7 février 2023
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Vers la guerre, totale, avec le national-islamisme : Ne pas se tromper de cible

Allons à l’essentiel : je persiste à penser que la tendance munichoise des Démocrates américains et des divers gouvernements européens ne doit pas être contrebalancée par une maladroite surenchère anti-iranienne parce qu’elle ne ferait que conforter celle-ci dans sa stratégie panislamique dont on voit le succès au Liban, même si elle piétine en Irak (sans doute parce que tous les shiites irakiens ne veulent pas de la domination des khomeynistes d’où l’alliance de ceux-ci avec les djhadistes sunnites…).

Attaquer, maintenant, le régime maudit des assassins et parjures khomeynistes aurait également pour effet de souder autour de leur régime toutes les factions nationales-islamistes, qu’elles soient pan-arabistes et/ou pan-islamistes.

Certes, c’est ce que pense Baker et derrière lui divers stratèges qui n’ont guère brillé pour enrayer la montée de cette menace, mais la source de leur réflexion réside moins dans l’analyse effective des rapports de force et des enjeux que dans l’espoir, illusoire, qu’un marchandage, machiavélique, puise sauver la paix mondiale, celui qui verrait Israël accepter de revenir aux frontières de 1967.

Ainsi, croient-ils, et Condoleezza Rice semble d’accord, prendre au mot les régimes arabes dits modérés en acceptant le plan saoudien de la paix contre les territoires dont la réalisation tarirait la source du djihadisme mondial.

Seulement cette considération ne repose sur aucun fait tangible. Parce qu’il s’agissait de cela, s’il était possible non seulement de penser, mais de croire qu’en effet un tel échange amènerait la paix, alors les populations dites palestiniennes auraient plutôt continué à voter pour les partisans d’Abbas ayant signé les accords d’Oslo et non pour le Hamas, qui, lui, veut, tout comme les khomeynistes et les djihadistes la complète destruction d’Israël, pour commencer…

Aussi faut-il écarter cette illusion, qui raisonne en termes occidentaux (les populations palestiniennes auraient plutôt voté contre la corruption…) dévoilant en fait une totale ignorance des réelles motivations du national-islamisme largement au pouvoir ou faisant tout pour l’être un peu plus y compris dans les régimes dits modérés (celles de détruire la modernité démocratique), sans pour autant plonger tête baissée dans l’attaque préventive, et ce non pas parce qu’il ne faut pas réitérer “l’erreur” irakienne (puisque ce n’en est pas une…mais l’un des ” field” de la confrontation), mais bien parce qu’il s’agit de préparer le terrain avant afin de découpler des djihadistes toutes les populations culturellement musulmanes mais qui aspirent plutôt à la réforme et à la paix.

Si l’on est d’accord avec ces prémisses, alors il faut plutôt, d’un côté, accentuer le découplage ethno-religieux en stipulant que ces populations ne doivent pas être confondues avec l’islam d’une part ; d’autre part, il faut continuer à mettre la pression sur ce dernier, comme le font Benoît XVI, et des intellectuels comme Robert Redeker et Philippe Val, en insistant sur les versets litigieux, et sur certaines interprétations littérales qui exigent de l’islam de se réveiller pour redevenir ce qu’il a toujours été : une arme de conquête. De l’autre côté, il faut attendre, oui, que les khomeynistes paradent avec leurs armes nucléaires, qu’ils menacent de s’en servir si le premier prétexte, la présence d’Israël, n’est pas donné en pâture.

A ce moment là, l’attaque doit être décisive, longtemps préparée à l’avance évidemment.

Je répète à ceux qui veulent attaquer maintenant parce que les khomeynistes ont déjà l’arme nucléaire que, précisément, le fait qu’ils l’aient justifie d’attendre le moment exact où il faut commencer à tirer, un peu comme sur ces champs de bataille de l’ancien temps où il fallait attendre l’arrivée des premières lignes à portée de tir pour lancer la première salve.

La panique est mauvaise conseillère.

Je peux certes me tromper mais il me semble que tant la guerre psychologique et idéologique n’aura pas donné son plein rendement il ne faut pas attaquer parce qu’il existe au milieu des populations hésitantes qui cherchent encore sur quel pied danser.

Ne faisons pas l’erreur de la guerre du Vietnam et de la guerre d’Algérie en poussant les populations modérées vers leurs extrémistes alors qu’il aurait été possible qu’une solution lucide puisse voir le jour dans l’équilibre des rapports de force entre autochtones et implantés européens.

Mais ne refaisons pas l’Histoire. Observons seulement ici que les dirigeants du Monde Libre font une erreur de taille en ne cherchant pas d’une part à découpler les populations culturellement musulmanes des versions littérales de l’islam, d’autre part en croyant qu’il suffirait de rendre le Golan et d’évacuer la Judée et la Samarie pour que l’islam accepte de s’amender et d’aller vers la démocratie la fleur au fusil ! Curieux que les mêmes qui critiquent les néoconservateurs pour leur angélisme en Irak (ce qui est faux) en affichent une version encore plus béate lorsqu’il s’agit de l’islam tolérant et épris de paix qui accepterait de vivre avec israël…alors que même celui de 1948 avait été ignoré.

Or, en confortant les régimes islamiques, mêmes modérés, dans leur prégnance idéologique et leurs faux espoirs, les dirigeants occidentaux actuels les fragilisent en réalité puisque se coagulent en leur sein les franges mafieuses qui refusent l’ouverture démocratique et les franges djihadistes qui ne veulent pas en entendre parler. Croyant ménager ces régimes en insistant sur l’idée que l’islam ne serait pas en cause, ils donnent du grain à moudre en réalité à ceux qui en leur sein exigent de ces régimes encore plus d’islam pour prouver qu’ils sont bien islamiques, c’est-à-dire non pas encore plus de paix et de tolérance mais bel et bien le contarire…

Nous voilà alors coincés entre ceux qui veulent aller tout de suite à l’affrontement ou qui croient bien faire, telle Ségolène Royal, en menaçant d’interdire à l’Iran un accès au nucléaire y compris civil, et ceux qui ne font rien pour le préparer sinon en faisant toujours plus de concessions.

Il faut refuser l’une et l’autre option. Comment ? en temporisant afin de se donner le temps d’amenuiser les forces de l’ennemi par le découplage des forces encore influencées par la version arabiste et djihadiste de l’Histoire, afin que, le moment venu, les partisans de cette dernière soient seuls à rejoindre le néant d’où ils viennent et qu’ils veulent rejoindre de toutes leurs forces afin de connaître enfin la Vérité. Rétorquons qu’il existe d’autres chemins, plus subtils pour tout de même y accéder, et qu’il vaut mieux éviter les pièges qu’ils tendent en leur en tendant d’autres, ailleurs. Sur le terrain même des idées et de la préparation également souterraine au moment T. Qui ne saurait tarder (hélas…).

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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