17 février 2019

Finkielkraut aurait-il eu la monnaie de sa pièce?

Certes, l'invective pro-Palestiniste que vient de subir Alain Finkielkraut semble n'être que l'expression la plus visible de ce que l'actuel Pouvoir techno-affairiste (dérive ourdie du colbertisme mercantile gaulliste) met en place, depuis des décennies avec l'aide de ses Juifs de Cour (ceux qui ont viré Georges Bensoussan du Mémorial) à savoir la destruction de l'identité française et occidentale aux fondements judéo-chrétien et grec à coup de multiculturalisme forcé (qui n'a rien à voir avec le pluri-culturalisme); destruction niée d'autant plus avec hargne que le pouvoir macronien actuel véhicule toujours les mensonges éhontées sur ce qui s'est vraiment passé en Israël depuis l'origine comme vient de l'analyser admirablement Louise Guersan dans Riposte Laïque.

Or, il s'avère que Finkielkraut participe lui aussi à cette destruction ; tout en écrivant, en disant, le contraire bien sûr (c'est le "en même temps" inauguré déjà par Derrida et son ni-ni) puisqu'il se réclame bien par exemple d'un Michel Foucault dont les travaux ont eu précisément ce but (car plutôt qu'annoncer "la mort de l'Homme" Foucault voulait la précipiter (lire Les Mots et les Choses VIII,pp.351-354, édition Gallimard); et ces travaux sont même devenus les références ultimes de tous ces LGBTQ qui non seulement prônent eux-aussi la destruction des noms de Père et de Mère (alors qu'il aurait été fort loisible de les maintenir tout en intégrant à côté les Parents1et2 si l'on voulait jouer à l'ingénieur social...) mais restent persuadés d'une sorte de cohabitation obligatoire sous peine de "racisme" entre burka(blabla) et déconstruits "pan sexuels" toutes ces "variétés" ces "cent fleurs" néo-maoïstes de Deleuze (que Foucault encensait) alors que les premiers n'ont que faire des seconds comme il a été vu maintes fois, les anars conseillistes et les S.R liquidés par les bolcho, les démocrates vietnamiens liquidés par les coco dans le cadre du Vietminh, les démocrates pluralistes "algériens" liquidés par le FLN avec l'aide des sartriens et des trotskistes, ne parlons pas de Pol Pot, et, revers de la médaille, les coco eux-mêmes liquidés par les khomeynistes après une prise de pouvoir (soutenu par Foucault). En attendant les Kurdes liquidés par les milices musulmanes iraniennes en Irak et celles d'Erdogan en Syrie.

Finkielkraut croit encore que le conflit israélo-arabe n'est au fond qu'un vaste malentendu post-colonial à résoudre par une "Paix Maintenant" et qu'Israël devrait acquiescer sans que la France ne s'en mêle (comme le clament toujours certains identitaires, adeptes de Thelema, et social-monarchistes n'ayant toujours pas compris 1789 hormis leur aveuglement sur le pseudo "complot judéo-maçonnique" bien analysé par Pierre-André Taguieff). Alors que ce conflit est civilisationnel, mondial, et a toujours débordé le cadre judéo-arabe.

Finkielkraut croit ainsi pouvoir toujours faire l'économie d'une analyse non seulement du foucaldisme relativiste et destructeur dont se nourrissent tout autant que lui ses détracteurs ; alors que cela lui permettrait d'approfondir ce qui est toujours tapi au plus profond de l'imaginaire tissé autour des émeutes de 2005 (qu'il a été cependant l'un des seuls a bien diagnostiqué à la différence d'un Wieviorka) à savoir le rejet de la France considérée comme la cause même de ce qui se passe en "Algérie" et en Israël ; soit le discours lui-même, sans la verve, des Indigènes de la République tous pro-palestinistes par ailleurs ; alors que "l'Algérie", ce Venezuela en puissance, cette grenade dégoupillée ayant à la tête un zombi (au sens littéral du terme) EST, sous nos yeux, le résultat même, lui-même, de la gabegie islamo-arabiste et turc importée depuis des lustres, la France ou plutôt son Administration et la poignée de féodaux ségrégationnistes qui la soutenaient n'ayant rien fait ou si peu pour la contenir allant même jusqu'à falsifier les votes de la Chambre consultative indigène en 1947, le tout en pleine guerre froide et amorce d'un tiers-mondisme manipulé par le soviétisme ayant ses défenseurs jusqu'à ce maître de Foucault que fut Georges Bataille (défendu également ces temps-ci par ce sous-calibre qu'est Moix) tout se tient.

En refusant de critiquer Foucault et tout le post-sartrisme qui sont au fondement même des insultes de ceux qui viennent de l'invectiver, en se contentant de s'en prendre à Bourdieu (ce sous Lukacs, d'ailleurs à peine cité par Habermas et Honneth, son disciple, sinon dans des notes de bas de page) Finkielkraut n'aurait que la monnaie de sa pièce (de théâtre) à la mise en scène mal agencée, par trop littéraire au sens de bien trop agir par de "bons sentiments" pour citer André Gide qui lui a eu aussi maille à partir lorsqu'il critiqua sans le savoir le communisme soviétique. 

Or, il ne suffit plus d'en appeler aux "valeurs de la République", à celles de la France éternelle (sa langue, sa culture, ses spécificités régionales) voire de se répandre en nostalgie sur "l'identité malheureuse" alors que les problèmes qui la rongent à petits feux (et rond points) empêchent de lui rendre non seulement sa dignité mais de lui enlever tous ces carcans ces pièges à loup (pour protéger, croit-on, le poulailler) ce qui l'empêche d'avancer, déjà en Europe, le Président actuel en rajoutant, tout en faisant mine d'en enlever, suprême mirage comme l'avait pronostiqué Pierre-André Taguieff...deux ans auparavant... Il n'est pas sûr qu'un Finkielkraut, du fait de ce non-travail d'analyse effectué soit à même de répondre à ses contradicteurs virulents: il ne l'a d'ailleurs pas tenté, non par peur (les policiers n'étaient pas loin) mais sans doute parce qu'il pense que c'est "minoritaire" comme le clament les bonimenteurs obséquieux alors que ce pas/sage reste surtout révélateur de ce qui est aujourd'hui en France en sa chair.


16 février 2019

La commission sur « l’extrême droite »ou le pompier pyromane

L'acuité n'est décidément pas le propre ces temps-ci de la classe politique et intellectuelle cette sorte de "ligue du LOL" à sa façon et sans le dire : ainsi, disaient ses membres éminents,  les musulmans sont certainement les nouveaux juifs subissant les assauts incessants de la "fachosphère"… Alors que l'on observe plutôt les vagues habituelles anti-juives associant juifs et finances, l'islam étant curieusement épargné question richesses, pourtant l'Arabie Saoudite le Qatar la junte algérienne ne semblent pas être dirigés par le "sionisme mondial" made in Rothschild…

Mieux encore, si l'autodafé contre le livre de Zineb à Bruxelles avait été accompli à Paris cette Commission d'exception aurait convoqué son éditeur "le Ring" puisqu'il publie des livres taxés "d'extrême droite" par le groupuscule gauchiste "lignes de crêtes" qui emploie donc les mêmes critères que la "Présidente"Insoumise, celle-ci considérant que

"si justement on a choisi de se pencher que sur l’extrême droite c’est qu’il y a des différences fondamentales, qui sont le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, le sexisme, et une stratégie de violence forte sur des individus ; (…)" 

Or concernant ces divers intitulés nombre de leaders et d'adeptes se réclamant de l'islam devraient être aussi convoqués, leur texte de référence parlant de lui-même, tandis que nombre d'attaques "homophobes" ne semblent pas provenir des "ultra-droite" mais là, chut, les "intersectionnalités" se soumettant silencieusement ; sans oublier qu'il faudrait creuser un peu plus du côté de ces dessinateurs de croix gammées qui se trompent de sens… Cette "Commission" et ses "commissaires" ne se trompent-ils pas aussi de sens en s'aveuglant ainsi, de manière semblable au fond aux léninistes staliniens qui allaient casser des meetings "social-dem" en Allemagne en même temps que les nervis nazis ?…

Aujourd'hui les nervis ont changé de camp et se nomment "antifa", mais bien sûr cette Commission d'exception n'en a cure, même si l'un d'entre-eux a pu enfin être pris sur le vif brûlant une voiture de "vigipirate" après avoir été suivi toute la journée et accompli maints exactions sans coup férir ; il a été sans doute appréhendé parce qu'il était décidément trop voyant que de laisser les samedis Gilets Jaunes être salis pourris par cette Milice qui n'est pas sans affinité idéologique objective avec le Parti dont la Présidente de cette "commission" dite "parlementaire" est membre, n'est-ce pas son leader qui en a appelé à "l'insurrection" le 8 décembre 2019 à Bordeaux ? Une gestuelle pas forcément "équilibrée" selon le mot à la mode.

Il faudrait donc étudier également ces affinités là, à la manière dont le clame un proche de Benoît Hamon membre de cette Commission et voulant étudier "l'étanchéité" entre certains groupes d'ultra droite et le RN voire l'université de Marion Maréchal à Lyon.

Il y a certainement en effet un lien entre certaines dénonciations des Insoumis envers la finance les banques Macron et le fait que des succursales soient brûlées chaque samedi, alors qu'en matière de cupidité les amis de Mélenchon gouvernant actuellement le Venezuela ne sont pas en reste, ce pays étant  considéré comme une "narco-dictature" le tout dans cette indifférence chic propre à la dictature idéologique ultra-gauche dominant la France et soutenu par le ventre mou de l'extrême centre gouvernant aujourd'hui le pays et toujours si admiratif, en coulisses pour le moins, du spectacle révolutionnaire surtout lorsqu'il n'est que pantomime à faire frémir la libido du bourgeois qu'il soit "cool" ou pas.

Il ne s'agit pas pourtant de nier qu'il existe certes des adeptes de la quenelle "antisioniste" et des nostalgiques de ce vieil antisémitisme socialo-monarchiste vomissant ces juifs ayant réussi dans les métiers autrefois honnis mais aujourd'hui portés par la révolution technologique multiforme depuis le 19ème siècle. Seulement, ces temps-ci ils ne sont pas la loi du genre mais plutôt un de ces vieux pots, dans lequel la vieille Taupe a ses habitudes pour faire la courte échelle à tous ces adeptes décoloniaux et intersectionnels qui suivent à la culotte ce Foucault (leur maître à panser) qui trouvait très sympathique la révolution khomeyniste, même s'il trouvait qu'elle n'allait pas assez loin…

En un mot comme en cent le fait que des centaines voire des milliers de juifs aient quitté la banlieue parisienne pour partir ou se réfugier ailleurs n'est pas le fait des "groupes d'ultra-droite" mais bien l'oeuvre des nouvelles milices pro-racailles soutenues par les antifa et les beaux salons où l'on adore s'émouvoir jusqu'à aller manifester contre "la montée de l'antisémitisme" à la façon d'autruches terrant leur tête désormais sans cervelle ou la classe politique et intellectuelle la plus bête du monde.



12 février 2019

Pourquoi la lutte contre l’antisémitisme peut échouer

Les récents chiffres de la Commission des droits de l’homme nous montrent, si besoin était, que la crise antisémite ne faiblit pas mais au contraire s’approfondit (+58% en 2012). L’opinion émise par la présidente de cette commission est elle même un élément qui confirme sa gravité car elle juge que les causes de l’antisémitisme sont « essentiellement conjoncturelles » alors que celles des actes antimusulmans sont « structurelles ». Un tel jugement, au terme de 12 ans d’antisémitisme, démontre l’existence d’une cécité « structurelle » au sommet de l’Etat. Elle remonte à l’ère chiraquienne lorsque le gouvernment de cohabitation imposa une censure d’environ un an sur 500 actes antisémites perpétrés en France « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu ».

C’est la façon de considérer la nature du phénomène contre lequel on lutte qui est erronée. Le problème que pose l’antisémitisme ne relève ni du « racisme », ni de la « tension inter-communautaire » ni d’un dispositif de « sécurité ». Il pose un problème politique et national, en ce sens que des intentions agressives répétitives, pouvant aller jusqu’au meurtre, émanent de certains milieux de la population française prenant pour cible une partie de la population clairement identifiée comme juive. C’est une forme de guerre civile potentielle qui est en germe dans l’antisémitisme. Il ébranle en effet le pacte de fraternité et de concitoyenneté qui fait la nation. C’est en ce sens qu’il met en jeu l’Etat et la communauté des citoyens. Or, c’est là où le bât blesse car l’Etat n’assume pas ses responsabilités politiques. L’affaire Merah et ses suites (augmentation des actes antisémites) ont montré que dans la population où se développe l’antisémitisme se trouve des milieux inspirés par l’islam et le djihad, un constat jusqu’alors interdit car politiquement incorrect.

C’est en fait ce que l’État « pensait » auparavant sans le dire, en adoptant le leurre des « tensions inter-communautaires » là où il s’agissait d’antisémitisme et en cornaquant le « dialogue judéo-musulman » à travers forces cérémonies spectaculaires de « pacification». Si l’islam inspire des djihadistes français, ce n’est pas tant comme religion que l’islam doit répondre mais comme partie de la nation. Ce n’est pas la bonne volonté des musulmans envers les Juifs qui est mise en jeu du fait de l’existence de ce djihadisme dans leurs rangs mais leur volonté et leur capacité d’être des concitoyens, membres de la nation.

Quand l’Etat accuse le coup parce que les choses deviennent évidentes (affaire Mérah), il opte pour la politique de la compassion et du discours sécuritaire. Or cela ne résout rien. En effet, la compassion de l’opinion, si elle est bien venue, est aussi objectivement un leurre si elle reste persuadée de la culpabilité d’Israël et donc d’une quelconque légitimité du discours néo-antisémite. L’antisionisme, est le cheval de Troie de sa justification morale car la cause palestinienne est réputée juste. C’est le cœur de la banalisation du nouvel antisémitisme.

Et là, nous touchons à l’erreur de stratégie commise par un grand secteur de l’opinion juive qui refuse le combat sur ce plan là. Au lieu de pourfendre ces accusations, fondées sur une falsification de la réalité objective, elle proclame avec une naïveté confondante et pathétique son désir de paix, son engagement pour « deux Etats », jusqu’à faire la promotion de ses ennemis déclarés, en ouvrant une avenue à leur triomphe. Elle se prête naturellement au spectacle de la pacification communautaire et s’enivre de la compassion. Elle invoque la République comme principe – et c’est d’une certaine façon aussi ce que je fais – mais est-ce réaliste ? La République dans son sens classique ne connaît pas de « Juifs » ni de « musulmans » mais uniquement des « citoyens », et cela n’aide pas à cerner le problème. Il suffit de se rappeler les deux semaines indignes pendant lesquelles l’opinion s’est demandée si le meurtre d’Ilan Halimi était antisémite et de voir la difficulté du tribunal à qualifier un acte d’« antisémite ». Il y a fort à craindre que même cette République-là n’existe plus, quand elle patronne le soutien d’une puissance musulmane comme le Qatar au bénéfice des seuls musulmans des banlieues… Le multiculturalisme est désormais à l’œuvre et les Juifs y sont en minorité. Le déni du réel n’est pas une politique mais quand la réalité politique le pratique, le principe de réalité devient chancelant !

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14 avril 2013


12 février 2019

Guy Sorman et le souhait d’un monde sans Juifs

"Le cas de Guy Sorman est révélateur, parce qu'il montre bien comment le rejet des origines conduit à douter de l'avenir d'Israël, et à remettre en cause le droit à l'existence de l'Etat juif. L'analyse du discours de Sorman et des autres "Alterjuifs" permet de comprendre la maladie qui atteint aujourd'hui une grande partie de l'establishment politique israélien : le refus d'assumer l'héritage national juif et la haine des origines", écrivais-je dans une note récente. Je publie aujourd'hui l'intégralité de mon article sur Guy Sorman, paru dans la revue Controverses consacrée aux Alterjuifs (néologisme créé par Muriel Darmon).

 

 

Essayiste prolixe, Guy Sorman a publié une quinzaine de livres 1, depuis son premier essai, La Révolution conservatrice américaine, paru en 1983. La plupart sont des ouvrages de réflexion et de vulgarisation portant sur des thèmes économiques. Il ne s'est pratiquement jamais exprimé sur Israël ou sur le judaïsme, à l'exception de rares interviews et de quelques lignes dans son livre Le bonheur français, où il retraçait ses origines familiales et se définissait comme un « Juif athée ».

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G. Sorman

 Son livre Les Enfants de Rifaa 2, comporte un chapitre intitulé « Fin du peuple juif », dans lequel Sorman fait sienne l'idée de la disparition inéluctable de l'Etat d'Israël et du judaïsme tout entier. Ce chapitre ne s'insère pas de manière très logique dans le livre, qui porte sur les rapports entre l'Islam et la modernité. Les Enfants de Rifaa est en effet une réflexion sur ce que Sorman appelle les « deux Islam » : celui de Sayyid Qotb, théoricien des Frères musulmans et de l'islamisme radical, et celui de Rifaa el Tahtawi, théologien égyptien et fondateur de la « Renaissance arabe », courant moderniste et réformateur qui incarne pour Sorman l'espoir d'une libéralisation du monde arabo-musulman.

 

Les premiers chapitres des Enfants de Rifaa sont consacrés à une biographie de Rifaa el Tahtawi, le « Tocqueville oriental », et à une réflexion sur les rapports entre le capitalisme et le monde musulman. Dans les chapitres qui suivent, Sorman mêle réflexions et comptes-rendus de ses nombreux voyages dans le monde arabo-musulman, du Maroc à l'Arabie Saoudite, du Bangladesh au Pakistan et du Koweit à la Turquie.

 

L'avant-dernier chapitre du livre, intitulé « Fin du peupe juif », n'est pas fondé, à la différence des autres, sur un compte-rendu de voyage. Le point de départ de Sorman est la constatation de l'omniprésence de la question de la Palestine chez ses interlocuteurs musulmans :

 

Où que l'on se trouve dans le monde musulman, quelle que soit la distance géographique qui sépare de la Palestine, la question surgit, même quand on voudrait l'éviter. Certes, plus on s'éloigne du monde arabe, vers le Bangladesh, Djakarta ou l'Afrique au sud du Sahara, les musulmans passent de l'engagement à l'inquiétude, de la posture à la rhétorique… Mais ne nions pas que, outre le Coran, les musulmans estiment avoir la Palestine en commun 3.

 

C'est cette omniprésence de la question palestinienne chez ses interlocuteurs musulmans qui amène Sorman à s'interroger sur les causes du conflit israélo-arabe et sur les solutions à y apporter. Mais curieusement, alors même qu'il constate avec lucidité que le monde arabo-musulman « vit en fait dans l'attente de la disparition de l'Etat d'Israël 4 », et qu'il ne se fait guère d'illusion sur la « solution andalouse », ce prétendu « âge d'or » des Juifs d'Andalousie que certains de ses interlocuteurs musulmans voudraient faire revivre en Palestine, sur les ruines de l'Etat d'Israël, Sorman ne développe pas son analyse par la revendication d'un nécessaire aggiornamento du monde musulman, sur ce point comme sur les autres précédemment abordés dans son livre. Et, loin d'encourager ses interlocuteurs musulmans à accepter le fait israélien, ce qui serait conforme à l'esprit général de son livre, Sorman en vient à faire siennes les conclusions de ceux-ci et à intérioriser le projet génocidaire du monde arabo-musulman envers Israël.

 

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La visite à Hébron

 Dans ce même chapitre des Enfants de Rifaa, Sorman nous livre, avec franchise, une clé d'interprétation de son attitude envers Israël. C'est au cours d'une visite dans la ville de Hébron, en l'an 2000, que Sorman a acquis la conviction que l'Etat d'Israël était une « erreur historique », voué à disparaître. Comme il l'explique :

 

Certains événements minuscules ou cocasses modifient radicalement le regard que l'on porte sur le monde. Avant Hébron, je ne m'étais jamais trop interrogé sur l'Etat d'Israël : on ne peut penser à tout. Depuis Hébron j'ai une conviction bien ancrée : l'Etat d'Israël est une erreur historique, les Juifs n'avaient pas vocation à créer un Etat 5.

 

 

Ce passage est surprenant et révélateur à de nombreux égards. Il est peu courant de la part d'un intellectuel de reconnaître que le jugement qu'il porte n'est pas le fruit d'une réflexion rationnelle, mais la conséquence d'un événement particulier. C'est pourtant un phénomène que nous avons déjà rencontré. Ainsi, Esther Benbassa déduisait l'absence d'antisémitisme en France du fait que ses commerçants arabes lui avaient souhaité la bonne année…

 

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E. Benbassa

Dans le cas de Sorman toutefois, l'événement « minuscule » en question n'a pas lieu dans une épicerie parisienne, mais dans un endroit chargé d'histoire et de symboles : Hébron, « ville des Patriarches » – où sont enterrés selon la tradition juive Abraham, Isaac et Jacob – et lieu d'affrontements répétés entre Israéliens et Palestiniens.

 

C'est ainsi que Sorman relate cet événement qui a transformé radicalement son regard sur le monde, et sur Israël en particulier :

 

« Etes-vous juif ? » Au cours de ma déjà longue existence protégée d'intellectuel français né après l'Holocauste, cette question ne me fut jamais posée qu'une seule fois, sur un mode agressif. C'était en Palestine, en l'an 2000, à l'entrée de la ville d'Hébron…

Le soldat était un Israélien d'origine éthiopienne : un Falacha, reconnu comme Juif en un temps où Israël manquait d'immigrés nouveaux pour meubler les bas échelons de la nation. Les Russes n'étaient pas encore arrivés ! 6.

 

La situation décrite dans ce passage du livre illustre l'attitude paradoxale de Sorman lors de sa visite à Hébron. Dès l'abord, il se sent agressé par le soldat israélien d'origine éthiopienne qui lui demande quelle est sa religion. Loin de s'identifier avec le soldat juif, dont la question n'exprime aucune animosité, mais une interrogation de routine en cet endroit, Sorman le perçoit d'emblée comme hostile. Et il en profite pour dénigrer toute l'entreprise sioniste, au détour d'une phrase, en qualifiant le soldat éthiopien de « falacha » (terme péjoratif, comparable à l'adjectif « boche ») venu en Israël pour « meubler les bas échelons de la nation ».

 

Contrairement à ce qu'affirme Sorman, les Juifs éthiopiens ne « meublent » pas les « bas échelons de la nation » israélienne, mais sont venus en Terre promise par conviction religieuse, au terme d'un périple éprouvant. Ils incarnent même un modèle d'intégration dans la société israélienne, en particulier dans l'armée, où beaucoup sont officiers, y compris dans les unités d'élite.

 

La suite du récit de cette visite à Hébron est une nouvelle falsification :

 

A l'entrée du tombeau dit d'Abraham, il me fallut à nouveau arbitrer entre les 3 confessions issues de cet ancêtre… Je fus un instant tenté par l'islam chiite ; mon compagnon palestinien m'en dissuada. Je m'en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race. A l'intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens 7.

 

Cette description de l'arrivée au caveau des Patriarches à Hébron est pétrie de préjugés anti-israéliens, auxquels se même une hostilité visible au judaïsme. Tout d'abord, Sorman conteste le nom du tombeau d'Abraham, appellation consacrée de ce lieu depuis des générations. En mettant en doute la véracité de l'inhumation d'Abraham en ce lieu (rapportée par la Bible dans la Genèse), Sorman se conduit un peu comme un touriste béotien qui refuserait en chaque endroit d'accepter les traditions historiques et religieuses. Mais c'est contre la seule tradition juive qu'il dirige son scepticisme absolu.

 

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Interrogé à nouveau par un soldat gardant les lieux sur sa religion, Sorman semble s'amuser de cette question et envisage un instant de se prétendre « musulman chiite ». Mais il ne s'agit pas d'un jeu, comme le confirme la suite du récit : « je m'en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race ». Cette phrase contraste par sa lourdeur presque caricaturale avec la légèreté et le détachement que Sorman affectait jusqu'alors… Ce qu'il appelle le « chemin réservé à ma race » est tout simplement l'entrée du Tombeau d'Abraham empruntée par les visiteurs juifs, chaque confession ayant son propre passage pour éviter les conflits interreligieux. Mais Sorman feint de ne pas le comprendre : il choisit de parler de sa « race », comme pour souligner le caractère irréfragable de l'appartenance au judaïsme qui lui est imposée en cet instant clé, contre sa volonté et malgré ses tentatives puériles de dénégation et de fuite vers une identité imaginaire (« l'islam chiite »).

 

Le mot race, on le sait, n'est plus guère usité dans son ancienne acception, depuis que les théories raciales en vogue à la fin du dix-neuvième siècle ont engendré les crimes monstrueux du vingtième siècle. Parler de « race juive » après la Shoah, c'est soit faire preuve d'une ignorance grossière, soit exprimer son adhésion aux théories racistes. Mais dans le cas de Sorman, c'est encore autre chose : il n'est certes pas raciste, et pas non plus ignorant des connotations de l'expression qu'il emploie. Mais c'est à dessein qu'il parle du « chemin réservé à sa race », et cette incongruité de style sonne comme un aveu : lui, qui se définit comme un « juif athée », souffre d'être confiné à son appartenance au peuple juif, au moment où il voudrait la fuir par tous les moyens.

 

Le judaïsme n'est pas une simple « religion », à laquelle on pourrait renoncer en se déclarant athée… En entrant dans le caveau des Patriarches, Sorman comprend soudain la nature quasi-indestructible des liens qui l'unissent – malgré lui – à la nation juive et à son père fondateur, Abraham. Mais cette compréhension, loin de susciter un quelconque « retour au bercail », c.-à-d. au peuple juif, se traduit chez Sorman par une hostilité d'autant plus virulente envers le judaïsme et l'Etat d'Israël.

 

Le récit de la visite à Hébron s'achève par un nouveau mensonge flagrant : « à l'intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens ». Cette phrase laisse entendre que l'armée israélienne ne protège que les citoyens juifs, alors que d'autres armées (lesquelles ?) protègeraient les Arabes chrétiens et musulmans. Ce mensonge vise à conforter la conception d'un Etat ethnique dans lequel seuls les citoyens juifs jouiraient de tous les droits : en d'autres termes, un Etat d'apartheid.

 

 

Faire disparaître Israël, pourquoi ?

 

Le chapitre des Enfants de Rifaa intitulé « Fin du peuple juif » est en réalité antérieur au reste du livre. Celui-ci, publié en 2003, se fonde sur le récit de voyages dans les pays musulmans accomplis par Sorman entre la fin 2001 et la fin 2002. Mais l'épisode clé du chapitre 11 (la visite à Hébron) a eu lieu en l'an 2000. Et l'ébauche de ce chapitre avait fait l'objet d'une tribune publiée dans Le Figaro du 24 décembre 2001. Dans cet article, intitulé « La survie d'Israël en question », Sorman envisageait l'hypothèse de la disparition de l'Etat juif, rayé de la carte par une bombe chimique ou nucléaire. « Ce scénario est réaliste » expliquait Sorman. « Il est probable que quelques Ben Laden l'ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel Aviv, fût une répétition de ce nouvel holocauste possible ».

 

Cette hypothèse l'amenait à s'interroger sur la survie du judaïsme tout entier, menacé de destruction physique en Israël et de disparition lente par assimilation en diaspora. Mais, loin de s'émouvoir de la possible disparition des Juifs, Sorman prétendait « envisageable » un monde sans Juifs, dans lequel subsisteraient, à titre de legs du judaïsme à l'humanité, le christianisme et l'islam, et aussi « l'ironie qui naît de l'exil ». « Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu'ils [les Juifs] nous quittent », concluait Sorman.

 

C'est donc l'hypothèse d'une possible disparition de l'Etat d'Israël et du judaïsme de diaspora, d'abord envisagée dans cet article du Figaro, qui a fourni la trame au chapitre 11 des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » (sans point d'interrogation). Le titre de ce chapitre évoque également l'essai publié par le sociologue Georges Friedmann dans les années 1960, sous le titre « Fin du peuple juif ?  ». Mais c'est l'absence de point d'interrogation qui fait toute la différence.

 

Presque quarante ans avant Sorman, un autre intellectuel français d'origine juive s'interrogeait sur une possible disparition de l'Etat d'Israël. Dans un article fameux publié dans le Figaro littéraire, le 4 juin 1967, Raymond Aron écrivait ceci :

 

Que le Président Nasser veuille ouvertement détruire un Etat membre des Nations Unies ne trouble pas la conscience délicate de Mme Nehru. Etacide, biensûr, n'est pas génocide. Et les Juifs français qui ont donné leur âme à tous les révolutionnaires noirs, bruns ou jaunes hurlent maintenant de douleur pendant que leurs amis hurlent à la mort. Je souffre comme eux, avec eux, quoi qu'ils aient dit ou fait, non parce que nous sommes devenus sionistes ou israéliens, mais parce que monte en nous un mouvement irrésistible de solidarité. Peu importe d'où il vient. Si les grandes puissances, selon le calcul froid de leurs intérêts, laissaient détruire le petit Etat qui n'est pas le mien, ce crime, modeste à l'échelle du nombre, m'enlèverait la force de vivre et je crois que des milliers et des milliers d'hommes auraient honte de l'humanité 8.

 

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Aron : une "bouffée de judéité"

 La mise en parallèle de l'article de R. Aron et de celui de Sorman est révélatrice. Tous deux sont des intellectuels français, qui n'ont quasiment jamais écrit sur des thèmes juifs, et pour qui le judaïsme ne joue pas un rôle essentiel, ni dans leur œuvre, ni dans leur cheminement politique. Et tous deux sont conduits à s'interroger à un tournant décisif de l'histoire mondiale, sur la survie de l'Etat d'Israël : R. Aron en juin 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, G. Sorman au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

 

Mais la comparaison s'arrête là : Aron, en effet, réagit avec une émotion non dissimulée, et son article est un véritable cri de révolte (qu'il qualifiera dans ses Mémoires de « bouffée de judéité qui fit irruption dan [sa] conscience de Français ».) En déclarant que la destruction de l'Etat d'Israël lui « enlèverait la force de vivre », Aron affirme de manière solennelle son attachement indéfectible au peuple juif, alors même qu'il se définit comme un Juif déjudaïsé et passionnément français. Et dans un aveu d'une étonnante sincérité, Aron reconnaît sentir monter en lui un « mouvement irrésistible de solidarité » dont il ignore l'origine.

 

Sorman, au contraire d'Aron, choisit d'accepter froidement et sans le moindre regret la possibilité de la disparition de l'Etat d'Israël et du judaïsme tout entier :

 

Un monde sans juifs est-il envisageable ? Il resterait alors le souvenir des juifs et une interprétation du monde qui n'eût pas été possible sans leur faculté de le décoder 9.

 

Dans son livre Les Enfants de Rifaa, Sorman va encore plus loin : il ne se contente pas d'envisager froidement la possibilité de la disparition du judaïsme, mais en fait la solution du « problème juif » : « il n'y a pas de bonne solution au fait d'être juif, hormis celle de cesser de l'être 10 ».

 

L'attitude de Sorman rejoint celle d'autres juifs atteints de cette maladie très particulière, analysée par le philosophe Theodor Lessing : la haine de soi juive 11. Le cas le plus célèbre de cette pathologie est celui d'Otto Weininger, philosophe autrichien qui a résolu de manière radicale son « problème juif », d'abord en se faisant baptiser, puis en se suicidant à l'âge de vingt trois ans.

 

 

Du suicide comme solution du « problème juif »

 

Sorman, comme Weininger, considère le judaïsme comme un « problème » qu'il faut résoudre, de manière radicale. Il ne veut certes pas se suicider, étant attaché à sa propre vie, mais envisage avec sérénité la destruction de l'Etat d'Israël, qui ne lui apparaît pas comme un scandale (comme à Raymond Aron) mais comme la fin inéluctable de l'entreprise sioniste, vouée à l'échec dès l'origine. Cette conclusion n'est pas tant le fruit d'une réflexion indépendante sur la question juive (à laquelle Sorman ne s'est jamais, de son propre aveu, intéressé) que l'intériorisation du rejet d'Israël par ses interlocuteurs musulmans, rencontrés au cours de ses nombreux voyages.

 

Sorman décrit avec précision ce processus d'intériorisation dans son livre :

 

Pour ceux qui veulent bien écouter les Arabes, l'attente de la fin d'Israël, active ou contemplative, reflète une conviction profonde. Peu le disent, de crainte de passer pour des extrémistes ; tous le pensent plus ou moins confusément. Dans l'Egypte en paix avec Israël depuis plus de 20 ans, les plus tolérants font preuve de patience, tout en nourrissant l'espoir que leur pays ne sera pas impliqué dans la disparition d'Israël 12.

 

Ainsi, Sorman est très au fait de l'opinion arabe concernant Israël et ne nourrit guère d'illusion sur les plus tolérants parmi les habitants des pays arabes, même ceux de l'Egypte, pays officiellement en paix avec Israël. Mais cette connaissance ne le conduit pas à s'indigner contre l'attente arabe de la fin d'Israël, ni à chercher à convaincre ses interlocuteurs du droit à l'existence de l'Etat juif. Au contraire :

 

Les modérés à la manière de Hassan Hanafi se demandent pour quelle obscure raison les Juifs s'accrochent à ce lambeau de terre si inhospitalier, alors que le monde est si vaste et qu'un grand nombre d'Israéliens, en sus de leur passeport israélien, ont une nationalité en réserve : française, américaine, argentine, etc. On se le demande aussi 13.

 

Sorman justifie donc l'espoir de destruction de l'Etat juif, qu'il partage avec ses interlocuteurs musulmans « modérés ». Le raisonnement de Sorman peut se résumer ainsi : le conflit israélo-arabe est insoluble, puisque les musulmans, même modérés, n'accepteront jamais l'existence de l'Etat juif. Il vaut donc mieux que celui-ci disparaisse… Ce syllogisme ressemble à celui qui sous-tend l'attitude d'un Otto Weininger : puisque les antisémites ne m'accepteront jamais et me haïront toujours, il vaut mieux que je disparaisse. Weininger a choisi le suicide comme solution radicale de son « problème juif ». Sorman prône quant à lui la disparition d'Israël comme solution du conflit israélo-arabe.

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Weininger

 

 

La responsabilité de Guy Sorman

 

Le dernier paragraphe du chapitre 11 des Enfants de Rifaa reprend, avec quelques légères modifications, la conclusion de l'article du Figaro intitulé « La survie d'Israël en question » :

 

Un monde sans Juifs est envisageable ; il y subsisterait le souvenir des Juifs, une interprétation du monde qui n'eût pas été possible sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu'ils se dissolvent dans l'Occident ? […]

En revanche, il restera toujours des musulmans, Que cette vision d'Apocalypse sur la fin des Juifs soit excessive ou fondée, Dieu seul le sait 14.

 

L'idée que les Juifs auraient « achevé » leur œuvre et qu'ils pourraient donc disparaître évoque la conception chrétienne traditionnelle du Nouvel Israël ; mais le christianisme pré-concilaire acceptait au moins que les Juifs subsistent en tant que témoins… Sorman, qui considère comme inéluctable (et même souhaitable) la disparition totale du judaïsme, est par contre convaincu qu'il « restera toujours des musulmans ». Ainsi son plaidoyer pour un islam moderne et éclairé prend un sens tout à fait different, au regard de ses positions radicales concernant Israël. Pour lui, l'émergence d'un islam éclairé n'implique absolument pas l'acceptation du fait israélien.

 

La grande mansuétude dont il fait preuve à l'égard de l'Arabie saoudite n'a pas son pendant concernant Israël. Dans le chapitre de son livre consacré au « pays des Ben Laden », Sorman va jusqu'à faire l'éloge de la charia, avec une rhétorique qui évoque celle d'un Tariq Ramadan :

 

La charia s'y applique : il arrive que l'on coupe en public la main d'un voleur ; certaines femmes adultères auraient été liquidées, sans témoins. Il faut s'en émouvoir, tout en sachant qu'en pratique ces châtiments publics sont rares, car les voleurs peu nombreux 15.

 

Sorman a beau jeu de prétendre que sa conception de la disparition nécessaire d'Israël relève de la spéculation intellectuelle, en écrivant que « Dieu seul sait si cette vision d'Apocalypse est excessive ou fondée »… Sa responsabilité d'intellectuel n'en est pas moins grande. En envisageant froidement la disparition des Juifs de la surface de la terre, Sorman apporte une caution inestimable à ceux qui œuvrent concrètement pour que cette « vision d'Apocalypse » devienne réalité.

 

La thématique des Enfants de Rifaa est tout à fait significative de l'esprit du temps. Invoquer « l'islam des Lumières », faire preuve de compréhension envers les régimes musulmans les plus rétrogrades comme celui de l'Arabie soudite, et rejeter dans le même temps Israël du côté des ténèbres, tout en attendant sa prochaine disparaition.

 

Le discours d'un Sorman n'est pas sans conséquence : il sert en effet de légitimation aux volontés génocidaires des pires ennemis de l'Etat juif, et aux considérations de realpolitik des diplomates du Quai d'Orsay et des autres chancelleries occidentales, qui sont intimement persuadés, comme la majorité des interlocuteurs musulmans de Sorman, que l'Etat d'Israël est provisoire et qu'il aura bientôt disparu.

 

Chaque époque a les intellectuels qu'elle mérite. En juin 1967, l'ombre d'Auschwitz qui planait sur Israël avait conduit de nombreux écrivains français, juifs et non-juifs, à prendre la défense du petit Etat hébreu menacé de destruction. Quarante ans plus tard, il est beaucoup plus « fashionable » pour un écrivain français de célébrer l'Islam des lumières, de vanter les louanges de la charia, tout en prédisant la prochaine disparition d'Israël et des Juifs.

 

21 février 2016

 

Notes

 

1. Parmi lesquels La Solution libérale (Fayard 1984), L'Etat minimum (Albin Michel 1985), La Nouvelle Richesse des Nations (Fayard 1987), Sortir du Socialisme (Fayard 1990), Le bonheur français, (Fayard 1995), Le Génie de l'Inde (Fayard 2000).

2. Les Enfants de Rifaa, Fayard 2003.

3. Op. cit., p. 297.

4. Op. cit., p299.

5. Op. cit., p. 300.

6. Op. cit., p. 299.

7. Op. cit., p. 300.

8. Repris dans les Mémoires de Raymond Aron, Julliard 1983.

9. « La survie d'Israël en question », Le Figaro, 24 décembre 2001.

10.  Les Enfants de Rifaa, p.303.

11. Voir T. Lessing, La Haine de soi ou le refus d'être juif, Berg International éditeurs 2001. Sur la problématique de la haine de soi juive, voir également Paul Giniewski, Simone Weil ou la haine de soi, Berg International 1978.

12. Les Enfants de Rifaa, p. 305.

13. Op. cit., p. 305-306. C'est moi qui souligne.

14. Op. cit., p.305.

15. Op. cit., p. 134.

 


12 février 2019

De quoi Dieudonné est-il le symptôme?

JOL Press : Comment analyser le succès de Dieudonné? Ce succès est-il lié à une montée d'un nouvel antisémitisme en France ?

Pierre-André Taguieff : Dieudonné et son succès en particulier sont l’un des symptômes autant d’une montée que d’une transformation de l’antisémitisme en France, que j’appelle depuis 1989 la nouvelle judéophobie. Il ne faut pas confondre la nouvelle judéophobie, fondée sur l’antisionisme radical ou absolu, avec le vieil antisémitisme politique à la française représenté naguère par Drumont ou Maurras. Cette nouvelle judéophobie s’est constituée après la guerre des Six Jours (juin 1967) : au cours des quarante dernières années s’est formé une nouvelle configuration anti-juive aussi bien sur le plan idéologique que sur le plan de la lutte armée. Je pense, en particulier, au front djihadiste dont l’une des principales cibles se trouve être les Juifs.

En France, la véritable montée de la nouvelle judéophobie, autour de l’antisionisme et de la stigmatisation d’Israël, remonte à l’automne 2000 : on passe alors de façon brutale de quelques dizaines de faits antijuifs en 1999 (82 actes et menaces), à plusieurs centaines d’actes et de menaces judéophobes en 2000 (744 faits relevés). Une augmentation frappante liée à la seconde Intifada et à une campagne massive de propagande pro-palestinienne en France, utilisant tous les relais possibles, aussi bien islamistes que néo-gauchistes. La cause palestinienne a ainsi été érigée en cause sacrée. Dès lors, c’est au nom de la cause palestinienne que la haine contre les Juifs s’est fortement exprimée dans l’espace public, sous couvert d’antisionisme,  et que des meurtres anti-juifs ont été commis. Rappelons seulement que le tueur islamiste Mohamed Merah, l’assassin de 3 enfants juifs à Toulouse (19 mars 2012), affirmait vouloir ainsi « venger les enfants palestiniens ».

JOL Press : Le conflit israélo-palestinien est-il le seul objet de crispation ?

Pierre-André Taguieff : Le conflit israélo-palestinien, et plus globalement le conflit israélo-arabe, et plus globalement encore le conflit judéo-musulman forment la toile de fond permettant de comprendre cette flambée de haine visant les Juifs. Mais j’y ajouterais, et pas seulement pour la France,  quelques autres facteurs. Je pense en particulier à la diffusion, notamment sur le web, des théories du complot, où les Juifs apparaissent souvent en conspirateurs diaboliques. Dieudonné a su habilement jouer de la séduction des thèmes conspirationnistes, en les intégrant dans ses spectacles provocateurs. Dès 1992, j’ai publié un gros livre sur les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux pour montrer que leur histoire n’était pas terminée mais qu’elle s’était adaptée à l’esprit du temps.

Le mythe de la « conspiration juive universelle » s’est ainsi transformé en celui du « complot sioniste mondial ». C’est là un thème majeur qui circule sur le web, diffusé par des milliers de sites conspirationnistes. Aujourd’hui Dieudonné et Alain Soral en sont à la fois les consommateurs et les diffuseurs, comme beaucoup d’autres. Au cœur de cette culture du complot l’on rencontre l’idée que les Juifs ou les « sionistes » – « sioniste » étant une euphémisation de « Juif » – sont les maîtres du monde, cruels, dominateurs et exploiteurs. Dans la nouvelle définition de la « domination juive », Israël est explicitement associé à « l’oligarchie financière ». D’où l’apparition d’une nouvelle figure de l’ennemi, qui a tout pour plaire à la fois aux antisionistes radicaux et aux anticapitalistes.

Cette idée permet de comprendre pourquoi c’est une certaine jeunesse, en révolte contre « le Système », qui suit de près les actualités de Dieudonné, avec une sympathie qui peut aller jusqu’à l’empathie. Dans mon livre Prêcheurs de haine : Traversée de la judéophobie planétaire, je consacrais, déjà en 2004, plus de dix pages à Dieudonné, en soulignant et en analysant son basculement dans la propagande judéophobe. En janvier 2002, il avait commencé sa nouvelle carrière de démagogue en lançant dans une interview : « Le racisme a été inventé par Abraham. “Le peuple élu”, c’est le début du racisme. (…) Pour moi, les Juifs, c’est une secte, c’est une escroquerie. C’est une des plus graves [re-sic] parce que c’est la première. »

JOL Press : Quelles différences existe-t-il entre la nouvelle judéophobie et l'antisémitisme des années 30 ?

Pierre-André Taguieff : Je ne parlerais pas de l’antisémitisme des années 30, mais, plus largement, de l’antisémitisme politique qui s’est fabriqué au cours des 30 dernières années du XIXe siècle. Cet antisémitisme « classique » n’a guère survécu  au IIIe Reich qui en avait fait une idéologie d’État. Jusqu’en 1933, l’antisémitisme politique caractérisait les doctrines et les programmes d’un certain nombre de mouvements, parfois puissants, mais qui n’avaient jamais accédé au pouvoir. Ce vieil antisémitisme reposait tout d’abord sur une conception racialiste des groupes humains, impliquant la thèse selon laquelle la « race sémitique » était vouée à lutter à mort contre la « race aryenne ». Aujourd’hui, ce thème a presque totalement disparu. Le vieil antisémitisme  reposait aussi sur l’image du Juif dominateur et exploiteur, maître tyrannique des autres peuples.

Ce stéréotype négatif n’est pas une nouveau idéologique au XIXe siècle : on y reconnaît la légende, formée au Moyen Âge, selon laquelle le Juif est un usurier qui saigne les pauvres gens, un rapace se fait de l’argent sur la misère du monde. À partir des années 1830-1840, l’image répulsive de l’usurier (Shylock) se transforme en celle du capitaliste prédateur : c’est ainsi que prend forme le mythe Rothschild, autour du fantasme de la domination financière du monde. Enfin, ce vieil antisémitisme reposait sur une vision conspirationniste, où les Juifs, avec les francs-maçons, jouaient le rôle d’une puissance occulte visant à gouverner le monde. C’est cette légende que les Protocoles des Sages de Sion – le plus célèbre faux de l’histoire occidentale – ont diffusée depuis leur publication en 1903.

De ce point de vue, la nouvelle judéophobie a hérité de deux principaux thèmes : le Juif dominateur et le Juif conspirateur international. Ce sont des idées-forces que l’on retrouve chez Dieudonné et chez Soral, qui les mettent à la sauce de l’antisionisme. Ce qui ne fonctionne pas dans ce discours judéophobe vient de ce que le sionisme est un nationalisme, qu’il est historiquement le mouvement de libération nationale du peuple juif. Dès lors, comment concilier la dénonciation de l’internationalisme ou du cosmopolitisme juif avec la dénonciation du nationalisme juif, du sionisme ? Parler de « sionisme mondial », cela ne veut rien dire.

JOL Press : Comment lutter efficacement contre ce mouvement ?

Pierre-André Taguieff : Je pense que les mesures prises par Manuel Valls avec l’appui du gouvernement sont justifiées, mais qu’elles risquent de ne pas avoir les résultats escomptés car toute la stratégie de Dieudonné est fondée sur la provocation et la victimisation. C’est ainsi que ce démagogue pervers nourrit la popularité et le prestige dont il bénéficie dans la jeunesse, et en particulier dans la fraction de la jeunesse issue de l’immigration et de culture musulmane, mue par un sentiment d’abandon et d’amertume qu’il a su transformer en ressentiment et en volonté de vengeance contre les Juifs. Je suis globalement d’accord avec les mesures proposées par Manuel Valls, je pense qu’elles sont lucides et courageuses, mais elles arrivent un peu tard dans la mesure où Dieudonné a déjà accumulé de la notoriété.

En outre il a montré une surprenante capacité de mobiliser son public, jouant de sa double figure d’ennemi héroïque du « Système », provoquant l’admiration, et de victime innocente du monstre « sioniste » ou étatique, victime attirant la compassion. L’effet pervers déjà observable, c’est que cette action politique devant aboutir à des interdictions va renforcer son image publicitaire de victime, le conforter dans sa posture héroïco-victimaire de martyr de la liberté d’expression, au pays de Voltaire. Or c’est là reproduire les conditions mêmes de la construction de son image de révolté « anti-système ».

Pour autant, je pense qu’il fallait intervenir, après dix ans de silence gêné. Des manifestations ? Pourquoi pas ? Mais les Français, qui se croient en cela voltairiens, ont une fâcheuse tendance à penser que la liberté d’expression est un droit sacré sans limites, alors qu’elle se trouve  évidemment limitée par la loi. On ne peut pas tout dire, sur le mode de l’injure ou de la diffamation, on ne peut pas inciter à la haine ou à la violence envers des groupes ou des peuples. Nous nous croyons voltairiens en pensant que la liberté d’expression doit être sans limites. C’est là oublier que  les mots peuvent tuer (socialement) et inciter au meurtre.

JOL Press : Pensez-vous qu’un retour en politique de l’antisémitisme soit envisageable ?

Pierre-André Taguieff : Oui, on peut le penser. Le succès de Dieudonné est un symptôme social, en même temps qu’un révélateur de la signification antijuive de l’antisionisme ambiant, ou banal. Il  témoigne d’une demande sociale de contestation du statu quo, d’une révolte contre un ordre politique bloqué, voire d’une détestation du « Système ». Et il est vrai que la vie politique s’endort et endort : les querelles internes à l’UMP et les cafouillages du gouvernement n’intéressent personne. Où trouver de nouvelles raisons de s’enthousiasmer ? Le succès de Dieudonné, comme celui de Poujade naguère, s’explique principalement  par l’appel du vide.

Je pense donc que des jeunes qui veulent s’engager ou simplement en découdre peuvent se fédérer autour de l’agitateur Dieudonné, dont les prêches peuvent s’analyser comme la mise en mots et en spectacles de haines et de ressentiments dont on aurait tort de sous-estimer la puissance. Cet ex-humoriste est devenu un habile démagogue qui sait transformer un certain nombre de rejets et d’aspirations, de colères et d’inquiétudes en une sorte de programme politique informel. Mais il ne peut s’agir que d’un programme d’action contre. Le pour n’est pas son fort.

Propos recueillis par Marine Tertrais pour JOL Press

Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris). Il a notamment publié, aux Puf, La Nouvelle Propagande antijuive.

 

 


12 février 2019

Sur l’antisémitisme légalisé

Imaginons qu'une affaire soit portée à la Justice en France et que celle-ci classe l’affaire en écartant la notion d’« injure raciale» par l’arrêt ci-joint : « replacée dans son contexte, la phrase ne vise pas la communauté musulmane en tant que communauté humaine, mais la religion musulmane (…) M. X la fustige au même titre que la religion juive et la religion catholique, tout en faisant peser sur la religion musulmane une responsabilité particulière en tant que dernière religion monothéiste».

Il va de soi qu’un tel arrêté, surtout dans le contexte actuel, et en particulier à partir de l’énoncé suivant (« la phrase ne vise pas la communauté musulmane en tant que communauté humaine, mais la religion musulmane ») aurait déclenché des réactions véhémentes puisque traiter les musulmans, en général de surcroît, d’escrocs, est diffamatoire.

Or, la Justice française s’est permise avec beaucoup d’aplomb, beaucoup, de rendre ce même jugement, mais, cette fois, à propos des…Juifs :

Ainsi selon une dépêche de l’ AFP (09.02.06 | 17h35) :

« La cour d'appel de Paris, appelée à statuer de nouveau sur des propos présumés antisémites de Dieudonné, après la décision de la Cour de cassation d'annuler la relaxe de l'humoriste, l'a une nouvelle fois mis hors de cause dans un arrêt rendu jeudi.

Le 30 juin 2004, la 11e chambre de la cour d'appel de Paris avait relaxé l'humoriste qui avait affirmé dans une interview au magazine Lyon Capitale: "Les juifs, c'est une secte, une escroquerie, c'est une des plus graves parce que c'est la première".

La cour avait estimé que ces propos ne constituaient pas une injure raciale, car ils ne visaient pas la communauté mais la religion juive. La chambre criminelle de la Cour de cassation, sur un pourvoi formé par le Consistoire central (Union des communautés juives de France), avait cependant cassé cette décision, le 15 mars 2005.

De nouveau saisie, mais dans une autre composition, la 11e chambre de la cour d'appel de Paris a confirmé jeudi sa première décision.

"Replacée dans son contexte, la phrase ne vise pas la communauté juive en tant que communauté humaine, mais la religion juive (…) Dieudonné M'Bala M'Bala la fustige au même titre que la religion musulmane et la religion catholique, tout en faisant peser sur la religion juive une responsabilité particulière en tant que première religion monothéiste", a expliqué l'arrêt. La phrase poursuivie relève d'un débat d'ordre théorique sur l'influence des religions et ne constitue pas une attaque dirigée vers un groupe de personnes en tant que tel", a-t-il ajouté » .

On le voit, il suffit de remplacer juif par musulman et première par dernière pour mesurer la similitude des cas et parier que la Cour n’aurait certainement pas rendu le même jugement si les musulmans en tant membres d’une religion avaient été si bassement attaqué par un humoriste. Et la tendance aounitienne du MRAP aurait hurlé avec les loups.

Deux poids deux mesures donc.

Il en est de même pour la dérive pasdaranienne du Mrap aounitien lorsque celui-ci se permet de comparer (sur son site) des chansons contestataires et des chansons racistes en argumentant (à la façon des pasdarans iraniens lorsque ceux-ci se mettent à comparer Shoah et critique de l’islam radical) en écrivant ceci : « Ceux qui veulent interdire les groupes de Rap aujourd'hui , sont les copies conformes de ceux qui hier interdisaient Boris Vian ou Brassens ». Or, il existe une marge entre contester le service militaire, s’en prendre à la bigoterie, aux bourgeois, etc, et traiter la France de salope qu’il faut violer jusqu’à l’épuiser…On ne voit guère de poésie là-dedans, d’une part, d’autre part, le fait de l’interdire ou pas est un autre débat qu’il ne s’agit pas d’amalgamer avec la critique nécessaire d’un tel contenu évidemment insultant, quasi-raciste, méprisant, diffamatoire…

Plus profondément, il semble bien que d’un côté la Justice en France glisse progressivement vers une compréhension politique du fait infâmant en jugeant qu’il vaut mieux laisser tranquille ceux ayant le rapport de forces en leur faveur. On l’a vu également avec diverses relaxes de mafieux portant la casquette syndicale. D’un autre côté, il semble bien que le clan aounitien (largement) majoritaire au MRAP aggrave les tensions au lieu de les apaiser puisqu’il juge que toute critique visant la manière dont l’islam radical utilise la croyance musulmane doit être assimilée à une attaque en règle vis-à-vis de celle-ci en général.

On aurait aimé plutôt qu’il s’en prenne enfin à l’islam radical, le poursuivant en justice puisqu’il excelle dans ce genre de procédure (jusqu’à parler de justice « apaisante » à propos de sa plainte contre France-Soir, à l’instar d’un calife rendant sentence dans sa miséricorde…). Il pourraît également s’interroger sur la façon dont certains musulmans divinisent Mahomet jusqu’à non seulement interdire sa représentation (alors qu’il n’est qu’un homme) mais vont jusqu’à l’imiter y compris dans sa façon de faire la guerre, tuer ses prisonniers en les égorgeant et les décapitant si l’on suit sa biographie établie par Ibn Hitchâm (Fayard, 2004, traduction Wahib Atallah) lorsqu'il est écrit comme Mahomet tua, de ses mains, des centaines de Juifs. On peut y lire ceci (p. 232):

«Exécution des Banû Quraydha (Sîra, II, 58-60). Le Prophète recommanda à ses compagnons: «Tout juif qui vous tombe sous la main, tuez-le » Ainsi, lorsque le Prophète l’emporta sur les juifs des Banû Quraydha, il prit près de quatre cents prisonniers et donna l’ordre de leur trancher la gorge».

Page 277, ( Sîra, II, 240-241) il est question de la même tribu, six cents à neuf cents hommes, qui cette fois fut égorgé par Mahomet lui-même :«(…) Il alla (…) sur la place du marché de Médine (…) et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés. (…) Ils étaient six cents à sept cents hommes. On dit huit cents et même neuf cents. (…) Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale».

Comment peuvent réagir de jeunes musulmans attirés par l’islam radical qui récite à longueur de journée ce genre de récits ? C’est ce comportement là qu’un supposé mouvement censé promouvoir l’amitié entre les peuples devrait penser. Nous sommes bien loin du compte.

Plus encore, nous glissons progressivement vers une impossibilité pratique (mentale et juridique) de le faire, parce qu’il est présupposé par de médiocres théoriciens qui ont médiatiquement et politiquement pignon sur rue que l’islam radical n’est « que » le produit d’un certain état du monde dominé par le Nord capitaliste etc…

Ce qui est là évidemment mépriser ces musulmans qui ont décidé d’appliquer littéralement le texte, c’est du néoracisme, un anthropocentrisme similaire à l’ancien puisqu’au lieu d’inférioriser il victimise mais le résultat reste le même : l’autchtotone est dans tous les cas perçu comme passif, il subit, alors qu’en réalité il se trouve dôté d’un cerveau et peut fort bien juger qu’il préfère lutter à mort contre la société démocratique, plutôt que de la prendre en compte comme solution universelle (à adapter selon les histoires spécifiques évidemment) à la complexité de nos trajectoires individuelles et collectives, parce qu’il désire préserver le lien qu’il croît ressentir encore au plus profond de lui avec cette époque de conquête et de gloire qui marquait encore un peu une sorte d’égalité des chances entre les forces en présence.

Nous sommes aujourd’hui à des années-lumières de cette situation. Et plutôt que de regarder encore ce lointain passé comme lumière à venir il conviendrait mieux de se tourner résolument vers l’innovation, l’inédit, afin de naviguer entre l’excès et le manque, en se nourrisant du passé non pas pour le ressasser, mais avancer vers l’affinement au lieu de régresser vers la destruction ou la guerre vécue comme état politique et psychique permanent.

A l’évidence, l’islamisme, l’intégrisme en général, l’aounitisme en particulier, s’évanouissent à l’idée de débattre sur ces hauteurs : manque de Souffle (pneuma) sans doute.

10 février 2006

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv, Editorial de Resiliencetv-ARTV | Mots-clefs :

12 février 2019

« Israël assassin »ou le cri(me) raciste de l’antisémitisme ordinaire

Le Parisien : " 18h54. «Israël assassin, Hollande démission!», «Nous sommes tous des Palestiniens» ou «Vive la Palestine, vive la résistance». Voici quelques uns des slogans scandés dans la manifestation.

18h51. Les appels au boycott de l'Etat Hébreu se multiplient dans le cortège".

C'est un cri devenu ordinaire dans la France d'aujourd'hui (un peu moins celle d'hier). Mais que signifie ce slogan, phare, crié aussi dans  la manifestation "modérée" (en même temps que l'idée de boycott) organisée entre-autres par le PCF (qui s'y connaît, lui, en millions d'assassinés, certains de mort lente au joyeux Goulag) sinon qu'Israël, tout Israël bien sûr, est l' "assassin" donc le criminel lui-même dont le but est de tuer de la façon la plus vile évidemment par surprise dans le dos jamais en face à face, Israël "est" ainsi ("devenu" pour les plus hésitants de ce racisme du quotidien) voilà tout ; en termes savants d'aucuns auraient parlé, mais pour d'autres (les méchants populistes, les Serbes, Russes, etc;) d'"essentialisme", telle cette idée de réifier la nature d'un être à un aspect et l'y réduire dans l'aspect le plus retors, n'est-ce pas là pourtant la définition chimiquement pur du racisme ?…

Ainsi "Israël" aurait comme seul but de tuer des petits enfants ou le mythe du meurtre rituel dont certains européens et musulmans accusaient déjà les Juifs au Moyen Âge et qui est aujourd'hui puissamment revisité ont déjà dit d'éminents spécialistes comme Taguieff ou Trigano : que dire de plus ?

D'autant que tout est grossièrement faux dans l'argumentaire de ces racistes gauches, mal dégrossis(accompagnés de certains juifs religieux déjà vus à Téhéran ou avec Dieudonné) ; ne parlons pas de ces historiens de pacotille croyant que le fait national juif date des "persécutions de la Seconde Guerre mondiale" ; ne parlons pas de tout ce qui s'est passé depuis la Déclaration Balfour, ou plus récemment en 2000 alors qu'il suffirait de lire My Life de Bill Clinton (en particulier les pages 937 à 946) pour comprendre comment Arafat a fait échouer le processus de paix d'Oslo (et pourtant la plupart de ses alliés arabes étaient subjugués par les concessions israéliennes acceptant de restituer 97% des territoires dits "contestés" ancestraux en réalité), Bill Clinton, que l'on ne peut guère accuser d'être d'extrême droite ou sioniste (car pour les manifestants même "modérés" c'est la même chose, ce qui fait bien rire la vraie extrême droite), n'est jamais bizarrement interrogé à ce sujet, comme s'il avait tourné la page, refusait d'en dire plus que ce qu'il a écrit tant il a sans doute peur d'envenimer la situation, mais en ce cas il a tort, et les chefs du Hamas le savent eux qui jouent leur unique carte, l'opinion mondiale, qui pensent refaire le coup du Vietnam, de l'Algérie, la France et les USA s'en allant alors qu'ils avaient vaincu…

Sauf que nous ne sommes pas, du tout, dans la même situation : les Israéliens ne sont pas étrangers à cette terre d'Israël dont le nom est même écrit dans le Coran (alors qu'il n'y a pas le mot "Palestine"cette invention romaine), ils n'ont donc pas à être traités d'occupants par les colons arabes ce qui est d'ailleurs le comble, mais un comble qui devient monnaie courante en France puisque l'on entend de plus en plus des fils et des petits filles d'égorgeurs du FLN "algérien" exiger de la France des réparations, se prétendre même chez eux parce qu'ils ont une "carte d'identité" tout en parlant de Poitiers, revendiquer l'Espagne, cherchant désormais à bouter les juifs hors de ce qui est devenu "chez eux" avec la complicité des néo-léninistes dont l'odeur de l'échec soviétique, maoïste, castriste, chaveziste, est si purulente qu'ils sont prêts à tous les compromis comme l'avaient fait avant eux leurs amis iraniens dans les années 80 et sous la bienveillance d'un Michel Foucault en extase de retour de Téhéran. A quand un reportage dithyrambique de Alain Badiou dans l'État islamique ? (Chiche!) Parce qu'il n'y a qu'une différence de degré et non de nature entre le califat rouge de Staline et le califat noir des djihadistes.

Rien de nouveau sous le soleil ? Si, quand même : Israël, et ses amis, sont en meilleure posture que dans les années 1970-90, et cela change tout. L'offensive spirituelle de libération des esprits et des coeurs aura lieu : elle a déjà commencé, aux avants postes :-)

23 juillet 2014

Written by Lucien SA Oulahbib in: Article Resiliencetv, Débats-RTV, Libertés-RTV |

12 février 2019

Banalisation de l’antisémitisme

L’antisémitisme est aujourd’hui justifié sur la préférence donnée au nationalisme panarabe et palestinien sur le nationalisme juif.

L’antisémitisme peut ne pas encore être mis à l’épreuve de son l’acceptabilité sociale aux USA, mais il est certainement devenu acceptable.

La preuve de cet état de fait lamentable a été apportée cette semaine par la publication d’un portrait élogieux du Pr. John Mearsheimer de l’université de Chicago, dans la revue ‘Atlantic Monthly’, rédigé par le gourou maison de la politique étrangère, Robert Kaplan.

Mearsheimer est l’auteur, avec le Pr. Stephen Walt, de l’Ecole de gouvernement Kennedy à Harvard, du livre tristement célèbre paru en 2007 « The Israel Lobby and US Foreign Policy » [le lobby d’Israël et la politique étrangère des USA]. Depuis la publication du livre, Mearsheimer est devenu l’un des antisémites les plus en vue en Amérique.

L’article de Kaplan était une tentative évidente de réhabilitation de Mearsheimer pour faire valoir sa théorie ‘réaliste’ du lobby pro-Israël dans les affaires internationales.

La théorie ‘réaliste’ de Mearsheimer proclame que la sphère internationale existe dans un état d’anarchie perpétuelle. En conséquence, le facteur motivant les actions des Etats dans les affaires internationales, ce sont leurs intérêts nationaux. La moralité proclame-t-il, n’a aucune place dans ces affaires.

Le fondement intellectuel important de cette théorie a fait de Mearsheimer l’un des plus éminents spécialistes de sciences politiques en Amérique dans les années 1990. Etant lui-même ‘réaliste’, en particulier en lien avec l’ascension de la Chine en superpuissance, Kaplan pensait peut-être qu’en réhabilitant Mearsheimer, il contribuerait à convaincre les décideurs politiques d’adopter une approche réaliste de la Chine.

Mais quelles que soient les motivations de la rédaction de ce portrait, et quel que soit son éventuel impact sur la politique des USA à l’égard de la Chine, le portrait de Mearsheimer par Kaplan a servi à banaliser un antisémite et ce faisant, à valider à son intolérance.

Il est devenu nécessaire de réhabiliter Mearsheimer parce que depuis les années où lui et Walt ont publié leur théorie de la conspiration contre Israël et ses partisans américains, Mearsheimer a activement adopté des éléments marginaux aux USA et dans le monde pour valoriser sa campagne de discrédit contre Israël et ses partisans.

Comme Alan Dershowitz l’a mis en exergue en novembre dernier, Mearsheimer a rédigé une apologie enthousiaste d’un livre hystériquement antisémite rédigé par le musicien de jazz britannique antisémite, le prolifique Gilad Atzmon. Ce livre, intitulé ‘The Wandering Who ?’ [Quel est l’Errant ?] est bourré de dénégations de l’Holocauste, de déclarations sur les Juifs qui contrôleraient le monde et l’Amérique, de portraits d’un D.ieu juif malin et corrompu, et il prétend qu’Israël est pire que l’Allemagne nazie.

Dans son apologie, Mearsheimer a qualifié le livre de « fascinant », et dit qu’il « devrait être lu aussi bien par les Juifs que les non juifs ». Pour Kaplan, le soutien de Mearsheimer à Atzmon n’était qu’une simple faute. Mais bien au contraire. C’était une décision transparente de la part de Mearsheimer d’user de sa notoriété pour légitimer ses propres opinions antisémites.

Dans un discours au ‘Palestine Center’ en avril 2010 par exemple, Mearsheimer a fait le distinguo entre les « bons » Juifs et les Juifs « néo – Afrikaners ». Les premiers sont les Juifs qui s’opposent à Israël et l’attaquent et les seconds sont les Juifs qui soutiennent et défendent Israël. En aseptisant l’intolérance de Mearsheimer par son portrait sympathique, Kaplan a banalisé sa haine. Et Kaplan n’est pas le seul.

Le portrait de Mearsheimer par Kaplan fait partie d’un courant plus large aux USA, dans les lettres, la politique et la culture selon lequel l’antisémitisme devient de plus en plus acceptable. Comme Adam Kirsch l’a remarqué cette semaine dans un article sur le magazine ‘Tablet online’, la dispute centrale sur le ‘Lobby Israel’, à savoir qu’une cabbale de Juifs déloyaux et de leurs partisans a obligé les USA à adopter une politique pro Israël à l’encontre de ses intérêts nationaux, a trouvé une expression récente dans les écrits de journalistes du courant majoritaire, y compris le rédacteur du ‘New York Times’ Tom Friedman et celui du ‘Times’ Joe Klein.

La semaine dernière, le magazine ‘Foreign Policy’ online, détenu par le ‘Washington Post’ – qui publie un blog régulier de Stephen Walt, a publié un article de Mark Perry déclarant qu’en 2007 et  2008, des agents du Mossad se sont fait passer pour des agents de la CIA dans une opération tortueuse dont le but était de bâtir une relation de coopération avec le groupe pakistano-iranien terroriste Jundallah opposé au régime baloutche.

L’article de Perry se fondait uniquement sur des sources anonymes. Son but évident était de discréditer la notion même de coopération du renseignement israélo-américain sur l’Iran.

Après la publication de l’article de Perry, Israël a délaissé son comportement habituel de ne jamais commenter les questions de renseignement. Le ministre des affaires étrangères a dénoncé cet article comme une « totale absurdité ».

Ce que la revue ‘Foreign Policy’ n’a pas dit aux lecteurs, c’est que Perry n’est pas un journaliste objectif. C’est un ancien conseiller de Yasser Arafat et l’avocat de la prise de contact des USA avec le Hamas et le Hezbollah. En omettant de mentionner ces biais, ‘Foreign Policy’ est devenue un accessoire de la banalisation de l’antisémitisme. Comme le ‘Lobby Israel’, l’article de Perry dans ‘Foreign Policy’ ajoute à la légitimité de l’attitude qui prête une erreur  fondamentale aux relations étroites avec l’Etat juif.

Peut-être que si Mearsheimer et Walt avaient publié leur version de la mise à jour des ‘Protocoles des Sages de Sion’ en 1997 au lieu de 2007, ils auraient été reçus de la même manière : ils se seraient tenus dans la meute dominante pendant plusieurs années, mais alors l’acceptation et le soutien graduels à leur intolérance aurait évolué depuis les marges vers le courant dominant.

En cinq ans, ils auraient été réhabilités par ‘l’establishment’. Mais selon toute probabilité, cela n’aurait pas été le cas.

C’est un fait qu’au tournant du siècle, et en particulier à la suite de l’effondrement du processus de paix israélo-palestinien en 2000 – effondrement précipité par le rejet par Arafat d’un Etat palestinien, et à la suite des attaques du 11 septembre 2001 contre les USA, l’antisémitisme est devenu bien plus acceptable aux USA et à travers le monde. Le nombre des attaques contre les Juifs s’est envolé et la guerre intellectuelle contre Israël et ses partisans juifs a crû de façon toujours plus virulente.

L’ascension de l’antisémitisme aux USA a de nombreuses causes, mais trois développements parallèles ressortent. D’abord, le développement de stations satellitaires arabes comme Al Jazeera a porté la haine antijuive du monde arabe dans le discours occidental.

Il est vrai, la plupart des occidentaux rejettent la forme éradicatrice de la propagande antisémite comme brutale et erronée. Mais la haine antijuive véhiculée par ces émissions a eu un impact corrosif sur le discours occidental. Elle a accoutumé les observateurs aux mensonges mis au cœur de la propagande.

Ainsi, alors que qu’ils peuvent rejeter les appels quotidiens à détruire les Juifs, les Occidentaux ont de plus en plus internalisé la proclamation basique que les Juifs méritent d’être haïs. Prenez par exemple un article du ‘Washington Post’ la semaine dernière sur la décision de l’Egypte d’interdire aux fidèles juifs de faire leur pèlerinage annuel sur le tombeau du sage de la Torah Rabbi Yaakov Abuhatzeira.

Le narratif prétend que les Egyptiens se sont opposés à Israël du fait de leur comportement à l’égard des Palestiniens et parce que l’attaque terroriste à travers la frontière égyptienne en août dernier « a conduit au meurtre d’au moins cinq garde-frontière égyptiens pendant que des soldats israéliens poursuivaient les ‘militants’ présumés ». C’est à dire, selon le ‘Washington Post’ exactement comme le déclarent les media panarabes, qu’Israël est entièrement responsable de la haine arabe contre les Juifs.

Et puis il y a bien sûr les media européens.

Cette semaine, le journal chrétien hollandais ‘Trouw’ a publié un article sur les soins prénataux en Israël, rédigé par Ilse van Heusden. Celle-ci a écrit sur les soins médicaux de très haute qualité qu’elle a reçus en Israël où elle a vécu temporairement et où elle a donné naissance à un fils en bonne santé. Plutôt que de vanter les soins attentifs qu’elle a reçus, Van Heusden les a attaqués. Elle a déclaré que la médecine prénatale de classe mondiale en Israël est un produit de son adhésion à l’eugénisme et de sa similitude avec l’Allemagne nazie. Comme elle l’a formulé : « Etre enceinte en Israël est comparable à une opération militaire. D’innombrables échographies et tests biologiques sanguins doivent produire un bébé parfait, rien ne doit être laissé au hasard. L’Etat exige des bébés sains et en grand nombre ».

La décision du journal ‘Trouw’ de publier l’attaque antisémite de Heusden n’est qu’un élément parmi  les articles innombrables publiés dans les media européens décrivant les Israéliens comme de méchants Juifs enclins à user de la science et de tous les autres moyens à leur disposition pour faire progresser les objectifs pleins de malignité des Juifs de dominer le monde, de génocide, d’apartheid, et de mal en général. Quand Israël ose se plaindre de ces attaques, les politiciens européens et les célébrités des media sont prompts à se dresser et à défendre leur droit à la liberté d’expression.

C’est ainsi que le ministre des affaires étrangères de Suède Carl Bildt – qui empêcha la publication de toutes les caricatures de Mohammed dans les media suédois – se dressa avec le tabloïd suédois ‘Aftonbladet’ quand celui-ci publia en 2009 un article accusant des soldats de Tsahal de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes. Dans l’esprit des antisémites, en tentant de s’opposer à cette accusation de crime rituel, Israël prouvait qu’il cherche à contrôler les media.

Les mensonges des media européens sur Israël se sont traduits dans les politiques gouvernementales officielles de mensonges sur Israël. C’est ainsi que l’Assemblée Nationale française a publié le mois dernier un rapport sur la géopolitique de l’eau incluant une diatribe de 20 pages prétendant qu’Israël utilise l’eau comme une arme d’apartheid contre les Palestiniens.

Pour rédiger ce rapport, les législateurs français ont dû ignorer non seulement le contenu de l’accord israélo-palestinien sur l’eau dans leur Accord Intérimaire de 1995. Ils ont dû ignorer le fait basique qu’Israël donne à l’AP bien plus d’eau que l’accord ne le demande, et ils ont prêté des intentions malignes au gouvernement israélien. C'est dire qu’ils ont dû adhérer à l’irrationalité de l’antisémitisme.

Parallèlement à la pénétration de l’antisémitisme arabe dans le discours occidental via les media panarabes, et l’adhésion à un antisémitisme manifeste dans les media et la classe politique européens au cours de la décennie passée, nous avons été les témoins du développement d’une alliance entre la Gauche occidentale et les mouvements islamistes.

L’adoption par la Gauche internationale des émules du Hamas, des Taliban, de l’Iran et des ‘Frères Musulmans’ a augmenté le niveau d’aisance des décideurs politiques américains de Gauche et isolationnistes dans l’adhésion à des positions hostiles à d’Israël. Ainsi, au moment même où le gouvernement Obama fait une cour assidue aux Taliban, aux ‘Frères Musulmans’ et au régime iranien, selon ‘Chanel 2’, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a refusé de rencontrer le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman lors de son prochain voyage à Washington. ‘Channel 2’ rapporte que des officiels américains de haut rang ont dit : « Lieberman est un obstacle à la paix. Nous ne voulons pas figurer sur une photo avec lui ni ce qu’il représente ».

L’antisémitisme est un préjugé basé sur le rejet de la raison. Pour le combattre, il ne suffit pas de réfuter les affirmations des semblables de Mearsheimer. Lui et ses collègues doivent être discrédités et leur potentialisateurs être couverts de honte.

Mais avant que cela n’arrive, la communauté juive mondiale et les Israéliens doivent identifier ce qui survient. L’antisémitisme est de nouveau à la mode. Sa nouvelle justification n’est pas la race ou la religion. C’est le nationalisme. L’antisémitisme d’aujourd’hui est justifié par la préférence donnée au nationalisme palestinien et panarabe sur le nationalisme juif.

Et comme ses prédécesseurs raciste et religieux, son but est de nier aux Juifs le droit d’être libres. Face à cette agression, le Peuple juif en Israël et dans la Diaspora a deux alternatives. Nous pouvons soit succomber face à nos ennemis, ou bien nous pouvons résister.


http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=254400

Adaptation française de Sentinelle 5772 Ó

22 janvier 2012


11 février 2019

Lettre ouverte à nos politiques

 
LETTRE OUVERTE

 
La République est en danger: l'urgence est de refonder notre culture humaniste pour résister à la culture de mort des jihadistes.
 
Monsieur le Président de la République, Emmanuel MACRON,
Monsieur le Premier Ministre Edouard PHILIPPE,
Monsieur le Ministre de l'Education nationale, Jean-Michel BLANQUER,
 
 
Mes chers compatriotes,

La maison brûle. La République française est en danger. Les Juifs brûlent et sont égorgés vifs, les Chrétiens, les Athées, les Non-islamistes-jihadistes sont visés, et pour plus de 350 déjà, saignés comme des bêtes de boucherie – une liste que les autorités en place nous disent devoir encore s'allonger – et, si nous n'y mettons pas le holà, nos enfants, nos proches, nos concitoyens seront bientôt assassinés en vertu de la Charia frériste, wahhabite, salafiste qui fait un devoir sacré au Musulman en position de force de combattre et d'exterminer tout ce qui ne veut pas se rallier à son drapeau de mort.
 
Il y a des Musulmans réformistes, des femmes imam soufies défiant le patriarcat islamiste mais les grands régimes saoudien et iranien sont sur le même registre jihadiste que leurs émissaires en Occident qu'ils ne combattent que du bout des lèvres et sans les taxer d'hérétiques, ce qu'ils savent si bien faire avec les Réformistes musulmans qui se replient en Occident… avant parfois de repartir dans les pays du Moyen-Orient dont ils proviennent après avoir constaté l'état d'aveuglement de nos élites politiques et intellectuelles face au feu qui prend à la maison tandis qu'ils vont à leurs soupers mondains.
 
Comment en sommes-nous arrivés là ?
 
Un conte de Grimm, Le Clair soleil le révèlera au grand jour, permet de le comprendre. Je vous le transcris, sachant que parfois une histoire est encore la meilleure des démonstrations :
 
" A un compagnon tailleur qui s'en allait de-ci, de-là, de par le monde en faisant son métier, il arriva une fois qu'il ne trouva plus de travail et que sa pauvreté fut telle qu'il n'avait plus un sou vaillant en poche, ni plus rien à manger. Mais voilà qu'il rencontra sur sa route un Juif et, s'imaginant qu'il devait avoir beaucoup d'argent sur lui, le compagnon tailleur chassa Dieu de son cœur et se jeta sur le Juif en lui disant :
 
"Donne-moi ton argent, ou je te bats à mort!" Le Juif lui répondit: "Laissez-moi la vie sauve! De l'argent je n'en ai point : huit sous, c'est tout ce que je possède!" L'autre lui hurla sous le nez : "Oh ! Que si tu en as, de l'argent, et il faudra qu'il apparaisse!"
 
Il se jeta sur le Juif, le roua de coups et s'acharna sur lui jusqu'à son dernier souffle. Sur le point de mourir, le Juif put dire encore : " Le clair soleil le révèlera au grand jour!" puis il expira. Le compagnon tailleur eut beau lui retourner toutes ses poches, il ne trouva rien de plus sur lui que les huit sous qu'il avait dit; alors il tira le corps derrière un buisson et continua ses voyages en vivant de son métier. Longtemps après, quand il eut vu bien du pays, il eut un emploi dans une certaine ville, chez un maître tailleur qui avait une fille fort jolie; il la courtisa, l'aima, l'épousa et vécut heureux en ménage.
 
Bien plus tard, alors qu'ils avaient déjà deux enfants, ils eurent le foyer pour eux seuls, ayant perdu leurs vieux parents. Le tailleur, un matin, travaillait sur sa table devant la fenêtre, et sa femme lui apporta une tasse de café brûlant; il en versa dans la soucoupe pour le boire, et comme il l'approchait des lèvres, le soleil s'y mira et envoya en réverbération des cercles lumineux qui bougeaient sur le mur, près du plafond. Le tailleur jeta les yeux sur ces éclats lumineux et mouvants, puis dit soudain:
 
"Eh oui, il voudrait bien le révéler au grand jour, mais il ne le peut pas! " Sa femme, intriguée, lui demanda ce qu'il entendait par-là, mais il lui répondit qu'il ne pouvait pas le lui dire. " Si tu m'aimes, insista sa femme, tu me le diras quand même; il ne saurait y avoir de secret entre nous, et puis… et puis…" Bref, elle lui prodigua les plus douces paroles qu'on puisse entendre, le cajola, le câlina, le pressa sans répit jusqu'à ce qu'il lui eût raconté qu'il avait tué un Juif, il y avait de cela très longtemps, quand il faisait son tour de compagnon tailleur pour achever son apprentissage avant de passer maître.
Il était sans le sou, affamé, et il l'avait battu à mort; et ce Juif, dans son agonie, avait dit ces dernières paroles: " Le clair soleil le révèlera au grand jour." Alors là, maintenant, le soleil avait bien essayé de le révéler au grand jour, il avait brillé et fait des dessins sur le mur, mais il n'y était quand même pas arrivé. Cela dit, naturellement, il lui fit promettre de ne le répéter à personne, à personne absolument; et elle le lui promit puisqu'il y allait de sa vie. Pourtant, il s'était à peine remis au travail que déjà, elle le racontait à la voisine, bien entendu sous le sceau du plus grand secret, en lui faisant jurer qu'elle n'en soufflerait mot à âme qui vive. Mais trois jours ne s'étaient pas écoulés que toute la ville le savait et que le tailleur fut arrêté, jugé et exécuté.
 
Le soleil, finalement, l'avait quand même révélé au grand jour."
 
Grimm Les Contes (1812) Edition intégrale Garnier Flammarion, t. II, pp. 158 – 159.
 
D'abord merci aux étudiants en Enseignement spécialisé qui m'ont apporté ce conte dans une formation que je leur donnai au printemps 2006, peu de temps après l'assassinat précédé de 24 jours de tortures d'Ilan Halimi par Youssouf Fofana et son dit "Gang des Barbares" dans le silence indifférent d'une  police incapable de prendre en compte le caractère antisémite du crime qui se déroulait sous ses yeux.
 
Voici un conte d'avertissement. Le non-croyant remplacera Dieu par l'humanité ou la compassion. Pour un compagnon – et l'histoire se passe en Allemagne quelque part entre le Moyen-Age, où les Juifs portaient, par décret royal ou impérial, des vêtements ou des marques qui les faisaient reconnaître comme tels au premier coup d'œil, et les Temps modernes, avant l'émancipation des Juifs allemands (1871). Les compagnons étaient forcément des Chrétiens convaincus ayant prêté serment sur la Bible pour pouvoir faire leur tour d'Europe et être admis à la table des maîtres artisans puis inclus dans les corporations de leurs métiers qui les amenaient souvent à bâtir des cathédrales.
 
L'histoire raconte le boomerang de la conscience morale, éclipsée puis de retour, chez ce compagnon qui ayant cédé à la pulsion de meurtre ment pour pouvoir s'insérer dans la société, mais qui, une fois devenu père et responsable (ses parents sont morts), ne peut plus assumer son crime tout en gardant son statut familial et social et qui se débrouille, par un acte manqué (il parle de son crime à sa pipelette de femme), pour recevoir le châtiment mérité qui le remet en règle avec la société, sa conscience et lui-même par le biais de la peine capitale. Et en effet, les régimes chrétiens (catholiques, orthodoxes ou protestants) n'ont jamais prôné la mise à mort des Juifs mais leur infériorisation sociale, politique et économique, pour attester de ce qu'eux-mêmes étaient désormais et à leur place le Verus Israël.
 
Ainsi l'assassinat d'un Juif reste l'assassinat d'un homme, une créature de Dieu et comme telle, une créature sacrée.
Ce conte s'adapte aussi parfaitement à la problématique des enfants de collaborateurs passifs et actifs du régime de Vichy: pour révéler leurs secrets de famille et lever l'hypothèque que ceux-ci faisaient peser sur eux-mêmes et sur leurs enfants, des écrivains et des artistes n'ont pas hésité à les divulguer dans des récits autobiographiques explicites:
 
Alexandre Jardin, dans Des Gens très bien (Grasset, 2011) raconte le secret longtemps maintenu dans son cercle familial au sujet du rôle de son grand-père, Jean Jardin, directeur du cabinet de Pierre Laval, d'avril 1942 à octobre 1943. Personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy après Pétain et architecte de la politique de collaboration d'Etat de la France avec l'Allemagne nazie, c'est Laval qui va organiser la déportation des enfants juifs de moins de 16 ans au moment de la Rafle du Vel d'Hiv (16 – 17 juillet 1942). 11 000 enfants juifs de France périssent durant toute cette période.
 
A la Libération Laval tente de fuir mais il est arrêté et est condamné à être fusillé pour Haute trahison et complot contre la sûreté intérieure de l'Etat par la Haute Cour de Justice. Le peintre et sculpteur Gérard Garouste, dans L'Intranquille (Livre de Poche, 2011) écrit : "Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation.
A vingt-huit ans j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris." Oui, connaître les conséquences de nos trahisons à l'égard de la morale et surtout de la vérité (puisqu'il paraît que l'Occident est la terre natale du Logos) est la première condition pour ne pas banaliser ces trahisons et ne pas se mettre à la merci du boomerang qui leur est attaché.
 
Ciselé comme un diamant, ce conte décrit la mécanique infernale d'auto-destruction dans laquelle s'est piégé le compagnon. Notre société post-moderne sécularisée se croit à l'abri du boomerang de la conscience morale et que dire du châtiment divin ! Elle croit qu'elle peut vivre en ne délivrant, au sujet du plus grand crime contre l'humanité perpétré au XXème siècle, la Shoah, que les vérités qui lui conviennent et notamment remplacer le mot de Shoah par "génocide des juifs et des Tsiganes" qui sonne moins …juif! Et passer sous silence les siècles d'antijudaïsme philosophique et économique ayant suivi l'antijudaïsme religieux chrétien puis musulman et comme eux ayant servi de carburant à l'antisémitisme racialiste, mais aussi les hommages rendus à la Torah par les bâtisseurs de notre Etat de droit, les légistes Bodin, Cujas, Michel de L'Hospital, mais aussi les philosophes politiques Hobbes, Spinoza, Rousseau.
 
Mais bizarrement voilà que l'extrême-gauche "bouffeuse de curé" se met à choyer les islamistes comme ses frères d'armes dans le combat pour la justice sociale, et sert les intérêts des promoteurs de la Charia en Occident, et qu'un Mélenchon défend les ateliers en "non-mixité" objectivement racistes anti-Blancs et antisémites – prônés par la soi-disant "indigène de la République" Houria Bouteldja, ateliers accueillis à l'Université de Limoges.
 
Mais voici que les régimes successifs de droite comme de gauche en France, s'accrochent comme la corde au pendu, à des régimes plus liberticides les uns que les autres : Arabie saoudite, Qatar, Iran, leur vendant des armes et des avions militaires comme pour acheter une paix sociale dont rationnellement, on peut se dire qu'elle recule de plus en plus, ces régimes ne pouvant que nous mépriser de marcher ainsi sur nos valeurs et nos principes les plus chers. Y sommes-nous obligés ? Non, vraiment pas.
 
Et même ce fichu pétrole, ces états ont besoin de l'écouler non ? Ils aspirent à nous le vendre sans avoir besoin de nos salamalecs (cf Thérèse Delpech, L'Ensauvagement) en l'espèce de la tolérance de leurs mosquées salafistes sur notre territoire et de nos prêches anti-israéliens aux 13h et aux 20h, cet Israël chez lequel nous allons maintenant piteusement réclamer des conseils en Renseignement et en lutte anti-terroriste. Alors où est le sens de nos compromissions sinon dans un sabordage à la mesure du refoulement du crime de parricide perpétré contre les Pères de la civilisation occidentale que sont les Juifs?
 
Et voici le contre-témoignage de la vérité porté par Victor Duruy, Historien agrégé, Ministre de l'Instruction publique, promoteur de l'Instruction des filles et des enfants des classes les plus modestes de France :
 
 
Les Juifs

[…] Le mont Sinaï fut consacré par la promulgation de la loi civile et religieuse, et Moïse essaya d'enchaîner son peuple au dogme précieux de l'unité divine par de nombreuses prescriptions qui donnèrent aux lois hébraïques une incomparable supériorité sur les autres législations. Au lieu de la distinction des castes, […] les Juifs eurent l'égalité des citoyens devant Dieu, devant la loi, et, dans une certaine mesure devant la fortune, puisque dans l'année sabbatique et au jubilé , qui revenaient l'une au bout de sept ans et l'autre après 49 années , l'esclave était affranchi, la dette effacée, et la propriété aliénée restituée à son premier maître [d'où les fulminations des prophètes quand les rois ne respectaient pas cette prescription ! ]. Les chefs des Juifs sortaient du peuple, et si leurs prêtres devinrent comme héréditaires, parce qu'ils durent toujours être pris dans la tribu de Lévi, ils n'eurent que l'hérédité de la pauvreté. Dans le monde ancien où la société reposait sur l'esclavage, les Juifs avaient des serviteurs plutôt que des esclaves. Ailleurs le législateur ne s'occupe ni du pauvre ni de l'indigent, et repousse l'étranger. Ici la loi était partiale pour le pauvre ; elle défendait l'usure, commandait l'aumône [Tsadik, le Juste vient de Tsedaka, la charité, l'aumône, ici considérée comme un droit], prescrivait la charité même envers les animaux, appelait l'étranger au temple et aux sacrifices. Ainsi tout ce que le monde ancien abaissait et repoussait, la loi mosaïque le relevait. Dans cette société l'étranger n'était plus un ennemi, l'esclave était encore un homme et la femme venait s'asseoir dignement à côté du chef de la famille, entourée des mêmes respects".

Victor Duruy, Histoire générale. Histoire abrégée de l'Antiquité du Moyen-Age et des Temps modernes jusqu'en 1848- Hachette, 1910, 8è édition .

Pour l'Antiquité, après avoir traité des Egyptiens, Assyriens, Phéniciens, Duruy en arrive aux Juifs (et ça paraît très étonnant qu'il emploie ce terme vu que les manuels d'Histoire actuels ne parlent que des "Hébreux" pour l'Antiquité alors qu'ils parlent des "juifs" au moment du nazisme) On sait que Duruy était un progressiste en matière sociale et politique. Victor Duruy (1811 – 1894), historien et ministre de l'Instruction publique sous le Second Empire (1863 – 1869) d'orientation politique démocratique et sociale (il votera pour la Seconde République en 1848) et est à l'origine de l'Instruction gratuite et obligatoire en France. Il encourage la gratuite de l'enseignement primaire en donnant des subventions d'Etat aux communes pauvres, et en créant la Caisse des Ecoles pour aider les élèves issus de familles nécessiteuses. Sa loi du 10 avril 1867 oblige les communes de + 500 hab. à ouvrir une école de filles; En 1868 il crée l'Ecole Pratique des Hautes Etudes . La III ème République achèvera son œuvre. Jules Ferry lui demandera de l'aider pour l'élaboration de la loi du 21 décembre 1880 relative à l'enseignement secondaire des filles. Il est membre du Conseil supérieur de l'Instruction publique de 1881 à 1886. Il fut reçu premier à l'agrégation d'Histoire en 1833 et écrivit de nombreux ouvrages d'Histoire savants et scolaires. Il s'appuie dans ce texte sur la législation des Hébreux qui se trouve dans le Deutéronome et dans le Lévitique.

En 6ème, il serait judicieux de faire suivre ce texte, dans le livre d'Histoire, des questions suivantes:
 
- Pourquoi Duruy parle-t-il de "Juifs" et non d'"Hébreux" [après la déportation des Hébreux à Babylone, en – 596, par Nabuchodonosor on leur donna le nom de "Juifs" en désignant ainsi le fait qu'ils habitaient la Judée, située au sud de l'Israël actuel]

- Quels liens faites –vous entre "dogme précieux de l'unité divine" à laquelle "Moïse essaya d'enchaîner son peuple" et les lois morales et économiques qui régissaient le peuple juif dans l'antiquité ? [réponse : étant tous crées par le Dieu unique, les hommes sont tous frères et doivent se concevoir et se traiter comme tels : d'où l'impératif de la justice sociale, de l'égalité des hommes et des femmes; des travailleurs; du respect des étrangers. cf. Deutéronome, 7, 25 "Nous aurons la justice en partage"; Deut., 15, 4 "Il n'y aura pas d'indigent chez toi."; Deut.17, 18-19 "Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes…et ils jugeront le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit. Tu n'auras pas égard à l'apparence des personnes et tu ne recevras point de présents…Tu suivras ponctuellement la justice afin que tu vives…"; Deut., 23, 7 "Tu n'auras pas en abomination l'Egyptien car tu as été étranger dans son pays."; Deut. 23, 15-16 "Tu ne livreras pas à son maître un esclave qui se réfugiera vers toi, après l'avoir quitté. Il demeurera chez toi, au milieu de toi dans le lieu qu'il choisira, dans l'une de tes villes, ou bon lui semblera. Tu ne l'opprimeras pas." etc.. ]

- Qu'est-ce que la loi pour le peuple juif ? [une prescription de l'intérêt général, sous le contrôle de Dieu (soit l'idéal de l'Etat de droit) et non un décret de l'arbitraire des rois ou des empereurs]

- Quels sont les aspects de la législation juive de l'antiquité que retient ici Duruy ? [ aspects moraux, sociaux , économiques. Il ne traite pas des lois pénales]

- En quoi cette législation juive diffère-t-elle des autres législations antiques ? (prenez des exemples précis ). [dans le Code d'Hammourabi, le législateur penchait toujours en faveur des plus riches, ce qui est interdit ici]

- Quels liens peut-on établir entre les conceptions législatives des Juifs de l'Antiquité et celles des Républiques démocratiques modernes ? Quelles différences note-t-on ? [ les idéaux de liberté sous des lois, d'égalité de tous devant ces lois, et de fraternité qui interdit de hiérarchiser les êtres humains au motif de leur condition sociale, sexe, ethnie, religion sont communs. Mais la liberté, l'égalité et la fraternité étaient commandées par Dieu; alors que dans la république moderne elles sont indépendantes de la religion et décidées par le peuple souverain.

Et pourquoi donc attribuer aux Juifs et non à Emmanuel Kant le mérite de la découverte de la morale universaliste qui interdit de considérer quiconque, depuis le plus déshérité des handicapés jusqu'à l'homme dans toute sa vigueur, depuis le membre d'une classe dominée, par exemple un(e) étranger(e) appartenant à un groupe ethnique ou religieux minoritaire souffrant de vexations quotidiennes de ses semblables, jusqu'à celui d'un membre mâle d'un groupe majoritaire et dominant se considérant comme chez lui dans son pays et se rengorgeant de n'être pas un exilé, en passant par la femme, l'enfant ou le pauvre?
 
Parce que Monsieur le Président, toute sa morale rationnellement fondée n'a pas prémuni Kant contre le sexisme le racisme et l'antisémitisme les plus plats comme on peut le constater à la lecture de l'Anthropologie du point de vue pragmatique ou de La Religion dans les limites de la simple raison.
 
Parce que le doux Alain qui se targuait de comprendre la religion sous les auspices du positivisme rationaliste était imbu de préjugés antisémites que sa raison ne lui indiquait nullement comme antithétiques avec un humanisme que tous lui prêtaient mais qui excluait des êtres humains – les Juifs – de l'humanité.
 
Parce que la raison humaine erre bien souvent, là où l'idée philosophique d'un Tout-Autre (pour parler comme Lacan) totalement hors de la portée de notre intelligence et des ruses de nos intérêts, est seul capable, comme garant de l'éthique, de faire barrage à notre dévorant désir de nous imposer nous-mêmes comme norme de l'humanité dans sa quintessence et dans son excellence – ce qui est la définition même du crime contre l'humanité comme l'a bien analysé Hannah Arendt à la fin d'Eichmann à Jérusalem en discernant que, loin de signifier un sommet dans la cruauté, le crime contre l'humanité c'est de se croire investi du droit de dire qui a ou non le droit d'habiter la terre avec "nous".
 
Et en adoptant le racialisme et l'antisémitisme Kant a émargé aux mêmes sources empoisonnées que ses compatriotes nazis cent cinquante ans plus tard. Cela veut-il dire qu'il faille nous couvrir de cendres et nous convertir au judaïsme si possible orthodoxe? Non, mais qu'il faut nous rendre attentifs au message philosophique que véhicule le judaïsme et qu'il faut enfin reconnaître la filiation juive de notre civilisation occidentale dans ses aspects progressistes.
 
C'est la Bible à la main que Thomas Hobbes a désacralisé dans le Léviathan (1651) la fonction royale en la faisant dépendre de la capacité du roi à assurer la sécurité de ses sujets en faisant taire le loup que chacun est pour son prochain en l'absence d'un pouvoir politique fort capable d'éteindre les velléités de guerre civile, et non plus, comme on le lisait jusque-là chez Bossuet, d'un décret divin voulant que l'on soit roi de père en fils si on appartenait à tel lignage. Et dans son Traité théologico-politique, Spinoza rend hommage aux aspects politiques de la Torah au nom de laquelle il avait pourtant été exclu de la synagogue.
 
Et tous quelle que soit notre religion, ne devons-nous pas enfin rendre hommage au peuple juif pour avoir introduit un jour de repos hebdomadaire, rompant par-là même avec le mépris du travail ravalé dans les conceptions antiques à la corvée d'esclave faute de shabbat et lui ayant conféré une dignité quasi divine, puisque le shabbat imite la cessation dans l'œuvrer du Dieu créateur. Existe-t-il au monde un peuple ou un individu qui ne bénéficie pas – ou ne rêve pas de bénéficier – de ce jour de repos hebdomadaire et Marx lui-même aurait-il pu élever le travail au rôle de "créateur de l'homme" dans sa XIème thèse sur Feuerbach si le IVème Commandement n'avait pas existé?
 
Le combat contre l'antisémitisme que vous dites vouloir mener, Monsieur le Premier Ministre, ne peut se livrer sans un nouvel enseignement de l'estime à l'endroit de nos compatriotes juifs pour ce que leur civilisation a apporté à la civilisation humaine. Ce ne sont ni le silence ni les déplorations à chaque crime antisémite qui déconstruiront les stéréotypes antisémites qui portent avec eux la mort comme la nuée porte l'orage. Sans un nouveau narratif positif au sujet de leur histoire longue et de leurs apports à l'humanité, pas de sortie des Juifs de la légende noire que la doxa des enfants des ex-collaborateurs du régime de Vichy – et ils sont très nombreux en France comme dans le reste de l'Europe – véhiculent encore de nos jours puisque l'Ecole ne leur en apprend pas d'autre!
 
Professeure de Philosophie et formatrice de professeurs, je sais de quoi je parle et j'en ai déjà traité dans mes articles en ligne.
 
La France, faute de reconnaître sa filiation réelle, est tiraillée entre deux mauvaises idées aussi contre-productives l'une que l'autre : la première est la croyance magique dans la possibilité de restaurer son roman national inchangé depuis la IIIème République avec son identité gauloise ethniquement pure, ayant permis l'enseignement universitaire du racialisme et du mépris à l'endroit des peuples colonisés et des Juifs (repensons à l'Affaire Dreyfus); la seconde est de verser dans le multiculturalisme relativiste en se lavant les mains des valeurs de la République et de la laïcité au nom d'une prétendue tolérance, qui masque mal les compromissions de l'électoralisme et l'abandon du peuple à ses assaillants islamistes.
 
Sommes-nous vraiment condamnés au suicide? Non. Il suffirait – et je pense ici à Moïse admonestant le Pharaon Ramsès II de libérer son peuple mais celui-ci le refusant obstinément nonobstant les plaies de l'Egypte, la dixième seulement le décidant à ouvrir les vannes de la liberté – de prendre au sérieux la profondeur de notre besoin de nous reconnaître en vérité pour ceux que nous sommes, des êtres libres, égaux en droits et fraternels,  en cessant de gommer notre filiation juive au milieu d'autres filiations, mais non exclusives de la première.
Oui, je sais, on nous l'a assez seriné, nous sommes post-modernes et nous avons tué le Père en la personne du roi et accessoirement en celle des Juifs. Mais un Père islamiste violent et persécuteur qui se targue de sa toute-puissance frappe à notre porte aujourd'hui, comme si le peuple ne pouvait, lui, s'en passer et réclamait son règne, sous la forme de sacrifices humains faute  d'autres représentations en cours.
 
Curieusement, Monsieur le Président vous avez  longé une pyramide, édifice on ne peut plus religieux, pour étrenner symboliquement votre accession au pouvoir. Hasard? Nécessité? Avez-vous compris qu'un choix crucial se présentait désormais à vous ? Le choix entre les rôles de libérateur ou de fossoyeur de votre peuple ? Car aujourd'hui il faut ou bien se savoir et se dire de filiation civilisationnelle juive et judéo-chrétienne ou mourir. Juifs majoritairement non par le sang mais par le sens, nous tenons de la Bible notre conception du caractère sacré de la vie humaine, notre Etat de Droit et notre Justice sociale, comme notre sens de l'égalité des êtres humains toutes conditions, toutes origines confondues.
 
Saurons-nous le dire à nos enfants en le rapportant dans nos programmes scolaires comme le faisait Duruy ou continuerons-nous à véhiculer le mythe de nos origines culturelles exclusivement gréco-romaines, nonobstant la justification philosophique de l'esclavage (Aristote, Politique, I, 4, I, 6, I, 10), les sacrifices humains religieusement institués et les infanticides permis par la loi à Athènes et à Rome? Avec, à côté, une histoire lacrymale des juifs, savourant à la Voltaire – le Voltaire antisémite très lâche du Dictionnaire philosophique – de les voir insultés, torturés et assassinés sous nos yeux indifférents, sans savoir que nous sommes tous, Juifs et non-Juifs mais sans allégeance à l'Etat islamique, promis au même sort?
 
Or notre penchant antisémite lié à la sécularisation de l'antijudaïsme chrétien dans les écrits des philosophes occidentaux nous rend poreux à l'antisémitisme mais aussi au sexisme et au totalitarisme, pour le dire en un mot, de l'islamisme conquérant.
 
Le combat de la culture par l'éducation pour la sauvegarde de notre civilisation dans la complexité de sa formation qui en fait la beauté (et je n'ai pas le temps et l'espace de m'étendre ici sur les apports des autres composantes de la nation qui doivent tout autant que ceux des Juifs figurer dans notre humanisme élargi) mais aussi la vulnérabilité, doit avoir lieu ou bien nous périrons. C'est ce devoir de vérité sur sa propre filiation juive qui fit faire à l'Eglise catholique les progrès du Concile de Vatican II que vous connaissez et lui permit de surmonter le déshonneur du silence de Pie XII face au nazisme. Un travail sur nous-mêmes comme nous réclamant d'une culture humaniste et laïque – mais non amnésique – est aujourd'hui un impératif vital.
 
En vous souhaitant une réflexion approfondie et sans concessions sur ce sujet, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, Messieurs les Ministres, l'expression de ma vigilante attente d'une action politique enfin à la hauteur des défis à relever.

 
Nadia LAMM, professeure de philosophie


Bibliographie :

HALIOUHA (Noémie) L'Affaire Sarah Halimi, Paris, Les Editions du Cerf, 2018.
KAPLAN (Francis) La Passion antisémite habillée par ses idéologues, Editions Le Félin, 2011.
KRIEGEL (Blandine) Philosophie de la République, Paris, Editions Plon, 1998 (pp. 48-51)
NAJI (Abu Bakr) Gestion de la barbarie, Editions de Paris, 2007.
ROUSSEAU (Jean-Jacques) Fragments politiques, Œuvres complètes, t.III,  Paris, Editions de la Pléiade, 1964.
YE'OR (Bat), L'Europe et le spectre du califat, Editions Les Provinciales, 2010.



Copies à M. André MAMOU, directeur de Tribune juive, à Mme BAT YE'OR, historienne, à MM. Lucien-Samir OULAHBIB, enseignant –chercheur directeur de la revue en ligne Dogma, Olivier VERON, Directeur de la maison d'Edition Les Provinciales, Francis KALIFAT, président du CRIF, Frédéric POTIER, Préfet, délégué en chef à la DILCRAH,  MM. Christophe CASTANER, président de LREM, Olivier FAURE, président du P.S., Laurent WAUQUIEZ, président de LR, Jean-Luc Mélenchon président de FI.

 
 

31 mars 2018


23 janvier 2019

Macron et les « complices de crimes du passé »

C’est ainsi qu’a été catégorisé par le Président de la République Française les citoyens français qui critiquent ce dit « Traité », de « complices de crimes du passé«  ce qui est fort injurieux, insultant même, comme s’il s’énervait contre lui-même en réalité se désignant en quelque sorte peut-être (les soviétologues nous ont appris qu’il fallait toujours entendre le contraire de ce qu’énoncent les dirigeants politiques) tant il voudrait faire passer des vessies pour des lanternes  le tout sous le prétexte de dites « fausses nouvelles » alors que si factuellement en effet l’Alsace-Lorraine ne sera pas rétrocédée à l’Allemagne et si celle-ci ne siègera pas à la place de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU, il n’empêche que des dispositions organisationnelles inscrites dans le Traité signé pourraient d’autant plus le permettre effectivement, comme on peut le lire ci-dessous dans divers extraits aux passages contentieux soulignés en gras (mes commentaires seront en italique entre parenthèses) que la France est de plus en plus dépendante financièrement des marchés du fait de sa dette aggravée ; elle peut certes emprunter à des taux avantageux (alors que l’Allemagne se désendette) mais ce parce que les créanciers font confiance au soutien de l’Allemagne en cas où via entre autres les divers « mécanismes de stabilité » mis au point et qui ont été d’ailleurs critiqués en Allemagne :

 » L’Ifo Institut für Wirtschaftsforschung a critiqué l’introduction du MES. Son président, Hans-Werner Sinn, considère que le plan de sauvetage serait une aventure incalculable pour l’Allemagne et un frein à la croissance. Il a notamment fait valoir que l’Allemagne se portait de facto garante des dettes des États membres de la zone euro et qu’elle les prendrait en charge ce qui augmenterait les coûts pour l’État allemand (…). »

Observons ces extraits du Traité qui devraient être pour tout le moins explicités par le Président de la République Française avant d’insulter de la sorte ses concitoyens et ce même s’ils interprètent à leur façon :


«  CHAPITRE premier

Affaires européennes

(…)

Article 2

Les deux États se consultent régulièrement à tous les niveaux avant les grandes échéances européennes, en cherchant à établir des positions communes et à convenir de prises de parole coordonnées de leurs ministres. Ils se coordonnent sur la transposition du droit européen dans leur droit national.(Cela peut signifier qu’il ne sera guère possible qu’il y ait des divergences, durables, en la matière, que cela soit en amont (notez le terme « avant ») qu’en aval : la transposition rend alors supérieur le droit européen sur le droit français).


CHAPITRE 2

Paix, sécurité et développement

Article 4

(4) Les deux États instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité comme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Ce Conseil se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

(les alinéas précédents, non reproduits ici, parlent de coopérations diverses y compris en matière de fabrication militaire, or du fait des difficultés financières et que le budget militaire français a été rogné (d’où la démission du général de Villiers) même s’il va ré-augmenter (comprenne qui pourra) l’Allemagne, qui détient, de fait, les cordons de la bourse, pourra infléchir y compris dans ce domaine là).


« Article 5

Les deux États étendent la coopération entre leurs ministères des affaires étrangères, y compris leurs missions diplomatiques et consulaires. Ils procéderont à des échanges de personnels de haut rang. Ils établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité, leurs représentations permanentes auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et leurs représentations permanentes auprès de l’Union européenne, ainsi qu’entre les organismes des deux États chargés de coordonner l’action européenne. »

quoi se réfère, strictement, cette notion « d’échange » et surtout « établir des échanges »? Pourquoi ne pas dire plutôt: « ils se concerteront » ?  S’agit-il seulement d’ échanges de propos ou/et d’échanges de personnes ? Ce n’est pas clair…


CHAPITRE 4

Coopération régionale et transfrontalière

(…)

Article 13

2) À cet effet, dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux États et dans les limites du droit de l’Union européenne, les deux États dotent les collectivités territoriales des territoires frontaliers et les entités transfrontalières comme les euro-districts de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées permettant de surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports.

(Il n’y a pas en effet stricto-sensu d’abandon de l’Alsace et de la Lorraine, mais, à l’identique des Communautés de Communes en France qui ont primat sur ces dernières, les « euro-districts » surtout « dotés » de « ressources dédiées » (et octroyées par qui puisque la France est endettée?) auront structurellement le primat sur les anciennes structures qu’elles soient allemandes ou françaises d’ailleurs…

Article 14

Les deux États instituent un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes telles que l’État et les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les euro-districts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées. Ce comité est chargé de coordonner tous les aspects de l’observation territoriale transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne, de définir une stratégie commune de choix de projets prioritaires, d’assurer le suivi des difficultés rencontrées dans les territoires frontaliers et d’émettre des propositions en vue d’y remédier, ainsi que d’analyser l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers.

(Idem, qui peut croire que la France aura, non pas le dernier mot en la matière (toujours difficile en soi surtout s’il se veut systématique), mais au moins les moyens de peser sur te ou tel « projet prioritaire » puisqu’elle n’a pas la capacité financière sinon, alors, de monnayer des « échanges » propres à l’article 5 (ci-dessus) permettant à l’Allemagne d’accéder enfin à un certain prestige dans les affaires diplomatiques (d’où les insultes du Président de la République françaises envers ceux qui craignent un tel « deal »…).

(…)

CHAPITRE 5

Développement durable, climat environnement et affaires économiques

Article 20

(1) Les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies.

(Cet article ne fait que confirmer l’esprit général visualisé dans les extraits précédents montrant que dans les faits la France n’aura pas les moyens financiers de peser réellement sauf à rétrocéder son propre poids politique au niveau européen et international).

(…)

CHAPITRE 6

Organisation

(…)

Article 23

Des réunions entre les gouvernements des deux États ont lieu au moins une fois par an, alternativement en République française et en République fédérale d’Allemagne. Après l’entrée en vigueur du présent Traité, le Conseil des ministres franco-allemand adopte un programme pluriannuel de projets de coopération franco-allemande. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande chargés de préparer ces réunions assurent le suivi de la mise en œuvre de ce programme et en font rapport au Conseil des ministres.

(C’est la mise en pratique de l’ensemble).

Article 24

Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État.

(…)

Article 26

Des représentants des régions et des Länder, ainsi que du comité de coopération transfrontalière, peuvent être invités à participer au Conseil des ministres franco-allemands. (…) »

S’agit-il de « paranoïer » en signalant, dénonçant de manière crispée, « nationaliste », voire « raciste », une supposée « mainmise » de l’Allemagne? C’est ce que tentent de faire croire les partisans de ce Traité qui bien sûr se sont rués sur les dites « infox » en évacuant évidemment une lecture objective du Traité comme ils l’ont fait pour le Pacte de Marrakech en particulier ce passage du paragraphe 13 :

(…) Nous devons donner aux migrants les moyens de devenir des membres à part entière de nos sociétés, mettre en avant leurs contributions positives et promouvoir l’inclusion et la cohésion sociale. Nous devons garantir aux États, aux populations et aux migrants une meilleure prévisibilité et une plus grande certitude. À cette fin, nous nous engageons à faciliter et à garantir des migrations sûres, ordonnées et régulières, dans l’intérêt de tous ».

Qu’est-ce que cela veut dire surtout lorsqu’il s’agit de populations dominées culturellement par un islam qui refuse, en soi, toute « inclusion »? Certes, il peut être rétorqué comme il a été dit que les pays « riches » ont « besoin » de l’immigration du fait de leur faible taux de natalité (comme en Allemagne…) et de leur dénigrement envers des tâches pénibles ; sauf qu’il s’agit d’une vision de comptable, de techno, qui ne voit pas que cela ne se passe pas comme cela dans les faits, et, d’ailleurs, le Danemark a dû prendre des dispositions très fermes pour imposer un cadre strictement danois afin d’éviter la constitution d’un communautarisme offensif comme aux Pays-Bas, en Suède, au Royaume Uni…

Ensuite il peut certes être avancé que ceux qui fuient leurs pays, dominés par l’islam le plus souvent, veulent s’intégrer etc, sauf qu’ils sont rattrapés par des dispositifs financés par les wahhabites et soutenus par les gouvernements européens visant à les empêcher de s’intégrer dans les faits et ce à coup de construction de mosquées, de cours de langue d’origine, le tout pour ne pas trop les « déculturer » officiellement (en « échange » de pouvoir faire des affaires mercantiles officieusement comme l’a très bien expliquée Bat Y’eor) alors que si ces migrants s’expatrient c’est bien parce qu’ils veulent aussi changer, se transformer (thème ressassé pourtant par les idéologues du « genre ») sauf qu’ils s’en trouvent empêchés ; et non seulement ce Pacte de Marrakech ne fera rien pour l’éviter mais le Traité franco-allemand lui donnera les moyens politiques et financiers de s’appliquer puisque l’on ne voit pas pourquoi les dirigeants actuels de l’Allemagne n’imposeront pas à la France sa façon de voir la chose…

On aimerait se tromper… On peut en tout cas en discuter sans se faire traiter de « complices de crimes du passé »…Un énervement qui (dé)voile tout ce non dit en fait.


20 janvier 2019

Yassine Belattar ou l’entrisme larmoyant

Le temps des humoristes Smaïn, Fellag (photo) est bien mort, on ne les voyait pas pleurer toutes les cinq minutes ou menacer judiciairement tel ou telle au nom d'une supposée accointance à "l'islamisme" qui aurait été énoncée, comme s'il s'agissait d'une attaque raciste, ce qu'a fait pourtant sans souffler un Yassine Belattar qui cependant la joue aujourd'hui mollo dans son interview au Point, depuis sans doute qu'il a été descendu par Marianne.

Ce faux débonnaire imbu de suffisance (vide) du genre on ne me la fait pas à moi môssieur s'agissant de "l'islamophobie" ou des "banlieues" n'est que l'énième photocopie du pédant qui vous refait modestement l'histoire du monde avec le yaka-fokon décolonial à la mode mais qui tache "grave" (vegra pour les puristes) genre ah ! Si la société française était plus inclusive pour parler canadien made in Trudeau ; comme si les sociétés marocaines algériennes saoudiennes l'étaient (mais là c'est trop facile comme argument) comme si toute société humaine laissait les nouveaux entrants caracoler "en haut de l'affiche" chantait feu Aznavour (qui ne pleurnichait pas, lui) en claquant les doigts façon "tirez les premiers, messieurs les anglais".

La vie est un combat disait l'autre, si Joséphine Baker, Amstrong, Léopold Senghor, David Blackwell et tant d'autres, anonymes, ont pu émerger, malgré l'animosité ambiante (propre à toute société) sans discrimination positive et autre SOS assistance, (et autre "préfet musulman" à trouver façon Sarko) c'est, aussi, parce qu'ils avaient décidé de ne pas poser "l'autre", le "dominant", comme la cause ultime de leurs maux ; tant pis pour Benattar and Co, l'esclavage l'aigreur le ressentiment n'ont pas été inventé par les blancs (qui par contre sont les seuls à se questionner dessus).

Comme si le manque, toujours actuel, de développement des pays non occidentaux, soixante ans après leur indépendance, ou la fin des protectorats, était la faute de ces derniers… Il est vrai cependant que les dirigeants en particulier (néo)gaullistes (mais les socialistes n'ont pas été en reste) ont soutenu ceux qui ont fait main basse sur l'Afrique du Nord.

Est-ce que Bellatar demande des comptes sur la disparition de Ben Barka ? Je n'en ai pas le souvenir.

Dans ce qui suinte des propos de ce sieur, mais aussi de tous ceux qui lui ressemblent consiste à la jouer en fait défensivement, riant jaune (à défaut d'en avoir le gilet) tant la supériorité supposée de "la" (the) Civilisation, l'unique (la musulmane (arabe bien sûr, alors que la grande majorité des habitants d'Afrique du Nord sont berbères) est en fait battue en brèche depuis des lustres ; déjà parce que l'islam n'aide pas vraiment à faire son mea culpa, bien au contraire puisque se considérant supérieur à toutes ces "déviations" que sont le judaïsme et le christianisme, ne parlons pas de la philosophie peu à peu écartée par ses principaux juristes tout le long de son émergence pour culminer en Wahhab et El Banna.

O, et c'est bien là que le bât blesse, même si Bellatar assène qu'il se veut français, a contrario de ceux dont il relativise le fondamentalisme ("j'ai été joué à Molenbeek"), et qui ont comme un avocat un Plenel (que Bellatar ne critique pas) confondant sciemment religion et origine ethnique ; c'est d'ailleurs ce que Bellatar fait également dans nombre de polémiques, même si dans l'interview du Point il tente de faire désormais patte "blanche" (au vu sans doute de ses nouvelles responsabilités auprès de la Présidence de la République) laissant sous-entendre qu'il ne connaît pas trop l'islam en réalité et que défendre absolument le fait de ne pas manger du porc et boire du vin ne serait pas son souci premier ou encore plus subtilement cherchant à montrer qu'il n'a rien contre les juifs, mais ce au sens subliminal de dissocier juif français et juif français sioniste ("j'ai même défendu le fils de Raphaël Enthoven" dit-il dans l'interview du Point), comme le font du reste les suppôts dieudonésiens frères d'armes des "nous sommes partout" remugle du "je suis partout" d'avant guerre, comme si le fait qu'il n'y ait pas la paix entre Israël et les puissances arabo-musulmanes locales était la faute unique du premier.

Pourquoi une telle notoriété dans le sarcasme permanent, ce ton si bas de l'ironie (socratique) ? Sans doute parce que la repentance à sens unique, le fait de courber l'échine en permanence sont les deux mamelles de ce faux "patriotisme" sans nation sans culture sans genre sans frontières.


17 janvier 2019

THE PARIS STATEMENT:A Europe We Can Believe In

 

 

THE PARIS STATEMENT

 

 

A Europe We Can Believe In

 

1. Europe belongs to us, and we belong to Europe. These lands are our home; we have no other. The reasons we hold Europe dear exceed our ability to explain or justify our loyalty. It is a matter of shared histories, hopes and loves. It is a matter of accustomed ways, of moments of pathos and pain. It is a matter of inspiring experiences of reconciliation and the promise of a shared future. Ordinary landscapes and events are charged with special meaning—for us, but not for others. Home is a place where things are familiar, and where we are recognized, however far we have wandered. This is the real Europe, our precious and irreplaceable civilization.
Europe is our home.
 
2. Europe, in all its richness and greatness, is threatened by a false understanding of itself. This false Europe imagines itself as a fulfilment of our civilization, but in truth it will confiscate our home. It appeals to exaggerations and distortions of Europe’s authentic virtues while remaining blind to its own vices. Complacently trading in one-sided caricatures of our history, this false Europe is invincibly prejudiced against the past. Its proponents are orphans by choice, and they presume that to be an orphan—to be homeless—is a noble achievement. In this way, the false Europe praises itself as the forerunner of a universal community that is neither universal nor a community.
 
A false Europe threatens us.
 
3. The patrons of the false Europe are bewitched by superstitions of inevitable progress. They believe that History is on their side, and this faith makes them haughty and disdainful, unable to acknowledge the defects in the post-national, post-cultural world they are constructing. Moreover, they are ignorant of the true sources of the humane decencies they themselves hold dear—as do we. They ignore, even repudiate the Christian roots of Europe. At the same time they take great care not to offend Muslims, who they imagine will cheerfully adopt their secular, multicultural outlook. Sunk in prejudice, superstition and ignorance, and blinded by vain, self-congratulating visions of a utopian future, the false Europe reflexively stifles dissent. This is done, of course, in the name of freedom and tolerance.
The false Europe is utopian and tyrannical.
4. We are reaching a dead-end. The greatest threat to the future of Europe is neither Russian adventurism nor Muslim immigration. The true Europe is at risk because of the suffocating grip that the false Europe has over our imaginations. Our nations and shared culture are being hollowed out by illusions and self-deceptions about what Europe is and should be. We pledge to resist this threat to our future. We will defend, sustain and champion the real Europe, the Europe to which we all in truth belong.
 
We must defend the real Europe.

5. The true Europe expects and encourages active participation in the common project of political and cultural life. The European ideal is one of solidarity based on assent to a body of law that applies to all, but is limited in its demands. This assent has not always taken the form of representative democracy. But our traditions of civic loyalty reflect a fundamental assent to our political and cultural traditions, whatever their forms. In the past, Europeans fought to make our political systems more open to popular participation, and we are justly proud of this history. Even as they did so, sometimes in open rebellion, they warmly affirmed that, despite their injustices and failures, the traditions of the peoples of this continent are ours. Such dedication to reform makes Europe a place that seeks ever-greater justice. This spirit of progress is born out of our love for and loyalty to our homelands.
Solidarity and civic loyalty encourage active participation.
 
6. A European spirit of unity allows us to trust others in the public square, even when we are strangers. The public parks, central squares and broad boulevards of European towns and cities express the European political spirit: We share our common life and the res publica. We assume that it is our duty to take responsibility for the futures of our societies. We are not passive subjects under the domination of despotic powers, whether sacred or secular. And we are not prostrate before implacable historical forces. To be European is to possess political and historical agency. We are the authors of our shared destiny.
 
We are not passive subjects.
 
7. The true Europe is a community of nations. We have our own languages, traditions and borders. Yet we have always recognized a kinship with one another, even when we have been at odds—or at war. This unity-in-diversity seems natural to us. Yet this is remarkable and precious, for it is neither natural nor inevitable. The most common political form of unity-in-diversity is empire, which European warrior kings tried to recreate in the centuries after the fall of the Roman Empire. The allure of the imperial form endured, but the nation-state prevailed, the political form that joins peoplehood with sovereignty. The nation-state thereby became the hallmark of European civilization.
 
The nation-state is a hallmark of Europe.
 
8. A national community takes pride in governing itself in its own way, often boasts of its great national achievements in the arts and sciences, and competes with other nations, sometimes on the battlefield. This has wounded Europe, sometimes gravely, but it has never compromised our cultural unity. In fact, the contrary has been the case. As the nation states of Europe became more established and distinct, a shared European identity became stronger. In the aftermath of the terrible bloodshed of the world wars in the first half of the twentieth century, we emerged with an even greater resolve to honor our shared heritage. This testifies to the depth and power of Europe as a civilization that is cosmopolitan in a proper sense. We do not seek the imposed, enforced unity of empire. Instead, European cosmopolitanism recognizes that patriotic love and civic loyalty open out to a wider world.
 
We do not back an imposed, enforced unity.
 
9. The true Europe has been marked by Christianity. The universal spiritual empire of the Church brought cultural unity to Europe, but did so without political empire. This has allowed for particular civic loyalties to flourish within a shared European culture. The autonomy of what we call civil society became a characteristic feature of European life. Moreover, the Christian Gospel does not deliver a comprehensive divine law, and thus the diversity of the secular laws of the nations may be affirmed and honoured without threat to our European unity. It is no accident that the decline of Christian faith in Europe has been accompanied by renewed efforts to establish political unity—an empire of money and regulations, covered with sentiments of pseudo-religious universalism, that is being constructed by the European Union.
 
Christianity encouraged cultural unity.
 
10. The true Europe affirms the equal dignity of every individual, regardless of sex, rank or race. This also arises from our Christian roots. Our gentle virtues are of an unmistakably Christian heritage: fairness, compassion, mercy, forgiveness, peace-making, charity. Christianity revolutionized the relationship between men and women, valuing love and mutual fidelity in an unprecedented way. The bond of marriage allows both men and women to flourish in communion. Most of the sacrifices we make are for the sake of our spouses and children. This spirit of self-giving is yet another Christian contribution to the Europe we love.
 
Christian roots nourish Europe.
 
11. The true Europe also draws inspiration from the Classical tradition. We recognize ourselves in the literature of ancient Greece and Rome. As Europeans, we strive for greatness, the crown of the Classical virtues. At times, this has led to violent competition for supremacy. But at its best, an aspiration toward excellence inspires the men and women of Europe to craft musical and artistic works of unsurpassed beauty and to make extraordinary breakthroughs in science and technology. The grave virtues of the self-possessed Romans and the pride in civic participation and spirit of philosophical inquiry of the Greeks have never been forgotten in the real Europe. These inheritances, too, are ours.
 
Classical roots encourage excellence.
 
12. The true Europe has never been perfect. The proponents of the false Europe are not wrong to seek development and reform, and there is much that has been accomplished since 1945 and 1989 that we should cherish and honor. Our shared life is an ongoing project, not an ossified inheritance. But the future of Europe rests in renewed loyalty to our best traditions, not a spurious universalism demanding forgetfulness and self-repudiation. Europe did not begin with the Enlightenment. Our beloved home will not be fulfilled with the European Union. The real Europe is, and always will be, a community of nations at once insular, sometimes fiercely so, and yet united by a spiritual legacy that, together, we debate, develop, share—and love.
 
Europe is a shared project.
 
 
13. The true Europe is in jeopardy. The achievements of popular sovereignty, resistance to empire, cosmopolitanism capable of civic love, the Christian legacy of humane and dignified life, a living engagement with our Classical inheritance—all this is slipping away. As the patrons of the false Europe construct their faux Christendom of universal human rights, we are losing our home.
 
We are losing our home.
 
14. The false Europe boasts of an unprecedented commitment to human liberty. This liberty, however, is very one-sided. It sells itself as liberation from all restraints: sexual freedom, freedom of self-expression, freedom to “be oneself.” The Generation of ’68 regards these freedoms as precious victories over a once almighty and oppressive cultural regime. They see themselves as great liberators, and their transgressions are acclaimed as noble moral achievements, for which the whole world should be grateful.
 
A false freedom prevails.
 
15. For Europe’s younger generations, however, reality is far less gilt with gold. Libertine hedonism often leads to boredom and a profound sense of purposelessness. The bond of marriage has weakened. In the roiling sea of sexual liberty, the deep desires of our young people to marry and form families are often frustrated. A liberty that frustrates our heart’s deepest longings becomes a curse. Our societies seem to be falling into individualism, isolation and aimlessness. Instead of freedom, we are condemned to the empty conformity of consumer- and media-driven culture. It is our duty to speak the truth: The Generation of ’68 destroyed but did not build. They created a vacuum now filled by social media, cheap tourism and pornography.
 
Individualism, isolation, and aimlessness are widespread.

 

 
16. At the same time that we hear boasts of unprecedented liberty, European life is more and more comprehensively regulated. Rules—often confected by faceless technocrats in league with powerful interests—govern our work relationships, our business decisions, our educational qualifications, our news and entertainment media. And Europe now seeks to tighten existing regulations on freedom of speech, an aboriginal European freedom—freedom of conscience made manifest. The targets of these restrictions are not obscenity or other assaults on decency in public life. Instead, Europe’s governing classes wish to restrict manifestly political speech. Political leaders who give voice to inconvenient truths about Islam and immigration are hauled before judges. Political correctness enforces strong taboos that deem challenges to the status quo beyond the pale. The false Europe does not really encourage a culture of freedom. It promotes a culture of market-driven homogeneity and politically enforced conformity.
 
We are regulated and managed.
 
17. The false Europe also boasts of an unprecedented commitment to equality. It claims to promote non-discrimination and the inclusion of all races, religions and identities. Here, genuine progress has been made, but a utopian detachment from reality has taken hold. Over the past generation, Europe has pursued a grand project of multiculturalism. To demand or even promote the assimilation of Muslim newcomers to our manners and mores, much less to our religion, has been thought a gross injustice. A commitment to equality, we have been told, demands that we abjure any hint that we believe our culture superior. Paradoxically, Europe’s multicultural enterprise, which denies the Christian roots of Europe, trades on the Christian ideal of universal charity in an exaggerated and unsustainable form. It requires from the European peoples a saintly degree of self-abnegation. We are to affirm the very colonization of our homelands and the demise of our culture as Europe’s great twenty-first century glory—a collective act of self-sacrifice for the sake of some new global community of peace and prosperity that is being born.
 
Multiculturalism is unworkable.
 
18. There is a great deal of bad faith in this thinking. Most in our governing classes
doubtless presume the superiority of European culture—which must not be affirmed in public in ways that might offend immigrants. Given that superiority, they think that assimilation will happen naturally, and quickly. In an ironic echo of the imperialist thinking of old, Europe’s governing classes presume that, somehow, by the laws of nature or of history, ‘they’ will necessarily become like ‘us’—and it is inconceivable that the reverse might be true. In the meantime, official multiculturalism has been deployed as a therapeutic tool for managing the unfortunate but ‘temporary’ cultural tensions.
 
Bad faith grows.
 
19. There is more bad faith at work, of a darker kind. Over the last generation, a larger and larger segment of our governing class has decided that its own self-interest lies in accelerated globalization. They wish to build supranational institutions that they are able to control without the inconveniences of popular sovereignty. It is increasingly clear that the ‘democratic deficit’ in the European Union is not a mere technical problem to be remedied by technical means. Rather, this deficit is a fundamental commitment, and it is zealously defended. Whether legitimated by supposed economic necessities or autonomously developing international human rights law, the supra-national mandarins of the EU institutions confiscate the political life of Europe, answering all challenges with a technocratic answer: There is no alternative. This is the soft but increasingly real tyranny we face.
 
Technocratic tyranny increases.

 

 
20. The hubris of the false Europe is now becoming evident, despite the best efforts of its partisans to shore up comfortable illusions. Above all, the false Europe is revealed to be weaker than anyone imagined. Popular entertainment and material consumption do not sustain civic life. Shorn of higher ideals and discouraged from expressing patriotic pride by multiculturalist ideology, our societies now have difficulty summoning the will to defend themselves. Moreover, civic trust and social cohesion are not renewed by inclusive rhetoric or an impersonal economic system dominated by gigantic international corporations. Again, we must be frank: European societies are fraying badly. If we but open our eyes, we see an ever-greater use of government power, social management and educational indoctrination. It is not just Islamic terror that brings heavily armed soldiers into our streets. Riot police are now necessary to quell violent anti-establishment protests and even to manage drunken crowds of football fans. The fanaticism of our football loyalties is a desperate sign of the deeply human need for solidarity, a need that otherwise goes unfulfilled in the false Europe.
 
The false Europe is fragile and impotent.
 
21. Europe’s intellectual classes are, alas, among the chief ideological partisans of the conceits of the false Europe. Without doubt, our universities are one of the glories of European civilization. But where once they sought to transmit to each new generation the wisdom of past ages, today most within the universities equate critical thinking with a simpleminded repudiation of the past. A lodestar of the European spirit has been the rigorous discipline of intellectual honesty and objectivity. But over the past two generations, this noble ideal has been transformed. The asceticism that once sought to free the mind of the tyranny of dominant opinion has become an often complacent and unreflective animus against everything that is our own. This stance of cultural repudiation functions as a cheap and easy way of being ‘critical.’ Over the last generation, it has been rehearsed in the lecture halls, becoming a doctrine, a dogma. And to join in professing this creed is taken to be the mark of ‘enlightenment,’ and of spiritual election. As a consequence, our universities are now active agents of ongoing cultural destruction.
 
A culture of repudiation has taken hold.
 
22. Our governing classes are advancing human rights. They are at work fighting climate change. They are engineering a more globally integrated market economy and harmonizing tax policies. They are monitoring progress toward gender equality. They are doing so much for us! What does it matter by what mechanisms they inhabit their offices? What does it matter if the European peoples grow more sceptical of their ministrations?
 
Elites arrogantly parade their virtue.
 
23. That growing scepticism is fully justified. Today, Europe is dominated by an aimless materialism that seems unable to motivate men and women to have children and form families. A culture of repudiation deprives the next generation of a sense of identity. Some of our countries have regions in which Muslims live with an informal autonomy from local laws, as if they were colonialists rather than fellow members of our nations. Individualism isolates us one from another. Globalization transforms the life prospects of millions. When challenged, our governing classes say that they are merely working to accommodate the inevitable, adjusting to implacable necessities. No other course is possible, and it is irrational to resist. Things cannot be otherwise. Those who object are said to suffer nostalgia—for which they deserve moral condemnation as racists or fascists. As social divisions and civic distrust become more apparent, European public life grows angrier, more rancourous, and no one can say where it will end. We must not continue down this path. We need to throw off the tyranny of the false Europe. There is an alternative.
 
There is an alternative.

24. The work of renewal begins with theological self-knowledge. The universalist and universalizing pretensions of the false Europe reveal it to be an ersatz religious enterprise, complete with strong creedal commitments—and anathemas. This is the potent opiate that paralyzes Europe as a political body. We must insist that religious aspirations are properly the province of religion, not politics, much less bureaucratic administration. In order to recover our political and historical agency, it is imperative that we re-secularize European public life.
 
We must turn back ersatz religion.
 
25. This will require us to renounce the mendacious language that evades responsibility and fosters ideological manipulation. Talk of diversity, inclusion and multiculturalism is empty. Often, such language is deployed as a way to characterize our failures as accomplishments: The unravelling of social solidarity is ‘actually’ a sign of welcome, tolerance, and inclusion. This is marketing language, a language meant to obscure reality rather than illuminate. We must recover an abiding respect for reality. Language is a delicate instrument, and it is debased when used as a bludgeon. We should be patrons of linguistic decency. Recourse to denunciation is a sign of the decadence of our present moment. We must not tolerate verbal intimidation, much less mortal threats. We need to protect those who speak reasonably, even if we think their views mistaken. The future of Europe must be liberal in the best sense, which means committed to robust public debate free from all threats of violence and coercion.
 
We must restore a true liberalism.
 
26. Breaking the spell of the false Europe and its utopian, pseudo-religious crusade for a borderless world means fostering a new kind of statesmanship and a new kind of statesman. A good political leader stewards the commonweal of a particular people. A good statesman views our shared European inheritance and our particular national traditions as magnificent and life-giving, but also fragile gifts. He does not reject that inheritance, nor does he chance losing it all for utopian dreams. Such leaders covet the honors bestowed upon them by their people; they do not lust for the approbation of the ‘international community,’ which is in fact the public relations apparatus of an oligarchy.
 
We need responsible statesmen.
 
27. Recognizing the particular character of the European nations, and their Christian mark, we need not be perplexed before the spurious claims of the multiculturalists. Immigration without assimilation is colonization, and this must be rejected. We rightly expect that those who migrate to our lands will incorporate themselves into our nations and adopt our ways. This expectation needs to be supported by sound policy. The language of multiculturalism has been imported from America. But America’s great age of immigration came at the turn of the twentieth century, a period of remarkably rapid economic growth, in a country with virtually no welfare state, and with a very strong sense of national identity to which immigrants were expected to assimilate. After admitting large numbers of immigrants, America closed its doors very nearly shut for two generations. Europe needs to learn from this American experience rather than adopt contemporary American ideologies. That experience tells us that the workplace is a powerful engine of assimilation, that a generous welfare system can impede assimilation and that prudent political leadership sometimes dictates reductions in immigration—even drastic reductions. We must not allow a multicultural ideology to deform our political judgments about how best to serve the common good, which requires national communities with sufficient unity and solidarity to see their good as common.
 
We should renew national unity and solidarity.
 
28. After World War II, Western Europe cultivated vital democracies. After the collapse of the Soviet Empire, Central European nations restored their civic vitality. These are among Europe’s most precious achievements. But they will be lost if we do not address immigration and demographic change in our nations. Only empires can be multicultural, which is what the European Union will become if we fail to make renewed solidarity and civic unity the criteria by which to assess immigration policies and strategies for assimilation.
 
Only empires are multicultural.
 
29. Many wrongly think Europe is being convulsed only by controversies over immigration. In truth, this is but one dimension of a more general social unraveling that must be reversed. We must recover the dignity of particular roles in society. Parents, teachers and professors have a duty to form those under their care. We must resist the cult of expertise that comes at the expense of wisdom, tact and the quest for a cultured life. There can be no renewal of Europe without a determined rejection of an exaggerated egalitarianism and the reduction of wisdom to technical knowledge. We endorse the political achievements of the modern era. Each man and woman should have an equal vote. Basic rights must be protected. But a healthy democracy requires social and cultural hierarchies that encourage the pursuit of excellence and give honor to those who serve the common good. We need to restore a sense of spiritual greatness and give it due honour so that our civilization can counter the growing power of mere wealth on the one hand and vulgar entertainment on the other.
 
A proper hierarchy nourishes social well-being.
 
30. Human dignity is more than the right to be left alone, and doctrines of international human rights do not exhaust the claims of justice, much less of the good. Europe needs to renew a consensus about moral culture so that the populace can be guided toward a virtuous life. We must not allow a false view of freedom to impede the prudent use of the law to deter vice. We must be forgiving of human weakness, but Europe cannot flourish without a restoration of a communal aspiration toward upright conduct and human excellence. A culture of dignity flows from decency and the discharge of the duties of our stations in life. We need to renew the exchange of respect between social classes that characterizes a society that values the contributions of all.
 
We must restore moral culture.
 
31. While we recognize the positive aspects of free-market economics, we must resist ideologies that seek to totalize the logic of the market. We cannot allow everything to be for sale. Well functioning markets require the rule of law, and our rule of law should aim at more than mere economic efficiency. Markets also function best when they are nested within strong social institutions organized on their own, non-market principles. Economic growth, while beneficial, is not the highest good. Markets need to be oriented toward social ends. Today, corporate giganticism threatens even political sovereignty. The nations need to cooperate to master the arrogance and mindlessness of global economic forces. We affirm the prudent use of government power to sustain non-economic social goods.
 
Markets need to be ordered toward social ends.
 
32. We believe Europe has a history and culture worth sustaining. Our universities, however, too often betray our cultural heritage. We need to reform educational curricula to foster the transmission of our common culture rather than indoctrinating young people into a culture of repudiation. Teachers and mentors at every level have a duty of memory. They should take pride in their role as a bridge between generations past and generations to come. We must also renew the high culture of Europe by setting the sublime and the beautiful as our common standard and rejecting the degradation of the arts into a kind of political propaganda. This will require the cultivation of a new generation of patrons. Corporations and bureaucracies have shown themselves to be poor stewards of the arts.
 
Education needs to be reformed.
 
33. Marriage is the foundation of civil society and the basis for harmony between men and women. It is the intimate bond organized around sustaining a household and raising children. We affirm that our most fundamental roles in society and as human beings are as fathers and mothers. Marriage and children are integral to any vision of human flourishing. Children require sacrifice from those who bring them into the world. This sacrifice is noble and must be honoured. We endorse prudent social policies to encourage and strengthen marriage, childbearing, and childrearing. A society that fails to welcome children has no future.
 
Marriage and family are essential.

34. There is great anxiety in Europe today because of the rise of what is called ‘populism’—though the meaning of the term seems never to be defined, and it is used mostly as invective. We have our reservations. Europe needs to draw upon the deep wisdom of her traditions rather than relying on simplistic slogans and divisive emotional appeals. Still, we acknowledge that much in this new political phenomenon can represent a healthy rebellion against the tyranny of the false Europe, which labels as ‘anti-democratic’ any threat to its monopoly on moral legitimacy. The so-called “populism” challenges the dictatorship of the status quo, the ‘fanaticism of the centre,’ and rightly so. It is a sign that even in the midst of our degraded and impoverished political culture, the historical agency of the European peoples can be reborn.
 
Populism should be engaged.
 
35. We reject as false the claim that there is no responsible alternative to the artificial, soulless solidarity of a unified market, a transnational bureaucracy, and glib entertainment. Bread and circuses are not enough. The responsible alternative is the true Europe.
 
Our future is the true Europe.
 
36. In this moment, we ask all Europeans to join us in rejecting the utopian fantasy of a multicultural world without borders. We rightly love our homelands, and we seek to hand on to our children every noble thing that we have ourselves received as our patrimony. As Europeans, we also share a common heritage, and this heritage asks us to live together in peace as a Europe of nations. Let us renew national sovereignty, and recover the dignity of a shared political responsibility for Europe’s future.

We must take responsibility.
 
Philippe Bénéton (France)

Rémi Brague (France)
 
Chantal Delsol (France)
 
Roman Joch (Česko)
 
Lánczi András (Magyarország)
 
Ryszard Legutko (Polska)
 
Pierre Manent (France)
 
Janne Haaland Matlary (Norge)
 
Dalmacio Negro Pavón (España)
 
Roger Scruton (United Kingdom)
 
Robert Spaemann (Deutschland)
 
Bart Jan Spruyt (Nederland)
 
Matthias Storme (België)

 

 

 

 

 

 

 

 


08 janvier 2019

Hypocrisies sur ladite « violence »des gilets jaunes

La chose la plus agaçante dans l'affaire du "boxeur", pour commencer par cet exemple, c'est de tronquer la vérité en s'en tenant aux images des coups de savate précédant l'assaut en droite-gauche sur le bouclier alors qu'il faudrait prendre en compte toute la séquence :

le parcours en direction de l'assemblée nationale était autorisé, or comme il a été empêché (pour de mauvaises raisons visiblement) alors qu'il aurait fallu le laisser s'acheminer à bon port, les GJ ont choisi, logiquement, d'autres chemins pour y accéder dont la passerelle qui n'était certes pas sur l'itinéraire (sans doute pour des raisons de sécurité: ainsi à Lyon les passerelles sont fermées lors de la fête des Lumières) mais pourquoi n'avoir pas laissé passer les gens quand même vu la situation ? Ne serait-ce qu'en file indienne ou deux par deux, les GJ auraient compris qu'il ne fallait pas trop charger la passerelle d'un coup, du moins si cela avait été expliqué calmement, au lieu de refuser puis charger ce qui dans la bousculade, dont une femme mise en danger, a fait enrager le boxeur comme il l'explique très bien dans sa vidéo.

Sauf que l'on a stoppé les GJ plus en amont au lieu de les laisser aller s'approprier, en citoyens, les abords de l'Assemblée, un arrêt brutal, soupçonneux (alors qu'il n'y a pas eu de magasins cassés cette fois) qui a pu apparaître brusquement dans l'atmosphère ambiante de défi réciproque comme étant un camouflet de plus voire du dédain celui de "grands"formatés par Versailles, aujourd'hui Saint Germain avec ses petits intellectuels et leurs petits claviers se croyant en 34 ; n'est-ce pas là d'ailleurs une faute à la fois tactique et stratégique grave que de laisser l'analyse et surtout la gestion de la situation à des gens aussi ignares ? 

Aussi est-il bien dommage que les cris de responsables syndicalistes policiers envers ladite "cagnotte" visant à payer les frais à venir du "boxeur" ne fassent pas la différence entre l'incident, regrettable, de la passerelle (le boxeur s'en excusant) et la hargne, récurrente, systématique, des blacks blocs qui en effet veulent casser, brûler du flic, cela n'a rien à voir, semble-t-il…

Plus encore, il est navrant que nos "lumières" au pouvoir (certains se trouvent même trop intelligents tel un Bruno Lemaire) continuent à ne pas comprendre la situation en s'arcboutant sur l'aspect légal des choses alors qu'il ne s'agit pas seulement de l'appliquer à la lettre mais d'agir aussi selon l'esprit des institutions au sens d'admettre, enfin, qu'un manifestant est un citoyen à qui l'on dit monsieur ou madame et que l'on respecte parce que l'on est À SON SERVICE !!!!

C'est cela qui ne passe plus, cet oubli du personnel politique qui se doit d'être sinon humble du moins respectueux étant à notre service ; aussi le fait d'être ainsi touché, repoussé brutalement (ne parlons pas de ce qui s'est passé à Toulon) avec ce vieux réflexe de la maréchaussée violentant les manants parce que les "Grands" l'ont décidé, tout ce mépris télécommandé par ces (faux) premiers (pas vraiment de cordée car ceux-ci ne méprisent pas, eux, ceux qui les suivent) avec toute cette prétention de croire que parce que l'on est les plus instruits cela influe automatiquement sur son intelligence alors qu'instruction et intelligence sont deux choses bien distinctes, c'est tout ce mépris qui appartient, en effet au "vieux monde"…

Mais faute de ne pas faire dans la dentelle, nos étoiles (bien loin d'en valoir cinq comme le rappellent nos amis italiens) imposent par exemple des cadres bien trop restrictifs pour les fameux débats à venir alors qu'il faudrait laisser ces derniers toucher tous les thèmes. Tous ? Tous. Sinon on ne voit vraiment pas à quoi cela servirait de "dialoguer" en tout cas guère à légitimer le salaire, mirobolant (sans doute une "fake news" hmm?…) de la préposée à leur présidence (qui vient d'ailleurs d'abandonner..).

Pourquoi ne pas pouvoir en effet parler de tout ? A l'ère en plus d'une instruction publique qui se vante de mener toute une classe d'âge au bac, à quoi cela sert-il donc toute cette culture générale, parfois une confiture (amère) étalée, sommant d'être ingurgitée durant de si longues années à quoi sert-elle sinon pour réfléchir et agir comme citoyen digne de ce nom, n'est-il pas tant d'y arriver, surtout à l'ère numérique ?… Autrement la connaissance resterait inutile comme l'écrivait le regretté Revel.

Ce qu'elle est devenue de toute manière non ? À voir également le degré d'ignorance de certaines affichettes invitées aux abreuvoirs médiatiques, par exemple sur l'islam, certaines de ces photocopies imprimant que celui-ci pourrait être domestiqué en France, mais oui voyons, alors que, ce faisant, il est en réalité immédiatement écarté ou ignoré par la majorité de ses adeptes (d'où la montée dudit "vrai" islam celui des salafistes). Et quand il domine dans certaines contrées n'en parlons pas tant la régression en matière de "droits humains" devient reine, on se demande bien pourquoi d'ailleurs mais un Edwy Plenel n'en dira pas un mot bien sûr.

Ce triste commissaire ex-trotskiste (voir sa confrontation avec Patrick Cohen) préfèrera sans sourciller réduire lui aussi le musulman à l'immigré, surtout à sa dimension de matière vivante, que l'on doit sauver instruire, soigner à tout prix (pas comme les vieux et les retraités) comme on le fait d'un cheptel en réalité. Car ne nous y trompons pas. Les mêmes ignorants qui ne comprennent rien à la situation complexe atteinte par notre modernité techno-urbaine ne voient pas non plus qu'un immigré n'est pas seulement un organe qui servira à "faire-le-travail-que-les-français-ne-veulent-pas"; ou qui fait des enfants pour contrebalancer les déficits de natalité et les encouragements à l'avortement systématique (pour sauver la planète bien sûr) ; l'immigré est aussi quelqu'un qui veut reproduire la culture dont il est issu, ce qui est dans l'ordre des choses, et ce jusqu'au niveau politique et donc juridique ; au sens de continuer à être élevé à l'encontre, précisément, de ce qui fait aujourd'hui le suc des démocraties occidentales : la liberté d'être ce que l'on a décidé de devenir ; voyez cette saoudienne obligée de se réfugier en Thaïlande parce qu'elle ne veut pas non plus du sort que lui promettrait un Plenel ou une Rose Améziane : rester musulmane.

Ainsi au lieu de proposer plus d'intégration et d'assimilation à une immigration (qui devrait être choisie plutôt que subie d'où la nécessité que cela soit l'ONU qui s'occupe des non réfugiés légaux) que voit-on de plus en plus sinon des régressions y compris juridiques expliquant par exemple pour tel violeur étranger qu'il ne comprenait pas les "codes culturels", d'où son acquittement partiel, voilà où mène le relativisme culturel, la destruction mentale dudit progressisme postmoderne aujourd'hui au Pouvoir, voilà ce dont les GJ veulent discuter au dire de certains sondages.

Mais le Pouvoir n'en veut pas ; cela s'est vu aussi dans sa volonté, contrariée, de se servir de la fiscalité pour "modifier les comportements" pour punir (le dit "ISF" servait aussi à cela alors qu'il coûte bien plus qu'il ne rapporte) ou encore d'imposer le modèle de la famille sans père et sans mère au nom d'un droit à l'enfant inexistant pourtant constitutionnellement et surtout nocif à l'enfant lui-même, d'où d'ailleurs le désir, contradictoire, au Brésil comme en Espagne de contester ce "bébé" de la théorie du genre (qui n'existe pas…)

Mais pourquoi ne pas discuter de tout cela sans chaperon, dame patronnesse?… Parce que ce serait "d'extrême droite" comme le clament le Pouvoir et ses clones médiatiques ? Sauf que, à les écouter, tout serait de cet acabit… Problème : de plus en plus de citoyens n'y croient plus…Et à force de crier au loup…


04 janvier 2019

Au bord du précipice: le grand bond en avant macronien

La proposition de débattre en France aurait pu avoir un sens s'il n'y avait pas cette brutale volonté, mais de plus en plus ourdie, de réprimer tout ce qui sort des clous (l'arrestation ubuesque -pendant vingt heures!- d'un des leaders des gilets jaunes Eric Drouet) le tout au nom de "l'État de droit" bafoué pourtant tous les jours.

Il y a quelques années, sous Sarkozy par exemple s'il y avait eu ces centaines d'arrestations la gentry actuelle (appelant désormais en bonne église, à un jour sans viande et sans poisson le lundi) se serait offusquée vent debout en appelant à "l'État policier"…

Mais il faudrait sans doute en appeler à des observateurs indépendants pour prouver la dénégation permanente du sacro-saint "État de droit", bien avant le phénomène des gilets jaunes, car lorsque l'on met en avant ce fait les partisans de la "loi rien que la loi" mettent au défi d'y arriver.

Aussi si nous avions des parlementaires avisés ils iraient sur le terrain dans les commissariats pour vérifier pourquoi telle ou telle infraction n'a pas été suivie d'effet, par exemple la casse dans les universités Paris I Tolbiac, Montpellier III, Toulouse, Lyon2, la violation de certaines enceintes de centrales nucléaires, le fauchage de champ de maïs, pourtant sous le contrôle de l'IRSEM, la destruction de centaine de cages d'escalier, d'ascenseurs, les incendies de lycées, collèges, les incendies de voiture, par milliers depuis des années, les tabassages de pompiers, médecins, policiers, arbitres, alors que les caméras de surveillance foisonnent…Le soutien aux immigrés clandestins (mais le Conseil Constitutionnel vient de faire jurisprudence…).

Il faut désormais prendre au mot le Pouvoir, que mille Gilets du Droit regroupent les infractions à la loi, impunies depuis des années et des années ou alors réduites à des "rappels à la loi" qui n'équivalent évidemment même pas aux 20 heures écopées par Drouet.

En tout cas si le Pouvoir voulait organiser sereinement les "débats" il ne se serait pas senti obligé de suivre ainsi la loi à la lettre en arrêtant ce gilet jaune (dont même un Dupont Aignan aimerait, chez Bourdin le 4/01/, que l'on en parle un peu moins ou la lutte des places médiatiques) ; d'autant que pour qu'il y ait arrestation sur le champ il faudrait un trouble réel à l'ordre public (dégradations, violences, voie de fait, flagrant délit…) bien plus tangible que le dépôt de bougies à cinquante personnes.

Les membres du gouvernement devraient donc réviser leur Droit avant de rappeler si formellement à l'ordre (car ils peuvent être attaqués en référé pour voie de fait) ; à moins que nous ayons été soudain propulsé en Chine, ce qui est possible du reste tant le Pouvoir cherche en réalité à étouffer toute expression tant que le rapport de force est en sa faveur, ce qui est dangereux celui pouvant se retourner. 

Mais en ayant Bruxelles en support le Pouvoir peut encore tenir en lâchant du lest budgétaire envers ses troupes répressives ; reste à savoir si ces dernières vont accepter d'aller déloger des mamies, de casser toute cette chaîne désormais d'amitié et de solidarité qui permet encore aux gens des ronds points de tenir.

Le Pouvoir et ses affidés dans les médias n'ont de cesse de compter à rebours le nombre de gilets jaunes encore en contestation (2000, 1999…) croyant ainsi faire disparaître le malaise en agissant sur les seuls symptômes, on se croit revenu dans les années 1970 (Overney…).

Certes, ils affirment, paradoxalement, que le fond n'est pas "du tout" oublié, du moins si l'on ne veut pas seulement noircir le tableau. On parle ainsi de" référendum à choix multiples" permettant de réduire ici le nombre de parlementaires d'augmenter là la proportionnelle de permettre ici et là quelques référendums locaux ; sauf que tout cela semble bien relever de la fameuse cosmétique si n'est pas, déjà, mis à plat la revendication première : une réelle transparence fiscale avec diminution réelle de certaines taxes ; elle permettrait de comprendre pourquoi moins de la moitié des foyers fiscaux payent l'impôt, pourquoi à trente euros près des aides possibles sont brusquement hors d'atteinte, pourquoi l'argent prélevé va plutôt ici et pas là, pourquoi les aides aux entreprises existent-elles de façon si iniquement égalitaire.

Tout cela impliquerait évidemment un réel traçage des fonds, un contrôle démocratique qui ne doit pas concerner uniquement les parlementaires, donc une réforme constitutionnelle s'avèrerait nécessaire pour rendre aussi non seulement public tout cela, mais permettre également des inflexions tout le long de la législature en faisant en sorte via des référendums que l'on augmente le budget ici, tout en le baissant en fin de compte là ; soit un panachage de démocratie représentative et de démocratie directe, comme en Suisse, en Italie, et dans les pays scandinaves.

Ainsi certaines prisons sont dans un état déplorable comme si la non détention devenait une priorité ; le prétexte fallacieux pour certaines ONG étant que plus on en construirait plus y aurait de détenus, et comme la prison serait un accélérateur de crimes selon elles (ce qui est faux la prison ne faisant que reproduire ce qui existe déjà) il vaudrait mieux en avoir moins ; comme si le droit à la sanction visant à réparer le tort envers la victime ET la société était devenu pratiquement illégitime (voilà la vraie violation de l'État de droit); de même, certaines universités sont à la fois empêchées de grandir tout en étant ponctionnées dans leur surplus, alors que d'autres universités sont laissées à l'abandon ; tandis que des sommes considérables sont toujours débloquées pour tel ou tel établissement pourtant bien tenu par les franges les plus anti-État de droit au possible (comme certaines E.N.S) sans parler de projets aux visées pas très claires ou inutiles (le rapport annuel de la Cour des Comptes en regorge) ne parlons pas des sommes allouées aux éoliennes alors que celles-ci sont complètement dépassées technologiquement et très polluantes dans leur fabrication.

On le voit, et alors que la société française s'est remise en "marche" le Pouvoir au lieu d'en être content, musèle, boucle, rétrécit les périmètres de discussion ne serait-ce que sur la place de l'immigration qui sert souvent pour le clientélisme économique et électoral (aux USA c'est flagrant).

Et aussi sur la place de l'avortement, quasi obligatoire de fait dans certains endroits alors que tant de couples aimeraient adopter ; pourquoi également ne pas prendre aussi en charge ces jeunes femmes qui aimeraient garder l'enfant mais n'en n'ont pas les moyens ? Est-ce vraiment être "ultra conservateur" que de préférer des solutions de vie alors que certains se battent pour sauver les animaux et légaliser les mineurs migrants ?…

Tout peut être discuté, à la loyale, sans anathème a priori, mais le Pouvoir et ses relais climatiques en est-il capable ? On peut en douter.

Le  4/1/2019

Voir : https://youtu.be/cBiHJxGxz1g


30 décembre 2018

Joie Amour Paix pour 2019?

Qui ne voudrait pas de tout ce qui se vit s'active en ces trois mots si fondants (en particulier ce chercheur au CNRS mis à pied car devenu GJ) ? Et faut-il les opposer à  "Liberté égalité fraternité" (observez que Liberté est premier dans la devise) ? Ne vaut-il pas mieux les combiner chuchota le Porteur d'Eau ? Joie=liberté (ou l'inverse) égalité=amour (la réciprocité) fraternité=paix (l'entraide plutôt que l'envieux). Cela s'entrelace, s'enchevêtre, non?…

Pourquoi nous n'y sommes cependant pas en cette humeur (qui m'a été indiquée fortuitement alors que j'étais d'humeur grognon à lire les nouvelles du jour par une boule tombée brusquement du sapin et sur laquelle se trouve précisément écrit "joie, amour, paix" alors que les autres boules ( sur lesquelles rien n'était écrit) sont restées sagement accrochées, elles…) en apparence donc, en réalité aussi, nous sommes pas vraiment dans cette ambiance "cool" ; du moins pour l'instant si l'on veut, si l'on aspire ainsi à préserver, coûte que coûte, tel un conte de Noël éternellement inachevé, cette note benoîtement optimiste qui n'est évidemment pas sans fondement: lissé sur cinq cent ans, et malgré les énormes icebergs passés, présents, et futurs (les problèmes à résoudre sont permanents disait Léo Strauss) jamais la planète ne s'est portée aussi bien, surtout comparé aux atrocités du XX° siècle, quoi qu'en disent les oiseaux de malheur…

Deux icebergs principaux (de la taille ayant coulé le Titanic) empêchent cependant de voir ainsi la vie en rose, savourant à l'infini cette combinaison avec ses six mots si moelleux : d'une part les irréductibles non pas gaulois mais inhumains qui considèrent que seule la loi animale du plus fort prévaut, d'autre part les ineffables indécrottables pacificateurs qui veulent imposer leur paix (avec caméra de surveillance) ayant décrété un jour que puisque la Terre et l'Humanité étaient Une alors cette unité devait être non seulement réalisée mais débitée uniformément ; peu importe les singularités qui se distinguent des "différences" en ce que les premières désirent perdurer dans leur être (tout en évoluant) alors que les secondes s'acceptent éphémères telle une installation du même nom (le "dispositif" foucaldo-deleuzien).

Sauf que ces deux obstacles à notre si belle combinaison (lumineuse) s'articulent en réalité.

En effet ceux qui refusent que tout autre existe dans sa singularité (dirait Chantal Delsol), voire dans sa souveraineté (plus fort qu'indépendance et tout à fait distinct d'anomalie) parce que ces empêcheurs veulent imposer uniquement leur loi (qu'ils durcissent pour certains en la disant divine) ne sont pas si dissemblables en réalité de ceux qui refusent également la singularité mais ce au nom de la "science" autre nom selon eux de "progrès, histoire" voire de "l'Histoire" tout court pour les épris de Marx, surtout revu et corrigé par Lénine.

Ainsi les uns, en particulier aujourd'hui les intégristes et parmi eux en majorité les djihadistes refusent toute joie, amour, paix (ne parlons pas de liberté égalité fraternité, termes inconnus à l'exception peut-être du dernier) si ces termes ne s'inscrivent pas dans leurs définitions, en particulier le terme "paix" synonyme de pacification en réalité, celui de l'amour étant quasiment inexistant. Encore moins la "joie"

Tandis que les autres, en particulier aujourd'hui les technocrates, les affairistes, les opportunistes, refusent également ces termes, et également toute la combinaison à vrai dire, car pour eux tout ce qui ne correspond pas à leurs définitions est automatiquement (cybernétiquement) rangé dans les catégories "réactionnaire", "extrême-droite", "populiste", "raciste" avec ses sous-catégories "coincé", "haineux", "islamophobe". Ou leur intelligence artificielle.

Ces deux icebergs sont en fait les deux faces de la même médaille (du même "môle") une burka est ainsi une marchandise comme une autre et quiconque voudra la critiquer se heurtera à leur animosité réciproque, le tout étant d'évincer à terme toute loi qui en empêche encore la concrétisation, rêvant à un autodafé invisible géant qui verrait toute la littérature cataloguée "esprit libre" disparaître (comme elle l'est des librairies) ou alors maintenu pour l'ancienne en "patrimoine de l'UNESCO" au fur et à mesure que cette dernière organisation y réorganise la vision du passé comme elle le fait pour Israël, cherchant à y effacer l'existence juive pré-islamique avec l'aval de tous.

On ne s'en rend pas bien compte aujourd'hui, surtout surplombé par cet univers mental digne de Lyssenko et lorsque les grandes messes façon "1984" s'organisent, que l'on a beau lisser sur cinq cent ans pour trouver tout de même de la positivité statistique (allongement de la durée de vie, surtout pour les enfants en bas-âge, diminution des travaux pénibles, possibilité plus grande d'agir sur sa vie…) eh bien il s'avère que l'euthanasie de cette pensée libre en particulier la nouvelle non estampillée donc "patrimoine" (comme Nietzsche etc) s'accélère, mais il est vrai de manière douce, homéopathique, du moins en surface avec l'illusion même de débats "contradictoires" effectués cependant les mêmes personnes homologuées).

Sauf que cela s'effectue de manière très brutale en coulisses (voir le rappel à l'ordre d'un chercheur au CNRS) : ainsi Marcel Leroux m'avait raconté que du jour au lendemain les crédits CNRS de son labo de climatologie à Lyon avaient été coupés du fait de ses doutes en matière de liturgie officielle sur le climat.

Ne parlons pas du recrutement on l'a déjà dit ici, à l'Université, dans les divers organismes, de plus en plus formaté avec toute cette persuasion d'imposer l'idée que la terre est plate (ce qui est d'ailleurs conforme avec la vision verte à la mode).

 

Mais espérons quand même, l'espérance étant, aux côtés de la foi et de la charité,  l'une des trois vertus fondamentales de notre civilisation judéo-chrétienne aujourd'hui devenu un exemple pour le monde malgré les assauts des deux totalitarismes aujourd'hui hégémoniques et alliés objectifs ou le techno-intégrisme.


26 décembre 2018

Erdogan menace la France, que fait l’Europe?

L'U.E ne pipe mot, pas plus que l'Otan bien sûr toujours aussi silencieuse depuis l'invasion turque de Chypre. Le régime d'Erdogan veut on le sait profiter du retrait programmé des troupes américaines décidé par Trump (pour des raisons intérieures, voir une hypothèse en infra) afin d'attaquer les Kurdes syriens (proches du PKK) pourtant en première ligne dit-on contre le dit "État islamique" d'où sa menace envers tous ceux qui y feraient obstacle selon le journal Le Parisien:

" (…) la Turquie a averti ce mardi qu’il n’était « pas bénéfique » pour la France de maintenir une présence militaire en Syrie pour « protéger » la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), en première ligne dans la lutte antijihadiste. (…) Ce n’est un secret pour personne que la France soutient les YPG. Emmanuel Macron a rencontré leurs représentants », a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, cité par l’agence étatique Anadolu, lors d’une rencontre avec des journalistes turcs."

À moins d'être soudain tombé d'accord avec l'idée, expansionniste, que les États doivent défendre leur intégrité non seulement acquise mais future (alors que la Turquie n'a rien à faire en Syrie) l'UE préfère ne rien dire sinon quelques gesticulations diplomatiques sans conséquence ; elle pourrait pourtant se servir de cette situation pour s'affirmer en tant que telle par exemple en demandant à certains de ses membres dont l'Allemagne d'envoyer quelques bataillons pour renforcer la présence française.

Sauf que l'Allemagne d'aujourd'hui, de plus en plus dominée par l'idéologie "plutôt vert que mort" (le vert islamique tout autant) se substituant ainsi au célèbre slogan des années 80 (plutôt rouge que mort) ne bougera pas, et l'on ne voit guère de forces, y compris en France, hormis une poignée d'esprits libres, se lever devant la Turquie (comme naguère au début du 19ème siècle, -1827- pour défendre la Grèce) ; la majorité de la gentry politico-médiatique française préfère, elle aussi, devenir verte dans sa version également islamique (c'est chic) ; alors qu'elle refuse de devenir jaune en diabolisant les gilets du même nom trop réacs avec leur diesel (manquerait plus que ça pouah !); de plus, et par malheur, quelques gestes dieudonnésiens  apparaissent ces temps-ci, ainsi que des insultes anti-juives promulguées par l'alliance caillera-lumpen-intelligentsia-ultras, anti-israélienne à souhait ; leurs préposés étant (toujours) persuadés que les juifs dominent le monde (la vraie extrême droite ajoutant les Francs-mac) alors que ceux d'entre-eux qui travaillent en effet dans les médias (payant pourtant bien moins que "la" finance, autre antienne anti-juive) véhiculent la même idéologie de soumission au Vert y compris version islamique ; il suffit d'ailleurs de suivre les débats en Israël pour s'en rendre compte, Netanyahou étant considéré depuis longtemps comme d'extrême-droite "dure" par cette franche israélienne "démocrate", "soroséisée" depuis des lustres.

Une Clémentine Autain par exemple ne soutient pas les gilets jaunes, elle s'est mise en retrait, laissant ses "amis" dits "insoumis" (waf waf) tenter de les instrumentaliser, tout comme les bolcho le faisaient entre février 17 et octobre : épousant la furie l'aidant même à s'organiser, cooptant les éléments les plus prometteurs au fur et à mesure que le mouvement de plus en plus anarchique avait besoin de cadres dans les soviets (ici les ronds points) avant de les éliminer (à commencer par les anarchistes)au fur et à mesure de son emprise sur ces derniers.

La gentry qui donne toujours le idéologique façon Duflot préfère signer des pétitions pour empêcher la fin du monde (qui devrait commencer en 2030 avant de s'accélérer en 2100 selon leurs prophètes alors que le GIERC est bien plus prudent y compris sur le nucléaire) ou la querelle sur le sexe des anges à Byzance (alors que le vert islamique était à ses portes). Même topo aujourd'hui. Le représentant de Reporter Sans Frontières a par exemple dénoncé durant dix neuf minutes sur France Culture le 26 décembre la haine anti journaliste de Trump tout en consacrant quelques minutes à une journaliste des Philippines, et la toute dernière minute sur la répression en Chine, mais pas un mot sur la présence de milliers de journalistes turcs dans les geôles d'Erdogan.

Certes, les forces politiques qui organisent les Kurdes telles que le PKK ne sont pas exemptes de critiques d'autant qu'elles pactisent avec Assad, mais face aux djihadistes en kaki et ceux en costume trois pièces comme Erdogan ne faut-il pas considérer qu'il serait préférable d'avoir dans le dos de la Turquie une puissance Kurde qui empêcherait celle-ci de continuer son noyautage propagandiste jusqu'à désormais s'occuper des affaires musulmanes en France depuis 2017 ?

En tout cas il n'est pas possible de laisser faire la Turquie, autant que l'Iran d'ailleurs ; pas plus que les saoudiens et leur argent issu du…pétrole…mais les verts européens, non musulmans, du moins officiellement, ne sont pas à une contradiction près.

Il faudrait en fait négocier avec la Russie le fait de limiter, ensemble, le pouvoir nocif de ces trois puissances présentes en Syrie (Turquie, Iran, Arabie Saoudite également qui soutient certaines franges djihadistes) en échange du rétablissement des relations économiques et commerciales avec elle ; le boycott actuel contre la Russie étant non seulement contre-productif (il renforce l'extrême droite, la vraie, en Ukraine, mais aussi en Russie, en Hongrie, en Serbie) bref empêche une réelle stabilisation en Europe, y compris envers les pays Baltes et la Pologne de moins en moins rassurés de toute façon par la versatilité américaine.

Il n'est pas sûr en effet que le soutien américain puisse durer, ne parlons pas de l'U.E paralysée par l'inertie allemande, l'effacement anglais, et la faiblesse française, l'Italie étant trop occupée par ses affaires internes, l'Espagne étant atone depuis sa soumission en accéléré (depuis les attentats de Madrid), tout comme en Angleterre (depuis les attentats de Londres), à un islam idéalisé n'existant que dans ces pays (la Hollande tente de résister, de même que la Belgique, seul le Danemark marque des points, la Suède étant désormais en roue libre, tout comme au Canada).

En fait, il semblerait que Trump (voilà l'hypothèse promise plus haut) se trouve de plus en plus obligé à faire pression sur les alliés objectifs, "naturels" des démocrates américains pour empêcher ceux-ci de continuer leur destruction actuelle des USA ; ils sont en effet désormais hors de contrôle, de plus en plus hystériques, jusqu'à faire pression (par la bande) sur la Réserve Fédérale pour qu'elle augmente artificiellement ses taux (freinant l'économie dans ce cas à deux ans des élections présidentielles) tant les forces affairistes qui les manipulent refusent que leur projet de faire des USA une sorte de vitrine en abime du futur cybernétique (fusion machines/humanité) avec en prélude la construction d'une espèce de supermarché de droits ouverts à tous (et à toutes) façon Canada made in Trudeau puissance mille soit empêché par cette révolte en profondeur de la majorité silencieuse des classes moyennes celle qui a emmené Trump au pouvoir (et qui menace les forces soutenant Macron actuellement). 

Ce projet cybernétique affairiste avec en contraste une esthétique écologique forte (jusqu'à l'hystérie également) veut réduire toutes les singularités culturelles à des poches d'irrégularités plus ou moins gérables ; ainsi il y aurait un bon islam qui va consommer dans les immenses môles saoudiens qataris et autres genre Dubaï, et "l'autre" dit "islamiste" qu'il faut contenir quitte à "accepter" quelques victimes collatérales (tels les attentats).

Ce qui compte, avant tout, c'est la construction à marche forcée d'un marché mondial harmonisé (pour les économies d'échelle) et ce au-delà des régimes politiques d'ailleurs ; c'est-à-dire y compris si ces derniers sont totalitaires; du moment qu'ils acceptent la libre circulation des flux financiers et marchands d'abord ; on protestera certes pour la répression des idées, mais il faut bien une esthétique d'adhésion pour faire plaisir aux idiot(es) utiles qui sans cette carotte n'accepteraient pas de faire le sale boulot de redresseurs de torses.

Tant pis si la Chine n'est pas vraiment coopérative en la matière (le Tibet est passé aux oubliettes désormais, la répression en Turquie de plus en plus oubliée) peu importe la répression post-maoïste des dissidents (y compris musulmans) du moment où elle combat, tout comme Erdogan, les forces profondes et pacifiques en réalité des peuples désireux de vivre dans leur tradition ancestrale (tout en acceptant de les voir évoluer telle la place des femmes) comme celles soutenant Trump qui en refusant d'aller dans le sens (cybernétique) de l'Histoire pourraient entraver cette emprise mondiale de l'harmonisation, de l'homogénéisation de la matière humaine, désormais la ressource la plus précieuse à modéliser selon.

Aussi Trump, acculé, se trouve alors à mettre objectivement en danger Israël en renforçant de fait la présence iranienne en Syrie, espérant que la proximité supposée entre démocrates américains et Israël puisse infléchir les premiers dans leur stratégie, inouïe, jamais vu de destruction des institutions américaines ; sauf que Trump se trompe semble-t-il : cela fait depuis belle lurette que les démocrates américains ne soutiennent plus Israël (à la différence des Républicains et des Tea party) ils n'arrêteront donc pas leur machinerie de plus en plus à la solde de puissants intérêts tant les enjeux mondiaux multiformes sont immenses en matière de fortune et de prestige. 

Voilà pourquoi la France, si elle était gouvernée à hauteur de jeu, pourrait en effet donner le, il suffirait de peu, hausser le ton déjà face à la Turquie, l'Iran, l'Arabie, afin d'afficher une vraie volonté (et non pas des discours mielleux pour académiciens ou sorbonnards) au sein de l'U.E et à l'ONU, quitte à opérer la politique de la chaise vide au Conseil de Sécurité, au Conseil européen, à envoyer la flotte, à emmener des Rafale à Djibouti, à faire des manoeuvres au large de la Syrie (ce qui veut dire renforcer notre armée, rappeler le Général de Villiers etc etc…).

Espérons que le Gaulois réfractaire qui sommeille toujours en nous va enfin se réveiller pour de bon et de nouveau porter haut la voix de la France (ah ! S'il n'y avait pas (eu) ces damnées oies du Capitole…).

 



23 décembre 2018

Pourquoi l’animosité grandit contre la gente au pouvoir

Pourquoi la grande majorité des commentaires ayant pignon sur rue cherche de plus en plus à étouffer la diversité d'opinion jusqu'à tromper, le tout au nom de la "non fake news" qu'ils sont les premiers pourtant à répandre tout en dénichant ici et là quelques énormités pour faire passer l'ensemble (voir un exemple récent sur CNEWS) ?… Est-ce seulement par mensonge ?… Oui et non.

Non parce que cette gentry qui s'y complait, voire s'y vautre, le croit jusqu'à plus soif, avec hystérie même ; oui parce qu'il y va de sa frénésie jouissive: imaginez ces soirées sombres dans de beaux quartiers oniriques avec des prophètes d'occasion invités pour l'occasion bardés de statistiques et de vidéos aussi alarmantes les unes que les autres sur la fin imminente du monde alors qu'il s'agit de leur monde en réalité, les animaux en perdition sentent toujours la catastrophe arriver…

Prenons quelques récents attentats se réclamant de l'islam ("quelques" parce qu'il y en a tous les jours de par le monde, en Somalie tout récemment) qu'il s'agisse de celui de Strasbourg dont la déclamation de l'E.I fut tout de suite taxée d'"opportuniste" par le Ministre de l'Intérieur (que le monde entier nous envie) alors que l'on vient de retrouver une vidéo d'allégeance à cette organisation provenant du djihadiste, ou de ces jeunes scandinaves décapitées au Maroc, cette gentry va faire feu de tout bois pour indiquer au nom de sa science es islam que ce dernier n'a "rien à y voir" comme s'il était possible que les assassins qui s'en réclament soient des idiots, certes pas aussi "intelligents" que nos dominants, mais suffisamment pour lire qu'il faille répandre la "paix" islamique nonobstant les moyens pour y parvenir ; nos "intelligents" y voient alors un message oecuménique empli de bonté fervente ; et si, par malheur, l'on peut douter de cette appréciation l'anathème "extrême droite" est lancé alors que les courants qui s'en réclament réellement ont toujours admiré l'islam ; y compris à "gauche" d'ailleurs maudissant par exemple un Charles Martel au rôle de plus en plus marginalisé dans la Nouvelle Histoire idéologisée jusqu'aux racines désormais : "La" France comme assemblage de "territoires" qui aurait pu être tout autre et qui peut l'être encore si l'on admet l'adage suivant : puisque la présence sarrasine a existé dans toute son indépendance pourquoi la présence migrante ne pourrait-elle pas être perçue telle ou la substance même du Pacte de Marrakech.

Il en est donc ainsi de même concernant l'immigration dont la présence, y compris, voire surtout clandestine en réalité, ne peut pas être critiquée, c'est tout à fait impossible sous peine d'être d'emblée traité de raciste extrême droite etc (blacklisté à vie) parce que cette antienne est devenue une telle matière première permettant de transformer ce plomb idéologique en or humaniste que sa manne multiforme en nourrissant abondamment et depuis des décennies les cohortes serrées de cette gentry interdit désormais toute tentative d'esprit critique. Aux oubliettes les questions sensibles que cela pose et qui ne servent pour les plus modérés qu'à introduire la chose ("l'Autre") façon dissertation à la française pour mieux la réfuter (l'Autre n'est autre que le Même, mais oui…).

Ne parlons pas des autres acharnements idéologiques du même acabit, surtout aux USA, où pas moins de dix-sept procédures sont ouvertes contre Trump y compris en menaçant certains de ses ex-conseillers tout en disant le contraire, la frénésie se répandant également contre Israël lorsque le New-York Times par exemple publie les propos mensongers d'une antiraciste sous couvert d'antisionisme.

Cette caste s'entête donc, elle est persuadée d'être la vérité en acte, aucun doute ne l'atteint désormais, répétant tel un mantra que la révolte s'effondre alors qu'elle ne fait que commencer, même si à gauche on prétend savoir en chevaucher le tigre,sauf que depuis la faillite de 17 (qui se répercute encore) celle-ci a mangé son pain blanc


22 décembre 2018

De la cécité perpétuelle sur la crise actuelle

Selon l'actuel secrétaire de la CFDT la crise déclenchée par la révolte dite des "gilets jaunes",qu'il juge uniquement "sociale", serait "sans lien"  (dit-il dans ce tweet dont il faut lire aussi les réponses très intéressantes dont celle de Dominique Reynié) avec la question de l'immigration y compris lorsqu'elle fut intégrée, du moins avant le rétropédalage gouvernemental, dans l'un des cinq thèmes prévus à débattre sous le vocable "immigration et identité profonde".

Mais dans ce cas la revendication visant à plus de transparence politique via l'emploi plus fréquent du référendum serait elle aussi "sans lien". Il s'avère pourtant qu'il n'en est rien la population concernée étant désireuse de plus de contrôles directs, voire de participation active à la façon des Grecs et des Romains si admirés par Rousseau.

D'ailleurs on peut se demander si le supposé affaiblissement des "corps intermédiaires" ne viendrait-il pas de leur manque criant à ce sujet, et, comme les institutions sont vivantes, elles demandent à être renouvelées, d'où le fait de ne pas être étonné de voir de nouveaux corps intermédiaires surgir, ne serait-ce qu'une nouvelle presse libre, l'ancienne, aux ordres, s'empressant de la désigner "d'extrême droite" bien sûr…

Pourquoi n'en serait-il pas de même concernant la légitimité de la question migratoire ? C'est tout autant une question "sociale" en ce sens où elle participe de façon certes complexe aux problèmes économiques et politiques de l'heure dans la mesure où sa présence fait par exemple nettement pression sur l'échelle des salaires en favorisant les emplois à faible qualification permettant dans ce cas d'embaucher plutôt des immigrés car une part des cotisations sociales sont prises en charge par l'impôt, ce qui force les petits et moyens entrepreneurs français à se cristalliser surtout sur des emplois de bas et moyen de gamme (quitte à organiser un turn over afin de bénéficier en permanence de cette "manne" de l'exemption) car autrement le coût des cotisations sociales serait trop haut pour du haut de gamme fait en France, d'où la destruction du travail qualifié en France (et les robots n'ont rien à y voir).

Ainsi, s'il existe bien moins qu'en Allemagne des ETI (Établissement de Taille Intermédiaire) n'est-ce pas parce qu'en franchissant certains seuils (9,10, 11, 50…) il ne s'agit pas seulement de protection sociale pour les salariés mais aussi de coûts à assumer (sans parler des impôts dits de "production" à payer sans avoir produit quoi que ce soit) alors que la concurrence peut être rude en particulier pour des chaînes de produits dont l'assemblage peut être plus ou moins onéreux selon la filiation à tel ou tel grand groupe basée ou non en France…

D'où la nécessité de rentrer dans les détails des sous-traitances, du pourquoi des circuits longs alors qu'il serait si simple en apparence d'acheter son lait à la ferme au lieu de le voir revenir au supermarché via un détour par la Belgique ; qu'est-ce qui est effectivement assemblé en France et ailleurs pour chaque produit, pourquoi le porc breton va-t-il se faire tuer en Pologne et revient en barquettes en France, via sans doute encore d'autres étapes?…N'est-ce pas pour échapper quelque peu à la machine devenue folle des taxes incessantes (et au fait que dans les abattoirs les préposés ne veulent pas toucher à du "porc") ?…

On pourrait analyser aussi le tracé de l'ingénierie et le design, ne sont-ils pas également faits ailleurs, du moins hors grandes entreprises, car trop chers en France en matière de cotisations salariales pour certains produits ?….

En fait cette série de questions annonce l'idée que tout l'édifice dit "social" bâti depuis 1945 est à revoir puisque c'est en réalité à cause de son coût qu'une telle internationalisation et une telle fixation sur le bas et moyen de gamme se justifie (hors mode et luxe). De plus ce modèle craque de toute part, à voir les urgences, la désertification, les profs mal payés, les policiers, les militaires, obligés de s'acheter un équipement personnel plus adapté, la justice à l'abandon, etc etc etc.

L'approche d'emblée positive sur l'immigration propagée par la propagande liée à cet édifice "social" en panne n'est alors que l'arbre qui cache la forêt sous le prétexte qu'elle permettrait à ce système de bas et moyenne gamme en produits de continuer d'une part, tout en permettant d'autre part à ce que les pays d'origine survivent quelque peu grâce à l'envoi d'argent de leurs ressortissants ainsi immigrés ; sauf que ce système implique d'avoir neuf à dix millions de chômeurs sur place tandis que certains secteurs sont en panne de main d'oeuvre qualifiée

Généralement il est dit que les Français ne veulent pas travailler dans les métiers salissants et déconsidérés d'où la nécessité de cette immigration, sauf que dès que l'on augmente les salaires de manière conséquente l'on voit par exemple à Lyon des éboueurs de toute origine. Mais Lyon est riche….

Tablons néanmoins que si l'on organise autrement la répartition du coût des cotisations sociales pour les entreprises privées l'on verrait nombre de métiers peu qualifiés être convenablement payés, attirant dans ce cas des chômeurs non immigrés, tout en sachant cependant qu'il faille les articuler avec de la formation qualifiée afin que cela reste temporaire pour une partie de cette population qui désirerait "progresser" ; car si ce n'est pas le cas certains vont vite faire le calcul d'alterner contrats courts et chômage plus travail au noir ; sauf que cela ne paye plus au bout d'un moment, avec l'augmentation des taxes, d'où sans doute la crise des gilets jaunes qui s'explique, aussi, en partie par là….

Mais revenons à l'immigration: celle-ci profite donc du choix français pour le bas et moyen de gamme du fait du coût du travail onéreux. Sans oublier le manque de formation effectif et la mauvaise articulation entre emploi et formation liés aux errements de l'Éducation nationale depuis des décennies ; dans ces conditions, les enfants de seconde troisième et quatrième génération étant mal formés et entraînés dans des pratiques scissionnistes propagées au départ par les gauches municipales diverses et l'extrême gauche en forme d'aiguillon vont peu à peu pour une part s'affilier à des comportements extrêmes liés au banditisme et également laisser faire laisser passer l'appropriation culturelle musulmane financée par les wahhabites et les frères musulmans en concurrence (personnifiée par la tension de plus en plus lourde entre l'Arabie Saoudite et la Turquie).

Cet imbroglio à la dérive a créé dans certains endroits la situation que l'on connaît. Or, au lieu de s'approprier ce fait et d'observer qu'augmenter l'immigration ne va pas résoudre la question (d'autant que l'irrégulière reste sur place) immédiatement la première réaction des puissants et de leurs sbires consiste à traiter "d'extrême droite" toute personne qui fait mine de s'y intéresser car le terme est encore suffisamment chargé (croient-ils) en substance négative ; sans se rendre compte que les conditions actuelles à la fois économiques et aussi idéologiques ne font qu'empirer toutes ces questions sans que l'on puisse dire vraiment que le racisme soit le premier facteur de la crise sociale et politique actuelle. On est loin de la chasse aux journaliers italiens dans le sud de la France à la fin du 19ème siècle, et de l'animosité envers les mineurs polonais dans les années 30. C'est ce que ne comprend pas un Bergé de la CFDT.

En fait son incompréhension est triple :

1/ il ne voit pas pourquoi le tissu industriel français est vampirisé structurellement par un modèle social à bout de souffle reposant sur du bas et moyen de gamme alors qu'il faudrait créer des synergies public/privé de qualité permettant d'ailleurs de ne pas opposer offre public (recherche fondamentale) et offre privée d'une part; d'autre part en faisant en sorte que le coût des cotisations sociales repose, progressivement, sur autre chose que le salaire et les taxes, par exemple sur des capitalisations, des mises en concurrence, et, surtout, à court terme sur la remise à plat de toutes les aides en particulier leur égalité absurde qui concerne par exemple petites comme grandes entreprises, d'où la nécessité de toucher la Constitution sur ce point ; par ailleurs il est de bon ton de se moquer de "la" finance, sauf que le gouvernement français en place est bien content de trouver annuellement au moins 200 milliards pour boucler son budget (tout en payant plus de 42 milliards d'intérêts annuellement) or imaginons que cela soit des fonds de pension français qui soit à même de prêter ainsi, l'on verrait alors qu'il serait possible de baisser les cotisations puisque cela serait compensé par des dividendes perçus, sans oublier que ces mêmes fonds de pension en se mutualisant pourraient s'investir ailleurs, tout en aidant les plus démunis.

2/ Sauf que cela nécessiterait de voir des grands pays comme la Chine les USA et d'autres encore ouvrir leur marché de la même manière qu'ils l'exigent pour le marché européen…Cela nécessiterait de renforcer le haut de gamme qu'il n'y a aucune raison de laisser aux Allemands, Japonais, Américains, Chinois (c'est le pari du Brexit d'ailleurs…).

3/ L'on voit bien que c'est la captation mafieuse et affairiste de certaines nations de par le monde qui obligent leurs habitants à les fuir comme en Amérique du Sud et Centrale, avec pour certains pays la pression culturelle et politique de l'islam financé par les puissances wahhabites frères musulmans et khoménistes comme cela se voit en Afrique au Proche Orient et en Asie.

On peut certes condamner l'autoritarisme d'un Poutine et le boycotter, mais quid de la politique chinoise qui continue à éliminer en silence sa propre population dissidente tout en enfermant des dizaines milliers de…musulmans sauf que là personne n'y trouve rien à redire on préfère embêter la Birmanie et…Trump.

Ne parlons pas de l'état désastreux des chrétiens dans le monde, Inde y compris, il est vrai que le Vatican préfère regarder ailleurs en ne voyant en l'homme que l'humain alors que le citoyen exige aussi que l'on s'occupe de lui, prétextant que l'on ne doit pas s'occuper des affaires de César, sauf que ce dernier s'occupe des affaires spirituelles également …

Le fait que Trump désire se retirer de cet imbroglio, de plus en plus imprévisible, sonne le glas de toute tentative d'y remédier à court terme, surtout depuis que l'ONU reste ce "grand machin" qui préfère condamner Israël et en appeler à "sauver la planète" alors que des populations entières (sur)vivent sous les joug islamiques post communistes et mafieux ; les plus fortunés et habiles préfèrent s'enfuir augmentant la précarité de leurs pays de départ tout en créant nombre de difficultés dans les pays d'accueil, surtout si nombre d'entre-eux se considèrent en pays conquis aidés en cela par une espèce de cinquième colonne qui considère le terme de "nation" comme une tumeur maligne à éradiquer au profit de "l'homo consumerus" ou d'une "Humanité" idéale désormais sans genre sans identité de la matière brute pour artistes dictateurs.

D'où le refus de plus en plus fort de voir certaines franges de ces nations pétries de diesel de tabac et peu "intelligentes" (des riens, des sans dents etc) refuser que les nouveaux docteurs Mengele continuent à faire ainsi leurs expériences "sociales" comme taxer taxer taxer tout en sommant de se taire de se faire malaxer comme les modèles l'ont décidé, afin de ne pas être traités d'extrême droite.Ou l'infamie supposée suprême, le "plafond de verre" qui permettrait du fait de son opacité de cacher que le roi est nu, cela tient encore, certes, mais en même temps, les freins ont lâché et l'on tourne en rond…


16 décembre 2018

Vers une guerre des civilisations ?

On reparle ces jours-ci de la Stratégie culturelle islamique à l'extérieur du monde islamique1 adoptée en 2000 par les 56 États-membres à majorité musulmane de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), plus l'Autorité palestinienne.  En 2000, l'OCI avait en effet créé sa branche culturelle, l'ISESCO (Organisation Islamique pour les Sciences, l'Éducation et la Culture), pour mettre en pratique cette Stratégie toujours actuelle.Le président du Parti Chrétien Démocrate, Jean-Frédéric Poisson a fait paraître un livre qui traite en détail de ce texte peu connu mais qui nous concerne au premier chef : L'Islam à la conquête de l'Occident. La Stratégie dévoilée. (éditions du Rocher, Paris, novembre 2018).
Il faut rappeler que l'OCI est une structure qui a été créée en 1969 pour travailler à l'unification de la Oumma islamique (communauté transnationale des fidèles musulmans) à l'intérieur des Etats islamiques mais aussi à l'extérieur, conformément au projet de l'Islam qui est de convertir progressivement la terre entière à sa foi en Allah et à sa conception unitaire de la religion et de la politique, en étendant la Chari'a, le système des lois coraniques à l'ensemble de l'humanité.
 
L'OCI bien entendu siège à l'ONU en tant que membre permanent et y fait entendre sa voix, éloquemment pro-palestinienne et hostile à Israël.
 Pourquoi Jean-Frédéric Poisson aborde-t-il aujourd'hui cet épineux sujet, déjà traité en 2010 en termes pour le moins inquiétants par Bat Ye'or dans L'Europe et le spectre du Califat (éd. Les Provinciales), et en quoi cela concerne-t-il, par-delà les gouvernements islamiques chargés de mettre cette Stratégie en œuvre, les citoyens français que nous sommes? D'abord sans doute, parce que notre pays, conformément à la politique voulue par l'Union européenne, s'est montré dès la guerre des Six-Jours, en 1967, constamment amical à l'endroit du monde arabe et des populations immigrées de confession musulmane.
Elle a ouvert ses programmes scolaires en 2002 à la grandeur d'Al Andalus, civilisation arabo-andalouse, qui a régné entre les VIIIème et jusqu'au XVème siècles dans certaines parties du sud de la France et en Espagne, installant, il est vrai surtout au début, avec les Omeyyades, et bien moins par la suite avec les Almohades, un certain art de la "convivance"entre Musulmans, Juifs et Chrétiens.
Ensuite parce que la France, soucieuse de proposer à ses ressortissants musulmans des lieux de culte décents, a mis à leur disposition des terrains loués à baux emphytéotiques, pour permettre la construction de mosquées, et qu'elle a autorisé avec bienveillance et cofinancé la construction d'instituts culturels islamiques faisant également office, le vendredi, de mosquées et partiellement d'écoles coraniques, dérogeant, quelque peu, à l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Etat et des Eglises . Les mosquées ont vu le jour (plus de 6556 en France en janvier 20182), les instituts culturels et les écoles coraniques se sont multipliés, la pédagogie interculturelle s'est diffusée dans l'école laïque pour enseigner aux non-musulmans l'estime envers leurs compatriotes musulmans et pour autant, on ne peut pas dire que nous ayons, attentats terroristes et assassinats individuels et collectifs traumatisants au cri d'Allahou Akbar aidant, pu constater les fruits des efforts de nos gouvernants pour intégrer et "organiser" un "Islam de France"3
 La raison, maintes fois avancée, et juridiquement irréfutable est que l'Islam n'est pas une religion possédant un clergé hiérarchisé et dont telle ou telle personne pourrait institutionnellement faire autorité aux yeux de l'ensemble des Musulmans de France pour les représenter face aux élus de la nation.

La France, nation traditionnellement catholique, s'était naïvement fixée le but de rallier les Musulmans à l'idée d'une sorte de Consistoire, analogue au Consistoire israélite créé en 1807 par Napoléon 1er pour servir d'intermédiaire entre ceux qu'on appelait alors les Français de confession israélite et le pouvoir politique. Bien que cela revînt à distinguer dans le judaïsme, entre l'appartenance religieuse et l'appartenance nationale à un peuple singulier, les Juifs, ultra-minoritaires, en l'absence de l'existence de l'Etat d'Israël, et, qui plus est soucieux de loyalisme envers la France, selon leur adage "La Loi du pays dans lequel nous vivons est aussi notre Loi" (dina de malkhuta dina), se plièrent à la discipline consistoriale et privilégièrent leur allégeance aux autorités civiles et au Droit français sur le respect de telle ou telle de leurs coutumes ancestrales.
 
Dans le cas de l'Islam, qu'en est-il ? Comment le savoir sans aller regarder de plus près ce qu'écrivent les Etats islamiques sur ce qu'ils sont, ce à quoi ils aspirent, comment ils considèrent les nations non- musulmanes et comment ils envisagent leurs relations avec elles?

Les Français, et tout particulièrement leurs gouvernants, affirme J.-F. Poisson sont – et c'est une faute – ignorants de ce que l'Islam pense et dit ouvertement de tout cela. Cette négligence doit être réparée. On ne saurait mieux dire, surtout en des temps où, comme nous en informent un Appel de 80 intellectuels sur "Le "décolonialisme", une stratégie hégémonique"4 et un dossier de l'Obs5 "Menace "décoloniale" à l'université", le monde de l'enseignement supérieur se trouve assiégé par un entrisme islamiste déterminé qui a réussi à faire pénétrer, sous couvert de "décolonialisme" des idées nauséabondes telles que le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, l'anti-christianisme et le prosélytisme anti-laïque avec l'aval apeuré de certains universitaires – ils n'acceptent de témoigner que protégés par l'anonymat – mais également parfois avec celui d'autres, militants déclarés tels ce compagnon de route des Frères musulmans, selon l'Obs, François Burgat, directeur de recherche au CNRS.

 Ouvrons donc les 118 pages de la Stratégie culturelle islamique à l'extérieur du monde musulman pour avoir une idée de ce que nous demandent exactement les Etats musulmans pour pouvoir accréditer l'idée que l'Islam est dignement accueilli dans nos contrées.
 Dans son introduction de 8 pages à la Stratégie culturelle de l'ISESCO se terminant par "Puisse Dieu nous assister pour le bien de notre Oumma et de l'humanité toute entière", le Dr Abdulaziz Othman Altwaijiri, Directeur général de l'ISESCO, ne cache pas l'intention fondamentale de ce texte : 
 
Cette stratégie culturelle est destinée à faire revenir les musulmans vivant hors des Etats islamiques dans la Oumma, la communauté islamique internationale, c'est-à-dire à les recruter activement, avec l'aide des pays-hôtes, pour qu'ils privilégient leur identité islamique au détriment de leur identité occidentale, jugée négative et inférieure à l'identité islamique.
  
  Cinq thèmes-force ouvertement cités et résumés ci-dessous que tout citoyen européen, musulman ou non, doit connaître, s'il veut choisir librement son destin et celui de ses enfants face à l'entrisme islamique sont abordés dans les 118 pages que compte ce document, destiné autant aux lecteurs musulmans vivant en Occident qu'aux non-musulmans. 
 

1) La "guerre des civilisations" :

   La mondialisation économico-financière et de l'information initiée par l'Occident, s'est traduite par la volonté de celui-ci de s'imposer comme modèle culturel exclusif et hégémonique ("ogre") au monde entier, au mépris de la diversité des cultures et des civilisations. Il s'en est suivi une "guerre des civilisations" (nommée comme telle) dans laquelle le modèle islamique doit se battre pour primer chez tous les Musulmans, par rapport au modèle occidental.

2) Ladite excellence indépassable de la civilisation de l'Islam.

 Alors que l'Occident n'est que "matérialiste", la civilisation islamique est ancrée de manière permanente et indépassable – que ce soit en terres d'Islam ou ailleurs – dans la religion de Mahometcontenue dans le Coran et la Sunna. Vu son excellence indépassable, il en découle une vocation à l'expansion mondiale via la Oumma communauté des croyants étroitement liés entre eux par la foi en Allah. Une place bien plus importante qu'elle ne l'est actuellement devrait être faite à l'histoire et à la civilisation de l'Islam dans les programmes scolaires publiques occidentaux pour ne pas surmener les enfants musulmans obligés de recevoir cette instruction dans des écoles parallèles en plus des heures de cours dans l'Ecole pour tous. Il faut également enseigner les pratiques cultuelles, comme juridiques de la Chari'a : "l'Islam est sa [du Musulman] religion et sa [idem] loi" (p. 86). La laïcité doit être annulée et la France toute entière doit se calquer sur le statut du Concordat d'Alsace-Moselle. "[…] Importance accordée à l'éducation islamique préscolaire à travers la création de crèches et de jardins d'enfants dans les établissements islamiques, tenant compte du principe selon lequel tout apprentissage pendant l'enfance sera à jamais ancré chez l'individu." (p. 101).

Une "civilisation de substitution[à la civilisation occidentale en déclin] qui s'appuie sur l'Islam authentique et les acquis positifs de la civilisation humaine" (p.83) en sortira.

3) L'expatriation des "immigrés" musulmans n'est pas – ou ne devrait plus être – synonyme d'acculturation occidentale mais d'inculturation islamique volontariste.

 L'implantation en expansion constante des Musulmans en Occident est en effet aujourd'hui un phénomène "stable, durable et irréversible" (p. 86).
 Les Musulmans qui vivent à l'extérieur du monde islamique et, oubliant leur identité islamique, tentent de s'occidentaliser, ne peuvent que se sentir déséquilibrés et malheureux, parfois jusqu'à tomber dans la délinquance et le crime, face aux assauts du "racisme" occidental envers leur "identité". La solution, que ce soit pour eux ou pour leur pays d'accueil, ne peut passer que par leur réislamisation active depuis l'enfance, grâce aux écoles et aux instituts culturels situés à l'intérieur des mosquées de plus en plus nombreuses qui se construisent en Occident. De celui-ci ils prendront tout ce qu'il a à leur apporter sur les plans cognitif, économique, social, politique, tout en rejetant son système de valeurs "impies" (laïcité, droits des homosexuels etc…) en revendiquant la primauté de la Chari'a sur les systèmes juridiques occidentaux.[...] (p.87)
  
De même ils devront privilégier l'arabe, langue sacrée du Coran sur les langues des pays d'accueil.

 4) L'exploitation des principes et des valeurs impies de l'Occident comme d'autant de failles pour favoriser l'islamisation des Musulmans d'Occident.
 
 La laïcité prônée en France, est un principe impie; elle pourra et devra servir toutefois le processus de réislamisation des Musulmans d'Occident, via la construction de mosquées, l'instruction et l'éducation islamiques précoces. De même, le "droit à la différence" qui est passé au rang de droit de l'Homme de nos jours en Occident, servira à revendiquer des droits comme celui de pratiquer ouvertement l'islam partout et à tout moment – fors de quoi il sera possible de se déclarer victime de racisme islamophobe.

5) Le financement de cette politique : mais c'est bien sûr ! 

 Cette politique sera mise en œuvre via "les subventions consenties par les organisations internationales comme l'Union Européenne, le Conseil de l'Europe et l'Agence de développement internationale"  (p. 114).
Les pages 100 à 118 détaillent les organes techniques et les fonds qui subventionnent la Stratégie… Est annoncée, par exemple"la création d'une faculté des sciences de l'éducation en Occident dont l'accès sera donné en priorité aux enfants d'immigrés" (p.102) aux fins de former les enseignants des écoles coraniques. 
 
   Il faut donc une bonne fois pour toutes accepter de comprendre ceci : plus nous faisons de place à l'islam qui est une religion militante, offensive et soucieuse de revanche envers l'Occident contre lequel elle se dit "en guerre", et plus nous aurons d'actes agressifs, violents et intrusifs sur notre sol. Notre système juridique est également menacé, comme l'ensemble de notre civilisation, ses valeurs morales, ses normes politiques. L'Islam aspire à retrouver sa grandeur perdue; son corpus doctrinaire (Coran, Hadiths) juge qu'il est offensant pour un Musulman qui se trouve en position de l'emporter sur le plan de la guerre sainte (Jihad) de ne pas livrer cette guerre. Si nous ne le voyons pas ce n'est pas faute qu'il nous le dise et redise – c'est que nous sommes trop narcissiques pour nous imaginer que les Musulmans puissent aspirer à un autre style de vie que le nôtre. Guérissons de notre narcissisme et faisons face à la réalité! Est-ce encore envisageable?

 L'entrisme islamique Fondation Anna Lindh, Alliance des Civilisations, UNESCO, Projet Aladin, Processus de Barcelone parmi d’autres) financées par nos impôts, initié dès les années 1970, un projet de colonisation culturelle de l'Europe. En 1996, dans son Discours à l'université du Caire, Jacques Chirac avança le chiffre de "cinq milliards d'écus, doublés par les prêts de la Banque européenne d'investissement et complétés par les apports bilatéraux de chaque pays de l'Union d'ici la fin du siècle". [N.B. L'écu est la monnaie européenne qui a été remplacée par l'euro en 2000, 1écu = 1 euro] pour financer cette politique.
  
Aujourd'hui cette politique se retourne contre nous, non-Musulmans, mais également, c'est à souligner, contre les Musulmans laïques ou athées désireux d'embrasser les valeurs et le mode de vie occidentaux. Ce que, de Chadhortt Djavann à Boualem Sansal en passant par Malika Sorel, Kamel Daoud, Jeannette Bougrab, Zineb El Rhazoui, Alexandre Mendel, Yves Mamou et   beaucoup d'autres n'ont pas manqué de dénoncer avec beaucoup de courage par la parole et l'écrit. Et que dire de Bat Ye'or, injustement stigmatisée comme complotiste pour avoir cherché, documents officiels à l'appui, à nous ouvrir les yeux?

 Je suis au regret de dire que J.-F. Poisson, après avoir brillamment analysé et expliqué la Stratégie de l'ISESCO n'apporte pas de solutions: au lieu de rappeler que notre État est à juste titre6 devenu laïque et de revendiquer le respect absolu de cette laïcité plus pacificatrice que tous les discours religieux réunis, il s'en prend, dans une vidéo7, au "laïcisme" (confondu apparemment par lui avec la laïcité, puisqu'il ne les différencie pas) et ne propose que de remettre la religion en évidence dans la société. Les manifestations religieuses ont leur place, rappelons-le, dans la société civile qui n'est pas l'espace public c'est-à-dire les lieux qui expriment les valeurs de la République, dont la liberté de conscience et de culte en respectant la neutralité religieuse et politique : écoles, mairies, hôpitaux et de tous les services publics….

Cette visibilité accrue du religieux "rassurerait" (sic!) d'après J.-F. Poisson les Musulmans, inquiets, à bon droit, comme les Chrétiens, de la mise sous le boisseau des religions et de leurs valeurs morales. Cela après avoir dit que la Stratégie de l'ISESCO nous livrait une "guerre territoriale! N'est-ce pas là de sa part une grave illusion ? Pour vouloir se servir de la logique entriste et sécessionniste de l'Islam, au profit d'un christianisme qu'il estime sous-représenté en France, ne contribue-t-il pas allumer une guerre des civilisations et des identités dont il accepte, comme l'ISESCO, l'hypothèse en citant Samuel Huntington8 ?

Sans doute aurait-il été mieux inspiré en tentant de rassembler nos concitoyens sous le toit protecteur de la laïcité, bien mise à mal par notre ignorance – par notre lâcheté aussi – et notamment par la non-application, par nos gouvernants successifs de l'article 35 de la Loi de 1905 qui dispose que "si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique, ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d'une sédition, révolte ou guerre civile."9
  
Oui, nos valeurs républicaines sont universelles : pas un être humain qui, venant au monde, n'aspire : 1) à l'exercice de la plénitude de ses libertés – il apprendra plus tard qu'il lui faudra pour cela respecter un corpus de lois justes, toujours perfectibles, pour vivre en société;

2) à l'égale dignité de tous les êtres humains, toutes croyances et options philosophiques confondues, ce qui implique la laïcité et non une simple et révocable "tolérance" qui ne fabrique toujours que des guerres de religions et des cultes soumis (cf le statut de la dhimmitude en Islam) à la religion dominante, celle de l'Etat, avec toutes les contraintes et les humiliations que doivent encore subir les Juifs et les Chrétiens –pour ne rien dire des autres cultes ou des athées – jusqu'à aujourd'hui en terre d'Islam;

3) à la fraternité, c'est-à-dire à la qualité humaine partagée par tous les êtres humains ce qui n'a rien d'évident contrairement à ce qu'on pourrait croire pour des pans entiers de l'humanité, tels nos Grecs anciens qui clivaient l'humanité en "Grecs" et "Barbares" (qui ne sachant pas le grec, ne parlaient pas mais ne savaient semblait-il alors, qu'émettre des borborygmes, d'où leur désignation).

Ces valeurs sont donc fédératrices pour nous – et malheur à qui s'y attaque : voyez ce qui arriva à ceux qui parièrent sur "Travail, Famille, Patrie." Elles ont alors pu rallier à elles La Rose et le Réséda, ceux qui croyaient au Ciel et ceux qui n'y croyaient pas, comme l'écrivit avec élan et vérité le poète Aragon. Sommes-nous ou pas, encore dignes de nos valeurs ? La question se pose de manière tragique aujourd'hui, face à l'irruption d'un impérialisme islamique nouveau qui n'a trouvé en Europe autant de complicités qu'en raison d'une rémanence anti-américaine à laquelle il faudra sans aucun doute, si nous voulons rester nous-mêmes, renoncer. 

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3. Ni le CORIF (Conseil de Réflexion sur l'Islam de France) créé par le ministre de l'Intérieur socialiste Pierre Joxe à la fin des années 1980, ni la Grande Mosquée de Paris, lors de la cohabitation (1993 – 1995), ni le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur n'ont réussi à faire autorité chez les Musulmans dont la religion est également une loi et une politique, fondées en religion et hostiles à la reconnaissance de la préséance d'instances politiques non-islamiques sur celles de l'Oumma, comme l'OCI mais également sur les instances politico-religieuses des pays d'origine des Musulmans : ainsi la Grande Mosquée de Paris est réputée suivre la politique algérienne, tandis que le Rassemblement des Musulmans de France et Union des mosquées de France sont proches du Maroc, l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) devenue Musulmans de France est connue pour son allégeance aux Frères musulmans. Toutes ces associations rivalisent entre elles pour être seules interlocutrices de l'Etat et bénéficier de ses subsides.
 
En 2005, afin de tenter d'introduire quelque transparence dans le financement des divers courants de l'islam en France, D. de Villepin créé la Fondation des Œuvres de l'islam (FOIF) et lui alloue des fonds. Mais en l'absence d'accord possible entre les associations cultuelles islamiques, ces fonds n'ont pas pu être dépensés pour les mosquées, associations culturelles et écoles coraniques auxquelles ils étaient destinés.
Après les attentats de janvier 2015 François Hollande nomme Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l'islam de France (FIF) chargée du financement de projets cultuels/culturels : nouvelle contestation, car Chevènement n'est pas un Musulman. En 2016, un auteur au profil idéologique controversé, Hakim El Karoui, proche conseiller d'Emmanuel Macron auteur de Islam, une religion française, remet à l'Institut Montaigne une enquête qui établit que deux tiers des Musulmans de France ignorent jusqu'à l'existence du CFCM. 
Source : http://oppec.fr/islam-de-france-des-instances-representatives-mais-de-qui
4. Le Point n° 2413 du jeudi 29 novembre 2018, pp. 38-39.
5. L'Obs n° 2822 du 6 au 12 décembre 2018, pp. 42 à 50.
6. Rappelons les 8 guerres de religion qui se déroulèrent en France au XVIème siècle, mais également l'Affaire Dreyfus (1894 – 1904). Seule la laïcité, instaurant l'égalité de toutes les options spirituelles et de tous les cultes devant la loi a été capable de mettre fin à la guerre civile entre religions, guerre nécessairement renaissante en raison des privilèges insupportables d'une religion sur les autres dans un Etat parvenu à une certaine rationalité interdisant de persécuter les êtres humains au motif de leurs croyances religieuses, tant que celles-ci ne viennent pas troubler l'ordre public (cf article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789).
8. Samuel Huntington, Le Choc des civilisations (1996) éd. Odile Jacob, 1997, pour la traduction française.
9. Cité par Waleed Al-Husseini in Une Trahison française. Les collaborationnistes de l'Islam radical dévoilés, Ring éditions, 2017, p. 114. W. Al-Husseini ajoute : "Or, cet article indispensable pour lutter contre la radicalisation ainsi qu'à la protection de la laïcité et ses valeurs, n'est pas appliqué et la loi dans son ensemble n'est pas respectée. Le comble est que les islamistes accusent quiconque ose réclamer l'application de cette loi de "vouloir s'immiscer dans les affaires de l'islam et ainsi "de violer la loi sur la liberté de culte." (p. 114). Nous retrouvons ici la pratique du détournement des lois par l'islam militant à son profit ouvertement prônée par l'ISESCO.


12 décembre 2018

Assassinat musulman et inanité gouvernementale

Toute la matinée le "nouveau" secrétaire d'État à la Sécurité s'est acharné ("a martelé" nota même un peu incrédule le pourtant très docile journaliste de France Info) qu'il ne s'agissait pas pour l'heure d'un "attentat terroriste" qu'il fallait donc être "très prudent" dans la qualification jusqu'à ce que (patatras!) le procureur déclare en milieu de journée que le "préposé" terroriste aurait selon plusieurs témoins hurlé son cri de guerre "XXXX est grand" ("A là où est le bar?")ce qui automatiquement le catalogue, en fait, d'attentat musulman, puisqu'il a prononcé le nom de leur "dieu", même si tous les musulmans ne se sentent peut-être pas concernés, mais comment savoir s'ils ne disent rien ou si peu ?…

En tout cas il ne s'agit pas seulement d'attentat "islamiste" histoire de minimiser la chose, il faut en fait arrêter avec ça, cela n'aide en rien. D'autant que la division supposée entre modérés et radicaux semble plutôt complémentaire: les seconds massacrent permettant aux premiers de négocier des accommodements raisonnables, ce que les gouvernants adeptes du multiculturalisme et/ou du no borders (les cultures réduites à des folklores les nations à des freins ou à des fomentrices de guerre) s'empressent d'adopter jusqu'à la prochaine explosion.

Observons qu'autant une "prudence" s'est ainsi affichée en la matière, par contre concernant les Gilets Jaunes première mouture (17 novembre, 1er décembre) le Ministère de l'Intérieur s'est tout de suite fendu de propos fallacieux sur de supposés "factieux" tandis que le ministre du Budget pérora en moulinant avec ses petits bras à l'encontre d'une dite "peste brune" le tout avant que ce beau monde n'ait le plus grand mal à cacher que les casseurs sont plutôt à gauche et les pilleurs issus des fameux "chances pour la France"…

De la même façon les médias drogués au relativisme politiquement correct parleront de "français" concernant le tueur, musulman, de Strasbourg alors qu'il faudrait mieux parler de "supposé" français ; cet empressement à le qualifier de français est d'ailleurs suspect comme s'il ne fallait pas "diviser" ou encore à l'inverse rendre responsable "la" communauté nationale française de sa dérive assassine, mais en quoi exactement serait-elle responsable sinon l'éternelle rengaine sur le "racisme" systématique automatique etc….

Autant donc le Pouvoir paraît ferme envers les GJ en leur jetant des miettes, autant concernant les casseurs il se la ferme dans la majorité des cas, tout en s'efforçant à s'adonner à la casuistique byzantine sur la qualification des assassinats musulmans les caractérisant d'attentats terroristes parfois ajoutant islamistes par clientélisme en réalité, ne prononçant pas le mot musulman de peur "d'amalgamer" alors qu'il ne prend pas autant de gants avec tout ce qui peut s'apparenter avec ce qui est supposé être d'extrême droite, de populisme, d'ultra droite même selon le mot à la mode.

Peut-être pourrait-on parler "d'ultra-musulman" pour caractériser les préposés à la tuerie aveugle et échapper à une certaine justice d'État qui fait fi de la liberté d'expression ? Laissons ces finasseries à ceux qui ont peur de leur ombre. Mais il est vrai que l'atmosphère de suspicion raciste est pesante, alors que la doctrine assassine n'est pas une race et qu'il faudrait au fond admettre que lorsque quelqu'un se réclame de cette dernière il faut l'admettre tel quel sans prétendre à connaître mieux que lui ce qu'il en est comme le font certains en cherchant à trier le bon grain de l'ivraie ce qui a été pour l'instant improductif. C'est au contraire en traitant ces massacres d'innocents, de massacres musulmans que cela peut forcer leurs adeptes épris supposés de paix à se révolter contre ceux qui tuent ainsi en leur nom. Ce n'est pas à "nous" de le faire (qui "nous" ?).

Par ailleurs il est clair que ces tueurs doivent être déchus de la nationalité française et il n'y a pas besoin de toucher au Code Pénal ni à la Constitution pour ce faire, tout y est ; comme il faut bien sûr expulser les binationaux et les étrangers classés S quand même ne serait-il que "signalé" surtout lorsqu'ils en sont à leur énième délit (mettons cela comme bémol si l'on veut).

Mais dès que vous dites cela, vous voilà traité "d'ultra-ultra-droite" alors que les vrais de vrais sont pro musulmans comme il a été vu avec Hitler et aujourd'hui du côté de certains islamo-coco prônant l'égalité et la réconciliation (autre mot pour dire "que la paix de lisse lame soit avec toi") donc le cercle vicieux s'enclenche alors qu'il serait bon d'appeler un chat un chat, pour de bon.


23 novembre 2018

Restitution générale!

OK ! restituons donc masques et statues, en échange récupérons les ponts, immeubles haussmaniens, édifices divers, et, surtout, récupérons la langue française, ses oeuvres, interdisons-en même l'emploi si une "taxe" ne serait pas payée (elle servira à la transition énergétique) ce qui rapportera puisque nombre de populations (nord) africaines ne pourraient pas sans cette langue se comprendre ; et puis restituons les mosquées, récupérons Notre Dame d'Afrique, Sainte Sophie ; récupérons aussi les brevets, avion, téléphone, vaccins, TV, ordinateurs, satellites, chars, mitraillettes, bateaux…; toute invention d'origine occidentale doit être interdite d'accès du moins taxées, négocions certes une somme forfaitaire pour les matières premières extraites, du moins celles qui étaient également utilisées par les peuples du cru, car pour le reste aucun droit de propriété n'existe sur le sable du Sahara encore moins en dessous, et, bon an mal an, on verra bien qui sera le plus perdant à la longue…

Plus sérieusement (peut-être) il convient d'être passablement agacé quand certains en viennent même à parler d' "appropriation culturelle" en matière de coiffure africaine, jamaïquaine, ce qui découle bien de toute cette idée dite "décoloniale" cherchant à se dépouiller en fait des influences occidentales pour, faute de mieux et à défaut de perspectives alternatives depuis que le communisme est mort, revenir à la fermeture hermétique des cultures prônées par le relativisme culturel des années 30, gestuelle autrefois taxée de réactionnaire (voire pis) aujourd'hui adulée comme "réappropriation"; en avant donc vers la réalité retrouvée des guerres inter-tribales et de l'excision marginalisant femmes et handicapés (ce qui à vrai dire continue toujours) n'est-ce pas là un impérialisme que ces "droits de l'Homme" à rejeter à broyer, la dictature post-maoïste n'a-t-elle pas montré la voie, l'Iran lui ayant emboitée le pas, l'Arabie Saoudite en pointe, la Russie hésite entre néo-tsarisme et tyrannie, mais ce surtout à propos de la culture postmoderne qu'un Soljenitsyne avait en horreur tant elle récuse toute différence native, ce qui se discute (en quoi cependant Mr.Soros représenterait à lui seul "la" liberté d'expression alors qu'il défend surtout des théories nihilistes et post-nationales du genre "no borders"?). Une peuplade, les Sentinelles, vient de tuer un touriste sous le seul prétexte qu'il aurait fouler sa terre de ses pieds, qu'aurait-on hurler si un villageois occidental aurait fait de même ?…

Il faudrait aussi que Israël restitue la mosquée plantée sur le Mont du Temple à ses ayant droits arabes, il faut que ceux-ci à terme s'en aille d'Afrique du Nord, d'Afghanistan, du Pakistan, d'Égypte la restituant aux Coptes (qui veut dire "égyptien" en ancien grec) et aussi d'Europe, chacun chez soi, l'Histoire à l'envers, rembobinons, les Espagnols doivent partir d'Amérique du Sud, les Européens d'Amérique du Nord, les Chinois du Tibet, etc, etc, ne voit-on pas que ce processus est des plus enfermant, oppressant, totalitaire ?… N'est-ce pas ceux qui dénonçant ainsi "l'Occident" deviennent encore plus racialistes que les plus suprémacistes ?… Ce sont les mêmes qui se sont métamorphosés en végétariens intégristes, sectaires écologistes, adeptes du "non blanc", pro-islam également, une poignée agissante, et le Président français vient de mettre un doigt dans leur engrenage de détricotage, la Nation ayant disparu, son identité en miettes, pourquoi en effet garder ses biens surtout conquis ? Débarrassons-nous en, Macron en commissaire priseur à l'envers : "qui dit moins?"…


10 novembre 2018

Le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française gaulliste

Résultat de recherche d'images pour "Thiaroye" Une page noire du gaullisme…

 

1er décembre 1944

Le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française gaulliste

 

« Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français, est-ce donc vrai que la France n'est plus la France? [...] Sang ô sang noir de mes frères, [...] vous êtes la souffrance qui enroue ma voix » (Léopold Sédar Senghor)

 

Au pouvoir à Paris depuis août 1944, le Gouvernement Provisoire de la République Française, le G.P.R.F., est dirigé par Charles De Gaulle. A ce titre, il est reconnu par les puissances Alliées (Royaume-Uni, Etats-Unis, U.R.S.S) en octobre 1944. Dès lors, la remise en question des troupes africaines dans le scénario politique de la Libération devient son obsession…

L’historien Canadien, M. Echenberg précise que « pour de Gaulle et les gaullistes, la participation africaine aux opérations militaires de la Libération constituait une source d'embarras. Si les sujets de l'empire étaient aussi sans contredit des enfants de la France, il semblait exagéré de leur attribuer un rôle actif dans la libération de la mère patrie. »

Fin novembre 1944, des prisonniers de guerre africains rescapés des mobilisations et des combats de 1939-1940 (campagne de France) et 1942-1944 (campagne d’Afrique et débarquement en Provence) sont rapatriés en AOF. Les 1280 premiers « tirailleurs sénégalais » originaires des territoires d’AOF sont internés au camp de Thiaroye, ville du Sénégal située dans la banlieue de Dakar, au sud de la presqu’île du Cap-Vert, entre Pikine et Rufisque.

L’objectif est de les démobiliser dans le contexte général du « blanchiment » de la nouvelle armée française commandée par le général De Gaulle. Ces prisonniers –soldats des troupes coloniales- étaient détenus en France dans des frontstalags, camps de prisonniers de l’Armée allemande qui regroupait essentiellement les soldats des troupes coloniales par peur de maladies tropicales ou d'atteinte à la « pureté du sang aryen ». Les dirigeants de l'Allemagne nazie ne voulant en aucun cas de la présence d'« hommes de couleur » sur le sol allemand.

La victoire pratiquement acquise, ces « coloniaux » n’avaient désormais plus, pour le gouvernement gaulliste, de raison d’exister. L’ère du « blanchiment » primait sur toute autre considération…

Ces soldats africains qui avaient largement contribué aux opérations de libération de l'île d'Elbe, puis au débarquement de Provence (15 août 1944) et à la libération de Toulon (23 août 1944) puis de la vallée du Rhône, qui combattaient dans le nord-est de la France à l'automne, furent en quelques jours remplacés par des jeunes Français… qui n’avaient jamais combattu. L'argument officiel fut le risque du froid hivernal, mais il n'était que de pure forme.

Selon M. Echenberg les motifs politiques de De Gaulle sont les suivants : « associée au succès des Alliés qui avaient libéré la France de la honte et de l'humiliation, la jeunesse française pourrait humer, ne serait-ce que de loin, le parfum de la victoire. » L'épreuve du « blanchiment » fut très rude pour les soldats africains, qui étaient au nombre d'environ 20 000 : « relevés de leurs positions sur les lignes de front et sans aucune forme de procès, on leur retira leurs armes et jusqu'aux uniformes qu'ils portaient et on les renvoya dans le sud, où ils passeraient la saison froide en attente des navires qui les ramèneraient en Afrique. »

Les tirailleurs africains libérés devaient toucher leur solde avant leur démobilisation : celle-ci se composait des arriérés de solde depuis leur mobilisation, leur prime de démobilisation et leurs économies de la période du frontstalag. La nouvelle administration mise en place par De Gaulle après la chute du régime de Vichy, refusa de leur verser cet argent à l’embarquement et leur promit de régulariser la situation en Afrique.

           A leur arrivée en AOF, cette administration procéda, le 28 novembre 1944, à des conversions arbitraires de francs métropolitains en francs CFA des montants de démobilisation. Un groupe de tirailleurs, qui devaient regagner Bamako et le Soudan français, refusèrent de prendre la route. Le 30 novembre 1944 Le général Dagnan vint à leur rencontre au camp de Thiaroye. Pris à partie, l’affaire vira – selon la hiérarchie militaire- à l’émeute… ce qui décida le général Dagnan, en accord avec son supérieur, le général de Boisboissel, commandant des troupes à Dakar, de recourir à la force, le 1er décembre 1944.

            Ce jour là, les tirailleurs sans défense furent rassemblés sur l'esplanade du camp de Thiaroye. En face d’eux, cernant l’enceinte, sous les ordres du lieutenant-colonel Le Berre, 1100 tirailleurs du service d'ordre, acheminés depuis Saint-Louis, 120 soldats et officiers français. Les unités engagées dans l'opération étaient le 1er R.T.S, le 7ème R.T.S, le 6ème R.A.C. et la gendarmerie, le tout appuyé par trois automitrailleuses, deux half-tracks (autochenilles blindées) et un char américain. A 9h30, le feu fut commandé… et ce fut l'hécatombe.

Le bilan officiel (minimisé selon de nombreuses sources) dressé au lendemain des événements fit état de 70 morts (24 morts le jour de l’assaut et 46 blessés qui décédèrent finalement à l’hôpital). Par ailleurs, 34 tirailleurs considérés comme « meneurs », furent condamnés en mars 1945 par un tribunal militaire  à des peines de un à dix ans de prison. Ils seront graciés en 1947 mais jamais réhabilités depuis.

Sur le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française gaulliste, à  Thiaroye -un des événements les plus sanglants de l'histoire de l'Afrique de l'ouest dans les années 1940-1960- l’Histoire officielle retiendra que ces soldats tombés sous les balles françaises, ne sont pas « morts pour la France ».

14 ans plus tard, alors que le général De Gaulle s’apprêtait à visiter Dakar au cours de son voyage de propagande en vue du referendum constitutionnel du 28 septembre 1958, le Comité de Défense des Libertés Démocratiques, sous la conduite du Parti Africain de l’Indépendance, organisa le 17 août 1958 un pèlerinage à Thiaroye, pour « honorer la mémoire des soldats noirs massacrés en 1944 par le général de Gaulle ». Au retour, les « pèlerins » se heurtèrent aux forces de l’ordre. L’échauffourée dura plusieurs heures et fit de nombreux blessés.

En août 2004, la journée du 23 août fut déclarée Journée du tirailleur sénégalais  par le Sénégal, qui invita les autres États d’Afrique d’où étaient originaires les tirailleurs. Le massacre de Thiaroye y est désormais commémoré.

Le choix de la date du «  23 août  » n’est pas anodin. Il correspond, en effet, au 23 août 1944, qui marque la libération de la ville de Toulon par le 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais et symbolise aux yeux de l’ex Président de la République Abdoulaye Wade (1er avril 2000 au 2 avril 2012), « la participation de l’Afrique à la libération de la France et à la lutte des forces alliées contre le nazisme  ».

« Répression d'une mutinerie » : Ce fut la thèse officielle de l’État français de 1944 à 2014, année où ce massacre fut officiellement reconnu par la France. On a également invoqué « la peur de la classe dirigeante française de voir les tirailleurs sénégalais porter, plus tard, des revendications politiques plus massives pour l'indépendance, en s'alliant avec la population locale ». Cela n’a pas empêché le Sénégal d’accéder à son indépendance, le 4 avril 1960.

… Ne faudrait-il pas voir également dans ce massacre le contrecoup de la défaite anglo-gaulliste à Dakar, le 23 septembre 1940, face à l’armée coloniale française loyale au régime de Vichy ? C’est envisageable. De Gaulle avait la réputation d’être un homme orgueilleux, cinglant et rancunier. Il le démontra de nouveau, 17 ans plus tard, en retournant les armes françaises contre les Français d’Algérie… ceux-là mêmes qui l’avaient ramené au Pouvoir en 1958 mais à qui il refusait de pardonner leur trop grande fidélité au Maréchal. « Tous Pétainistes ! » clamait-il.

 

Voir également :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01598514v2/document

et

https://blogs.mediapart.fr/gilles-manceron/blog/281114/pour-une-vraie-reconnaissance-du-massacre-de-thiaroye

 

José CASTANO

Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

 

(Rappel) 23 septembre 1940… L’AGRESSION BRITANNIQUE SUR DAKAR

Cliquez sur : Voir le message »

 

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Conférence sur : « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

 

- De l’Indochine à l’Algérie, la Légion étrangère au combat

- L’Odyssée et la fin tragique du 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie.

 

« De l’Indochine à l’Algérie, le conférencier évoque le vécu, l’héroïsme et les sacrifices de ces légionnaires, Fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé. Ces soldats-loups à la démarche souple de félins, accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, acceptaient le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil et dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants. Ces hommes, « soldats pour mourir », constituaient le plus beau régiment du mode ; jalousés, admirés et vénérés parce qu’ils étaient capables de mourir avec panache en criant : « Vive la Légion ! »

… Puis il y eut le 22 avril 1961 et le soulèvement des meilleures unités combattantes dont le 1er REP était le « fer de lance »… sa dissolution et celle des plus belles unités parachutistes… l’émouvant adieu de la population de Zéralda à « leurs » légionnaires… le « cessez-le-feu » et la fin tragique de l’Algérie française… Le génocide des harkis commençait. »

 

Cette conférence, organisée par le Cercle Algérianiste de Clermont-Ferrand-Auvergne, sera donnée par José CASTANO, Samedi 1 Décembre 2018, 14h45, à l’Anémotel,  6 Rue Louis Armstrong, 63200 RIOMTel. 04 73 33 71 00 - Entrée gratuite

Un repas (facultatif), à 13h, précédera la conférence.

Pour tout renseignement et réservation repas : Laurent SACCARDY – Tel. 09.67.29.47.12 et 06.80.44.03.78 – Courriel : saccardy.betp@wanadoo.fr

 

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ières atus :

Mon blog cliquer sur : http://jose.castano.over-blog.com/ 

 

Ma biographie, cliquer sur :- http://www.francepresseinfos.com/2013/05/jose-castano-une-vie-au-service-de-la.html  

 

Mes ouvrages, cliquez sur :  -Ma Bibliographie –

 


05 novembre 2018

L’hypocrisie du CCIF

Cet organisme adoubé par l'élite bien pensante (et pourtant très controversé lié "plus ou moins" aux Frères Musulmans selon Nasser Ramdane Ferradj du Collectif des Musulmans progressistes et laïcs) vient donc de se fendre de toute urgence d'une application "anti-islamophobe" (puisque nous sommes dans les années 30) mais celle-ci ira-t-elle jusqu'à signaler l'ensemble des versets anti-juifs anti-chrétiens anti-polythéistes et autres athées qui parsèment leur "livre"? Rien n'est moins sûr. Ira-t-elle jusqu'à intégrer les diverses attaques sournoises ou explicites qui concernent femmes et homosexuel(les) rappelons cette mise au pilori de Kamel Daoud lorsqu'il fit référence à une certaine culture anti-femmes en la matière à propos de Cologne, ne parlons pas du quartier de La Chapelle à Paris et dans bien d'autres endroits….

Cette application marche-t-elle pour les chrétiens aussi ? Non bien sûr. Le site du CCIF ne donne rien sur Asia Bibi. Rien de rien. Pas grand chose sur Daesh hormis le pasdamalgame…Rien sur Al Keida. Rien de rien. Ces organisations ne sont-elles pas islamophobes pourtant si l'on s'en tient à la doxa dominante?… Pourquoi ne pas traquer toutes les "phobies" ?… Ils en auraient bien besoin en Égypte et au Pakistan…Londres…

L'hypocrisie suprême de cette organisation consiste à tout amalgamer telles que des critiques sur tel aspect de l'islam comme des agressions verbales ou physiques voire des détériorations d'une part, tout en opérant une confusion volontaire entre religion et origine ethnique.
Ainsi certains prédicateurs déguisés en animateurs et ayant désormais leur rond de serviette à la TV voient dans toute critique contre l'islam une attaque d'emblée contre les immigrés, les musulmans, les "arabes" quand bien même cette critique serait fondée, argumentée. Comme si le fait seul d'oser émettre une critique serait blasphématoire puisque l'islam étant sacré du fait qu'il est la parole divine, le critiquer reviendrait à remettre en cause celle-ci.

Ce qui fait qu'il est quasiment impossible de "dialoguer" avec eux puisque toute énonciation critique est d'emblée une hérésie alors que le délit de blasphème n'existe pas en France nous ne sommes pas (encore) au Pakistan, même si les élites dominantes restent toujours persuadées qu'il existe un gentil islam ayant apporté la civilisation à un occident barbare mais qui a été hélas détourné par des méchants islamistes ignorants de ces belles choses alors que ces derniers sont mille fois plus érudits que les gentils en matière de culture islamique…

Les mêmes élites sont d'ailleurs également persuadés que des hordes anti-musulmanes fourbissent leurs armes dans quelques forêts en attendant leur heure pour chasser hommes femmes et enfants alors qu'il semble que les seuls qui à l'heure actuelle migrent vers d'autres quartiers parisiens soient des familles… juives (selon un dossier de…France Culture…) ce qui là en effet rappelle les années 30…

Gageons que ce que préparent Macron et ses sbires voulant amender la loi de 1905 pour aller dans le sens d'un CCIF va en effet aggraver cette impression de "déjà vu"…


03 novembre 2018

La chrétienne Asia Bibi de nouveau menacée

  Le gouvernement pakistanais s'est donc soumis devant 5000 enragés et a décidé de négocier avec eux en acceptant non seulement que cette innocente soit empêchée de quitter le pays, mais qu'il puisse avoir une "requête en révision" afin de contester la relaxe promulguée par la Cour Suprême, ce qui est une violation évidente du droit, l'avis d'une Cour Suprême étant du "dernier ressort" ne pouvant être remis en cause (y compris au Pakistan). Pis encore le gouvernement a accepté de libérer les manifestants ayant violemment protesté en saccageant et agressant. C'est une capitulation à plate couture.

En même temps le Pakistan montre ainsi le visage historique classique (usual) de l'islam conquérant: en aucun cas miséricordieux, capable de demander la mort pour une femme qui a bu dans la même coupe d'eau qu'une musulmane, celle-ci se sentant alors "souillée" à moins qu'Asia Bibi ne se convertisse, une duperie que celle-ci déclina bien sûr, à quoi bon puisque Jésus a déjà tout annoncé (selon les chrétiens) au nom de quoi Dieu se serait déjugé en envoyant quelqu'un d'autre ?… Sans doute Asia Bibi n'a pas dit exactement ses mots (en 2009!) mais si on lit soigneusement ce que relate l'article de la BBC (après la question "What was Asia Bibi accused of?") lors de sa première condamnation :

Prosecutors alleged that in the row which followed, the women said Asia Bibi should convert to Islam and that she made offensive comments about the Prophet Muhammad in response.

il semble bien qu'Asia n'aurait pas seulement répondu "non" et sans doute réaffirmée au moins que Jésus lui suffisait (étant Dieu venu sur Terre pour les chrétiens). Mais las ! Nous sommes bien loin du pacifisme tant vanté, "que la paix soit avec toi" voulant dire que la paix de l'islam soit avec toi autrement dit que tes actes soient enveloppés par cette paix au sens d'être obéissant aux principes de l'islam sinon gare à toi, voilà ce que vit cette chrétienne, voilà ce que vivent de plus en plus certains de nos concitoyens dans lesdits "territoires perdus de la République" et ce en France même. Au même moment un car de Coptes en Égypte a subi un attentat. Dans l'indifférence générale bien sûr.

Il faut que le gouvernement français rappelle son ambassadeur au Pakistan, qu'il proteste déjà, demande même la réunion du Conseil de Sécurité (ce qui fera du bruit) sans attendre que l'UE daigne se bouger pour que ce pays soit condamné, déjà lorsqu'il viole son propre droit. Macron le fera-t-il ?… Rien n'est moins sûr. À nous en tout cas d'organiser des rassemblements devant l'ambassade et consulats du Pakistan. Il en va non seulement de sa liberté mais aussi de plus en plus de la nôtre.


02 novembre 2018

La fumisterie de la référence aux « années 30″

Hitler (élu grâce à la gauche comme le rappelle Barbara Lefebvre) était expansionniste, de même que Mussolini avec son aventure en Éthiopie, en quoi le fait de demander plutôt l'existence et le renforcement des frontières (et non leur expansion) seraient racistes ?

En quoi le fait de se demander si le regroupement familial attirant des éléments hostiles à notre culture tolérante et protectrice de l'égalité entre citoyens aura été tant que cela une bonne chose alors que des immigrés européens hors UE mais partageant nos principes de vie sont eux refoulés en quoi cette constatation serait une question "lépreuse" pour parler comme notre Président que l'on ne connaissait pas docteur en Histoire et surtout spécialiste des "années 30" ?… 

Par contre à quoi peut-on comparer la chasse aux femmes et aux homosexuels dans les rues européennes, les attaques au couteau, à l'acide, les attentats dans des lieux ouverts et "métissés" les chasses aux sorcières sur les ondes et le service public (universités comprises) sinon à une offensive typiquement totalitaire avec comme emblèmes l'islam et l'abolition des identités (de genre y compris) comme brassards ?…

Les falsificateurs des faits historiques tels que notre (supposé) disciple de Ricoeur (ses amis viennent de pondre une vidéo en la matière) nous brament comme argument majeur que le fait même de vouloir renverser la vapeur en matière migratoire et économique serait par essence contraire "aux valeurs humanistes" et donc "nationaliste, d'extrême droite" etc etc blablabla; ils s'empressent bien sûr d'ajouter qu'ils ne sont cependant pas, du moins en majorité, pour l'abolition des frontières, mais plutôt favorables à une régulation renforcée, à l'échelle des frontières de l'UE (qui est d'ailleurs une entité expansionniste puisqu'elle veut intégrer de plus en plus de pays).

Sauf qu'ils n'expliquent en aucun cas comment vont-ils le faire réellement, comment faire en sorte que l'immigration irrégulière et clandestine soit stoppée surtout lorsqu'elle favorise la ghettoïsation, comment "reconquérir les territoires perdus de la République" comment combattre les effets pervers de la mondialisation des délocalisations liées au coût excessif des cotisations sociales reposant sur le travail et les PME (ce qui n'a rien à voir avec le capitalisme "libéral" la Chine les USA (même avant Trump) et l'Allemagne se protégeant bien plus que la France) ?…

Comment freiner l'effondrement de "la classe moyenne" comme l'indique Christophe Guilluy (attaqué par la gauche bien pensante l'accusant de faire "le jeu du RN") comment comment comment renverser la vapeur ? Rien ou si peu sur la table hormis des réformes cosmétiques homéopathiques sympathiques et parfois de bon sens alors que les taxes restent en surchauffe y compris sur les coupons octroyés par les C.E ! Le tout au nom d'une autre fumisterie celle de faire croire que l'air respiré se serait dégradé alors que c'est précisément le contraire !…

Nous sommes face en réalité à une fantastique production de rumeurs et de fausses nouvelles depuis le complot des blouses blanches sous Staline, l'affaire Lyssenko (et les canaux sur Mars comme le rappelle Benoît Rittaud) le tout à faire pâlir les services secrets russes nord-coréens turcs chinois saoudiens iraniens palestiniens (etc…) Trump est un enfant de choeur à côté, par contre le fait d'apprendre que le pouvoir corrompu d'Afrique du Sud envisage d'exclure de la recherche d'emploi les chômeurs blancs sera bien entendu soigneusement omis, sans parler de la misère accrue s'abattant au Venezuela qui voient des mères donner leur enfant pour qu'ils ne meurent pas de faim, qu'en pensent d'ailleurs nos militants hyper nourris de la France Insoumise arrondissant leurs fins de mois ou se repaissant sur la bête contribuable avec toutes les ficelles possibles et inimaginables permettant une espère d'optimisation fiscale sans le dire ?…

Ne voit-on pas que nos élites ayant complètement failli depuis des décennies n'ont plus comme uniques arguments la peur, l'amalgame, le simplisme (ce qu'elles appellent pourtant "populisme"…) en vue de les adouber par défaut, dénichant ici et là quelques illuminés au crâne rasé pour jouer aux figurants du remake back to 1930s formidables façades Potemkine qu'elles agitent de plus en plus à l'instar de ces figurines faisant office de réel dans le Mythe de la Caverne socratique.

Nous en sommes là sauf que cette manipulation en cinémascope hyperréel (réduire les faits à leurs dimensions formatées)  n'a pas l'air de marcher.


31 octobre 2018

Aveuglement sur les attaques anti-homosexuelles

L'aveuglement et le matraquage idéologiques sont aujourd'hui tels que les pseudo-intellectuels mythomanes habituels viennent déverser leur fiel à l'abreuvoir médiatique où trône généralement leur rond de serviette ou serpillière propagandiste pour dénoncer non pas les principaux responsables de la majorité des attaques anti-homosexuelles à savoir les adeptes de l'islam, mais plutôt montrer du doigt la Manif pour tous Trump ou Bolsonaro alors que ces derniers, au-delà de leur opinion, libre en démocratie, polémiquent plutôt dans les faits avec les courants LGBT qui eux instrumentalisent l'idée dans la volonté de l'imposer comme nouvelle norme "progressiste" obligatoire.

Au lieu de nommer un chat un chat et d'observer que la majorité des actes anti-homosexuels ou anti-juifs sont plutôt l'apanage de mahométans, la lumpen-intelligentsia fait feu de tout bois sur les ondes pour cacher soigneusement l'origine des agresseurs en France : impossible de savoir alors que l'on sait précisément qui se cache derrière en particulier en "banlieue parisienne" comme daigne l'indiquer de temps en temps un médias hors des clous. Voilà l'ignoble.

Alors qu'il faudrait prendre le problème à bras le corps à savoir l'hostilité farouche de l'islam à tout ce qui n'est pas sous sa férule, le pouvoir et ses affidés préfèrent profiter de ces agressions pour remettre en selle dans les écoles une théorie du genre qui peinait à prouver qu'elle n'existe pas. Voilà l'odieux. Le fait de se servir de ces attaques pour encore plus se faire le cheval de Troie des idéologies victimaires et nihilistes refusant de voir que les cultures importées n'ont pas fait du tout un travail en la matière quant à la tolérance nécessaire si l'on veut vivre dans une société démocratique réelle.

Leurs aboyeurs préfèrent noyer le poisson en indiquant que dans certains pays africains, sud-américains, slaves, de confession chrétienne, l'homosexualité est tout autant défiée jusqu'à être interdite, or ce n'est pas la question, en Europe en tout cas, d'autant que si l'on veut vraiment faire les comptes les condamnations à mort et autres violences sont plutôt l'apanage des pays dits musulmans.

Cette cécité est de plus en plus insupportable, d'autant plus que à l'instar de la propagande stalinienne les médias effacent systématiquement le nom des agresseurs, comme s'il s'agissait de fantômes, d'entités abstraites sans identité.

En fait, la hantise de voir leur base électorale attaquée fait que les dirigeants et leurs sbires se taisent et trouvent des boucs émissaires toujours à "l'extrême-droite" jusqu'à les menacer de les priver d'antenne (entendu sur France Info) alors que l'homosexualité et la réelle extrême droite ont souvent fait bon ménage et surtout que l'homosexualité comme pratique et fantasme transcendent les étiquettes politiques et religieuses mais ce de manière en effet cachée, honteuse.

Nos idéologues vont même jusqu'à lisser la chose en prétextant qu'en réalité les choses se savent plus aujourd'hui, on attend avec impatience le lissage statistique sur cinq cent ans pour confirmer ce dire, jusqu'à peut-être mettre aussi un peu en cause le "réchauffement climatique" pourquoi pas qui ferait chauffer un peu trop la "libido", un argument comme une autre à l'ère du degré zéro de la pensée critique occidentale.


29 octobre 2018

Le fanatisme irrationnel

L’antisémitisme montre à nouveau son mufle sanglant, il a frappé, il frappera

 

par Alain Rubin

 

Le fanatisme irrationnel contre le Juif a tué à Pittsburgh.
Pour l’exécuteur, le Juif est l’ennemi universel, il est la source de tout ce qui ne va pas. Résultat : onze Juifs assassinés et trois officiers de police blessés par un tueur fanatique reprochant au Président Trump d’être un agent des Juifs.

Le même fanatisme irrationnel ne voit que le Juif, dans l’aventurier cynique Soros, pourtant ennemi avéré d’Israël,

Ces derniers crimes ont aussi montré : que dans un premier temps, avant de procéder à une correction, – à l’inverse de la présidence US –, la présidence française n’a voulu voir, dans cette tuerie, « qu’un malheur frappant le peuple américain »…

Ce pogrom appelle quelques observations complémentaires :

Je me posais la question, une fois encore, de m’adresser aux médias français ainsi qu’à l’UNESCO et au gouvernement français, pour leur dire : qu’à force de masquer et déformer systématiquement les faits ou les oblitérer pour dédouaner le Hamas, à force de cacher que chaque vendredi à Gaza les organisations du Hamas et du Djihad islamique envoient des milliers de vigoureux jeunes hommes, des femmes et des enfants, incendier des centaines, parfois des milliers de pneus, – dans l’espoir que les fumées noires, que les fumées toxiques, iront empoisonner les habitants des kibboutz frontaliers –, envoyer des centaines de cerfs-volants et de ballons porteurs d’explosifs, et de produits incendiaires pour continuer de ravager les alentours israéliens et poursuivre la politique de la terre brûlée ayant déjà calciné des kilomètres carrés de cultures et de bois –     y détruisant toutes flores et faunes –, pour couper les clôtures frontalières et pénétrer en Israël pour y perpétrer les assassinats réclamés par les chefs du Hamas, vous concourez au climat d’hostilité meurtrière qui pousse au crime les Mohamed Mehra ainsi que les hommes comme le tueur de Pittsburgh.

Je veux rappeler ici : (que) le nouveau chef du Hamas a appelé à briser la clôture de séparation pour entrer en Israël, afin d’y tuer tout Juif rencontré, pour assassiner un maximum de Juifs, « en leur arrachant le cœur ».

« Manifestants pacifiques », que ces individus sanguinaires auxquels les jeunes hommes et femmes de Tsahal (l’armée de défense d’Israël formée : de Juifs, de Druzes, de Bédouins, de jeunes gens d’autres ethnies israéliennes comme les Arméniens et les Araméens, et aussi d’Arabes israéliens) doivent faire face chaque semaine depuis sept mois ?

Le climat n’est plus à la discussion académique.

Quand l’UNESCO agit avec sa mission scientifique comme l’Ubu de Jarry se comporte avec sa conscience, quand l’ UNESCO décide que le tombeau de Rachel, que le tombeau des patriarches, que Jérusalem, n’ont rien à voir avec le peuple juif, que ces lieux sont des lieux saints musulmans et mêmes des mosquées qui doivent être Juden rein, je veux lui dire, – ainsi qu’aux représentants des gouvernements ayant voté les résolutions mensongères proposées par cette agence des Nations-Unies –, avec tout le respect dû à ces institutions : Mesdames et Messieurs, vous avez une part écrasante de responsabilité dans cette dernière tuerie, comme dans les récents assassinats de Juifs massacrés parce que juifs ; vos oukases absurdes, vos délibérations politiciennes contraires à la vérité historique, ont donné un sentiment de légitimité donnant force à des pulsions assassines ; vous avez ainsi fait que certains sont passés à l’acte.

Je n’en dirai pas plus.

Le temps est au recueillement et à la méditation. Je veux seulement rajouter : que la sincérité des hommages rendus aux victimes se mesurera par les actes et les décisions politiques qui suivront, ainsi que par les articles de presse et les reportages qui chercheront à revenir vers la vérité et l’information réellement équilibrée.

Alain Rubin

Le 29 octobre 2018

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29 octobre 2018

L’impasse suprémaciste néo-paganiste

À part être de plus en plus désormais les idiots utiles des "démocrates" américains des djihadistes et des nostalgiques d'une monarchie affaissée dont le dernier hoquet fut en France Vichy, les actuels partisans d'un retour non seulement suprémaciste mais machiste (mis à l'écart des femmes) empêchent par leur aveuglement de plus en plus nocif qu'un réel rééquilibrage puisse s'effectuer pour redémarrer effectivement le fait d'être patriote et pas seulement en effet faire seulement République qui, livrée à elle-même, corsète la démocratie naturelle au profit de la seule élite attirée bien plus aujourd'hui par la puissance mondialisée du nomadisme permanent (à l'instar de ces nobles aimantés par Versailles) que par l'affermissement effectif de racines séculaires salvatrices (mais entre-ouvertes) pour le devenir de chacun des peuples à la recherche certes de nouvelles traditions tenant compte des évolutions diverses mais refusant de mourir à l'instar de toutes ces nations aujourd'hui disparues ou empêchées d'être (Kurdes, Berbères, Catalans, Corses…)

Que sont en effet devenus les Goths ? Huns ? Mèdes, Apaches, Sioux, Tibétains ?…. Tel est le dilemme que le jacobinisme ne résolve pas et qui d'ailleurs se heurte à l'anomalie, ainsi Israël n'aurait pas dû renaître mais accepter la domination arabo-musulmane….

Les récents meurtres immondes et lâches de Juifs américains à Pittsburgh ne doivent pas faire oublier que le soit disant "jour de colère" en France le 26 janvier 2014 vit déferler toutes les factions anti-juives et pro-djihadistes (Dieudonné Soral les Indigènes en étant les points d'intersection avec le NPA en sourdine) et qui ne diffèrent les uns des autres plutôt par le fait que chacun devrait rester chez soi  ("on est chez nous") ou dans sa "classe" que par une différence notable doctrinale surtout concernant les néo-nazis les anti-libéraux, et autres paganistes anti-chrétiens et donc anti-juifs.

Ces gens sont en réalité toujours pour une conception racialiste de type germaniste/nordique/aryenne ou alors néo-communiste transgenre dont le patriotisme local ou de classe n'est qu'un paravent, bien loin du revival d'un saint empire romain germanique qui lui au moins possède son fondement chrétien (Dante) ou de cette conception néo-platonicienne d'une République romantique d'égalité nue rêvée par Marx et consorts bégayant Platon.

La hantise anti-juive se répéta le 13 juillet 2014 avec l'attaque de la synagogue de la rue de la Roquette près de la Bastille à Paris, mais cette fois uniquement par les djihadistes imbus de leur prétention impérialiste à vouloir de nouveau soumettre tout non musulman sous leur joug.

Le point commun de tous ces groupes imbus d'une gloire déchue n'ayant en aucun cas tirée les leçons de leurs échecs tient à leur mécompréhension totale de l'émergence d'une Modernité qui a vu des métiers autrefois honnis devenir les nouveaux moteurs de l'économie autre qu'agricole et mécanique à savoir la finance bien sûr, mais aussi l'intégration de la science abstraite et appliquée dans les processus de production matériels et symboliques, l'explosion des villes des arts de la photographie au gramophone en passant par la caméra les transports la télévision etc etc etc ; la volonté également de moderniser les circuits démocratiques au sein du conflit permanent entre peuple et élite, multi-processus qui virent en effet les minorités autrefois en marge prendre plus de pouvoir et de prestige au fur et à mesure que ces nouveaux métiers devenaient indispensables aux métiers séculaires dominés par les classes possédantes habituelles comme la diplomatie les institutions l'armée…

Il est sûr que pour ceux imprégnés de traditions féodales ne vivant encore que par les gloires militaires et politiques, rêvant plutôt à restaurer l'Antiquité que d'inventer mille Tour Eiffel les nouvelles techniques en matière artistique et scientifique ne semblent toujours être que des pratiques prosaïques subalternes propre au Vulgaire. Or, ce furent précisément ces métiers-là qui prirent essor faisant la fortune des exclus dont les Juifs.

Qu'une partie de ceux-ci aient pu également animer la vie intellectuelle révolutionnaires de puissances bureaucratisées dépassées comme ce fut le cas en Russie voire en Allemagne hormis la Prusse, n'est pas non plus à mettre en négatif à leur encontre puisqu'ils épousaient leur temps comme ce fut au fond le cas des partisans de la Réforme dont la présence en Hollande comme au Royaume Uni a pu contrebalancer l'immobilisme de l'absolutisme catholique personnifié par un Louis XIV et un Versailles qui après la défaite de son pendant espagnol, sonna le glas d'une monarchie tournée uniquement vers la puissance militaire euro-continentale malgré les efforts d'un Colbert puis d'un Turgot, la perte sèche de l'Amérique et des Indes en formant le champ du cygne qu'un Bonaparte devenu Napoléon réitéra cédant jusqu'à la Louisiane pour une poignée de lentilles.

Relire donc Musset et Chateaubriand jusqu'à plus soif en tentant de voir quand même du bon chez Pétain n'expliquera jamais pourquoi par deux fois la France s'agenouilla en 1870 et 1940 s'il n'y a pas réellement cette rétrospective en profondeur allant chercher les causes ultimes de la défaite française malgré son génie.  Idem pour les USA depuis la guerre du Vietnam…

Les mouvements néo-monarchistes paganistes ou proches du catholicisme scolastique pseudo-thomiste d'une part, les mouvements suprémacistes d'autre part n'ayant pas encore compris pourquoi le nazisme, cette métaphysique de palefreniers (fichtéistes, shopenhaueriens ,wagnériens, hormis Persifal néanmoins)  a échoué sont de plus en plus en réalité les idiots utiles des courants technicistes scientistes adeptes d'un mutationnisme "trans" nouvelle Utopie aux dents totalitaires comme on le voit dans ce néo-millénarisme néo-paganiste Vert exigeant de mettre au pas l'Humanité au profit d'une post-humanité hybride et interchangeable sans visage.

Voilà pourquoi il faut se méfier et combattre absolument de tous ces courants prétendument patriotes ou supposés proches du peuple car en réalité ils prêtent main aux ennemis déclarés absolutistes et technicistes du djihadisme et du scientisme affairiste allié aux divers "deep-state" les manipulant comme c'est le cas actuellement à dix jours des élections intermédiaires américaines… et à quelques mois des élections européennes…


27 octobre 2018

Rectifications théoriques

 Deux points théoriques apparaissent cruciaux: 1/la réalité du Christ comme vérité insurmontable qui infirme toute autre tentative sur le plan religieux; 2/une vie symbolique intime tresse l'humain en animant autant son intérêt au monde que sa mobilité y compris sociale.

1/ l'argument de St Anselme n'est pas si aisé à écarter malgré les tentatives de le réfuter : Si Dieu est alors il ne peut lui manquer l'existence, la preuve étant la Révélation ou la venue même de Christ sous la forme Homme. Christ est donc Dieu (ce que disent les Écritures) même si au moment où Il surgit humainement il se distingue nécessairement tel le UN qui en se posant l'effectue en s'appuyant sur une part de lui-même. D'où la notion de "Fils" qui n'est cependant qu'un nom valise aisé pour rendre visible cette distinction et non pas la réalité unique ou Dieu qui n'est pas séparable ; de même pour l'Esprit, ce Souffle en la Vie, ou l'autre image, vive, du divin Il lie le Tout.

Et là est le premier point crucial à éclaircir à nouveau : 1/si Dieu Est (Origine ou De) et Vient en Jésus pour nous parler (Verbe ou Par) porté par son Image (l'Esprit ou le En, suivant ici le DE PAR EN de Jean rappelé par Augustin dans De la Trinité) alors point n'est besoin d'envoyer quelqu'un d'autre après lui sinon pour le Jugement Dernier comme il est supposé.

Aussi l'idée que Dieu se serait à nouveau manifesté en envoyant un "Prophète" pour indiquer que Jésus n'en serait en fait qu'un autre lui aussi ne tient pas. Si en effet Jésus est Dieu venu sur Terre il n'y a aucune raison que plus tard soit envoyé un Messager pour indiquer qu'en fait il y aurait eu erreur que Jésus n'est pas Dieu mais ne serait qu'un Messager qui en plus aurait été mal compris, ou se serait mal exprimé, puisqu'il aura fallu en envoyer un second.

Cela ne tient pas. Dieu ne peut pas tromper puisqu'il est posé comme parfait.

La seule solution serait que ce dit nouveau Prophète prétendant que Jésus n'est pas Dieu mais seulement son Prophète lui aussi a en tête un autre dieu ou du moins une représentation du divin comme il en existe tant, sans doute un dieu babylonien (certains parlent du dieu lune d'où la présence de l'astre sur les drapeaux de pays croyant en lui) mais cela n'a rien à voir en fait avec le vrai Dieu c'est-à-dire Jésus.

Une difficulté apparaît : s'il est ainsi prouvé pour appeler un chat un chat que l'islam n'a rien à voir avec Christ, au sens où ce dernier n'est pas un prophète comme le clame cette doctrine, qu'en est-il cette fois de la filiation juive qui ne l'a pas reconnue non plus comme Dieu venu sur Terre pour nous sauver ? 

L'islam s'évertue à faire croire qu'il est celui qui rectifie quelques déformations en l'occurrence le fait que Jésus ne serait que prophète, ce qui est faux et discrédite donc d'emblée l'islam comme continuateur puisqu'il ne reconnait pas la divinité en Jésus.

Mais qu'en est-il des Juifs ? Les Chrétiens en prétendant en être les descendants n'ont-ils pas fait ce que par la suite ont pu faire les Musulmans qui prétendent rectifier Juifs et Chrétiens ?

Non. Christ en apparaissant ne rectifie en aucune manière ce qui a été déjà accompli par Moïse et les Prophètes jusqu'à Jean-Baptiste ; il vient préciser que la Parole dans sa réalisation humaine ne peut pas rester immobile autrement elle ne serait pas Esprit, souffle de vie ; ainsi "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre" ou "qu'il est possible de soigner même le jour du Sabbat" ou qu'il "est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu" ou encore "la parabole des Talents", Jésus indiquant qu'il faille tout faire fructifier, même la plus petite capacité, que signifie tout ceci en particulier la dernière parole ?

2/N'étant pas, nous, parfait, omnipotent et omniscient, c'est sans cesse qu'il faut (nous) transformer (dans) le monde pour qu'il puisse être, et de surcroît à son Image d'où la nécessité de ne pas juger à chaud sans preuves, de secourir son prochain y compris en pleine cérémonie sacrée, d'admettre que l'on a aussi beaucoup de responsabilités lorsque l'on est à la tête d'une fortune et/ou d'un pouvoir, qu'il faut développer ses capacités aussi minimes soient-elles, car ce sont ces efforts là qui sont récompensés.

Dire cela ce n'est pas déformer accuser les autres de falsification c'est essentiellement indiquer que l'on vit par une perception qui donne sens sans être pour autant seulement imaginaire; aussi faire de son mieux le métier à disposition, faire l'effort de se former à un autre s'il y a lieu, cette interaction là doit être privilégié, elle ne peut en aucun cas être minimisée sous le prétexte que certains seraient plus prestigieux que d'autres.

Pourtant, cette femme française, Christelle Brua, élue la meilleure pâtissière du monde, pourrait être considérée par une certaine sociologie comme étant en mobilité sociale descendante ou déclassée si son père était prof classé cadre alors qu'un pâtissier, même "chef" est au mieux classé agent de maîtrise. Les perceptions certes changent puisque le "hipster pâtissier serait plus valorisé que le cadre supérieur", mais pas tant que cela si l'on en entend certains chefs d'entreprises indiquant leur difficulté à embaucher alors qu'il y a tant de chômage; certes encore, le poids des cotisations sociales le salaire peu attractif expliquent en partie cela, mais plus fondamentalement il s'agit bien d'une erreur de perception celle de croire que le statut est d'emblée un gage en soi de bonne vie (alors qu'un prof en France gagne deux fois moins qu'un bon pâtissier) et surtout de prestige lorsque l'on voit l'immense perte en réputation des élites qui nous gouvernent.

Le rapport en les points 1 et 2 réside en ceci : Le Christ a apporté, pour les croyants et non croyants ("circoncis et non circoncis" dit Paul) la Bonne Nouvelle celle de l'accès, dès à présent, par Lui, au Royaume, à la Félicité, celle de l'osmose ou Grâce nous arrachant de la pesanteur (comme l'indique la philosophe Simone Weil) ce qui implique d'une part, que le Christ accomplit ce qui avait été édicté avant lui, à savoir sa venue, afin de pardonner le Péché Originel (le travail n'est plus un enfer) d'où le fait de préciser comment mieux lire la Loi (des dix Commandements) ; d'où encore la non nécessité de la venue ultérieure d'un quelconque autre prophète puisque tout a été déjà accompli.

D'autre part, et comme l'indique la parabole des Talents l'important, le fondamental, consiste à faire fructifier la capacité que l'on possède, peu importe laquelle; et c'est dans le fait même de la développer au mieux, c'est cela qui suscite respect admiration prestige, quand bien même serait-elle moins clinquante, m'as-tu-vu. Tout se tient.

Á quoi bon se parer et parader si l'action accomplie ne fructifie rien, thésaurise, accumule pour accumuler, Jésus reprend ici aussi les conclusions qu'un Platon (dans sa République) et un Aristote (dans son Éthique) avaient avancé (à la suite des Prophètes Juifs, des sages asiatiques, africains…) en leur donnant une consonance plus ample à ce qu'il semble : c'est dans chaque geste, regard, attention, que se confronte grâce et pesanteur ou la force de l'empathie qui cependant n'empêche pas de voir Jésus chasser les marchands du Temple ou d'indiquer qu'il est venu "apporter l'épée" et non la paix…Le conflit interne et externe est donc nécessaire, permanent, afin de mieux évoluer en grâce plutôt qu'en pesanteur ou "esprit de lourdeur" c'est là toute une vision esthétique au sens fort qui fait que le Beau n'est pas le parent pauvre entre le Vrai et le Bien mais leur but puisque nous sommes faits à son Image…


22 octobre 2018

«Oui,en Seine-Saint-Denis,l’islamisation est en marche»

C'était lundi matin dernier le 15 octobre dans les studios de France Inter. Deux journalistes du Monde et de qualité, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, y étaient invités.

L'occasion pour eux d'évoquer leur enquête menée en collaboration avec cinq étudiants en journalisme, intitulée «Inch Allah», sur l'islamisation progressive de la Seine-Saint-Denis.

L'initiative était partie des confidences vespérales de François Hollande aux deux journalistes reproduites dans leur livre «Un président ne devrait pas dire ça» et qui confiait la crainte d'une «partition» du pays en raison de l'immigration excessive et de l'islamisation rampante:

«Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute.».

Précisons à ce stade que lesdites confidences à ce sujet étaient restées largement confidentielles et que la presse convenue avait préféré s'emparer d'autres sujets autrement moins gênants.

C'est au demeurant avec la même délicatesse que la même presse aura largement passé sous silence le testament, certes crépusculaire de Gérard Collomb, mais qui se voulait au grand jour puisqu'il était prononcé sur le perron du ministère qu'il quittait, et dans lequel il affirmait que «les quartiers» échappaient à la souveraineté de la République pour cause d'islamisme.

Retour sur les déclarations des deux journalistes. Ceux-ci n'ont désormais qu'une seule religion, celle des faits. Et cette religion est cruelle envers l'idéologie de leur journal et celle de la radio «progressiste» sur laquelle ils s'expriment sans aucun apprêt.

« Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute. ».
Extraits «… Il s'est avéré que la Police Judiciaire de Seine-Saint-Denis, un peu plus de cent enquêteurs, faisait un pot régulièrement avec les effectifs présents. Il se trouve qu'au fil du temps, mais très récemment, plus particulièrement, une frange de la PJ de Seine-Saint-Denis a dit concrètement: «Ben c'est assez compliqué. On n'a pas envie de manger du porc, on n'a ensuite pas envie que ce soit des femmes qui s'occupent du barbecue et qui touchent les saucisses, etc., etc.… Et donc ça a créé une scission au sein de la PJ. Et le pot en a été fort affecté»… et Gérard Davet de poursuivre: «C'est un détail, c'est anecdotique mais cela, à notre sens, révèle concrètement, les failles et les fractures que crée cette islamisation. Il se passe quelque chose et ce quelque chose nous influence, et nous impacte tous.»

Intervention de Nicolas Demorand: «Vous dites qu' à peu près la moitié de la Seine-Saint-Denis est composée de musulmans. Comment vous arrivez à cette statistique-là , alors que les statistiques précises sur le sujet sont impossibles et interdites en France?»

Réponse de Fabrice Lhomme: «alors précisément, je ne qualifierai pas cette statistique puisqu'effectivement ces statistiques sont interdites sous cette forme (…) Ce chiffre auquel sont arrivés nos jeunes journalistes, est un chiffre qui regroupe toutes les études qui ont été faites par des chercheurs, des spécialistes, etc. et c'est un chiffre, je crois qu'il n'est pas une révélation du livre (…) Mais c'est un chiffre qui fait consensus. Alors peut-être, est-ce au doigt mouillé, peut-être un peu plus, un peu moins puisqu'on n'a pas quantifié exactement. C'est simplement pour dire qu'en France, c'est un département dans lequel la présence musulmane est très forte.»

Plus loin, Fabrice Lhomme poursuit: «L'évolution qu'on a notée, c'est une volonté, dans une partie de ces musulmans, notamment de Seine-Saint-Denis mais pas seulement, d'avoir, de porter des revendications pour que

«Il y a une volonté chez les plus jeunes parents, de revenir aux sources d'un Islam mythique, plus rigoriste, plus fermé sur le reste de la société.»
l'Islam puisse effectivement s'imposer comme norme sociale dans la vie publique ; tout simplement… La société qui est autour d'eux, les enferme. On voit qu'il y a une volonté chez les plus jeunes parents, de revenir aux sources d'un Islam mythique dont on n'est même pas sûr qu'il ait jamais existé, mais dans tous les cas, qui soit un islam plus rigoriste, plus fermé sur le reste de la société.… Je ne vous cache pas que la situation est quand même préoccupante… Ce sont des revendications qui sont de plus en plus fortes, notamment de parents qui exigent que leurs enfants n'aillent plus à la piscine. On leur interdit de ne pas les envoyer à la piscine, donc ils obtiennent des certificats médicaux de complaisance, ce qu'on révèle à travers un médecin qui avait fait des certificats de complaisance. Il y a d'autres choses, notamment comment contourner la loi sur le voile, le fait d'interdire aux gens de sortir masqués. Dans certains coins de la Seine-Saint-Denis, mais plutôt dans les cités très excentrées, pas le centre-ville, eh bien il y a des femmes qui portent des masques chirurgicaux. Pourquoi? Comme ça, si elles sont arrêtées par la police, on leur dira: «mais vous n'avez pas le droit de porter des masques. Et elles diront: «ben, si je suis malade (…) Voilà ce qui se développe.» .

 

 

 

Plus loin, Nicolas Demorand évoque la situation d'un dépôt de bus de la RATP. C'est à Gérard Davet d'enchaîner: «On a réussi à entrer dans ce dépôt. Ce dépôt est interdit aux journalistes. C'est le dépôt où officiait d'ailleurs un ancien terroriste du 13 novembre 2015. Nous, on fait aucun lien bien sûr entre le djihadisme et l'islamisme. Mais il se trouve qu'on y est rentré alors qu'on n'avait pas le droit. Et on a regardé ce qui se passait concrètement. Les faits toujours les faits. (…) Et concrètement, la loi qui régit l'utilisation de tout ce qui est religieux au sein d'un service public est totalement contournée, détournée. À tel point qu'il y a beaucoup de chauffeurs qui refusent de serrer la main des femmes.… À tel point il y a des syndicats qui se développent qui sont quasiment des syndicats pro-musulmans. On en arrive à des syndicats communautaristes…

«On en arrive à des syndicats communautaristes…»
Puis la discussion s'instaure sur le clientélisme. Léa Salamé cite la préfète responsable de l'égalité des chances: «Les filles portaient le foulard. Et puis le foulard est devenu noir. Et puis c'est devenu le hidjab. C'est allé très vite. Les blancs s'en vont. Les Arabes non musulmans ou complètement intégrés dans le creuset républicain s'en vont aussi. Restent massivement, ceux qui acceptent de vivre avec pas de charcuterie et pas de possibilités pour les femmes de se promener dans l'espace public.»

À nouveau, Gérard Davet s'exprime sans fard: «C'est exactement ça. Ce qui est important pour nous, c'est que ces gens-là , parlent à visages découverts (…) ils assument leurs propos. Et ce qu'on a pu voir, c'est cette espèce de compromission permanente des hommes politiques de Seine-Saint-Denis pour composer avec ce terreau islamisant. C'est-à -dire qu'en fait, ils savent bien qu'il y a tellement de musulmans que c'est un électorat captif qu'il leur faut obtenir, pour être réélu ensuite pour les municipales. Et c'est ce qui va se passer pour les municipales de 2020. Concrètement, les élus vont devoir composer avec, voire les appâter. Et donc ça passe par des achats de terrains pour la mosquée, ce genre de choses. Et ça ne s'arrête pas, c'est de plus en plus comme ça. Et certains musulmans composent avec ça et même en tirent profit.»

Ainsi parlaient Davet et Lhomme. Aucune contradiction, aucune objection, aucune nuance ne leur fut opposées. On entendait les mouches voler. Et pour cause, ils enchaînaient les évidences.

Oui, en Seine-Saint-Denis, l'islamisation est en marche.

Oui, il y a 50 % de musulmans, sans parler des illégaux ignorés jusqu'à peut-être 20% de la population totale et 400.000 personnes (Rapport de l'Assemblée Nationale 31/5/18)

Oui, les élus , saisis par un clientélisme effréné, sont contraints de se compromettre et même de se soumettre. Parmi eux, ceux d'extrême- gauche, n'ont nul besoin de se faire violence, saisis qu'ils sont par leur idéologie islamo-gauchiste.

Oui, les blancs s'en vont en masse.

Et à ces constatations objectives, j'émettrai quelques observations subjectives qui oscillent entre le désabusé et

Les élus, saisis par un clientélisme effréné, sont contraints de se compromettre et même de se soumettre.
l'amusé:

Quand d'autres, bien avant, faisaient le même constat, les gens de la radio de service public hurlaient, dans le meilleur cas, au catastrophisme, dans le pire, au racisme.

Quand à présent un journaliste de gauche répète les choses que bien d'autres avant lui affirmaient, aujourd'hui c'est du «cash», hier, c'était du «trash»

Oui, il y a encore trois ans, avant les attentats, la poussée migratoire, la colère populaire, lorsque des personnalités aussi différentes que Bernard de La Villardière, Alain Finkielkraut, ou l'auteur de ces lignes décrivaient exactement la même situation, les hommes du Monde et madame France Inter les regardaient de haut et souvent de travers.

Ce fut la même chose avant-hier, lorsqu'il s'agit de révéler les horreurs du communisme ou hier la réalité de l'antisémitisme islamique. Et il en sera de même demain lorsque apparaîtra le racisme anti- blanc dans toute sa noirceur.

La seule différence, mais elle change tout, c'est que les moqueries méchantes de la gauche médiatique, à la lumière blafarde de la réalité désormais incontestée, se sont retournées contre elle.

Mais que de temps perdu et de crachats reçus.

 

Written by Gilles William Goldnadel in: Libertés-LIDAC, Liens d'actualité | Mots-clefs :, , ,

16 octobre 2018

Procès contre Zemmour intenté par Madame Sy

 

  Faire France. Comment? Pourquoi ? Á lire par hasard (?) la célèbre Histoire de France d'Alain Decaux, ce qui frappe à rebours lorsque on le met en perspective  avec les débats actuels consiste moins à relever les éventuelles précisions manquantes (et à venir) que de souligner la farouche volonté d'Alain Decaux de dessiner sa forme réelle et imaginaire à la France, se faisant sans le savoir.

Ainsi, oui, Charles Martel n'avait pas de carte d'identité française en poche. Et oui encore ce n'était pas non plus un saint tels nos Staline ou Sartre de pacotille. Martel, ancêtre de Charlemagne, sa prouesse faite, il devient le roi effectif suivant ici l'adage grec au sens d'aristos-meilleur- sur le terrain (pas seulement grâce au sang qui ne vaut rien parfois). Car lorsqu'il arrive à synthétiser autour de lui toute une force de refus celle-ci sait, avec, en, son esprit, elle sent, de tous ses pores, ne pas voir son âme (son souffle) être soumise aux soumis de l'islam. Non pas pour les seules questions d'intérêts et de territoires comme il est prétendu par nos histrions. Aussi et surtout parce que l'on se sent d'une même lignée symbolique, même foi enveloppée d'une même vision, donc on tient disait Léonidas aux premières lignes pour supporter les premiers chocs venant des vagues adverses.

La nouvelle histoire prétend qu'à cette époque il y avait déjà dans ces contrées des micro-enclaves musulmanes (Narbonne) et donc (?) Martel, aurait arraché une victoire qui se serait avérée être une "opportunité" alors qu'une coexistence était bien sûr possible voilà le rêve éveillé de l'anachronisme postmoderne lorsqu'il se mêle d'Histoire version paix islamique en imaginant leur France de demain. Pis, c'est le canevas même (lui-même) des courants post-nationaux et hyper-nomadique tramant l'esthétique du techno-mondialisme affairiste : chaque différence cultive sa variété où elle peut, le rôle de "l'État care" étant qu'elle ne s'étripe pas avec la différence d'en face…Voeux pieux bien sûr (maintenant à douze ans on s'écrase à coup de barre de fer).

Eric Zemmour est sur le même écheveau que Décaux : montrer comment cet échevin français dessina peu à peu cette puissance inégalée, du moins avant 1866 (lorsque Napoléon III refusa la demande d'alliance de l'Autriche contre la Prusse). Et même s'il est possible de contester Zemmour sur Pétain et de Gaulle (en ce qu'ils sont aussi responsables du déclin français, le premier en défendant un antisémitisme français qui ne pouvait en rien effacer la défaite de la monarchie française devant la franc-maçonnerie, le second pour avoir abandonné l'Algérie au nationalisme arabe nassérien et baathiste qui firent le lit des wahhabites d'aujourdhui) il n'empêche que dans l'ensemble Zemmour défend tout autant que Décaux l'idée que la France ne peut pas être réductible à une somme de hasards ; autrement elle serait restée morcelée, au gré des mariages et des alliances ; il y aurait eu des Frances comme il y avait des Allemagnes, des Italies ; on ne peut donc pas en effet dissoudre dans le seul hasard le lien dans le lien qui se soude jusqu'à "nous", de Martel à la corne de Roland (que l'on peut encore entendre à l'instar de certains coquillages) Jeanne d'Arc, Duguesclin Bayard, Jean Moulin, leurs prouesses enveloppant les Charlemagne, Hugues Capet, Saint Louis, Louis XI, François 1er, Henri IV… la France des maquis, tout se tient.

Ce qui fait que venant en France et voulant y vivre comme française, ce que prétend cette chroniqueuse si vénéneuse comment ne pas offrir un peu de soi, admirer le pays hôte, don/contre-don vouloir aussi, être de son lien ? Pourquoi en effet ne pas s'appeler aussi "Corinne" (ou Alice) aussi pas seulement, mais seulement, aussi (là je fais parisien…)

Pourquoi, surtout, pourquoi attaquer en justice une remarque sur son prénom, acerbe certes, mais non dénuée d'expression au sens littéral et qui en tout cas ne peut se métamorphoser en une plainte, ici, en France voltairienne, une plainte qui ne peut être que classée sans suite, sauf ordre sibyllin venant de la Chancellerie…

Est-ce déjà le cas ? On verra bien, mais cela montrera alors qu'en effet la post-histoire désirant le morcellement "multiculturel" aura fait en même temps son doigt d'honneur. La France comme cette toile contemporaine qui s'autodétruit au moment de son achat ? Une mission pas si impossible… Sauf qu'il faut tenir (hold, hold, disent les cousins anglais).


07 octobre 2018

Une vérité qui dérange:le réchauffement climatique ralentit

Déjà modeste au siècle dernier, le réchauffement de la planète a considérablement ralenti depuis vingt ans malgré le triplement de nos émissions de CO2 ces cinquante dernières années. 


 

Alors que l’Assemblée nationale vient de donner son feu vert pour que la préservation de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques soient inscrits à l’article 1 de la Constitution, des scientifiques s’élèvent contre une mise sous tutelle idéologique de la pensée rationnelle.

La météo nous rend hystériques

Depuis une trentaine d’années, il nous est demandé de croire que nous vivons un épisode de réchauffement planétaire inquiétant causé par les émissions humaines de gaz carbonique (CO2). Chaque événement météorologique est désormais pesé à l’aune de cette prétendue menace, au prix d’exagérations qui seraient vite dénoncées si leur contexte n’était parfois si tragique. Ainsi de l’ouragan Irma sur lequel des chercheurs persuadés de l’apocalypse climatique ont cédé à l’affirmation de la culpabilité humaine, coupant court à toute réflexion sur ces événements qui ne sont pourtant ni nouveaux, ni statistiquement plus nombreux ou intenses qu’aux siècles passés.

Niveau des océans, températures, sécheresses, inondations, événements extrêmes, état de la banquise… Les données chiffrées précises sur l’état de la planète sont à la fois récentes et nombreuses. Il sera donc facile encore de nombreuses années de s’alarmer ici d’un « niveau jamais atteint », là d’une « conjoncture inédite ». Le tableau d’ensemble montre pourtant que nous ne vivons pas un épisode climatique si remarquable au regard d’une histoire dont l’échelle minimale est celle des siècles ou des millénaires.

Les prévisions d’Al Gore fondent plus que la banquise

Déjà modeste au siècle dernier, le réchauffement de la planète a considérablement ralenti depuis vingt ans, contrairement aux prévisions des modèles et malgré le triplement de nos émissions de CO2 ces cinquante dernières années. Seule la survenue en 2015 d’un phénomène météorologique (et non climatique) parfaitement naturel, El Niño, dont le pouvoir réchauffant est maintenant dissipé, a permis encore une fois aux marchands de peur de vendre leurs frissons de « records de température globale ».

Il faut se souvenir des prévisions d’Al Gore, formulées lors de sa réception du prix Nobel de la Paix en 2007, selon lesquelles la banquise arctique aurait dû fondre en totalité moins de dix ans plus tard. L’étendue de celle-ci a pourtant été de plus de 4,6 millions de kilomètres carrés lors de son minimum estival de septembre 2017, confirmant une tendance redevenue assez stable ces dernières années.

Des analyses satellitaires publiées en 2016 confirment par ailleurs un important verdissement de notre planète, essentiellement grâce à l’accroissement de la teneur atmosphérique en CO2. En trente ans, les feuilles des arbres et des plantes ont colonisé 18 millions de kilomètres carrés supplémentaires, l’équivalent de deux fois le Sahara. Une excellente nouvelle qui n’avait rien d’inattendu : il est connu depuis longtemps que, via le cycle de la photosynthèse, le gaz carbonique est le gaz de la vie.

Le climat a toujours varié

On pourrait multiplier les exemples à l’envi. Face à un climat qui varie comme il a toujours varié, tout indique que la politique la plus sage est celle de la simple adaptation progressive. Or les « solutions » proposées par l’orthodoxie dominante ont en commun leur coût pharaonique pour la société, leur aberration économique et, triste paradoxe, leurs effets délétères sur l’environnement.

La transition énergétique proposée en France a tout d’une impasse, qui va renchérir le prix de l’électricité au profit de sources d’approvisionnement intermittentes, donc instables et coûteuses. Les exemples de l’Australie (dont la vigoureuse politique d’énergies intermittentes a récemment conduit à plusieurs blackouts) et de l’Allemagne (dont l’électricité est deux fois plus chère que chez nous suite à l’Energiewende tandis que les émissions de CO2 par habitant y sont deux fois plus élevées) montrent que l’enthousiasme actuel pour la transition énergétique relève d’une pensée magique et non rationnelle.

Quel défenseur de l’environnement peut se satisfaire de ce que la loi sur la préservation de la biodiversité ne s’applique pas à l’installation d’éoliennes ? Comment justifier qu’un permis de construire soit nécessaire pour un abri de jardin de 6 m2, alors qu’il ne l’est pas pour une éolienne de 150 m de hauteur — trois fois l’Arc de triomphe ?

Des politiques climatiques vouées à l’échec

Enfin, selon les propres critères de ses promoteurs, les ambitieuses « politiques climatiques » n’ont aucune chance d’aboutir. Les efforts les plus coûteux de l’Union Européenne sous l’impulsion de son plan climat (au moins 20% du budget communautaire 2014-2020 !) ne peuvent avoir qu’un impact dérisoire compte tenu de la part modeste des émissions de l’UE, même en prenant pour argent comptant les scénarios et modèles climatiques en vogue. Un pays comme la Chine, qui émet autant que l’UE et les États-Unis réunis, aura d’ailleurs tôt fait de noyer nos malheureux efforts : rappelons que ce pays devenu le plus gros émetteur de gaz carbonique s’est, bon prince, engagé lors de l’Accord de Paris à limiter l’augmentation de ses émissions à partir… de 2030.

Il est donc temps de donner de la voix pour que cesse enfin l’alarmisme actuel. Le « consensus » proclamé est loin d’être démontré par la science. La planète en général, et nos pays en particulier, ont assez à faire avec de nombreux et graves problèmes bien réels pour que l’on évite de se focaliser sur une question encore scientifiquement si incertaine.

L’Assemblée gagnée par la peur

Chaque citoyen ne peut donc être qu’effaré autant qu’inquiet en constatant que l’affolement irrationnel ambiant a conduit la commission des lois de l’Assemblée nationale à proposer l’inscription de la lutte « contre les changements climatiques » dans l’emblématique article premier de la Constitution. Illustrant la triste confusion entre scientifique et politique qui s’est installée au sujet du climat, ce projet de révision doit sans tarder être combattu par tous ceux pour qui la Constitution n’a pas pour fonction de servir à afficher sa vertu, ni de se faire le réceptacle des peurs du moment. Il nous revient à tous d’interpeller le pouvoir législatif pour que ne soit pas défiguré ainsi le fronton de notre loi fondamentale.

Climat Investigation

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Signataires :

Jean-Claude Bernier (chimiste, professeur émérite à l’université de Strasbourg)
Pierre Darriulat (physicien, membre de l’Académie des sciences)
Reynald Du Berger (géophysicien, professeur titulaire retraité de l’université du Québec à Chicoutimi)
Jacques Duran (physicien, directeur honoraire des études à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris)
François Gervais (physicien, professeur émérite à l’université de Tours)
Richard Lindzen (physicien de l’atmosphère, membre de l’Académie américaine des sciences, ancien titulaire de la chaire Alfred Sloan au Massachusetts Institute of Technology)
Henri Masson (spécialiste en gestion et technologies environnementales et énergétiques, professeur émérite à l’université d’Anvers)
Jean-Robert Pitte (géographe, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques)
Jean-Claude Pont (historien et philosophe des sciences, professeur honoraire à l’université de Genève)
Alain Préat (géologue, professeur à l’université libre de Bruxelles)
Rémy Prud’homme (économiste, professeur émérite à l’université Paris-Est)
Benoît Rittaud (mathématicien, maître de conférences à l’université Paris-13 Sorbonne Paris Cité)
Isabelle Rivals (statisticienne, maître de conférences à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris)


04 octobre 2018

Lettre d’Informations N° 85 des climato-réalistes

Bulletin n° 85


CONFÉRENCE AVEC R. LINDZEN et V. COURTILLOT

organisée par l’Association des climato-réalistes

« L’alarmisme est-il justifié au regard de l’état de la science du climat ? »

vendredi 19 octobre de 10h à 12h30 à Paris

(hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés).

Pour plus de détails, voir ici.


REJET MASSIF DES ÉOLIENNES

En diffusant sur Envoyé spécial un reportage intitulé « Éoliennes : le vent de la révolte » (55′-1h20), France 2 a dévoilé au grand jour l’exaspération généralisée des français face à la politique du gouvernement en matière d’installation d’éoliennes (en lire ici une exégèse). Fait nouveau : la classe politique monte au créneau. Ainsi Xavier Bertrand sur BFM s’est fendu d’un vigoureux « foutez nous la paix avec les éoliennes », sans doute échaudé par la densité des installations dans la région Hauts-de-France. Mais aussi Julien Aubert, député (LR) du Vaucluse et auteur dans La Revue Parlementaire d’un article intitulé : « Les éoliennes terrestres pour une transition énergétique ratée ». Nicolas Dupont-Aignan a, lui, déclaré au Huffington Post : « Il n’est plus possible de voir la France défigurée de la sorte par des éoliennes coûteuses qui aggravent nos problèmes écologiques sans offrir la moindre solution ! ». En commentant sur son blog la démission de M. Hulot, Jean-Pierre Chevènement estime quant à lui qu’une « une petite minorité extrémiste (à peine 3% des électeurs) entend prendre en otage l’opinion ».

Certaines voix de la société civile s’élèvent aussi : dans L’Express, Laurent Alexandre, chirurgien et créateur du site Doctissimo, conjure les pouvoirs publics d’arrêter cette transition énergétique : « les ayatollahs verts veulent nous amener dans l’impasse allemande : posons-nous et réfléchissons à l’avenir de nos enfants ».

LA RÉPONSE DU GOUVERNEMENT : UNE SOCIÉTÉ DE « CONFIANCE »

À ce rejet massif les pouvoirs publics ont répondu par le vote pendant les vacances des français (le 10 août 2018) de la loi « pour un Etat au service d’une société de confiance » dont les dispositions relatives à l’éolien en mer sont édifiantes : les citoyens seront uniquement consultés « sur le choix de la localisation de la ou des zones potentielles d’implantations des installations envisagées ». En réalité, il s’agit d’enlever aux citoyens tous les moyens qui leur permettaient de contester démocratiquement des décisions prises par le pouvoir, comme l’analyse ici Patrice Cahart, ancien directeur de la législation fiscale au ministère des Finances. D’autant qu’une décision du Conseil d’État pourrait relancer de nombreux projets de parcs éoliens, actuellement en suspens rapporte Ouest France.

Les Français estimeront ils avoir été davantage écoutés lors du débat public sur la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) ? On peut en douter, à en juger par le compte rendu de la Commission particulière du débat public qui estime que la nécessité de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et les dérèglements climatiques associés « fait consensus », que le développement des énergies renouvelables est « globalement approuvé », et que l’objectif de 50% de nucléaire dans le mix électrique français « doit être maintenu ». Circulez, il n’y a plus rien à voir.

LES AGRICULTEURS SONT-ILS DAVANTAGE ÉCOUTÉS ?

Daniel Sauvaitre, arboriculteur mais aussi maire et conseiller régional de Nouvelle Aquitaine, fait sur son blog un implacable réquisitoire contre les politiques publiques : « La délégation donnée à l’agence européenne EFSA comme à l’ANSES en France n’est plus respectée. L’homologation ou le retrait d’homologation est entre les mains des ONG, des médias et du ministère de l’écologie Boulevard Saint Germain. Et elle se fait au doigt mouillé des études bidon de Générations Futures et en fonction de l’indice de bruit médiatique obtenu par la matière active en question » (Lire à ce propos un commentaire sur l’intervention de M. Fabrice Nicolino promoteur de la pétition « Nous voulons des coquelicots» lors de l’émission « La Tête au Carré » du 14 septembre.)
Vincent Guyot, ingénieur agronome et exploitant qui pratique la technique culturale dite de conservation des sols (sans retournement de terre) pour préserver la biodiversité, confie à L’Express : « dans le débat pour l’interdiction du désherbant, les agriculteurs se sentent livrés à la vindicte publique. Injuste, blessant et pas très constructif ». Interrogé par Patrick Cohen sur Europe 1 le 29 septembre, il déclare : « Je ne suis pas un empoisonneur ! ».

Peu importe l’avis de ceux qui savent : une Mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate va décider d’un calendrier de sortie de la France de cette molécule d’ici trois ans.

PENDANT CE TEMPS, LA FISCALITÉ GALOPE

Selon le projet de loi de finances 2019, la hausse de la fiscalité énergétique devrait globalement s’élever à 1,9 milliards d’euros pour les ménages, et à près de 1 milliard d’euros pour les entreprises. Elle augmente sous des formes difficiles a percevoir par les contribuables : ainsi la taxe carbone, pudiquement appelée Contribution Climat-Énergie et qui ne cesse d’augmenter, est passée de 7 euros la tonne de CO2 en 2014 à 55 euros en 2019, l’objectif étant de 100 euros en 2030.

Conséquence : la précarité énergétique augmente, touchant près de douze millions de Français selon un rapport de l’ONPE (Observatoire national de la précarité énergétique). Pire, l’ONPE estime qu’un million de ménages cumuleraient une situation d’inconfort thermique (sensation de froid) et de vulnérabilité économique.

POURQUOI EST-IL URGENT QUE LA SCIENCE SE REBELLE CONTRE LES DIKTATS DU CONFORMISME ?

C’est la question posée dans Atlantico par Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS, qui fustige les dérives actuelles de l’écologie politique qui copie « l’apparence d’une démarche scientifique, mais avec des conclusions préétablies, notamment pour l’évaluation des risques, avec des « experts » médiatisés, auto-proclamés « lanceurs d’alerte », et sympathisants du projet politique ».

ACTIVITÉS DE L’ASSOCIATION

Les climato-réalistes à Porto les 7 et 8 septembre

Organisée par l’Independent Committee on Geoethics, la conférence « Basic science of a changing climate » s’est tenue à l’université de Porto. Les climato-réalistes étaient représentés par François Gervais, Camille Veyres, Henri Masson et Benoît Rittaud. Un compte rendu de cette conférence est accessible ici.

Dernières publications sur le site des climato-réalistes

Journée sans voiture du 16 septembre 2018
Le nombre d’ouragans est en diminution aux États-Unis
Cycle du carbone, l’éclairage de trois nouvelles publications


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30 septembre 2018

Les approximations de Slate sur quelques propos zemmouriens

Á nouveau, Florian Besson et Simon Hasdenteufel, les mêmes " historiennes et historiens" (dixit) qui s'étaient autrefois acharnés (vainement) sur Sylvain Gouguenheim (infra) s'en prennent (ici pour le compte de Slate) à quelques passages du dernier livre de Zemmour du haut de leur "savoir" de "médiévistes" en finissant leur diatribe par ceci (je commencerai  par là) :

" (…) Contrairement à ce qu'écrit Éric Zemmour à la page 71 –« Pour fonder et justifier leurs attaques meurtrières sur le sol français en 2015, les propagandistes du Califat islamique sonnèrent l'heure de la revanche contre les “croisés”. Cette appellation fit sourire nos esprits laïcisés et incrédules. Nous avions tort. Cette histoire longue est encore très vivante en terre d'Islam, alors que notre présentisme consumériste et culpabilisateur a tout effacé de nos mémoires »–c'est bien d'Occident qu'est venu un discours de la croisade appliqué au monde contemporain: le 16 septembre 2001, George W. Bush parlait ainsi de la «croisade» contre le terrorisme. Le mot provoqua alors un tollé de protestations, notamment venu du monde musulman, et le président américain tenta de s'en excuser et de rattraper sa bourde. Il n'y a donc pas d'oubli occidental: le vocabulaire de la croisade n'a jamais véritablement déserté les imaginaires contemporains, en Orient comme en Occident. (…) "

Or, qu'apprend-on à la lecture du recueil "Al-Qaida dans le texte" (PUF, 2008) rassemblant divers textes de "la Base" et "présenté par Gilles Kepel "? Qu'un opuscule du recueil (signé par Ben Laden, al-Zawahiri, Égypte), Mounir Hamza Pakistan, Khalil, Pakistan, Mohammad Khan, Bengladesh, Ahmad Taha, Égypte) et intitulé " Déclaration du Front islamique mondial pour le jihad contre les Juifs et les croisés" (pp.63-69) est paru le 23 février 1998 soit trois ans avant l'arrivée effective de GW Bush au pouvoir…

Cette erreur, grossière, pour des" historiennes et historiens" (il est vrai "médiévistes"…) n'est pas le produit du hasard tant il illustre cette idée préconçue de toute la gauche post-tiersmondiste, décolonialiste et aujourd'hui racialiste (qui servira d'ailleurs de cheval de bataille contre Gouguenheim, infra) stipulant que l'agression, la guerre, viennent surtout de l'Occident capitaliste (selon le vieil adage: "le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage") donc que le terme même de "croisade" forgé pourtant, du moins au tout départ (la 1ère) pour libérer la terre dite sainte, ce terme serait en soi la preuve normative même de l'Occident impérialiste alors que cette terre, juive, était pourtant déjà occupée, administrée, par des individus se réclamant de l'islam (soyons prudent) après avoir chassé bien sûr devant eux les divers autres occupants qui les précédèrent…

Cette apparente boutade ci-dessus (terre occupée par des individus se réclamant de l'islam) n'en est guère une à vrai dire tant l'islam reste calqué par nos "historiennes et historiens" sur le narratif musulman lui-même, sans recul, en tant que l'islam aurait apporté la lumière (la "direction": coran) au sein de l'obscur, du "falsifié" (juifs, chrétiens, idolâtres) ce qui implique que toute affirmation agressive venant de sa part ne serait "que" défensive (définition usuelle du petit djihad) ce qui implique dans ces conditions, que l'islam des supposés islamistes en serait une déviation, et qu'alors employer un tel terme de croisade contre eux introduirait un amalgame entre le bon islam celui qui aurait apporter la connaissance en Israël occupé (appelé Palestine par les Romains) et le faux, le "falsifié" l'islam des islamistes donc, nos "historiennes et historiens" plaquant ainsi (sans s'en rendre compte?) le narratif musulman mainstream sur l'islam amenant la lumière (discours usuel en fait de tout narratif hégémonique, ainsi les Grecs appelaient "barbares" tout non grec, repris ensuite par le discours dit "progressiste et républicain" façon Jules Ferry) nos "historiennes et historiens" en viennent également à déployer ce même narratif contre Zemmour :

" (…) De fait, l'Europe n'émerge véritablement comme concept que dans la pensée des humanistes au XVe siècle, qui, inquiets de la montée de l'Empire ottoman, vont opposer l'Europe chrétienne à l'Asie musulmane.Deuxième erreur: l'assimilation entre culture grecque et Europe. En effet cette culture grecque –il faudrait d'ailleurs plutôt parler de culture gréco-romaine– a également été reçue par le monde musulman.C'est d'ailleurs, dans la quasi-totalité des cas, via des textes arabes que l'Occident latin va redécouvrir le corpus grec (les textes médicaux, scientifiques ou philosophiques, notamment Aristote). L'affirmation d'Éric Zemmour ne sort pas de nulle part. Il semble en effet reprendre la vision avancée en 2008 par Sylvain Gouguenheim, qui provoqua à l'époque une très vive réaction du monde universitaire européen. En plus de sa vision politiquement orientée, l'auteur fut accusé d'avoir manipulé, voire inventé des sources pour soutenir ses idées.(…)" 

Nonobstant le fait que la dernière affirmation reste totalement fausse voire diffamatoire (Sylvain Goughenheim n'a rien inventé du tout, et il a même étendu précisé ses recherches si contestées dans son livre sur Byzance pour montrer l'apport décisif de cette dernière à la civilisation européenne sans passer par l'islam) observons qu'à nouveau nos "historiennes et historiens" avancent que c'est via des "textes arabes" et ce "dans la quasi-totalité des cas" que l'Occident aurait redécouvert "le corpus grec" (supra) ; comme si les travaux d'Augustin (datant de deux siècles avant l'arrivée de l'islam) n'avaient jamais existé (ne parlons pas de Plotin bien auparavant) ou que Thomas d'Aquin aurait eu besoin de la lumière "arabe" pour commenter Aristote. (infra).. Ne parlons pas des mathématiques (les chiffres étant par ailleurs indiens) car même l'algèbre, terme persan, et malgré Al-Khwarizmi (perse), et Al-Bathani (turc) son réel développement aura plutôt débuté avec François Viète (non?)…

Autrement dit, s'il est possible de parler de textes écrits en arabe (ce qui n'est pas la même chose) provenant par exemple d'Avicenne (qui est perse) concernant la médecine et la psychologie, d'Al-Fârâbi (également perse) à propos de Platon, Al Kindi (mésopotamien) sur Plotin, par contre la façon dont Averroës (d'origine maure/berbère/andalou) s'est appuyé sur Aristote reste si sujet à caution (ainsi pour lui l'homme ne pense pas mais est pensé par un intellect greffé en quelque sorte par le milieu, Helvétius, Marx et Bourdieu ont repris ce béhavorisme avant la lettre) que Thomas d'Aquin se crut obligé d'écrire un Contre Averroës tant ce dernier déforme Aristote en faisant de l'homme un ectoplasme (ou "monopsychisme") et surtout rate l'objet de la philosophie distinct de la théologie: ainsi dans son "Discours décisif" (ici Gf Flammarion, bilingue,1996) en prise implicite avec Al-Ghazali (perse, très prisé par Ben Laden and Co, cité dans le texte ci-dessus, note 12 p.64) parce que celui-ci considère que la philosophie s'avère en fin de compte nuisible, Averroës ira jusqu'à concéder que la philosophie avec sa dialectique et ses interprétations doit être réservé à l'élite tandis que le peuple peut toujours trouver ce qu'il faut pour penser (puisque "l'homme ne pense pas") dans la vraie religion (paragraphes 46 et suivants) ainsi les 55, 56, 57, et 58 explicitent (pp.157-159 du Discours décisif) que les

" interprétations ne doivent donc pas être révélées à la foule, ni couchées par écrit dans des livres rhétoriques ou dialectiques (…) celui qui expose ces interprétations à ceux qui ne sont pas hommes à les connaître, c'est un infidèle dans la mesure où il incite les gens à l'infidélité, ce qui est le contraire de ce à quoi appelle le Législateur, en particulier lorsqu'il s'agit d'interprétations viciées au regard des principes dogmatiques fondamentaux de la Révélation, comme cela est arrivé à certains de nos contemporains. Car nous en avons vu certains qui croyaient avoir appris la philosophie, et compris grâce à leur merveilleuse sagesse des choses contredisant la Révélation de toutes les manières, c'est-à-dire des choses non interprétables, et qui se sont estimés dans l'obligation de les exposer à la foule. En exposant ces croyances viciées à la foule, ils ont ainsi causé la perdition de la foule et la leur, dans ce monde comme dans l'autre ! (…)"

Peine perdue, Averroès croyait bien faire en amadouant ainsi les durs tels Ghazali, il ne fit ouvrir la voie à plus dur encore comme Ibn Taymiyya, principal inspirateur du wahhabisme à partir du XVIIIème siècle où pour l'essentiel même la tentative de Ghazali de s'accaparer uniquement les sciences physiques et organiques ou celle d'Averroës de réserver à l'élite la dialectique et la Révélation au peuple ne trouvent grâce à ses yeux en ce que tout doit être inspiré par cette dernière de façon scrupuleuse jusqu'au chant du Muezzin qui ainsi désigne la direction, amène le jour, l'élève à son zénith, et l'accompagne dans son déclin nécessaire, unicité cosmique dont le Révélateur (Mahomet) est lien d'où le fait de suivre à la lettre ce qui est incréé et donc désigné, gravé, telles les Tables, de toute éternité.

On est bien loin alors de l'autonomie voire l'indépendance offerte par Dieu à Adam lorsque (Gen, livre II, v.19) Il lui donne la possibilité de créer lui-même le nom des animaux, des choses, alors que dans le coran Adam ne fait que les réciter puisque l'homme ne pense pas, "il est pensé", ce qui fausse l'idée que l'humain aurait été fait à "son image". Dans ce cas en quoi cette penséeaurait pu être un "progrès" dans la lecture d'un Aristote, dans l'émergence de la philosophie occidentale non pas séparée de la théologie mais distincte d'elle respectant ainsi le défi même du divin lorsqu'il accepte la liberté humaine y compris lorsqu'elle accomplit le mal y compris lorsque la théologie officielle le lui a refusé pendant des siècles ?…

N'allons pas plus loin ici, il suffit juste de rappeler que le discours hégémonique actuel stipulant qu'au fond la philosophie occidentale en se séparant, en se distinguant, peu importe, de l'eschatologie serait en elle-même porteuse de nihilisme (ce qui est faux, l'eschatologie reste là, ne serait-ce que sous la forme d'éthique, celle refusant la soumission par exemple) ce discours complaisant envers le narratif du "bon" islam ne fait qu'ouvrir les portes à une mise en ordre des apparences dont la supposée révélation est en réalité bien plus sujette à caution que celles qui se nomment Christ ou Moïse car elle efface la liberté d'être comme il se voit tous les jours: puisque l'homme de toute façon ne "pense pas" pourquoi en effet aurait-il besoin d'interpréter ses actes ? Qu'il change donc comme la mise en ordre (la "direction") le somme de le faire…le léninisme avait bien commencé, le maoïsme aussi, l'alter-écologisme son allié actuel fait le reste. Il est dommage que les idiots utiles qui attaquent ce passage là du livre de Zemmour ne voient pas à quel point ils se font manipuler…mais comme ils ne pensent pas, "on" pense donc pour eux… Sauf que cela ne va pas se passer ainsi…La Table Ronde est là, toujours.



29 septembre 2018

Vrai et faux islam

C'est ce qu' a bien vu Ayan Hirsi Ali, dont on ne voit pas au nom de quoi on pourrait énoncer quelle "méconnaît " l'islam alors qu'elle a vécu, dans sa chair en propre, l'islam réel, et non pas l'islam fantasmé ou révolu : le fait que les femmes mangent, séparées des hommes, reste une réalité incontournable par exemple, même si elle est terre à terre, et il est trop facile de placer cette pratique dans une dimension culturelle tribale ou de s'en référer à l'histoire du judaïsme et du christianisme : d'ailleurs, si l'islam était supérieur théologiquement à ces deux religions sur la question des femmes cela se saurait… Ayan Hirsi Ali, a parfaitement compris l'essence de l'islam qu'exprime, intégralement, l'islamisme, d'où le désir de celui-ci d' en restaurer l'espace-temps supposé éternel.

Le "vrai" islam, celui du commencement, l'islam réel et non fantasmé,n'est évidemment pas celui des musulmans européens, mais celui que veulent en effet vivifier les islam(istes) y compris leurs tendances moins totalitaires, mais majoritaires dans certains pays… ( Arabie, Palestine désormais, Algérie -s'il n'y avait pas la répression des généraux, les Kabyles et certains arabophones laïcs, ce qui ne veut pas dire athée-, sans oublier sa version shiite, l'Iran, etc…).

Car ces islam(istes), ne veulent pas voir leur doctrine se transformer en mystique, en métaphysique, bref se judéo-christianiser (séparation du temporel et du spirituel) alors que, dès le départ, le Calife est Commandeur des Croyants (d'où la non existence d'une hiérarchie ecclésiastique dans le sunnisme etc…). Ce qui implique, au contraire, une étroite corrélation pratique et pas seulement théorique ou ontologique entre spirituel et temporel (du côté chrétien Léo Strauss regretta cependant ce manque dans la modernité, de même, mais sur un plan plus politique, Heidegger… puisque celui-ci crut voir une pratique nouvelle articulant les deux dimensions dans l'épaisseur existentielle du…national-socialisme…).

Certains prétendent donc être en lien direct avec un "autre" islam, un islam qui n'est pourtant pas au pouvoir, nulle part, sinon dans leur imagination, fertile, il est vrai, un islam qui ne condamnerait pas à mort au gré des bombes errantes.

Or, non seulement ces adeptes d'un "autre islam" se considèrent eux-mêmes, en fin de compte, plus musulman que les islamistes, mais ils accusent ceux qui critiquent l'islam de l'aborder "comme les islamistes", c'est-à-dire de façon "littérale"…

Seulement, la réalité ne consiste pas à se satisfaire de ce sophisme, car il s'agit de se demander si, dans ce cas, ces "meilleurs" musulmans ne basculent pas dans une logique interprétative et donc métaphysique, bref dans un "protestantisme" qui, en effet, fait d'eux des "déviants" non seulement du point de vue islamiste, mais aussi d'un Boubaker…

En fait, en ces temps de confusion, il est nécessaire de rappeler d'une part qu'il n'existe pas de libre arbitre dans l'islam. Par exemple Averroès, mis souvent en avant par nos hyper musulmans, n'a fait que s'insurger contre le libre arbitre comme l'a démontré Thomas d'Aquin dans son " Contre Averroès" (traduction de Libéra, Garnier-Flammarion). En effet, pour Averroès, " l'homme ne pense pas, il est pensé"…

Ce qui implique une différence de nature et non pas de degré entre le judéochristianisme et l'islam : la lecture de la Genèse (II, 19-20) montre bien d'ailleurs que Dieu permet à Adam de nommer les animaux avec ses propres noms alors que dans le Coran (II,31), Adam récite les noms fournis par Dieu, voilà toute la différence, colossale, textuellement, et contextuellement.

3 mars 2007

Written by Lucien SA Oulahbib in: Affinement négatif-OIL, Evaluation de l'action-OIL |

29 septembre 2018

Une interview de Sylvain Gouguenheim

Un dénommé Pierre Assouline semble jouer un rôle central pour les pétitionnaires qui vous contestent, il tient à peu près ce langage sur son bloc :  "Ce qui lui est reproché ? De présenter comme inconnu ce qui était déjà bien connu : à savoir le rôle joué par Jacques de Venise et les moines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel dans la traduction des textes grecs en latin. De monter en épingle une prétendue vulgate (L’Europe doit ses savoirs à l’Islam) pour mieux la réfuter alors que nul historien sérieux ne prétend rien de tel ". Qu'avez-vous à lui répondre ?

L’argument a souvent été utilisé. En gros mes adversaires avancent deux théories, d’ailleurs contradictoires. 1° tout ce que j’ai dit était connu et il n’y a rien de neuf 2° tout ce que j’écris est faux.
Je ne présente pas comme inconnu ni comme une découverte le personnage et l’œuvre de Jacques de Venise et des autres traducteurs des textes philosophiques grecs de la première moitié du XIIe siècle. Ce sont tous les hommes qui ont traduit directement du grec en latin des textes philosophiques, scientifiques ou médicaux. Je dis simplement que ces traducteurs n’apparaissent guère dans les manuels scolaires et assez peu dans les manuels universitaires de base. D’une manière générale si les spécialistes de ces questions de diffusion et de traduction du savoir grec connaissent Jacques de Venise, l’anonyme dit du Vatican ou autres (tels les traducteurs syriaques établis à Antioche et qui ont travaillé autour de l’an 1100), le grand public cultivé ne les connaît pas. Les travaux des spécialistes apparaissent dans ce domaine peu diffusés. Dès lors on ne retient que les traducteurs qui sont passés de l’arabe au latin, tel le célèbre Gérard de Crémone dans la deuxième moitié du XIIe siècle ou les autres traducteurs chrétiens ou juifs rassemblés à Tolède à l’époque de la Reconquête chrétienne en Espagne (après 1150).
La vulgate selon laquelle l’Europe doit ses savoirs à l’islam n’est pas une invention de ma part ! Elle existe bel et bien et on la trouve dans de nombreux livres, dans des articles de presse. J’aurais pu dresser une liste très longue et je me suis contenté de citations empruntées à des gens sérieux. Incontestablement si j’avais fait un florilège on aurait bien vu que je n’inventais rien.
Distinguons toutefois deux vulgates. La première veut que grâce aux Arabes, le savoir grec ait transité du monde abbasside à l’Europe, autrement dit que des traductions effectuées du grec en arabe soient ensuite venues à la connaissance des Européens qui les auraient alors traduites de l’arabe en latin. Ce phénomène est incontestable, très important, et je ne l’ai jamais nié. Il est bien établi, bien connu et se trouve abondamment relaté dans les manuels d’histoire, y compris ceux des classes de 5e de nos collèges. Mais ce phénomène comporte une dimension qui elle est en général peu présente, sur laquelle on n’insiste pas, ou qu’on escamote totalement. Ces traductions du grec en arabe ont été faites par des chrétiens syriaques arabisés ou par des Arabes chrétiens. Autrement dit on les doit à des Arabes, ou à des gens dont l’idiome de communication était l’arabe, mais pas à des musulmans. L’œuvre des musulmans se situe dans l’utilisation, le commentaire, l’exploitation des travaux des Grecs, pas dans la traduction de ces travaux. Cela est un phénomène historique, qui peut avoir de nombreuses explications, et qui n’implique pas de jugement de valeur positif ou négatif.
La deuxième vulgate attribue à l’islam ce que la première attribue aux Arabes. Elle est parfois le fait de spécialistes lorsqu’ils s’expriment un peu vite, elle est le plus souvent le fait de vulgarisateurs. Cette deuxième vulgate me semble beaucoup plus discutable. D’abord il faut s’entendre sur le mot islam et ce qu’il désigne : s’agit-il de la religion ou de la civilisation engendrée par cette religion ? Autrement dit, l’Europe doit-elle la redécouverte du savoir grec à la religion musulmane ou à la civilisation musulmane ? Il me semble que la distinction n’est pas inutile. La religion musulmane, les religieux, les docteurs de la foi, n’ont pas eu de souci particulier envers le savoir grec ou romain. L’Europe n’a donc pas reçu de la religion musulmane le savoir grec. En revanche, au sein de la civilisation musulmane des hommes se sont intéressés à la philosophie grecque (les célèbres « falasifa » : Al Farabi, Avicenne, Averroès). Mais ces philosophes aussi brillants soient-ils n’ont guère eu d’influence sur leur société. Ils n’ont par ailleurs jamais cherché à faire connaître aux Européens le savoir grec. En revanche, en effet, une partie de leurs œuvres ont été traduite de l’arabe en latin et donc leur pensée à été connue ainsi que celle des Grecs qu’ils commentaient. Mais le monde abbasside ne s’est pas beaucoup inspiré du monde antique en dehors des domaines strictement scientifique (médecine, optique). Par exemple le droit musulman s’est entièrement constitué sans aucun rapport avec le droit romain. Pourquoi les philosophes comme Farabi ou Averroès n’ont-ils pu influencer leur société ? D’abord certains, comme Averroès, avaient des conceptions très élitiste: à leurs yeux la philosophie ne devait être abordée que par les élites. Ensuite, ils n’ont pas été vraiment soutenus par le pouvoir politique. Enfin ils ne disposaient pas des institutions scolaires ou universitaires susceptibles de conserver et transmettre leurs recherches. C’est en ce sens que j’ai émis l’idée que le monde musulman n’avait pas vraiment été hellénisé en profondeur, même au sein de ses élites. Sans doute doit-on aussi tenir compte du fait que les Grecs ou les Romains n’y étaient pas considérés comme des « ancêtres » alors que les hommes de l’Europe latine se sentaient, à tort ou à raison (y a-t-il ou non continuité entre l’Antiquité et le Moyen Âge ? entre la Rome impériale et les carolingiens ? Ce sont là des questions débattues entre historiens), les héritiers ou les descendants du monde antique.

Par ailleurs, il avance plus loin que vous auriez "dévalué la production savante des arabo-musulmans, en mathématiques et en astronomie notamment, entre le IX et le XIIIème siècle" alors que dans le volume spécial de Bordas encyclopédie (50/51) dirigé par Rog