Sarkozy ou l’alibi de la Libye

Puisque, pour le moment, (soyons généreux !…), les réformes s'avèrent toujours impossibles avec des syndicats le doigt sur la gachette, les trous financiers immenses, (14 milliards pour la protection sociale, un déficit public se comptant en milliers de milliards désormais), reste à courir le cacheton en s'auréolant de pragmatisme chez tous les tyrans de la planète, du moins ceux qui ont de la fraîche ou un sous-sol alléchant. L'ère chiraquienne n'est pas morte. Et lui aussi, avec Pasqua, en avait libéré des otages un peu partout.

Bien sûr, la France de Sarkozy n'est pas en reste, les USA l'UK, la Chine, buziness is usual, mais est-ce une raison alors que l'on prétend apporter un son un ton un esprit différent ? Est-on sûr qu'une présence militaire conséquente aux portes de Tripoli, un gel des avoirs financiers, et une vaste campagne d'explication innocentant les infirmières et le médecin, n'auraient pas apporté le même résultat à terme ? Certes, le régime pouvait jouer la corde nationaliste, mais combien de temps ? Les choses finissent toujours par se savoir et même le paysan libyen le plus ignorant aurait su que son tyranneau n'est qu'une baudruche à l'appétit vorace néanmoins puisqu'elle lui suce tout son sang depuis des années.

Même les objections qui veulent être recevables comme ce désir du tyran de se voir rembourser à tout prix les sommes qu'il a versé aux familles des victimes assassinées par ses propres sbires lors de deux attentats aériens, ou le chantage immonde, ne tiennent pas parce que l'on ne sait pas ce qui se serait réellement passé si non seulement l'Occident mais le monde entier lui aurait tenu un langage ferme. Une résolution onusienne n'aurait sans doute rien donné. Mais une diplomatie d'encerclement, d'isolation, de sanctions, peut-être que si, du moins si elle s'était accompagné d'une réelle campagne de communication. Car, quel est l'enjeu ?

S'agit-il de continuer ainsi une diplomatie du coup par coup, le tout enfariné dans l'éternelle soupe tiersmondiste posant quantitativement les problèmes du Sud, ou s'agit-il de poser une fois pour toutes que l'essentiel du développement réel se situe dans la nature du régime politique qui seule peut apporter la prospérité ou lui nuire ? Qu'a pu apporté la politique dit réaliste sinon la guerre ? N'est-il pas temps d'être réellement réaliste en situant la clé du développement et de la coopération entre les peuples dans la nature des institutions que l'on souhaite mettre en place ? Et par institutions il faut entendre non pas seulement la place dévolue aux structures décisionnelles, mais aussi leur rôle, en particulier dans la consolidation des paramètres permettant la construction d'une prospérité pérenne, sédiment majeur de tout effort de solidarité nationale. Voilà le coeur du débat. France inclue.

Lucien SA Oulahbib 25/7/2007

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