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L’universel mis à mal par le « global care »

Les récentes mobilisations contre la réforme du système de retraite français oublient semble-t-il une chose : l'idée sous-jacente consistant à universaliser "à toutes et à tous" ses conditions d'accès se fait au nom de la justice que ces mêmes manifestants déclament en théorie et en pratique : partage des richesses par l'accroissement de la dite "redistribution" (qui absorberait déjà près des 2/3 des 46,1% du PIB français championne du monde 2019 d'après l'OCDE).

Le gouvernement a alors beau jeu de mettre en scène ces beaux principes, peu importe si le fisc déshabille Paul pour habiller Pierrette (ou l'inverse de nos jours) puisque Paul est vu comme "riche" (avec 2500€ net, il paye déjà 600 euros, enlevez loyer, nourriture, téléphone, etc, vous avez le gilet jaune) un favorisé donc; qu'à cela ne tienne ! Il peut fort bien payer plus afin qu'il n'y ait plus "de pension à moins de mille euros mensuels" clame t-on en haut lieu; ou comment le gouvernement prend à son propre piège toute la population y compris de gauche qui pensait que la solidarité consistait à seulement payer plus d'impôts alors que là il s'agit, en plus, de payer plus de cotisations, y compris pour renflouer les caisses de services dits publics en déficit chronique alors que leurs agents partent bien plus tôt et qu'ils n'ont pas les mêmes conditions du travail que naguère…

La philosophie générale de cette compression fiscale viserait au fond à rattraper les inégalités de naissance, de formation, de statut, non pas en favorisant l'accès à l'initiative et donc à l'emploi (par exemple en supprimant les impôts de production sur dix ans pour les créations d'entreprise et les TPE/PME/ETI, en supprimant le monopole de la formation ou sa captation par une bureaucratie par ailleurs idéologisée) mais en taxant les plus "chanceux" alors que pour beaucoup leur "gain" vient de la sueur de leur front, de leur travail acharné, produit de leur formation assidue (tandis que d'autres jouaient aux cigales)Tant pis ! L'avocat, ce nanti, payera le double de cotisation pour suppléer à toute la gabegie générale refusant toujours par exemple de bien prendre en considération l'apprenti et d'accompagner en formation la personne ne s'autorisant pas parfois à aller vers des métiers mieux rémunérés.

Loin de cette complexité (psychosociologique) là, nécessitant une plus grande dextérité dans l'analyse affinée, il est désormais non seulement de bon ton de voir en chaque citoyen "l'humain" (et en Occident "patriarcal et blanc" le premier serait la source de tous les maux comme le clame la jeune activiste suédoise), mais il s'agit également de seulement le saisir comme "misérable" de naissance, surtout lorsqu'il est "issu de milieux défavorisés" (qui s'étendent aujourd'hui à la Terre entière en attendant Mars) c'est l'handicapé élevé au rang de modèle.

Il s'agirait alors de l'assister, le prendre en charge, comme un corps à la peine qu'il s'agit de modéliser, ou le global care; et pour y faire on ponctionnera donc Paul(ette), lourdement si il/elle a bien réussi, à la force du poignet souvent (les fils à papa sont plutôt là pour la sermonner de ne pas "en faire assez…" pour "la planète" aussi, dernier amendement à la mode) et, en sus des lycées et autres universités parking, sera construit également des médiathèques en guise d'hôpital pour leurs âmes en déshérence (d'où le désir de "tagger" tout cela sinon plus).

 Ce processus du global care advient de plus en plus comme partie prenante du vaste programme techno-scientiste visant à modéliser le corps comme matrice croisant divers flux (consommations diverses) sous-tendu par du "care" de telle sorte qu'un excès dans tel flux produit une prise en charge "care" par tel autre flux ; sauf que le modèle surchauffe, surtout en France (déficits abyssaux, mais ce n'est pas le seul pays : Japon, USA, Chine…).

Il faut bien alors sonner le tocsin (anti-tabagisme, anti-alcoolisme, anti-vitesse sur autoroutes…hausse des cotisations…) sauf que rien n'y fait, les jeunes commençant même plus tôt à s'autodétruire (conseillés par d'autres flux, plus ésotériques…) du fait d'une absence réelle de prise en charge spirituelle multiforme ne réduisant pas les individus seulement à du "care" à des "cibles" des outils (pour prendre "le"pouvoir aussi…) alors qu'ils sont également des humains aspirant à créer leur vie au sein d'une citoyenneté donnée c'est-à-dire d'un être ensemble par lequel on partage non seulement une solidarité mais aussi de la reconnaissance, de l'amitié, de l'amour, ce bien être (façon Pigou…) dont parlait en premier Aristote lorsqu'il donne sa définition du Politique.

Nous sommes donc bien loin du compte. Par une alchimie étrange, les modélisateurs qui gouvernent assènent leur savoir ésotérique percevant l'Humanité hors sol (hors nation) comme composée de particules interchangeables filant sur leurs écrans géants sous forme de flux à gérer en temps réel ou différé.

D'où ce nouvel alliage entre une gentry techno-scientiste aux manettes mondiales professant l'idéologie du global care dans le cadre de l'hyper-échangisme planétaire, et une autre gentry néo-ésotérique, également mondialisée (le néo-bolivarisme, la deep ecology, par exemple) qui, autrefois, prétendait défendre la veuve, l'orphelin, le "misérable" et qui aujourd'hui participe également à cette même vision forçant le génie des peuples à rentrer à nouveau dans la petite bouteille des petites ambitions ou le devenir handicapé des petits rêves à répétition (Marx-Lénine-Staline-Mao-Mélenchon-Thunberg) ; alors que les vrais handicapés sont toujours très peu accompagnés en réalité…).

Les manifestants actuels, surtout venant de la gauche, sont assez identiques à ces pompiers pyromanes qui actuellement mettent le feu en Australie et en Californie afin de faire venir encore plus vite l'Apocalypse, les premiers mettant le feu à la France "au nom du peuple" pour tenter d'arriver aux mêmes fins mais avec un autre non : l'Intersectionnalité ou l'autre sigle de "la Sociale" qui n'amena jamais autre chose que des larmes et des grincements de dents tout en faisant seulement la courte échelle à de nouveaux dominateurs pour des âmes de plus en plus sans direction.

Lucien SA Oulahbib 7/12/2019

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