20 mai 2022

Mahmoud Ahmadinejad post-moderne

Après la seconde guerre mondiale, pour dédouaner Hitler et les nazis de la terreur qu'ils avaient fait régner sur l'Europe et le monde, on avait bien légèrement laissé croire que Hitler était fou. Malheureusement, ce soit disant fou était suffisamment convaincant pour entraîner son peuple et son élite derrirère lui, et provoquer la mort de 50 millions d'hommes, dont six millions de Juifs.
Dans son combat contre les Juifs d'Europe, il est presque parvenu à ses fins.

Victor Davis Hanson dresse ci-dessous le portrait psychologique de Mahmoud Ahmadinejad, que certains comparent à un nouvel Hitler – ils ont raison – en le dédouanant par la folie : ils ont tort.
Comme le précédent illuminé, il est certes paranoïaque, il est certes ivre de pouvoir, il est certes antisémite de façon profondément pathologique, mais comme l'autre, il est intelligent et a tout un appareil d'Etat derrière lui.

Il faut faire l'étude psychopathologique de ces dirigeants arabes et musulmans, voire de peuples arabes et musulmans dans le contexte de haine qui leur est inculquée, cultivés dans la victimologie paranoïaque : ils haïssent le monde et leurs contemporains d'une haine mortelle et consumante, et prèfèrent, comme ces mères palestiniennes, que leurs enfants meurent pour entraîner dans la mort leurs ennemis. Les Juifs constituant bien entendu leur bouc émissaire favori.
Il va décidément falloir en trouver un autre, à moins de trouver un remède pour les paranoïaques parvenus au faîte du pouvoir.
C'est malheureusement un cas médicalement désespéré !

Golda Méïr disait aux Arabes palestiniens, je cite de mémoire : "Nous ne parviendrons à la paix avec vous que quand vous aimerez plus vos enfants vivants, que les Juifs morts". Vu l'enseignement de la haine distillé quotidiennement par la télé de l'AP à ses enfants, deux générations seront encore nécessaire pour en approcher.S.P

L'esprit pas si fou de Mahmoud Ahmadinejad


Par Victor Davis Hanson

" Les escarmouches dans les territoires occupés font partie de la guerre du destin. Le résultat de centaines d'années de guerre sera défini sur la terre palestinienne. Comme l'imam [Khomeiny] l'a dit, Israël doit être effacé de la carte ". Ainsi déclame le président de l'Iran Mahmoud Ahmadinejad.

Selon sa rhétorique apocalyptique, nous pouvons comprendre pourquoi le président Ahmadinejad peut vouloir un arsenal de missiles nucléaires. Il serait en mesure d'obliger à se coucher un courant constant de riches émissaires européens, de menacer les Etats du Golfe persique de faire baisser la production de pétrole, de neutraliser l'influence des Etats-Unis dans la région – et bien sûr, de détruire Israël.

Dans tous ses discours ivres de pouvoir, Ahmadinejad reflète une vision de la fin des temps : L'histoire en arrive à sa fin ultime sous son égide. En effet, le président Ahmadinejad transporte magiquement même ses auditoires étrangers dans la stupeur. Sur son récent discours aux Nations Unies, il s'est vanté : " J'ai senti que tout à coup, l'atmosphère a changé là-bas. Et pendant 27 à 28 minutes, tous les dirigeants ne clignaient pas ".

Ainsi le nom d'Ahmadinejad entouré d'un halo vivra dans l'éternité – mais à la seule condition qu'il chasse de Jérusalem le croisé intrus. Le Shiisme peut bien être le dépossédé du monde musulman mais, alors que la figure messianique du grand Mahdi vient sur terre, Ahmadinejad peut contribuer au retour du fervent, jamais revu depuis que Saladin expulsa les infidèles de Palestine.

Mais désormais, à moins d'une intervention divine, la tache d'Ahmadinejad pose deux petits obstacles : obtenir la bombe, et préparer le monde à la disparition d'Israël.

Bizarrement, le premier obstacle pourrait être plus aisé. Le Pakistan et la Corée du nord appauvris l'ont écarté. La Chine et la Russie vendront à Téhéran tout ce qui ne peut être obtenu auprès d'Etats voyous. Finalement, Moscou et Pékin opposeront probablement leur veto à toute action punitive des Nations Unies.
Les diplomates de l'Europe impuissante s'inclineront toujours devant une aussi importante personnalité mondiale, " excluant " la force pour stopper l'industrie nucléaire iranienne, de même qu'ils ont offert argent et accords commerciaux si Téhéran agissait seulement de façon sensée.

Les Etats-Unis ont un mouvement anti-guerre croissant, et 180.000 soldats sont occupés à faire naître la démocratie en Afghanistan et en Irak. Et l'imprévisible George Bush dispose de moins de trois années à son poste de toute façon.

Mais la seconde partie pour préparer le monde à la fin de l'Etat juif est plus délicate.

Bien sûr, l'évangile séculaire du Moyen-Orient est l'antisémitisme, diffusé à toute heure en Syrie, en Arabie saoudite et au Pakistan. Dans ces lieux, des médias dirigés par l'Etat font retentir de vieux sermons sur les " porcs et les singes ". Là encore, la Russie et la Chine ne se soucient pas de ce qui arrive à Israël, aussi longtemps que sa disparition n'affecte pas leurs affaires.

Mais l'Occident se trouve dans une autre situation. Là, l'histoire de l'antisémitisme s'approche dangereusement, représenté par l'Holocauste qui a presque totalement anéanti les communautés juives d'Europe.

Ainsi, soulever des doutes sur ce génocide est désormais l'objectif d'Ahmadinejad aussi bien que de cibler le centre de Tel Aviv. La négation de l'Holocauste est un vieux tour, mais son approche est différente.

Il a étudié le récent esprit occidental postmoderne, bercé sur sa sainte trinité de multiculturalisme, d'équivalence morale, et de relativisme. En tant que populiste du Tiers Monde, Ahmadinejad s'attend à ce que son propre fascisme échappe à l'examen attentif s'il récite seulement suffisamment de pêchés du passé de l'Occident. Il comprend aussi la victimologie. Il sait ainsi que pour détruire les Israéliens, il – et pas eux – doit devenir la victime, et les Européens ceux qui lui ont forcé la main. Pour citer Ahmadinejad :

" Aussi nous demandons : si vous avez vraiment commis cet énorme crime, pourquoi le Peuple opprimé de Palestine serait-il puni pour cela ? Si vous avez commis un crime, vous devriez vous-mêmes payer pour lui ".

Ahmadinejad saisit aussi qu'il y a des millions d'occidentaux disposant d'une haute éducation, mais cyniques, qui ne voient rien de très exceptionnel dans leur propre culture. Donc si l'Amérique démocratique dispose d'armes nucléaires, pourquoi pas l'Iran théocratique ? " Vos arsenaux sont pleins à ras bord, alors quand vient le tour d'une nation comme la mienne de développer une technologie nucléaire pacifique, vous mettez des objections et recourez à des menaces ".
De plus, il sait comment le relativisme occidental fonctionne. Ainsi, qui doit dire quels sont les " faits " ou ce qui est " vrai " – selon la tendance des puissants à " construire " leurs propres narrations pour appeler " histoire " le résultat. L'Holocauste n'a-t-il pas été exagéré, ou peut-être même fabriqué, comme de simples prisons sont devenues des " camps de la mort " à travers un abus de langage, pour s'emparer de la terre palestinienne ?

Nous rions de toutes ces absurdités. Nous ne devrions pas.

L'argent, le pétrole et les menaces ont porté les théocrates iraniens au seuil même d'un arsenal nucléaire. Leur troublant diagnostic du malaise occidental les a désormais convaincus qu'ils peuvent soigneusement fabriquer une réalité sans Holocauste dans laquelle les Musulmans sont les victimes et les Juifs les agresseurs, méritant une punition. Et ainsi l'Iran d'Ahmadinejad, légitimement lésé (et nucléaire) peut finalement, après " des centaines d'années de guerre ", remettre les choses en place comme il faut au Moyen-Orient.

Et alors un monde qui souhaite continuer à gagner de l'argent et à conduire des voitures en paix ne se souciera pas outre mesure de la manière dont ce saint homme, divinement mis à son poste, achèvera une ennuyeuse " guerre du destin ".

 

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