Á propos de l’Harry Potter mania (esquisse)

Ainsi, alors que la littérature, même adolescente et enfantine, BD comprises, a disparu, du moins en grande majorité, dans les confins du trauma quasi incestueux, du fantasme uniquement érotisant et frissonnant, et du misérabilisme social unilatéral -adieu Jules Vernes, Alexandre Dumas, Victor Hugo-, issus tous trois du paradigme obligatoire marxo-freudo-soixantehuitard (seules les dessins animés pour les moins de cinq ans résistent encore), il semblerait que pour échapper à la drogue dure de la littérature contemporaine pour adultes, sanguilonente et spermale, trois échappatoires se sont affirmés au fil du temps : le refuge dans la "grande" littérature, celle du 19ème siècle s'étendant disons jusque dans les années 1960, et relayé par la littérature étrangère, par exemple celles d'un Kadaré, d'une Oates ; le refuge dans le livre policier (le vrai), enfin, le refuge dans la science fiction (Asimov) et l'épopée fantastique personnifiée par Le Seigneur des Anneaux de Tolkien.

Toute une étude de ce basculement devrait être faite (c'est l'une de mes, innombrables, tâches) et étendue également à la peinture, à la musique, au cinéma dont il est cependant possible de dire un mot ici :

Désormais, voir un film contemporain interdit au moins de douze ans (voire dix) s'avère des plus éprouvants tant les images, certes spectaculaires, viennent cependant masquer l'absence de contenu, hors trauma incestueux et social, érotisme voyeuriste avec confusion des sexes comme must avantgardiste à consommer sans modération sous peine d'être étiquetté de ringardisme ; sauf si l'on est musulman ; dans ce cas là c'est un trait culturel à préserver que les chrétiens trraditionnalistes tentent également de faire prévaloir ; d'où leur rapprochement avec l'islam, par exemple, en France, Christine Boutin, ce qui d'ailleurs peut expliquer ses dérives négationnistes envers le 11 septembre….

Face à cette avalanche (comme l'avait écrit Soljenitsyne, ce qui lui valu l'étiquette définitive de réactionnaire intégral, accolée par BHL) le peuple réagit comme il peut en se réfugiant dans les séries B, le film d'action, le film comique, et les grands films fantastiques dont ceux d'Harry Potter. Là au moins les méchants agissent sans d'abord s'excuser d'avoir eu une enfance difficile, le mal est toujours réel quand il frappe, même s'il sait aussi être insidieux, en nous, etc.

La question n'est alors pas tant de marteler que le monde n'est pas en noir et blanc, bien et mal, mais que par moment il l'est, aussi, et que dans ce cas il faut bien choisir : Hitler personnifie le mal, même s'il a une enfance difficile et il a fallu agir pour l'empêcher de nuire ; mais Staline est mort dans son lit (et certains continuent encore sinon en réhabiliter l'oeuvre, du moins en amoindrir les méfaits).

Le bien est pourtant supérieur au mal en ce qu'il attire et pousse, surtout lorsqu'il se conjugue au beau (et pas seulement au vrai), vers les plus hauts sentiments qui libèrent l'ivresse des plus belles sensations, celles de la joie et de la félicité, cette déhiscence.

La force du croire, sa foi, celle qui permet de réaliser l'action au quotidien, réside bien plus dans l'affirmation que le bien doit vaincre le mal pour atteindre l'harmonie, que le contraire.
Les films populaires le savent bien lorsqu'un le bonheur d'un enfant est en jeu, l'avenir d'un sentiment, l'amour pour la patrie, la fidélité à une cause.
Le reste n'est que (mauvaise) littérature qui, certes, ne peut être pavée que des seules bonnes intentions. Du moins à partir du moment où il s'agit
plutôt de parler de ce qui assaille, déroute, nuit, parce qu'il empêche que l'on soit précisément transporté en ce merveilleux qui articule à la fois de l'insolite, du tragique, et aussi de la félicité, au bout du compte. Par exemple l'épopée d'Arthur et de ses chevaliers, de Stars War.

Ou l'apport, salutaire, de J.K. Rowling.

Lucien SA Oulahbib 26/7/2007

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