8 décembre 2022

Irak : le choix

Si nous arrêtions les manœuvres parlementaires et que nous regardions vers Bagdad, nous verrions ce que la nouvelle stratégie sécuritaire signifie et combien elle diffère considérablement des efforts du passé. Pour la première fois dans la capitale irakienne, l’objectif des militaires U.S. n’est pas seulement de former des forces locales ou de poursuivre des insurgés, mais d’assurer aussi la sécurité de base, autrement dit de mettre un terme aux massacres sectaires sur une large échelle et au nettoyage ethnique qui a paralysé l’Irak au cours de l’année qui vient de s’écouler.
Limiter cette violence est plus qu’un impératif moral. La stratégie annoncée par Al Qaeda en Irak a été de provoquer une guerre civile sunnite-shiite reconnaissant que c’était la meilleure chance de radicaliser la politique du pays, de faire capoter tout espoir de démocratie au Moyen-Orient et de conduire les Etats-Unis au désespoir et à la retraite. Elle prenait aussi avantage de ce qui a été la plus grande faiblesse américaine en Irak : l’absence d’un nombre suffisant de soldats pour protéger les citoyens irakiens de la violence et du terrorisme.

La nouvelle stratégie commence enfin à faire face à ces problèmes. Là où par le passé il n’y avait pas assez de soldats pour tenir les quartiers nettoyés des extrémistes ou des miliciens, maintenant plus de forces US ou irakiennes sont soit sur place, soit en route. Là où par le passé les forces américaines étaient basées dans les faubourgs de Bagdad, incapables d’assurer la sécurité de la ville, maintenant elles vivent et travaillent côte-à-côte avec leurs collègues irakiens dans des petites bases installées partout dans la capitale.
Au moins quatre de ces nouvelles bases conjointes ont déjà été établies dans des quartiers sunnites de l’ouest de Bagdad – les mêmes quartiers où il y a seulement quelques semaines les jihadistes et les escadrons de la mort sévissaient. Dans les quartiers shiites à l’est de Bagdad, les troupes américaines s’installent et Moqtada al-Sadr et son armée du Mahdi s’en vont.
Naturellement nous ne saurons pas avant quelque temps si cette nouvelle stratégie en Irak va réussir. Même dans les scénarios les plus optimistes, on considère qu’il y aura plus d’attaques et de victimes dans les mois à venir, en particulier si nos ennemis fanatiques essayent de brouiller tout sentiment de progrès.

Mais le fait est que nous sommes aujourd’hui dans une situation différente de celle dans laquelle nous nous trouvions il y a seulement un mois, avec une nouvelle stratégie, un nouveau commandant et plus de troupes sur le terrain.

Nous sommes maintenant dans une situation plus favorable pour assurer une sécurité élémentaire;

– et avec cela, nous sommes en situation plus favorable pour marginaliser les extrémistes et renforcer les modérés;
– dans une situation plus favorable pour développer l’économie, ce qui amoindrira le support populaire aux insurgés et aux milices ;
– et dans une situation plus favorable pour encourager le gouvernement irakien à prendre les dures mesures que tout le monde considère nécessaires pour aller de l’avant..

Malheureusement, pour beaucoup de membres du Congrès opposés à la guerre, rien de ceci ne semble compter. Alors que la bataille de Bagdad commence à peine, ils ont déjà pris leurs décisions en ce qui concerne la cause américaine en Irak et déclaré leurs intentions de mettre fin à la mission avant même que nous ayons eu le temps de voir si notre nouveau plan fonctionne.
Il y a bien sûr une manière directe par laquelle le Congrès pourrait terminer la guerre, en application de ses pouvoirs constitutionnels: c’est de couper les fonds. Toutefois cette option n’est pas proposée. Les critiques de la guerre envisagent au contraire de réduire et de contraindre la stratégie actuelle et les soldats qui l’appliquent par des milliers de conditions et de coupes.

Parmi les idées évoquées, on parle d’interférer avec les renforts demandés en réclamant des normes de “préparation”, et de réviser l’accord du Congrès à la guerre, de sorte que celui-ci puisse assumer lui-même le rôle de commandant en chef et dicte quand, où et contre qui les troupes US pourront se battre.

Je comprends la frustration, la colère et l’épuisement de nombreux Américains vis-à-vis de cette guerre, leur désir de jeter le gant et de dire simplement “Assez”. Et je suis douloureusement conscient de l’énorme prix payé en vies humaines, et des erreurs impardonnables qui ont été faites dans la conduite de la guerre.

Mais nous ne devons pas faire une deuxième erreur terrible maintenant. Beaucoup parmi les pires erreurs en Irak, l’ont été lorsque l’administration Bush a sous-évalué ce qui allait se passer après le renversement de Saddam. Maintenant de nombreux opposants à la guerre font la même erreur en imaginant que nous puissions nous retirer impunément au milieu d’une bataille, plaidant même que notre retraite réduirait le terrorisme et la violence sectaire dans le pays.
En fait, arrêter les opérations de sécurité à mi-chemin, comme pratiquement toutes les propositions du Congrès envisagent de le faire, pourrait avoir des conséquences désastreuses.
Cela mettrait des milliers de soldats américains déjà déployés au cœur de Bagdad dans une situation encore plus dangereuse – forcés qu’ils seraient de choisir entre essayer de tenir leurs positions sans les renforts attendus ou plus probablement de les abandonner sur le champ. Un retrait précipité créerait un vide sécuritaire que les terroristes, les insurgés, les milices et l’Iran se précipiteraient pour remplir- au prix probable d’une spirale de nettoyage ethnique et de massacres à un niveau encore jamais vu en Irak.

J’en appelle à mes collègues du Congrès de prendre du recul et de réfléchir attentivement à ce qui doit être entrepris maintenant. Au lieu de saper l’action du Général Petraeus moins d’un mois après qu’il ait été envoyé en Irak, donnons lui et donnons à ses hommes le temps et le soutien dont ils ont besoin pour réussir.
Le Général Petraeus annonce qu’il sera capable d’évaluer les progrès à la fin de l’été, établissons une trêve dans la guerre politique à Washington jusqu’alors. Etablissons ensemble un plan constructif pour notre sécurité : autorisons une augmentation du nombre de soldats et de marins, couvrons les besoins d’équipement et de protection de nos troupes, surveillons les progrès en Irak par des auditions, des procédures contractuelles de contrôle, et garantissons aux vétérans de la guerre d’Irak le traitement éminent et la reconnaissance auxquels ils ont droit à leur retour au pays.

Nous sommes à un moment critique en Irak- à l’aube d’une bataille décisive, au milieu d’une guerre irrémédiablement liée à un combat encore plus important contre l’idéologie totalitaire de l’islamisme radical. Quelle que soit notre fatigue, quelle que soit notre frustration, quelle que soit notre colère, nous devons penser et nous souvenir que nos forces en Irak portent la cause de l’Amérique- la cause de la liberté- que nous abandonnerons à nos risques et péril.

Article traduit par Fred Rothenberg pour www.nuitdorient.com

The Choice on Iraq


“I appeal to my colleagues in Congress to step back and think carefully about what to do next.”

BY JOSEPH LIEBERMAN, an Independent senator from Connecticut
February 26, 2007 – opinion journal

Two months into the 110th Congress, Washington has never been more bitterly divided over our mission in Iraq. The Senate and House of Representatives are bracing for parliamentary trench warfare–trapped in an escalating dynamic of division and confrontation that will neither resolve the tough challenges we face in Iraq nor strengthen our nation against its terrorist enemies around the world.
What is remarkable about this state of affairs in Washington is just how removed it is from what is actually happening in Iraq. There, the battle of Baghdad is now under way. A new commander, Gen. David Petraeus, has taken command, having been confirmed by the Senate, 81-0, just a few weeks ago. And a new strategy is being put into action, with thousands of additional American soldiers streaming into the Iraqi capital.

Congress thus faces a choice in the weeks and months ahead. Will we allow our actions to be driven by the changing conditions on the ground in Iraq–or by the unchanging political and ideological positions long ago staked out in Washington? What ultimately matters more to us: the real fight over there, or the political fight over here?
If we stopped the legislative maneuvering and looked to Baghdad, we would see what the new security strategy actually entails and how dramatically it differs from previous efforts. For the first time in the Iraqi capital, the focus of the U.S. military is not just training indigenous forces or chasing down insurgents, but ensuring basic security–meaning an end, at last, to the large-scale sectarian slaughter and ethnic cleansing that has paralyzed Iraq for the past year.

Tamping down this violence is more than a moral imperative. Al Qaeda’s stated strategy in Iraq has been to provoke a Sunni-Shiite civil war, precisely because they recognize that it is their best chance to radicalize the country’s politics, derail any hope of democracy in the Middle East, and drive the U.S. to despair and retreat. It also takes advantage of what has been the single greatest American weakness in Iraq: the absence of sufficient troops to protect ordinary Iraqis from violence and terrorism.

The new strategy at last begins to tackle these problems. Where previously there weren’t enough soldiers to hold key neighborhoods after they had been cleared of extremists and militias, now more U.S. and Iraqi forces are either in place or on the way. Where previously American forces were based on the outskirts of Baghdad, unable to help secure the city, now they are living and working side-by-side with their Iraqi counterparts on small bases being set up throughout the capital.

At least four of these new joint bases have already been established in the Sunni neighborhoods in west Baghdad–the same neighborhoods where, just a few weeks ago, jihadists and death squads held sway. In the Shiite neighborhoods of east Baghdad, American troops are also moving in–and Moqtada al-Sadr and his Mahdi army are moving out.
We of course will not know whether this new strategy in Iraq will succeed for some time. Even under the most optimistic of scenarios, there will be more attacks and casualties in the months ahead, especially as our fanatical enemies react and attempt to thwart any perception of progress.

But the fact is that we are in a different place in Iraq today from even just a month ago–with a new strategy, a new commander, and more troops on the ground. We are now in a stronger position to ensure basic security–and with that, we are in a stronger position to marginalize the extremists and strengthen the moderates; a stronger position to foster the economic activity that will drain the insurgency and militias of public support; and a stronger position to press the Iraqi government to make the tough decisions that everyone acknowledges are necessary for progress.
Unfortunately, for many congressional opponents of the war, none of this seems to matter. As the battle of Baghdad just gets underway, they have already made up their minds about America’s cause in Iraq, declaring their intention to put an end to the mission before we have had the time to see whether our new plan will work.

There is of course a direct and straightforward way that Congress could end the war, consistent with its authority under the Constitution: by cutting off funds. Yet this option is not being proposed. Critics of the war instead are planning to constrain and squeeze the current strategy and troops by a thousand cuts and conditions.

Among the specific ideas under consideration are to tangle up the deployment of requested reinforcements by imposing certain “readiness” standards, and to redraft the congressional authorization for the war, apparently in such a way that Congress will assume the role of commander in chief and dictate when, where and against whom U.S. troops can fight.

I understand the frustration, anger and exhaustion so many Americans feel about Iraq, the desire to throw up our hands and simply say, “Enough.” And I am painfully aware of the enormous toll of this war in human life, and of the infuriating mistakes that have been made in the war’s conduct.

But we must not make another terrible mistake now. Many of the worst errors in Iraq arose precisely because the Bush administration best-cased what would happen after Saddam was overthrown. Now many opponents of the war are making the very same best-case mistake–assuming we can pull back in the midst of a critical battle with impunity, even arguing that our retreat will reduce the terrorism and sectarian violence in Iraq.

In fact, halting the current security operation at midpoint, as virtually all of the congressional proposals seek to do, would have devastating consequences. It would put thousands of American troops already deployed in the heart of Baghdad in even greater danger–forced to choose between trying to hold their position without the required reinforcements or, more likely, abandoning them outright. A precipitous pullout would leave a gaping security vacuum in its wake, which terrorists, insurgents, militias and Iran would rush to fill–probably resulting in a spiral of ethnic cleansing and slaughter on a scale as yet unseen in Iraq.
I appeal to my colleagues in Congress to step back and think carefully about what to do next. Instead of undermining Gen. Petraeus before he has been in Iraq for even a month, let us give him and his troops the time and support they need to succeed.

Gen. Petraeus says he will be able to see whether progress is occurring by the end of the summer, so let us declare a truce in the Washington political war over Iraq until then. Let us come together around a constructive legislative agenda for our security: authorizing an increase in the size of the Army and Marines, funding the equipment and protection our troops need, monitoring progress on the ground in Iraq with oversight hearings, investigating contract procedures, and guaranteeing Iraq war veterans the first-class treatment and care they deserve when they come home.
We are at a critical moment in Iraq–at the beginning of a key battle, in the midst of a war that is irretrievably bound up in an even bigger, global struggle against the totalitarian ideology of radical Islamism. However tired, however frustrated, however angry we may feel, we must remember that our forces in Iraq carry America’s cause–the cause of freedom–which we abandon at our peril.


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