Une paire d’amis s’est dévouée pour aller voir le « Munich » de Spielberg.

 » Nous sommes allés voir Munich cette semaine. Outre que la vision du film confirme pour nous les réserves émises par de nombreuses personnalités de la communauté juive aux USA en Israël et en France, je dois rajouter que c est du vraiment mauvais Spielberg : il n y a pas de suspense, les situations sont le plus souvent invraisemblables pour ceux qui ont une petite idée du fonctionnement des services secrets israéliens (tellement craints par ailleurs), les agents israéliens font des fautes d’ amateurs, ils organisent des filatures que n’ importe quel gamin détecterait; ils ne savent pas mesurer la force de leurs explosifs …..

Je ne parle pas des erreurs d’ époque comme un véhicule de la poste sorti d usine après 1973 avec un sigle lance dans les années 80, la mention permanente de Septembre Noir qui n a rien a voir avec les événements de Munich et leur suite, l’ attribution a cette affaire de poursuite -imaginée puisque les services israéliens ne l ont jamais effectivement reconnue- d’ autres événements comme le débarquement a Beyrouth et l élimination de quelques chefs de l OLP.
Je passe sur le ridicule de la scène d amour finale ponctuée par les faux flash back sur l’ élimination des otages et la fin des terroristes ( la encore scène inventée puisqu il n y avait pas de caméra sur place ) et la tentation d » Abner devant l espionne hollandaise (du mauvais James Bond sans que le heros aille au bout de sa conquête).
Voir un patriote comme devrait l être Abner, puisqu il a été choisi a ce titre, envoyer sa femme aux USA est invraisemblable également pour qui connaît l’ esprit de dévouement a la nation de ce type d’ homme.
Qu il pense pour finir qu il vaut mieux quitter Israël est vraiment un coup de poignard dans le dos de la part de l auteur de la Liste de Schindler.

Le parallèle, dans l attente des informations après la prise d otages entre la famille palestinienne, inquiète, et la famille israélienne est scandaleux quand on sait combien les familles palestiniennes célèbrent leurs « shahids ». Nous étions avec des chrétiens pas du tout scandalises au contraire de cet équilibre recherche entre les deux parties et c est la que nous voyons tout le mal porte par ce film; heureusement, comme il est mauvais, il n a pas de grand succès et ce sera un flop bienvenu pour nous dans la carrière de Spielberg. En tirera-t-il les conséquences? Nous craignons que non tant le politiquement correct d’ Hollywood est proche de celui de notre intelligentsia, malgré le désaveu des électeurs américains.

Nous avons été heureux de voir qu il ne sortait pratiquement personne de la séance avant celle a laquelle nous allions assister elle même peu fournie en spectateurs.

Naturellement nous souscrivons totalement au message qui suit

Colette et Michel « 

Reçu de la lointaine province française ces réflexions d’une amie, qui n’a pas perdu le sens des mots et des réalités.

Par contre, dans notre presse nationale, nous avons bien dépassé le « 1984″ de George Owell : le « bien c’est le mal, la guerre c’est la paix, et les assassins sont les innocents » et vice-versa.
Le snobisme, la justification de l’immonde par un Jean Daniel qui se prétend le continuateur de Marcel Camus, sont à vomir.

Voici les remarques de ma correspondante :

« J‘aimais votre idée de traiter ce film par le mépris.
Mais Le Figaro a publié le 26 janvier, sans un mot critique, les assertions d’un ‘vieux monsieur qui coule une retraite paisible.’ Le titre de l’article : la justification que se donnaient eux-même ces assassins. Le chapeau : des accusations, obscènes. On parle d’innocents. Mais ce ne sont pas les athlètes israéliens.

Hier c’était Jean Daniel, dans le Nouvel Obs, qui osait parler de ‘nivellement par la barbarie’, refusant de différencier les agents du Mossad et les criminels qu’ils ont pourchassés.

Poses ‘moralisantes’ au service de la pire des causes : celle qui choisit le massacre de civils désarmés pour se faire entendre.
Sous prétexte de critique cinématographique on nous ressert un peu de propagande. D’autant plus montrueux que le prétexte choisi est le massacre d’hommes venus porter très haut les couleurs de leur pays. Assassinés par des fanatiques qui méritaient mille fois la mort. Pas un mot, ou presque, sur eux. Ce sont leurs meurtriers qui émeuvent.
A quand une superproduction larmoyante sur nazis pourchassés de par leur monde au cours des soixante dernières années ? Par des hommes épris de justice, mais dont la détermination heurterait l’exquise sensibilité du spectateur.

Que ce refus de dénoncer des actes criminels pour ce qu’ils sont ose enfin s’afficher sous son nom : acceptation, approbation. Que cessent ces éternelles explications, poses humanistes et autres lâchetés. Sont-elles complicité qui hésite encore à se reconnaître ?
Quand parlera-t-on de guerre contre le terrorisme et non de lutte ? Chacun serait obligé de choisir clairement son camp. »

Sentinelle 5769 30/1/2006

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