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Le sac de l’ambassade; 11 septembre; présidentielles

rubon231-58136.jpg 1/Le sac de l'ambassade d'Israël au Caire 

Ne pas se tromper de cible : dire que sous Mubarak c'était mieux et qu'il aurait fallu plutôt écraser la révolte pour protéger Israël est non seulement une ineptie mais une erreur stratégique : tôt ou tard le pouvoir aurait utilisé cette soupape, Israël, pour sauver sa peau, et s'il le fait aujourd'hui (car le clan militaro-nationaliste auquel appartient Mubarak est toujours aux commandes) c'est bien pour garder le pouvoir.

Profitant de la double conjonction voyant la Turquie revenir vers ses prétentions ottomanes et les clans nationalistes dits palestiniens exiger leur reconnaissance à l'ONU, le pouvoir en place au Caire inaugure sa fraîche alliance avec les Frères musulmans pour marquer quelques points significatifs sur un camp démocrate isolé malgré sa force qui a chassé Mubarak. Car celle-ci reste éparpillée, urbaine et juvénile, tandis que les islamistes, qui avaient pris le train en marche en janvier, se renforcent aujourd'hui, aidés par la frange nationaliste nassérienne militariste qui vient d'envoyer ses hooligans à l'assaut de l'ambassade israélienne.

Le rôle d'Israël et de ses soutiens devrait viser à renforcer le pôle démocrate en amorçant un (long)cycle dit "cartes sur table" sur la démocratie dans la région, le développement économique, le lien entre vérité et histoire à propos des réfugiés juifs et arabes.

Au lieu de rester sur la défensive et claironner "je-vous-l'avais-bien-dit", il serait temps de prendre l'enjeu des révoltes en Afrique du Nord et au Proche Orient (révolte démocratique et berbère en Libye en attendant l'Algérie, le Maroc…), révoltes qui sont  la conséquence de la chute de Saddam Hussein c'est-à-dire de cette dernière carte du nationalisme arabe avide de puissance, que la Turquie de plus en plus islamisée cherche à récupérer. Si Israël veut passer à l'offensive puisqu'il sait que c'est le conflit judéo-arabe qui bloque le jeu géopolitique dans la région, il serait bon qu'il englobe ce conflit dans son enjeu supérieur, celui de la paix par le développement et la démocratie. Afin de ne rien lâcher, légitimement, sur l'essentiel.

 

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2/11 septembre

La preuve par neuf que certains occidentaux n'ont rien compris à ce défi ultime d'un islam intégriste refusant d'évoluer réside toujours dans cette repentance déplacée qui fait dire au correspondant de Libération à New York "qu'il n'aurait mieux pas valu construire à nouveau des tours sur Ground Zero car elles symbolisent toujours cette puissance arrogante qui ont été en partie la cause du 11 septembre": tout est dit, ou plutôt répété puisque cette logorrhée date de cette époque où par un mépris ultime il est écarté violemment l'idée que l'arrogance reste un sentiment humain bien partagé et non l'apanage d'un seul peuple, et que l'on ne voit guère de son côté l'islam radical s'amender lui aussi en promettant de lire "correctement" l'islam comme le clament nos docteurs en islam qui pullulent depuis, mais qui n'exigent guère que cet islam là se repente lui aussi, ils préfèrent annoncer sa mort alors que celle-ci, tel le phénix, répand de drôles d'ondes qui viennent exiger que la sharia reste source du droit en Egypte comme en Libye.

Cette repentance que l'on ne voie guère s'époumonner aux portes des ambassades syriennes s'exprime aujourd'hui dans le boycott progressif d'Israël, que le roman " L'an dernier à Jérusalem" de Myriam Sâr (éditions Les Provinciales, septembre 2011) illustre parfaitement.

 

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3/présidentielles françaises

Il paraît que Bruno Lemaire écrit le programme du candidat Sarkozy avec l'idée de défendre "notre mode de vie" à savoir l'Etat Providence qu'un John Rawls, libéral de gauche, adepte d'une "démocratie des propriétaires", a pourfendu pourtant en disant ceci (in La justice comme équité, Paris, éditions la Découverte, 2003, p 193):

" Dans le capitalisme de l'Etat-providence, le but est que personne ne tombe en dessous d'un standard de vie minimal décent, dans lequel les besoins essentiels sont satisfaits, et dans lequel tous doivent recevoir certaines protections contre l'accident et l'infortune, par exemple une compensation en cas de chômage ainsi que des soins médicaux. La redistribution du revenu sert cet objectif lorsque, à la fin de chaque période, ceux qui ont besoin d'aide peuvent être identifiés. Il reste qu'étant données l'absence d'une justice du contexte social et la persistance d'inégalités de revenu et de richesse, il peut se développer une classe déshéritée et découragés dont les membres sont dépendants de manière chronique des prestations distribuées. Cette classe se sent exclue et ne participe pas à la culture politique publique. (…)

 

Nous avons besoin d'une réelle remise en cause de ce faux Etat Providence qui trompe son monde puisqu'il n'apporte pas la prospérité pour tous comme il est promis et ce précisément parce que l'Etat n'a pas à jouer le rôle de la Providence, mais de veiller à ce que celle-ci puisse se développer librement.

Ce qui implique de laisser la société civile prospérer et protéger les bases de celle-ci par une solidarité librement partagée démontrant qu'être prospère et généreux ne sont pas des termes contradictoires mais complémentaires, c'est la magnificience.
Car c'est elle qui fut à la base de la culture européenne lorsque celle-ci décida de se nourrir de tous les apports en particulier grecs, chrétiens, juifs, et orientaux plus que musulmans puisque l'apport de la géométrie perse travaillant sur de la gémométrie grecque, l'arrivée des chiffres indiens via les savants mésopotamiens et babyloniens, n'ont pas grand chose à voir avec l'islam dont cependant la lecture tronquée d'Aristote via Averroès a permis à la scolastique de briller à la Sorbonne en contestant Thomas d'Aquin lorsque celui-niait résolument l'idée d'Averroès stipulant que "l'homme ne pense pas mais est pensé" ; terme qui a ensuite basculé dans la dogmatique allemande jusqu'à Marx puis française (Bonald) et aujourd'hui professé par les disciples de Bourdieu et de Foucault avec
 la remise en cause non seulement de sa pensée mais de son sexe (confondu avec le rôle) niant absolument la liberté au nom d'un nouveau naturalisme aussi implacable que l'ancien adepte du sang bleu celui qui prône désormais l'idéalisme d'un être social artificiel, avatar bio cyborg (bientôt : cybernetic organism) celui de cette pensée néo-scientiste qui se voile d'un humanisme de pacotille alors qu'il s'agit d'une abstraction techniciste qui ne voit en l'humain qu'une chair sommée de se modeler (care).

La présidentielle française sera d'ordre civilisationnel ou ne sera pas. Aubry en avait d'ailleurs décidé ainsi avec son livre " Pour changer de civilisation " : il est temps de la prendre au mot et de se hisser à cette hauteur de jeu.

Mais la chouette de Minerve prend toujours son envol lorsque les dés ont été jetés disait Hegel. Sauf qu'ils roulent encor.

Lucien SA Oulahbib 10/9/2011

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