Observatoire International des Libertés : compte rendu de l’AG inaugurale du 30 juin

Pour Jean-Sébastien Phillipart, si « le climat intellectuel est empoisonné par une petite musique anti-libérale, » si on entend dire que « le néo-libéralisme aurait retrouvé la brutalité du capitalisme et aurait atteint ses limites, » il y a à cela des racines bien définies. Qui viennent, selon lui, de la pensé du philosophe Heidegger pour qui « le drame commence avec sciences et technique, qui s’empare de la pensée, la confond avec la représentation ….ce qui fait que le sujet se dissout, provoquant une crise de l’humanisme. » Ce qui débouche sur des théories comme celle qui voudrait que ce soit « le capitalisme post-industriel » qui « façonne les individus de toutes pièces » « une surproduction étant à écouler. » Alors que pour Jean-Sébastien Phillipart ceci est un sophisme, « l’offre et la demande étant les deux faces d’une même réalité, le libéralisme étant fondé sur l’échange. »

Cette pensée de Heidegger étant à l’opposée de celle de Lévinas pour qui « le sujet a une distance à l’égard du monde, » et il y a « valeur absolue de la personne, » « arrachée à des présupposés culturels » et donc « comptable de ses actes. »

Pour Lucien Samir Oulahbib, Président de l’Observatoire, « on met, en effet, sur le dos d’un système des problèmes beaucoup plus complexes…et on propose des boucs émissaires comme la technique, le monde en tant que démon, les Juifs…. »

Le 11 septembre et sa perception, les banlieues en feu, ont été évoqués. Ainsi que le port du voile pour des accompagnatrices de sorties scolaires qui, pour le Président de l’Observatoire, ne peut être admis dans le cadre su service public, compte tenu de la loi sur le port de signes religieux ostentatoires. D’autant qu’il a là valeur d’exemple et donc de prosélytisme.

Autre sujet évoqué, notamment par Jean, et qui constitue une atteinte majeure et inacceptable aux libertés : ce qui est considéré comme apostasie passible de sanctions pouvant aller jusqu’à la peine de mort par certains dirigeants se réclamant de l’Islam qui ne peuvent tolérer que soit quittée cette religion. Entre autres pratiques liberticides ou incitatrices à la haine et au rejet.

Toutefois, il faut se garder de suspecter tout pratiquant musulman d’avoir une telle lecture de l’Islam, estimait, entre autres, Samira. D’où la nécessité d’une clarification, voire un amendement de textes litigieux, qui vienne de théologiens musulmans.

Des participants à cette première AG vont se livrer à l’étude de divers thèmes liés à une définition de ce qu’est la liberté et à ses divers aspects. Les résultats seront publiés dans la revue RESILIENCETV.


Hélène Keller-Lind 4/7/2007

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