3 mai 2026

Pourquoi miser sur la victoire djihadiste au détriment de la Triple Entente US-Israël-Argentine ?…

Ainsi les sites français dits “souverainistes” Front Populaire et Ligne droite ont invité “l’ambassadeur” khomeyniste tandis qu’un Rougeyron, un Philippot, voire un Del Valle rejoignent la cohorte stipulant soit que Trump “trahit” sa “base” soit que “ce n’est pas notre guerre”, soit encore que ni Trump ni Netanyahou ne pourront vaincre un “arc shiite” dominant non seulement la région mais ayant bâti depuis près de cinquante ans un immense réseau tentaculaire d’autant plus impossible à réduire par des bombardements qu’il mise sur le ralliement à terme d’une population qu’il a certes meurtri en janvier mais qui accepterait de moins en moins la guerre et ses destructions (alors qu’il pouvait la mettre à l’abri comme le font les israéliens), et que, in fine, quand bien même il y aurait un changement de régime le désir du “nucléaire” restera toujours présent, dernière thèse de Del Valle n’imaginant donc pas un Iran démocratique n’aspirant pas à faire ainsi un tel chantage …

Tout cela est faux pour l’essentiel, et au fond s’appuie d’abord surtout sur les supposés précédents “échecs” en Irak et en Lybie, oubliant déjà qu’il en était de même en Syrie quant à l’imbroglio des forces en joute (wahhabites contre al-bannistes khomeynistes baasistes)  tandis que la non intervention occidentale hormis quelques livraisons d’armes sporadiques et le soutien khomeyniste au régime baasiste n’ont pas empêché son effondrement aux mains de djihadistes locaux (idem au Mali et en Afghanistan) utilisant habilement par exemple les impérities des lourdeurs juridiques occidentales importées pour imposer la loi djihadiste bien plus rapide sur les différents fonciers et assurantiels/contractuels divers (héritages, divorces, commerces, locations, achats/vente…) ; ensuite, il n’est pas vrai que la situation en Irak et en Lybie était aussi “clair” que cela avec d’une part un Saddam Hussein ayant détruit des centaines de milliers de shiites et Kurdes sans oublier la guerre avec les khomeynistes afin non pas de servir “d’outil” à “l’impérialisme sioniste-yankee” mais d’empêcher ce pandjihadisme (posant les juristes comme guides sacralisés – wilayat al-faqihà l’instar de ce qui se passe en Occident et en Israël…) de bouter les wahhabites en soutenant en sous-main les dissensions en leur sein (comme cela avait débuté en novembre 79 lors des pèlerinages à la Mecque, “coup” empêché par le GIGN et l’ISI à l’époque) afin de s’approprier la direction de la “Oumma”

Quant à Kadhafi ce doublon de Boumedienne et de Castro-Guevara, son entrisme finançant autant le PSU que certains caciques souverainistes français, la dictature de sa tribu sur les autres composantes de cette ancienne patrie berbère (les Libou) ne voulait évidemment pas qu’une quelconque “révolution” n’entame son emprise, mais qui tôt ou tard comme en Tunisie ou en Egypte ou à l’heure actuelle en Iran, n’explose sans évidemment que l’on puisse dire d’emblée qu’elle aille vers une solution démocratique à l’occidentale ; ce fut d’ailleurs l’erreur de croire (et ce encore) que l’on puisse substituer la “tribu” des “partis” aux “tribus” séculaires fonctionnant en plus de manière agnatique et pas seulement héréditaire ; ce fut d’ailleurs là le dilemme même entre sunnites et shiites : ce n’est pas parce que l’on est de la famille du prophète que l’on a le “droit” de devenir le “Mehdi” (guide), d’où la “réforme” khomeyniste qui en s’appropriant les thèses d’Al-Banna (pourtant “sunnite”) sur l’islam Est la solution (finale pour certains djihadistes en appelant à “finir” le travail hitlérien) réintroduit avec force cette idée du Guide suprême sacralisé (donc du Califat…) ; ou la concentration du Pouvoir (Puissance Autorité Direction) réintroduite au début du 20ème siècle en Occident par Mussolini (socialiste) d’un côté via l’État Total,  Carl Schmitt (néo-léniniste : ami ou ennemi) s’appropriant ce concept et Heidegger le “taoïsant” via l’Idée d’un Gardien (du “sens) de l’Être” (ou la Maîtrise du Mot sur la Chose) à l’instar de l’Empereur chinois Gardien des Cinq Éléments… (mais qu’il est possible de renverser au moindre tremblement de terre…) d’où également les innombrables luttes intestines entre “musulmans” avant l’emprise ottomane puis occidentale…

Car c’est un vieux “débat”, y compris en Occident initié par Dante entre partisans de l’Empereur et ceux du Pape, c’est-à-dire plus profondément encore entre ceux de la “République” ou Politeia (qu’elle soit romaine ou grecque) basée sur la “communauté” du “peuple” (démos) et ceux de la divinisation moniste de l’eschatologie (des fins dernières) comme le clamèrent bien, avant la Papauté, ces empereurs romains devenant dieu -à la suite précisément de l’effondrement de la République- et ce à l’instar des pharaons.

Pourquoi ? Parce que la Direction finale de l’action, l’acte suprême du pas/sage vers le réel externe ne peut être démontré absolument aprioriquement (ce qui peut être contesté) mais seulement montré (ce qui peut être empêché d’où la nécessité de sacraliser ce moment même) : ainsi la locution “nous allons gagner la guerre” ne peut impliquer que son résultat soit donné d’avance (paradoxe de Zénon: qui d’Achille et de la tortue va gagner ?…).

Or, l’acte final du passage au réel externe  “ne peut être remis en cause au moment de l’effort moteur” (comme le disait Pierre Janet s’appuyant sur Maine de Biran) ; d’où concrètement la concentration de la dernière décision entre les mains d’un seul  ; ce qui a légitimé l’émergence, surtout à des moments cruciaux, du “tyran” au sens grec, du “dictateur” au sens romain, du “monarque” adoubé par le divin, tel David au détriment de Saul (que reprend Charlemagne) et ce sur quoi s’appuie Jean Bodin pour penser le monarque comme lieu tenant (lieutenant) du divin ; jusqu’à, rebelote à la suite de la chute de Louis XVI, déboucher à nouveau sur le “premier consul”, Bonaparte, maître suprême, empereur même ayant aussi, outre la sienne propre, également voulu la couronne lombarde portée par Constantin, Charlemagne, censée garder l’un des clous de la Croix christique ; allant faire la guerre au Tsar car ce dernier était censé être le dernier descendant légitime du Saint Empire romain germaniquece que Napoléon, nouveau Guide incontesté sur le continent européen ne pouvait admettre…

Mais tout cela s’effondra par la “furie” de la puissance économique et militaire anglosaxonne, protégeant “l’individuation” c’est-à-dire l’innovation issue des nouveaux, Chevaliers, les Capitaines d’Industrie, et aussi les savants et artistes devenus plus indépendants des mécènes politique et financiers (richesse du 19ème siècle dans tous ses domaines -où l’on n’oppose pas un Faraday à un Rimbaud, un Pinel à un Charcot comme le prétend le Foucault des Mots et les Choses) ; tandis qu’ à la suite de la naissance de l’imprimerie, au début de l’Âge démocratique accompagnant l’autonomisation de la Ville, une opinion publique urbaine émerge ; double mouvement que “l’éclaircie” techno-romantique germanique (le Gestell) ne put ralentir (surtout pas avec ce palefrenier wagnérien se souciant comme d’une guigne de l’Epée de Charlemagne quand elle le lui fut remise) ; pas plus avec la résurgence (en farce) du tsarisme rouge et du faux empereur maoïste recherchant eux aussi la sacralisation des fins dernières et que des photocopies veulent faire revenir en France oubliant les assassinats de la Tchéka, les marins de Cronstadt, la Guépéou…Sans parler évidemment des tueries de la Terreur, soutenue par Foucault le maître de Finkielkraut aujourd’hui lui aussi rallié à la cause anti-Netanyahou.

Et tout cela débouche sur cette volonté du néo-faisceau (au sens derridien) de détruire l’individualisme (et par là affaiblir l’individuation) en appelant à cet “homme” providentiel rêvant à 2027 en France tout en refusant de le voir dans Trump ou Netanyahou, parce que trop ceci et pas assez cela,  un peu comme De Gaulle qui fier pourtant de son 18 juin 40 refusait le 6 juin 44 parce qu’il n’avait pas été mis au courant,  parce que Roosevelt pensait plutôt à Giraud, etc., comme si dans l’état d’impuissance actuel du giron français l’on était encore en état de faire la fine bouche alors que le djihadisme global a envahi les plaines et se trouve (littéralement) aux portes de Paris (à St Denis berceau des rois de France) grâce à toutes ses colonnes infernales de traitres vomissant la mort, allant déjà jusqu’à se mettre à la chasse de la moindre fête valorisant les traditions françaises…

Certes, faute de grives l’on mange des merles, sans doute, mais l’on ne voit guère non plus quelles seraient les alternatives en termes de doctrine, militaire s’entend, et surtout de direction, à opposer  à l’encontre de cette Nouvelle Triple Entente US-Israël-Argentine dont l’Axe des deux M ne veut évidemment pas ayant basculé dans le camp du djihadisme global cette tendance avancée de la Secte SHAA-A…


En savoir plus sur Resiliencetv.fr de l'Observatoire International des Libertés (OIL) est avec vous depuis 2005

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

Voir tous les articles de Lucien SA Oulahbib →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


En savoir plus sur Resiliencetv.fr de l'Observatoire International des Libertés (OIL) est avec vous depuis 2005

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture