La langue française fait la Nation

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé sa volonté de développer l'enseignement de l'arabe dès la classe de CP. Pour Fatiha Boudjahlat, la ministre favorise dans les faits un repli identitaire : les langues font les communautés, mais c'est le français qui fait la nation.

Fatiha Boudjahlat est Secrétaire Nationale du MRC à l'Education, engagée pour la laïcité et l'égalité homme-femme.

La langue n'est pas qu'un outil communicationnel. Lorsque la Ministre prétend professionnaliser l'enseignement des langues vivantes dans un contexte de ghettoïsation socio-ethnique renforcée par sa réforme des collèges, elle renforce les craintes et la réalité du communautarisme.

L'apparition des langues est d'emblée politique dans le livre de la Genèse , dans le fameux épisode de la Tour de Babel: «La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots (…)»… «Dieu descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. «Eh bien, dit le Seigneur, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première œuvre! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible! Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendant plus les uns les autres». En annonçant sa volonté de développer l'enseignement de l'arabe dès la classe de CP, Mme Vallaud -Belkacem joue au dieu de la Genèse: elle brouille une communauté nationale déjà fragilisée. Ce n'est pas une erreur, c'est un signal de ralliement communautariste. L'intention, comme toujours avec la Ministre, semble légitime, mais les faits démontrent une faute lourde. Son intention? Développer l'enseignement des langues étrangères, anglais, allemand, turc, arabe, italien… dès la classe de CP, dans un large éventail qui devra cependant correspondre aux demandes des familles. Deuxième intention: professionnaliser leur enseignement en ramenant cet enseignement dans le giron de l'Education Nationale, ce que ne permettait pas le dispositif ELCO. Dans les faits, qui choisira l'enseignement de l'arabe dès le CP? Les enfants et petits enfants d'immigrés des pays arabes.

Des paroles faussement maladroites, vraiment clientéliste



La Ministre a évoque l'enseignement de l'arabe au travers du dispositif ancien des ELCO , Enseignements de Langue et Culture d'Origine, datant dans les faits des années 1970. Il concerne de nos jours selon les chiffres du Haut Conseil à l'Intégration, 92500 élèves, dont 87000 scolarisés dans le primaire. «Initié dans les années 1970, l'ELCO avait pour objectif d'offrir aux enfants issus de l'immigration des enseignements leur donnant la possibilité de se réinsérer facilement dans leur système scolaire d'origine en cas de retour au pays. Aujourd'hui, cet enseignement est ouvert à tous, quelle que soit l'origine des élèves. L'ELCO participe à la valorisation des langues étrangères et encourage la diversification des langues et cultures étudiées à l'école.» Ce dispositif de l'ELCO a évolué: l'arabe n'est plus une langue des migrants. Elle s'intègre au panel des langues proposées en primaire. Mais soyons à la fois lucides et honnêtes: qui prendra l'arabe ou le turc? Dans les quartiers populaires, qui fera le choix de l'anglais, de l'espagnol, de l'arabe? La dimension affective et identitaire n'est pas la même pour ces langues, l'équivalence n'existe que pour les naïfs. La Ministre favorise dans les faits un repli identitaire. Parce que les langues font les communautés, mais c'est le Français qui fait la Nation.

Avec ce dispositif de l'ELCO, la France anticipait un retour au pays des immigrés. C'est bien dans le cadre de circulations des migrants économiques que prend sens la directive:77/486/CEE du Conseil de l'Europe, datée du 25 juillet 1977: «Parmi les actions à entreprendre en priorité, celles tendant à améliorer les conditions de la libre circulation des travailleurs ayant trait notamment à l'accueil et à l'enseignement de leurs enfants; (…) considérant qu'il importe également que les États membres d'accueil prennent, en coopération avec les États membres d'origine, les mesures appropriées en vue de promouvoir l'enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d'origine desdits enfants, afin notamment de faciliter leur réintégration éventuelle dans l'État membre d'origine». Intention à peine louable, dictée par l'UE, dans un contexte de regroupement familial lié à l'immigration de travail des années 70-80. Ce dispositif visant à faciliter la circulation et le retour au pays, à maintenir donc les enfants dans le lien linguistique et culturel avec leur pays qu'ils n'avaient quittés qu'un temps. Il est devenu obsolète pour des enfants nés en France et y faisant leur vie: Nous ne sommes plus dans des circulations internationales avec un retour au pays sur le modèle de ce dont avait rêvé Valéry Giscard d'Estaing et qu'il avait tenté de mettre en place par des incitations financières. Mais trop longtemps, les ELCO, ont été sous-traités, délégués, quelquefois dans les locaux mêmes des écoles, à des locuteurs des pays d'origine, sans contrôle ni expertise, nommés par les ambassades et consulats des pays étrangers. Ainsi, l'article 3 de la Directive 77/486/CEE du Conseil, du 25 juillet 1977, visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants de l'UE stipulait: «Les États membres prennent, (…) en coopération avec les États d'origine, les mesures appropriées en vue de promouvoir, en coordination avec l'enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d'origine en faveur des enfants visés à l'article 1er». Cette coopération s'est traduite par une mise à disposition de personnels sans contrôle de l'administration, trop heureuse de se dispenser de trouver des personnels qualifiés. Or, ces enseignants non professionnels ont eu tendance à transmettre plus des éléments linguistiques, mais des éléments culturels et civilisationnels, qui pour des pays à la religion d'Etat, obèrent la distinction entre le culturel et le cultuel, et travaillant à maintenir un lien et une attache avec ces enfants, futurs porteurs de devises. Et de notre côté? Toujours cette fausse générosité du différentialisme: donner selon les besoins ethniques et religieux plutôt qu'accueillir comme égaux et permettre l'intégration.

Soulignons la cohérence de l'ensemble: La suppression complète, puis le retour très marginal de l'option latin mise en regard avec l'enseignement de l'arabe au CP, sans budget, sans moyen humain, va dans le sens du relativisme ambiant qui cherche à minorer l'antériorité latine et judéo-chrétienne de la France. La suppression des classes bilangues, en dehors de l'académie de Paris montre bien qu'il ne s'agit pas d'une volonté de développer la maîtrise des langues étrangères. Il y a là la distillation d'une équivalence entre les langues et les cultures, alors même que la Ministre a évoqué, pour justifier la suppression de ces options d'excellence non sélectives, les «singularités territoriales». Par ce paradoxe, elle acte la volonté d'adapter l'enseignement et les exigences aux réalités sociales devenues socio-ethniques du terrain, sous l'effet de la ghettoïsation. Que révélera la carte de l'enseignement de l'arabe en classe de CP? Une égale et harmonieuse distribution spatiale? Ou un élément supplémentaire de ghettoïsation? Quand des bretons apprennent l'arabe en primaire, c'est de l'ouverture culturelle. Quand des arabes apprennent l'arabe en primaire, c'est du clientélisme et de l'assignation identitaire. Alors que l'enseignement de l'arabe par des fonctionnaires qualifiés pourrait être l'occasion d'une ouverture culturelle, il sera, en plus de l'application de la réforme du collège, un instrument supplémentaire d'assignation à résidence et à identité ethnique et religieuse, parce qu'il sera enseigné dans les espaces de forte concentration arabophone. Car l'arabe ne doit pas être la langue de la fidélité aux origines ou pire, être enseignée comme elle l'a trop souvent été dans les ELCO comme la langue traditionnelle encombrée d'éléments religieux. Elle doit être enseignée comme une langue étrangère, au même titre et avec les mêmes exigences imposées à l'Anglais. Mais si elle est enseignée dans les espaces de population à majorité arabophone, et ce dès le CP, année cruciale, elle rendra les enfants étrangers à leur propre pays.

Rappelons le rôle primordial de la classe de CP: apprendre et maîtriser la lecture et l'écriture de la langue de son pays. Les langues étrangères dont l'enseignement saupoudré est réduit en primaire à un aspect ludique, ne doit plus masquer le besoin le plus criant: c'est la maîtrise de la langue française, écrite et orale, qui doit être la priorité du Ministère, alors même qu'une étude de 2004 la Direction de l'Évaluation, de la Prospective et de la Performance signalait qu'à l'entrée en 6e, «seuls 30% des entrants ont une maîtrise de la langue écrite correspondant aux objectifs assignés par le ministère à notre enseignement primaire ; à l'autre pôle, 15% n'ont pas les compétences requises pour suivre une scolarité secondaire ; et parmi les 55% restants, un élève sur deux dispose de compétences qui sont loin de lui assurer une scolarité normale au collège». Même le libéral Jacques Attali affirmait dans son rapport remis en Octobre 2010: «Sauver l'école primaire est le principal moteur de croissance». Il ne peut y avoir de réussite scolaire sans maîtrise de la langue française, dont l'enseignement est saupoudré dans la logique transdisciplinaire à la mode: on en fait en Sport, on en fait en Maths. On n'en fait plus tellement en cours de français. Le Ministère de l'Education Nationale fabrique de l'échec scolaire justifiant l'abaissement des exigences selon une logique misérabiliste. Cet échec scolaire est socialement différentié puisque les réformes désastreuses des 20 dernières années ont contribué à «renforcé le rôle invisible des parents», qui eux apporteront ce que l'Ecole a renoncé à transmettre. M. Attali soulignait l'enjeu économique, il faut souligner l'enjeu politique. Par ce que les langues sont instrumentalisées pour créer des communautés, légitimer leur existence et donc leurs revendications politiques. Les langues régionales et étrangères sont instrumentalisées pour fabriquer des communautés. La langue française, elle, fait la Nation.

Les Langues régionales et étrangères font les communautés, la langue française fait la Nation.

Deux exemples pour montrer l'importance de l'enseignement du Français, et du français seul, en classe de CP et de CE:

François Hollande s'est démené, sous la pression de l'UE, pour inscrire dans le titre premier de la Constitution de la Vème République, celui relatif à la souveraineté, les langues régionales, tentative que le Sénat a fait échouer en octobre 2015. Il ne s'agissait rien de moins que de créer de manière romantique les clientèles basées sur les allégeances anciennes allégeances, territorialisées.

Sous couvert du folklore des langues, il s'agissait d'une attaque frontale contre un des principes fondamentaux de la République Française. Ces langues régionales figuraient déjà dans la Constitution, au chapitre des collectivités territoriales, chargées de les promouvoir.

L'article 2 de la Constitution de 1958 stipule que «La langue de la République est le français. L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L'hymne national est la “Marseillaise”. La devise de la République est “Liberté, Egalité, Fraternité”.» La langue est un vecteur identitaire et un facteur d'unité politique, c'est pour cela que la reconnaissance du français comme langue de l'Etat et de la Nation est présente dès le deuxième article de cette règle fondamentale. Notre langue se trouve d'emblée associée à des symboles, vecteurs du sentiment d'appartenance à la Nation. Il ne s'agit donc pas d'un simple aspect pratique. Débattant avec une personne sur un réseau social à propos de la reconnaissance des langues régionales, celle-ci se targuait de parler plusieurs langues étrangères, mettant au même niveau le français, l'anglais et l'Occitan. C'est dramatiquement révélateur que de réduire le français à la même fonction d'usage qu'une langue étrangère. Et dans le contexte actuel, il est évident que les enjeux liés à l'enseignement de l'arabe et de l'anglais ne sont pas les mêmes. Parce que la charge affective et historique n'est pas la même.

-Second exemple: M. Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, s'exprimant en Corse lors de la première séance solennelle: Le recours à cette langue par un homme exerçant cette fonction, dans cet espace politique était tout sauf anecdotique: il fut le symptôme d'une dilution de la France dans laquelle la Gauche, canal historique et cynique du PS, canal ésotérique des gauchistes, canal folklorique et pathétique des Verts, a joué un rôle d'initiateur et d'accélérateur. Le français, en France, n'a pas qu'une valeur d'usage. La langue sert de base à des revendications politiques, ce n'est pas un folklore anodin. La langue est un vecteur d'identité, c'est la langue de l'Etat, de la Nation, ce qui lui confère sa dimension politique. M. Talamoni, président de l'Assemblée Corse, s'exprimant en Corse en séance, c'est bien là une attaque contre la Nation et l'Etat français et son autorité, de la part de celui qui a décrit la France «comme un pays ami». M. Hollande, par sa volonté de faire inscrire les langues régionales dans le premier titre de la Constitution, dans la droite file eurocrate du fédéralisme et de l'Europe des régions, contre celle des Nations, a fait tomber la France dans le piège nationaliste et séparatiste, parce que M.Talamoni peut se prévaloir de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires du Conseil de l'Europe. On ne peut mettre sur le même plan juridique le Français, langue de la Nation, les langues régionales, langues des peuples, et les langues étrangères comme l'anglais et l'arabe.

Enseigner une langue n'a rien d'anodin. La preuve nous en est donnée par le versant sud de la Méditerranée., avec la loi du 16 janvier 1991 sur l'arabisation adoptée en Algérie et appliquée assez inégalement dans le temps. La lecture est articles 2 et 3 du premier chapitre est édifiante et nourrit utilement le débat. Article 2: «La langue arabe est une composante de la personnalité nationale authentique et une constante de la nation. Son usage traduit un aspect de souveraineté. Son utilisation est d'ordre public. Article 3 Toutes les institutions doivent œuvrer la promotion et à la protection de la langue arabe et veiller à sa pureté et à sa bonne utilisation. Il est interdit de transcrire la langue arabe en caractères autres que les caractères arabes.» La langue est bien un instrument de la souveraineté, sa dimension politique est évidente, la volonté de pureté linguistique est préoccupante dans son implicite: revenir à la pureté de la communauté arabe passe par une langue arabe purifiée des scories de la colonisation, de l'immigration et de la cohabitation avec les peuples berbères. Le cylindrage intellectuel et culturel de la langue a conduit le roi Mohamed VI au processus inverse en mettant fin à ce processus d'arabisation. L'enseignement de l'arabe dans les quartiers à majorité arabophone maintiendrait ces enfants dans un statut d'extra-territorialité, les laissant étrangers dans leur pays.

L'UE, encore l'UE: par deux biais

Considérons un instant la Charte européenne des langues minoritaires et régionales du Conseil de l'Europe . La Charte, et c'est significatif, a été élaborée à partir d'un texte proposé par la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe, puis adoptée par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe le 25 juin 1992. Lionel Jospin, qui décidément aura beaucoup œuvré pour défaire la souveraineté de la France, l'a signé en 1999. Vingt-cinq Etats l'ont ratifiée, dont dix-sept membres de l'Union européenne. Deux membres de l'Union européenne n'ont pas procédé à sa ratification: la France et Malte. Le Sénat mérite la reconnaissance éternelle de tous les républicains, tant la pression de l'UE et du Président Hollande étaient forte, d'avoir mis en échec l'inscription de cette charte dans le titre I de la Constitution de 1958, suivant en cela les recommandations du Conseil d'Etat. Cette Charte se prétend essentiellement culturelle, mais elle vise à promouvoir les grandes régions ethnolinguistiques pour mieux affaiblir les Etats Nations.

 

La définition que ce texte dans son chapitre 1 et article premier donne de la langue régionale et minoritaire est problématique: «Par l'expression «langues régionales ou minoritaires», on entend les langues: pratiquées traditionnellement sur un territoire d'un Etat par des ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur au reste de la population de l'Etat; différentes de la (des) langue(s) officielle(s) de cet Etat; elle n'inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l'Etat ni les langues des migrants». Mais par le jeu de l'immigration massive, du droit du sol et de la démographie, la langue arabe relève-t-elle encore de la langue de migrants? Enseignée dès le CP, et par la grâce funeste de l'UE, elle peut prétendre au statut protégé de langue minoritaire. Ce qui est une évolution lourde de conséquences.

Le lien entre langue, peuple et donc revendications politiques minoritaires est fait un peu plus loin dans la Charte. Dans la deuxième Partie, dans son Article 7 – Objectifs et principes: «En définissant leur politique à l'égard des langues régionales ou minoritaires, les Parties s'engagent à prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues. Elles sont encouragées à créer, si nécessaire, des organes chargés de conseiller les autorités sur toutes les questions ayant trait aux langues régionales ou minoritaires.» Il n'y aurait donc plus l'intérêt général, définition même de la République, la chose publique, il y aurait des intérêts particuliers de différents groupes linguistiques mais donc ethniques. Le mot citoyen n'est pas cité, il y a des locuteurs. Et des exigences politiques liées à la pratique de ces langues. Il ne s'agit pas de folklore. Ce sont bien les tribus contre la Nation. Avec des interlocuteurs, des leaders communautaires désignés comme interlocuteurs des politiques. C'est habile. C'est funeste. Si on y ajoute la volonté des régionalistes, des Verts, de voir la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon prendre le nom d'Occitanie, on mesure sans excès de créer une Europe fédérale des euro-régions-pays, en défaisant au passage les Etats-Nations. La langue est un moyen de ressusciter les tribus. La Langue Française cimente la Nation Française et permet le compatriotisme, c'est-à-dire, au-delà du patriotisme et de l'attachement à sa terre et à son histoire, le fait de reconnaitre en l'autre son compatriote, son égal et son frère en Nation: c'est le sens de la fraternité.

Mme Vallaud-Belkacem interprète des scènes écrites par d'autres œuvrant à l'affaissement de la souveraineté de la France. En Nation française, l'arabe ne doit pas être enseigné dans le CP. Aucune langue étrangère ne devrait d'ailleurs être enseignée au CP. Il n'y a pas d'équivalence à installer entre toutes les langues du monde, dans une idéologie relevant de l'esperanto. La France a légitimement le droit d'exiger que sa langue soit la langue première et la langue commune.

Fatiha Boudjahlat

Secrétaire Nationale du MRC à l'Education




FIGAROVOX/TRIBUNE 16/06/2016

 



 

 

Iris Canderson 17/6/2016

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