26 septembre 2020

Au-delà de la question irakienne

Plus encore, l’impopulaire guerre en Irak n’a pas créé les islamistes et leurs madrassa à travers le Moyen Orient qui aujourd’hui font du lavage de cerveau sur de jeunes radicaux et font pression sur les monarchies, les théocraties et les autocraties de la région pour leur fournir de l’argent afin de s’entraîner et de s’armer. Tout ce radicalisme s’est constitué depuis des décennies comme nous avons pu l’observer durant ce dernier quart siècle qui a aboutit au 11 septembre.

Par ailleurs, les émeutes, les assassinats, les menaces de mort à l’encontre de la création artistique en Europe n’ont rien à voir avec l’Irak.

En ce moment même, la plupart des terroristes d’Al Qaeda s’entraînent et s’équipent dans les contrées sauvages du Waziristan au Pakistan pour venir en aide aux Talibans qui réclament l’Afghanistan et veulent répandre le Djihad. Ces tueurs ne prennent pas du tout en compte le fait que nos efforts en Afghanistan soient largement multilatéraux. Ils prêtent très peu d’attention également au fait que notre présence s’effectue dans le cadre de l’OTAN ou implique les Nations-Unies ou encore s’avère être la conséquence à l’avènement du 11 septembre 2001.

Ces islamistes radicaux acquièrent de la force non pas parce que nous ne sommes plus préoccupés de l’Afghanistan pour aller en Irak, mais bien parce que l’homme fort du Pakistan, le général Pervez Musharraf, ne peut pas ou ne veut pas faire grand chose contre les bases d’Al Kaida existants dans son propre pays. Et pas plus Bush que Nancy Pelosi savent réellement comment persuader ce genre de dictature militaire imprévisible, dotée du bouton nucléaire.

Certes, la guerre en Irak a rendu plus ardue nos relations avec l’Iran, mais, évidemment, elle n’est pas la cause de nos tensions avec Téhéran. Depuis des décennies, en Arabie Saoudite comme à Beyrouth, le gouvernement iranien, via le Hezbollah, a tué des Américains, en particulier durant les années 90 et 90. Et cela ne se passait pas sous la présidence lunatique d’un Mahmoud Ahmadinejad, mais celle considéré comme bien plus “modérée” du président Akabar Hashemi Rafsanjani, qui avait indiqué, en 2001, qu’une seule bombe sera nécessaire pour détruire Israël.

Aussi, il s’avère que l’Irak est seulement l’un des plus récents théâtres, -même s’il s’agit de l’un des plus controversés, d’une confrontation globale permanente. Et l’extension de ce large conflit ne date pas de l’invasion en Irak en 2003, mais provient de cette rage que réservent les musulmans radicaux tant à l’encontre du monde moderne, que des dissensions dues aux ressources pétrolières du Moyen Orient et à leurs profits ; une rage qui propulse le terrorisme islamiste à l’échelle mondiale, de l’Afghanistan à la Thaïlande.

Peut-être qu’un candidat pacifique gagnant la présidentielle de 2008, retirera les soldats américains d’Irak avant que la démocratie ne s’y stabilise, ce qui, sur le court terme, permettra en effet de sauver des vies et d’économiser de l’argent. Mais comme la confrontation globale continue, il est à craindre que les djihadistes persistent à se maintenir dans le Triangle sunnite ; que le Hamas et le Hezbollah envoient des roquettes sur Israël ; que les Syriens continuent à tuer les réformateurs au Liban ; que l’Iran continuera à tricher pour obtenir la bombe nucléaire ; Ayman al-Zawahiri continuera à propager les menaces d’Al Keida à partir du Pakistan nucléarisé ; les richissimes mais illégitimes cheiks persisteront à faire des concessions secrêtes et à verser des pots de vins à des terroristes de plus en plus mis en confiance afin de les laisser tranquilles ; et les djihadistes essayeront toujours de se glisser aux USA pour nous tuer.

Les critiques de la guerre présente peuvent tirer avantage de l’argument tactique stipulant qu’il serait plus sage de combattre Al Keida au Pakistan plutôt qu’en Irak. Ou encore que l’argent dépensé sur le théâtre irakien ferait mieux d’être investi dans la défense et la sécurité intérieure. Voire que le coût humain est simplement trop grand et donc qu’il conviendrait mieux de faire des concessions diplomatiques avec les islamistes radicaux plutôt que de les affronter militairement.

Pourtant, toutes ces suggestions, qui resurgissent à chaque guerre, sont aussi familières que ces vieilles controverses concernant la Ligne Maginot en France dans les années 30 ou la décision américaine de défaire d’abord l’Allemagne nazie et ensuite le Japon. Quant au fait de rester en Irak, il s’avère, au moins sur le long terme, qu’il est préférable de se confronter aux radicaux islamistes plutôt sur leur propre terrain, tout en essayant d’aider à la création d’une alternative démocratique en lieu et place d’une théocratie ou d’une autocratie.

Cette perspective peut être perçue par le public américain comme étant trop coûteuse ou trop naïve, mais cette stratégie a le clair mérite de viser un ennemi qui cherche à terroriser l’Occident et à continuer bien après 2008.

Selon la façon dont nous partirons d’Irak, la guerre mondiale contre le terrorisme de l’ islamisme radical ira en s’amplifiant ou décroîtra. Nous sommes encore loin de la fin.

Traduit par LSA Oulahbib

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Beyond Iraq

Fighting terror, now and in the future.


By Victor Davis Hanson

The threat from radical Islamic terrorists will not vanish when President Bush leaves office, or if funds for the Iraq war are cut off in 2008.

A frequent charge is that we are bringing terrorists to Iraq. That is true in the sense that war always brings the enemy out to the battlefield. But it’s also false, since it ignores why killers like Abu Musab al-Zarqawi (the late al Qaeda chief in Iraq), Abu Nidal, and Abu Abbas (Palestinian terrorists of the 1980s), and Abdul Rahman Yasin (involved in the 1993 World Trade Center bombing) were already in Saddam’s Iraq when we arrived.

Moreover, the unpopular war in Iraq did not create radical Islamists and their madrassas throughout the Middle East that today brainwash young radicals and pressure the region’s monarchies, theocracies and autocracies to provide money for training and weaponry. All that radicalism had been going on for decades — as we saw during the quarter-century of terrorism that led up to 9/11. And rioting, assassination, and death threats over artistic expression in Europe have nothing to do with Iraq.

Right now, most al Qaeda terrorists are being trained and equipped in the Pakistani wild lands of Waziristan to help the Taliban reclaim Afghanistan and spread jihad worldwide. These killers pay no attention to the fact that our efforts in Afghanistan are widely multilateral. They don’t care that our presence there is sanctioned by NATO, or involves the United Nations, or only came as a reaction to 9/11.

These radical Islamists gain strength not because we “took our eye off Afghanistan” by being in Iraq, but because Pakistan’s strongman, Gen. Pervez Musharraf, can’t or won’t do anything about al Qaeda’s bases in his country. And neither Bush nor Nancy Pelosi quite knows how to pressure such an unpredictable nuclear military dictatorship.

The Iraq war has certainly sharpened our relationship with Iran, but, of course, it’s also not the cause of our tensions with Tehran. For decades, the Iranian government has subsidized Hezbollah, which during the 1980s and 1990s murdered Americans from Saudi Arabia to Beirut. It was not the current Iranian lunatic president Mahmoud Ahmadinejad but an earlier more “moderate” president, Akbar Hashemi Rafsanjani, who remarked, in 2001, that “one bomb is enough to destroy all Israel.”

So Iraq is only one recent theater, albeit a controversial one, in an ongoing global struggle. This larger conflict arose not from the Iraqi invasion of 2003, but from earlier radical Muslim rage at the modern globalized world, the profits and dislocations from Middle East oil, and Islamic terrorism that ranges worldwide from Afghanistan to Thailand.

Should a peace candidate win the American presidency in 2008, prompting the U.S. to pull out of Iraq before the democracy there is stabilized, in the short term we will save lives and money. But as the larger war continues after we withdraw, jihadists will still flock to the Sunni Triangle. Hamas and Hezbollah will still rocket Israel. Syria will still kill Lebanese reformers. Iran will still try to cheat its way to a nuclear bomb. Ayman al- Zawahiri will still broadcast his al Qaeda threats from safety in nuclear Pakistan. The oil-rich, illegitimate Gulf sheikdoms will still make secret concessions and bribe increasingly confident terrorists to leave them alone. And jihadists will still try to sneak into the United States to kill us.

Critics of the present war can make the tactical argument that it is wiser to fight al Qaeda in Pakistan than in Iraq. Or that money spent in the frontline Iraqi offensive theater would be better invested on defense and security at home. Or that the human cost is simply too great and thus we should instead make diplomatic concessions to radical Islamists in lieu of military confrontation.

But, again, those are operational alternatives found in every war — as familiar as the old controversies over the French defensive Maginot Line of the 1930s or the American decision to defeat Germany first, Japan second. In the case of staying on in Iraq, at least, our long-term plan is to go on the offensive to confront radical Islamic terrorists on their own turf, and try to foster a democratic alternative to theocracy or autocracy.

That may be felt by the American public to be too expensive or too naive, but it is a direct strategy aimed at an enemy who seeks to terrorize the West and plans on being around well after 2008.

Depending on how we leave Iraq, this global war against radical Islamic terrorism will either wax or wane. But it will hardly end.

(C) 2007 TRIBUNE MEDIA SERVICES, INC.

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