5 février 2023
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Sortir de l’étouffoir

L‘opinion ne reste proscrite que par le dernier carré des censeurs « antiracistes » qui, durant trente ans, auront interdit le débat sacrilège. Franchir leur rideau de fer exposait à être étiqueté fasciste. Si la gauche garde une affection pour ces gardes-chiourme, la droite se libère lentement de leur totalitarisme.

Il faut dire que le programme annoncé, lundi, par le probable candidat Nicolas Sarkozy, destiné à freiner un processus de peuplement imposé, répond à une urgence née d’un long déni des faits. Car les Français auront été, jusqu’en 2003 et les révélations du rapport Stasi, tenus dans l’ignorance des bouleversements ethniques touchant leur nation. Lors de la campagne de 2002, le thème de l’immigration aura été évité par Jacques Chirac et Lionel Jospin, au plus grand profit de qui l’on sait.
L’épreuve de vérité n’épargne pas l’extrême gauche qui, au soir du 29 mai 2005, s’était approprié la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. Alors que la crise économique et sociale reste la première préoccupation des Français, le sectarisme antilibéral mouline dans le vide. Ces idéologues, coupés des réalités, n’arrivent pas même à s’accorder sur un candidat. Fin du gauchisme ?
Il reste bien des interdits. Georges Frêche et Pascal Sevran en savent quelque chose, qui ont été lynchés pour avoir critiqué, l’un la composition de l’équipe de France de football, l’autre les comportements natalistes des Africains (grossièrement, il est vrai). L’écrivain Andreï Makine avait noté (Cette France qu’on oublie d’aimer, Flammarion) : « Le décalage entre le discours officiel et les commentaires que les Français osaient en privé me rappelait la situation dans ma patrie soviétique. » Sortir de l’étouffoir, vite !

Le déshonneur du PCF


Même le PCF, grand dispensateur de leçons, n’est plus la vache sacrée de naguère. Mardi, L’Humanité a dû revenir, après les révélations du Monde, sur un secret des plus honteux : son offre de collaboration avec l’occupant nazi, faite en juin 1940 dans le but de faire reparaître L’Humanité, avec l’accord de Jacques Duclos, secrétaire du comité central. « La négociation de trop », estime le quotidien communiste, qui qualifie cette stratégie d’« injustifiable ». Le mot est faible.
Selon les recherches de deux historiens qui ont travaillé sur des archives de la Ville de Paris (La Négociation secrète, Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, l’Atelier), Maurice Tréand, responsable de la commission des cadres du PCF, avait notamment rédigé les arguments suivants, soutenus devant les autorités allemandes : « Sommes communistes, avons appliqué ligne PC sous Daladier, Reynaud, juif Mandel. Juif Mandel nous a emprisonnés. Fusillé des ouvriers qui sabotaient Défense nationale » ; « Pas cédé face à dictature juif Mandel », etc.

C’est ce parti, longtemps dissimulateur d’un tel déshonneur capitulard et antisémite, qui n’aura reconnu que sur le tard et timidement les dizaines de millions de morts du totalitarisme marxiste. Il aura intimé à la France de faire repentance pour les actes de tortures de l’armée en Algérie, emboîtant le pas au délicieux Abdelaziz Bouteflika. Le PCF n’a pas eu de mots assez durs, cette semaine, pour dénoncer les dix-sept ans de dictature (3 000 disparus) d’Ernesto Pinochet, inhumé mardi dans un Chili devenu démocratique et libéral après qu’il eut rendu le pouvoir en 1988. On attend son jugement sur Fidel Castro, dictateur communiste, bourreau de son peuple depuis cinquante ans.

Arroseur arrosé


Ces autres vérités, dévoilées par la fausse affaire Clearstream : la moutonnerie de bien des médias, le manque de discernement de nombre de politiques, la politisation de trop de juges. La mise en examen, mercredi, pour recel de vol et abus de confiance du journaliste Denis Robert, au coeur de ce scandale bidonné, replace le « Watergate français » à sa dimension de grossière manipulation répondant initialement, semble-t-il, aux seules convictions d’un confrère. La mascarade révèle la légèreté de ceux qui, à droite comme à gauche, ont laissé entendre que Dominique de Villepin avait fait introduire le nom de Nicolas Sarkozy dans la liste des détenteurs de comptes occultes. Une motion de censure aura été déposée, en mai, sur ce grand vide.
Mais ce sont surtout les magistrats du pôle financier, installé à grands frais en 1999, qui sortent éreintés de l’attrape-nigaud qui se laissait voir dès 2004. Il confirme le diagnostic d’Éric Decouty (Un fiasco français, Denoël) sur cette section du tribunal de grande instance de Paris, où le procédé de la peau de banane entre collègues semble établi. Les juges d’instruction Jean-Marie d’Huy et Henri Pons auront consacré dix mois de leur travail à s’égarer sans recul, et la police financière avec eux, dans d’inutiles méandres politiques ayant le premier ministre pour cible, au détriment du suivi des dossiers de corruption du moment. L’arroseur arrosé.

La leçon de Johnny

Puisqu’on en est à tout déballer : l’annonce de l’expatriation fiscale de Johnny Hallyday en Suisse est la démonstration supplémentaire de la sottise des impositions confiscatoires qui, comme l’ISF, poussent à quitter la France. Continuer ainsi ?


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