Quelques répliques aux désordres en cours

1/ Massacre aux USA : Il ne semble pas (du tout) que le contrôle des armes s'avère être une réponse sinon suffisante du moins crédible à cette envie démesurée de célébrité médiatique comme l'a indiqué après tant d'autres le tueur en série ; il faudrait plutôt questionner profondément la société médiatisée sur ses effets pervers, surtout quand un présentateur de JT, une animatrice TV, peut toucher six fois plus qu'un professeur d'université et vingt fois plus qu'un instituteur…Quand passer quelques heures dans une émission de TV réalité donne l'impression d'avoir réussi sa vie… Obama a donc (hélas) tout faux, une fois de plus, oubliant même dans la foulée que le port d'armes ne provient pas du lointain Far West, mais de la Constitution exigeant que chaque citoyen en soit responsable jusqu'à défendre pieds et ongles ses principes dans le quotidien (d'où l'action salutaire des Américains et aussi de l'Anglais -qui n'était pas soldat lui- dans le Thalys)…

2/Irak/Afghanistan : une fois de plus… parce que contrairement à ce qu'énonce Obama la situation s'était stabilisée en 2007 après le "Surge", mais il aurait fallu continuer à être constructif en exigeant des chiites de ne pas évincer les tribus sunnites du pouvoir, quitte à ébruiter ce jeu ourdi alimenté par les Iraniens khomeynistes ; Bush ne l'a pas fait, et Obama a aggravé la situation, ce qui a permis aux gens du "Califat" de s'autoproclamer.

Obnubilé par une vision hollywoodienne de l'Histoire avec ses méchants cowboys et les gentilles colombes (avec bulles et froufrou) Obama a obstinément refusé le réel connu depuis César celui des vingt cinq ans minimum (une génération) pour pacifier un pays, cinquante ans lorsqu'il est dominé par l'islam (cas algérien) du moins avant que le précurseur français d'Obama, De Gaulle, ne trompe son monde en sacrifiant des centaines de milliers de personnes (Harkis, Français…) au nom de sa petite lutte solitaire et désespérée contre l'hégémonie anglo-saxonne, prêt à s'allier avec le nationalisme arabe pour ce faire (rompant l'alliance avec Israël) avec le résultat que l'on sait, l'Algérie étant seulement devenu une bombe à retardement en attente de son étincelle, aux côtés des bombes marocaines et tunisiennes, la libyenne ayant déjà sauté.

3/En Syrie, Obama a également raté le coche quand il n'est pas intervenu il y a deux ans, ayant peur d'y aller sans les Anglais (le Parlement ayant voté contre) enfoncés dans un néo-pacifisme SM à l'allemande ("plutôt devenir vert (écolo-islamisé) que mort") ; ce faisant Obama renforça de fait à la fois Assad et le "Califat", tandis que Hollande laissait faire n'ayant pas l'aval des wahhabites qui aujourd'hui après une vague d'hésitations semblent désormais convaincus qu'il vaut mieux cohabiter avec une zone khomeyniste (hors Yémen, autrefois marxiste dans sa partie sud) que laisser faire un "califat" incontrôlable puisque lorsque après avoir pris Damas (il est dans les faubourgs d'où l'invervention précipitée des Russes qui profitent aussi de détruire les autres adversaires d'Assad) le Califat doit se tourner vers la Mecque pour la prendre et asseoir sa domination symbolique et physique, ce qui est, certes, un combat de longue haleine, mais ne semble pas irréaliste (les arabo-musulmans ont mis cinquante ans pour conquérir l'Afrique du Nord), libérant (soulageant) également les Turcs de leur tentative de reconstitution du Califat qui redevient désormais une question uniquement arabe à la recherche d'une férule exclusive pour éviter l'éparpillement.

Là aussi gît une bombe à retardement tant "le" monde arabo-musulman se trouve dans une impasse totale, surtout livré à lui-même et à ses démons de supériorité racialiste, alors qu'en Indonésie, à Singapour, en Malaisie, la puissante force d'attraction de l'hindouisme, du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme, empêche leur islam de se métamorphoser en exclusivisme raciste comme c'est le cas par exemple en Arabie Saoudite, en Algérie et ailleurs ; il faut d'ailleurs remarquer que la droite et la gauche française ont aidé à construire un régime raciste totalitaire en Algérie, alors que le terme "race" leur pose tant de problèmes…

4/race : tout d'abord, Nadine Morano ne prétend pas à la supériorité de la race blanche au sens raciste semble-t-il, l'idée sous-jacente de celui-ci étant celle de la domination exclusive (et non pas inclusive) effectuée sur des bases ethniques strictes quoique reconstruites à partir d'un supposé âge d'or d'homogénéité (voir l'excellent "dictionnaire historique et critique du racisme" réalisé sous la direction de Pierre-André Taguieff) comme on le connaît encore dans les régimes arabo-musulmans (ainsi les Coptes en Égypte, les Kurdes en Irak, en Turquie, les Berbères en Afrique du Nord… quoique musulmans en majorité sont considérés comme des sous-citoyens) d'où d'ailleurs l'attrait du nationalisme arabe envers le nazisme dans les années 30 jusqu'à nos jours, et l'idée que toute personne non musulmane doit voir ses droits humains minorés  (dhimmitude) ou se soumettre.
Morano aimerait plutôt que la France reste éternelle et fille aînée de l'Eglise dans ses dimensions ethniques et culturelles sans cependant prétendre à la supériorité par exclusion mais inclusion compétitive comme ce fut le cas tout le long du millénaire précédent dans lequel Espagnols, Germains, Anglais, Français, ont prétendu à la supériorité civilisationnelle ; une ambition plutôt patriotique que nationaliste (au sens racialiste) que l'on perçoit également dans le discours universaliste socialisant et républicain des politiques et scientifiques européens où il était question de "sociétés supérieures et inférieures", mais ce non pas d'un point de vue racialiste encore une fois, mais plutôt celui d'un constat ou état donné brut d'aboutissement d'une puissance effective et mondiale (capable de faire plier la Chine) qui s'avère être blanche et chrétienne mais ce bien plus comme effet secondaire au sens plus d'une réalité effective que d'un "horizon indépassable" comme fut le marxisme pour Sartre, celui-ci n'ayant rien à envier en parlant ainsi aux nationalistes de la Contre Révolution et de sa pointe ultime dans Maurras dont De Gaulle et Mitterrand étaient
par ailleurs des lecteurs assidus.

Le seul souci néanmoins dans les propos de Morano consiste en ce qu'elle tend le bâton pour se faire battre tant l'on ne combat pas le multiculturalisme (à ne pas confondre avec le pluri-culturalisme) ou le cheval de Troie du néo-léninisme, en construisant une nouvelle ligne Maginot symbolique, mais en se demandant déjà pourquoi le Creuset français patine depuis le toujours impensé de la guerre d'Algérie qui est d'une part à la base de l'arrogance et l'insoumission d'une frange non négligeable de générations élevées dès le départ au biberon du racisme à l'envers puis boostées par les manips idéologiques du tiers-mondisme castricisé et palestinisé, tandis que d'autre part toute la frange soixante-huitarde ayant investi les rouages institutionnels et médiatiques a marginalisé cette population dont elle prétend parler en son nom (ou le comble de l'hypocrisie) tout en lui proposant  des années durant au cinéma et dans les séries les rôles de victimes et autre loosers, l'excluant de la pub et de la devanture médiatique, y mettant surtout des bons blancs (anti-racistes bien sûr), ne parlons pas de la représentation nationale, tandis que les supposés membres de la "droite républicaine" allaient à la chasse au "préfet musulman" alors que le corps préfectoral comprend depuis des lustres des membres d'origine nord-africaine…

Morano devrait donc plutôt regarder d'abord la poutre qui se trouve toujours dans l'oeil gaulliste parce que le délitement actuel ne provient pas de l'actuel gouvernement socialiste ni de l'avènement de la société de consommation d'internet etc comme le croient encore les partisans de "l'identité malheureuse"…

5/ effet multiplicateur perverti: tandis que le chômage continue sa marche "triomphante", sans changer beaucoup de direction depuis les années 70, l'on oublie que celles-ci connurent des politiques de relance sans avoir les effets probants promis (et pourtant encore vantés aujourd'hui) les déficits publics ayant à peine soutenus une croissance de plus en plus molle, même sous Reagan et aujourd'hui sous Cameron, au Japon et…en France.

En fait, les pays connaissant de larges déficits publics n'ont toujours pas prouvé que la planche à billets détient vraiment ses effets "multiplicateurs" salvateurs puisque en réalité elle créé des redressements superficiels (et des trappes à pauvreté) d'autant plus que cela se heurte à d'autres effets pervers (que les économistes refusent de voir avec leur formule magique : toute chose égale par ailleurs") comme le refus des nouvelles générations de "seniors" de voir leur pouvoir d'achat réduit au moment de la retraite, d'où l'épargne grandissante et (la bulle immobilière), ce qui fait qu'elles modèrent leur consommation ; d'où aussi l'effet pervers de la hausse des cotisations sociales qui pèsent sur l'embauche dans les PME, même si les start-up sont aujourd'hui plus "aidées"qu'avant alors que la stratégie payante serait de cesser d'aider ainsi et plutôt impulser tout un dynamisme multiforme qui aurait, lui, un réel effet multiplicateur car on ne voit pas au nom de quoi une université libre, un hôpital libre, une sécurité sociale libre, c'est-à-dire capable de se gérer en toute indépendance, ne seraient pas eux aussi capables de produire de l'activité en multipliée…

Le néo-keynésianisme ambiant que nous vendent les économistes américains et français (un Piketty allant maintenant conseiller l'ultra-gauche travailliste anglaise…) n'a en fait guère de résultats, et loin de "réduire les inégalités" il aggrave bien plus celles-ci que le "néo-libéralisme" dont on a du mal par ailleurs à percevoir la spécificité concrète à moins d'indiquer que les tricheries du style Enron, WW, et autres, sont son apanage, pourquoi pas dans ce cas lui mettre sur le dos la faillite du Crédit Lyonnais dans les années 80 (et bien avant de la banque Law)…

En fait ce "néo-libéralisme" s'il existe s'avère être plutôt l'économisme qui pense résoudre tous les problèmes sociaux et politiques (y compris la guerre) par le "doux commerce" et une comptabilité rigoureuse en oubliant que les deux mamelles de la prospérité restent l'innovation et la justice distributive (" à chacun le sien") articulant compétitivité et reconnaissance des compétences ; ce qui inclut toujours une nouvelle évolution dans la répartition du pouvoir au sein des entreprises permettant par exemple que la capitalisation soit de plus en plus l'apanage des salariés à l'instar de la cogestion allemande… L'économie dite participative annonce ces nouvelles perspectives…

Ce que demande au fond le peuple français, comme tous les peuples, c'est semble-t-il, qu'on le laisse tranquille, sans pour autant cesser de l'accompagner, de le sécuriser, mais en aucun cas de le paterner. Nous en sommes bien loin… au contraire, lorsque l'on voit comment l'État cherche à tout prix à justifier sa propre emprise en infantilisant de plus en plus ou le totalitarisme mou sans odeur et sans saveur…hormis l'excitation des petits mots jetés en pâture…

3 octobre 2015

Lucien SA Oulahbib 15/12/2016

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 398 vues

Tous les articles de Lucien SA Oulahbib

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Article Resiliencetv, Débats-RTV, Editorial de Resiliencetv-ARTV

 

Comments are closed. Please check back later.