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Rétro-pédalages et replis élastiques

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Pratiquement à l'insu des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs francophones mais pas à celui de leurs contemporains anglophones et germanophones, la période récente a été passablement mouvementée dans le Landerneau climatologique international.

La raison fondamentale qui a donné lieu à cette agitation tient à ce que l'évolution des paramètres observés, et notamment celle de la température globale qui a stagné, n'a pas suivi, au moins depuis une quinzaine d'années, les prédictions/prévisions/scénarios mis en avant par les climatologues mainstream affiliés au GIEC,
comme vous le (re)verrez ci-dessous.
Interrogés à ce sujet, les personnalités les plus en vue sur ces questions, telles que James Hansen (GISS NASA, maintenant retraité) et Rajendra Pachauri (CEO du GIEC), ont franchement reconnu (mais comme on l'imagine, du bout des lèvres) l'évidence observationnelle.
Les divergences croissantes entre les prévisions/prédictions/scénarios du GIEC et les observations objectives étaient très apparentes dans les documents préparatoires du prochain rapport AR5 du GIEC, comme nous l'avions vu lors d'un billet précédent.

Compte tenu des implications considérables de ces affaires climatiques, la presse internationale d'une part et la communauté des climatologues d'autre part, ne pouvaient plus rester les bras croisés.
C'est ainsi qu'au cours des deux ou trois mois écoulés, nous avons assisté à une spectaculaire série de rétropédalages, plus ou moins contraints, de la part de nombreux médias qui avaient auparavant et depuis de nombreuses années, pris fait et cause pour les thèses du GIEC et fait, auprès du public, la promotion du réchauffement (changement) climatique anthropique avec les conséquences que l'on connaît.

Pour leur part, les scientifiques climatologues, également confrontés à l'évidence observationnelle, s'efforcent actuellement de réconcilier les observations qui prennent en défaut leurs prévisions précédentes, avec leurs calculs, notamment en impliquant divers phénomènes auparavant négligés mais qui seraient devenus inopinément prépondérants ou en revoyant certains paramètres fondamentaux à la baisse.

Une fraction notable des climatologues qui cherchent à établir la valeur de la sensibilité du climat vis-à-vis des émissions de CO2 et qui se basent sur les observations, suggère qu'il est probable que le climat soit nettement moins sensible au CO2 qu'on ne le pensait initialement et comme cela avait d'ailleurs été suggéré par plusieurs scientifiques, bien des années auparavant. De leur part, il s'agit clairement d'un repli élastique, relativement discret vis à vis du public et de la plupart des médias mais néanmoins bien visible pour les spectateurs attentifs.

Nous allons commencer par revoir brièvement les évidences qui posent problème aux médias (anglophones et germanophones) et aux scientifiques. Les graphiques présentés ci-dessous sont directement issus des bases de données officielles. Ils ne sont absolument pas modifiés ou retouchés et ne portent pas les fameuses "droites de tendances" (dont l'outrance prête parfois à sourire) que l'on trouve fréquemment dans la littérature ou les blogs "orientés" sur ces questions. Ce sont donc des données officielles brutes qu'il vous appartient d'apprécier par vous-même.

Dans la suite de ce billet vous trouverez une compilation d'une série d'articles de presse parus dans les grands journaux américains (USA), anglais, allemands, suisses, italiens, danois, australiens etc. Cette compilation, forcément non exhaustive mais révélatrice d'une certaine inflexion d'une presse internationale jusqu'alors toute acquise aux thèses du GIEC est suivie d'une série de déclarations de scientifiques du climat qui se posent des questions au sujet de la "sensibilité climatique" et tentent d'y répondre.
En guise de conclusion, nous confronterons les prévisions des adeptes d'une approche empirique du climat avec les observations objectives. Le résultat est assez spectaculaire.

1) Des graphiques qui interpellent :

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Le graphique ci-contre résulte de la superposition du graphe représentatif officiel de la hausse de la teneur du CO2 dans l'atmosphère mesurée à Mauna Loa (NOAA) avec la courbe représentant l'évolution de la température moyenne du globe selon les données les plus récentes dites HadCRUT2 (Hadley Center et Climate Research Center UK) utilisées par le GIEC. Ces graphiques couvrent la période Janvier 1997 – Février 2013.

Comme on le voit, et aux fluctuations et incertitudes près, la température du globe n'a pratiquement pas varié durant cette période alors que le taux de CO2 atmosphérique a poursuivi sa croissance qui se révèle sensiblement être une fonction linéaire du temps. A noter, en passant, que les émissions anthropiques, elles, se sont accélérées, durant la même période.

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Voici maintenant le graphique de l'évolution de la température du globe, toujours à partir des mêmes données officielles (HadCRUT4) depuis 1850 jusqu'en février 2013 inclus.
Ce graphique est bien connu mais ce qui est important et qui est relatif à ce billet, c'est le plateau de températures que l'on observe sur la droite du graphe et dont la figure précédente n'était qu'un zoom.

Comme on le voit, depuis environ une quinzaine d'années (l'estimation de la durée du plateau dépend de ce que l'on considère comme statistiquement significatif), la température du globe a cessé d'augmenter en contradiction avec les nombreux modèles du climat.

En regardant ce graphique, on peut même avoir l'impression comme certains le soutiennent, que la température est déjà passée par un maximum (vers 2004) et a commencé à baisser…

Mais que nous disent les modélisations/prédictions/scénarios du climat, notamment mis en avant par les documents produits par le GIEC ?

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Voici un graphique, issu des documents préparatoires du GIEC pour la rédaction du prochain rapport AR5.

Comme on le voit, et comme le montraient les autres graphiques que j'avais reproduits dans un billet précédent, les prédictions/prévisions/scénarios divergent sensiblement des observations qui, au mieux, se retrouvent dans la fourchette la plus basse des estimations des modèles, ce qui justifie les nouvelles estimations, à la baisse, de la "sensibilité climatique" que nous verrons ci-dessous.

 

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Le climatologue Roy Spencer a publié le graphique ci-contre établi par son collègue John Christy (basé sur le KNMI Climate Explorer). On sait que Spencer et Christy sont les initiateurs des mesures de la température de l'atmosphère (à différentes altitudes) à partir de sondes placées sur les satellites. Ils ont été primés par la NASA pour cela.

Concernant la température de la basse atmosphère accessible aux satellites, il a souvent été reproché à Christy et Spencer que l'évolution de cette dernière pouvait différer de celle qui est mesurée à proximité de la surface terrestre (avec les difficultés que l'on connaît, dont s'affranchissent, d'ailleurs, les mesures satellitaires).
C'est pourquoi, Christy et Spencer ont choisi de confronter les projections des 44 modèles climatiques (1975-2025) pour la basse troposphère avec les observations réelles (1979-2012) (marquées UAH-RSS) obtenues par les deux institutions qui utilisent les satellites et qui sont effectuées dans la même couche de l'atmosphère que celle des modèles.
La divergence modèles/observation est évidente. Ici encore, les modèles ont nettement surestimé le réchauffement climatique.

2) Les médias hésitent et s'interrogent. Puis se décident…(à l'étranger).

Si les divergences modèles/observations ne sont pas vraiment une nouveauté – certains les avaient déjà signalées au cours des années précédentes, comme l'auteur de ce site – il avait été, jusqu'à maintenant, impossible d'attirer l'attention des médias et des décideurs politiques sur ces anomalies qui posent pourtant de sérieuses questions quant à la validité des modélisations informatiques sur lesquelles reposent la totalité de l'édifice climato-économico-politique que vous connaissez.

Le temps passant et les divergences ne se résorbant pas, voire, s'amplifiant, il devenait difficile, sinon périlleux pour les scientifiques comme pour les journalistes, de ne pas s'en ouvrir auprès du grand public. C'est ainsi qu'un certain nombre de grands médias d'outre-manche et d'outre-atlantique puis d'outre-Rhin et d'ailleurs se sont décidés à publier ce que tous les observateurs scientifiques savaient depuis longtemps.

A ma connaissance, c'est le Dailymail (Mail On line) UK qui, le premier (le 12 octobre 2012), a publié un article retentissant sur cette affaire de "stagnation des températures". Cet article portait un titre provocateur " Le réchauffement climatique s'est arrêté il y a 16 ans, révèle un rapport du Met Office discrètement publié …et voici le graphique qui le prouve. " qui ne manqua de provoquer des dénégations (embarrassées) de la part du Met Office et une foule de critiques acerbes de la part des alarmistes habituels et des zélotes du GIEC.

Les choses auraient pu en rester là. La presse internationale qui sans doute s'interrogeait sur la pertinence de telles publications qui allaient frontalement à l'encontre du politiquement correct, prenait son temps pour réfléchir. Après tout, le Dailymail, bien que très suivi par le public anglophone, n'avait pas la stature suffisante pour ébranler le consensus médiatique (le "panurgisme médiatique" comme l'appelle J-F. Kahn) qui, depuis des décennies, accompagnait et soutenait les efforts du GIEC et des ses zélateurs.

Et de fait, c'est encore une fois un journal anglais -mais, cette fois-ci, parmi les plus connus et les plus réputés de la presse anglophone, qui décida de briser, à son tour, le cercle du silence.
C'est ainsi que l'article qui suit, publié online et en format papier le 30 Mars 2013, a rapidement fait le tour du monde anglo-germanophone notamment parce que personne ne s'attendait à ce qu'un journal comme The Economist qui avait constamment défendu les thèses les plus alarmistes du GIEC, publie un article aussi direct et, il faut le dire, bien documenté, bien rédigé et à la limite extrême du politiquement correct.
En voici quelques extraits agrémentés par les points de vue de la climatologue Judy Curry sur cette publication.

The Economist (journal réputé de Grande Bretagne) titre "Science du climat : Une affaire délicate"
Sous-titre : "Le climat pourrait se réchauffer moins qu'on ne le pensait auparavant, en réponse aux émissions des gaz à effet de serre. Mais ceci ne signifie eco1pas qu'il n'y a plus de problème."

L'article commence ainsi :

"Durant les 15 années passées, les températures de l'air à la surface de la Terre ont stagné tandis que les émissions de gaz à effet de serre continuaient à progresser. Le monde a, en gros, ajouté 1000 milliards de tonnes de carbone dans l'atmosphère entre 2000 et 2010. Ceci représente environ un quart de tout le CO2 qui a été émis par l'humanité depuis 1750. Et pourtant, comme James Hansen, le chef de l'Institut Goddard de la NASA pour les études Spatiales, le fait observer : "la moyenne glissante sur 5 ans est restée stable pendant une décennie.

Puis, l'article précise :

"La divergence entre la hausse des émissions de gaz à effet de serre et les températures qui ne montent pas, constitue l'un des plus importants casse-têtes actuels de la science climatique."

La climatologue Judith Curry évoque cet article de The Economist sur son blog Climate etc. Voici ce qu'elle en dit :

"The Economist a publié un article étonnamment bon, intitulé : "Science du climat : Une affaire délicate."
[...]
"Extrait de The Economist : Le désaccord (NdT: entre l'observation et les modèles) signifie que – pour des raisons inexpliquées – il y a eu un retard temporaire entre l'augmentation de dioxyde de carbone et la hausse des températures en 2000-2010. Ou bien, il est possible que la hausse rapide des températures dans les années 1990 ait été une période anormale. Ou encore, comme un nombre croissant de travaux le suggèrent, il est possible que le climat réponde à des hausses de concentration de dioxyde de carbone d'une manière qui n'a pas encore été correctement comprise. Si cette possibilité se révèle vérifiée, elle pourait avoir une signification profonde à la fois pour la science climatique et pour la politique environnementale et sociale"

Cet article doit être lu. Il résume de manière efficace nombre des articles récemment discutés sur Climate Etc. De manière intéressante, cet article repose entièrement sur l'analyse d'articles publiés et de billets de blogs (sans l'intervention de citations de scientifiques).

L'article est rédigé par le nouvel éditeur pour l'énergie et l'environnement de The Economist, John Parker. Quel superbe travail pour quelqu'un qui n'a pas de background évident dans ce domaine. Il m'avait écrit pour que je le conseille et je lui ai envoyé quelques pages tirées de mon prochain témoignage (NdT : à la chambre des représentants US). Il en a manifestement tenu compte. .

Commentaire de JC :  J'aimerais voir le "Committee on Climate Change" également répondre à l'article de l'Economist. Et je serais heureuse si le rapport AR5 du GIEC faisait un aussi bon travail que celui que John Parker a réalisé en termes de définition du problème de la détermination de la sensibilité climatique."

Pour faire écho à Judith Curry, il est tout aussi certain que de nombreux lecteurs français, suisses, belges etc. aimeraient pouvoir lire, dans leur presse francophone, des articles de la qualité de celui du The Economist.

Il est fort probable que c'est l'article du The Economist qui a déclenché un processus qui s'est répandu assez rapidement, au cours du mois d'Avril, dans les organes de presse anglo- et germano-phones qui avaient pourtant supporté, bec et ongles, le "consensus" du GIEC en vigueur. On vit même le New York Times se résoudre, in fine et du bout des lèvres, à écorner le consensus tout comme les agences de presse classiquement politiquement correctes telles que Reuters et l'AFP qui irradient beaucoup de médias de la planète…
Tout cela sans provoquer d'écho notable dans les médias francophones qui ont passé ces informations sous silence ou, au mieux, les ont minimisées comme cela avait été le cas, en 2009, lors de la publications des courriels du Climategate.

Voici donc brève petite revue de presse (non exhaustive) internationale sur la révision à la baisse de l'effet du CO2 :

The New York Times (US) : "Un changement de température". Justin Gillis, le journaliste (alarmiste) attitré du NYT sur ces questions, reconnaît (du bout des lèvres) que les plus récentes estimations de l'effet du CO2 sont à la baisse.

Reuters :" Les climatologues se battent pour expliquer le ralentissement du réchauffement."
"Les scientifiques se battent pour expliquer le ralentissement du changement climatique qui a révélé des lacunes dans leur compréhension et qui défie la hausse globale des émissions de gaz à effet de serre. "

Der Spiegel (All.)"Les chercheurs se battent pour expliquer la pause du réchauffement."
Der Spiegel (All) "La terre se réchauffe moins vite que prévu"

Zeit (All.) : "A propos des surprises du réchauffement climatique".
L'auteur, un supporter écologiste convaincu des théories du GIEC, fait dans l'humour. Il constate que le réchauffement s'est arrêté, se moque des prévisions alarmistes des scientifiques et de leurs explications "adaptatives". A ce propos, il écrit " Pour ce qui est de la science climatique, il semble qu'ils soient en mesure de s'en sortir quoiqu'il arrive.". Il se désole d'avoir fait confiance aux prévisions du GIEC et d'avoir acheté une maison en Uckermark (60km au Nord de Berlin) où il fait très froid alors que l'ex-chancelier Gerhard Schröder, sans doute moins inquiet, lui, en a acheté une au Sud de la Turquie… Il conclut : " Les ours polaires ne disparaissent pas, non, ils déménagent en Uckermark. Je ne suis pas climato-sceptique ; je suis désappointé."

Die Welt (All.) : "Des scientifiques nous avertissent de l'arrivée d'un prochain âge glaciaire ". (Dans l'ambiance du froid persistant qui a régné en Allemagne pendant cet hiver prolongé)

Deutsche Wirtschafts Nachrichten (All.) :“Les scientifiques se sont ridiculisés : le changement climatique ne se produit pas." Sous-titre : "La confiance dans la science du climat est ébranlée."

Introduction de l'article :

" La plupart des modèles climatiques avaient faussement prédit le réchauffement climatique. Malgré des émissions en hausse de ce que l'on appelle les gaz à effet de serre, les températures n'augmentent pas.Il y a de la neige en hiver mais c'est un effet collatéral du réchauffement climatique, disent les climatologues.
Depuis les environs de l'an 2000, le réchauffement climatique s'est évanoui puisqu'il fait à peine plus chaud. Cette évolution a été incorrectement prédite par la plupart des modèles. Les chercheurs ont, à présent, entrepris de rechercher les causes de leurs erreurs de prévision. Tout récemment, le British Weather Service a communiqué que la stagnation du réchauffement allait se poursuivre – au moins en Grande Bretagne (ici). Richard Tol de l'Université d'Essex à Oslo a dit qu'il avait l'impression que la température avait décru durant les cinq dernières années, nous dit Reuters. Une théorie est que la chaleur est stockée dans les profondeurs des océans de telle manière qu'il fait plus froid à la surface. Selon d'autres théories, les gaz industriels (NdT : l'auteur veut sans doute parler les aérosols… qui ne sont pas des gaz mais des particules) ou les nuages peuvent bloquer les rayons du soleil. Ou encore, les effets de ce qu'on appelle les gaz à effet de serre sont plus faibles que ce que l'on pensait auparavant."

Plus loin, l'article sous-titre :
"La confiance dans la recherche sur le climat est ébranlée."
"La confiance dans la recherche climatique est encore affaiblie du fait de ces prédictions erronées. L'organisme de l'ONU sur le climat (GIEC) avait dû corriger son rapport de 2007. Ce rapport avait exagéré la fonte des glaciers de l'Himalaya et avait même affirmé qu'ils pourraient avoir complètement disparu en 2035. "

(Presse germanophone : h/t Pierre Gosselin, Lüning et Varhenholt .)

Neue Zürcher Zeitung (Suisse) : Le "hotspot" absent dans le ciel. : Pour commencer, pour ce qui concerne le "hotspot", les scientifiques ont affaire à une noix qui est encore trop dure pour qu'ils la craquent."

La Repubblica (Italie) : "Le mystère de la terre qui ne se réchauffe plus."

Jyllands-posten (Danemark) "Ce sont les catastrophes qui pilotent le débat sur le climat".
Un article de quatre pages, extrêmement critique sur les exagérations du réchauffement climatique. Le JP rapporte les propos du Professeur suédois Lennart Bengtsson, le spécialiste scandinave N°1 en matière de climat. Le JP témoigne que : "Bengtsson en a réellement marre des politiciens, des médias et des climatologues qui en font des tonnes pour dramatiser l'évolution du climat et les conséquences d'une augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère." Le JP cite Bengtsson qui déclare :

"Depuis trop longtemps on a permis que les événements météorologiques extrêmes aléatoires structurent le débat sur le climat" ou encore, au sujet de la fonte de l'arctique, Bengtsson rappelle " Nous savons qu'il y avait très peu de glace en Arctique dans les années 30 et 40."

Au sujet de l'antarctique qui pourrait fondre selon le GIEC ; Bengtsson dit : " S"inquiéter de la fonte de l'Antarctique c'est comme s'inquiéter de la possible collision de Vénus avec la Terre dans les prochains milliards d'années, ce qui, comme certains modèles nous l'assurent, pourrait se produire".

Au sujet de la vitesse de réchauffement de la planète le JP cite Bengtsson: “Elles est, et de beaucoup, plus faible que ce que le GIEC a avancé… et c'est totalement différent de ce que la Banque Mondiale a présenté."

Note : Bengtsson fait ici allusion à la publication récente d'un rapport aussi apocalyptique qu'infondé de La Banque Mondiale, la World Bank. Par ailleurs, voici d'autres déclarations publiques récentes du Prof. Bengtsson qui, sans aucun doute, joue un rôle déterminant dans la politique climatique suédoise et plus généralement scandinave, en matière d'énergie et de climat :

  • "Le réchauffement climatique a été confisqué des mains des météorologistes et des climatologues traditionnels et il est maintenant entre les mains de professionnels experts des médias et des personnes bien identifiées (politiques ou autres) du public qui ont trouvé que l'exagération du climat actuel était un moyen efficace pour conserver ou pour obtenir une place sous les feux de la rampe des médias.

     

  • L'intérêt sincère et authentique pour le climat et les processus climatiques s'estompent en même temps que l'attention se limite à des concepts climatiques familiers du grand public ou, plutôt, dirais-je, aux concepts prédominants et politiquement corrects sur le climat.

     

  • En complète opposition avec tous les rapports médiatiques inquiétants sur le drame du changement climatique, en réalité, le climat se réchauffe beaucoup plus lentement qu'on ne le prévoyait.

  • Durant la période 1979-2012 pour laquelle nous disposons d'observations fiables, le réchauffement de la basse troposphère tropicale 20°S – 20°N a été seulement d'environ un tiers de ce qui est prédit par les modèles climatiques actuels."

Il serait étonnant que les nouvelles prises de position de l'éminent climatologue Suédois n'entraîne pas une inflexion de la politique énergétique et climatique du gouvernement de son pays.

Bulletins-electroniques.com (Veille technologique internationale): Environnement : "Un projet revoit à la baisse l'importance du réchauffement climatique."

The Weekly Standard (US) " Le cirque climatique plie les tentes, tandis que les sources traditionnelles d'énergie connaissent un renouveau abandonnant le domaine des catastrophes et de la fin du monde" (jeu de mots phonétique : " traditional energy sources go from doom and gloom to boom." Fait allusion au boom des gaz de schistes.

The Australian (Australie): "Le hiatus de vingt ans dans l'augmentation des températures laisse les scientifiques perplexes".
The Australian (Higher Education) : "La chaleur quitte les hausses de la température du globe."

BBC News (UK) : "Le ralentissement du climat rend les taux de réchauffement les plus rapides "moins probables". Un titre pour le moins alambiqué. Le reporter "Environnement" de la BBC qui s'est énormément investi pour le GIEC, marche sur des oeufs.

DotEarth (New York Times, Andrew Revkin) : "Un coup d'oeil plus attentif aux points de vue qui visent à modérer la sensibilité climatique". Une revue sur la bataille des sensibilités (voir ci-dessous), vue par un supporter (modéré) du GIEC.

…Comme on s'y attend, la presse d'ordinaire plus ou moins neutre ou sceptique ne fait pas de cadeaux. Voici quelques exemples, parmi bien d'autres.

Forbes (Larry Bell) : "L'alarmisme au réchauffement climatique : Le refroidissement persistant peut mettre en péril la climatologie ainsi que les subventions pour les énergies vertes !"

Spiked (US): "L'apocalypse due au changement climatique est repoussée à une date ultérieure. Même les scientifiques au premier rang de l'alarmisme climatique reconnaissent que le monde ne se réchauffe plus aussi vite qu'on ne le pensait auparavant."

Examiner. com (US) : "L'argument CO2 commence à se refroidir."

Pendant ce temps là, en Francophonie :

La Croix qui reprend la dépêche de l'AFP et interviewe Jouzel, titre (timidement) : "Le réchauffement climatique marque "une pause"". (Sic, "la pause" est bien entre guillemets dans le titre). On imagine que pour l'auteur de cet article "une pause" entre guillemets ne doit pas être une vraie pause, à la différence de ce que serait, sans doute, une pause sans les guillemets.

L'AFP (Repris par la Libre Belgique) : "L'anomalie qui trouble les climatologues : Bien que la concentration en CO2 ne cesse de croître dans l'atmosphère, la température moyenne se stabilise à la surface du globe."

Par contre, Le Point publie un billet invité (du célèbre biologiste Didier Raoult) qui mentionne la panne du réchauffement climatique et tempête contre l'alarmisme systématique en ces termes : "Assez de prédictions catastrophistes !"

"Par ailleurs, le réchauffement de la planète, qui paraissait être le symbole le plus clivant entre les modernes et les "irresponsables" et qui a valu à Claude Allègre d'être lynché médiatiquement, s'est arrêté. On ne sait pas si la planète recommencera à se réchauffer bientôt, mais le XXIe siècle ne connaît pas la courbe qui avait été prévue par toutes les doctes assemblées mondiales réunies sur le sujet au XXe siècle. "

3) Derrière le rideau, chez les scientifiques, c'est la "bataille de la sensibilité climatique ".

La suite de ce billet tourne autour de ce qui est couramment nommé "la sensibilité climatique". Les lecteurs(trices) attentifs se souviendront que cette notion a déjà été évoquée à plusieurs reprises dans ce site. En particulier, une discussion intéressante à ce sujet avait pris corps dans le blog Climate Etc. de la climatologue Judy Curry, dont j'avais repris les éléments marquants.

Quelles que soient les réticences émises ici ou là au sujet de la pertinence et la validité même, de la définition de la "sensibilité climatique", celle-ci s'est manifestement imposée au sein de la climatologie mainstream, sans doute parce qu'il s'agit-là d'un paramètre très parlant et assez facile à comprendre. En voici la définition la plus triviale :
La "sensibilité climatique" (sous-entendu au CO2) est la variation de la température moyenne du globe résultant d'un doublement de la concentration du CO2 dans l'atmosphère.

  

Pourquoi utiliser "un doublement" de la concentration en CO2 et non pas directement la valeur absolue de cette concentration ?

Parce qu'il est généralement admis que la relation qui relie la température moyenne du globe avec la concentration en CO2 devrait être logarithmique. Ainsi c'est la variation du rapport des concentrations entre deux époques différentes qui joue le rôle décisif. Si cette loi logarithmique est correcte, la sensibilité climatique serait égale à la hausse de température entre l'époque préindustrielle où le taux de CO2 était de 280 ppm (280 parties par millions en volume) et l'époque (encore assez lointaine) où le taux pourrait atteindre 560ppm (Nous en sommes à 400 ppm). De même, selon ce modèle, nous devrions subir la même hausse de température égale à la sensibilité climatique si, dans un futur hypothétique, le taux de CO2 passait de 560 ppm à 1120 ppm.
C'est une loi logarithmique et, par conséquent, les conséquences s'amenuisent au fur et à mesure que le taux de CO2 augmente.

  

Je rappelle que la sensibilité climatique dû à un doublement seul du taux de CO2 est généralement estimée à 1°C. Ce sont les rétroactions additionnelles (dont les nuages et la vapeur d'eau), le plus souvent supposées positives (sauf par Richard Lindzen et Choi), qui pourraient multiplier la sensibilité climatique effective par un facteur de 1,5 à 6 (!) selon les rapports du GIEC. De fait, la question des rétroactions est hautement problématique et sujette aux plus grandes incertitudes et interrogations.

Une fois encore, c'est la climatologue Judy Curry, fine observatrice de l'évolution des idées qui circulent au sein du microcosme de la climatologie internationale, qui avait rédigé une synthèse intéressante sur l'épineuse question de la détermination effective et de la correction de la "sensibilité climatique". Elle avait conclu son billet en écrivant que :

"En prenant en compte les nouveaux éléments de preuve, tout particulièrement dans la méthodologie de l'analyse de la sensibilité, il devient de plus en plus difficile de ne pas abaisser l'estimation de la sensibilité climatique. "

Un de ses collègues, le climatologue, James Annan, lui-même participant actif aux rapports du GIEC, écrit dans DotEarth, le blog du journaliste scientifique du New York Times, Andrew Revkin :

"Il y a maintenant plusieurs articles récents qui montrent tous la même chose – que de nombreux facteurs incluant l'augmentation du forçage positif (CO2 et le travail récent sur le noir de carbone), la diminution dans les forçages négatifs (aérosols), tout cela combiné avec le refus obstiné de la planète de se réchauffer comme cela avait été prédit, tout cela rend une estimation d'une forte sensibilité climatique de plus en plus intenable. Une valeur (légèrement) inférieure à 2 paraît certainement beaucoup plus plausible que quoi que ce soit au dessus de 4,5."

Annan a repris ses affirmations, en substance, dans son propre blog. A ce sujet et en prévision du prochain rapport AR5 du GIEC dont, étant donné sa situation, il ne peut ignorer le contenu, James Annan juge très sévèrement le comportement de cet organisme. il s'exprime ainsi :

"Comme le GIEC ne peut plus longtemps défendre ses vieilles analyses d'une manière un tant soit peu crédible; il semble qu'il doive s'en remettre à une affirmation infondée du genre : "C'est ce que nous pensons parce que nous avons demandé à nos collègues". C'est, de fait, la stratégie de Lindzen à l'envers : S'étant indissolublement liés à leurs affirmations, politiquement utiles, des valeurs extrêmes, leur réponse face aux nouvelles évidences ne consiste pas beaucoup plus qu'à se mettre les doigts dans les oreilles en chantant "la, la la, je ne peux pas vous entendre".

Autrement dit, selon Annan , le GIEC fait la sourde oreille.
pierrehumb

Commentaire de la climatologue Judith Curry au sujet d'un article de son collègue David Appell, repris dans son site:

"Bon travail de David Appell avec cet article. Vous vous souvenez du tir de barrage que j'ai dû subir l'année dernière parce que j'avais évoqué "la pause" ? La citation qui vaut son pesant d'or dans cet article vient de Pierrehumbert : "Je pense qu'il est exact que quelques discussions assez peu sérieuses au sujet du réchauffement rapide durant le XXe siècle ont conduit certains à des prévisions irréalistes au sujet de l'évolution future du réchauffement. "
Judy Curry conclut : "Je me demande combien de temps cela va-t-il prendre encore pour que ces scientifiques envisagent sérieusement la possibilité que la sensibilité pourrait être inférieure à 2°C. "  

Je suis d'accord avec Judith que ce rétropédalage est plutôt étonnant de la part de Raymond Pierrehumbert (photo ci-contre) qui est un membre très actif du "team" (de Mann et al). Pierrehumbert s'est notamment fait connaître auprès du public francophone, en initiant le lynchage médiatique du Professeur V. Courtillot, repris notamment pas les quotidiens Le Monde, Libération et le Figaro. On a d'ailleurs retrouvé les témoins de la mise en place de cette peu reluisante opération dans les courriels du Climategate.

Dans le même esprit de la reconnaissance d'une surestimation importante de la sensibilité climatique par les modèles qui sous-estiment notablement la variabilité naturelle notamment multidécennale, un nouvel article (disponible ici), publié tout récemment dans le PNAS (Proceedings National Academy of Sciences US, February 5, 2013 vol. 110 no. 6) (Ka-Kit Tung et al), intitulé "Utilisation des données pour identifier les épisodes de réchauffement et de refroidissement dans les données instrumentales", précise (dans le résumé) que :

"De manière quantitative, la variabilité interne multidécennale, souvent sous-estimée dans les études d'attributions, rend compte de 40% de la tendance récente au réchauffement des 50 dernières années."

Ce qui, évidemment, équivaut à une baisse considérable de la sensibilité climatique prise en compte dans les modélisations antérieures qui omettaient assez systématiquement la variabilité naturelle (notamment celle due à l'AMO) reconnue par Tung et al.

Au sujet des incertitudes qui affectent les modèles informatiques, un autre climatologue mainstream, Reto Knutti, exprime son inconfort dans le même billet du blog de Judith Curry, au sujet des modélisations climatiques dont il est l'un des experts reconnu, notamment pour ce qui concerne la modélisation informatique de la sensibilité climatique :

"Même si nous disposons d'une quantité de ces études (et je suis responsable de quelques-unes), je me sens de plus en plus nerveux à leur sujet parce qu'elles sont si sensibles au modèle climatique, aux distributions initiales, au forçage, aux données sur l'océan, aux erreurs des modèles, etc. Tout cela tient à ce que, dans une grande mesure, les contraintes imposées par les données des observations sont faibles de telle manière que le résultat (NdT : des programmes) est dominé par ce que vous y introduisez.."

Voilà qui est franc. On ne saurait mieux dire.

Pour procurer une vision d'ensemble de la tendance actuelle de l'estimation de la sensibilité climatique, deux climatologues, Patrick J. Michaels et Paul C. Knappenberger ont réalisé une compilation des sensibilités évaluées dans les articles publiés dans les revues scientifiques depuis 2010. ecs1
Cette compilation est résumée si-contre sous la forme d'un diagramme aisément compréhensible :
-L'échelle de la sensibilité climatique est indiquée en abscisse.
-Chaque évaluation est représentée par une double flèche portant une courte barre verticale qui représente l'estimation qui possède la plus grande probabilité.
Le trait vertical n'est pas forcément centré par rapport à la double flèche, ce qui signifie que la courbe représentative de la PDF (fonction de distribution de la probabilité) est fréquemment dissymétrique.

A noter que les rapports successifs du GIEC (AR4 et AR5 (à venir)) indiquent des domaines de sensibilité climatique notablement supérieures à celles de tous les articles récents. A noter également que ces sensibilités du GIEC sont centrées autour de 3-3,5°C et couvrent un intervalle allant de 1,7 à 4,5 °C ou plus. Il semble que, dans son prochain rapport, l'AR5, le GIEC ne soit pas décidé à prendre en compte les derniers résultats reportés sur ce diagramme (d'où la remarque acerbe de James Annan "la la la, je ne vous entends pas")..

Il est également notable que ces estimations du GIEC ne sont pas différentes de celles du rapport Charney qui, dès 1979, donnait un intervalle de 1,5°C- 4,5°C , centré autour de 3°C.

Comme on le voit immédiatement, pratiquement tous les articles parus depuis 2010 sur ce sujet donnent une sensibilité climatique dont la moyenne des meilleures estimations tourne autour de 2°C qui est comme on sait, la valeur (arbitrairement fixée) non catastrophique qu'on ne devrait pas dépasser. Au rythme de croissance actuel (+2,1 ppmv par an), nous devrions en avoir encore pour près de 70 ans avant d'atteindre cette limite, selon ces estimations. Mais rien ne dit que la croissance des émissions de CO2 se poursuivra au rythme actuel, pendant les décennies à venir. Elle pourrait augmenter ou diminuer comme, par exemple, en cas d'une utilisation croissante des gaz de schistes, comme c'est le cas actuellement aux USA.

La légende de ce diagramme est la suivante :
(caractère engraissés par PU)

"Figure 1 : Estimations de la sensibilité climatique à partir des résultats publiés depuis 2010 (en couleur, par comparaison avec les estimations données dans les rapports AR4 (en gris) et AR5 (en noir). Les flèches indiquent les limites de confiance entre 5% et 95% pour chaque estimation ainsi que les meilleures estimations (valeurs médianes de chaque fonction de densité de probabilité, ou encore la moyenne de multiples estimations représentées par des lignes verticales colorées. Ring et al. (2012) ont donné quatre estimations pour la sensibilité climatique et la boite rouge représente ces quatre valeurs. La partie droite de la double flèche du rapport GIEC AR4 (IPCC AR4) est représentée en tiretés parce que le GIEC n'a pas précisé la vapeur supérieure de l'intervalle de 95% de confiance. De même, la valeur inférieure ne s'étend que jusqu'à la limite de confiance de 10% parce que la valeur minimale pour 5% n'est pas indiquée. La ligne verticale en gris clair représente la moyenne des 14 meilleures estimations de ces nouvelles publications. La sensibilité climatique moyenne (3,4°C) donnée par les modèles climatiques utilisés dans le rapport AR5 du GIEC est de 13% plus grande que celle de la "meilleure estimation" de 3.0°C du GIEC. Elle est de 70% plus grande que la moyenne des estimations récentes (2.0°C)."

A noter en passant que les fortes valeurs de la sensibilité climatique avaient déjà été remises en question, à plusieurs reprises, dans le passé, comme je l'avais signalé dans ce billet (Schwartz avait trouvé 1,1°C) ou dans celui-ci (Chylek 0,5°C-1,2°C) et dans d'autres billets qui les suivent dans la même page.

En résumé, la tendance actuelle de la climatologie est à la baisse pour ce qui concerne les estimations de la sensibilité climatique. A vrai dire, il semble qu'au vu du désaccord croissant entre les prédictions et les observations, notamment pour ce qui est de la température du globe, nombreux sont ceux qui consentent désormais à essayer de prendre en compte la variabilité naturelle (notamment due aux oscillations océaniques), sans doute trop longtemps sous-estimée.

Bien sûr, tout cela procède au rythme de la science. C'est à dire très lentement et à petits pas. L'inertie (au sens mécanique) d'une communauté comme celle des climatologues est considérable, pour ne pas dire énorme.

La climatologue Judith Curry résume et donne son point de vue sur l'état de la situation :

"Jusqu'à ce que nous améliorons notre compréhension de la variabilité interne et naturelle, nous ne savons tout simplement pas comment déterminer la sensibilité au forçage des gaz à effet de serre. La question de savoir comment le climat va évoluer au cours du XXIe siècle est hautement incertaine et, en gros, nous ne savons pas si les différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre seront (ou ne seront pas) les pilotes essentiels à des échelles de temps du siècle ou plus courtes. La simplification exagérée et la confiance excessive sur ce sujet ont agi au détriment de la science climatique. En tant que scientifiques, nous devons prendre en compte les incertitudes, la complexité et le caractère hautement pernicieux du problème. Nous avons trompé les responsables politiques en sur-simplifiant le problème et en faisant preuve d'une confiance exagérée. "

4) En guise de conclusion : Un clin d'oeil aux "cyclo-fans" (ou "cyclo-maniaques ", comme les nomment les zélotes du GIEC).

Comme le savent les lecteurs réguliers de PU, il existe plusieurs approches différentes pour tenter de comprendre le fonctionnement du climat et d'en tirer des prévisions à moyen et long terme. La première, pratiquée par les climatologues proches du GIEC, consiste à utiliser une méthode "bottom-up"; c'est à dire une modélisation qui part du bas (les mécanismes élémentaires) et remonte vers le haut (le climat). "Le bas" étant constitué par la collection des phénomènes élémentaires qui, pense-t-on, régissent le climat. Le danger de cette pratique est évidemment qu'il faut être absolument certain que l'on connaît, en détail, les mécanismes fondamentaux et, surtout, qu'on n'en oublie aucun. Rajoutez à cela des modèles informatiques ultra-sophistiqués et dotés de nombreux paramètres ajustables et vous obtenez les prédictions/scénarios qui sont représentés dans la section 1 de ce billet.

Une approche différente que l'on pourrait qualifier de "top-down" est utilisée notamment par les chercheurs qui cherchent à évaluer la sensibilité climatique. Elle consiste essentiellement à tenir compte des observations pour corriger périodiquement les modélisations et rectifier le tir en conséquence. Cette méthode est "top-down" parce qu'elle corrige sans cesse les paramètres primaires (le down) à partir des observations sur le climat (le top).

Une troisième méthode, utilisée par des scientifiques "indépendants" que l'on peut qualifier de purement empirique, consiste à admettre d'emblée qu'une modélisation "bottom-up" réaliste du climat de la planète est encore hors d'atteinte, vu la complexité du problème et notre méconnaissance du détail des mécanismes de base. Ainsi, selon ces chercheurs empiristes, la seule chose raisonnable que l'on puisse faire consiste à rechercher dans les données climatiques existantes, l'émergence de périodicités, ou de cycles, qui se sont reproduits au cours des décennies ou des siècles passés. Cette méthode purement empirique n'a évidement pas les faveurs des chercheurs proches du GIEC qui la trouvent non analytique, voire "peu scientifique".
Pourtant, il n 'est pas douteux que la reconnaissance progressive d'une quantité d'oscillations naturelles (mal ou pas reproduites par les modèles), notamment les oscillations océaniques, va dans le sens des empiristes.

Les lecteurs attentifs se souviendront du billet dans lequel j'avais évoqué l'analyse harmonique, sans aucun a priori sur les mécanismes sous-jacents, de la variation de l'anomalie de température du globe par Klyashtorin et Lyubushin (2003) qui faisait suite et complétait celle de klya2Schlesinger et Ramankutty (1994). Lesquelles ont d'ailleurs été rejointes et confirmées par les contributions de nombreux autres auteurs (tels que Scafetta, Syun Ichi Akasofu, Gray, Keenlyside etc. que j'avais cités dans un billet rédigé en 2009.)

Nous avons observé, ci-dessus, la divergence croissante entre les prédictions/scénarios des modèles utilisés par le GIEC et les observations effectives et les interrogations multiples que ce constat a suscité.

Il m'a semblé équitable d'effectuer la même comparaison entre les prédictions de Klyashtorin et Lyubushin, effectuées en 2003, à partir d'une analyse purement harmonique de la variation de la température, avec la réalité objective, comme vous le voyez sur le graphique ci-contre.
Je vous rappelle que l'inclinaison de la sinusoïde figurant sur leur graphique représente une hausse constante de la température d'environ 0,5°C/siècle au moins pour la période considérée, ce qui, selon Syun Ichi Akasofu et d'autres, correspond à la sortie du petit âge glaciaire qui a sévi au XVIIIe et au début du XIXe siècle.

Le graphe en traits noir date de 2003
. La partie droite de ce graphique de Klyashtorin et Lyubushin (en hachures verticales) représente leurs prévisions de cette époque.
Le graphe en traits rouges représente la courbe des variations effectives de la température du globe vues par les données officielles actualisées HadCRUT4.

Certes, il est encore trop tôt pour conclure mais la ressemblance entre ces deux graphes est assez frappante, notamment pour la période récente.

Et de fait, la "stagnation" actuelle des températures qui agite si fort le petit monde médiatico-scientifique comme nous l'avons vu, avait été prévue par ces deux auteurs (ainsi que, depuis, par beaucoup d'autres, dont une partie importante de l'école Russe, Scafetta, Gray, Akasofu etc.) dès 2003, c'est à dire, il y a dix ans, sans remonter jusqu'à Schlesinger et Ramankutty qui, dès 1994, avait décrit cette sorte de sinusoïde inclinée avec les maigres données dont ils disposaient à l'époque. Il suffisait de la prolonger… Si ces auteurs ont raison et comme je vous l'avais raconté dans cette page, nous allons plutôt vers le froid que vers le chaud. Nous verrons.

  

Wait and see !

Comme toujours, c'est à vous de tirer les conclusions mais ce qui est certain c'est que nous vivons une époque passionnante et que vous ne trouverez rien de tout ce que je vous ai rapporté ci-dessus, dans aucun de nos médias.

Stay tuned

  

Pensée unique 3/7/2013

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