28 janvier 2023

L’Etat crâneur

Mais en fait c'est un enchaînement, où l'Etat est engrangé jusqu'au cou, roulement à billes de cette dette qui court, ces trous qui se creusent, machine de plus en plus infernale qui nécessite de courir le cacheton et donc de ne pas perdre un "contrat" (comme l'on dit, aussi, dans le Milieu…) surtout quand il a fallu plusieurs années pour le mettre au point.

Par ailleurs, comme chaque pays en Europe fait cavalier seul ou presque en matière d'armement, mais aussi de production commune (d'où les déboires d'Airbus malgré un carnet de commandes bien garni), les coûts sont énormes, et un pays comme la France n'a plus quelques années d'avance avant que des futurs géants comme l'Inde et la Chine sachent mettre au point une aéronautique performante.

Pendant ce temps, comme les réformes en matière de protection sociale se font attendre, la délocalisation bat son plein, le pays s'appauvrit, désormais dans sa masse profonde, même s'il s'enrichit aux extrêmes ; seule solution l'immobilier, l'exode, la prostitution soft et néo yéyé, techniquement préparée par des médias "smood".

Tout cela est bien entendu noyé dans des statistiques aux ordres, comme au bon temps de l'URSS, et comme la France en serait une qui aurait réussi (d'URSS), même l'Insee a abandonné l'idée d'en fabriquer de correctes.

Peu importe, puisque l'argent tombe un peu au gré des razzias d'Etat que Chirac avait le don d'organiser lorsqu'il revenait triomphant avec des km de contrats, ce qui lui permettait d'indiquer que l'Etat n'a pas besoin de se réformer (tout comme le PS : celui-ci n'a-t-il augmenté son stock de députés ?), il peut continuer à vivre sur le dos de la société civile au lieu d'être à son service, et les magazines peuvent continuer à nous seriner avec les privilèges de l'Etat "Ubu" etc…sans que personne ne s'en émeuve, sauf entre la poire et le fromage, le SPA et l'apéro.

Que faire ?

Tout ce qui est excessif étant insignifiant, il est urgent de ne rien faire sinon de nier, nier, nier toujours, mais fabriquer aussi les éternelles jolies rustines, parfois même de nouvelles, dont on se pare à l'infini, au gré des émissions, et surtout en période électorale, c'est-à-dire déjà demain, avec les élections municipales de 2008.

On peut d'ailleurs se demander si le coup de poker qui a permis de libérer les infirmières bulgares (de la même nationalité que Sylvie Vartan, cette yéyé du peuple, tout comme son ex : Johnny Hallyday) ne les prépare pas ces élections, avec ce juste ce qu'il faut de paternalisme gaullien traditionnel, un zest people évidemment, mais près de ces "vrais gens" qui ne pourront pas ne pas admettre ce côté cosy du retour au foyer qui fait réellement bonne impression au fond des urnes.

What's next ?
Sans doute quelque chose d'intéressant à venir : observer comment les divers clans vont faire pour à la fois éviter que les réformes se fassent (c'est bien parti) tout en ne coulant pas trop vite le Titanic France et de telle soret qu'ils donnent même l'impression de le remettre à flot !

Néanmoins, je concède que dire tout cela est très catastrophiste, déclinologue, donc on peut plutôt l'avancer autrement : dans le monde déjà là, la nécessité de réformes fondamentales est si cruciale que perdre encore cinq ans, c'est détruire encore un peu plus l'Idée France, porteuse encore de tant de choses si loin de ces contrats signés avec un bourreau habillé en singe de cirque (ce qui n'est pas gentil pour le singes qui après tout font leur boulot).

Mais ceci est une autre histoire…

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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