6 décembre 2021

APPEL d’une co-auteure des “TPR”


                               Mesdames et Messieurs les responsables politiques,


En 2002 puis en 2004, les co-auteurs des Territoires perdus de la République ont alerté l’opinion publique sur la propagation de l’antisémitisme au sein de notre Ecole.


Dix ans plus tard, nous observons les ravages de l’israélophobie dans les médias, dans nos établissements scolaires et dans nos rues. Les événements, parfaitement prévisibles, du 13 juillet 2014 s’inscrivent dans une logique à laquelle il est urgent de mettre un terme.


On ne saurait imputer cette propagande anti-israélienne aux seuls islamistes : des personnalités médiatiques ou politiques, des intellectuels, des enseignants véhiculent des contre-vérités historiques et n’ont de cesse de diaboliser l’Etat juif.


Cette détestation généralisée d’un Etat perçu comme illégitime, fasciste et criminel favorise la libération d’une parole antisémite et le passage à l’acte d’agresseurs ayant le sentiment d’être compris dans leur désir de rendre justice. Une multiplication des exactions à l’encontre des Juifs de France est à redouter. Le pacte républicain est mis à mal.  


À cette heure, seule une prise de position claire de la part des responsables politiques permettrait de calmer les esprits. Il importerait :

–          d’énoncer officiellement et régulièrement une parole de vérité concernant la légitimité et la nature démocratique de l’État hébreu.  Cette parole viendrait contredire les messages subliminaux distillés quotidiennement au sein de l’opinion française. Est-il acceptable qu’un grand nombre de lycéens et de collégiens croient, de bonne foi, que les Israéliens ont volé leur terre aux Palestiniens et qu’ils veulent les exterminer ?


–          de qualifier en tant que tels les nouveaux avatars de l’antisémitisme : la doxa antisioniste reprend à l’échelle collective les reproches imputés par les antisémites à l’individu  juif (la négation du droit à une terre et la condamnation à l’errance, le meurtre d’enfant, le vol, la malveillance). Un appel à une parole plus rationnelle et plus honnête concernant le conflit israélo-palestinien n’est pas superflu.


–          de condamner le comportement des personnels scolaires ou universitaires lorsqu’ils  bafouent le devoir de neutralité politique qui leur incombe dans le cadre de leur fonction.


–          de réclamer un débat médiatique équilibré : est-il normal  que les voix anti-israéliennes soient prépondérantes dans les médias nationaux ?  


–          démystifier les discours qui minorent systématiquement les agressions antisémites au motif que d’autres minorités seraient en souffrance : ces discours sont discriminants. On ne saurait opposer des souffrances les unes aux autres. Le traitement des citoyens en difficulté doit être égalitaire.


Le combat contre la généralisation d’une opinion israélophobe, vecteur d’antisémitisme, dans la société française et européenne, est aussi important que le combat contre les islamistes. Il en va du pacte républicain.


Je ne doute pas que votre attachement indéfectible à nos valeurs républicaines vous rend sensibles à la situation inquiétante dans laquelle nous nous trouvons. C’est la raison pour laquelle je me permets de lancer cet appel auquel, je l’espère, vous apporterez une réponse.


Je vous remercie et je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs, l’expression de mon profond respect.


Annick AZERHAD

Co-auteure des Territoires perdus de la République sous le pseudonyme d’Elisabeth Sternell (édition 2004).



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