18 avril 2021

Léo Peeters, seul «diplomate squatter» de la planète

Un curieux imbroglio juridique et diplomatique va-t-il provoquer une nouvelle crise entre Israël et la Belgique  ?
Lorsque vous vous promenez dans Jérusalem, allez donc voir au 21 rue Balfour dans le quartier de Talpioth la Villa Salameh , un magnifique hôtel particulier des années 30, peut-être, selon les connaisseurs, le plus bel immeuble de la Jérusalem moderne.
Cette villa appartenait avant la création d’Israël à un riche homme d’affaire palestinien Constantin Salameh. Lors de la guerre d’indépendance de 1948,  Salameh avait quitté Israël pour aller se réfugier au Liban. Quelques années plus tard, il avait décidé de louer sa villa au consulat général de Belgique qui lui a régulièrement versé des loyers.
Mais dans les années 2000, à la suite d’une longue négociation, constantin Salameh a vendu sa villa à un autre homme d’affaire israélien David Sofer.
Depuis les autorités Belges ont arrêté de payer tout loyer au nouveau propriétaire au motif que la présence israélienne à Jérusalem serait illégale au regard du droit international. On croit rêver, on pense avoir à faire à une mauvaise histoire Belge, mais depuis l’affaire n’a fait que s’envenimer.
Pourtant, ce litige ne relève que du droit civil. Mais les Belges continuent d’affirmer qu’ils ne paieront que le jour où la question de Jérusalem aura été définitivement réglée par un accord international et lorsque tous les palestiniens ayant été spoliés depuis soixante ans auront été indemnisés. Le nouveau propriétaire David Sofer réclame maintenant plus de deux millions et demi d’euros d’arriérés. Un tribunal israélien doit dans quinze jours statuer sur cette demande. Mais le ministre belge des affaires étrangères lui-même a fait savoir qu’aucun représentant Belge ne se présenterait devant la justice israélienne.
Cette attitude très ferme, très courageuse des autorités belges est en outre très économique, puisque depuis maintenant des années le consul de Belgique a Jérusalem est logé gratuitement. Il ne paye plus de loyer ni à l’ancien propriétaire, ni au nouveau. Léo Peeters, le consul général, est probablement le seul squatter diplomate de toute la planète.
 Clément Weill-Raynal
Chronique sur RCJ du 18 mai 2009

Signalé par Olivier

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