3 février 2023
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Ma Vie rebelle par Ayan Hirsi Ali

Son insatiable curiosité , les questions incessantes qu’elle ne cesse de poser sur tous les sujets: la religion , l’éducation , le rôle de la femme , la pousseront sans cesse à chercher des réponses dont elle finira par trouver une partie aux Pays Bas .

On ne peut décrire mieux qu’elle ce parcours insensé qui a fait d’une fillette de 5 ans , élevée dans les traditions tribales de son clan , une député Néerlandaise , plaidant la cause des femmes immigrées en Europe , plaidant pour une réforme de l’islam qui est sa religion .

Sa vie , son intelligence exceptionnelle , sa capacité de travail , sa volonté de trouver des réponses à toutes ces interrogations , font de Ma Vie Rebelle , un véritable essai politique majeur pour comprendre les problèmes de l’immigration, en particulier ceux de l’intégration de l’islam en Europe , dans nos démocraties .

Elle a réussi à intégrer trois cultures totalement différentes :

L’islam tribal africain et ses modes culturels spécifiques
L’islam sunnite saoudien qu’elle a étudié pendant sa jeunesse
Les systèmes religieux et politiques occidentaux , qu’elle a étudiés dès son arrivée aux Pays Bas .

Elle arrive donc à faire une synthèse rare des différents types de culture , des facteurs de blocage , des interactions sociales et politiques du fait religieux . En tant que femme, elle est particulièrement passionnée par l’incidence de la libération féminine sur le développement des sociétés et sur l’éducation des générations suivantes .

Elle analyse ainsi la soumission de l’islam comme un facteur de blocage à l’éducation , à la capacité d’entreprendre , à la créativité . Elle est tellement dissidente qu’elle est menacée de mort par bon nombre d’intégristes de la planète . Ces menaces dont elle fait l’objet prouvent combien ses idées font peur à ceux qui veulent garder un pouvoir absolu sur la conscience des individus et continuer à la soumettre à un pouvoir qui n’a plus rien de spirituel , mais qui est totalement politique .

En 2005 Time Magazine l’a classée dans les 100 personnalités les plus influentes : « Chefs de file et révolutionnaires » .
Je dirais que tous nos politiques devraient avoir son livre sur leur table de chevet pour comprendre les problèmes des pays qu’ils veulent gouverner et chercher les solutions à y apporter .

Et le mieux est bien de lui donner la parole :

« Ecrire ce livre n’a pas été facile car j’y révèle des souvenirs intimes et pénibles . Mais je ne veux pas qu’on tienne mes arguments pour sacrés sous prétexte que j’ai connu l’horreur : ce n’est pas le cas . A vrai dire j’ai même eu beaucoup de chances . Combien de filles nées à l’hôpital Digfeer de Mogadiscio en Novembre 1969 sont encore vie aujourd’hui ? Et de celles–là, combien peuvent, comme moi, dire ce qu’elles pensent ?

Je ne veux pas non plus qu’on rejette mon témoignage en l’assimilant à la harangue d’une femme traumatisée par ce qu’elle a vécu et qui crache son amertume . On sous-entend souvent que ma colère trouve son origine dans mon excision, ou dans le fait que mon père m’a mariée de force. On ne manque jamais d’ajouter que de telles pratiques sont extrêmement peu répandues dans le monde musulman moderne .
C’est faux . Le fait est que six mille petites filles excisées chaque jour, et que des milliers de femmes dans le monde sont obligées de se soumettre à des maris qu’elles n’ont pas choisis .

Mon idée centrale ? C’est que l’islam opprime et interdit le progrès social à ses fidèles, femmes et hommes . Il crée une culture qui reste figée dans les mœurs d’un lointain passé. Il vaudrait mieux pour tout le monde et surtout pour les musulmans que cela puisse changer .

Quand on me dit que l’islam prône des valeurs de compassion, de tolérance et de liberté, je regarde les faits autour de moi. Je vois bien que ce n’est pas vrai. Les Occidentaux y croient parce qu’ils ont appris à ne pas examiner la religion et la culture des minorités de façon trop critique, de crainte d’être taxés de racisme . Cela les fascine que moi, j’ose le faire. »

Merci Ayan pour votre courage , pour votre exemplarité , pour votre refus de céder à la peur , au chantage , même politique pour votre sécurité ou votre confort .
Vous êtes une très Grande dame et j’espère que votre cri de révolte sera entendu et diffusé de la manière la plus vaste qui soit . C’est de l’avenir de centaines de millions d’individus dont vous parlez , et en particulier , de centaines de millions de femmes .

J’ai décidé pour ma part que votre livre serait mon cadeau cette année à tous ceux que je connais , même si je sais déjà qu’il risque d’en choquer beaucoup .

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