La théorie du complot à la française

Pour les partisans de la théorie du complot à la française, le libéralisme est confondu avec l’affairisme et l’immoralisme ; pis, il est une sorte de fascisme non dit, Sarkozy n’est-il pas considéré comme pire que Le Pen pour certains ?… Donc, comme le monde entier est dominé par quelques firmes, l’idée de Nation disparaît, on l’avait déjà vu en 1914 chez les léninistes et les anarchistes où l’idée que la France et l’Allemagne pouvait se faire la guerre pour autre chose que des marchés semblait saugrenue.Il existe aussi un autre aspect dans lequel la théorie du complot excelle, celui de l’intime ; en effet si l’ordre libéral règne, donc tout est permis, le capitalisme, au fond, peut être étendu partout, tout se paye, même l’intimité des relations humaines, on n’y peut rien, autant en profiter tout en le dénonçant bien sûr puisque celle-ci permet de construire des carrières médiatiques, politiques, même universitaires.

Le capitalisme en tant que technique se voit alors détournée de sa fonction première, celle de la rationalisation des termes de l’échange, et devient au niveau des moeurs un moyen de se vendre au plus offrant tout en mettant le phénomène sur le dos de l’ordre libéral : un peu comme l’Etat français qui met tout ce qui va mal sur le dos de Bruxelles.

Cette façon de faire s’est bien développée à gauche et à l’extrême gauche depuis au moins les années 70 : il suffit de maudire le capitalisme (et aujourd’hui le libéralisme), mais de faire comme lui en privé et aussi dans son job (peaux de banane et non renvoi de l’ascenseur). Le libéralisme en bouc émissaire de ce qui va mal sur Terre (n’est-il pas dorénavant la cause même du dit réchauffement climatique ?).

Par un tour de passe passe incroyable les deux cent millions de morts du communisme (si l’on compte la Chine) sont oubliés, et même justifiés parfois, il suffit d’observer comment la mise à sac du Zimbabwe est, actuellement, à peine souligné dans la presse française (à la différence de la presse anglosaxonne, même de gauche).

Ne parlons pas de l’islamisme évidemment qui trouve tant d’écoute en France du point de vue de la théorie du complot (le réseau Voltaire) puisqu’il serait financé par la CIA évidemment. Pourtant, l’Ethiopie vient de signaler que sur 31 djihadistes arrêtés, 17 étaient d’origine étrangère (Herald Tribune du 11 avril) ; deux djihadites viennent de se faire sauter à Casablanca ; est-ce à cause de la présence américaine en Irak ?…Pas sûr…

L’Irak… Le Monde, titrait le 10 avril quelque chose comme Les Américains ont été d’échec en échec, alors que les djihadistes fomentent précisément chaque jour leur tuerie pour exister grâce à ce genre de titres ; incapables de continuer leur diablerie aux USA même, ils profitent de n’importe quel terrain propice pour faire une guerre qu’ils ont décidé de mener jusqu’au bout.

Aussi, et même si des revers sont toujours possibles, à partir du moment où l’on sait que ce n’est pas la politique américaine ou occidentale, ni même le conflit judéo-arabe qui est la cause du djihadisme, mais son refus de la modernité qui l’oblige à renoncer à l’absolutisme pour devenir une religion comme les autres, alors les choses s’éclaircissent et l’on se dit qu’un tel titre en cinq colonnes à la une d’un journal comme Le Monde dénote bien plus une ignorance (réelle) des dangers de l’heure qu’une connaissance effective de ce qui se passe vraiment là-bas et qui ne dépassera jamais en horreur les trois millions de morts exécutés par les sbires de Saddam. Il faudrait un siècle pour y arriver en s’appuyant sur le décompte actuel de 100 par jour (115 au Brésil…).

Mais sur l’Irak, il est vrai, toute la classe politico-médiatique française est d’accord, et ce non pas parce la critique des erreurs est salutaire, mais bien parce qu’une victoire de la liberté démocratique en Irak sonnerait le glas de la politique arabe de la France faite de soutien aux dictateurs et à l’islam Constitution d’Etat ; cela sonnerait également le glas de toutes les conceptions tiersmondistes considérant que c’est par l’Etat que le développement est possible ; cela sonnerait enfin le glas évidemment de l’arabo-islamisme (qui tend à faire de l’Afghanistan un second Irak) dans sa volonté d’imposer partout l’absolutisme.

De tels enjeux, sont hors de portée théorique et pratique d’une classe politico-médiatique et intellectuelle française des plus médiocres, hormis une poignée qui heureusement sauve la face d’une France qui devrait moins se moquer de la paille qu’elle voit dans l’oeil américain… Car, d’ici quelques temps, rira bien qui pourra rire…

Lucien SA Oulahbib 11/4/2007

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