de l'Histoire ; au détriment de leurs peuples respectifs.

Mercredi 27 septembre 2006, publié sur Agoravox

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

09 juin 2019

Terrorisme intellectuel : bis

Comme si, à l'instar d'un purisme jamais démenti depuis St Just, seuls les ultra anti-libéraux pouvaient être invités à parler du…libéralisme. Qu'ils aient leur fiel à déverser quoi de plus normal en démocratie, mais de là à être en situation de monopole…
Or, c'est bien là la caricature poussée jusqu'au paradoxe d'une pensée totalitaire sans le dire, c'est-à-dire se présentant à la fois comme procureur et historien de la Vérité (Pravda en russe) celle d'une époque qu'ils ont en plus et à l'évidence pas du tout compris ; sinon en regrettant la "restauration" des vieilles idées d'économie, de valeur, que tentait, tout de même, de rétablir une gauche qu'un Bové et qu'un Besancenot traitent aujourd'hui de "molle" …

Bref, seule la destruction en tant que telle aura de valeur pour un Cusset dont j'ai analysé la prose ultra alter-mondialiste dans mon livre La Philosophie cannibale, puisqu'il est posé d'emblée, mais évidemment sans forcer le trait dans ce genre d'émission, que le libéralisme c'est le mal, alors que les années Tatcher et Reagan ont permis à Blair et à Clinton de bénéficier d'une économie florissante qui a fait bien plus pour les plus démunis que la gauche et la droite étatiste en France.

Ce qui ne plaît pas aux ultra-gauchistes dont la critique non seulement du libéralisme mais surtout du communisme stalinien ne mène nulle part sinon à l'instauration d'une société frugale, à l'ombre de l'islam, puisque nombre de gauchistes de cette trempe fricotent désormais avec non pas les musulmans modérés des Etats arabes Unis, du Maroc, de la Jordanie, mais bel et bien avec les islamistes purs et durs khomeynistes, compagnons de route du Hezbollah ou du Hamas.
Sans oublier leurs idiots utiles allant des Indigènes de la République aux centristes multiculturalistes de Bayrou et de certains communautaristes UMP et FN en passant par les sociaux nationaux royaliens préférant le voile au string.

Et dans cette émission, bien ficelée, avec les voix de Tapie, Pivot, Renauld, Coluche, Guy Hogenheim aussi, un Serge Halimi par exemple traitait Jimmy Carter de président conservateur parce qu'il avait augmenté en 1979 le budget militaire américain alors que quelques temps auparavant la révolution khomeyniste battait son plein à Téhéran et que c'est cet effort de guerre continué sous Reagan qui a mis à mal les finances soviétiques et obligé Gortbatchev à entamer la Glasnost et la Perestroïka pour tenter de rétablir la barre ; ce qui eut pour conséquence la chute du mur de Berlin : Halimi le regrette-t-il lui qui se plaint de se voir assimilé aux staliniens lorsqu'il critique le retour à l'ordre libéral qu'aurait effectué la génération des Gluksmann, Bruckner, Kouchner?…

Parce que l'émission partait de là aussi, de cette soit disante restauration d'un ordre perdu alors que 68 n'a pas été seulement la poussée nihiliste qui fascinent les Cusset et Halimi mais aussi la recherche d'un qualitatif d'un individualisme secouant les vieilles formes de l'universel paternaliste sans pour autant sombrer dans le relativisme des valeurs mais leur relativité formelle ce qui est bien différent. Même l'idée hyppie de la paix et de l'amour pour tous exprimait cette idée d'un universel démocratique possible au-delà des formes singulières qu'il prend selon les histoires spécifiques.

Mais de cela, évidemment, on en entendra pas parler puisqu'il y aurait un label 68 à défendre fait de révolte pure que nos gauchistes bien nourris et bien payés, même lorsqu'ils viennent déblatérer leur haine du libéralisme sur une chaîne du service public, défendront bec et ongles, comme s'ils étaient les détenteurs de La Vérité…

Il est vrai que la France est une URSS qui aurait réussi… En effet, elle ne s'est pas (encore) effondrée et la critique pourtant "unilatérale" d'une doctrine passe benoîtement pour un effort salutaire de salubrité publique.

Imaginez un instant que l'on s'insurge et que l'on menace le producteur de cette émission de le poursuivre devant le CSA pour émission non équilibrée, nous vivrons sans doute la même terreur que celle qui commence à s'abattre sur Alain-Jean Mairet lorsqu'il a eu le malheur d'attaquer une émission suisse à la gloire du Hezbollah…

Voilà où nous en sommes. Dans le pays des Droits de l'Homme où l'on pourrait soit disant blâmer…

Il est temps que quelque chose change, à commencer par la constitution de médias réellement résilients à la normalisation ultra-gauchiste et éco-totalitaire qui domine de plus en plus certains médias.

9 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

09 juin 2019

La conquête musulmane de l’Egypte

Cette conquête les Musulmans l’appellent : Al-futûh. Celle-ci est présentée dans les manuels scolaires et dans différents ouvrages comme un phénomène naturel, positif et généreux.

À cet égard, la lecture de la publication du C.R.D.P. (Centre Régional de Documentation Pédagogique) de l’Académie de Versailles dans la collection : « Aide à la mise en œuvre des programmes » est édifiante.

Cette collection est destinée aux enseignants afin de leur donner des problématiques qui leur permettent de préparer leurs cours avec le maximum de perspicacité. Le volume consacré au niveau de 5ème explique la rapidité de cette conquête arabo-musulmane par le fruit des : « rivalités de l’Empire byzantin et de l’Empire perse, religion orthodoxe imposée, Arabes accueillis en libérateurs (sic). »

La thèse qui présente les Arabes en « libérateurs » se manifeste dans de nombreux ouvrages, ainsi celui de Jean-Paul Roux : «Au début cependant tout est simple. La trahison d’un Occident apparent (sic) facilite la tâche des conquérants. Les Chrétiens monophysites, mal résignés à subir la domination d’une couronne exigeante, tyrannique, assoiffée d’impôts, accueillent les Musulmans comme des libérateurs. Ils leur ouvrent les portes de leurs villes, n’hésitent pas à collaborer avec eux. Egypte, Syrie, aux premiers coups portés aux forces byzantines, acceptent les nouveaux maîtres, tournent le dos aux anciens ».

Francesco Gabrieli verse dans une véritable propagande musulmane : « un historien arabe parle à ce propos de « conquête facile », bien qu’à Agnadaïn et au Yarmouk les envahisseurs aient dû s’imposer aux Byzantins par la force. Partout ailleurs, ils furent généralement accueillis en amis et en libérateurs. En certains endroits les autochtones se portèrent à leur rencontre dans un grand concours de musique et de chants, et quand les nouveaux occupants, sous la menace de la contre-offensive d’Héraclius, évacuèrent Hims, les indigènes exprimèrent ouvertement leurs regrets et leur préférence pour le régime bienveillant instauré par leurs nouveaux maîtres, bien différent de l’oppression byzantine ».

René Kalisky : « L’Islam pouvait surgir. Le conquérant qui débarrasserait la Syrie du joug byzantin était sûr d’être reçu en libérateur. » et: « Le vainqueur (les Arabo-musulmans) se montra généreux. » ; Maurice Lombard : « Les Arabes avaient en fait toutes chances d’être accueillis comme des libérateurs par les vieilles populations du monde sémitique de Syrie et de Mésopotamie et par les Egyptiens.(…) Or, les tendances démocratiques, égalitaires, et cosmopolites du message islamique répondaient à ces mouvements de révoltes sociale et religieuse. » Pierre Miquel est plus honnête : « Face à une grécité surimposée, il (l’islam) fut vu, autant qu’on puisse l’imaginer, en nombre de cas comme un libérateur ».

Les Musulmans auraient ainsi sauvé les populations d’une religion chrétienne orthodoxe honnie et imposée par une conquête libératrice excluant toute violence comme si cette colonisation s’était faite pacifiquement et que les Chrétiens n’attendaient que cela pour devenir musulmans. Ouf ! Voilà enfin les Arabes qui apportent la liberté et la tolérance ! Il est des auteurs qui n’hésitent pas à aller jusqu’au ridicule, ainsi le massacre des ennemis tombés entre les mains des Musulmans résulterait de : « la nécessité de « liquider » les irréconciliables à l’état de paix, non de tuer des non-croyants », l’euphémisme est de taille ! En fait de paix, il s’agit de repos éternel. Quant à l’esclavage des femmes et des enfants il obtient des gages de légitimation : « La survie des femmes et des enfants ennemis vaincus attribués comme esclaves aux musulmans laisse espérer leur conversion, au moins celle des enfants à naître des maîtres musulmans, donc l’accroissement du peuple musulman ». Béni soit l’esclavagisme musulman ! Il a une noble cause. Il est bien évident que les massacres perpétrés par des chrétiens n’ont pas du tout aux yeux de l’auteur le même mérite, pour lequel il s’agit tout simplement d’une pure et simple « extermination de l’Infidèle ».

Quant à la vulgate religieuse musulmane, elle fait des colonisateurs arabo-musulmans des « porteurs de guidance (sic), de bien, de justice, et de bonté » face à des empires « à la situation délabrée et aux affaires corrompues, si bien que la putridité les avait envahis de toutes parts ».

Dans le même registre, nous trouvons ce texte d’une grande limpidité : « Al foutoûhât n’ont jamais été des guerres que les musulmans auraient menées contre des peuples, et que l’on aurait pu assimiler à de la colonisation. Lors de leurs différentes actions militaires, les musulmans ne se sont pas battus contre les habitants d’« ach-Cham » (Proche-Orient), ni contre le peuple égyptien par exemple : ces peuples étaient sous la tutelle des Byzantins, qui les utilisaient pour réaliser leur bien-être et préserver les intérêts de leur Etat ! De même, quand les musulmans « ouvrirent » l’Iraq et la Perse, ils se sont en réalité battus contre ceux qui opprimaient les populations de ces pays, soumises par une politique de répression et d’injustice socio-économique flagrante. C’est pour cette raison que l’on peut dire que les foutoûhât étaient plutôt des guerres de libération, pour remettre le pouvoir entre les mains du peuple, qui avait, lui, le libre choix d’adhérer à l’Islam ou de le rejeter. C’est dans cet esprit que les musulmans se lancèrent pour transmettre le message de Dieu à l’humanité : avec la mission de libérer les hommes de l’emprise de l’Homme et de les réconcilier avec leur Créateur, Le Dieu des hommes. »

En fait la conquête musulmane serait une guerre anti-coloniale contre les Byzantins et les Perses, ces derniers se colonisant eux-mêmes !

En premier lieu, rappelons brièvement quelques éléments. Si la rivalité entre l’Empire byzantin et l’Empire perse fut une réalité, la méditerranée avant l’arrivée des Musulmans était chrétienne depuis longtemps, depuis que l’empereur Constantin au IVe siècle avait fait de la religion chrétienne la religion de l’empire romain. Prenez n’importe quel manuel sur Byzance, vous ne verrez jamais que la religion chrétienne ait été imposée. S’il y eut des conflits religieux comme la crise iconoclaste, ce furent des crises internes au monde orthodoxe, jamais la religion chrétienne en elle-même ne fut remise en cause. Il est à remarquer qu’un grand nombre d’Arabes s’étaient installés dans l’empire perse et l’empire byzantin et s’étaient convertis à la religion chrétienne, ce fait est souvent passé sous silence.

Est-ce que les présupposés politico-religieux décrits plus haut correspondent vraiment à la réalité historique ?

Quelle est la part d’imagination ou de manipulation intellectuelle dans cette problématique voulant absolument démontrer que les Arabo-musulmans de la conquête furent de « généreux libérateurs » animés de loyaux idéaux ?

Qu’en est-il de la vérité historique sur cette colonisation arabo-musulmane ?

C’est ce que nous nous proposons d’aborder dans cet ouvrage.

Louis Chagnon

10 septembre 2006


09 juin 2019

Il est probablement trop tard (réaction au Rapport Obin)

Pour résumer d'abord cet échec commun : une révolte de nombreux jeunes issus de l'immigration, que nous avions espéré intégrer à la société française ; cette révolte constituée autour de critères religieux de plus en plus fondamentalistes, alors que notre culture repose toute entière sur l'idéal d'émancipation des Lumières. Autrement dit, une dés-intégration d'autant plus grave qu'elle ne s'opère pas dans l'anomie, mais par l'influence puissante de tout ce qui nous est contraire. (…).

En France, on n'aime pas beaucoup la réalité. (…). Regarder la réalité en face permettrait par exemple de dénombrer ces populations et de les caractériser. Ce qui jusque-là est interdit. Le climat de terrorisme fondamentaliste dont on nous parle ici est rendu possible par l'agglutination. Si l'on pouvait réduire le nombre de jeunes musulmans à moins de 5% dans chaque classe, l'intimidation serait rendue impossible et les enseignants retrouveraient les moeyns de s'imposer. Mais il faudrait pour cela désigner les musulmans. Et la réalité religieuse n'existe pas dans l'Etat laïc, en tout cas quand il s'agit d'un fondamentalisme issus de populations anciennement colonisées (il serait permis en revanche de compter les intégristes catholiques). (…).

Nous aurions besoin de fermeté. Si nous avions le courage d'isoler les rebelles en les éparpillant, il faudrait, une fois isolés, les mettre en demeure d'obéir. En sommes-nous capables, au vu de nos comportements présents ? Ce long et ancien regard d'indulgence que nous jetons sur les forgaits perpétrés dans les banlieues. Les viols collectifs qu'on a si longtemps cachés. Les mots dénaturés que nous inventons pour dissimuler notre faiblesse : invivilité pour désigner les barbaries, sans-papiers pour désigner les clandestins. La compassion par laquelle il faudrait délivrer les casseurs de leurs responsabilité : leur soi-disant juste revanche devant la marginalisation raciste que nous leur aurions fait subir. Notre incapacité à leur demander le moindre effort -ils ont tous les droits, il nous faut nous plier devant leurs trépignements infantiles.

D'où sans doute leur ardeur, décrite dans le rapport, à se donner des convictions exigeantes, à jeûner jusqu'à l'épuisement, marquant par là que nous ne leur avons pas rendu justice en leur apportant tout sur un plateau.

Notre sotte admiration devant la jeunesse qui a toujours raison, parce que nous avons si peur de vieillir, les enfants ne peuvent pas grandir. Notre tentation, parce que nous nous voulons éternels, à engendrer d'éternels enfants, et à les confiner dans cet état pour demeurer nous-mêmes dans le nôtre. Notre réticence à punir les délits, ces délinquants que la police coffre pour les relâcher aussitôt. La facilité incroyable avec laquelle on peut dans ce pays impunément défigurer, briser, salir le bien d'autrui et le bien de tous.

L'accusation permanente de fascisme adressée à ceux qui réclament seulement que la justice passe, sans outrance et sans faiblesse. (…).

(1) cet extrait est issu d'un texte paru dans un livre collectif intitulé L'école face à l'obscurantisme religieux (éditions Max Milo).

Résumé


Des jeunes filles obligées de raser les murs parce qu’elles ne s’habillent pas « comme il faut », des professeurs de lycée censés justifier un cours d’histoire sur les croisades, des élèves qui refusent de dessiner une carte de France « parce que ce n’est pas leur pays », des menaces, parfois physiques, contre des enseignants qui évoquent un texte de Voltaire sur Mahomet… Doit-on jouer un requiem pour l’école laïque ?

Qui peut soutenir qu’il ne se passe rien d’inquiétant dans certains collèges et lycées ? Certainement pas les auteurs du “rapport Obin”, commandé puis occulté par l’éducation nationale, sur Les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Rédigé à partir d’une enquête de terrain sur tout le territoire français, par une équipe d’inspecteurs généraux, ce texte conclut à la nécessité, pour l’institution scolaire et l’ensemble de ses acteurs, de réaffirmer les valeurs fondamentales de la République, au premier rang desquelles la laïcité.

20 personnalités réagissent. Elles commentent, chacune selon leur optique, la banalisation de l’insulte raciste et antisémite dans certains lycées, la montée du sexisme, l’appauvrissement du niveau linguistique des élèves…

Dans certaines académies, il n’est pas un établissement scolaire qui ne connaisse, avec plus ou moins d’intensité, des tensions semblables à celles qui sont ici décrites. Mais ce n’est pas une fatalité, dit aussi le “rapport Obin” et, avec lui, ses commentateurs.

PRESENTATION GENERALE DE L’OUVRAGE
Paul-François Paoli et Alain Seksig

L'école laïque et ses lois sont-elles encore à l'ordre du jour en France ? Peut-on encore affirmer que la laïcité, qui stipule l'existence d'un espace public où les convictions religieuses ou politiques des individus sont censées ne pas s'imposer à qui ne les partage pas, est encore respectée dans tous les établissements scolaires de notre pays ? Qui peut soutenir qu'il ne se passe rien d'inquiétant dans certaines écoles et collèges ? Des jeunes filles obligées de raser les murs parce qu'elles ne s'habillent pas « comme il faut », des professeurs de lycée censés justifier un cours d'histoire sur Saint Louis et les croisades, des élèves qui refusent de dessiner une carte de France « parce que ce n'est pas leur pays », ou plus grave encore, des menaces, parfois physiques, contre des enseignants qui évoquent un texte de Voltaire sur Mahomet ou l'histoire de la Shoah, sans oublier des agressions contre des jeunes collégiens et lycéens d'origine juive, etc. Répertoriés depuis des années, ces incidents, que d'aucuns ont tendance à dédramatiser, ne peuvent pas être considérés comme anecdotiques. Sont-ils seulement le signe et l'expression d'une ghettoïsation sociale, ethnique et religieuse qui pourra, demain, être endiguée par une action publique d'envergure ? Ou expriment-ils aussi une tendance à la dissidence encouragée par certains groupes d'activistes religieux, tendance qui n'est nullement réductible à un problème social ?

Pour tenter d'aborder ces deux questions, il faut d'abord pouvoir évaluer l'ampleur et la nature de ces phénomènes. C'est à cela que peut nous aider le travail réalisé sous la houlette de l'inspecteur général de l'Education nationale Jean-Pierre Obin. Son rapport, intitulé Les Signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires, a été rédigé en 2004 à partir d'une enquête de terrain de plusieurs mois par une équipe d'inspecteurs généraux dans soixante établissements scolaires d'une vingtaine de départements. Un texte resté trop longtemps confidentiel alors qu'il constitue une pièce décisive au débat, à la fois pour son caractère fouillé et impartial. Docteur en mécanique des solides et docteur ès lettres et sciences humaines, Jean-Pierre Obin a dirigé dans les années 80, au ministère de l'Education nationale, une mission sur la formation et la recherche pédagogiques et plus récemment une autre sur l'avenir du métier d'enseignant. Il est non seulement un professionnel reconnu, mais aussi un homme que l'on ne peut soupçonner d'un quelconque esprit partisan. Une impartialité qui renforce encore le caractère alarmant de ce texte : le rapport met en évidence, à partir de témoignages précis, la réalité d'une pression, parfois violente, dans des quartiers qui ne sont pas tous des « ghettos », exercée par des groupes ou des individus animés par des conceptions religieuses obscurantistes, qui pour l’essentiel se réclament de l’islam. « Tout laisse à penser que, dans certains quartiers, les élèves sont incités à se méfier de tout ce que leurs professeurs leur proposent », écrivent les auteurs du rapport Obin. Ajoutant que « de toute évidence des organisations religieuses travaillent les élèves, parfois dès l'école primaire » ! L'affirmation est trop forte pour ne pas avoir été mûrie.

Conçu indépendamment du débat sur « le foulard islamique » à l'école, qui a occupé les médias au printemps 2004, le rapport Obin suggère même que celui-ci est passé à côté de l'essentiel. « La polarisation politique et médiatique qui s'est développée cette année autour du "voile", écrivent ses rapporteurs, a eu à cet égard un effet ambigu : attirer l'attention de l'opinion sur le développement du marquage religieux de la vie scolaire, mais aussi masquer le développement d'autres types, plus inquiétants, de manifestations d'appartenance religieuse. »
Une tempête dans un verre d'eau ? Certes, Jean-Pierre Obin lui-même lors de l'émission de France 3 « Culture et dépendances » du 30 novembre 2005 consacrée à la laïcité, rappellera que ce texte ne prétend pas être représentatif d'une quelconque situation d'ensemble. Néanmoins, il affirmera au cours de cette même émission qu'on ne peut considérer les phénomènes dont ce rapport témoigne comme étant « marginaux » : « Lorsque dans les années 80, on a évoqué le développement de la violence dans les établissements scolaires, on a aussi dit que c'était un phénomène marginal. Or c'est devenu un phénomène banal », expliquera-t-il, en s'étonnant du « déni », voire de « l'omerta » qui entoure le développement des manifestations obscurantistes dans les établissements scolaires. Un propos corroboré par Franz-Olivier Giesbert, qui s'étonnera que ce texte ait été mis « sous le boisseau »… Pourquoi tant de discrétion, en effet, concernant un texte aussi important, dont les enjeux vont au-delà des questions strictement confessionnelles ? Les rapporteurs écrivent encore : « La manifestation d'une appartenance passe souvent, chez les jeunes, par le marquage corporel et vestimentaire, qui est la manière la plus simple, en tout cas la plus immédiatement visible de s'identifier. Elle ne concerne pas que la religion, ou que les jeunes filles, et ne se réduit pas au couvre-chef. On voit ainsi se multiplier chez les élèves le port de vêtements représentant un drapeau national, par exemple algérien, marocain ou israélien, emblèmes également déployés lors de manifestations sportives scolaires. Des élèves juifs arborent, ici ou là, une plaque de l'armée israélienne cousue sur leur vêtement. Ces manifestations vestimentaires ne sont pas faites pour apaiser la vie scolaire mais, bien au contraire, visent le plus souvent à provoquer d'autres élèves, notamment dans les établissements scolarisant des élèves de multiples origines. Ailleurs, poursuivent les rapporteurs, elles ont pour but de se démarquer simplement de la France ou de ceux, élèves et professeurs, que l'on nomme “ les Français ”. On peut dire la même chose des tenues portant l'effigie d'une personnalité : si la vue de Che Guevara ne semble plus, de nos jours, susciter beaucoup de réactions, il n'en est pas de même évidemment de celle de Saddam Hussein ou de Ben Laden. »

Ces attitudes heurtent les principes d'une laïcité qui reconnaît la légitimité de toutes les religions et de toutes les opinions dès lors qu'elles ne sont pas revendiquées sur le mode de l'agression, du mépris et de l'ostracisme. De beaux esprits ne manqueront pas de dire que le rapport, et ceux qui le commentent ici, présentent une vision catastrophiste de la situation. Outre qu’ils ne connaissent pas nécessairement mieux la réalité « du terrain » que la dizaine d'inspecteurs généraux de tous bords politiques qui l'ont arpenté sans a priori plusieurs semaines durant à travers le pays, on serait tenté de leur demander s'il faut vraiment attendre la catastrophe pour agir. Les signes avant-coureurs décrits ici ne suffisent-ils pas ? Pas une académie aujourd'hui et, dans plusieurs d'entre elles, pas un établissement scolaire, qui ne soient confrontés, à des degrés divers, aux tensions et provocations décrites dans le rapport Obin. Si certains savent parfaitement les contenir, ainsi que le même rapport Obin le mentionne explicitement dans sa dernière partie, ce n'est pas le cas de tous.

Alors que faire ? Débattre ouvertement dans un premier temps. Nous avons, à cette fin, sollicité une vingtaine d'intellectuels dont les conceptions sont loin d'être identiques, pour qu'ils nous livrent leur analyse sur la situation. Parmi eux, un certain nombre d'enseignants, dont on ne saurait nier l'expérience du « terrain ». C'est le cas de Barbara Lefebvre. Ce professeur d'histoire et de géographie enseigne en collège dans la banlieue parisienne et a participé à l’ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République qui, en s’appuyant sur des témoignages d’enseignants, levait pour la première fois le voile sur les incidents à caractère raciste et antisémite en milieu scolaire. Dans sa contribution, elle insiste sur la banalisation de l'insulte raciste dans certains lycées, une violence qui est le signe précurseur d'une haine qui ne se contente pas toujours des mots. Barbara Lefebvre donne des statistiques précises et particulièrement préoccupantes.
De son côté, Michèle Narvaez, agrégée de lettres, professeur en classes préparatoires à Lyon, qui a longtemps travaillé pour la coopération à l'étranger, exprime la surprise qui a été la sienne à son retour en France, en 2000, quant à l'appauvris-sement massif du niveau linguistique de ses élèves.
Relevant que “le déni des problèmes fait office de combat contre le racisme”, Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherche au CNRS, présidente de la fédération nationale des Ecoles de parents et des éducateurs et qui fut membre de la commission Stasi, nous enjoint de sortir de l’approche “compassionnelle” des situations pour privilégier “l’analyse raisonnée des faits et des pratiques”. Et conclut que “l”assignation identitaire est l’une des violences culturelles les plus meurtrières”. Polémique, Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé de lettres, membre du jury du CAPES et auteur de nombreux ouvrages pédagogiques, dénonce le sort réservé aux filles dans ces collèges où elles sont contraintes de faire profil bas, si elles ne veulent pas passer pour des « salopes ».
Conseillère honoraire d'Education populaire et de jeunesse, Annette Coulon dénonce l'erreur ou la mauvaise foi de ceux qui récusent la validité de ce rapport au prétexte qu'il pourrait être récupéré politiquement.

Outre les enseignants et les professionnels de la pédagogie, des sociologues qui ont travaillé sur ces questions des rapports entre communautés et laïcité, notamment à l'école, ont aussi accepté de nous livrer leur contribution. C'est le cas de Dominique Schnapper, membre du Conseil constitutionnel, directrice d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences politiques à Paris. Essayiste et sociologue reconnue pour son esprit de mesure, elle attire l'attention sur le fait que « les femmes et les juifs sont toujours les cibles idéales pour tous ceux qui détestent les autres et refusent de les connaître ou de les reconnaître ».
Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Esther Benbassa soutient que « la mise en place d’écoles musulmanes sous contrat avec l’éducation nationale serait susceptible de remédier aux difficultés exposées dans le rapport Obin » – qu’elle juge incomplet voire insuffisant dans son contenu, mais “salutaire” en ce qu’il peut ouvrir un vrai débat.
De son côté, Michèle Tribalat, démographe et ancien membre du Haut Conseil à l'intégration (HCI), s'inquiète de l'utilisation politique du conflit israélo-arabe dans les établissements scolaires ainsi que de la tendance de certains jeunes musulmans de nationalité française de se dissocier de leur pays de droit au nom de l'islam. Enfin, Jeanne-Hélène Kaltenbach, qui fut également membre du HCI, tente de comprendre pourquoi l'on a attendu si longtemps pour publier le rapport Obin et resitue celui-ci dans son contexte politique et social.

Des intellectuels, philosophe, théologien ou psychanalyste, qui réfléchissent sur les rapports entre État, laïcité et communautés ont aussi contribué à ce débat qui dépasse le strict cadre de l'école.
Chantal Delsol, universitaire à la faculté de Marne-la-Vallée et docteur d'État en philosophie, auteur de nombreux essais, pousse un cri d'alarme. Partisane d'une politique « d'affirmative action » et sceptique quant à l'avenir du modèle républicain, elle estime qu'il est urgent de repenser l'école à l'aune de cette nouvelle donne du « communautarisme ».
Paul Thibaud, philosophe et ancien rédacteur en chef de la revue Esprit, inscrit la crise de notre modèle scolaire dans le contexte d'une crise plus vaste : celle de l'identité nationale. Pour lui, la désaffiliation nationale est l'une des causes du malaise dont témoigne le rapport Obin.
Denis Kambouchner, professeur de philosophie à l'université Paris 1 La Sorbonne et spécialiste de Descartes, insiste sur la nécessité d'assumer notre héritage des Lumières, en particulier au niveau de l'école, en ne cédant pas aux pressions des groupes religieux. La preuve que l'Histoire ne progresse pas linéairement… Ghaleb Bencheikh, théologien, présentateur de l’émission « Islam » sur France 2, appelle quant à lui, contre ce qu’il nomme « la talibanisation des esprits » alimentée par des imams autoproclamés et incultes, à « renouer avec un islam de beauté, d’intelligence et de lumière ».
C’est en psychanalyste, à l’écoute expérimentée des « affections » de la Cité et de “ la contestation identitaire ” qu’intervient ici Fethi Benslama, professeur de psychopatho-logie à l’université Paris 7 et l’un des principaux animateurs du « Manifeste pour une laïcité vivante ».

On lira aussi avec intérêt les points de vue militants de Patrick Kessel, président d'honneur du comité Laïcité-République, ancien grand maître du Grand Orient de France et celui de Thierry Jonquet, grande figure du roman policier en France et ancien directeur du magazine Ras l' front, qui exprime sa « colère » et son « dégoût » face à la « démission » d'une certaine gauche devant ces attaques contre la laïcité. Sans oublier la contribution généreuse de Gaston Kelman, auteur de Je suis noir et je n'aime pas le manioc, concernant la responsabilité de certaines élites politiques et intellectuelles dans cette régression généralisée.
Emilie Frêche s’appuie, quant à elle, sur son expérience personnelle de collégienne dans les années 1980, “fière d’arborer la petite main de SOS Racisme” puis d’intervenante occasionnelle en milieu scolaire, pour fustiger cette régression à connotation sexiste et antisémite que sa génération, voici dix ans à peine, était loin d’imaginer possible.
Enfin le mouvement Ni putes ni soumises, par l’intermédiaire, notamment, de ses deux principaux représentants, Fadela Amara et Mohammed Abdi, prend ici position pour une action résolue en faveur des principes fondamentaux de la République et de son école.
En annexe, le lecteur pourra directement prendre connaissance du contenu du rapport Obin lui-même, édité pour la première fois dans son intégralité.
En engageant un débat sur un sujet aussi crucial, les éditions Max Milo contribuent à illustrer ces deux principes fondamen-taux de toute démocratie : le droit de savoir et celui de se faire une opinion.

23 novembre 2006

Written by Chantal Delsol in: Evaluation de l'action-OIL |

08 juin 2019

Incompréhension de l’Islam ?

Le week-end dernier, un ou des « kamikazes » se sont fait exploser dans un quartier de la capitale irakienne. Un quartier historique de Bagdad est parti en fumée. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, a été littéralement soufflé le quartier des bouquinistes, quartier où les gens venaient pour lire et échanger les idées. Trente cinq personnes au moins, hommes, femmes, enfants, boutiquiers, passants, ont été tuées, réduites à l’état de fragments humains avec des milliers de livres réduits en cendres ou en charpie.
Chiites, Sunnites : les auteurs de cet énorme autodafé ?

Aucune revendication ni objectif militaire n’ont été donnés par ceux qui ont pris la vie de ces personnes en envoyant un ou deux fanatiques se faire exploser au milieu de passants et commerçants.
Les jours qui ont suivi n’ont pas été moins sanglants.
Mardi, un attentat a fait 117 victimes dont des femmes et des enfants.
Mercredi, nouvel attentat suicide dans un café de Baladruz, bourgade se trouvant à une centaine de kilomètres de Bagdad, il a fait 30 tués et 29 blessés.
C’est la destruction de toute vie sociale en Irak qui, manifestement, est recherchée par les commanditaires de commandos fanatisés par la haine et par la croyance que Dieu aime ceux qui tuent un maximum « d’impies » ou de mauvais croyants.

Connivence, inversion de la charge de la preuve ?

Mardi, dans une tribune libre du quotidien gratuit Métro, un « chargé d’études à l’institut national de recherche pédagogique » commente les conditions d’ouverture du lycée musulman Al-Kindi. Il fait, à ce propos, grief à celui d’entre nous qui :
« …suspecte l’Islam d’être incompatible avec la laïcité »… il veut rassurer le lecteur, en rapprochant les aspirations religieuses qui reviennent en force parmi nos concitoyens de culture musulmane des évolutions parmi les autres éléments de la population, Juifs, Chrétiens qui reviennent aux sources de leur tradition nationale ou religieuse. Il explique que cela participe d’un phénomène qui n’est pas lié spécifiquement à l’Islam. Je le cite : « on assiste au retour du phénomène religieux, comme un phénomène identitaire, quelle que soit la religion. »

Certes. Mais il y a phénomène identitaire et phénomène identitaire, retour au religieux et retour au religieux.
Être espagnol et faire sauter des trains des banlieues madrilènes, c’est « religieux » et c’est « identitaire ». Mais les effets de ce « retour du religieux » là ne concernent pas que ceux qui passent des études supérieures ou de la délinquance au piétisme fanatique. Il a concerné, et on a vu comment, des centaines de travailleurs madrilènes qui ont connu le sort tragique des Irakiens ou celui des Israéliens victimes des bombes humaines.

Être Britannique et aller se faire sauter dans le métro londonien, comme en Irak d’autres sont allés se faire sauter sur un marché, dans un café, dans la rue des bouquinistes – réalisant au passage un immense autodafé de livres – ce n’est pas seulement un phénomène identitaire et une marque de piété. C’est un type de phénomène identitaire et de piétisme qui a concerné les passagers du métro de Londres qui ont perdu la vie, été blessés ou traumatisés à vie
Peut-être.

On m’objectera, comme on a objecté à Redeker, qu’il ne faut pas faire d’amalgame. J’en suis parfaitement d’accord. Je ne fais pas d’amalgame.

Je ne fais pas d’amalgame, mais je veux répondre à la tribune libre de notre spécialiste « chercheur en pédagogie » : que si des amalgames et des craintes entourent injustement l’Islam et ses croyants, c’est parce qu’aucune autorité morale musulmane n’a condamné clairement et énergiquement les meurtres d’innocents, qu’elles n’ont pas appelé et n’appellent pas à neutraliser les bombes humaines qui ensanglantent quotidiennement les rues de Bagdad.
Et lorsque je parle d’autorité morale musulmane, je pense bien sûr à l’université Al Hazar du Caire, d’abord. N’incarne-t-elle pas la continuité de la doctrine musulmane ? Je pense aussi au CFCM en France, à sa mouvance issue des frères musulmans, l’UOIF. Je pense également à tel de ces intellectuels, se voulant ouvert et fidèle observant tout à la fois, qui a droit aux plateaux des TV ainsi qu’aux sinécures offertes par le gouvernement britannique.

Les a-t-on entendus ?

Ont-ils pensé aux Irakiens – en proie à une folie meurtrière qui ressemble, en pire, aux tueries des guerres de religion des 16ème et 17ème siècles en Europe.

S’ils ont pensé à ces victimes de la furie et de la haine, on ne les a encore pas entendus pour nous faire connaître le contenu de ces pensées. Et s’ils ont crié contre ces tueries, comme contre les tueries des fanatiques « jenjawid » qui ensanglantent le Soudan depuis plus d’une décennie, leurs cris ont été bien faibles.
Il n’est pas trop tard, il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Et s’ils criaient comme ils convient, pour condamner tous ces crimes à répétition, l’UOIF, le CFCM, l’université Al Hazar, le conseiller en affaires d’islam de Tony Blair , probablement qu’alors ne monterait pas dans ce pays et d’autres cette sourde inquiétude dont se fait l’écho l’entretien publié par le quotidien Métro.

8 mars 2007

Written by Iris Canderson in: Liens d'actualité |

08 juin 2019

Le terrorisme intellectuel

Le fait qu'une communiste pro-intégriste libanaise décide de porter plainte contre notre ami Alain-Jean Mairet et voilà que Le Monde emboîte le pas en traitant tous ceux qui ne prennent pas pour argent comptant les propos du Hezbollah d'agents d'extrême droite, ce qui mériterait d'ailleurs une plainte pour diffamation…
Mais on le voit,
la gauche intellectuelle en totale implosion ne peut que se raccrocher à ses rêves des années 60 lorsque le gentil devait être basané et le méchant blanc ; or, on a appris depuis que cela peut s'inverser, par exemple en Bosnie… Mais rien à faire les journalistes à la mémoire courte et surtout aux ordres préfèrent vouer aux gémonies ceux qui veulent que les débats en démocratie ne soient pas qu'à sens unique et qu'un reportage sur le Hezbollah soit équilibré ou alors qu'une controverse puisse avoir lieu, du moins c'est cela l'esprit du service public, même si cela serait une chaîne privée d'ailleurs.

Il n'est pas possible que l'on fasse l'apologie d'un mouvement hyper-intégriste comme le Hezbollah qui autrefois à l'époque en effet du Monde des années 50 aurait été pour le coup taxé d'extrême droite sans avoir un droit de réponse. Or, tel est le geste d'Alain et c'est tout à son honneur, même si nous avons à Resilience.tv une sensibilité différente quant au fait d'interdire tout de go l'islam comme il le souhaiterait. Mais cette distinction ne nous empêche pas de partager son désir de critique que certains musulmans appellent de leurs voeux sans hélas être entendu tant désormais les relativistes postmodernes font alliance avec les intégristes les plus réactionnaires puisque leur ennemi commun, la démocratie, les oblige à ne pas dire et faire n'importe quoi…

 

8 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

08 juin 2019

J’ai écouté « C’est arrivé demain »sur Europe 1

Bayrou venait faire la promo de son livre qui va sortir jeudi, et où il est question, d'espoir, de République, de démocratie, etc, que des thèmes inédits quoi, avec un je-ne-sais-quoi de troisième voie du genre on prend les meilleurs et on essaye de travailler au consensus, idem pour les minorités qui ne doivent pas être écrasé par la majorité, c'est la démocratie façon Habermas, celle du communicationnel, où l'on n'admet pas qu'il puisse exister des positions irréconciliables, qu'au bout du compte il y a des différends non logiques mais idéologiques et qu'avec ceci seul le rapport de forces compte… Bayrou est au centre, il croit donc que si les hommes de bonne volonté se parlaient il n'y aurait plus la guerre, c'est tout à fait faux, fou, c'est du christianisme mou, mâtiné de marxisme à l'eau de rose où tout le monde sera beau et gentil quand l'esprit de propriété aura disparu…

Aussi n'est–il pas étonnant qu'à l'émission de Mots croisés il y a quelques temps, Bayrou admettait qu'une femme voilée pouvait s'afficher avec tout en rendant son service comme agent de la fonction publique, façon Royaume Uni vous voyez, et avec le succès que l'on sait… sauf que la réalité est bien plus complexe car d'une part cela remet en cause la neutralité de la République (pourquoi ne pas venir avec ses menottes et son épingle dans le nez puisque, moi, je suis punk version grunge, et c'est ma religion…), d'autre part, que dire à ces musulmanes qui ne portent pas le voile et qui sont montrées du doigt par celles qui le portent ? Qu'elles doivent le porter puisqu'elles sont musulmanes, voire nord africaines d'origine?…Qu'elles doivent rester musulmanes puisqu'elles sont nées telles et que ce serait trahir ses origines, ne pas être assez "communicationnelle" en voulant à tout prix se fondre dans le moule ?

On le voit, avec Bayrou, c'est le multiculturalisme puissance mille sous couvert de tolérance, alors que depuis que celui-ci a été imposée depuis quelques temps les choses se sont aggravées au lieu de s'adoucir : où est le hic dans ce cas ? Mais l'UMP de Sarkozy est elle aussi à deux doigts de franchir le Rubicon en voulant à tout prix réitérer les erreurs qui ont coulé la possibilité de créer une Algérie qui aurait pu avoir le devenir des USA, sauf que des forces ont voulu séparer les communautés, les frigidifier dans des codes à part, au bénéfice évidemment des extrêmes et c'est ce que veulent faire les idéologues mous du consensus destructeur et non pas salvateur…

Julie Depardieu, elle, venait parler du fim de Téchiné " Les témoins" à propos des années sida et d'un scénario censé les incarner : un homosexuel devient ami d'un docteur qui lui présente un couple hétéro et cet homo tombe amoureux de l'homme du couple…sauf que, là aussi, les années sida, c'est non seulement la confusion des sentiments ou la révélation des plus cachés, c'est aussi, mais ce n'est pas dit dans la discussion, la victoire du consensus mou où le fait de refuser une relation homosexuelle apparaît réactionnaire, puisque l'homosexualité n'est pas considérée comme une donnée génétique mais un choix donc une posture culturelle, nécessairement progressiste par rapport à la vieille famille hétéro qui de toute façon vote de Villiers voire Le Pen, c'est bien la preuve…L'éloge de la partouze était aussi monnaie courante…

Certes, Julie Depardieu ne parlait pas de tout cela, mais rien que l'explication du scénario sonnait faux puisque tout tourne autour des préjugés, de la peur d'avouer sa maladie, sa sexualité, bref de la culpabilité, alors qu'il s'agit, aussi, de souligner que durant les années sida c'est surtout la faillite et la mort d'une certaine contreculture qui exigeait de tromper son conjoint afin de sortir de la morale bourgeoise, d'où ensuite l'idéologie de la capote, la capotalisation de la morale après sa caporalisation, la capote étant considérée comme plus fidèle que la fidélité alors qu'elle peut craquer aussi… D'où aussi cette mise en équivalence des sexualités comme si elles étaient des choix, il suffit de voir la façon dont sont présentés les brochures au lycée pour comprendre pourquoi les islamistes et les évangélistes recrutent à tour de bras…

Enfin le rédacteur en chef des Enjeux-les Echos s'est fendu d'un propos invraisemblable, celui d'affirmer mordicus que nous sommes, en France, dans une société libérale, et que, justement, les Français n'en veulent plus, voilà pourquoi ont-ils voté non au référendum, voilà pourquoi Bayrou monte et qu'un besoin de nounou se fait sentir… Là, on croît rêver alors que jamais la France n'a été aussi social-conservatrice, social-nationaliste avec son exception française étendue partout, et ce n'est pas parce que, en effet, quelques parachutes dorés confectionnées à base de stock-options ont défrayé la chronique qu'il s'agit d'une preuve absolue de libéralisme mais plutôt de mercantilisme, d'appât du gain, qui, selon Max Weber, transcende toutes les périodes historiques puisqu'elle est le propre de l'humain en société, (et les savants nous disent que l'homme a toujours été en société)…

Bref, avec ce genre de propos et de placidité, la France n'est pas sortie de l'auberge…espagnole qui plus est, où Babel fait désormais office de modèle à atteindre, tout en rêvant à l'arche de Noé, bien sûr qui nous sauverait du déluge qui vient…Anne ne vois-tu rien venir ?…

4 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

07 juin 2019

Urgence Darfour (paraît-il…) (2)

Ainsi, avec BHL tout paraît plus clair : les méchants islamistes au
Nord, les gentils musulmans au Sud. Au Nord, l'islam de Ben Laden,
avec une dimension raciste puisque le gouvernement et ses guerriers
violeurs et exterminateurs se considèrent "arabes", c'est-à-dire
supérieurs (selon un hadith de Mahomet, écrit Paul Balta ), ce qui
implique qu'après avoir exterminé deux millions de noirs chrétiens,
ils éliminent les non conformes. Et refusent de partager les
ressources pétrolières avec eux. Pourquoi ? Parce que, dans le sud,
ils vivraient cet islam "laïc" que BHL a tenté de trouver en
Afghanistan et aimerait bien en importer le modèle en Europe en
général, en France en particulier.

Néanmoins plusieurs questions viennent à l'esprit : comment se fait-il
que les principales organisations musulmanes françaises, anglaises,
européennes, mondiales, ne participent pas à cette "urgence Darfour "?

Il n'y a pourtant pas de présence "occidentale", pas l'ombre d'un
G.I, seulement que des musulmans et des humanitaires avec quelques
soldats de l'Union africaine, tous dépassés par les évènements. Alors?

Ne serait-il pas parce que le gouvernement soudanais, membre de la
Ligue arabe, (et non suspendu par ses pairs du fait de ses dits
exactions) peut le justifier en expliquant qu'il veut appliquer la loi
islamique partout mais que des "rebelles" le refusent et que force
doit rester à la loi ?…

Comment se fait-il que tous les gouvernements de la Ligue Arabe ne
disent rien, y compris les plus " modérés" ? Comment se fait-il que la
Conférence islamique mondiale ne dise rien non plus. Or, qui ne dit
mot consent. N'y a t il pas là la réponse à la question ?

On ne critique pas un Etat musulman qui veut appliquer la loi
musulmane : CQFD. Il n'y a rien d'islamiste là dedans. Mais de retour
aux sources, voilà pourquoi aucun Etat musulman ne bouge. Et ces Etats
s'y connaissent en islam. Et le gouvernement chiraquien qui vient
d'empêcher le Royaume Uni de proposer une résolution contraignante
vis-à-vis du Soudan, l'a bien compris lui aussi…

Voilà pourquoi, s'il faut saluer l'initiative de BHL (et signer la
pétition sur http://www.europetition-darfour.info/), il est à craindre
que celle-ci ne s'arrête à mi-chemin. Et s'étiole. A moins qu'elle
interpelle également toutes les organisations musulmanes et tous les
Etats ayant l'islam comme loi fondamentale pour leur demander ce
qu'ils pensent de la situation au Darfour.

Leur réponse sera de la plus haute importance… Il semble bien
pourtant que l'on ne soit pas près de les entendre. Et c'est
précisément pourquoi BHL se trompe (tout comme Bush et Blair
d'ailleurs) lorsqu'il prétend avoir trouvé le vrai sésame en séparant
ainsi le bon grain de l'ivraie alors qu'en réalité l'islam de Ben
Laden, l'islam des guerriers Janjawid est l'islam de la Conquête des
7-8ème siècle qui a soumis dans le fer et le feu une partie de
l'Afrique et de l'Asie, même si une partie des nouveaux soumis en
avaient aussi assez de leurs tyrans habituels (comme Byzance).

Blair d'ailleurs commence à s'en rendre compte puisque, s'agissant du
Royaume Uni et en particulier de son administration scolaire il veut
donner liberté aux directeurs d'école d'interdire le port du voile
intégral. Une anecdote sur ce point est révélatrice : La BBC organise
mensuellement une sorte de forum de discussion aux Émirats Arabes
Unis, genre "alliance des civilisations" qui réunit divers courants de
l'islam ; il y a quelques années, on voyait certaines jeunes filles
avec tchador discuter tolérance et libre choix etc ; aujourd'hui, les
mêmes arrivent totalement voilées tant et tant qu'il est même
difficile de les entendre puisque la voix aussi est voilée (mais le
micro arrange tout, comme le disait Dark Vador…) et elles exigent
d'être admises telles quelles etc…

Et elles ont raison ! l'islam de la Conquête en effet l'exige,
puisqu'il s'agit moins de purification que d'imposition d'un ordre
esthétique et moral puis enfin physique comme veut l'instituer le
gouvernement du Soudan avec la Charia. Et celui-ci, comme les divers
adeptes de la juridiction islamique en Europe, ne semble pas flétrir
l'islam mais bien l'épurer de ses scories modernes qui en retiennent
encore le flux. Or, si la Ligue Arabe et la CIM ne sont pas mises au
pied du mur, rien n'avancera et même empêchera les dits modérés
musulmans de forcer à la clarification sur le Darfour…et aussi
ailleurs….

Dernier ouvrage paru: La condition néomoderne (Editions l'Harmattan)

27 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

07 juin 2019

Urgence Darfour (paraît-il…)

Soit des centaines de milliers, "seulement" pour l'instant il est vrai, et deux millions de réfugiés. Donc grâce à Bhl tout paraît plus clair : les méchants islamistes au Nord, les gentils musulmans au Sud. Ainsi, il dynamise une campagne de soutien qui avait tout de même peine à démarrer. Pour preuve, hier soir un meeting a rassemblé le tout-Paris jusqu'à Bayrou. Pourquoi un tel retard à l'allumage ? Parce qu'elle suscitait un malaise : comment se fait-il que la-religion-de-paix puisse faire tant d'exactions ? Les journalistes étaient à la peine et se rangeaient à l'idée marxisante habituelle : c'est principalement pour des raisons économiques : le pétrole. Le Nord voulait se débarrasser des populations du Sud et récupérer leurs terres. Pourtant cette explication ne collait pas avec les faits. Il ne s'agissait pas de cela. Puisqu'il suffisait de partager les richesses en tous les "soudanais" pour résoudre le problème.

Il s'agit, semble-t-il, de cette nécessité d'imposer la Charia partout, donc aussi dans le Sud, ce qui implique de briser ces populations qui vivent selon leur islam et préfèrent émigrer plutôt que d'obéir aux décrets venant du Nord. Donc l'explication que Bhl a réussi à imposer est celle-là et il est vrai qu'elle semble plus probante que l'autre, à un iota près cependant, et il est de taille :

Bhl dit qu'il s'agit, au Nord, de l'islam wahhabite, l'islam de Ben Laden, donc, dans sa bouche, du mauvais, du faux islam, tandis que dans le sud, ils vivraient cet islam "laïc" que Bhl a tenté de trouver en Afghanistan et aimerait bien en importer le modèle en Europe en général, en France en particulier.

Or, il semble bien que Bhl, (tout comme Bush et Blair d'ailleurs), se trompe lorsqu'il prétend avoir trouvé le vrai césame en séparant ainsi le bon grain de l'ivraie alors qu'en réalité l'islam de Ben Laden, l'islam des guerriers Janjawid est le vrai islam, celui de la conquête au 7ème siècle et qui a soumis dans le fer et le feu une partie de l'Afrique et de l'Asie. Blair d'ailleurs commence à s'en rendre compte puisque, s'agissant du Royaume Uni et en particulier de son administration scolaire il veut donner liberté aux directeurs d'école d'interdire le port du voile intégral. Une anecdote sur ce point est révélatrice : La BBC organise une sorte de forum aux Emirats, genre " alliance des civilisations" qui réunit divers courants de l'islam ; il y a quelques années, on voyait certaines jeunes filles avec tchador discuter tolérance et libre choix etc ; aujourd'hui, les mêmes arrivent totalement voilées tant et tant qu'il est même difficile de les entendre puisque la voix aussi est voilée (mais le micro arrange tout, comme dit Dark Vador…) et elles exigent d'être admises telles quelles etc…

Et elles ont raison ! le vrai islam en effet l'exige, puisqu'il s'agit moins de purification que d'imposition d'un ordre esthétique et moral puis enfin physique comme veulent l'instituer le gouvernement du Soudan avec la Charia. Et celui-ci, comme les divers adeptes de la juridiction islamique en Europe, ne semble pas flétrir l'islam mais bien l'épurer de ses scories modernes qui en retiennent encore le flux.

Ce qui implique ceci : c'est bien l'islam lui-même, dans sa lettre comme dans son esprit qui pose problème et tant que le débat critique ne se déplace pas aussi là, rien n'avancera et même empêchera précisément les dits modérés de dissocier la lettre de l'esprit.

Car, comment se fait-il que les principales organisations musulmanes françaises, anglaises, ne participent pas à cette "urgence Darfour " ? Il n'y a pas de présence "occidentale", pas l'ombre d'un G.I, que des musulmans et des humanitaires avec quelques soldats de l'Union africaine dépassés par les évènements. Alors ? Ne serait-il pas parce que le gouvernement soudanais, membre à part en tiers de la Ligue arabe, (et non suspendu par ses pairs du fait de ses dits exactions) peut le justifier en expliquant qu'il veut appliquer la loi islamique partout mais que des "rebelles" le refusent et que force doit rester à la loi ?…

Comment se fait-il que tous les gouvernements de la Ligue Arabe ne disent rien, y compris les plus " modérés" ? Comment se fait-il que la Conférence islamique mondiale ne dise rien non plus. Or, qui ne dit mot consent. N'y-a-t-il pas là la réponse à la question ?

On ne critique pas un Etat musulman qui veut appliquer la loi musulmane : CQFD. Il n'y a rien d'islamiste là dedans. Mais de retour aux sources, voilà pourquoi aucun Etat musulman ne bouge. Et ces Etats s'y connaissent en islam. Et le gouvernement chiraquien qui vient d'empêcher le Royaume Uni de proposer à l'Union Européenne une résolution contraignante vis-à-vis du Soudan, l'a bien compris lui aussi…

Voilà pourquoi, s'il faut saluer l'initiative de Bhl, (et signer la pétition qui vient d'être lancée) il est à craindre que celle-ci, s'arrête à mi-chemin. Et s'étiole. A moins qu'elle interpelle également toutes les organisations musulmanes et tous les Etats ayant l'islam comme loi fondamentale pour leur demander ce qu'ils pensent de la situation au Darfour. Leur réponse sera de la plus haute importance…

21 mars 2007

Notes


(1) Dès le début observe Balta , les « Arabes avaient fait la symbiose entre foi et ethnie, islam et arabité. Ils estimaient (et certains estiment encore) avoir la prééminence sur les autres musulmans. (Note 1 : Il est vrai que Bokhari cite ce hadith de Mahomet : «L’abaissement des Arabes est celui de l’islam»)», in
L’islam, Marabout /Le Monde Éditions, 1995, p. 31 note 1) ..

Written by Lucien SA Oulahbib in: Evaluation de l'action-OIL |

06 juin 2019

Sarkozy se trompe sur la multipolarité, l’Afghanistan, l’Irak…etc…

D'où la présence de l'OTAN en Afghanistan : parce que la stabilisation de ce pays permettrait d'éviter que s'installe en son sein des forces susceptibles de s'en servir comme base arrière pour faire la guerre au monde libre et à sa diversité que Nicolas Sarkozy prétend défendre. Aurait-il oublié le 11 septembre 2001 ? Or, à l'émission d'Arlette Chabot, jeudi 26 avril, Sarkozy a laissé entendre qu'il aimerait retirer les troupes françaises à terme, tout en conseillant les Américains de le faire en Irak, comme si c'était la présence des forces internationales en Afghanistan et en Irak qui était la cause majeure de l'islamisme radical et du nationalisme arabe. On croit rêver.

Admettons que Sarkozy soit sous informé de la situation. Mais ce n'est pas le seul terrain. Il ne semble pas encore à même de distinguer par exemple lutte contre la pollution, la désertification, la raréfaction de l'eau, les décharges en mer comme sur Terre, luttes indispensables, et le changement climatique dont les causes ont peu de choses à voir avec la signature ou pas de l'accord de Kyoto bien inutile au dire de plusieurs spécialistes que l'on fait taire ces temps-ci, ne serait-ce que Lomborg. Ou Charles Muller. Sait-il aussi par exemple que la Terre est en excédent forestier et non pas en décroissance comme certains le prétendent ?

Quant à l'indépendance de la banque européenne, les exemples de la banque d'Angleterre et des USA sont mauvais puisque ces pays n'ont pas le même type de déficit en finances publiques ; ce qui signifie qu'ils ne font pas pression principalement sur leur propre marché financier au détriment des demandes privées de capitaux comme c'est le cas en Europe : l'Allemagne, l'Italie et la France ont de tels besoins en matière de crédit qu'ils préfèreraient continuer à emprunter si les taux sont bas plutôt que d'effectuer des réformes de structures.

Par ailleurs les détenteurs de dollars et de livres sont répartis mondialement, ce qui implique qu'ils s'appuient sur le marché financier mondial et non pas seulement européen. Dans ce cas la hausse ou la baisse des taux d'intérêts aux USA ne va pas pénaliser les acteurs privés mais seulement freiner leur emprunt sur le marché américain en cas de baisse de la croissance ou de surchauffe, alors qu'en Europe les Etats ne se priveraient pas de continuer à faire fonctionner la cavalerie (emprunter ici pour boucher un trou là) si la Banque Européenne n'était pas indépendante. Que les Etats européens fassent le ménage chez eux avant de laisser croire que c'est à cause de taux hauts qu'il existe une croissance molle en France et en Italie.

Sur tous ces sujets, Sarkozy est décevant. Moins que Royal, certes, mais tout de même, et c'est bien dommage…

26 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Liens d'actualité |

06 juin 2019

L’islam de France devant le double défi de la réciprocité et de la citoyenneté

Enfin, le problème n’est pas tant d’interdire la création de lieux de culte, que le fait de voir ceux-ci s’inscrire dans des centres culturels dominés uniquement par le religieux; et en plus par ses tendances les plus intégristes…

Imaginons qu’une jeune femme d’origine algérienne ait envie d’organiser un cours de danse dans un tel centre "polyvalent" parce qu’elle se sent plus proche de ses origines culturelles, mais qu’elle ne puisse le faire parce qu’elle doit être voilée pour entrer et/ou que les participantes doivent s’habiller selon la sharia y compris pour danser, sans compter le fait que les hommes ne pourraient pas y participer, voire même assister au spectacle de fin d'année… Que doit-on faire dans ce cas?…

C’est,là, principalement l'enjeu. Il est trop facile d'exclure l'islam des critères démocratiques, d'en faire une exception à l'instar de la fameuse "exception française" qui, en réalité, n'a pas du tout étendu la sphère francophone, bien au contraire, (d'autant qu'un pays comme l'Algérie refuse d'y entrer, et un pays comme le Liban refuse à Israël d'y participer…).

Il est en fait trop facile de voir en le musulman-demandeur-d'une-mosquée la victime du méchant blanc raciste alors que toutes ces questions, celles de la réciprocité, ou le droit de construire une Eglise à Médine, comme celles du respect des valeurs universelles, ou la possibilité donnée à une femme de danser, de dîner avec des hommes, de prier, ne sont pas mises sur la table comme étant des questions essentielles, des questions "citoyennes" comme l'on dit aujourd'hui avec tant d'emphase sans souvent se demander ce qui se cache dans les détails…

Lorsque l'on voit la façon dont les chrétiens et les athées sont traités dans des pays pourtant dit modérés, il n'est pas étonnant que des réactions vives se fassent entendre en France. Lorsque des athées algériens ou marocains se font arrêter en période de ramadan parce qu'ils ne suivent pas le jeûne alors que parfois ils se cachent dans des endroits retirés pour manger à midi, il y a lieu de s'inquiéter ; lorsqu'il faut être marié pour louer un chambre d'hôtel en Algérie, il y a lieu de se faire du souci si, un jour, l'islam devient de plus en plus dominant, comme dans ces quartiers où le fait d'être une femme en mini-jupe est considéré comme une provocation. Or, l'hypocrisie consiste à refuser un tel diktat lorsqu'il vient d'intégristes catholiques et juifs, mais de fermer les yeux lorsqu'il est musulman en ayant cette réaction très grand papa : " c'est leur culture vous savez" mais remise au goût du jour : c'est la manifestation d 'une résistance à la marchandisation libérale des corps, ou l'on comprend soudain pourquoi Bové est très lié à Tariq Ramadan…

Il n'y a alors aucune raison que l'islam de France ne s'adapte pas au lois de la République française, même si cela ne plaît pas aux donneurs de leçons du multiculturalisme, d'autant que chez eux, ils récoltent ce qu'ils ont semé : l'intolérance et le choc des civilisations grandit au contraire de ce qui était proclamé, or c'est là un échec cuisant, qu'il serait judicieux de ne pas voir être réitéré en France, pendant qu'il en est encore temps.

(Egalement publié sur Agoravox)

6 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Evaluation de l'action-OIL |

06 juin 2019

Irak : le bourbier médiatique

Et s'il s'agit de ne pas faire l'impasse sur les difficultés, il est navrant de constater que peu de reportages sont effectués au Kurdistan, dans le Sud, à Bagdad même, où il n'existe pas seulement la pression islamiste mais aussi un souffle de liberté, il suffit de voir la devanture des kiosques, les quelques bribes de micro-reportages effectués parfois sur de tout autre sujet où l'on peut observer que la mafia islamo-baathiste ne semble pas avoir le dernier mot…même si elle joue sur le spectaculaire avec ses décapitations et ses voitures piégées dont les morts, néanmoins, n'égalent pas les deux millions d'assassinés par les milices armés de la religion-de-paix et son Calife " laïc" paraît-il…

En réalité, si en effet, l'intervention en Irak n'a pas encore trouvé son argumentaire décisif, par contre l'idée que sous Saddam il s'agissait d'un havre de paix, est une naïveté bien plus dangereuse puisqu'elle laisse croire que c'est la présence occidentale qui suscite les morts alors ceux-ci existaient déjà, bel et bien, mais loin, bien loin, des médias.

D'où l'idée pour les partisans de la mort programmée au quotidien de créer une boue spéciale médias où le spectaculaire efface le réel et s'y substitue, évitant ainsi de se demander qui est le responsable de la situation actuelle.

21 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

06 juin 2019

L’échec cuisant de la politique étrangère chiraquienne encensée par tous

Il n'y avait pas de camions suicides explosant en plein enterrement, oui, mais des millions de familles ont vu un de leurs membres mutilé par les tortionnaires zélés du système baathiste, encore défendu actuellement en France au coeur même de l'UMP…

La politique chiraquienne n'a pas entravé cette tyrannie, bien au contraire. De même, elle n'a pas empêché la dictature des généraux islamo-baathistes algériens prospérer grâce à la mise à sac d'un pays toujours rongé par l'islam(isme) qui était le pacte fondateur pour certains frontistes du FLN : celui de sortir de la modernité démocratique coûte que coûte ; mais les généraux ont préféré un tiersmondisme centralisateur puis mafieux qui aujourd'hui sert de prétexte à la mouvance islamiste pour menacer à nouveau la France comme jamais auparavant.

Quelle réussite !

Ne parlons pas du Liban. L'Iran. L'Afrique. Où est le bilan ? Au lieu de considérer que le régime politique s'avère être le facteur premier pour créer ou empêcher la prospérité économique et sociale, le chiraquisme, et avec lui le bayrouisme et autres nuances socialisantes, ont persisté à penser qu'il valait mieux soutenir des tyrannies que des démocraties.

Conséquence ?

Les populations de ces divers pays votent avec leurs pieds et viennent là où la Lumière leur permet d'éclairer, croient-ils, leur existence.

C'est toute une politique de tiersmondisme et d'assistanat à la tyrannie qui aujourd'hui implose sous nos yeux pendant que leurs populations exsangues tentent d'attraper quelques miettes en se ruant là où ces théories fumeuses ont été fabriquées et fument encore.

Toutes ces théories mettant en avant la nécessité d'un développement étatique n'ont fait qu'aider à l'émergence d'énormes encéphales corrompus pompant avidement à partir d'un centre tout le suc des périphéries. Et ce centre n'a rien d'une "mutinationale néo-libérale" : il émerge à chaque fois du cru, aidé il est vrai par ses mentors occidentaux de toute nature.

L'hypocrisie maximum est alors atteint lorsque l'on distribue les excédents d'une agriculture sur-subventionnée qui a détruit les productions locales et nourrit tout un alter-islamisme. Celui-ci pense avoir la solution alors qu'il est le problème puisqu'il a participé à cette gabegie en défendant l'idée de protectionnisme, d'étatisme, refusant les politiques d'ouverture souvent réduites à un jeu inégal où les jetons sont détenus encore par les mêmes : ceux-ci rachètent en effet ce qui se privatisent alors qu'ils restent toujours incapables de gérer quoi que ce soit, hormis leur compte en Suisse…

Qu'a fait exactement le gaucho-chiraquisme pour éviter un tel chaos qui vient frapper avec de plus en plus insistance à nos portes ?

La seule chose que tente de faire encore cette hydre en déclin consiste à faire croire que la seule possibilité de s'en sortir serait de voir Israël disparaître. Ainsi, dit-on, le chemin ne passe pas par Bagdad, Alger, Damas, mais Jérusalem… Supprimez cette folie juive de penser qu'ils peuvent se constituer en nation et vous aurez la paix perpétuelle ; même au Darfour, pourquoi pas ? Le lien n'a pas encore été proposé, mais cela ne saurait tarder en ces temps où le juif redevient le bouc émissaire préféré.

L'hypocrisie maximum est aussi atteinte lorsque le Sénat mexicain accuse les USA de génocide en… Irak alors que le système politique mexicain reste le principal fabriquant d'exclus qui viennent se presser aux frontières yankees.

Il en est au fond de même partout : l'on montre les USA du doigt, ce qui évite de remettre en cause les systèmes corrompus qui ont eu, tous, ou quasiment, un soutien chiraquien.

Il est dommage que tous les candidats, sans exception, se réclament d'un tel bilan désastreux pour la France, mais pas vraiment étonnant.

La cerise sur le gâteau provient sans doute de cette émission sur BBC world où il y a un an l'on discutait sur la signification du voile islamique qui, à l'époque, se réduisait à un fichu, tandis qu'aujourd'hui l'on se demande si le total look ou l'effacement intégral de la femme sous une montagne de tissus -ce qui en fait une prise de guerre, un espace conquis-, ne doit pas être lui aussi acceptée… Bayrou a donné son accord, Royal aussi, Sarkozy hésite, un de ses députés, François Grosdidier, ne souhaite-t-il pas que Charlie Hebdo soit condamné ?…

Voilà où nous a amené cette vaste politique gaullo-gauchiste : vers une faillite totale d'une politique de développement de pays qui n'en finissent pas d'émerger, quand bien même ici et là des exceptions et des espoirs se constituent.

Il serait temps de rompre, réellement, avec une telle politique

14 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

06 juin 2019

Immigration et identité nationale: outrecuidance de la gauche des verts et du centre

Pourquoi le fait de refuser le multiculturalisme, ce qui ne veut pas dire exclure la diversité,serait d'extrême droite ? Et pourquoi le fait de proposer une protection des valeurs qui façonnent l'identité française serait-il lui aussi d'extrême droite ? N'est-ce pas là confondre un essentialisme de la forme qui considère en effet que la France ne peut que rester la même et une ontologie de la Nation qui considère que ce qui doit rester intangible ce sont les principes qui la fondent au-delà de la forme qu'ils prennent selon les époques ?

Or, l'ontologie de la Nation française, autrement dit, ce qui ne peut pas ne pas être, consiste à considérer comme primauté, intangible, la colonne vertébrale de son être ensemble : la laïcité, la langue, les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Il est incroyable qu'il faille le rappeler. Mais, en fait, pas tant que cela. Puisque ceux, qui, comme Cohn Bendit, sont issus d'une génération, celle des années 60, ont oublié que nous ne sommes pas seulement des êtres biologiques à protéger mais aussi des êtres culturels avec une singularité qui se transforme mais sait aussi combiner le hasard et la nécessité, le même et l'autre, lorsqu'elle ne veut pas disparaître, alors que tant de peuples ont été effacés de la conscience historique précisément parce qu'ils n'ont pas été à même de faire jouer cette dialectique subtile.

Est-ce à dire pour autant qu'il faille écraser les spécificités basques, canaques, corses, bretonnes, berbères, arabophones? Non. Mais la défense de leur diversité ne doit pas se faire au détriment de l'être ensemble, autrement dit, il serait inconcevable que l'on propose en équivalence d'apprendre en priorité ces langues au détriment du français ou d'inciter les enfants issus de ces cultures à les apprendre afin qu'ils ne se "coupent pas de leurs racines" car cela reste une affaire privée qui ne concerne en rien la République.

Or, certains, à la fois au nom d'une conception abstraite voire désincarnée des droits humains, et à la fois dans le désir de rendre équivalentes toutes les cultures (alors que ce sont les humains qui sont égaux comme le dit Ayan Hirsi Ali), ont poussé à une telle désintégration de l'identité française, ce qui a fabriqué toute une génération de jeunes refusant désormais de se reconnaître dans l'Histoire de France et préférant se construire une sub et contre culture mâtinée d'islam à la carte et de radicalisme néo-communiste.

Sarkozy a mis le pied dans le plat dans le multiculturalisme destructeur de la cohésion nationale, et il est normal qu'un Bayrou, qu'un Hollande, qu'un Cohn Bendit, qu'une Buffet, et enfin une Royale réagissent en hurlant au loup alors qu'ils ont eux-mêmes participé à sa venue en lui constituant des bûchers de bienvenue avec les profs et la langue au milieu…faisant mine de pas comprendre que les immigrés ne viennent pas seulement pour quelques mois, et ne mettent leurs normes et interprétation des valeurs à la porte d'entrée.
Néanmoins, Sarkozy n'a-t-il pas participé à ce qu'il dénonce aujourd'hui en exigeant naguère un préfet "musulman", en créant une structure confessionnelle bien éloignée d'un consistoire qui aurait pu jouer le rôle d'un intégrateur alors qu'il s'agit plutôt d'un diviseur puisqu'il se permet de remettre en cause l'un des socles de la société française la liberté de penser et de l'exprimer, par exemple en attaquant en justice Charlie Hebdo ? Se positionner en pompier, c'est bien, encore faut-il ne pas contribuer à mettre le feu…

10 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

03 juin 2019

Appeler un mouton, un mouton

En effet, à force d'avoir sans cesse énoncé que le problème ce n'est pas certaines interprétations de l'islam, voire certains éléments intrinsèques à celui-ci, mais seulement "le terrorisme", quelques malins se sont empressés de se demander pourquoi dans ce cas Bush et Blair " s'en prenaient à des musulmans" en Irak et en Afghanistan, au Soudan, et ailleurs…
Bush et Blair ont tenté d'expliquer que ces gens n'étaient pas des musulmans mais des terroristes…sauf que ces derniers juraient sur…le Coran, qu'ils étaient bel et bien musulmans et que Bush et Blair avaient un " double langage" : d'un côté ils disaient que l'islam était une religion de paix et de l'autre côté ils attaquaient des pays musulmans qui ne voulaient pas de présence "étrangère", et ce même si celle-ci venait les aider sous forme de " ONG"… "pas de présence étrangère"…Cela ne sonne pas un peu "extrême-droiteeeu" ?….

Bush et Blair avaient beau jeu de faire le distinguo, sauf sauf sauf qu'ils ne sont pas…musulmans, donc donc donc ils n'ont pas lu le texte comme il faut, eh oui ! or, mesdames et messieurs, comment se ferait-il que des immams saoudiens, pakistanais, égyptiens formés dans des pays amis de Bush et Blair distilleraient des erreurs sur l'islam ?

Et lorsque ces immams disent que Bush et Blair s'en prennent à l'islam en Irak et en Afghanistan pourquoi ne pas les croire puisque Bush et Blair disent que le problème ce n'est pas l'islam, or, si ce n'est pas l'islam c'est qu'ils veulent occuper ces pays, prendre leurs ressources et donc s'attaquer à l'islam en définitive puisque tout appartient à celui-ci dès qu'il l'a touché (d'où la nécessité de récupérer l'Andalousie, voire l'Inde du moins une partie…).

Et cette explication a marché ! De nombreux jeunes musulmans britanniques et…français se sont dit que puisque les puissances occidentales disent que l'islam c'est le must du must, qu'il a même été à la base de la civilisation européenne à part égale quasiment avec le judéo-christianisme la philosophie grecque et le Droit Romain (dixit Chirac), pourquoi attaquer des musulmans ?

Bush et Blair, aidés, cette fois de gens "éclairés", des conseillers (comme Ramadan, conseiller de Blair…) ont alors aussi avancé que certains terroristes nés pourtant au Royaume Uni ou en Espagne se réclamaient de l'islam et mettaient des bombes même pas parce qu'ils l'avaient mal lu le Coran mais parce que l'on ne faisait pas "assez" de place à l'islam en Occident. En effet, si l'islam n'est que religion de paix pourquoi ne pas lui faire toute la place ?… C'est précisément ce que se disent certains : nous sommes la religion de paix, la dernière en plus et qui vient rectifier tous les mensonges des deux précédentes, donc il faut nous laisser toute la place et si vous nous considérez vraiment eh bien dans ce cas le fait que la Charia s'instaure ici et là, signifie seulement que l'islam prend toute sa place.

Et l'on a vu alors certaines enseignantes au Royaume Uni venir en total look islamique devant leurs élèves etc etc… D'où un malaise grandissant, parce que faire de la place cela ne veut pas dire laisser s'organiser un Etat dans l'Etat qui à terme en veut toujours plus…

Or, il aurait fallu que Bush et Blair disent que oui il y a un problème avec certaines interprétations de l'islam et même avec certains versets et que tout ceci n'est pas compatible avec la Démocratie basée sur la liberté et l'égalité des droits. Á ce moment là les jeunes musulmans britanniques, américains, se seraient dit, ok, il y a un problème, il y a des limites à ne pas franchir ou alors il faut aller vivre son total islam ailleurs…

C'est tout ce processus intellectuel que ne semble pas comprendre Azouz Begag qui s'offusque d'un côté des propos de Sarkozy et minimise de l'autre l'incendie à répétition effectué à l'encontre d'une église dans un quartier des hauteurs à Lyon. Or, on ne peut pas hausser le ton comme si l'Algérie était encore française, autrement dit comme si tout ce qui va mal dans ce pays était la faute de la France, et ne rien dire lorsque ses ressortissants et souvent les enfants de troisième génération se comportent comme si leur exclusion était uniquement le produit de la société française.

Il ne suffit pas de parler des ressortissants venus après la guerre d'Algérie ou dans les années 70, mais de leurs enfants et petits-enfants qui, à force d'entendre que sans l'arrivée de la France en Algérie celle-ci serait aujourd'hui aussi puissante qu'elle et l'Allemagne réunies, qu'il ne faut surtout pas s'intégrer "devenir français", qu'il ne faut pas adopter des moeurs nouvelles (et l'on en revient au mouton) eh bien ces enfants se disent qu'après tout c'est à la République de s'adapter à eux et non l'inverse.

C'est ce que monsieur Azouz Begag ne semble pas cerner, lui qui, lorsqu'il parle de Sarkozy dit " ce type" comme s'il ne comprenait pas ce qui est en jeu… or, là, c'est dommage…parce que monsieur Begag est en train de créer précisément les conditions qu'il voulait, soit disant, éviter, celles du rejet intégral. Car si les moutons dans les baignoires sont minoritaires, les racistes tels qu'il les décrit sont eux aussi minoritaires en France et donc qu'il ne sert à rien d'accuser Sarkozy d'aller "draguer les voix d'extrême droite" comme si d'ailleurs celles-ci étaient des voix de paria, qu'il fallait ne pas chercher à comprendre…

Begag est paraît-il sociologue, il me semble plutôt idéologue et démagogue, des plus médiocres, mais cela se voit à peine ces temps-ci en France en cette période de basse eau intellectuelle…et politique.

13 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

02 juin 2019

Algérie : c’était prévu

Les généraux au pouvoir font mine de ne pas comprendre que l'on ne peut guère mépriser la démocratie en l'épinglant comme une vieille punaise dans le vieux cahier colonial de l'arabo-islamisme et en même temps jouer les vierges effarouchées s'inquiétant de modernisme économique et de sécurité militaire dans les officines mondiales et auprès des services secrets français et américains.

Par ailleurs, il est risible d'observer de pseudo experts se demander si l'actuelle vitalité d'Al Keida ne serait pas due à la guerre en… Irak ! "Heureusement" pour la chronologie historique que le 11 septembre a eu lieu en 2001 et non en 2004 ! parce que nos experts en chambre l'auraient également analysé comme une de ses conséquences…

De toute façon comme ils analysent le 11 comme résultante unique des "fautes" américaines et que pour certains Ben Laden et Bush c'est la même chose, on peut seulement repérer que le degré zéro de l'analyse a été atteint et même commence à créer des valeurs négatives…La connerie n'a pas de limites, il est vrai.

Mais c'est ainsi. On ne change pas une théorie qui perd, surtout au milieu du gué. Les djihadistes n'existent que par la mort qu'ils répandent et ils sont encouragés par tous ceux qui considèrent que l'islam est une religion comme les autres et qu'il n'y a pas lieu de la contraindre à se démarquer de ses franges extrêmes. Les États ayant l'islam comme Religion d'État en font l'équivalent d'une Constitution et certains veulent que celle-ci s'applique : CQFD.

Nous nageons en pleine hypocrisie : on ne devrait pourtant pas s'étonner des dégâts opérés par une interprétation djihadiste de l'Histoire enseignée le plus officiellement qui soit…et même défendue becs et ongles par des "experts" français et anglo-saxons docteurs en es-multiculturalisme… Il est vrai que ces derniers "prêchent" si l'on peut dire dans un environnement protégé par…L'OTAN. Pourquoi ne vont-ils pas enseigner leur islam à l'eau de rose en Arabie Saoudite, voire en Afrique du Nord ?…

Les 200 000 assassinés de la guerre inter-islamique en Algérie (l'équivalent de la guerre avec la France) comprirent, mais un peu tard, que la religion-de-paix creuse de de plus en plus sa place dans les cimetières.

12 avril 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv |

02 juin 2019

Appel au gouvernement israélien en faveur de la rupture avec le gouvernement Turc

 

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il n’est pas question ici d’une simple revendication au « droit à la différence », au particularisme, à un vernis « ethnique » local sur fond culturel homogène et universaliste, nouvellement imposée par l'occupant. C’est la manifestation d’un refus pour ces peuples, tout justes bons à servir d’objets pour des recherches anthropologiques, d’accepter le « verdict de l’Histoire ». C’est le refus pour un peuple écrasé d’épouser les valeurs du vainqueur sous prétexte que sa violence et sa supériorité militaire impliquent nécessairement une supériorité culturelle et morale. C’est enfin le refus de se trouver agglutinés en une seule et même « nation moderne », elle-même née du partage des territoires conquis entre les puissances coloniales d’antan.

 

Les peuples qui au siècle dernier sont parvenus à renaître littéralement de leurs cendres, ont ouvert la voie à une nouvelle conception du monde, et à une nouvelle éthique. On entrevoit désormais la possibilité que l’Humanité ne soit plus régie par « la loi du plus fort ». Face à la vision prédatrice « zoo ou jungle », doit retentir à présent la revendication d’une justice historique, celle du droit des peuples à vivre et assumer librement leur destin et leur choix d’existence.

C’est de ce mouvement qu’est né le concept de peuple premier, c’est à dire de peuple le plus anciennement reconnu comme habitant sur une terre. Un peuple premier revendiquant son identité, aussi ancienne puisse-t-elle être, a le droit de recouvrer et récupérer sa terre, son patrimoine, sa langue. Il doit faire valoir son droit à la justice historique, sans pour cela créer une nouvelle injustice en chassant ou spoliant les descendants d'envahisseurs. Il doit seulement exiger de ces derniers de reconnaître les fautes de leurs ancêtres, et d’aspirer à les réparer s’ils veulent rester sur la terre sur laquelle ils sont nés. Quant à ceux qui continueraient à s’identifier aux valeurs des conquérants, ils sont invités à rejoindre leur « métropole ».

Car ces peuples premiers opprimés et spoliés de leurs terres, et qui réclament justice, refusent de faire démarrer l’Histoire après une conquête, parce qu’un tel point de départ devient immédiatement un moyen de « naturaliser » le conquérant arrivé peu avant la « mise à zéro » du compteur de l’Histoire.

 

 

 

Dans un monde où l’idée de nation moderne visant à unifier des populations hétérogènes ou à scinder arbitrairement des peuples, fait encore autorité, tout cela paraît encore quelque peu utopique Il demeure en effet extrêmement difficile aux peuples autochtones eux-mêmes, à la fois de renverser les valeurs imposées par leurs envahisseurs et de se définir face à leurs agresseurs. Parfois le vide créé par l'arsenal sémantique de l'envahisseur popularise l’usage d’une terminologie insultante pour les autochtones.
Par exemple, le nom Amérique construit sur celui d’Amerigo Vespucci, le conquistador qui dans ses célèbres carnets de voyage relate sans sourciller sa participation à la chasse aux esclaves et aux massacres des indigènes[1], ou encore le terme Palestine imposé par Hadrien, le cruel empereur romain qui crucifia des milliers de rebelles hébreux.
[2]


Néanmoins cette hardie utopie fait progressivement son chemin dans les consciences et c'est elle qui, en notre début de 21e siècle, promet de renverser « le cours de l'Histoire », et avec lui « l’Ordre Mondial ».

 

 

 

Mais pourquoi cette longue digression? Et en quoi cela a-t-il un rapport avec le titre de cet article censé appeler l'Etat d'Israël à rompre ses relations diplomatiques avec le gouvernement turc de M. Erdogan tant que celui-ci n'aura pas reconnu le génocide perpétré contre le peuple arménien?

C'est pour rappeler que les revendications révolutionnaires des droits des peuples premiers, ainsi que la solidarité hébreu-arménienne, ont été pour la première fois exprimées au début du 20ème siècle par le Mouvement Hébreu de Libération, et en particulier par les chefs du mouvement de résistance clandestin anti-turc NILI (initiales hébraïques de : « L'Eternité d'Israël ne mentira point »)Ces revendications ont été littéralement balayées des consciences, au point qu’elles sont aujourd’hui en Israël ignorées de tous. Je voudrais à ce propos citer deux témoignages de ces résistants hébreux qui firent en vain appel aux puissances occidentales pour arrêter le massacre des innocentes victimes arméniennes.


- Yossef Lishinsky, un des chefs révolutionnaires du NILI, accusé d'espionnage et de haute trahison. Cruellement torturé, il lança à ses bourreaux turcs avant de monter à l'échafaud : « Nous (membres du mouvement de résistance NILI), nous ne sommes pas des traîtres. Nous n'avons pas trahi notre patrie, car pour trahir, il faut auparavant avoir aimé. Or toi, Ottomania abjecte, tu n'es pas notre patrie et nous ne t'avons jamais aimée; nous t'avons haïe d'une haine infinie; nous t'avons creusé ta tombe…»
[3]

 

- Abshalom Feinberg, qui écrivit en 1915 un rapport de 150 pages, s'insurgeant de l'indifférence du monde chrétien et occidental qui refusa de se positionner et contribua à l'anéantissement des Arméniens : « Des meurtres de masse sont perpétrés. Quand viendra notre tour?… Qui sera la prochaine victime?… Il faut bien que se lève un fils de cette race ancienne qui depuis 2000 ans, se moque de la douleur, depuis 2000 ans résiste à la torture et défie la mort pour témoigner »[4]

 

 

 

Et pourtant aujourd'hui, à l’heure où l’on prend enfin conscience du génocide arménien, l'Etat d'Israël a cessé d'être considéré comme le premier fruit de ce combat humanitaire. Il est au contraire appréhendé comme le dernier avatar d’un négationnisme. Il suffit de rappeler qu’en 2005 le ministre turc des affaires étrangères M. Gül puis le premier ministre turc, M. Erdogan, ont été successivement invités par le gouvernement israélien à visiter Yad va Shem, le mémorial de la Shoah!

On a souvent tenté d'expliquer cette décevante position israélienne. Les motifs avancés sont principalement :

- L'importance de bonnes relations avec la Turquie, pays à majorité musulmane, qui brise l'isolement d'Israël face aux Etats arabo-musulmans qui l'entourent.

- La précarité de la petite communauté juive de Turquie qui risquerait de subir les exactions des activistes islamiques.

- La reconnaissance du génocide arménien ferait ombrage au caractère unique et spécifique de la Shoah.

 

 

 

Cette position officielle, allant du déni à la dérobade à l'instar des déclarations outrageuses et machiavéliques de Shimon Péres Il n'est pas clair qu'il y ait eu réellement un génocide…C'est une affaire d'historiens »), est un renversement des valeurs du peuple hébreu qui de tout temps se sont fondées sur celles de Justice et Vérité! Même si le respect de ces valeurs était au prix de la vie !

 

 

 

Qui sont les responsables de ce renversement de valeurs? Non pas le peuple d'Israël qui s'est toujours senti solidaire du peuple arménien, mais tous les dirigeants des différents gouvernements qui se sont succédés en Israël depuis 1948, et qui ont trahi l'âme et la conscience du peuple hébreu, qui ont bafoué sa dignité et sa morale.

Ce sont ces mêmes dirigeants qui ont fallacieusement présenté le Mouvement Hébreu de Libération comme une aspiration à la résolution politique de la « question juive », après la Shoah. Car si chronologiquement parlant, l'Etat d'Israël n'a été proclamé qu'en mai 1948, donc après la Shoah, c'est tout simplement parce que le mandat britannique s'achevait à cette date-là.[5] Il n'y avait donc aucune relation de cause à effet entre la Shoah et l'Etat d'Israël, bien que ce linkage artificiellement créé ait octroyé aux gouvernements israéliens des dividendes économiques et politiques.

 

 

 

C'est en tant que fils du peuple hébreu et citoyen de l'Etat d'Israël, fidèle aux valeurs révolutionnaires du Mouvement Hébreu de Libération, que j'exige du gouvernement israélien d'abandonner sa Realpolitik face au négationnisme de M. Erdogan et de tous les dirigeants turcs qui l'ont précédé.

Tant que M. Erdogan n'aura pas reconnu le crime génocidaire perpétré par l'Empire Ottoman contre le peuple arménien, l'Etat d'Israël se doit de rompre les relations diplomatiques avec son gouvernement.

 






[1] Tout en la cautionnant en les présentant comme des cannibales et des barbares sanguinaires. Voir sa chronique Mundus Novus.

[2] Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar, Gallimard, 1974.

 

La Haine maintenant? D.A Belhassen et G.N Amazallag, p. 295, La Différence, 2006

[3] Yossef Lishinsky, l'homme du Nili , de Yossef Nedava. Ed Hadar. Tel Aviv 1977. En hébreu, traduction D.A. Belhassen

 

[4]Ecrits et lettres de Abshalom Feinberg, de Aharon Amir. Ed Shikmona. Tel Aviv 1971. En hébreu, traduction D.A. Belhassen

[5] Le mandat britannique sur la Palestine prenant fin le 1er août 1948, la Grande-Bretagne décide unilatéralement de mettre fin à son mandat avant le 15 mai 1948. Voir Sionismes:Textes fondamentaux. Denis Sharbit. Albin Michel, 1998. Voir aussi La Haine maintenant? Op. cit. p 153

12 avril 2007

Written by David Belhassen in: Liens d'actualité |

30 avril 2019

Détruire les bases arrières du national-islamisme

Cette offensive tente de rectifier, d'amplifier les tentatives râtées du nationalisme arabe (défait en 1967) tout en s'alliant à celle du panislamisme khomenyste (1976), parce que le danger est grand pour l'islam en effet. Car ce qui est en jeu c'est bien l'avenir politique même de l'islam dans ses prétentions à régenter le genre humain. Il s'impatiente d'autant plus qu'il en est de plus en plus incapable, distancé sur tous les plans, hormis, il faut le lui concéder, sa montée en puissance vers l'industrialisation de la mort, à la façon de son frère jumeau national-socialiste, qu'il admire toujours, les preuves surabondent en la matière (et le salut de ralliement du Hezbollah est là pour nous le rappeler).
Il est incroyable de penser qu'en plus des groupes classiques du marxisme dégénéré (altermondialisme) et des divers groupes rouge-vert-brun qui font la courte échelle aux groupes djhadistes, un autre groupe, composé d'idéalistes transis, partisans d'une espèce de New Age globalisé, et réunis à la façon d'une secte d'illuminés autour du Prince of Wales, prétend, avec cette fois l'accord de chefs d'Etat et de responsables d'institutions internationales, en savoir plus sur l'islam que les partisans les plus résolus de celui-ci.

Ainsi le prince de Galles, Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor est affilié à L'université de Maryland qu'influence un idéologue, le professeur David Cadman, or, celui-ci fait partie de la… Temenos Academy, qui professe une philosophie des plus éthérées (on comprend soudain dans quel gouffre spirituel avait plongé la pauvre Lady Di, marié au… prince Charles…).

Que lit-on en effet sur le site de cette université ? Ceci :

Prince of Wales and University of Maryland Launch Series to Address 'Clash of Civilizations'
:

"The University of Maryland Center for Heritage Resource Studies and the department of anthropology are publishing the series under the editorship of Bushrui and U.K. Professor David Cadman, who is affiliated with the Temenos Academy".

En voici les principes dont la généralité masque une idéologie illuminée, galimatias gréco-indien, digne de l'Eglise de Scientologie :

Ten Basic Principles that Inspire the Work of Temenos :

1. Acknowledgement of Divinity.

2. Love of wisdom, as the essential basis of civilisation.

3. Spiritual vision, as the life-breath of civilisation.

4. Maintenance of the revered traditions of mankind.

5. Understanding of tradition as continual renewal.

6. The provision of teaching by the best teachers available of their disciplines, and of publications which set the highest standard in both content and design.

7. Mindfulness that the purpose of teaching is to enable students to apply in their own lives that which they learn.

8. To make Temenos known to all those who may benefit from its work.

9. Reminding ourselves and those we teach to look up and not down.

10. Governance of The Temenos Academy itself in the light of the above principles.

Autrement dit, et par une prétention bien pédante, digne du scientisme le plus éculé, vous avez à la tête de tout ce vaste mouvement niant crânement la réalité des rapports de force actuels un groupe de pseudo-experts qui, sur la base, de vérités premières tout à fait honorables, vont s'imaginer que le monde entier en général, l'islam politique en particulier, attend avec ardeur la solution définitive des maux humains en s'affiliant à cette "alliance des civilisations" qui bien sûr constituerait un monde de paix.

Or, le seul monde de paix que connaisse l'islam politique est celui des cimetierres que ses cimeterres emplissent à souhait, ne permettant même pas d'ailleurs que l'instant de la mort reste un sanctuaire comme on le voit en Irak.

Au lieu de se demander pourquoi l'islam politique veut imposer son propre agenda, la secte de Temenos à laquelle est affilié le guru du Prince Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor le professeur David Cadman, cherche, par ses moyens financiers immenses et ses appuis politiques, à affaiblir le camp occidental en faisant croire que tout vient de sa faute et que les "islamistes" seraient uniquement le produit d'une certaine désespérance techno-urbaine et d'un manque de tolérance alors que ces facteurs sont infimes comparés à celui, fondamental, de la perte de vitesse de l'islam en tant que tel comme solution aux divers problèmes que posent l'être-ensemble libre et démocrate aujourd'hui globalisé mais dont les formes restent singulières et ne changent que si elles trouvent matière et intérêt à le faire, ce que ne comprennent pas, soit dit en passant, l'élite actuelle en perte de vitesse également mais qui tient encore du fait de sa puissance, effritée, mais encore présente, au niveau médiatico-politique.

Nous en sommes là : au fur et à mesure que l'islam politique va surmonter ses divisions grâce à la bombe nucléaire khomeyniste, l'élite politico-médiatique, embuée dans un revival catastrophiste illuministe (avec la fin des temps écologiques promis) va accentuer les courbettes, dilapider des milliards. Ainsi, par exemple, des dizaines de milliers de noirs musulmans au Darfur sont affamés, violés, tués, sans que rien ou si peu soit fait alors que ce sont bel et bien des milices arabo-islamistes qui commettent le carnage : qu'aurait-on dit s'il s'agissait d'israéliens ? Instantanément le Prince Philip et Zapatero, Bové, (Madonna ? Pas sûr…avec ses ennuis d'adoption actuels…) tout le monde quoi, se serait mobilisé pour faire la leçon, or, là,personne, rien, malgré évidemment quelques émissions hypocrites et autres reportages qui donnent bonne conscience alors que les milices arabophones (car il s'agit de noirs aussi…) le font au nom de l'islam, et ceci ne cache pas seulement des intérêts pétroliers comme on le prétend (sur RTL le 15 novembre au matin) mais bel et bien la prétention de se prémunir des avancées de la liberté et de la démocratie en les tuant dans l'oeuf. Voilà ce qui est en jeu.

Et pourtant l'on nous endort, avec, cette fois, du sérum temenosien… Dernier cri du New Age moribond ? Pas sûr…

15 novembre 2006

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv, Evaluation de l'action-OIL |

29 avril 2019

Lorsque la Halde outrepasse le Droit

Plus encore, pourquoi ne pas exiger que ces étrangers régularisés puissent voter, non seulement aux municipales mais aux législatives et à la présidentielle afin de ne pas être "discriminés" ? La sortie récente de Françoise de Panafieu, et les confidences de Sarkozy spécifiant qu'il est "minoritaire" dans son camp sur cette question (du vote aux seules municipales il est vrai…du moins pour le moment), ne sont pas innocentes.

Elles dévoilent d'une totale mécompréhension de ce qui a fait la France, de ce qu'est la France, au-delà de son jacobinisme à dépasser en effet. Car de quoi il s'agit ? De faire en sorte que l'on sente en France chez soi mais en partageant ses valeurs et son Histoire, ou que l'on transforme la France comme si l'on était chez soi, y important non pas ses racines mais sa façon de voir et surtout en l'imposant ?

En éliminant peu à peu tout ce qui différencie un étranger d'un citoyen on prétend éviter l'erreur grecque ou romaine séparant les deux groupes alors qu'en réalité on l'accentue : les étrangers se diront en effet qu'au fond le fait de demander leur naturalisation ne sert à rien puisque tout est donné.

Donc l'intégration à la française et tout ce qui est le fondement même de la France que la République a par la suite maintenu, s'évapore en fumée au profit d'une conception abstraite, idéaliste, idéologique, de 'l'homme", de l'humanité, ectoplasme éthéré qui n'a plus aucune forme. Et que même l'étranger ne veut pas. Dans ces conditions en effet il préférera préserver son identité ethno-culturelle de départ, plutôt que de la fondre dans ce rien qu'est devenue la citoyenneté française.

C'est très grave. gravissime même. Et non seulement la Halde devrait être poursuivie en justice, mais également le gouvernement actuel qui vient d'enteriner cette demande dite "anti-discrimination" alors qu'elle va accentuer cette dernière et mettre en danger la notion même de citoyenneté.

Il est de plus en plus clair que le gouvernement actuel devient de plus en plus électoraliste, qu'il séduit certes par son verbe et quelques détails, mais ne va pas au fond. Celui de l'avenir de l'identité française, à faire évoluer certes, non à dissoudre !

Les élites actuelles ont en fin de compte pris au mot la formule d'Ubu : puisque le peuple ne veut pas, eh bien il faut dissoudre le peuple ! Voilà ce que, au sens littéral du terme, et sous nos yeux, font nos dirigeants "que-le-monde-entier-nous-envie".

28 octobre 2006

Written by Lucien SA Oulahbib in: Non classé |

29 avril 2019

Traditions= »extrême droite »?

Lorsque des Pygmées au Congo se révoltent parce qu'ils se sentent exclus de leur "milieu naturel" au profit des animaux (et aussi tués par des gardiens) personne parmi la gentry collé monté du politiquement correct n'osera les mettre à l'Index en les traitant "d'extrême droite"…Ce qui est "raciste" d'ailleurs, au nom de quoi en effet ne pourraient-ils pas être eux aussi catalogués tels puisqu'ils défendent des traditions comme le fait de défendre des acquis culturels ?…

Or, ce fait seul permet par contre de caractériser ainsi tous ceux qui en Europe et dans le monde refusent ce mauvais universalisme prétendant imposer certaines normes liberticides comme l'effacement de la différence sexuelle (c'est l'un des combats de la jeune suédoise Izabella Nilsson Jarvandi) l'exclusion des pères ou des mères, l'assimilation non dite de l'avortement à un moyen de contraception tardif, l'exigence d'effacer la différence entre réfugiés politiques et économiques (en les coiffant de plus en plus par l'idée de "réfugiés climatiques") mêlant alors ces libertés factices, ces faux progrès, à d'autres plus communément admises désormais dans leur nécessité telles le refus de l'esclavage, du mariage forcé, de l'excision, le droit d'expression, le droit de vote, tout ce qui est exigé désormais même au Soudan mais toujours refusé en Arabie où l'on décapite à tout va sans que, parallèlement, les adeptes du Paris-Dakar ne s'en émeuvent (puisque désormais ce rallye se déroulera là-bas).


Bref la nouvelle oligarchie techno-mondialiste au visage flouté mélange tout et traitera "d'extrême droite" tous ceux mis à l'Index par ses soins.


En quoi la tauromachie, le refus de l'ultra-féminisme (dominé par les LGBTQI) de l'éclatement de l'Espagne, du tout avortement, de l'islam conquérant exigeant le retour de l'Andalousie dans son giron (comme s'il y était venu en "paix") seraient d'extrême droite ou le-retour-du-franquisme- sinon par le fait d'un Prince de moins en moins charmant mais plutôt d'essence totalitaire?…


Sur un autre plan plus économique il est aisé de constater que là aussi le même discours idéologique donne encore le là, celui de ladite gauche progressiste etc alors que tous ses modèles en la matière ont non seulement échoué mais, sous la forme d'un tiers-mondisme encore dominant, sont l'une des causes principales des implosions étatiques actuelles de part le monde ; elles entraînent alors de plus en plus ces migrations économiques en direction des USA et de l'Europe détenteurs de modèles pourtant si décriés mais qui semblent bien marcher pour nourrir élever amuser protéger de plus en plus de gens, cherchez l'erreur…


En France par exemple et alors que le poids des cotisations sociales est bien trop important en particulier pour les PME et pour les classes moyennes et au lieu de réfléchir aux moyens d'y pallier (d'autant que ce qui est promis en échange, un "bon" service public, se réduit à la portion congrue) les économistes de gauche comme les "atterrés" qui ont désormais gîte et couvert dans le groupe BFM (dont RMC, BFM business…) tentent à tout prix de faire passer des vessies pour des lanternes en parlant de "salaire différé" alors que le toucher en monnaie sonnante et trébuchante est subordonné au fait d'être malade et/ou d'être en retraite, ce qui ne concerne pas tout le monde concernant la maladie et il faudra attendre plusieurs années concernant la retraite ; or il y aurait moyen de faire mieux et moins cher en basculant dans un système assurantiel au même titre que l'assurance voiture et maison, mais ce à partir de son salaire brut : en gros l'on toucherait celui-ci (moins un dernier quart la moitié de celui-ci étant supprimé pour les PME et l'autre moitié allant à un Fonds Spécial de Solidarité placé pour les plus démunis et les soins lourds) quitte ensuite à choisir la compagnie adéquate le tout bien sûr contrôlé par une Autorité indépendante.


Les "atterrés" prennent comme exemple le fait que la santé soit très chère aux USA, sauf que leurs habitants y payent beaucoup moins d'impôts, ce qui leur permet d'être plus libres dans leur arbitrage en choisissant la compagnie adéquate s'ils n'ont pas une sécurité sociale d'entreprise, ou en n'en choisissant pas du tout, à leurs risques et périls dans ce cas, une liberté que ledit "Obamacare" a voulu casser (alors qu'il existe Medicare pour les plus démunis) afin de créer une sorte de sécurité sociale à la française ce qui coûte très cher, est surtout très bureaucratique et au fond en récupère tous les défauts : gaspillage et concurrence inégalitaire du fait des économies d'échelle possibles pour les grands groupes financiers capables de proposer des assurances moins chères mais ne couvrant pas assez. Quoique en matière de lunettes et de prothèses dentaires la sécurité sociale française tant vantée rembourse elle aussi de manière très chiche.


Mais tous ces débats, qu'ils soient culturelles (sans oublier l'état lamentable du cinéma français hors comédies) civilisationnelles, politiques, économiques, sont en réalité empêchées tant ceux qui courageusement vont à l'encontre de la pensée dominante sont vilipendés écartés s'ils forcent leur argumentaire alors que les problèmes s'aggravent les intégrations se font mal les ségrégations volontaires s'accentuent également : ainsi actuellement ce gouvernement qui se gargarise d'avoir dissous le Bastion Social (mais ne touche pas aux Antifa) prétend fermer des écoles musulmanes dites salafistes sauf qu'elles ne le sont pas toutes en ce sens où, telles les écoles catholiques et juives, veulent en fait se protéger précisément des théories séditieuses prônant plus ou moins explicitement la théorie du genre (qui n'existe pas) l'expérience homosexuelle obligatoire parce qu'il faut combattre la "domination hétéro-sexuée" alors que l'homosexualité est une donnée pas un choix ; on ne voit guère par exemple des homosexuels patentés déclarer un jour qu'ils sont hétéro, pour la bonne raison qu'ils se sentent bien dans leur homosexualité ressentie dès le départ alors que ceux qui n'ont pas pu le vivre ainsi ont joué à l'hétérosexualité avant de se décider de vivre ce qu'ils sont ; tout un cheminement qui va évidemment à l'encontre de l'idéologie queer LGBTQI qui voudrait imposer y compris aux homosexuels le fait de se déclarer "indifférents", ce qu'ils ne sont pas.

 

C'est au fond ce que refusent également tous ces gens qui peu à peu se retirent en silence, mettent leurs enfants ailleurs, leur donnent à lire à voir des oeuvres qui ne sont pas formatés par cette idéologie productrice en fait d'encore plus de divisions, de radicalité, d'errance, de nihilisme, de refus de l'autre en réalité…


Mais cette idéologie, mortifère, pense avoir le remède en traitant d'extrême droite tous ceux qui s'y refusent; quitte à reparler des années 30 etc (oubliant bien sûr les crimes innombrables de ses pairs et ancêtres); il suffisait de voir la mine réjouie du directeur de Libération face à un Zemmour lui demandant pourquoi le Pouvoir est plus indulgent envers les groupes d'extrême gauche et répondant par un sourire en gros que c'est "comme ça" du genre on a le pouvoir mon gars, on se pare encore des toges de la victoire soviétique et PCF sur les nazis; et comme ces derniers sont pires que tout donc on a tous les droits en usant de cette étiquette "extrême droite" qui fait peur, diabolise, gèle la situation, interdit toute union des droites en France (en Espagne en Allemagne mais cela bouge depuis l'Italie aux Pays Bas, en Suède…).


BHL se fait fort de maintenir ce carcan alors qu'il a soutenu lui le retour à Lénine dans les années 70 (via Althusser) c'est-à-dire précisément la montée en puissance de l'esprit de Secte sans pour autant ralentir trente ans après l'avancée des dits "populismes" qui vaille que vaille font une trouée ; et l'on voit d'ailleurs des musulmans présents depuis longtemps voter pour ces mouvements du moins en cachette ; il n'est donc pas vrai que le clientélisme la construction à tour de bras de mosquées ralentissent le fait que ces adeptes (vivant en fait l'islam plus comme une morale) bien que courtisés ne veuillent pas, en même temps, envoyer quand même leurs enfants dans une école qui leur enseigne  de plus en plus l'idéologie de la confusion ; même si on les flatte en tronquant l'Histoire de l'islam censé avoir civilisé l'Europe, le monde, alors qu'ils savent bien que s'ils sont venus en France c'est bien pour bénéficier d'acquis qui leur sont refusés dans leur pays d'origine au nom même de l'islam défendu par ceux en France qui prétendent pourtant les défendre, mais qui en réalité protègent l'idéologie djihadiste en leur sein et qu'ils prétendent combattre alors qu'ils l'alimentent… Il serait bon d'écarter cette confusion de l'envoyer dans les poubelles de l'Histoire…

 

 
Le 29/4/2019

28 avril 2019

Réflexions autour de l’art

Temps (é)perdu depuis tout de même, où l'éparpillement des membres et des entrailles (insultées et souillées dans la version gore de L'Artcon, ce nouveau juge du goût) fait de plus en plus office d'unité de corps dans les musées les théâtres les cinémas, l'architecture, la musique de cet artcon officiel (et dans ce dernier mot il y a office).

 

 

Sans tête donc, sacrifiée volontairement sur l'Autel de la multiplicité obligatoire, celle des variétés culturelles sans universel pour les évaluer du point de vue humain, c'est-à-dire de ce genre distinct du minéral du végétal et de l'animal en ce qu'il pose sa liberté et son affinement comme ailes, tête, et socle. Bien loin de ce qui lui a été substitué : ces mixtes forcés d'identités sans conséquence, ou au contraire se prétendant irréductibles, brandissant les exigences étouffantes de la différence obligatoire ; sauf celle des sexes, différence à effacer celle-là, en attendant les clones et le bébé sexuellement correct, chacun sa culture, réduite à être préservée, même si certaines de ses pratiques empêchent le libre développement humain et sa recherche en propre celle du mieux être et sans qu'il soit besoin qu'on le lui dise. Paternalisme.

L'Artcon préféra insister ainsi sur les identités illusoirement mixées, tout en soutenant celles qui le refusent à partir du moment où elles sont déclarées "dominées" ; paradoxe pas si étrange que cela lorsque l'on admet que l'ennemi de son ennemi est un ami, même éphémère, et précisément justement (car le juste ment) puisque cette relation, cynique, est recherchée, surévaluée (ou comment une grimace pourra être lue simultanément en souffrance et jouissance), ou encore le devenir victime à la recherche de son cannibale : l'Artcon fait tout ce qu'il faut pour le rappel à l'ordre et même l'implore masochiquement. Dans un tel contexte les liaisons "amoureuses" deviennent non seulement éphémères mais elles doivent être vite évacuées (très vite), avortement et matchpoint dans l'Urinoir (Duchamp) et le lavabo (Bacon), par lesquels s'enfuit si férocement la fluidité de vie au profit du lâche soulagement ; morbide et pourtant si léger refus de l'être plutôt que rien. Bloc de vide, et sa haine crasseuse suintante, compactés en bâtiment glacé, carcasse ouverte à tous les vents, passerelle, hub d'aéroport, grande bibliothèque, opéra, s'effritant, déconstruit avant même d'être debout, école au look de prison. Fabrication d'une fausse diversité (variétés du même schème : la durée d'une répétition, sans arrêt, arête, arrêt de mort, mors, mords !). Ou comment imiter, singer, la machine supposée du "Système" : " L'art ne réussit à s'opposer qu'en s'identifiant avec ce contre quoi il s'insurge " (Adorno, Théorie esthétique).

Et à travers tous les trous d'une telle chair en décomposition, malgré l'unité cosmétique encore apparente (à la façon d'un toilettage mortuaire) se dévoile de plus en plus le squelette du dernier Terminator (shapeshifter), intégrant au fil des décervèlements sa cybernétique insensible (uniquement perméable aux excitations chimiques) à la façon du body art. Pendant ce temps, seule une poignée sait encor sculpter Vénus, peindre Athéna, faire aimer Ajax, (et l'Abyssinie), -même s'il ne s'agit pas de les répéter seulement et c'est ce que fit d'aileurs Rodin- puisqu'il a toujours été question d'apprécier en eux, par eux, un référent spirituel plutôt qu'une forme à répéter. Il en est de même en architecture. L'art gothique, Baltard, Eiffel, ne singeaient pas les Grecs et leur revival dans le Louvre, et l'Opéra Garnier.

Observez par exemple cette tension entre l'église St Germain d'Auxerrois en face du Louvre, ce conflit des flêches fragiles et si fines comme des racines plantées dans le ciel, et cette duplication imposante d'une volonté qui se veut seulement autre chose que l'Esprit. Aujourd'hui nous sommes bien loin de cette dialectique entre le spirituel et le temporel. Nous sommes passés sans coup férir du revival antique à la tristesse d'un Bahaus sec et techniciste, que Le Corbusier et ses Cités résument à merveille, pour aboutir à l'impasse volontaire des compactages difformes (musée-mirage Guggenheim de Bilbao) ou itératif (musée-parking Guggenheim de New York).Sans oublier les impasses de la musique sérielle évacuant la mélodie et le rythme comme une maladie. La musique issue des croisements entre le rock la soul et le jazz, la coupole du CNIT et les gares aux toits baltardiens, le cinéma sud coréen, le renouveau de l'art aborigène, néo-figuratif et néo-primitif, l'art multimédia en plein essor, viennent heureusement en freiner l'effondrement. Pour combien de temps?

Alors que la solidification de l'imaginaire en vidéo atemporelle, holosuites d'Entreprise et de Voyager, reste impensé. Où est le réel ? De ce sourire GPS qui désormais me soutient. Suffit-il de le réduire à ses éléments, de l'éparpiller volontairement, tel le corps d'Orphée, pour l'empêcher alors qu'il est déjà là ? Ne nous laissons donc pas enfermer dans le faux débat de la progressivité ou non des formes puisque l'essentiel n'est pas là mais plutôt dans le refus de dialoguer avec la matrice classique (et moderne) des Anciens (le Vieil Homme cher à Yves Roucaute, celui qui "dit la vie"), cette vie porteuse d'une harmonie suave ou grave, celle du Penseur, à la chair unie malgré le conflit, nécessaire, en ses parties mêmes, celles du corps-puissance (écrin des préférences et des tendances) et d'une âme-joyau (gardienne du lien entre vérité et bien : le beau) ; la conscience étant ce messager entre l'un et l'autre ; et la conscience est aux aguets ou se repose, prévenue soudain par leur émotion, qu'elle décante via la raison et les sentiments. Ou s'y refuse en les enfouissant dans l'oubli et le tic, préférant dans ce cas la dispersion et la boucle plutôt que la synthèse, névrose qui débouche en idée fixe au lieu du jugement qui libère et donc affine.

Face à cela, l'épaisseur d'une telle chair sera plutôt aplatie, réduite à une dimension : se contenter d'en installer les éléments dans des combinaisons uniquement formelles, mettant ainsi sur le même plan tous leurs sens, (signification et saisie), comme le firent, en peinture, les précurseurs de l'art contemporain, (le dernier Picasso et Klein). Alors que l'art ancien et moderne dévoilait plutôt la complexité des conflits entre âme et corps, puis les assemblait comme chair spirituelle malgré leur tumulte (Polemos) dans des diapasons et leur tonalité unique se réflétant dans la texture des bâtiments, par exemple ceux de l'architecture italienne de la Renaissance, cette merveilleuse osmose entre roman et gothique que copia François 1er et ses châteaux ; texture se prolongeant par les tableaux et les prières aux pieds des saints et de ce dieu fait homme, femme également, par Marie, tous liés dans le même Esprit, celui du mystère et de son secret révélé seulement aux chairs sachant articuler âme et corps, au delà de leur conflit, et de leur distinction, nécessaires, puisque le corps-horizon se solidifie autour d'une limite verticale permanente.

Un tel art, celui des anciens et des modernes, d'Occident, -synthétisé par la Renaissance et son aboutissement néoclassique et impressionniste, mais, aussi, déjà là, au niveau de l'âme, dans le sourire de l'Orient, celui des Bouddha, du Sphinx, tandis que le corps-puissance se perçoit dans ses immenses coupoles des temples védiques, assyriens, juifs, sans oublier la majesté des statues de l'île de Pâques et des masques améridiens, africains…, un tel art, charnel, même s'il en séparait parfois les termes (âme contre corps) alors qu'il s'agit de les distinguer (ce que fit Descartes), un tel art s'imprégnait, de toute leurs teintes, même en sourdine, vibrant de leurs nuances, entremêlant désir et défi de perfection portée en permanence par l'âme à l'encontre du corps, de son refus, son déchirement, son effroi, son désir, aussi, de plutôt se réfugier dans des formes faciles, mais aussi innovantes, pour y oublier le sourd questionnement exigeant de l'affronter sans cesse. Or, l'art, précisément en permet la possibilité. Il transcende, sublime, marque et ouvre d'autres perspectives, attire les tensions, les désençorcelle, filtre l'eau du corps par la lumière de l'âme que l'artiste embobine de ses doigts invisibles.

L'art n'est pas l'amplificateur mais le médiateur, non pas l'animateur mais le remède, au mal, à cette morsure de l'usure qui refuse. D'avancer. De s'affiner. Ou préfère foncer, tuer. Comment arriver à l'art ? En n'évitant pas la confrontation au mal, au laid, au lieu de le nier, l'effacer, l'expulser sur le bouc émissaire du moment. En laissant advenir le travail du lien entre bien (cohérence et stabilité) et vrai (sens de l'exact) qui surgit dans l'oeuvre d'art véritable. Voilà la fonction du beau. Transcender. Pas seulement montrer, redoubler. Et c'est celle de l'art par la même occasion. A l'opposé, le mal, dans sa difformité, attrayante, (le diable était le plus parfait des anges), pousse plutôt à choisir le non lien du néant plutôt que l'être, c'est-à-dire le développement, telle une voile qui se gonfle au maximum pour fendre au mieux l'air ; telle cette chair au mouvement dense gonflée de vie qui sait aussi s'arrêter et parler aux petits oiseaux (take a breack…).

La recherche du sublime beau qui obvie, retient, transporte ce qui assaille vers un plastique transcendé, expliqué, où l'on devine alors ce qui brûlait, empêche ainsi de succomber à la petitesse du mal, sa difformité et son renoncement à l'être sous le prétexte que celui-ci se voudrait aussi tout puissant. D'autant que l'âme peut le raisonner, du moins s'il préfère plutôt l'affinement que l'affaiblissement de la servitude volontaire. Le beau comme cet outil de l'âme, mais aussi du corps. Car il ne contraint pas mais élève, propose des dérivations, des innovations, d'autres chemins cognitifs et sensitifs moins coûteux que la rupture et l'agression. Le beau n'est pas cet enfermement "fasciste" supposée mais la sonde inlassable de messages faits en âme et en corps et transmis à la conscience, à la volonté, ces sas à la porte parfois grinçante puisqu'il n'est pas dit que l'on puisse décanter si aisément les profondeurs et décider de prendre de telles hauteurs alors que les succubes sont si attrayantes.

Mais faut-il pour autant les laisser se répandre sans médiateur ? Sans cette force d'un Ulysse ? Le beau, selon l'art classique et moderne, était censé non seulement conjurer un tel conflit mais aussi le transcender. Parce que l'exact et l'intérêt des formes immédiates ne suffisent pas pour le projet humain. Parce qu'il s'agit de questionner inlassablement le sens de leurs demandes plastiques et ce à chaque instant, dans chaque goutte de sens. D'où la fonction du mythe accompagnant Ajax comme son réel bouclier. Retranscrit dans aujourd'hui cela signifie l'impossibilité d'accepter la fusion avec le robot comme seul horizon. Nous ne sommes plus ce soldat solitaire de la bataille de Marathon ne sachant rien de son importance. Nous n'avons pas à laisser croire que la machine serait le seul avenir de l'homme alors qu'elle en n'est que le reflet, le support.

Aujourd'hui l'art contemporain inverse les termes (l'humain comme surface) et, partant, renforce leur dérive. A l'opposé, et irréductiblement, l'esthétique ancienne et moderne allait bien plus loin que le plastique contemporain et son simple constat posant seulement qu'ici il y a du désir, et là du plaisir ; ou qu'ici il y aurait exclusivement de l'âme, de la conscience, qui s'imagineraient, chacune, être le seul réel possible, et s'épuiserait à le croire ; tandis que, là, la matière, celle des corps attendrait, passivement sa forme ; ou vivrait seulement pour elle-même. Alors que l'une, l'âme, ne va pas sans l'autre, le corps. Avec la conscience en intermédiaire. Le tout formant chair. Humaine. Et l'art ne peut s'arrêter à seulement les opposer ou à les dupliquer dans leurs composants premiers ; autrement il ne ferait qu'aider à les fabriquer selon les besoins du plaisir solitaire ; tout en restant fasciné devant leur certitude apparente. L'art ne deviendrait plus qu'une plastique combinant recombinant, telle une table de montage maniant tout signe en équivalence, alors que la chair ne peut être réduite à ses éléments, pas plus l'âme que le corps, et la conscience qui les fait communiquer.

L'art, n'est donc pas la décoration plastique d'une gestion ou d'une mise en abîme. L'art, comme esthétique, est aussi transcendance, il rappelle, également, que la forme humaine détient un secret, celui d'un projet qui questionne toute perfection, même certaine d'elle-même, en lui proposant d'être plus profonde encore : celui de continuer à voler le secret de la vie, avec et contre le divin, par une recherche, permanente de la vérité. Non pas celle qui permet seulement le démantèlement de la chair et du vivant non humain en complexes de production comme il est reproché (et qu'il s'agit en effet de limiter, dans une concurrence arbitrée). Mais une vérité qui ne se réduit pas à l'exactitude industrialisante, ou idéologique, utopique, de la nature et de la chair. L'art, comme la science, mais autrement, cherche l'emprise sur ce qui est réellement, et le met en danger vis-à-vis du projet originaire d'où il tire ses sceaux d'images ; voilà son résultat lucide, et dur, lorsque l'art montre l'état, réel, de l'usure d'une chair, c'est-à-dire au-delà de ses illusions que celle-ci tisse comme monde-cocon pour y attraper seulement le réel dans sa plasticité immédiatement narcissique.

Il y a donc bien un arrière monde. Quoiqu'en ait dit Nietszche et ses photocopies contemporaines. Ce qu'il reconnut ensuite avec Zarathoustra. L'apparence n'est pas seule. Mais la matière non plus. Comme le croyait Marx. D'où ces efforts désespérés de l'art contemporain à évacuer le sens qui l'organise, à n'en montrer que les échevaux. Croyant qu'en abattant l'idée tenant l'apparence de la chair celle-ci s'effondrerait en sa vérité supposée celle de la matière qui en réalité surgit elle aussi comme illusion lorsque l'on ne fait que la diviser ou la malaxer à l'infini du plaisir. Or, même si l'on nie cette dépendance transcendantale de l'apparence et de la matière en prétextant que mille chemins et sens sont possibles, un seul mêne quelque part, vraiment ; mais ce n'est ni celui de l'idéalisme ni celui du matérialisme, seuls, plutôt celui de leur unité supérieure vers ce qui leur donne forme comme chair et conscience de son affinement, puisqu'il ne s'agit pas seulement de s'émanciper du règne minéral, végétal et animal, mais d'inventer l'humain.

Du moins si l'on ne confond pas la réalité de cette nécessité et la forme en effet diverse qu'elle prend selon le lieu et l'heure. Telle serait donc la fonction du beau c'est-à-dire l'art : montrer ce vrai, servir d'outil et de repère à la chair lorsque celle-ci cherche à tester via la conscience si son exactitude corporelle va dans le sens du vrai de l'âme, c'est-à-dire de ce projet de l'arrière monde originel et permanent (c'est cela, là, la Bonne Nouvelle) ; nous faisant certes naître de cette confrontation avec le divin ; mais de cela surgit aussi le désir d'affinement, malgré la peur d'être (supérieure à la peur de la mort). Parce que le défi humain, celui d'Eve en réalité (Adam n'a fait que suivre), de Prométhée aussi (puisqu'il faut bien cuire la pomme, même si telle reine se transforme en sorcière pour vaincre Blanche-Neige), le défi humain consiste à ne pas se contenter seulement de l'état atteint dans le formol de la satisfaction, ou de le détruire par peur qu'il puisse embellir. Le défi humain élève le bon plaisir vers un sentiment bien plus puissant en durée, celui de la sensation harmonique du bien : ou ce vol absolu, tout en phase et d'exécution, à la façon des Icares d'aujourd'hui embrassant d'un seul regard l'immaculé des monts à la plus haute pointe de leurs sommets. Ce qui ne signifie pas cependant, dans ce cadre d'affinement, la seule îvresse de puissance mais, aussi, la sublime appartenance à autre que soi, devenant ainsi pleinement.

Aujourd'hui, pour certains enjoliveurs, la beauté ne devrait plus être cet effort d'articulation entre la nature et la grâce qui la libère des bugs mentaux empêchant de grandir, d'atteindre la taille réelle des racines terrestres aux étoiles-neurones maillant l'Univers. Pour eux, la beauté de nos jours ne doit devenir que celle du difforme du diable et de la mort. Insensible. Mécanique. Mais dans ce cas nous revenons à l'uniformité, sans même sa pneumatique, ou l'espoir d'un paradis délivré de la mort d'avant la Renaissance. Puisque cette monotonie contemporaine exclut toute différence entre une représentation qui dévie les tensions, renforce, et celle qui (s')installe. Pour tuer. Effacer par exemple la distance entre le monde imaginaire et phantasmatique et le réel nécessaire. Or, ce faisant, nous basculons de la beauté réduite autrefois à la seule contemplation abstraite du bien, vers le choix d'aujourd'hui obligatoirement hétéronome dans sa déperdition univoque et sans pareille. La beauté n'est plus celle, assemblée, (religare), de tous ces liens singuliers qui nous tissent silencieusement à telle déesse de pierre (ô Athéna ! Vénus, Diane, Marie, où êtes-vous ?…) aux détours des effluves chuchotées dans l'invisible lorsque dans le déclin de son ombre se déploie à son zénith l'ardeur, confiée, de nos souhaits discrets effleurant le monde.

La beauté ne parfume plus de son souffle envoûtant au creux des cris d'oiseaux imaginaires peuplant de leurs murmures lointains la fleur de peau et d'eau des soleils intérieurs aux caresses de gouttes tout aussi enivrantes, si enveloppantes, lorsque, au détour d'une clairière, la cascade réelle du temps vivant vient aussi pour nous emporter vers le renouveau. Car le temps n'est pas seulement passant ou présent. Il indique, dans l'instant du regard nous liant à la statue externe, si nous sommes en accord de phase, si nous sommes si beaux que cela : si nous méritons que l'univers s'ouvre dans sa vérité, tel un sas, une porte invisible répondant du seul code, celui du beau assemblant vrai et bien vainqueurs du mal et du faux, nous détachant des laideurs ces orties internes, retenant l'usure du temps, sa lie, pour n'y retenir que sa sève, ralentir ainsi, abaisser le rythme ou l'élever, celui du souffle émanant du doigt, posé, là, sur le ciel de la chapelle Sixtine. Dans cette harmonie, notre statue interne fusionne avec telle statue externe, et une parole peut s'échanger : quelque chose de la force inscrite dans les coups de burin, même millénaires, vient communiquer transmettre l'effort des valeurs éternelles tissant le lien entre exact et bien ou le vrai, malgré le mal, cette frayeur, méticuleuse, du vivre humain. Un animal peut être mauvais. Par accident. Un humain choisira le mal pour cacher son inversion de l'image du bien d'où il vient. L'art, depuis le judéo-christianisme, permettrait de ne pas y succomber. Et même si la destinée de l'image sépare judaïsme et christianisme, ceux-là se réconcilient dans l'abstraction sensible de la musique illustrant la lutte des profondeurs. Bien contre Mal. Puisque celui-ci, représenté, serait perçu dans son besoin vital et donc combattu. Par le beau, cette cohérence non plus stable comme le bien mais aussi sublime parce qu'elle ouvre et couvre le lien entre âme et corps, en s'y dévoilant comme sensation ultime, pointe, non seulement punctum mais mens que la conscience transcrit, ou laisse les doigts le son le corps l'accomplir plutôt que la tête toute seule.

L'art, comme fonction, celle de la régénérescence, serait dans ce cas cette réflexion complexe sur ce lien qui en permet l'ouverture et donc l'éternelle jeunesse, celle du coeur don’t la conscience est le radar. Evidemment, l'art est aussi carthasis, certainement élévation lorsque l'accord teinte, et l'art serait véritable en ce qu'il serait à la fois maintien de cette distance entre réel et phantasme, et en même temps persistance de la fusion avec l'absolu. C'est en ce sens que bien vrai et beau communiquent et transcendent stabilité exactitude et perfection vers un affinement supérieur qui ne s'arrête pas à la réalité du seul plastique puisqu'il s'agit de vivre à chaque instant par l'amplitude seraine de chaque souffle qui gongle nos espoirs, malgré le mal le faux et le laid qui cherchent à chaque pas le moyen de les faire trébucher. Parce que telle ou telle partie du corps se venge d'avoir à se contraindre à opter pour tel visage au lieu de rester paresseusement une belle âme qui décrète la mort de l'Art après celle de Dieu et, récemment, celle de l'Humain.

Aujourd'hui, toute cette dialectique, classique et moderne (c'est-à-dire Renaissante, néo-classique et impressionniste aussi), celle de l'art comme lien et transsubstantiation, disparaît au profit d'une plate alternative entre la consommation itérative, répétée, de ses atours et leur dispersion forcenée afin d'éviter qu'elle renforce la première, officiellement, en vue d'en accentuer l'errance en réalité. Dans ce cas l'image sublime ou étrange créée au coeur des interactions entre soi et l'oeuvre, cette homothétie des passions et des idéaux se brise. Tout est alors déclaré art pour mieux dissoudre le sens de celui-ci. Tous les corps mécaniques et utopiques sont mis à sa place. Et deviennent les seules images éphémères de substitution possibles. Le temps est réduit à l'instant et celui-ci s'éternise. On peut ainsi croire voguer de miroir en miroir, au gré des vents mauvais, identifiant la chair, sa signification et sa souffrance, sa joie comme sa volonté, à de simples paramètres, table de mixage, sac de signes amagalmés, qu'il suffirait de reprogrammer pour un ailleurs toujours identique : biennale permanente de la durée, celle d'un rien in(dé)finiment répété.

L'art comme lieu de tension, embouchure des émotions, dérivation de cette lutte gigantesque des désirs et des promesses qui nous assaille parfois sous la lisse apparence de notre océan intérieur, tout cela s'efface aujourd'hui sous nos yeux pour des raisons fallacieuses, idéologiques, celles du refus de voir aussi en l'humain l'image du divin en butte avec le mal et son malaise celui de sa seule temporalité qui suinte des éléments périssables : horreur de l'autre en manque de même, il se venge en forçant l'autre à n'être que l'autre de l'autre. Pourtant, il n'est pas exact de dire que l'art, même classique, même moderne, enfermait aussi l'océan intérieur dans ce tumulte oscillant à l'infini entre l'ange et la bête, coincé figé emporté dans une représentation fixe et répétitive aux quatre coins du néant imaginaire. Au contraire, l'art classique et moderne a su transporter l'humain hors de toute vue restrictive puisqu'il peut se heurter et/ou caresser au sommet de tant de digues imaginaires, illustrées par exemple par tel beau visage qui ne doit pas, nécessairement, être possédé réellement, directement, et, partant, mentir à celui qui nous façonne déjà, là, avec cette femme réelle….

Autrefois, l'art permettait qu'une telle lutte éternelle entre la perfection et sa rupture soit précisément transcendée dans l'oeuvre, sans donc vivre au sein de ce tumulte, réellement. Car si le souci narcissique de soi devient le seul imaginaire ou la seule scène possible, tout devient rêve, illusion ; l'autre, soi-même, l'autre en soi-même, soi-même en l'autre, tout n'est plus en effet qu'une installation et jeux de langage que l'on démantèle sitôt la vibration projective passée ou moins traumatique. Une nouvelle utopie totalitaire s'acharne pourtant et obstinément à détruire toute cette forme transcendentale de transsubstantiation permettant à la chair, cette statue également interne, de se repérer, de se (ré)parer aussi bien, de s'approprier, par l'acte du beau qui médiatise, immobilise en cette statue externe.

Ainsi ce beau corps croisé au détour d'un regard urbain ou dans la lente procession d'un chemin de campagne se verra ensuite transcendé dans ce qu'il n'était pas possible d'échanger directement. Il ne s'agit pas de refoulement, de frustration, d'enfermement de l'énergie vitale. Mais de questionnement sur ce qui s'agite ainsi dans le regard. Que garde-t-il ? Pourquoi faudrait-il entrer en effeversecence, en passion, au détour d'une plastique parfaite ? Pourquoi pas, certes. Mais telle n'est pas la fonction de l'art qui ne substitue pas au choix parce qu'il propose une flexion autre incitant à se demander s'il ne vaut mieux pas rester dans l'imaginaire plutôt que de basculer dans le quotidien du réel mis sous pression de la passion soudaine. Parce qu'il s'agit, grâce à une méditation médiée dans l'art, de permettre que l'on comprenne pourquoi telle densité de corps fascine tant (sans avoir besoin de le consommer nécessairement). Alors que dans un corps moins parfait un jeu de l'âme existe tout autant sinon plus, par exemple ce charme qui transparaît malgré l'aridité du corps ? Une telle façon de saisir, -que l'art cherchera à traduire le mieux qui soit, à en reproduire toute la tension, cette manière millénaire de faire, eh bien, certains ont décidé dorénavant de l'effacer. Voilà la vraie laideur.

Cette fonction sublimatrice de l'art –au sens d'élévation et non pas de substitution- sera donc tuée par ceux-là mêmes qui cherche pourtant à devenir, eux-mêmes, l'idée même d'oeuvre d'art, (c'est-à-dire des dieux), effondrant dans ce cas le modèle original, prétendant être le nouveau beau bien vrai (tout en le niant), devenir narcissique, –tout en niant qu'il en eût (encore) un, mettant à bas des millénaires de souffle historique sculptée dans ce réel pas uniquement imaginaire, ce réel en plus, cert art du beau s'enfonçant au plus près de nos infinités secrêtes si l'on sait lui ouvrir la porte de la conscience pour qu'il puisse y laisser l'âme abreuver tout le corps. A la place, toute une rage enrage aux parages si semblables à ceux ayant récemment permis la destruction de ces statues géantes de Bouddha, effacées par ces postmodernes islamistes, puisque " Postmoderne ne signifie pas récent. Il signifie comment l’écriture, au sens le plus large de la pensée et de l’action, se situe après qu’elle a subi la contagion de la modernité et qu’elle a tenté de s’en guérir " (Jean-François Lyotard, Moralités postmodernes).
Ce qui implique de chercher une écriture non contaminée par la "contagion de la modernité", posant ainsi en exergue cette prémisse redoutable : tout se vaut, mais seul celui qui se dit contemporain prévaut ; sommet du déclin puisque celui-ci est le but, et ce aux quatre coins du monde, celui des expositions ronflantes et redondantes. Sauf qu' il s'agira de voiler cette fausse gloire, (voiler le voile…), en montrant seulement au bon peuple quelques animations dignes du Palais de la Découverte, de la Cité des Sciences (Biennale de Lyon), ou des spectacles gore : torture obligatoire, spectacles et expos sont ainsi transformés en cuvette (excré)mentale dans laquelle la tête du public est plongée. Sans issue. Sens interdit(s).

Et l'Etat tire la chasse. Installe, oui, l'ancien ordre, mais en pis, puisque là l'image n'est plus principalement pieuse, elle est seulement absente, souillée, écartelée, maudite, réduite religieusement à ses viscères et leur encre noire. Redoublement du réel en pis, la violence et le rien existent, cher ami, donc l'art servira à en répandre les machineries encore plus au lieu de les conjurer ou en approfondir l'émergence pour les comprendre sans les subir spectaculairement. L'art sera réduit à ses matériaux, à ses rails, puisque ce qui les tient, la forme, consistera précisément à être farouchement niée, détruite, réduite, au regard qui prétend empêcher de trop imaginer une cohérence possible donc une beauté objective aux réels évidemment divers puisque l'absolu est un rapport (une chair) non une âme seule (une transcendance sans corps), ou un corps seulement (une densité sans âme), et même les beautés fatales s'y trouvent confrontées. Elles en meurent parfois (Marilyn).

Voilà donc le but d'un certain art contemporain : non pas chercher mais seulement détruire en vue de ne rien construire. Non pas se dire à la façon de Léonard de Vinci que l'artiste véritable devient celui de son temps lorsqu'il manie, aussi, de nouveaux matériaux, de nouveaux regards, tel ce mouvement qui va d'un Rodin, passe par l'impressionnisme, le cubisme d'un Braque, joue dans le surréalisme et meurt dans l'hyperréalisme. Non. L'art prétendument contemporain préfèrera empêcher ; peut-être dès la Femme qui pleure de Picasso (Dora Maar) et le Bleu de Klein (les Nouveaux Réalistes et leur petite victoire de Samothrace : justement). Les matériaux, les formes, les regards, ne doivent pas servir à autre chose que l'énonciation obligatoire du rien, par exemple juste le cadre du discours qui le légitime (ou la version conceptuelle de l'art contemporain), dont l'acceptation obligatoire sera ainsi posée selon les principes éternels de la violence pure : celle qui montre la force, ne la démont®e pas. Religion négative du Négatif. La troisième dimension, l'épaisseur, la transsubstantiation de la lumière en chair puis en représentation, toute cette alchimie cosmique s'efface au profit du Néant maintenu. L'être, surtout féminin, sera écrasée, réduit à ses angles aiguisés, refusés, démantelés, écartelés, support de bleu, d'extase obligatoire, directe, par souci de déchirer la peau spirituelle qui élève, épouse, relie. Il faut (sollen) aplatir, rendre transparent, mécaniser (tout en s'en moquant), tarir enfin et à la source l'énergie de vie censée être si mauvaise puisqu'elle a donnée le monde telle qu'il est. Autant en supprimer déjà la représentation. Et se poser soi-même comme ce qu'il y a lieu d'être. Lieu de l'être : Dieu.

L'art sans tête de la République sans tête, s'évapore en poudre aux yeux, sans fin, emportée par de las présupposés mettant frénétiquement en cause tout contenu de sens faute de vouloir en faire quelque chose, nouveau péché. Abolissant l'idée même de représentation, réitérant en pis les tentatives iconoclastes, s'alliant, de fait, aux courants considérant comme impie, et non pas seulement inutile, l'image,. Car la représentation en étant devenue libre, du moins globalement, poserait paradoxalement pour l'art contemporain le problème de cette liberté. Qu'en faire en effet ? Au lieu d'en creuser la teneur dans l'interaction mondiale actuelle et ses gouttes de temps en apesanteur au détour des regards-réseaux croisant et tissant la texture, le non art non contemporain (anti-art disait Lyotard) ira encore plus loin que l'immonde supposé être dénoncé en maniant une pédagogie de bas de fosse ; art propagande, pseudo démocratique, faussement politique, puisque le temps techno-urbain sera nié, expié, ses matériaux punis ; exit par exemple l'art multimédia, l'ordinateur, le téléphone portable, le jeu entre et avec eux ; l'interaction chaude sera bannie au profit d'une relation froide, uniquement minimaliste, seulement conceptuelle, à l'idée nichée uniquement dans le cerveau et plus du tout en externe dans ce hors de soi vivant qui permet la parole le dialogue l'effervescence, celle de la fusion choisie et non pas imposée dans une dérive silencieuse et plombée des corps sans qualités.

L’art dit contemporain véhicule ainsi des présupposés politiques réifiés en son temps par Adorno et stipulant que pas une parole, même poétique ou théologique, serait admise après Auschwitz. D’où la nécessité d’empêcher, à la source, que la représentation puisse s’affranchir comme mal absolu. Sans se douter que le monde n’a pas à payer l’immonde du temps, allemand, et non pas du temps, humain, en général. Voilà l’erreur d’Adorno traquant, même chez Malher, la certitude « bourgeoise » tandis que ses Suivantes iront dénoyauter la certitude tout court. Comme si l’émergence, l’érection de l’action, celle d’un je pense affirmant qu’il est au moins pensant, serait à la base même du mal alors que celui-ci vient plutôt de l’impossibilité de le penser, préférant plutôt montrer que démontrer, affirmer sa souffrance dans la force brute plutôt que la médier, l’adoucir, affiner, créer des mondes imaginaires encore plus puissants que le plat du réel consommé et oublié, matériel, seulement. Aujourd’hui, rien n’empêche de se détourner de cette dictature du non art obligatoire qui rétrécit et enlaidit jusqu’à l’affaissement. Celui de la mort. Pour se tourner à nouveau vers cette dialectique de l’âme et du corps dont la prise de conscience forme l’esprit c’est-à-dire ce Nous des générations précédentes et celles à venir, qu’il s’agit d’informer un peu mieux de cette bonne nouvelle : l’art (comme le rock) est éternel.

Novembre 2005

Written by Lucien SA Oulahbib in: Evaluation de l'action-OIL |