1 février 2023

Pourquoi la Kabylie n’a pas bougé

La Dépêche de Kabylie : "La marche d’hier, initiée par la CNCD n’a finalement pas suscité un intérêt particulier chez la population à Tizi Ouzou. C’est le moins que l’on puisse dire en somme.
Tizi a vaqué le plus normalement du monde à ses occupations habituelles comme si de rien n’était. La capitale du Djurdjura n’a pas du tout branché, pour des citoyens interrogés hier, cette marche  était tout simplement pour eux  « un non évènement». Il faut dire que cela était prévisible, même si certains ont voulu donner à ce rendez-vous un volume plus important. Prévisible dans la mesure où les grosses cylindrées du champ politique n’ont pas adhéré au mouvement. Cela dit, l’occasion était hier, pour mesurer, le rapport de force. Il a été donné à certaines formations politiques qui se disent bien ancrées dans la région de découvrir qu’elles n’ont plus cette capacité de mobilisation du côté de Tizi Ouzou.  Les autres partis qui ne se sont pas inscrits dans la démarche, tel le FFS peuvent « s’enorgueillir » et « conclure » qu’ils pèsent toujours, du moins sur la scène locale. Loin de ces calculs purement politiciens, il faut admettre que sur le plan social, Tizi pour ne pas dire toute la Kabylie en a « assez » des troubles et des émeutes. « La région a fini par prendre conscience après plusieurs expériences qui lui ont ravi des centaines de ses braves enfants. La Kabylie veut vivre dans la sérénité, elle qui sort à peine des évènements qui lui ont coûté 126 martyrs et un retard considérable à rattraper en matière de développement. » Fait remarquer un enseignant. S’il y a une leçon à retenir de cette « montagne qui a accouché d’une souris » c’est bien celle-ci : Tizi ne veut plus d’embrasement. A vrai dire, le contraire aura été surprenant pour ne pas dire ridicule, comment un président, Bouteflika en l’occurrence qui a réussit un raz de marée lors des dernières élections présidentielles dans la région et à travers l’ensemble des wilayas du pays, sera vomi aujourd’hui, soit du jour au lendemain. Car après tout, bien qu’on ne le dise pas clairement, les initiateurs de cette marche voulaient « la tête du président », s’inspirant de l’expérience tunisienne et égyptienne. Il ne faut pas être un observateur avisé pour déduire qu’on cherchait le pourrissement à travers cette initiative. C’est clair dans la mesure où la plupart des exigences des organisateurs de la marche ont été satisfaites avant même le jour J. la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ médiatique entre autres, annoncés dernièrement par le président. Tizi Ouzou semble comprendre l’enjeu et n’est pas tombée dans le jeu.
La suite des évènements lui ont donné raison puisque sur la place du 1er Mai qui a regroupé quand même quelques centaines de manifestants, a été le théâtre d’un fait qui en dit long sur les intentions des initiateurs de la marche, du moins certains d’entre eux. Quand on voit Saïd Sadi et Ali Belhadj marcher côte à côte,  c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas  rond.
Une alliance contre nature qui rappelle, en fait, la réunion de  Saint Egidio de 1995. Une réunion qui a été condamnée par ce même saâdi ".

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