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Rififi chez les climatologues mainstream

11 Mars 2016

Joshpause2-fr

Comme je vous l'ai souvent fait remarquer, dans de nombreux billets antérieurs, la "pause", le "hiatus" ou le "plateau" (le vocabulaire dépend des paris que l'on fait sur l'avenir) de la hausse de la température moyenne du globe durant les 15 à 18 dernières années, constitue une énorme épine dans le pied des supporters du GIEC et de la COP21, qu'ils soient scientifiques ou politiques.

En effet, durant cette période (en gros, de 1998 à 2015) la concentration en CO2 dans l'atmosphère a augmenté de manière continue d'environ 30% par rapport aux taux préindustriels, ce qui apparaît comme une contradiction apportée par les observations aux modèles climatiques en cours.
Les deux dernières décennies ont mis en évidence une surestimation considérable de la hausse des température (de surface et de l'atmosphère) vue par ces mêmes modèles par rapport aux observations, comme le savent aussi les fidèles lecteurs/trices de PU.

C'est un problème crucial qu'il est urgent de résoudre parce qu'il conditionne la confiance que l'on peut apporter aux modèles informatiques des tenants du GIEC et, ainsi, aux mesures prises par les politiques telles que les promesses faites lors de la COP21.

Malheureusement pour les supporters des politiques actuelles, les chercheurs mainstream ne sont pas du tout d'accord sur ce sujet comme vous allez le voir.
Et c'est le moins que l'on puisse dire.

C'est même l'occasion d'un vif débat entre différentes équipes proches du GIEC par l'intermédiaire des revues scientifiques les plus cotées. C'est cette histoire en plusieurs épisodes, passée sous silence par les médias francophones, que je vais vous raconter, avec quelques détails documentés et sourcés. Comme d'habitude, les citations sont inscrites dans des cadres de couleur (ici verte) différente du fond.

En bref : Deux publications parues coup sur coup, dans les deux top-revues Science et Nature s'opposent frontalement sur l'existence et l'interprétation de la relative stagnation ("la pause" ou le "hiatus") de la température de la surface du globe durant près des deux dernières décennies, laquelle n'est d'ailleurs pas sans précédent.

Une étude publiée en Juin 2015 dans Science par des chercheurs d'une agence fédérale (la NOAA américaine) a éliminé cette fameuse "pause",(opportunément – c'était un peu avant la COP21) notamment en "corrigeant" les mesures de la température de surface des océans.La "pause" avait pourtant été validée par un grand nombre d'études qui avaient proposé des explications ainsi que par le dernier rapport du GIEC,

Avertie par plusieurs plaintes émanant notamment de "lanceurs d'alertes" internes à cette même agence fédérale (La NOAA) ainsi que par les protestations de nombreux climatologues et autres scientifiques, le Comité Scientifique compétent de la Chambre des Représentants US a lancé une assignation à comparaître (ou à fournir tous les documents afférents à cette publication) pour les auteurs impliqués et les autorités de la NOAA. Ces derniers ainsi que l'agence fédérale ont fait la sourde oreille ce qui a poussé le Comité Scientifique de la Chambre US à hausser le ton.

D'autant plus qu'une étude plus récente parue, cette fois-ci, dans Nature (Climate Science) et signée par plusieurs ténors US du climat, contredit vertement la publication de la NOAA et maintient que "la pause" est bien réelle et qu'elle nous renseigne utilement sur la variabilité naturelle du climat. Ils font aussi remarquer (comme l'a souvent fait PU) que les modèles climatiques ont largement exagéré le réchauffement climatique observé et qu'il est crucial de comprendre les raisons de ces divergences.

In fine, bien que les scientifiques savent que les conflits entre chercheurs sont aussi banals que souhaitables, tout ceci jette une lumière crue sur le fameux "consensus" et, en particulier, sur les difficultés des mesures de la "température moyenne de la surface du globe" ainsi que sur l'amateurisme étonnant de certains "ajustements".

De manière plus générale, Richard Lindzen a donné, tout récemment, son point de vue d'expert sur l'état actuel de la science climatique. Son jugement, dont je traduirai ici quelques extraits, notamment sur ce qu'il appelle "la science sur commande", n'est ni indulgent, ni optimiste et c'est le moins que l'on puisse dire.

 

A) Episode 1 : Une équipe de la National Oceanic and Atmospheric Administration (la NOAA), Karl et al, corrigent notamment les températures de surface des océans, ce qui élimine purement et simplement le "hiatus", la "pause" qui représentait un des gros problèmes pour les climatologues proches du GIEC. Cette équipe a fait paraître un article dans la revue Science, le 26 Juin 2015.
Voici son entête et son résumé, accompagnés d'une traduction en Français.

karl3

 

 

 

Le titre : Possibles artefacts des biais des données dans le récent hiatus du réchauffement de la surface du globe.

Thomas Karl et al. (NOAA)

 

Résumé : De nombreuses études ont été consacrées aux causes possibles d'une décroissance apparente de la tendance à la hausse de la température globale de surface depuis 1998 ce qui est connu sous le nom de "hiatus du réchauffement climatique. Dans cet article nous présentons une analyse réactualisée de la température de la surface du globe qui révèle que les tendances globales sont plus élevées que celles qui ont été rapportées dans le rapport du GIEC, tout particulièrement dans les dernières décennies et qui montre que l'estimation centrale pour le taux de réchauffement durant les 15 premières années du 21e siècle était au moins aussi grand que durant la seconde moitié du 20e siècle. Ces résultats ne vont pas dans le sens de la notion d'un "ralentissement" de l'augmentation de la température de la surface du globe.


En bref, les auteurs de l'article ci-dessus révisent les données des mesures de température de la surface du globe en se focalisant plus particulièrement sur les mesures de la température de surface des océans de la planète, ce qui, comme on peut le penser, a des répercussions considérables, vu que les océans couvrent près de 70% de la surface de la planète.

Bref rappel : Les mesures de la température de la surface des océans :
Dans les premiers temps, cette mesure se faisait, de manière pour le moins primitive, à bord des vaisseaux dont les marins prélevait l'eau de la surface des mers où ils naviguaient avec un seau plongé dans la mer (souvent à des profondeurs et à des heures non précisées) puis remonté à bord (c'est la méthode dite du "bucket", le seau). La mesure de la température était faite à l'aide d'un simple thermomètre plongé dans le seau d'eau remonté à la surface. Il a été démontré que cette méthode fournissait des résultats erratiques, la température de l'eau du seau d'eau étant assez rapidement modifiée d'une part par l'évaporation de l'eau contenue dans le seau et, d'autre part, parce qu'elle se trouvait contaminée par la température qui régnait à bord du vaisseau. Ceci pose évidemment de sérieux problèmes lorsqu'on prétend annoncer des incertitudes inférieures au dixième de °C. Par la suite, on utilisa des seaux équipés d'une isolation thermique, sans, toutefois, que les résultats soient considérés plus crédibles.
Un peu plus tard, vers les années 1945, le processus de relèvement de la température de la surface des océans fut plus ou moins automatisé, directement à bord des navires, par la mesure de la température de l'eau de mer qui était aspirée par la tuyauterie de la machinerie. Cette méthode, appelée ERI (Engine Room Intake), fut aussi critiquée car il était d'avis général que l'eau de mer entrante était réchauffée par le système de prélèvement ce qui conduisait à une surestimation systématique de la température.

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Enfin, progressivement depuis 2003, un nombre considérable de flotteurs équipés de thermomètres soigneusement étalonnés, ont été répartis à la surface des océans de la planète. Les mesures, quasi-continues, et effectuées à différentes profondeurs, sont retransmises par télémétrie aux postes d'observations. Ce sont les balises ARGO dont j'ai déjà parlé et dont voici la répartition géographique (en Mars 2009). A noter également qu'il existe des mesures satellitaires de la température des océans qui permettent d'interpoler dans les zones plus ou moins bien couvertes mais celles-ci ne résolvent pas la question, notamment parce qu'elles sont largement perturbées par les nuages et parce qu'elle doivent nécessairement être étalonnées à partir des mesures in situ.

 

De fait, et entre autres, les corrections apportées par Karl et al. au relevés des températures océaniques sont assez surprenantes – c'est le moins que l'on puisse en dire – et elles ont immédiatement fait l'objet de sévères critiques de la part de leurs collègues scientifiques.
Voici une explication claire d'un procédé utilisé par Karl et al. que l'on trouve dans un bonne analyse rédigée par le Prof Ross McKitrick dans un article intitulé "Une première analyse de l'article "Possibles artefacts des biais des données dans le récent hiatus du réchauffement de la surface du globe par Karl et al., Science 4 Juin 2015"".
McKitrick est un prof de statistique de l'Université de Guelph (Canada) qui s'intéresse de très près au traitement des données climatiques. Il a publié plusieurs articles et anime un groupe de réflexion sur ce sujet. Je rappelle qu'il est, avec Steve McIntyre, l'auteur d'une analyse sévère des failles méthodologiques qui ont conduit à la fameuse "Crosse de hockey" qui éliminait carrément l'Optimum Médiéval, publiée en 1998 par Michael Mann et ses collègues et qui a fait les beaux jours de plusieurs rapports du GIEC.

"Si on considère les premiers ajustement, on observe que K15 [NdT : C'est le nom de l'article de Karl et al. Classiquement, une initiale et la date] prend en compte les données des bouées [NdT : Les balises ARGO] et ajoute 0,12°C à chaque observation. Ils ont calculé cette valeur en regardant aux endroits où les bouées et les données des bateaux ont été collectées au même endroit. Ils ont trouvé qu'en moyenne, les données des bateaux étaient de 0,12°C plus chaudes de 0,12°C. C'est ainsi qu'ils ont ajouté cette valeur aux données des bouées. Ceci est équivalent à la valeur [NdT : les +0,12°C] trouvées par d'autres équipes, sauf que le surplus de température est généralement attribué aux bateaux plutôt qu'aux bouées.

Les observations récentes de la température de surface des mers sont essentiellement effectuées à partir de bouées dérivantes qui sont déployées sur les océans du globe. (Figs. 1, 2). Les bouées mesurent directement la température de surface des océans sans qu'il soit besoin de remonter l'eau sur le pont ou à l'intérieur du bateau. C'est pourquoi les observations données par les bouées sont estimées être plus exactes que les mesures avec les seaux ou les mesures ERI."

En bref, l'équipe Karl et al ont observé – ce que l'on savait déjà – que les techniques anciennes (seaux et ERI) indiquaient une température moyenne supérieure à celles des bouées modernes. Ils ont estimé que les mesures par les seaux et par les prélèvements sur les tuyauteries des navires étaient les mesures exactes et qu'il fallait corriger les mesures données par le système beaucoup plus élaboré des balises ARGO.
Autrement dit, Karl et al. ont alignés les mesures modernes sur les mesures anciennes (et quelque peu primitives, comme on l'a vu) alors que l'on fait, évidemment, toujours l'inverse. Les mesures modernes sont, à l'évidence, beaucoup plus fiables que les mesures anciennes. Il est plutôt "étonnant" que les rapporteurs de la revue Science aient laissé (très rapidement) passer ce genre de considérations. On peut penser que l'urgence de la COP21 qui approchait, exigeait un examen plus expéditif que de coutume.

C'est un procédé pour le moins étonnant qui n'a pas manqué de faire réagir le petit monde de la climatologie. Entre autres, trois climatologues connus (Richard Lindzen, Pat Michaels, Paul Knappenberger) on publié une sévère critique des méthodologies utilisées par les chercheurs impliqués dans l'article de la NOAA. Cet article est intitulé "Au sujet du nouvel article "désespéré" de la NOAA : Après tout, il n'y aurait pas de hiatus du réchauffement climatique ?

Leur bref communiqué

  • explique pourquoi les "corrections" de Karl et al de la NOAA sont aussi inappropriées qu'invalides.
  • montre que, de toute manière, ces nouvelles évaluations du réchauffement climatique tombent toujours bien en dessous des estimations des modèles numériques comme on le voit sur le graphe des distributions reporté à gauche, ci-dessous. A noter que Karl et al. ont pourtant plus que doublé la tendance qui avait été (discrètement) rapportée dans le dernier rapport du GIEC (AR5-2013) à l'aide de l'histogramme reproduit ci-dessous à droite. Le GIEC estimait que le réchauffement observé au début du XXIe siècle était d'environ e 0,05°C/décennie. Karl et al. affirment qu'il était de 0,106°C/décennie. La moyenne des modèles climatiques le situent autour de 0.23°C/décennie.

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De fait, il apparaît que même si on "élimine la pause", comme l'ont fait les chercheurs de la NOAA (Karl et al.) avec des procédés surprenants, la divergence modèles/observations persiste.

B) Episode 2 : Un article paraît en début Mars 2016 dans Nature (Climate Change) sous la plume de ténors de la climatologie, Ben Santer, Gerald Meehl , Michael Mann et al. qui contredit ouvertement les ajustements et les conclusions de Karl et al.

En bref : Les ajustements de Karl sont erronées. Le hiatus ou la pause est bien réelle et les modèles surestiment le réchauffement observé.

Voici, ci-dessous l'entête de l'article en question accompagné de son résumé et d'un extrait significatif de la conclusion traduits en français.

Son titre : "Pour donner un sens au ralentissement du réchauffement du début des années 2000."

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Le résumé : "Il a été affirmé que le ralentissement du réchauffement climatique du début des années 2000, ou hiatus, caractérisé par une réduction du taux de réchauffement de la surface du globe, a été exagéré, que ce dernier manque de base scientifique ou qu'il n'est pas supporté par les observations.
Dans le présent article, nous présentons des éléments de preuves qui contredisent ces affirmations."

Dans la conclusion de cet article, de manière plus explicite, on lit :

"En résumé, (en moyenne) les modèles climatiques ne reproduisent pas les tendances de température observées au début du vingt et unième siècle, en dépit d'une augmentation continue du forçage anthropique. Ce désaccord a concentré l'attention sur un problème incontournable qui mérite un examen scientifique. A partir de notre analyse qui repose sur une prise en compte de la physique des processus déterminants et des forçages impliqués, nous trouvons que le taux de réchauffement durant le début du XXIe siècle est plus faible que durant les quelques décennies précédentes. Ce ralentissement est évident au vu des GMST [NdT: "Global Mean Surface Temperature, la température moyenne de la surface du globe] ainsi que dans la température moyenne de la basse troposphère.[...]"

Les auteurs de cet article font également judicieusement observer que ce n'est pas la première fois, durant ce siècle et le précédent, qu'il existe un hiatus (un pause, voire un refroidissement) en contradiction avec les modèles climatiques.
Comme je l'ai souvent mentionné dans ce site, il y a eu aussi la période 1950-1972 pendant laquelle le réchauffement a marqué le pas, voire s'est carrément inversé, alors que le taux de CO2 atmosphérique était en forte croissance (depuis 1950). Dans leur article , les auteurs, Fyfe et al, publient le schéma suivant (la Fig.3) :

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Légende Figure 3 : "Anomalies du rapport des tendances de la moyenne annuelle globale de la température de surface sur les tendances calculées d'après le forçage radiatif anthropique. Le rapport des tendances pour chaque période montrée sur cette figure (C'est à dire de 1950-1972, 1972-2001 et 2001-2014) est exprimée comme une anomalie par rapport à la tendance calculée [NdT : par les modèles] sur la période complète 1950-2014. La légende de la figure explique les raisons du choix des dates respectives de départ et d'arrivée du grand hiatus et du ralentissement du réchauffement."

 

Comme expliqué dans la légende, l'ordonnée de ce schéma représente la divergence des tendances calculées par les modèles comparées aux observations, au cours du temps, depuis 1950. fyfe3

 

La figure 3 représente les deux périodes qui, depuis 1950, sont en désaccord marqué avec les modèles climatiques. Le premier de ces deux épisodes, baptisé ici "Le Grand hiatus" (Big hiatus), fait allusion à la période 1950-1972 qui avait fait craindre, à l'époque, un refroidissement prolongé. Le second épisode est appelé ici "ralentissement du réchauffement" (warming slowdown, à droite).

On peut visualiser ces deux périodes "anormales" (par rapport aux modèles) directement sur le graphique des températures officielles du HadCRUT4 comme je l'ai fait sur l'image ci-contre.

Les deux encadrés roses représentent les deux épisodes mentionnés par Fyfe et al. 1950-1972, (mais plutôt 1945-1977), et 2001-2014 (mais plutôt 1998-2014).

Ainsi, si on s'en tient aux dates indiquées par l'article de Nature Climate Change, sur une période de 65 ans (1950 à 2014), il y aurait deux épisodes d'une durée totale de 38 ans (1950-1972 et 2001-2014, bornes comprises), soit plus de la moitié du temps, qui auraient été des "hiatus" ou des pauses ou des "ralentissements", contraires aux modèles.
Fyfe et ses collaborateurs, qui maintiennent que le "ralentissement" de la hausse des températures des 15 dernières années est significatif, rappellent, à juste titre que cette divergence modèles/observations n'est pas la première et que ceci "mérite un examen scientifique" selon leurs propres termes. De fait, en l'absence d'explication avérée, "la pause" ou le " Grand hiatus" et la divergence des modèles/observations remettent en cause la confiance que l'on peut attribuer aux modèles climatiques…

 

C) Episode 3 : Dans un éditorial, assez exceptionnel pour la revue Nature, Jeff Tollefson informe ses lecteurs qu'un conflit vient d'éclater entre les tenants de la pause et les opposants.

Voici l'entête et la traduction.

naturehiatus

 

 

 

Titre : "Le débat sur le hiatus du réchauffement climatique explose de nouveau.

A présent, des chercheurs soutiennent que le ralentissement du réchauffement était bien réel".

 

 

Ce n'est pas tout. Alerté au sujet des anomalies relatives à la publication de l'article de Karl et al, le Comité pour la Science, l'Espace et la Technologie de la Chambre des représentants US (celui-là même qui détermine l'enveloppe des crédits attribués à la NOAA), averti par des "whistleblowers" (des lanceurs d'alertes) internes à la NOOA, s'est alarmé de la situation et n'est pas resté inactif.

C'est ainsi que son président (CEO) Lamar Smith qui a également reçu une lettre de protestation de la part de 300+ scientifiques exigeant que la NOAA se conformer aux dispositions légales du "Data quality act" qui exige la transparence des données, des traitements des données etc. a assigné les auteurs, Karl et al, ainsi que leur patronne à fournir tous les éléments nécessaires pour l'examen par le Comité. Voici le texte de la lettre officielle de mise en demeure dans laquelle le CEO du Comité explique qu'il a été alerté par des "lanceurs d'alerte" de la NOAA que les auteurs Karl et al avaient probablement violé la réglementation légale en matière de publication.

A noter que, comme indiqué dans la lettre, les "lanceurs d'alertes" internes à la NOAA auraient protesté parce que les auteurs de l'article, Karl et al, n'auraient pas tenu compte de leurs réticences sur la méthodologie et auraient fait preuve de "précipitation" et n'auraient pas suivi les règles internes à la NOAA en matière de publication., afin que l'article soit publié aussi rapidement que possible.

Il est clair que la prise de position du Comité pour la Science, l'Espace et la Technologie a été fortement renforcée par la publication de l'article de Fyfe et al publié dans Nature. Pourtant, à ce jour, la mise en demeure du Comité n'a pas obtenu les réponses escomptées, ce qui a suscité des soupçons de la part de scientifiques alléguant que la NOAA et Karl et al devaient bénéficier d'une protection située au sommet de la maison blanche.
Pourtant, selon les lois américaines, les exigences des Comités de la Chambre US sont impératives et incontournables.

La situation est donc problématique et la revue Nature a jugé bon de publier une mise au point à ce sujet ce qui est tout à fait exceptionnel.
Voici l'entête de l'éditorial du 26 Février en question, toujours sous la plume de Jeff Tollefson.

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Les législateurs US élargissent leur enquête au sujet d'une étude sur le climat.

Un comité de la chambre des Représentants élargit une enquête sur une analyse de l'Administration Nationale pour les Océans et l'Atmosphère qui réfutait le "hiatus" du réchauffement climatique.

 

 

Pour l'instant, les choses sont dans l'état mais il serait étonnant qu'elles en restent là.
Comme vous le voyez, cette histoire de "pause" ou de "hiatus" est un vrai feuilleton…
Pourquoi est-ce si important ?
Comme je vous l'ai dit, c'est parce que tout cela conditionne la confiance que l'on peut apporter aux modèles climatiques et donc aux promesses des limitations à +2°C ou 1,5°C faites lors de la COP21. Si les prévisions des modèles climatiques sont avérées erronées, comme cela en prend le chemin, par exemple faute de tenir suffisamment compte de la variabilité naturelle, tout cela n'aurait plus aucun sens. On imagine aisément que la Maison Blanche ne souhaite pas voir éclater un scandale à ce sujet et que les tractations avec les élus US doivent aller bon train en ce moment même…

Pour sa part, La climatologue Judith Curry a rédigé un billet sur l'article de Fyfe et al dans Nature qu'elle qualifie de "très important" en reprenant le titre de de "Nature: Making sense of the early 2000’s warming slowdown". Je suis de son avis parce parce que l'on y retrouve, enfin et noir sur blanc, sous la plume de climatologues mainstream, les principales interrogations mises en avant, depuis des années, par les climatologues dits "sceptiques".

Pour les lecteurs intéressés voici les liens des billets que J. Curry a récemment publié au sujet du "hiatus":
Causes et implications de la pause.
Controverses sur le hiatus : Montrez nous les données.
La NOAA a-t-elle "bousillé" la pause du réchauffement climatique ?
Le révisionnisme du hiatus.
L
e récent hiatus causé par le changement décennal du réchauffement Indo-pacifique.
La cause du hiatus trouvée dans les profondeurs de l'océan atlantique.
2 nouveaux articles sur le pause.
Comment le GIEC a-t-il oublié de mentionner la pause ?

 

2) Richard Lindzen fait le point sur la situation de la science climatique.

Ce qui suit sont des extraits du texte d'une conférence délivrée par Richard S. Lindzen, Alfred P. Sloan Professeur (émérite) de Sciences de l'Atmosphère (Emérite) du MIT (Massachusetts Institute of Technology), le 20 Août 2015 lors de la 48e Session des Séminaires Internationaux d'Erice.
Richard Lindzen a, très tôt, été considéré comme l'un des plus brillants chercheurs de sa génération. Il a notamment été l'un des plus jeunes élus (à 37 ans) à l'académie des Sciences US (NAS) de la période moderne (le record est de 29 ans au XIXe) et nommé titulaire de la prestigieuse chaire Alfred P. Sloan au MIT à 43 ans.
Le texte complet de sa conférence avec les références des citations.
A noter que le texte de cette conférence prolonge et réactualise un article publié en 2009 par Lindzen en 2009 et dont j'avais donné la traduction (avec son accord).

Richard Lindzen est un fin connaisseur du petit monde de la science climatique. Ecoutons son point de vue :

Le réchauffement climatique et la non-pertinence de la Science.

 

 

 

 

"Dans de nombreux domaines, les gouvernements ont le monopole du support de la recherche scientifique. Idéalement, ils supportent la science parce qu'ils pensent que la recherche objective est précieuse.
Malheureusement, ainsi que cela avait été prédit par Eisenhower lors de son discours d'adieu, le 17 Janvier 1961 (qui avertissait aussi au sujet des danger du complexe militaro-industriel) , "En partie, du fait des énormes dépenses impliquées, un contrat avec le gouvernement devient virtuellement un substitut à la curiosité intellectuelle". Dans ces circonstances, lorsqu'un gouvernement désire un résultat particulier en matière de sciences, l'arrangement souhaitable devient vulnérable. Cependant, ainsi que j'espère vous le démontrer, cela ne résulte pas seulement dans la création d'un un biais". [...]

Dans la suite, Lindzen rapporte quelques déclarations largement insubstanciées que l'on retrouve fréquemment dans les discours des politiques et qui sont répercutées dans nos médias, puis il donne quelques détails sur les raisons qui sous-tendent le développement de l'alarmisme ambiant et qui, de fait, profite à beaucoup.
Il rappelle que des scientifiques sont impliqués dans une sorte de processus auto-entretenu (ici un triangle "de fer"). Il dresse également la liste des différentes corporations qui ont tout intérêt à ce que le processus engagé soit poursuivi. En cela, il précise une analyse que j'avais proposée dès le début de la création de ce site (en 2006-2007) qui écartait d'emblée l'éventualité d'un complot (le label infamant de "complotiste" est souvent abusivement attribué à ceux qui ne suivent pas les avis "mainstream") au profit de la convergence d'une série d'intérêts bien compris.

Pour commencer, Lindzen se demande pourquoi et comment des scientifiques participent activement ou passivement (en se taisant) à l'exagération institutionnalisée qu'il a évoquée plus haut dans le texte.

[...]Alors pourquoi les scientifiques participent-ils à cette affaire ?
J'ai décrit la situation auparavant comme relevant d'un "triangle de fer".
Sur un sommet du triangle on trouve les scientifiques qui émettent des affirmations ambigües ou dépourvues de sens. Le rapport scientifique du Groupe de Travail N°1 du GIEC est rempli de ce genre d'affirmations.
Ensuite vient le second sommet du triangle qui est celui des militants et des média qui "traduisent" les déclarations des scientifiques en affirmations alarmistes.Les militants incluent également les Groupes de Travail N°2 et N°3, du GIEC qui traitent des impacts et des remèdes en prenant en compte les pires scénarios provenant du Groupe de travail N°1. Les politiciens font souvent partie prenante des efforts des militants.
Le troisième sommet du triangle implique les politiciens qui répondent aux alarmes en attribuant des crédits supplémentaires aux scientifique du premier sommet.
Pour ce qui est des scientifiques, pourquoi ne seraient-ils pas satisfaits? Les scientifiques devraient-ils éprouver un sentiment de culpabilité au sujet de cette affaire alors qu'ils sont apaisés par deux facteurs irrésistibles ? 1) Les militants définissent ce qu'il est de bon de penser pour le public et 2) Leurs administrateurs se réjouissent du montant des prélèvements sur les contrats de recherche.


Bien entendu, les scientifiques ne sont pas, et de loin, les principaux bénéficiaires. La question actuelle du réchauffement climatique est extrême en ce sens qu'elle concerne un grand nombre de groupe d'intérêts qui ont, de manière opportuniste, de fortes motivations pour croire dans les affirmations catastrophistes malgré l'absence de preuves. Sans ordre particulier, ils impliquent :

 

 

 

 

  • Les économistes gauchistes pour lesquels les réchauffement climatique représente l'exemple ultime de la faillite des marchés (ainsi qu'une merveilleuse opportunité pour suggérer des corrections),
  • Les apparatchiks de l'ONU pour lesquels le réchauffement climatique ouvre le chemin vers une gouvernance mondiale,
  • Les dictateurs du Tiers Monde qui voient le sentiment de culpabilité au sujet du réchauffement climatique comme une opportunité commode pour réclamer de l'aide (ie. le transfert de la richesse des pauvres des pays riches vers les riches des pays pauvres),
  • Les activistes de l'environnement qui sont très friands de tous les problèmes qui ont la capacité de faire peur aux crédules, ce qui les pousse à fournir de juteuses contributions à leurs nombreuses ONG,
  • Les capitalistes de connivences qui voient les gains immenses qui sont rendus disponibles pour l'énergie "soutenable".
  • Les régulateurs gouvernementaux pour lesquels les contrôle d'un produit naturel issu de la respiration, constitue une rêve devenu réalité,
  • Les nouveaux milliardaires qui trouvent que l'objectif "sauver la planète" est tout à fait à la mesure de leurs grandioses prétentions,
  • Les politiciens qui peuvent s'arrimer au catastrophisme du réchauffement climatique en laissant une signature où ils pourront jouer les démagogues sans craindre de contradiction de la part de la réalité ou de complaintes de la part des supposés bénéficiaires de leurs actions,
  • etc. etc.

Bien entendu et tout naturellement, tous les intérêts bien compris énumérés ci-dessus, rejoignent le choeur des militants. Aussi curieux que cela puisse paraître, l'industrie des fossiles elle-même est généralement désireuse de suivre le train. Après tout, ils savent mieux que personne qu'il n'existe actuellement pas de substitut pour les fluides fossiles. Les possibilités les plus proches, le nucléaire et l'hydroéletricité, sont détestés par les environnementalistes. Ainsi, aussi longtemps que les compagnies des fluides fossiles ont, devant elles, un terrain dégagé et libre d'obstacles et peuvent faire passer les dépenses à leurs consommateurs, elles sont satisfaites. [...]

Lindzen aborde ensuite la question du catastrophisme climatique ambiant qui a clairement largement outrepassé l'état de l'art de la Science. Il cite quelques déclarations de climatologues mainstream qui le démentent ouvertement. Parmi des dernières :

"De fait, nombre de supporters scientifiques les plus éminents de l'alarmisme concèdent l'absence de base pour le catastrophisme.[...]

La situation a été le mieux résumée par Mike Hulme, le Directeur du Tyndall Centre à l'Université d'East Anglia (un centre qui se préoccupe du réchauffement climatique) : "Affirmer que le changement climatique sera catastrophique dissimule une cascade d'hypothèses basées sur des opinions qui ne ressortent pas de la science empirique ou théorique."
Même Gavin Schmidt, le successeur de Jim Hansen à la direction du Goddard Institute of Space Studies de la NASA et dont le site, Realclimate.org, est un défenseur de premier plan du réchauffement climatique, n'est pas d'accord avec les affirmations au sujet des extrêmes climatiques :
"On ne trouve pratiquement nulle part, dans la littérature scientifique, des affirmations au sujet des extrêmes climatiques mais ces dernières semblent abonder dans les médias à grand tirage … C'est une perception populaire que de croire que le réchauffement climatique signifie que tous les extrêmes doivent augmenter tout le temps, même si en y réfléchissant 10 secondes on voit immédiatement que c'est un non sens."

Il est intéressant de faire remarquer que la théorie de base de la météorologie nous dit que les extrêmes dépendent largement de la différence de température entre les tropiques et les pôles – choses dont on s'attend à ce qu'ils diminuent dans un monde plus chaud." [...]

… Ce qui n'empêche pas nos médias et nos politiques d'affirmer, haut et fort, que les typhons,ouragans, cyclones, tornade, tempêtes etc. vont augmenter.

Dans la suite, Lindzen illustre les dommages, causés, selon lui, par le monopole gouvernemental en matière d'attribution des budgets de recherche. Il donne quelques exemples de ce qu'il appelle "La science sur commande" ou "La science sur demande" :
Dans l'encadré suivant, les caractères engraissés le sont dans le texte original.

"D'autre part, il existe une grande quantité de "science sur commande" conforme à ce qu'Eisenhower avait prédit.

La Période Chaude Médiévale, bien établie, constitue un problème pour la doxa.
La crosse de hockey de Michael Mann élimine la période chaude médiévale.

La physique de la convection humide exige que le réchauffement soit maximal dans la zone tropicale de la haute troposphère et les modèles le confirment mais les observations ne le montrent pas.
Ben Santer revoit les données pour montrer un maximum.

Le réchauffement significatif s'est terminé il y a environ 18 ans, montrant ainsi que le CO2 n'est pas un facteur déterminant pour le climat.
Tommy Karl ajuste et réarrange les données pour éliminer la pause.

Un grand nombre d'études indépendants indiquent que les radiations émises par la Terre pointent vers une faible sensibilité climatique
[NdT au CO2)].
Andy Dessler ignore les contraintes physiques et mathématiques pour affirmer le contraire (avec, pour résultat, un niveau de signifiance tout à fait négligeable).

La glace de mer antarctique est en augmentation.
Jim Hansen affirme de manière absurde que c'est ce que nous devrions attendre d'un réchauffement du globe (qui, de fait, ne s'est pas produit depuis 18 ans).

Les bases de la dynamique de l'atmosphère impliquent une réduction des événements extrêmes et de la tempétuosité dans un monde plus chaud.
John Holdren invente une théorie ridicule de courants troposphériques polaires pour affirmer que ces courants imaginaires seraient déstabilisés par le réchauffement ce qui conduirait à une tempétuosité de plus en plus extrême.

Il faut remarquer que les 4 premiers items de la liste de "science sur commande" ci-dessus, constituent des manipulations douteuses des données mais n'impliquent que peu d'alarmisme. Par exemple, "l'élimination" de la pause par Karl laisse encore ses données de température bien en dessous de quasiment toutes les projections des modèles. Ceci signifie que les modèles "réchauffent" encore trop. Par contre, les deux derniers items relèvent de la pure imagination d'alarmistes. "[...]

A noter que lorsque Richard Lindzen a rédigé le texte de cette conférence, l'article de Fyfe et al qui dément celui de Karl et al (cité plus haut et par Lindzen) n'était pas encore paru dans Nature Climate Change. Par la suite, Lindzen évoque un article de Pat Michaels qui analyse le biais croissant des publications sur le climat. Lindzen cite et critique vertement plusieurs déclarations absurdes proférées par des politiques (John Kerry, Gina Mc Carthy (chef de l'EPA US), Mrs Figueres (de 'ONU) etc.), par des prélats religieux et des membres du WWF.
Lindzen conclut ainsi :

Alors, où en sommes-nous avec cette affaire de réchauffement climatique ? De manière rétrospective, nous sommes confrontés à trois discours différents.

 

 

 

 

Je qualifierai le premier discours de celui du Groupe de Travail N°1 (WG1) du GIEC. Son discours, bien que supportant grandement la proposition que l'augmentation des gaz à effet de serre constitue un sérieux objet de préoccupation, néanmoins, est relativement ouvert pour ce qui concerne les incertitudes et même au sujet des contradictions associées à cette position. Ses déclarations en public tendent à être vagues et laissent une large place à la contestation tout en évitant soigneusement les hyperboles catastrophistes mais en s'abstenant d'un rejet franc de telles exagérations. Ce premier discours est, en grande partie, le discours de nombre des principaux supporters de l'agenda du réchauffement climatique.

Le second discours est celui de ceux qui sont qualifiés de "sceptiques". Dans une mesure qui n'est pas généralement reconnue, il y a un recouvrement considérable avec le premier discours. Ainsi, bien que les sceptiques puissent admettre que les glaciers alpins se sont réduits depuis de début du XIXe siècle, il sont aussi avertis du fait que les glaciers alpins étaient généralement absents durant la période chaude de l'Optimum Médiéval et que leur retrait plus récent a précédé de plus d'un siècle la période où les gaz à effet de serre anthropiques sont devenus modérément significatifs. En outre, de manière générale, les sceptiques remarquent que le fait que les modèles tournent "trop chaud", c'est à dire que leurs projections pour la période qui va de 1979 au présent, pour la plus grande part, excèdent largement le réchauffement observé, ce qui va dans le sens d'une faible sensibilité climatique [NdT : au CO2]. En général, ils pensent qu'il faut tester la physique qui sous-tend les rétroactions positives des modèles sensibles plutôt que de faire la moyenne des modèles.

Les sceptiques sont aussi beaucoup plus ouverts aux nombreuses causes connues qui provoquent un changement climatique (en incluant les circulations océaniques de longue période, la variabilité solaire et les différents impacts des glaces) et ils ne considèrent pas que le CO2 est l'interrupteur "déterminant" du climat. Cependant, la principale différence entre ces deux premiers groupes est que le second groupe s'oppose ouvertement au catastrophisme ce que le premier ne fait pas.

Le troisième discours est celui des promoteurs politiques de l'alarme climatique. Il inclut les ONG environnementales et la plupart des mass média. Les promoteurs de ce discours incluent également de nombreux contributeurs au Groupe de Travail N°2 (les impacts) et N°3 (les remèdes). De manière générale, le premier [NdT : Le groupe N°2] de ces deux derniers insiste sur les conséquences alléguées par les pires scénarios présentés par le Groupe N°1. C'est ce discours par lequel la science est grandement pervertie. Peu de scientifiques accepteront l'idée que la planète court un risque bien que ce soit la tendance en vogue pour les catastrophistes. C'est aussi ce discours qui ne cesse d'affirmer qu'il est virtuellement unanimement admis. De telles affirmations reposent, en général, sur des études bidons qui, de manière malhonnête, font l'amalgame des points sur lesquels le Groupe de Travail N°1 et les sceptiques sont d'accord avec les troisième discours catastrophiste.

Quiconque jette un coup d'oeil sur n'importe quelle déclaration au sujet du réchauffement climatique identifiera immédiatement de quel discours il s'agit. Malheureusement, pour la plupart des gens, la troisième discours est le seul qu'ils verront.

L'accent massif placé sur le troisième discours a de sérieuses implications pour ce qui est des politiques qui sont proposées pour traiter la question du réchauffement climatique telles que les restrictions d'accès à l'électricité pour 1,3 milliards d'êtres humains qui en sont actuellement dépourvus ainsi qu'une pauvreté accrue pour des millions d'autres avec des implications évidentes pour la santé et la longévité etc. sans oublier l'abandon des bénéfices bien établis pour l'agriculture d'un taux de CO2 en augmentation. Le CO2 est un composé chimique essentiel à la vie comme nous le savons plutôt qu'un polluant (la marine américaine considère que des taux de CO2 de 5000 ppmv sont sans danger à bord de ses sous-marins ; le niveau ambiant est actuellement de 400 ppmv).

Il est clair que la question du climat constitue une urgence. Cependant, ainsi que c'est souvent le cas, l'urgence ne provient pas de la science et de la technologie mais plutôt de la politique. Il vaut la peine de regarder si la science peut jouer un rôle dans l'atténuation de cette urgence. Il est douteux que les réponses viendront des contrats de recherche. Cependant, la science joue gros. Sa raison d'être [NdT : en Français dans le texte], chèrement gagnée, qui constitue notre outil le plus efficace pour des analyses objectives est en train d'être dilapidée et, avec elle, le support et la confiance du public.

Si nous ne faisons rien pour arrêter cette folie, la science sera, à juste titre, considérée comme un nouveau racket. Ceci pourrait alors être un dommage collatéral que nous ne pouvons nous permettre.

En résumé sur ce dernier chapitre, le point de vue de Richard Lindzen (que je partage) est parfaitement clair :

Les scientifiques s'opposent sur un certain nombre d'interprétations et de lecture des données observationnelles dont certaines remettent en cause les théories en vigueur, ou du moins, leur utilisation avec des paramètres jugés excessifs.
Les premiers et second discours (celui des mainstream et celui des sceptiques) s'inscrivent parfaitement dans la ligne de l'histoire des sciences. Aucune théorie, jamais dans l'histoire récente, n'a été acceptée sans de (parfois très) longues discussions et, dans de nombreux cas, ce sont les minoritaires qui ont obtenu gain de cause (e.g. Pasteur, Einstein, Wegener, Warren et Marshall, Darwin etc.). Ainsi va la Science et tout cela est normal et souhaitable.

Par contre, le troisième discours pose de sérieux problèmes. Il est le fait des politiques, des activistes et des médias dont on peut se demander en quoi ils sont qualifiés pour prendre parti dans un domaine aussi complexe que le climat où s'opposent encore un grand nombre de scientifiques renommés. Malheureusement, comme le fait observer Lindzen, c'est ce troisième discours qui s'est imposé dans la croyance populaire.

3) Conclusions

Ce billet est une illustration frappante du fonctionnement réel de la science climatique qui est soigneusement dissimulée au public par les médias, les activistes et les politiques.

En réalité, les chercheurs du domaine s'opposent encore sur des questions aussi fondamentales que le rôle exact de la variabilité naturelle, de la sensibilité climatique à l'augmentation du CO2, de l'importance des oscillations océaniques ou des fluctuations de l'astre solaire.

En fait, derrière l'écran de fumée médiatico-politique, la recherche progresse comme elle l'a toujours fait, par une suite d'erreurs, de conflits et de corrections. La vérité est qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire avant de comprendre comment fonctionne réellement le climat et de savoir s'il est pertinent de réagir ou non. Ainsi, si la sensibilité climatique est faible voire proche ou même inférieure à 1°C comme le pensent Richard Lindzen et beaucoup d'autres, il est inutile, voire nuisible, de faire quoique ce soit.

Mais bien sûr, cette vérité, cette évidence (pour les scientifiques), ne fait pas l'affaire des activistes, des politiques et des médias qui se sont malheureusement emparés de cette histoire en se réclament d'un consensus qui n'existe manifestement pas. Ces comportements, plus ou moins conscients, pourraient entraîner des conséquences désastreuses dans l'avenir.

Stay tuned !

Pensée unique 12/3/2016

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