21 septembre 2020

Chloë des Lysses : y a-t-il (en) vie en un certain art contemporain ?

D'où le paradoxe donc, à savoir cette liberté absolue qui, dans un hyper-matérialisme devenu électronique d'un plaisir sans désir autre que sa saturation ultime s'enivre de plus en plus à obtenir l'entêtement de son contraire ; ce qui n'est pas sans rappeler, sans doute comme négatif inversé, le désir de mort des tueurs actuels de l'ombre dont le désir de Dieu va juqu'à laisser croire qu'il parle en eux : jusqu'à la pointe disent-ils de leur (l)ame ; à ce point ultime où leur graphe (s')éventre, et, de cette béance, s'amenuise, et laisse entrevoir l'innommable, celui de l'in-humain ; tel le graphe d' une hyper-porno-graphie qui ne rend pas seulement asbtrait le sexe, mais aussi la vie puisque celle-ci n'est plus qu'un trou noir sans fond.

Or, cette trajectoire même, celle, ainsi, qui vient du vertige du n'importe quoi par défaut de sens, hormis celui de l'ultime, la mort, et va vers une supposée divinité vengeresse censée l'incarner, cette trajectoire erratique d'un coq sans tête, telle la France donc, se défait désormais de toute exigence de représentation, de sublime, tout en exigeant que la mort de ceux-ci soit également protégée au même titre qu'une liberté fondamentale.

Aussi, non seulement l'anti-art devient le seul art possible, mais l'exigence de destruction et de non sens devient le seul sens des girouettes : en conséquence la destruction des Bouddha par les étudiants islamiques dit "talibans" fut, dans ce paradigme, une réelle oeuvre d'art, réalisée en ce temps réel du happening grandeur nature qu'est l'Histoire, dans le temps sourd du vol lourd des corbeaux sur la plaine, en ses gouttes vespérales qui s'auréolèrent en féerie le 11 septembre 2001 au dire de Stockhausen qui, fasciné, intitula la destruction des Twin's comme l'oeuvre ultime, Baudrillard ne fit que bégayer ce dire que dérida également Derrida.

Quel rapport avec le portrait promis ? Ceci : ceux qui justifient l'innommable, au nom du non art, bref, le nihilisme intégral de je ne sais quelle perversion du système démocratique, deviennent, eux-mêmes, pires que ce qu'ils d'-énoncent, ou comment la dénonciation du libéralisme masque l'ultralibéralisme des moeurs et le dégoût qu'il en résulte (d'où leur soutien "objectif" à leurs pires ennemis ou la servitude volontaire et suicidaire) : autrement dit, lorsqu'ils montrent du doigt le vertige du capitalisme jusqu'à leur mettre en images dans les plus secrêtes libérations des tréfonds, c'est eux-mêmes qu'ils pointent dans ce miroir, ou, plutôt, ce portrait, celui de Dorian Gray ; or, ils tendent la lame vers des bourreaux choisis par eux, de supposés victimes qu'ils veulent vainqueurs afin d'expier, dans une ultime jouissance, par ce qu'ils dénoncent pourtant.

Opaque ? Pas tant que cela si l'on voit où nous en sommes : les nihilistes absolus, tout en exprimant une vérité, celle de la solitude de l'existant dans son existé lorsqu'il oublie le lien qui l'élit vers le royaume du déjà là, sont ces zombis du non sens qui s'allient désormais aux totalitaires d'aujourd'hui afin de tuer le coeur de l'art qui les fait pourtant se mouvoir et s'émouvoir.

Mais, leur voir, à force, est devenu mou, même s'ils détiennent nombre de places dans les FIAC jusqu'au Palais de Tokyo et certains (vieux) médias aux ordres, ce qui ouvre la voie au renouveau, malgré le danger qui guette dans ce chaos aux couteaux sans lames qui n'ont pas de manches, du moins, c'est ce que l'illusion qu'ils propagent pour effacer leurs traces veut faire croire parce que à un certain niveau de réalité les manches récupèrent leurs lames et elles s'enfoncent là où se meut le désir de les voir ainsi meurtrir via une meurtrière, cette faille en chacun de nous. Qu'il s'agit de conjurer envers et contre tout, sans eux : voilà la bonne nouvelle : nous n'avons pas besoin de l'anti-art mais de sa critique.

LSAO

*

Chloë des Lysses : y a-t-il une vie après le Porn Art ?

Pas toujours facile la vie, surtout pour une femme divorcée, fragilisée et aux revenus très limités. Et plus difficile encore lorsqu'on a pour pseudo Chloë des Lysses et, qu'à ce titre on a acquis une notoriété dans le Porn Art.

Car l'image que certains se font d'elle, fondée uniquement sur des photos sur papier glacé prises par son ex-mari, est partielle, donc partiale. Celle-ci, en effet, ne prend nullement compte du fait qu'il ne s'agit-là que de l'une des facettes d'une personnalité très riche. Ce qui joue trop souvent en sa défaveur. Sans qu'il y ait à cela la moindre raison rationnelle.
En effet, comme le dit Nathalie, pseudo Chloë, « le sexe est un mystère, » et trop nombreux sont ceux qui tendent à la condamner de manière péremptoire et sans savoir, car « on n'est plus dans les années 70, » caractérisées par une bien plus grande ouverture d'esprit dans ce domaine.
Tourner la page, passer à autre chose n'est donc guère chose aisée dans ces conditions.

Chloë aujourd'hui

Assise sur des coussins, cette grande jeune femme brune en jeans et blouse sombre de peintre raconte l'embroglio juridico-financier et, partant, personnel, dans lequel elle se débat depuis le 29 juin 2001, jour de son anniversaire mais aussi date à laquelle elle a « fuit son mari, » dit-elle.

Elle ouvre classeur après classeur, soucieuse de prouver sans l'ombre d'un doute qu'elle dit vrai. Car elle a subi tant d'attaques verbales ou écrites, fait l'objet de tant de propos diffamatoires et insultants, ou de rumeurs, qu'elle veut désormais tout étayer, tout prouver.

Elle dépose autour d'elle déclarations d'impôts, lettres au ministère des Finances, courriers, jugements qui l'ont condamnée ou déboutée jusqu'ici, témoignages en sa faveur ou témoignages à charge, en apparence légers, mais qui ont été lourds de conséquences.

Ainsi l'étiquette de « femme adultère » dont elle a été qualifiée dans un divorce prononcé en octobre 2003 « aux torts réciproques, » la violence de son ex-mari ayant été prise en compte, lui colle à la peau. Etiquette qui la gêne d'autant plus qu'elle la récuse totalement, faisant état des « onze mois de célibat » qui ont suivi une rupture devenue inévitable d'avec son époux, son mariage ayant sombré dans un climat qu'elle décrit comme délétère.

Entourée de dossiers elle raconte son parcours, le regard parfois embué de larmes : car Nathalie, pseudo Chloë, à la vie artistico-érotique, littéraire, journalistique ou de spécialiste qualifiée d'Internet, est une femme blessée, oubliée par certains, alors qu'elle a été encensée ou raillée des années durant dans nombre de média, allant, raconte-t-elle, du Figaro au Nouvel Observateur, en passant par Photo, Penthouse USA ou Australie, Libération ou des émissions télévisées comme Campus.

Une « gloire » médiatique, qu'elle a vécue pendant les années où elle était décrite comme « l'égérie du Porn Art, » « muse» d'un photographe à la mode, de 13 ans son aîné, rencontré alors qu'elle avait 21 ans et qui l'a épousée deux ans plus tard.
Ces photos en noir et blanc, prises par son mari et mises en scène par lui, publiées sur papier glacé, sont érotiques et, au fil du temps, prennent un caractère plus hard. On l'y voit le plus souvent hiératique, détachée, presque.

Chloë l'artiste


Parmi ses classeurs il y a le book de la photographe à part entière qu'elle est devenue au fil du temps. Photographies intenses « de cas souvent ingérables, » dit-elle, publiées, par exemple, dans Art Press, revue incontournable de référence en matière d'art contemporain, co-fondée par Catherine Millet qui en est la rédactrice-en-chef.

Une revue qui a la réputation d'être « l'un des rares journaux à faire la pluie et le beau temps du marché de l'art français » http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_Press et « fait souvent appel à elle pour des photos de chanteurs ou de groupes rock, » note Richard Leydier qui y est journaliste. Il a, par exemple, « choisi l'une de ses photos d'une chanteuse, Peaches, en septembre dernier pour le numéro d'Art Press sur Berlin. » Ou celles qu'elle a prises d'autres personnalités appartenant au monde de la musique, comme Bertrand Bergalat.

Richard Leydier l'a interviewée, notamment, dans un Hors Série de mai 2004. Et elle a participé à une exposition de femmes artistes, Girls, girls, girls, organisée par ce journaliste avec un de ses amis, Stéphane Pencréac'h. Exposition très bien accueillie à Neuchâtel.
Un autre magazine, Rock&folk , publie aussi ses photos de groupes rock ou d'artistes comme Charlotte Gainsbourg, Pete Doherty, Jack White, Patti Smith, Joey Starr, Christophe, entre autres. http://www.beautyenlightner.com/rockgallery2.htm

Et, autour d'elle, dans une pièce sobre, monacale, presque, il y a parmi les livres ceux d'une collection qu'elle a dirigée pour Scali, ainsi que les toiles qu'elle peint, sombres, frappantes. L'une d'elles, révélatrice, met en scène Léa, point de lumière qui, cette fois, en a marre de son cygne qu'elle tient fermement par le cou, tandis qu'en arrière-plan un diable gravit furtivement les marches d'un escalier obscur….

Une autre représente la déesse Isis qui cherche le dernier morceau d'Osiris, dans le cadre d'une série qu'elle consacre aux femmes.

Ce goût pour l'art elle l'a toujours eu et dans son enfance dans le sud de la France où elle est née en 1972, elle a étudié le piano avec la rigueur et le talent nécessaires pour obtenir un premier prix. Et puis, dit-elle, « dans ma famille les femmes ont toujours peint. » Et, ce n'est sans doute pas par hasard que son ex-mari vient d'une famille de peintres et que le père de celui-ci est particulièrement reconnu comme peintre et graveur.

Chez ses beaux-parents elle a côtoyé le souvenir de bien des artistes et a dû s'y sentir en terrain familier. Elle peut d'ailleurs parler des heures durant de peinture et de peintres. En faisant une analyse à la fois fine et innovante.

D'ailleurs, que l'on aime ou pas le genre, il y a une indéniable composante artistique dans les photos qu'a prises d'elle son ex-mari. Due, certes, à ses talents de photographe à lui, mais aussi à l'instinct artistique de Nathalie/ Chloë. Car s'il était connu dans des cercles plus restreints, semble-t-il, lorsqu'il faisait poser d'autres jeunes femmes avant elle, sa renommée a connu un énorme essor lorsque cette artiste à part entière, est devenue son modèle, son « égérie » et son épouse.

Chloë journaliste, auteur et chef de projets multimédia


Dans ses classeurs il y a aussi des articles écrits pour divers journaux et revues. C'est ainsi qu'elle a été chef de la rubrique CD Rom pour PC Achat et a décidé alors de « retourner à l'école et de suivre des cours de l'Ecole de multimédia de Paris » en 1998.
C'est à cette époque qu'elle « commence à communiquer sa passion pour l’écologie et la place de l’humain sur la planète.» Un texte qu’elle publie dans les Inrockuptibles sert de base de réflexion, raconte-t-elle, « lors des cours donnés par un psychiatre de l’Institut Montsouris, le professeur Corcos qui cite Chloe des Lysses au même titre que Freud, Nietzsche ou Simone de Beauvoir. »

Elle en conclut que « en somme, sa réflexion émeut autant que ses prestations avec son époux photographe. » Une démarche significative pour celle qui n'avait été jusque là qu'une « égérie, » aussi brillante soit-elle.

En revanche, elle déplore que « le philosophe Giorgio Agamben l’attaque assez injustement et elle seule dans Profanation publié en 2005 à propos des photographies Porn Art, » ajoutant que « bouleversé, sans doute, le philosophe en oublie de citer l’auteur des images. » Mais elle ajoute que « heureusement, Mehdi Belaj Kassem veille…. »

Et à l'issue des ses cours en multimédia elle est devenue conceptrice d'applications de multimédia. Nous sommes en 1998. Elle utilise alors ses connaissances en la matière en concevant des sites Internet. Notamment celui d'entreprises prestigieuses.
Par ailleurs, elle écrit alors, entre autres, pour SciencesetAvenir.net magazine online, et obtient sa carte de journaliste en 1999.

Sa volonté de mener une vie en dehors du monde de la photo érotique n'est pas toujours facile à réaliser car lorsque employeurs ou collègues se rendent compte de ce passé d'icône du Porn Art, les conséquences sont souvent néfastes.

C'est ainsi qu'elle a perdu « deux emplois au moins », ses patrons ayant eu peur que sa réputation sulfureuse ne leur fasse perdre une clientèle bien-pensante. Ce qui s'est produit, dit-elle « après un article paru dans Libération , signé Eric Dahan, » et dans lequel « elle était seule en butte aux railleries, le photographe ayant été encore une fois oublié. »
Et elle fait état de « moqueries, et parfois menaces, coups de téléphone anonymes, promesses de « viol collectif » notamment, qui rendent son quotidien assez infernal. »

Pour se faire une idée des sommes générées par les photos pour lesquelles elle a posé il suffit de savoir qu'en mai 1994, lors d'un exposition de photos d'elle à la galerie 'Les Larmes d'Eros,' les tirages se vendent entre 2.000 et 6.000 francs. » Elle n'est pas encore mariée et le sera en 1995.

Et elle se rend progressivement compte qu'elle « est prise au piège car de toutes ces photos, de toutes ces expositions à l'étranger, elle n'en voit pas les retombées. D. (son mari) ne lui donne aucun pourcentage sur la vente des tirages. »

En 2000 elle déclare quelque 88.669 francs au titre de ses gains en salaires et assimilés dans les domaines d'Internet et du journalisme. Alors que cette même année les revenus déclarés par celui qui était son mari étaient, note-t-elle, de 767.830 francs.

Elle précise qu'à cette époque elle « ne touche aucun droit sur les livres Porn Art et Porn Art 2, malgré les contrats qui la lient à l’éditeur, dûment signés en 96 et 98 ».
Depuis, ses revenus ont été tels qu'elle n'a été que très peu imposée, voire pas imposée du tout ces dernières années. Car la vie de pigiste est rarement facile, photos ou articles n'étant pas publiés régulièrement et ne rapportant jamais beaucoup. Sauf si l'on est journaliste ou photographe vedette.

Aujourd'hui Chloë continue à écrire, prendre des photos, peindre, surfer sur le Web, de chez des amis car elle ne peut se permettre d'avoir Internet chez elle. Et est actuellement à la recherche d'un travail stable dans le domaine de l'informatique, de la photo ou de l'écriture qui lui permettrait de sortir de la précarité où elle se trouve.

Icône du Porn Art…


« Je n'ai rien fait d'illégal, je n'ai fait de mal à personne, je ne suis qu'amour, amour sexuel, certes, mais amour, » s'exclame Nathalie / Chloë. Qui n'en peut plus qu'on lui jette à la tête ce passé « d'égérie du Porn Art. » Car c'est trop souvent sous forme de reproche qu'on le lui rappelle, encore et encore. Même si des témoignages de soutien, elle en reçoit aussi. Mais cela ne peut effacer la blessure des autres.

Ce choix des mots « amour, amour sexuel, certes, mais amour » est d'ailleurs révélateur de l'idée faussée qu'elle a été amenée à se faire d'elle-même, semble-t-il. Car, lorsque l'on parle à la femme qu'elle est réellement, avant d'être une « icône du Porn Art, » on s'aperçoit que sa fraîcheur est restée intacte et que c'est bien d'amour réel qu'elle parle lorsqu'elle évoque les débuts de sa vie avec cet ex-mari, ou Gérard J. avec qui elle a connu ensuite « le bonheur, » avant de le découvrir mort, un jour, en entrant dans son appartement.
Amour encore, mais maternel cette fois, lorsqu'elle évoque les enfants qu'elle a pu connaître.

Son passé, pourtant, elle dit « je l'assume, mais je ne veux pas être jugée pour cela. » Comment le lui reprocher, en effet, car des photos érotiques, des quantités en ont été ou sont publiées de la manière la plus légale qui soit. Et on comprend mal en quoi l'on pourrait les juger ou les condamner. De plus, beaucoup n'ont pas cette qualité esthétique que l'on trouve dans celles où elle est mise en scène.
Et, cette passionnée de peinture ajoute que « beaucoup de peintres ont peint des œuvres érotiques… voire pornographiques. L’origine du monde pour faire cliché. Le Déjeuner sur l’Herbe. Cranach, mon préféré, Rodin le sculpteur s’est essayé au genre. Plus récemment Koons, artiste des plus cotés… Donc… »

On peut se demander, pourtant, si certaines poses, mises en scène par son mari le plus légalement du monde, elle les a vraiment prises avec légèreté …A cette question elle répond que « à la réflexion, il aurait mieux valu que ce type de photo il les prenne en se mettant en scène lui-même avec moi. On aurait alors passé pour des amants diaboliques, mais ce se serait arrêté là. »

D'ailleurs, elle raconte aussi que lorsqu'elle veut s'éloigner de ce rôle de modèle qui lui pèse dans les dernières années de leur vie commune celui-ci « exige de son épouse qu’elle continue de poser, et de manière de plus en plus obscène. » Prise dans une sorte d'engrenage, il lui est d'autant plus difficile de refuser car elle raconte que désormais dans le couple l'heure est à la violence, surtout verbale mais physique aussi, de la part de son époux. Elle a d'ailleurs fourni des témoignages de cette violence lors de son divorce.
Et, c'est ainsi que c'est en vain qu'elle protestera, par exemple, contre des affiches particulièrement « obscènes » qui seront placardées dans une ville d'Allemagne pour annoncer une exposition de son ex-mari. Elle s'y retrouvera donc exposée contre sa volonté.

Elle raconte son malaise croissant, se dit choquée à l'époque de propos tenus sur elle par celui qui était son mari, « dans la presse, le Nouvel Observateur, par exemple. » Elle dit « en avoir eu assez de poser pour son époux et avoir souhaité s’éloigner de cette ambiance. Ou s'être lassée des planches contact dans la cuisine, des tirages dans la baignoire, des images, quel piqué !, sexuelles et anales qui traînent. De plus, elle aurait aimé un peu plus de douceur et de vie réelle. Moins de pervers autour d’elle. » Et elle précise que ces images étaient d'elle « et d'autres modèles. »

Un témoin, J-C, (dont le nom ne peut être donné compte tenu d'une actualité juridique) affirme, en parlant de modèles précédents du photographe, : « le comportement de D. à l'égard de ses compagnes n'a fait que s'exacerber….il exigeait d'elles des pratiques toujours plus osées… » Et il parle du « mépris profond » de celui-ci « pour elles. »
A propos de Chloë, il dit : « J'ai toujours pensé que malgré la qualité esthétique des photos, les albums que D. a réalisés avec Chloë, n'étaient pas très corrects sur le plan humain et moral. Sans doute a-t-elle accepté ces poses par amour pour D. Mais je craignais, et cela s'est révélé juste par la suite, qu'elle n'en vienne à le regretter. »

Images érotiques et leurs résonances


On ne peut que s'interroger, en effet. Ces photos qui la mettent en scène avec d'autres hommes, par exemple, bien que prises par celui qui était alors son mari, n'ont-t-elles pas pu jouer en sa défaveur parfois ? Et plus encore, sans doute, que l'étiquette de femme adultère…D'autant qu'elles ont continué à être diffusées longtemps après son divorce et sans qu'elle ne soit consultée ni même prévenue.
Car il est indéniable que ce type de photo, aussi esthétique soit-il, renvoie ceux qui les regardent à eux-mêmes et à ce que Nathalie / Chloë appelle « le mystère du sexe. » Et beaucoup les trouveront dérangeantes, voire choquantes et les rejetteront. Ou, plus exactement, rejetteront le plus souvent la femme, ici modèle, plutôt que le mari, ici photographe, caché de fait derrière son appareil photo. Elle est donc exposée seule et est souvent condamnée de mille et unes manières…

Dans les réactions il y a aussi parfois une composante de jalousie, même inavouée, de cette jeune femme dont l'image est si parfaite et qui semble jouir d'une liberté si sereine.
A cette observation, Chloë s'exclame « et moi, je ne les envie pas ces personnes qui ont construit une famille, ces femmes qui ont des enfants, chair de leur chair, alors que je n'en ai pas et que je ne peux en adopter. Personnes qui ne se demandent pas si je n'aimerais pas avoir la même image qu'elles ? »
Elle ajoute : « On voudrait que je m'excuse, que je dise que je regrette…mais je ne veux pas, j'assume. » On ne peut que saluer son courage. D'ailleurs au nom de quoi renoncerait-elle à ce qui a été un bon quart de sa vie ? D'autant qu'un quelconque « renoncement, » totalement injustifié, ne pourrait qu'être terriblement destructeur, pour elle qui est si fragile.

Quant aux hommes, elle parle « d'attraction, répulsion » parfois. Car certains, que les photos émoustillent, lui en voudront d'avoir cet effet sur eux. Trouble inavoué qui les amèneront à la condamner, faute de se remettre en question eux-mêmes.

Les affres de Chloë aujourd'hui


Si ses photos de photographe accomplie « de personnalités du monde de la musique ou ses recherches plus personnelles» sont publiées ici et là, y compris par des titres prestigieux, si elle a également eu sa carte de presse et écrit des articles loin d'être uniquement érotiques pour des media divers, aujourd'hui Chloë galère. Vraiment. Elle attend actuellement des réponses des services sociaux auxquels elle s'est adressée en désespoir de cause. Et les dizaines de son CV de Webmaster envoyées sont restés sans réponse à ce jour.

Par ailleurs, Chloë a dû beaucoup dépenser pour le divorce et les procès concernant son ex-mari dans lesquels elle a été engluée depuis des années. Et comment se concentrer sur un métier de photographe, de journaliste pigiste ou chef de projet internet, lorsque l'on court les tribunaux, les avocats, les services fiscaux pour tenter de co-gérer ses divers combats, surtout quand on n'a aucune formation en la matière.

D'ailleurs son Leica cassé est en cours de réparation et elle espère « obtenir un reflex à titre gracieux. »

Elle vit aujourd'hui de l'aide d'amis. Ce qui la gêne de toute évidence et, honnête et respectueuse des autres, elle tient à leur signer des reconnaissances de dettes. Mais cette aide qu'elle rechigne à demander, ne peut être sans fin. A ce propos, elle mentionne tout particulièrement « un ami, que je surnomme le Pharaon, qui m'a été d'une aide précieuse. Ce qu'il a fait pour moi, ma propre mère ne l'a pas fait. Cet ami est un coeur pur. »

Et ce qui inquiète c'est qu'elle parle de mort. Elle raconte que, acculée par les procès, dont « un divorce sale et violent »les histoires d'argent, les difficultés subies pendant son histoire d'amour avec G., peu avant la mort brutale de cet homme qu'elle a beaucoup aimé et qu'elle a retrouvé mort, déstabilisée par la mort d'une tante qui lui était chère et de son père, soit « trois morts en trois ans, » elle s'est « suicidée. » Elle ne parle pas de tentative de suicide, mais de suicide.

De plus, dans la foulée de cette tentative, sa mère l'a fait interner à Sainte Anne. Souci de protection, sans doute, mais était-ce bien là le seul recours ?

Quoi qu'il en soit cela a été un nouveau traumatisme, même si les psychiatres de cet hôpital ont vu en elle une femme fragile et non pas la malade mentale pour laquelle certains voudraient la faire passer.

Lorsqu'elle évoque sa tentative de suicide, il ne semble y avoir là aucun chantage car elle s'est livrée, en effet, dans un entretien fleuve, sans fard, exposant ses blessures avec dignité et retenue.
Tout au plus a-t-elle hésité, au départ, à montrer des photos plus hard, par délicatesse, par souci, semble-t-il, de ne pas choquer mais aussi de ne pas pas être jugée, rejetée et de voir que son interlocutrice, elle non plus, ne « l'aime pas… »

Les procès


Maître Bruno Illouz, qui a été son avocat, l'apprécie et a avec elle des contacts « en bonne intelligence. » Ceci bien qu'elle ait décidé de changer d'avocat. « Chaque client ayant la liberté de choisir et l'on n'est plus à l'époque où l'on révérait les professions libérales » dit-il.
Il explique qu'il « ne peut rien dire des dossiers juridiques, » mais parle volontiers de Chloë en tant que personne «sympathique, attachante, agaçante aussi parfois, comme tout le monde. »

Il raconte « qu'elle a connu des difficultés qu'il a essayé de gérer sur le plan professionnel, » évoque sa période avec G. « homme charmant, parti trop tôt et avec qui elle vivait le parfait amour. » Si ce n'est qu'il leur a fallu subir « des pressions des ex, ce qui ne permet parfois pas d'avoir des relations harmonieuses. »

Un divorce, deux procès et le fisc


Il y a eu son divorce, prononcé « aux torts réciproques.» Ce qui l'a blessée car on l'a taxée d'adultère, alors que, dit-elle, « même je me suis considérée libre dès la répudiation… je n‘ai pas pu envisager une histoire dans les 11 mois qui ont suivi. » De plus, elle se dit « romantique, mettant au défi quiconque de lui trouver plus de cinq fiancés depuis lors, » l'homme qu'elle a aimé presque un an après sa séparation ayant disparu brutalement.
Quant aux torts reprochés à son mari, il s'agit, explique-t-elle de « violences » et « des témoins font état de ces violences physiques de son époux envers elle. » Lorsqu'elle évoque cet aspect de son mariage elle suit d'ailleurs du doigt une cicatrice sur son visage, expliquant que « lors d'une crise, son mari l'a mordue. »

Il y a eu un procès qui lui a été fait en diffamation par son ex-mari. Pour un texte « dans l'esprit du Canard Enchaîné dont elle est une lectrice assidue » publié sur Internet où elle disait son désespoir « d'avoir été flouée comme les autres modèles et fiancées » explique-t-elle. A la différence des autres personnes évoquées son ex-époux l'assigne pour diffamation.
Ce n'aurait pas été, semble-t-il, la première fois en effet, qu'il y ait eu une telle utilisation de photos des modèles de son mari, à en croire le témoignage de J.C. à propos d'égéries précédentes : « il publiait les photos sans jamais les rémunérer, bien que les photos paraissent dans des magazines de charme très connus… »
Nathalie / Chloë fait d'ailleurs état de condamnations de son ex-mari à payer d'anciens modèles qui ont fini, elles aussi, en désespoir de cause, par s'adresser à la justice. Celles-ci ont gagné car, explique-t-elle, elles ont été protégées grâce au fait qu'il n'était pas marié avec elles, le principe qui veut qu' « il n'y a pas de vol entre époux, » ne leur étant pas applicable.

Dans un cas, dit-elle, « il y a eu négociation pour éviter un procès, ce modèle étant mineure à l'époque. »
Schéma de non paiement du modèle qui se serait donc répété avec Nathalie / Chloë, semble-t-il. En effet, elle décrit ainsi leur rencontre et leur vie commune « lorsque j'ai rencontré mon époux en 1993…., j'avais 21 ans, je ne possédais rien. Lui 35 ans, un petit appartement Place de Clichy et des découverts permanents, même pas la sécurité sociale. Je l’ai aidé, j’ai été son égérie plus pour son plaisir plus que mes intérêts, je l’ai soigné, j’ai porté son matériel quand il avait mal à la colonne vertébrale, j’ai honoré ma promesse de mariage.

Quand il m’a répudiée en 2001, il disposait de deux appartements, une voiture, deux ordinateurs, cinq Leica et plusieurs centaines de milliers de clichés me représentant. Puisque dans ses interviews, il fait état de 200 000 clichés pris en deux ans. Nous avons passé huit années ensemble ! Moi ? Rien. La loi dit qu’il 'n’y a pas de vol entre époux’… »
Elle précise aussi que son ex-mari « fait état dans Penthouse France de 30 000 clichés réalisés pour faire un seul livre Porn Art. »

Troisième procès pour lequel elle a décidé de faire appel. Un appel pour lequel elle se débat actuellement. Il touche, justement, au droit à la diffusion de son image. Un peu plus âgée et sans doute moins insouciante qu'aux débuts de son mariage, elle avait, en effet, pris la précaution de demander à être partie prenante d'un contrat signé avec des éditeurs par son ex-mari pour des livres dans lesquels elle figurait. Pourtant, explique-t- elle, avant son divorce l'argent était versé à son seul époux. Ajoutant que « l'éditeur le reconnaît dans une lettre » qu'elle a déposée chez son Conseil.

En première instance elle a été condamnée à payer les avocats des éditeurs mais rien n'a été décidé sur le fond, à savoir son droit à l'image, note-t-elle.

Il y a aussi le fisc, qui, dit-elle, lui « a réclamé des sommes de plus en plus importantes, au titre des impôts » dûs par le couple d'alors et « d'une plus-value encaissée et payée par sa mère. »
On lui a répondu, dans un premier temps, « que les époux sont solidaires en matière financière. »

Elle a adressé, par l'intermédiaire d'un avocat, explications et demande de remise gracieuse au fisc, envoyé moult lettres au ministre Thierry Breton. Elle n'accepte pas la réponse négative qui lui a été faite. Quant au médiateur consulté, lui aussi, il semble s'être retiré de l'affaire.
On comprend aisément que cette épée de Damoclès de plus sur sa tête ne peut que l'angoisser plus avant.

 

 

2007

15 réflexions sur « Chloë des Lysses : y a-t-il (en) vie en un certain art contemporain ? »

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