Au nom de la France ?

 Il reste 16 mois à l’actuelle classe politicienne pour opérer l’aggiornamento réclamé à corps et à cris par les Français. Figure donc au programme l’un des douze travaux d’Hercule, le nettoyage des écuries d’Augias, auquel nos élites usées jusqu’à la corde sont désormais sommées de se livrer de toute urgence.
 
    Imaginons un instant qu’une révolution philosophique, où le concept de liberté serait remis à l’honneur avec éloquence, emporte quarante années de délires étatiques ayant finalement conduit la France, naguère si flamboyante, à n’être plus qu’une sorte de paradis perdu peuplé d’ombres ôtées de toute substance vitale.
 
    Allons jusqu’à rêver qu’un tel miracle se produise réellement ici, tout de suite, rendant alors aux Français médusés le pouvoir de penser, de s’exprimer et d’entreprendre sans avoir à redouter qu’un pouvoir supérieur, tournant le dos au droit des gens, ne s’emploie illico presto à en contrarier compulsivement le cours.
 
    Enfin, supposons que tout étant admirablement rentré dans l’ordre, nous ayons à coeur de faire un usage convenable de notre liberté recouvrée, alors nous faudra-t-il mettre en exergue de nos actes la nécessaire mise en oeuvre de notre responsabilité personnelle hors de laquelle aucune liberté ne saurait pleinement s’exercer. 
 
    Où en sommes-nous aujourd’hui ? Les Français, fût-ce à leur corps défendant, aspirent à un recul de l’État-Providence hypertrophié au point d’omettre, si vis pacem, para bellum, de remplir ses devoirs régaliens jusqu’à se trouver gravement démuni, dans un monde ouvert, à la première alerte sérieuse d’envergure planétaire.      
 
    Le socialisme majoritaire tel qu’il nous est aujourd’hui démocratiquement imposé par la voie des urnes se révèle incapable, comme d’ailleurs il en a toujours administré la preuve partout où il a sévi, d’extraire notre pays de la dramatique impasse morale et politique dans laquelle l’ont précipité des politiciens prodigieusement insincères.
 
    Dans le camp d’en face, pour autant que l’on puisse parler d’une opposition droite dans ses bottes, non seulement les convictions manquent de… conviction mais l’on y passe aussi beaucoup trop de temps, qui serait bien utile par ailleurs pour préparer l’avenir, à se tirer des balles dans le pied dans la seule et unique perspective de 2017.
 
    Quid du Front national, me direz-vous. Un exutoire, un vote de défiance pour des millions d’électeurs qui en sont arrivés à désespérer non pas de Billancourt, ce qui serait encore un moindre mal, mais des élites faillies qui les gouvernent en se moquant comme de l’an quarante des aspirations de ceux qui les ont élus… par défaut.
 
    Souvenons-nous : “dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé” avait déclaré, en 1993, un président Mitterrand désabusé; aurait-on tout essayé, en cette fin 2015, non seulement pour vaincre le chômage mais aussi et surtout, peut-être, pour assainir nos institutions politiques détournées de leurs vraies missions régaliennes ?
 
    Eh bien, non ! Il nous reste une chance ultime de redresser la barre en adoptant une nouvelle façon de penser la politique et de l’appliquer : “Soyez libéraux, soyez socialistes, mais ne soyez pas menteurs.”* Le socialisme ayant toujours menti aux Français, passons vite et sans mentir à une autre politique : soyons libéraux !
 
___________________
 
* Jacques Rueff (1896-1978), économiste libéral et haut fonctionnaire, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, membre de l’Académie française, opposé aux idées de Lord Keynes il fut l’un des fondateurs de la Société du Mont-Pèlerin (1947).

Librement !
Philippe S. Robert
http://sully1.typepad.com
FRANCE

Philippe Robert 19/12/2015

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