2 février 2023

Le Piège

(Par Albert Capino) : À part les palestinolâtres inconditionnels, l’opinion n’est aujourd’hui plus aussi naïve. Elle réalise qu’Israël est aux avant-postes de ce que risquent de devenir les villes européennes à proximité des banlieues chaudes si les gouvernements laissent perdurer une politique encourageant la violence par incapacité à appeler les choses par leur nom. Combattre l’islamisation radicale et ceux qui instrumentalisent l’Islam n’est pas une guerre de religion : c’est une guerre contre tous ceux qui s’abritent derrière la bannière verte de l’Islam pour racketter, voler, violer, dealer et exploiter toutes les faiblesses de notre système démocratique pour leur seul profit personnel, en usant d’intimidation et de violences !

« On n’y va pas : la dernière fois, ils nous attendaient à dix contre un avec des barres de fer »

Ainsi parlait un officier de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) chargé d’un secteur chaud dans le 93 (Seine St Denis).

« Ils ne respectent plus rien », renchérissait un policier, « ni l’uniforme, ni les sommations. On craint la bavure, un collègue a même failli se faire prendre son arme de service ».

Cela se passait à Saint Denis, il y a une dizaine d’années.

Depuis, des territoires entiers sont perdus pour la République. Les trafics en tout genre sont en augmentation : drogue, armes… Ces dernières sont devenues plus dangereuses, leurs utilisateurs ayant délaissé les barres de fer pour l’arme de guerre automatique.

De fait, la police ne pénètre plus dans certaines zones, devenues de non-droit.

Les Israéliens, eux, y sont allés. Après avoir prévenu qu’ils ne laisseraient pas passer des navires vers une destination en état de guerre ouverte contre l’Etat hébreu. Après avoir fait les sommations d’usage et qu’il leur ait été répondu « Négatif, nous poursuivons vers notre destination qui est Gaza ».

Bien qu’il leur ait été proposé une alternative leur permettant de faire parvenir de l’aide humanitaire supplémentaire après l’avoir déchargée à Ashdod pour contrôle, les organisateurs de la vaste opération de propagande visant à faire gagner Gaza à des militants ont rejeté toute alternative au passage en force.

Pour autant, fallait-il envoyer les commandos ? Les lâcher un à un en rappel depuis un hélicoptère, équipés de flashballs (sorte de gros pistolet à bouchon envoyant une balle en mousse sous haute pression pour disperser les émeutes) ?

Pour répondre à cette question, il faut analyser quelles étaient les alternatives à ce triple lynchage :
1. lynchage sur place, où les « militants pacifistes » cueillaient les membres du commando d’intervention dès qu’ils posaient le pied sur le pont, pour les rouer de coups à l’aide de barres de fer, les délester de leur gilet de protection et tenter de s’emparer de leur arme de poing
2. lynchage médiatique dans lequel – mais c’est devenu une habitude – Israël est qualifié d’agresseur
3. lynchage diplomatique où l’on s’apprête à demander des mesures punitives pour « crimes de guerre ».

Les organisateurs ont tendu un piège au gouvernement israélien. Dans tous les cas de figure, l’objectif était de forcer le barrage établi par la marine. En cas de succès, l’opération était sûre de bénéficier de commentaires élogieux dans les médias prévenus de longue date ; en cas d’échec, le blâme retomberait sur les Israéliens.

Les organisateurs Turcs – proches des mouvements radicaux islamistes – en étaient parfaitement conscients et ont pris ce risque en toute connaissance de cause. Tous les ingrédients étaient prêts à cet effet : flottille qualifiée de « pacifique » à bord de laquelle se côtoyaient civils, ONG, et militants, tous réputés « désarmés ».

Or, lors de l’interception par la marine israélienne, bien décidée à protéger la souveraineté du territoire, à ne pas laisser s’installer de précédent et de zone de non-droit, les « paisibles passagers » se retranchent derrière des « militants » qui sortent des couteaux, haches, chaînes et barres de fer. Les soldats sont immédiatement pris à partie et la foule tente de se saisir de leur arme individuelle.

S’en suit une confusion tragique, à l’issue de laquelle on déplore des morts, des blessés, dont des membres du commando d’interception réchappés de justesse à un véritable lynchage, qui n’est pas sans rappeler celui de Ramallah il y a dix ans, lors duquel deux Israéliens avaient été littéralement déchiquetés par la foule.

Fallait-il laisser passer les navires en provenance de Turquie ? Ne pas vérifier leur chargement ? Prendre le risque de voir de nouvelles armes alimenter les stocks du Hamas ?

Il est indubitable que si on laissait se créer un précédent, les prochains navires à destination de Gaza seraient iraniens et bourrés d’armes lourdes et de missiles pour le Hamas. Il est clair que les médias, qui ont fait monter la sauce, tout comme les politiques qui exigent « la levée totale du blocus » ont relégué ces risques au second plan, tentant de manipuler l’opinion sous l’effet d’une intense émotion.

Mais à part les palestinolâtres inconditionnels, l’opinion n’est aujourd’hui plus aussi naïve. Elle réalise qu’Israël est aux avant-postes de ce que risquent de devenir les villes européennes à proximité des banlieues chaudes si les gouvernements laissent perdurer une politique encourageant la violence par incapacité à appeler les choses par leur nom. Combattre l’islamisation radicale et ceux qui instrumentalisent l’Islam n’est pas une guerre de religion : c’est une guerre contre tous ceux qui s’abritent derrière la bannière verte de l’Islam pour racketter, voler, violer, dealer et exploiter toutes les faiblesses de notre système démocratique pour leur seul profit personnel, en usant d’intimidation et de violences !

Hier, les organisations radicales islamistes, suppôts de l’Iran, ont voulu tester la réactivité d’Israël à leur provocation. Peu importait le résultat car ils engrangent déjà de multiples bénéfices :
1. la martyrisation des victimes, à l’image de ce que fait le Hamas lors des funérailles de ceux qu’il envoie à la mort
2. la mise en difficulté d’Israël, empêtré dans ses efforts pour la défense de son bon droit
3. la préparation du terrain pour une offensive via le Hezbollah depuis le Sud-Liban en « réponse » à ces « agressions »

La doctrine militaire et policière, partout dans le monde, veut qu’un personnel d’intervention ne doit faire usage de son arme que s’il considère que sa vie est menacée. À voir la manière dont les premiers commandos qui ont foulé le pont étaient immédiatement saisis par la foule et battus comme chair à pâtée, cela ne fait aucun doute.

On peut même s’étonner qu’ayant sorti leur pistolet pour se dégager, il n’y ait pas eu plus de victimes.

En France, il y a seulement quelques jours, on pleurait une policière municipale qui a perdu la vie au cours d’un barrage. Les larmes se seraient-elles muées en colère si elle avait fait usage d’une arme individuelle pour se sauver ? Mais il est vrai qu’elle n’en avait pas…

L’inadéquation des moyens est l’erreur la plus grave des Etats-majors. Récemment, une conférence sur les armes non-létales organisée au Royaume-Uni abordait ce thème.

On ne peut mettre en péril la vie des personnels d’intervention sans moyens de sauvegarde, face à des éléments armés ou à des foules incontrôlables.

Ce qui m’irrite le plus – au delà de la perte inutile de tant de vies – est la stupidité des décisions de ceux qui, à l’échelon politique et militaire en Israël, ont entraîné cette situation. La flottille se préparait depuis plusieurs jours, on savait qu’elle tenterait de forcer le passage.

Dans ce cas,
 pourquoi envoyer au casse pipe des soldats non entraînés à maîtriser une foule déchaînée, isolément et équipés de flashballs ?
 comment le commandement comptait-il résoudre l’équation « user de la force s’il le faut, sans utiliser la force » ?
 l’utilisation avant l’abordage de canons à eau, de gaz lacrymogènes, de filets lancés au préalable auraient sans doute aidé à maîtriser la foule et évité bien des débordements
 après le refus d’obtempérer, des filins d’acier projetés contre les hélices des embarcations auraient rendu leur avance impraticable, les obligeant à se faire remorquer jusqu’à Ashdod.

Personne ne peut rester indifférent à la perte de vies humaines et il faudra bien réfléchir, dans les jours et les semaines à venir, à la manière insensée dont les organisateurs Palestiniens et Turcs ont entraîné des centaines de boucliers humains au milieu de militants violents dans cette opération de propagande destinée à délégitimer les efforts de paix – timides et fragiles – entamés par ceux qui cherchent réellement à sortir de l’impasse.

Le Premier ministre français demande aujourd’hui « la libération immédiate des Français détenus en Israël ». Il ne semble pas avoir conscience que ce sont des incarcérations volontaires, le premier choix proposé aux « pacifistes » étant l’expulsion. Plutôt qu’à Israël, c’est à la Turquie qu’il devrait demander des comptes.

On aurait souhaité le voir mettre autant d’empressement pour exiger la libération d’un autre Français, aux mains du Hamas depuis quatre ans : Gilad Shalit !

Par ailleurs, sa demande de laisser l’aide humanitaire parvenir « sans contrainte » à Gaza est une incohérence. Ou alors, il lui faut dissoudre dans le même temps le Corps des Douanes françaises et laisser entrer « sans contrainte » tous les containers à destination de la France, quelle que soit leur provenance ou leur chargement.

Il n’y a pas de blocus terrestre de Gaza mais seulement maritime, pour les raisons évoquées plus haut. L’aide humanitaire n’a JAMAIS été stoppée à destination de Gaza. Elle parvient quotidiennement : des camions entiers de nourriture, de médicaments et de carburant traversent la frontière après contrôle, chargés de l’aide fournie aux populations par l’ONU, l’UE ET Israël ! Les seuls moments où un blocus a été instauré étaient ceux qui suivaient des tirs de roquettes en provenance de Gaza, parfois même contre les convois de ravitaillement !

Aux dernières nouvelles, d’autres embarcations s’apprêtent à réitérer une tentative pour forcer le blocus maritime.

Reste à espérer que les moyens appropriés seront, cette fois, mis en place.

A.C.

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