Où est la vraie guerre ?

C‘est la chanson des 3 candidats démocrates à la présidence des Etats-Unis H Clinton B Obama et J Edwards. Et c’est le refrain du dernier candidat démocrate John Kerry et de l’actuel chef de parti Howard Dean qui se plaint qu’ »on n’ait pas assez de troupes en Afghanistan, car c’est là où a lieu la vraie bataille contre la terreur »

De tous les arguments contre la guerre en Irak, celui de l’importance de l’Afghanistan me semble être le moins sérieux. Et ce n’est pas parce que nous n’avons pas les moyens de mener les 2 fronts à la fois, notre budget de la défense équivalant à l’ensemble des budgets du reste du monde. Parce que cet argument part de la fausse hypothèse que l’Afghanistan est plus important que l’Irak sur le plan stratégique.

Imaginez un Martien ou tout autre observateur totalement neutre qui débarque et vous lui dîtes que les Etas-Unis sont engagés sur deux fronts de lutte contre des insurgés islamiques. L’un c’est l’Afghanistan, pays marginal sur le plan géographique, sans ressource (autre que le pavot) et sans infrastructure industrielle. L’autre est l’Irak, l’un des trois états arabes qui compte en matière de réserves pétrolières, qui a une population éduquée et formée et qui, malgré les années de déclin sous la férule d’un Saddam Hussein, est prête à revivre. Sa situation stratégique donne à ses gouvernants une énorme influence dans le Golfe persique. Alors demandez au Martien où se trouve la vraie bataille. Il ne comprendra même pas pourquoi vous lui posez cette question.

La réponse est déjà donnée par al Qaeda, à plusieurs reprises. Osama ben Laden qui se cache quelque part en Afghanistan, à la frontière avec le Pakistan, a été explicite « la question la plus importante aujourd’hui pour le monde entier est que cette 3ème guerre mondiale se passe en Irak« . Le N°2 d’al Qaeda Ayman al Zawahiri a dit que « l’Irak est maintenant le lieu de la plus grande bataille de l’Islam« .

Et ce n’est pas ce que dit al Qaeda qui est important, mais ce qu’elle fait. Où sont dirigés tous ceux qu’on recrute pour le jihad? Où vont les candidats au suicide? Surtout en Irak. Ils savent que c’est là où ils recevront la plus grande récompense divine.

L’insistance des démocrates sur la primauté de l’Afghanistan n’a pas de sens sur le plan stratégique. En fait ils soutiennent cette thèse parce que la source de la guerre y est plus propre, le casus belli y est plus clair, la fin plus morale est plus confortable à l’esprit.

La guerre en Afghanistan est une revanche juste et consensuelle, l’application de la loi à grande échelle. Comme le dit le sénateur et candidat présidentiel, Joe Biden « s’il y avait une guerre totalement juste depuis la dernière guerre mondiale, c’est bien celle de l’Afghanistan »

Si nos ressources étaient si limitées que nous devrions choisir entre deux fronts, le Martien choisirait l’Irak. Tout simplement parce que contrairement à la majorité des sénateurs démocrates, il n’a pas voté il y a 4 ans pour autoriser la guerre d’Irak; parce que lui ne se sent pas coupable et n’a pas besoin de calmer sa conscience en faisant des choix absurdes, en choisissant de se battre pour une « cause totalement juste » ailleurs.

On peut se poser des questions sur les risques pris pour renverser Saddam Hussein ou sur l’opportunité d’avoir créé un nouveau front. Mais en 2007, on ne peut pas raisonnablement mettre en question que le front Irakien n’est pas le front le plus important dans la lutte contre le terrorisme. On ne peut pas y échapper.

La nostalgie de « la bonne guerre » menée en Afghanistan est peut être utile pour encourager les démocrates opposés à la guerre, à financer celle-ci. Mais ce n’est nullement l’argument qu’on doit avancer pour abandonner l’Irak.

Note du traducteur

Les attentats-suicide en Afghanistan sont en train de prendre de l’ampleur. Depuis que le président du Pakistan Mousharaf a signé un pacte de non-belligérance avec les tribus insurgées du Waziristan, les talibans réfugiés au Pakistan rentrent librement en Afghanistan, en utilisant les méthodes terroristes qui ont fait leurs preuves en Irak. En fait il y a 2 fronts dangereux que les Etats-Unis doivent appréhender avec la même vigueur et la même ténacité.

Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com


WHICH IS ‘THE REAL WAR’?


By Charles Krauthammer -letters@charleskrauthammer.com
March 30, 2007- Washington Post

« Our bill calls for the redeployment of U.S. troops out of Iraq so that we can focus more fully on the real war on terror, which is in Afghanistan. »
– House Speaker Nancy Pelosi, March 8

The Senate and the House have both passed bills for ending the Iraq war, or at least liquidating the American involvement in it. The resolutions, approved by the barest majorities, were underpinned by one unmistakable theme: wrong war, wrong place, distracting us from the real war that is elsewhere.
Where? In Afghanistan. The emphasis on Afghanistan echoed across the Democratic side of the aisle in Congress from Rep. Sheila Jackson-Lee to former admiral and Rep. Joe Sestak. It is a staple of the three leading Democratic candidates for the presidency, Hillary Clinton, Barack Obama and John Edwards. It is the refrain of their last presidential candidate, John Kerry, and of their current party leader, Howard Dean, who complains that « we don’t have enough troops in Afghanistan. That’s where the real war on terror is. »
Of all the arguments for pulling out of Iraq, the greater importance of Afghanistan is the least serious.
And not just because this argument assumes that the world’s one superpower, which spends more on defense every year than the rest of the world combined, does not have the capacity to fight an insurgency in Iraq as well as in Afghanistan. But because it assumes that Afghanistan is strategically more important than Iraq.
Thought experiment: Bring in a completely neutral observer — a Martian — and point out to him that the United States is involved in two hot wars against radical Islamic insurgents. One is in Afghanistan, a geographically marginal backwater with no resources and no industrial or technological infrastructure. The other is in Iraq, one of the three principal Arab states, with untold oil wealth, an educated population, an advanced military and technological infrastructure that, though suffering decay in the later years of Saddam Hussein’s rule, could easily be revived if it falls into the right (i.e., wrong) hands. Add to that the fact that its strategic location would give its rulers inordinate influence over the entire Persian Gulf region, including Saudi Arabia, Kuwait and the Gulf states. Then ask your Martian: Which is the more important battle?
He would not even understand why you are asking the question.

Al-Qaeda has provided the answer many times. Osama bin Laden, the one whose presence in Afghanistan (or some cave on the border) presumably makes it the central front in the war on terror, has been explicit that « the most . . . serious issue today for the whole world is this Third World War that is raging in Iraq. » Al-Qaeda’s No. 2, Ayman Zawahiri, has declared that Iraq « is now the place for the greatest battle of Islam in this era. »
And it’s not just what al-Qaeda says, it’s what al-Qaeda does. Where are they funneling the worldwide recruits for jihad? Where do all the deranged suicidists who want to die for Allah gravitate? It’s no longer Afghanistan but Iraq. That’s because they recognize the greater prize.

The Democratic insistence on the primacy of Afghanistan makes no strategic sense. Instead, it reflects a sensibility. They would rather support the Afghan war because its origins are cleaner, the casus belli clearer, the moral texture of the enterprise more comfortable. Afghanistan is a war of righteous revenge and restitution, law enforcement on the grandest of scales. As senator and presidential candidate Joe Biden put it, « If there was a totally just war since World War II, it is the war in Afghanistan. »

If our resources are so stretched that we have to choose one front, the Martian would choose Iraq. But that is because, unlike a majority of Democratic senators, he did not vote four years earlier to authorize the war in Iraq, a vote for which many have a guilty conscience to be soothed retroactively by pulling out and fighting the « totally just war. »
But you do not decide where to fight on the basis of history; you decide on the basis of strategic realities.

You can argue about our role in creating this new front and question whether it was worth taking that risk to topple Saddam Hussein. But you cannot reasonably argue that in 2007 Iraq is not the most critical strategic front in the war on terrorism. There’s no escaping its centrality. Nostalgia for the « good war » in Afghanistan is perhaps useful in encouraging antiwar Democrats to increase funding that is needed there. But it is not an argument for abandoning Iraq.

Albert Soued 1/4/2007

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