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Affaire DSK : non, la vérité n’a pas encore éclaté

Affaire DSK : non, la vérité n'a pas encore éclaté, conséquence des différences fondamentales dans les systèmes judiciaires américain et français
 
 

Classer une affaire ne signifie pas forcément blanchir l'accusé ; des différences des systèmes judiciaires
 
La conclusion au pénal de l'affaire DSK illustre les différences fondamentales entre les systèmes juridiques américain et français et, contrairement à ce qu'affirment certains médias, l'ancien directeur du FMI n'a pas été blanchi. Le procès pénal n'a pas eu lieu car le Procureur a abandonné les poursuites surtout parce qu'il considère que Nafitassou Diallo « manque de crédibilité » – dans des affaires qui n'ont rien à voir -; or, il faut que les faits soient prouvés « sans l'ombre d'un doute » et elle est le seul témoin attestant qu'il y a eu « usage de la force sans son consentement » dans une « rencontre sexuelle précipité » avérée. Selon les avocats de celle-ci le Procureur aurait dû laisser un jury en décider, au vu des éléments factuels du dossier.
 
L'avocat de DSK, Benjamin Brafman ne dit pas vrai lorsqu'il déclare que « c'est la victoire de la vérité » comme il le fait dans les colonnes du Parisien au lendemain du classement des poursuites à la demande du Procureur Cyrus Vance. Mais c'est de « bonne » guerre, il est dans son rôle et tant pis pour Nafitassou Diallo. Pourtant, pour qui prend le temps de bien lire, dans cette même interview l'avocat avoue ne pas conseiller à son client « de raconter ce qui s’est passé dans la chambre, » ajoutant « ce n’était pas un crime, voilà tout. » Dès lors, où donc est « la vérité » ?
 
On voit ici les différences entre les deux systèmes : soupçonné de crimes et délits par le Procureur, Dominique Strauss-Kahn n'a jamais eu à s'expliquer sur les faits qui lui étaient reprochés. Douglas Wigdor, l'un des avocats de Nafitassou Diallo, lors d'une conférence de presse donnée à Paris le 23 août avec l'avocat français Thibault de Montbrial, son correspondant français dans cette affaire, au lendemain de la publication de la demande d'abandon des poursuites par le Procureur, soulignait d'ailleurs que «  nous n'avons pas entendu sa version des faits. » D'autant, dit-il, pendant les quatre heures où il a été détenu par la police, après son arrestation dans un avion et avant que ses avocats n'entrent en jeu, cela ne lui a pas été demandé. « Une première aux États-Unis, » note Douglas Wigdor, qui ajoute que Cyrus Vance à qui il a posé la question sur ce point « n'a donné aucune explication. » Et, bien évidemment, passé ces quatre heures, les avocats de DSK lui ont ensuite enjoint de ne rien dire, comme il en avait le droit pour la justice américaine. Désormais c'est dans le cadre du procès au civil, qui lui a été intenté par les avocats de Nafitassou Diallo, qu'il sera enfin questionné sur ce qui s'est passé.
 
Interrogé sur ce droit au silence de l'accusé, Douglas Wigdor, qui a lui-même été Procureur, disait d'ailleurs « avoir eu jusque là confiance en ce système… » Un système qui, tout en autorisant l'accusé à se taire, a permis que les faits et gestes, déclarations, vie privée de Nafitassou Diallo, eux, soient, disséqués, examinés dans leurs moindres détails par Procureur et médias ayant bénéficié de « fuites » ou les ayant rapportées. Système qui a permis que « des dossiers » à charge aient été méticuleusement montés contre elle par la défense. Benjamin Brafman notant après que l'affaire ait été classée, : « nous n’avons pas partagé  l’intégralité de nos dossiers avec le procureur. Je peux vous dire en tout cas que nous avions encore d’autres preuves montrant que cette femme n’est pas crédible. »
 

 


De solides preuves dans le dossier rapportent ses avocats
 
Commentaire ironique de Douglas Wigdor lors de cette conférence de presse à ce propos : « seuls les passagers du Mayflower [ les « Pèlerins » protestants qui fuirent l'Angleterre pour l'Amérique pour y pratiquer librement leur religion, pères fondateurs révérés devenus symboles de droiture morale irréprochable] n'avaient rien à se reprocher. » Mais il insistait surtout sur le fait que « pendant près de 100 jours » elle n'a jamais varié, maintenant « inébranlablement son récit » de ce qui était advenu, corroboré, selon lui, par tout un ensemble de faits. Comme le témoignage du « serveur qui sortait de la suite et lui a dit qu'elle était vide, » et qu'elle pouvait donc entrer y faire le ménage, le fait qu'elle ne connaissait pas DSK, « des preuves matérielles : une meurtrissure, des collants déchirés, de l'ADN, tout un ensemble constaté dans les cas d'agression et de viols….ceux à qui elle a raconté l'affaire immédiatement après, l'équipe médicale spécialisée qui l'a reçue et examinée. » Ces témoins de la première heure sont tous convaincus de sa sincérité. Comme ont été convaincus les membres du Grand Jury qui ont recommandé des poursuites après l'avoir entendue, ayant suivi en cela les premières recommandations du Procureur Cyrus Vance, convaincu lui aussi au départ. Or, elle n'a jamais varié dans ses déclarations sur ce qui est au cœur du sujet.
 
Convaincu, Thibault de Montbrial l'a été aussi par le dossier médical qu'il a vu le 19 juillet à New York « avec une photo compatible avec les déclarations de Nafitassou Diallo, le constat fait par des services familiers de ce type de cas, son état de choc et de stress… »
 
Quant aux changement de version sur ce qui se serait passé immédiatement après cette « rencontre sexuelle précipitée » de 7 à 8 minutes, Douglas Wigdor pense qu'il peut y avoir eu un problème de traduction lors de ses témoignages. En effet, l'anglais que parle Nafitassou Diallo, immigrante de relativement fraîche date, illettrée de surcroît, n'est pas parfait et elle était assistée de traducteur d'un dialecte difficile. D'ailleurs les conditions dans lesquelles elle a été entendue ont très bien pu la déstabiliser plus avant : des assistants du Procureur, juristes et enquêteurs maîtrisant évidemment parfaitement les termes utilisés, l'ont houspillée, ont hurlé, rapportent ses avocats. Et il ne faut pas oublier qu'en sortant de cette suite, elle était en état de choc, comme l'ont attesté les spécialistes qui l'ont vue plus tard, ce qui peut expliquer qu'elle ait été confuse sur ce point, si confusion il y a eu. D'ailleurs le relevé des clefs d'entrée dans les chambres montre qu'elle est entrée pendant une minute dans une chambre voisine où elle avait fait le ménage auparavant, souligne Douglas Wigdor. A-t-elle voulu s'y réfugier?Il semble bien qu'elle était en plein désarroi. Suivre ce qu'elle a fait avant et après avec certitude est très aisé, grâce à ces relevés, notait Douglas Wigdor.
 

 


Une « relation consentie sans violence précipitée » de 7 à 8 minutes avec un inconnu ?
 
« Relation, » il y a bien eu. Difficile, en effet, au vu des preuves matérielles indéniables l'établissant de le nier. Ou de contredire le procureur qui l'affirme, la qualifiant même de « précipitée »…Benjamin Brafman affirme donc, comme cela a été le cas depuis le départ que «  la relation n’était pas forcée, mais consentie.»
 
Certes, le Procureur, dans sa demande de classement de l'affaire, estime ne pas pouvoir prouver sans l'ombre d'un doute qu'il y a eu force et que Nafitassou Diallo, seul témoin, n'était pas « consentante »….
Une « relation par terre, pas sur un lit, pas sur un canapé » avec « quelqu'un qu'elle n'a jamais vu, des contusions, des bas arrachés, » de 7 à 8 minutes, qui pourrait en être convaincu, interroge Douglas Wigdor. Qui ajoutait qu'ensuite DSK, alors directeur du FMI, « possible futur Président de la France… s'est habillé très rapidement, a fui la scène du crime, réglé sa note, du dentifrice autour de la bouche, a pris un taxi, dit qu'il a déjeuné rapidement puis s'est rendu à l'aéroport et a dit à sa femme qu'il y avait un problème grave qui nécessitait d'appeler son équipe de relations publiques… »
 

 


Nafitassou Diallo traitée en accusée par le Procureur, ce qui était contraire à ses obligations.
 
De plus, cet ancien Procureur, qui, lui, n'aurait pas classé l'affaire, accuse Cyrus Vance de ne pas avoir traité Nafitassou Diallo comme il aurait dû le faire, faisant preuve à son égard de « parti-pris. » En effet, « dès le départ, elle a été traitée en accusée et pas en victime. » Elle a fait l'objet d'une « mesure de protection mais n'a pas été protégée, ses téléphones ont été confisqués, les assistants du Procureur ont hurlé en s'adressant à elle. Et le 30 juin, notamment, il y a eu une fuite diffamatoire au New York Times concernant une conversation alléguée. » On se souvient, en effet, que le quotidien new-yorkais avait « révélé », « révélation » reprise partout, qu'au lendemain de cette affaire elle aurait dit dans un appel téléphonique à un ami placé en détention en Arizona qu'elle savait ce qu'elle faisait et allait obtenir de l'argent. Or, Douglas Wigdor affirme que son confrère, Kenneth Thompson, qui « n'a pu écouter les enregistrements qu'après les avoir réclamés quotidiennement par écrit pendant 28 jours, » en présence de traducteurs, n'a rien entendu de tel. « Ce qu'elle a dit , c'est : ça va, j'ai un avocat, je sais ce que je fais. » Ne pas avoir pu accéder à cet élément du dossier est un autre exemple des différences dans les systèmes judiciaires américains et français. De plus, souligne Douglas Wigdor, avoir dû attendre si longtemps, est contraire à ce que doit faire un « Procureur qui prête serment de faire valoir les droits des victimes. » Une conduite sans précédent, selon lui.
Autre élément contre lequel il s'insurge : « pendant qu'elle était placée sous protection par le Procureur le New York Post l'a accusée d'être une prostituée et affirmé qu'elle faisait des passes alors même qu'elle était sous protection judiciaire. Le Procureur n'a pas démenti. » Bien que cela soit faux.
L'avocat raconte également que lorsqu'elle a été convoquée au Bureau du Procureur, la veille de l'audience du 23 août, non pas en tant que plaignante mais de la même manière qu'aurait été convoqué un accusé, elle a posé des questions auxquelles il n'a même pas été répondu.
 

 


Conflit d'intérêt au sein du Bureau du Procureur
 
Et enfin, « un membre haut placé de l'équipe du Procureur est mariée à l'un des avocats de Dominique Strauss-Kahn. Rien n'a été fait [ au Bureau du Procureur ] pour s'assurer qu'il n'y ait pas de contact entre eux sur ce dossier. Il y a là clairement un conflit d'intérêts. » Or, il ne s'agit guère d'un subalterne. En effet, il s'agit de Karen Friedman Agnifilo, qui dirige l'important département procès du Bureau du Procureur ainsi que d'autres départements. Et on a vu son mari, Marc A.Agnifilo, partenaire de Benjamin Brafman, assis aux côtés de DSK, l'assistant lors d'une audience Et même si elle s'est dessaisie et n'a pas instruit ce dossier, on peut quand même s'interroger sur ce qu'elle a pu entendre ses subordonnés travaillant sur ce dossier en dire devant elle et on peut se demander ce qu'elle a pu laisser en échapper dans des conversations avec son mari.D'autant que selon le New York Times, celui-ci assurait fin juin qu'il n'a parlé que « de la couverture médiatique de la presse » de ce cas avec sa femme… La demande faite par les avocats de Nafitassou Diallo, compte tenu de ce qu'ils estiment être bel et bien un conflit d'intérêt, pour que soit dessaisi ce Procureur a pourtant été rejetée.
 
La victime, dans cette affaire serait donc Dominique Strauss-Kahn qui, s'exprimant enfin brièvement après l'abandon des poursuites, devant son domicile new-yorkais, dans ce qui semblait être soigneusement mis en scène. A mots comptés, l'air sombre, flanqué de son épouse, il se disait soulagé de la fin de ce « cauchemar » et de «la fin d’une épreuve terrible et injuste ». Il reprenait quasiment mot pour mot les termes du communiqué de ses avocats. Communication bien huilée, on le voit.
 
Par ailleurs, selon Le Parisien, ses avocats affirment que « DSK n'a pas l'intention de donner de l'argent à Diallo. » D'ailleurs, il « n'a jamais eu l'intention, de lui donner de l'argent » puisqu'il est innocent, dit Benjamin Brafman. Affirmation reprise par Le Figaro. Cet élément, qui n'a rien d'innocent, a été entendu de la part de la défense depuis le départ ; ne pouvant nier qu'il y avait eu « relation », elle aurait affirmé alors qu'il n'y a pas eu d'échange d'argent. Il faut savoir que payer une prostituée est une violation du code pénal américain – sauf au Nevada où la prostitution est légale.
 
Profitant d'une question posée par Le Parisien, Benjamin Brafman évoque à demi-mots la possibilité d'une machination « internationale » et d'enquêtes à poursuivre…Ce qui relève du grotesque car, pour que machination il y ait, faut-il encore que la supposée victime de celle-ci, non seulement accepte de sauter dans le piège, mais le fasse en un temps record, qui plus est…et que le « piège » – « honeytrap, » ou piège au miel, expression consacrée qui conviendrait ici puisque nous sommes aux États-Unis - prenne l'argent – de ses commanditaires-, se taise et se fasse oublier. Piètres commanditaires donc, dans le cas présent…Mais ces élucubrations, comme celles répandues sur les attentats du 11 Septembre, ont à coup sûr de beaux jours devant elles…Et nous sommes en pleine campagne présidentielle, ne l'oublions pas. Cela dérange pourtant quelque peu que Benjamin Brafman utilise le principe du propagandiste Goebbels pour qui il faut mentir encore et encore car cela laissera toujours des traces.
 
 

 


Un arrêté du Maire de New York bafoué par le Bureau du Procureur
 
Quant à ce qui a été révélé des contre-vérités dans sa demande d'immigration, son avocat souligne que le Maire de New York, Michael Bloomberg, a fait prendre un arrêté interdisant que soit divulgué ce type de renseignement. [ En effet, rares sont ces demandes qui ne contiendraient que des vérités irréfutables et les immigrants sont légion aux États-Unis et à New York plus particulièrement.] Il souligne aussi qu'en voulant s'installer aux États-Unis, elle voulait à tout prix fuir les conditions dans son pays d'origine, bénéficier des valeurs de liberté et justice qui y existent et voulait protéger sa fille en lui évitant d'être excisée. Or, ces contre-vérités dans cette demande d'immigration ont été largement diffusées, alors que «cela aurait pu être placé sous scellé, » estime Douglas Wigdor qui voit dans toutes ces « révélations, » vraies ou fausses, une volonté de salir la réputation de sa cliente.
 
Procédé courant pour dissuader les femmes de porter plainte pour viol, soulignait Thibault de Montbrial. Bien peu le font, quelque 10 %, tout au plus. Mais, dit-il, cette affaire « a libéré la parole. » A ce propos, il reprochait au Procureur de s'être engagé, en présence de Maître Koubi, conseil de Tristane Banon, de demander à la France de pouvoir entendre celle-ci dans le cadre de l'entre-aide judiciaire mais de n'en avoir rien fait. Pour Douglas Wigdor, ce témoignage montre pourtant un modus operandi qui abondait la plainte.
 

 


Décourager les victimes de viols et agressions sexuelles de porter plainte
 
Par ailleurs, la manière dont Nafitassou Diallo a été traitée refroidira sans aucun doute plus d'une victime de viol ou d'agression sexuelle, commentait Douglas Wigdor. Comme cela a pu refroidir une partie des femmes « venues d'un peu partout, » qui se sont présentées à ses avocats pour témoigner. Thibault de Montbrial raconte que « des personnes qui travaillent dans les transports, l'organisation de congrès, la politique, l'hôtellerie, et des journalistes, ont cherché à savoir comment aider.» En dépit des craintes suscitées par ces menaces et même si « en France cela passe pour de la grivoiserie, » certaines restent pourtant prêtes à témoigner dans le cadre du procès civil intenté contre DSK. Qui ne pourra se tenir que dans un an et demie, voire deux ans.
 
Ce qui donne le temps aux avocats des deux parties de compléter leurs dossiers. Dans son interview du Parisien, Benjamin Brafman se montre très confiant, affirmant que cette procédure « va s'effondrer comme la procédure pénale. Si la parole de cette femme n’a pas été jugée crédible une fois, elle ne le sera pas une seconde fois. » Mais ce qu'il ne dit pas, c'est qu'au pénal il aurait fallu que soient convaincus la totalité des jurés, ce qui n'est pas le cas au civil. On se souvient d'un autre cas très médiatisé aux États-Unis : celui d'O.J.Simpson, acquitté en 1994 du meurtre de sa femme – dont il était séparé – et de l'ami de celle-ci, mais reconnu coupable au civil, en 1997. Or, compte tenu de toutes les fuites et accusations infondées ou diffamatoires contre Nafitassou Diallo, largement répercutées, compte tenu du fait que le Procureur avait déjà mis la crédibilité de Nafitassou Diallo en doute publiquement, convaincre la totalité des jurés aurait été un exercice difficile. Dans sa demande de classement de l'affaire Cyrus Vance est d'ailleurs loin d'être catégorique sur les faits incriminés eux-mêmes. Ce qu'il craint, de toute évidence, est un éventuel manque de crédibilité engendré par des faits annexes. Or, s'engager dans un procès long et couteux, très médiatisé, alors qu'il vient de perdre deux procès retentissants et cherchera à être réélu – autre particularité du système américain – en 2013 pouvait sembler hasardeux. C'est, en tout cas, l'une des raisons pouvant expliquer sa décision. « Un signe de faiblesse » pour Douglas Wigdor. Qui affirme que lorsqu'il était Procureur il serait allé au procès dans cette affaire. Mais peut-être y a-t-il eu d'autres considérations également.
 
 

Découverte des « réseaux strauss-kahniens » par Thibault de Montbrial. Il dépose plainte pour subordination de témoin
 
Autre volet de cette affaire : ce que Thibault de Montbrial appelle « la gestion de crise des réseaux strauss-kahniens. » Il explique que son « Talon d'Achille » était connu et que, dès le début, cette gestion a fonctionné, citant en exemple une phrase type entendue partout, prononcée alors par ses proches : « ce n'est pas le Dominique que nous connaissons. » Par ailleurs, ce « système » qu'il « découvre depuis deux mois, » exerce des pressions, dit-il, affirmant en avoir été l'objet ; il raconte que « six ou sept jours après » qu'il ait pris ce dossier pour la partie française, une dépêche AFP annonçait qu'il y avait « une procédure disciplinaire » engagée contre lui. Ce qui était faux mais a été rapporté dans « une demi-page du Parisien et a été en première page de Google… » Il s'en est ouvert au bâtonnier. « Bâtonnier qui a démenti…. quinze jours après. » Ce qui n'a trouvé que très peu d'écho. S'il ne met pas en cause l'AFP il pense que l'agence a pu être trompée par des « sources sûres »…si sûres qu'elles n'ont pas semblé devoir être vérifiées. 
 
Ces « réseaux » s'emploient aussi, dit-il, « à dissuader les femmes susceptibles de porter les coups les plus rudes. Il y a à Sarcelles [ où DSK a été maire ] deux témoins emblématiques… » Or, « son entourage empêche les témoins de rejoindre les procédures. En juillet dernier plusieurs témoins ont parlé avec Douglas Wigdor et Kenneth Thompson. On envisageait dans quelles conditions on pourrait utiliser ces témoignages qui abondaient la procédure. » Thibault de Montbrial dit « ignorer comment la défense de Strauss-Kahn en a entendu parler mais, deux semaines plus tard, un des proches de DSK à Sarcelles, un adjoint au maire PS, a contacté un témoin en lui demandant « combien » [ pour son silence ], ajoutant « j'en parle avec 'mes chefs'. » L'avocat, qui souligne cet étrange choix de mots, vient de porter plainte pour tentative de subornation de témoin auprès du Parquet de Pontoise.
 
 

 


Joie et soulagement socialistes, comme s'il avait été vraiment blanchi, prudence de la majorité. Mais d'autres voix, notamment féministes déplorent cet abandon des poursuites
 
Comme on pouvait s'y attendre joie, vraie et parfois feinte, côté socialiste. A l'exception notable d'Anne Mansouret, mère de Tristane Banon et qui a récemment décrit en termes peu élogieux sa propre « relation » physique avec DSK. Cette élue PS, vice-présidente du Conseil général de l'Eure, se dit scandalisée par cet abandon des poursuites. Étonnamment Jean-François Copé s'est dit « heureux »…Mais d'autres voix déplorent, à l'instar de Marie-George Buffet, cet abandon des poursuites, qu'elle qualifie de « mauvaise nouvelle pour la justice et mauvaise nouvelle aussi pour les femmes. Car à ce jour, la vérité n'est pas dite, ni pour le présumé innocent ni pour la présumée victime. » La députée UMP, Françoise Hostalier, trouvait cet abandon choquant et décrivait DSK comme « un individu indigne de toute représentation démocratique. ». Pour Marine Le Pen, à la tête du FN, s'exprimant sur France Info, « cette décision laissera de toute façon un goût amer, d'abord à ceux qui sont des amoureux de la justice et à ceux qui sont attachés à la défense des droits des femmes.» Cette avocate souligne d'ailleurs que DSK n'a nullement été blanchi par la justice américaine.
 
Des deux côtés de l'Atlantique  les féministes condamnent la décision de Cyrus Vance. Et attendent le procès au civil. Pourtant lors de la conférence de presse donnée par les avocats de Nafitassou Diallo à Paris, très rares ont été les journalistes, venus très nombreux, à s'inquiéter du sort de cette femme dont l'univers « a été totalement bouleversé », rappelait Douglas Wigdor, par une « rencontre sexuelle précipitée » de 7 ou 8 minutes. Dont ses avocats, et, par ricochet, « le présumé innocent », affirment qu'elle aurait été « consentie »….Il est heureux de voir que d'autres ont à cœur de s'en soucier.
 
 
Hélène Keller-Lind 24/8/2011

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