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Retour sur la construction d’une « Algérie » islamo-raciste

Le film/documentaire de Jean-Pierre Lledo, Algérie, histoires à ne pas dire paru en 2007 a été interdit dans ce pays et a eu toutes les peines du monde à être diffusé, pratiquement, sauf en DVD, bien qu'il ait eu de bonnes critiques, du moins en France ; on ne le verra cependant guère sur le service public français malgré une demande toute récente (d'où cette recension tardive). Et pour cause : au nom de l'islam, et non pas au nom de la lutte contre le "colonialisme" qui ne fut qu'un paravent, les témoins interrogés et filmés confirment bien qu'ils ont massacré des "non musulmans" (les "gwours" disent-ils) au nom du "djihad", égorgeant femmes et enfants par exemple à Philippeville en 1955 ou posant des bombes à Alger dans des cafés et bars populaires.

La justification ? Selon ces témoins encore en vie, et massacreurs de "non musulmans" comme ils disent dans ce film, il s'avère que pour certains ils avaient reçus "l'ordre" venu de leur dieu en général, du Caire en particulier, de Nasser plus spécifiquement dit un de ces témoins  massacreurs -qui a même cru voir des avions militaires égyptiens venir le "remercier " alors qu'il s'agissait d'avions français les mitraillant en représailles.

Pour d'autres massacreurs  les "colons" ne leur avaient pas construits des "maisons en dur", comme si les descendants de forçats communards envoyés au bagne, d'Alsaciens fuyant l'ordre germanique après 1871, d'Italiens, d'Espagnols, de Maltais, qui venaient poser leur baluchon comme le font les immigrés d'aujourd'hui (certains descendants des massacreurs d'Oran, de Philippeville, d'Alger, des harkis) comme si tous ces gens, ordinaires, "normaux", avaient interdit aux autochtones de construire ce qu'ils voulaient.

D'autres encore, cette femme par exemple qui justifie d'avoir posé des bombes parce qu'il fallait semer la terreur ne remarque même pas qu'elle voulait tuer tout ce qui n'est pas elle, sa culture, ou la définition à l'état quasiment pur du racisme.

Voilà ce qui a été caché depuis des décennies et qui ne peut guère se justifier avec les inepties ordinaires d'une administration française incohérente. Ce n'est pas parce qu'il existait en effet dans certains endroits et milieux de la xénophobie et du racisme qu'il fallait détruire la source même qui a fait que certains, par exemple des Kabyles, ou des autochtones comme Lledo, aient cru que la lutte pour l'indépendance n'était qu'une lutte pour la pluralité démocratique que précisément certains Français de la Métropole refusaient depuis Sétif en 1945, autre coup fourré des islamo-nationalistes qui a permis aux ultras de l'autre bord de bourrer les urnes en 1947 croyant qu'une majorité d'autochtones aurait votée pour les extrémistes islamistes alors que rien n'était moins sûr…

Hélas ! les sartriens, puis les communistes après 1958, enfin aujourd'hui les Benjamin Stora et Cie (comme BHL) voire les Hocine Aït Hamed, fondateur kabyle du FLN et aussi du FFS, ont participé, participent encore, à ce mensonge de la construction d'une Algérie plurielle alors qu'elle s'est forgée sur l'illusion raciste d'éliminer tout non musulman ; ou alors il s'agissait de leur proposer un rang de sous citoyen comme il fut proposé aux juifs de revenir à leur position de dhimmitude exactement là où les avaient trouvé les Français en arrivant en 1830 (alors que les juifs sont là bien avant l'invasion arabo-musulmane du 7ème siècle, voilà le comble de l'histoire).

Il est en fait impossible, après avoir vu le documentaire de Jean-Pierre Lledo, de croire encore à cette fiction mettant en scène de méchants colons venus détruire une "Algérie" surpuissante en 1830 (alors que ce pays, sous la double férule turque et barbaresque, n'existait pas comme " État Nation") tandis que de gentils autochtones ne pensaient à rien d'autre qu'à vivre en paix (alors que les tribus étaient sans cesse en guerre les unes contre les autres, comme aujourd'hui à nouveau).

Qu'il y ait eu durant l'approfondissement de la présence française au fil du temps des exactions souvent liées à des actions militaires, cela ne sort en rien de l'ordinaire de la guerre, hélas, entre humains depuis le néolithique. Cela ne justifie pas de détruire des civils à partir de 1954 sous le seul prétexte qu'ils ne sont pas musulmans comme le justifient certains témoins massacreurs dans le film de Lledo.

Imaginons que des Français autochtones se lèvent en France pour massacrer tous ceux qui ne sont pas nés en France depuis 1830, cela ferait non seulement  beaucoup de monde, mais, surtout cela apparaitrait à juste titre comme un crime contre l'humanité, un crime raciste passible des tribunaux.

Il est temps que le documentaire de Jean-Pierre Lledo devienne une pièce à conviction pour instruire un procès de ce type :  un meurtre organisé de civils non musulmans a été effectué à grande échelle en "Algérie" sous le seul prétexte de leur origine ethnique et religieuse, ou sur le seul fait d'avoir choisi un camp qui n'était pas celui du djihad (par exemple les Harkis).

Il est loisible d'observer in fine que ces meurtriers ont été les instructeurs des meurtriers palestiniens à l'oeuvre depuis les années 70, et qui aujourd'hui envoient des roquettes sur des cibles civiles, tout en se cachant parmi leur propre population civile alors que celle-ci est, au fond, une population de colons, venus d'Arabie, bien moins légitime que ce retour des Hébreux sur leur terre ancestrale.

Comme c'est aussi le cas en Afrique du Nord soit dit en passant, ce qui est le côté cynique et tragique de l'Histoire : des colons arabo-musulmans ont imposé leur religion et leur présence par le cimeterre et des torrents de sang, et vont ensuite reprocher aux nouveaux envahisseurs ce qu'ils ont fait eux-mêmes alors que ces derniers, au fond, à la façon romaine, se sont à la longue adoucis et ont peu à peu ouvert une société qui se serait bonifiée à la longue si les ultras de tous bords n'avaient pas semé la zizanie ; si De Gaulle n'avait pas trahi la confiance des acteurs en décidant de rallier le camp du nationalisme arabe par haine anti-anglo-saxonne.

Il a en fait profité de la guerre de 67 pour cracher son venin anti-israélien (sur "le peuple dominateur") ce qui avait enfin décillé les yeux d'un Raymond Aron pourtant militant de la première heure d'un abandon de l'Algérie à son sort malgré les critiques d'un Jacques Soustelle qui avait vu juste à l'époque, malgré ses errements politiques comme soutenir un coup d'État en France, alors qu'il aurait fallu se contenter de rester en Algérie, de renvoyer le contingent puisque le FLN était vaincu et d'organiser un référendum pour l'indépendance ; la majorité de la population autochtone ne voulait pas du FLN en réalité, et puis celui-ci aurait éclaté enfin entre islamistes nationalistes et progressistes partisans de l'Algérie plurielle ; mais avec l'aide de la passivité gaulliste les nationalistes assassineront les islamistes du MNA et aussi les progressistes (surtout berbères démocrates), montrant là leur anti-patriotisme et leur racisme totalitaire (manipulant des kabyles pour ces basses besognes puis les éliminant comme Krim Belkhacem).

Par la suite les islamistes prirent leur revanche, d'autant plus que les nationalistes à la Boumedienne s'étaient servis de l'islam pour arabiser une population composite.

Résultat : l'Algérie ressemble à cette fable de Fernand Renaud ou ce village qui n'a eu de cesse de critiquer "l'étranger", jusqu'à ce que celui-ci, las, décide de partir, or, il était le boulanger du village… "L'Algérie" a ainsi vidé une partie de son sang entre 1954 et 1962, et elle se trouve toujours sur un lit d'hôpital sous perfusion islamo-nationaliste, sans que cela ne s'arrange pour autant, malgré le métro à Alger, le pétrole coule à flots et les milliards de dollars dans les coffres, pendant ce temps, la population crève à petit feu, en consanguinité absolue désormais (toute seule, toute seule, avec ses kleenex dans ses draps verts blancs et surtout rouges froissés).

Lucien SA Oulahbib 12/7/2014

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