29 octobre 2020
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La condition néomoderne (première partie)

En d’autres termes, suffit-il de dire qu’il faut savoir appliquer un programme, peu importe les coûts, les protestations, suffit-il de dire qu’il faut en “avoir” comme le crie, désormais, Villepin, ou n’y a-t-il pas un autre moyen, une autre méthode, permettant de poser les problèmes tout en cherchant une solution qui fasse consensus, ce qui ne veut pas dire synthèse molle mais plutôt mise en phase de principes et de pragmatismes ? C’est ce que je nommerai la Condition néomoderne…

La Condition néomoderne cherche à affiner la modernité, c’est-à-dire à accroître qualitativement, durablement, et non plus seulement quantitativement, l’émancipation, la recherche de la prospérité, l’approfondissement du régime démocratique, pour toutes et tous. Et ce dans le monde entier. Puisque le néomodernisme fait sien l’idée d’émancipation universelle de l’espèce humaine posée comme Genre, tout en cherchant cependant à ne pas confondre universalité et supériorité ou uniformité.

En ce sens la condition néomoderne se distingue du postmodernisme en ne considérant pas que le progrès social et technologique issu au départ du Nord doit être évincé ou du moins circonscrit, réduit, et ce sous le prétexte qu’il faille désormais ne pas interférer avec les autres cultures humaines, même si elles le désirent, les incitant dans ce cas à rester dans leur art, leur différence, ce qui est là nier dix mille ans d’Histoire humaine faits, aussi, d’échanges, d’enrichissement mutuels. Parce qu’il ne s’agit pas de diaboliser une civilisation, puisque la nature humaine doit être prise en compte également et celle-ci est capable du meilleur comme du pire, du moins si on ne la réduit ni à ses gènes, ni à son environnement…

Mais comment affiner la Modernité puisque, en effet, le régime démocratique doit être affiné si l’on tient compte des insuffisances passées que Raymond Aron appelait Les dégâts du Progrès, et les insuffisantes permanentes, conséquences de la disgrâce humaine à préférer tricher plutôt que s’avouer vaincu ou se vouer à la patience et à l’humilité ? En faisant en sorte que les principes, par exemple ceux de la liberté de la justice et de l’égalité, ne se trouvent pas en perpétuel conflit mais cherchent plutôt à se combiner pour permettre au développement humain d’être plus fort encore, au sein de chaque être humain, comme à l’extérieur, dans cette nouvelle ère, celle de la techno-urbanité devenue aujourd’hui mondiale.

Concrètement ? Cela signifie qu’il s’agit d’articuler les libertés de penser et d’entreprendre avec le respect de soi, d’autrui, Terre, Nature, comprises. Mais encore ? Par exemple en France ?

Plus précisément cela implique tout d’abord de rendre encore plus libres les activités industrielles et commerçantes, encore plus libres les accès à l’instruction comme à la protection sociale, tout en sachant que cette liberté se doit d’être débattue pour en définir les limites et les conditions de réalisation, c’est-à-dire la justice et l’égalité.

Ensuite, il s’agit d’énumérer ce dont il s’agit autour de propositions programmatiques qu’il sera bon de faire connaître aux futurs candidats des élections à venir. J’en donnerai ici quelques-unes, essentielles.

Commençons par la liberté de penser. Il est clair que s’attaquer au droit de caricaturer les religions comme l’ont fait deux députés de l’UMP, n’aide pas à la préservation de la cohésion démocratique basée sur la laïcité, (ce qui ne veut pas dire l’athéisme, à la différence de ce que croit Onfray…même si celui-ci est à protéger également).
Par ailleurs, la liberté de penser cela veut dire aussi la liberté de publier, de s’exprimer, ce qui implique de ne pas tenter à contrôler Internet, comme veulent le faire certains adeptes de ce que j’ai nommé ailleurs le social-nationalisme, c’est-à-dire cette volonté hyper-étatique (ou l’hyper-social) d’imposer, à ce niveau, une seule façon de penser et de créer (ou nationalisme), ce qui incite non pas à approfondir l’esprit critique mais à en circonscrire les fondements, voire à les miner, imitant en pis l’absolutisme d’antan…

Cette liberté de penser implique aussi une liberté d’instruire, donc la possibilité que l’on puisse choisir pour son enfant l’école que l’on veut ; ce qui a pour conséquence d’une part d’en finir avec la carte scolaire ; d’autre part de dépasser la division entre école publique et école libre en faisant en sorte que les parents mettant leurs enfants dans cette dernière ne payent pas deux fois : une fois par leurs impôts, la seconde par les droits d’inscription.
La vraie égalité, en droit, serait dans ce cas d’octroyer à chaque famille une part donnée du budget consacré à l’éducation nationale, (modulée cependant par un prorata selon les revenus), afin que celle-ci puisse en effet choisir soit une école publique, soit une école privée ; à charge pour elle, si elle choisit celle-ci, de payer la différence…

Pour celles qui choisissent l’école publique, ou n’ont pas le choix, le fait de pouvoir, tout de même, plutôt apporter leur part rétrocédée par l’Etat à telle école (lycée, université…) qu’à telle autre, permettra de décanter, de pousser à l’émulation… Par ailleurs un système de Fonds commun de Solidarité (FCS) -dont j’expliquerai le mode de fonctionnement quand j’aborderai la Protection sociale-, pourrait suppléer aux inégalités culturelles et de revenus, par le biais de bourses délivrées aux élèves les plus méritants, c’est-à-dire ayant de bons livrets scolaires et/ou ayant accepté dès le départ un tutorat leur permettant d’atteindre le niveau scolaire adéquate.

Cette liberté d’instruire implique du côté enseignant la possibilité d’être autonome vis-à-vis du Ministère (qui ne ferait que des contrôles a posteriori) ce qui veut dire la possibilité donnée au Conseil d’Administration de recruter les enseignants, et aussi d’arrondir leurs fins de mois en louant les locaux le soir et le week-end, pendant les vacances, en participant à de la formation, en organisant des cours à distance via internet, bref en n’opposant pas nécessairement le cours de grec ancien et le cours d’anglais ou de chinois appliqué…

Passons à la protection sociale, (pour ne pas faire trop long dans cette première partie je verrai les réformes économiques comme l’actionnariat salarié, les impôts… et les réformes institutionnelles comme le nouveau rôle à donner au Sénat, à l’Assemblée, aux Ministres, au Président, aux Régions, bref, à l’Etat (Justice, police, armée…) dans un second article, je n’oublierai pas l’Europe, les institutions internationales, la protection de l’environnement, les OGM, les mutations génétiques…).

Je propose que l’on rétrocède une partie des cotisations patronales au salarié (tout en faisant en sorte qu’il ne change pas de tranches puisque celles-ci pourraient réduites à deux, j’en parlerai dans le second article), ce qui veut dire que le salarié verra tout d’abord sa véritable paie. Puis cette somme lui servira à choisir la protection de son choix de la façon suivante : divisons ces cotisations patronales en trois : une part serait soit placé dans le FCS (fonds commun de solidarité) du moins si l’entreprise n’a pas elle-même sa propre affiliation (à la façon des mutuelles), les deux autres parts seraient rétrocédés au salarié avec obligation pour l’une de servir à prendre une protection, pour l’autre à servir d’épargne que l’on toucherait à sa retraite.

La protection elle-même recouvrirait non seulement la santé, les retraites, le chômage, mais aussi la formation, le changement d’emploi… Il s’agirait d’avoir la protection des intermittents du spectacle sans ce que cela grève néanmoins la compétitivité des entreprises. Comment ? En faisant en sorte que les compagnies d’assurance puissent mutualiser leurs coûts ce qui leur permettrait d’une part d’être concurrentielles et d’autre part de s’exporter : n’oublions pas que les marchés émergents vont de plus en plus avoir besoin de notre savoir faire car les bas salaires en Chine, en Inde, n’auront qu’un temps, du moins si ces pays veulent créer une vaste classe moyenne afin d’avoir un fort marché intérieur…

Par ailleurs, un pourcentage donné de la cotisation pourra être déduite fiscalement s’il est versé au FCS (Fonds commun de solidarité).

Pour donner un aspect cohérent à cette proposition, il faudra rencontrer les acteurs concernés, entamer un réel débat dans le pays…

A suivre… ( Voir également l’article Mariage et parentalité : deux choses à ne pas confondre )

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

Voir tous les articles de Lucien SA Oulahbib →

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