25 septembre 2020

Le climato-réalisme entre à l’Assemblée Nationale

 

Pour la première fois, un propos remettant en cause la doxa en matière de réchauffement climatique s’est fait entendre à l’Assemblée nationale. De quoi espérer que se fissure bientôt le monument de mensonge et de cynisme qui s’est bâti au nom du sauvetage de la planète.

 

Brune Poirson, la secrétaire d’état à l’écologie, s’est étouffée de rage quelques minutes plus tard sur ce « prétendu ». On la comprend. De mémoire de climato-réaliste, c’est la première fois qu’on entendait dans l’Hémicycle un propos ouvertement contestataire sur la doxa régnante qui veut que la planète soit en train de devenir une « poêle à frire » (le mot est de Michel Rocard) par la faute de nous autres, méchants humains toujours prêts à faire le mal.
La France est l’un des rares pays à n’avoir aucun relai climato-réaliste dans un parti de quelque importance. Ailleurs, une proportion significative du personnel politique s’affiche ouvertement hostile à l’alarmisme. On cite souvent la position du parti républicain aux États-Unis, grâce à laquelle la première puissance mondiale a toujours, vaille que vaille, résisté à la folie climatique qui s’est emparée de tant d’institutions internationales. Mais en Europe aussi, de nombreux mouvements politiques d’importance ont pris une position climato-réaliste. Souvent à droite, voire à l’extrême-droite, de l’échiquier politique, ils font en sorte que les intégristes de l’écologisme qui se déploient impunément dans les médias et les centres de décisions ne se sentent quand même pas tout permis. Allemagne, Pologne, Royaume-Uni, et tout récemment les traditionnellement très écologistes Pays-Bas, sont autant d’exemples de ce mouvement émergent de contestation, pas encore dominant mais qui commence à être en mesure de donner de la voix. Par exemple, 225 députés européens ont voté contre la résolution sur la soi-disant « urgence climatique » la semaine dernière, entamant fortement l’idée d’un consensus politique de l’Union européenne sur la question.

L’essor des émissions des pays émergents (Chine en tête) rend ridicules les pauvres efforts d’une Union européenne qui n’a déjà été que trop touchée par la désindustrialisation.

Si, pour une résolution non contraignante purement destinée à afficher sa vertu, l’on peut déjà trouver un tiers de députés qui acceptent de faire partie des méchants, que se passera-t-il lorsqu’on en viendra au concret ? Zéro émissions européennes en 2050, a annoncé (sans rire) la nouvelle présidente de la Commission Ursula von der Leyen ! C’est à se demander dans quel monde vivent certaines de nos élites. Un tel projet est non seulement impossible, ruineux et profondément inégalitaire, mais il est aussi parfaitement inutile selon les critères mêmes des carbocentristes inquiets. L’essor des émissions des pays émergents (Chine en tête) rend ridicules les pauvres efforts d’une Union européenne qui n’a déjà été que trop touchée par la désindustrialisation. On peut penser que, lorsqu’il sera question de passer à la caisse pour ce projet délirant, certains reviendront à la raison et joindront leur voix aux 225.
En frappant au cœur de cette citadelle carbocentriste Française qu’est la représentation nationale, Jean-Charles Taugourdeau vient peut-être de donner le signal d’un réveil politique français sur la question, l’opposition des Gilets Jaunes à la hausse de la taxe carbone n’ayant pas suffi. À entendre de plus en plus régulièrement tous ces fonctionnaires, tous ces dirigeants d’entreprises et tous ces cadres qui, sous le manteau, chuchotent combien ils souffrent de cette chape de plomb ruineuse et bien-pensante sur le climat, l’on se prend à rêver que, n’en déplaise à Brune Poirson, la courageuse sortie du député du Maine-et-Loire ne soit pas un baroud d’honneur, mais bien la chute du premier domino.

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