1 décembre 2021

OBAMA : LE MAHDI AMERICAIN ?

Le discours du président OBAMA à l’université Al-Azhar du Caire m’inquiète au plus haut point. Car dans mon esprit, désormais, une chose est sûre : après avoir prononcé ce discours fondateur d’une PAX AMERICANA à front renversé, Barak OBAMA, alea jacta est, a remis l’avenir de l’Occident entre les mains de l’islam.
 
    Car si M. OBAMA, en ce 4 juin 2009, a bien annoncé UN NOUVEAU DEPART (Yes we can) dans les relations entre les Etats-Unis (donc l’Occident) et le monde arabo-musulman, les termes de ce nouveau contrat démocrate, en quelque sorte, me paraissent grandement déséquilibrés.
 
    Car il était parfaitement superfétatoire de déclarer, je cite : "C’est l’islam – dans des lieux tels qu’Al-Azhar – qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au siècle des Lumières en Europe". A cette aune, notre dette envers l’islam relève de l’inextinguible !
 
    OBAMA poursuit :"C’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) – c’est de l’innovation au sein des communautés que nous viennent l’algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l’écriture et de l’imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir".
 
    Mieux et plus encore : "La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l’élan des flèches de pierre vers le ciel, l’immortalité de la poésie et l’inspiration de la musique, l’élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l’histoire, l’islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale (applaudissements)". N’en jetez plus !…
 
    Barak OBAMA rejoint ainsi la thèse, fort bien en cour en France, selon laquelle l’Europe serait fille de l’islam ! Loin de moi l’idée saugrenue de vouloir minimiser la grandeur passée de l’islam, mais il faut raison garder et, pour ma part, je préfère de loin épouser la thèse de Sylvain GOUGUENHEIM exposée dans son magistral "Aristote au Mont-Saint-Michel – Les racines grecques de l’Europe chrétienne" (au Seuil).
 
    Dans le même ordre d’idées, je regrette vivement que le président des Etats-Unis d’Amérique n’ait (peut-être) pas eu connaissance d’un entretien accordé, le 23 avril dernier, au quotidien saoudien OKAZ (Cf. www.bivouac-id.com) par le penseur (réformiste) saoudien Ibrahim AL-BULEIHI dans lequel celui-ci déclare sereinement :
 
    "Il n’y a pas une, mais mille raisons qui me poussent à admirer l’Occident et à souligner son excellence absolue dans tous les domaines. La civilisation occidentale est la seule qui ait su libérer l’homme de ses illusions et de ses chaînes (…) Avant elle, l’humanité était en prise avec la tyrannie, l’impuissance, la pauvreté, l’injustice, la maladie et la misère".
 
    – Question d’OKAZ : "Monsieur, vous pouvez admirer cette civilisation tant que vous le voulez, mais pas aux dépens des autres, notamment de notre civilisation".
 
    – Réponse d’Ibrahim AL-BULEIHI : "Mon admiration pour l’Occident ne s’exprime pas aux dépens des autres. Elle invite ces autres à admettre qu’ils se sont leurrés, à surmonter leur infériorité et à se libérer de leur retard. Ils devraient admettre leurs défauts et faire l’effort de les surmonter" etc.
 
    – Autre question d’OKAZ : "Certains penseurs occidentaux ont écrit que la civilisation occidentale est une extension des civilisations précédentes. Comment vous, Arabe musulman, pouvez-vous le nier ?
 
    – Réponse d’Ibrahim AL-BULEIHI : "(…) La seule civilisation qui possède les ingrédients du progrès perpétuel est la civilisation occidentale, avec ses fondements grecs et son étonnante configuration contemporaine (…) La civilisation occidentale estime que nul ne détient la vérité absolue et que la perfection est impossible à atteindre, donc l’homme doit s’efforcer de l’atteindre tout en sachant qu’il n’y arrivera pas".* L’esprit libre qu’est AL-BULEIHI ne fait-il pas ici, mine de rien, l’éloge de la raison ?
 
    D’ailleurs, AL-BULEIHI fait preuve d’une rare lucidité qui l’honore quand il affirme à OKAZ : "Notre culture a été, et continue d’être, absorbée par la question de ce qui est interdit et permis, de la croyance et l’incroyance, parce que c’est une civilisation religieuse (…)". Le génie de l’Occident est aussi d’avoir su dépasser ce stade incapacitant.
 
    Pour conclure, je dois dire que le pari de Barak OBAMA me paraît des plus risqués dès lors que le président américain, à l’instar de Jacques CHIRAC, semble réellement sacrifier à l’idéologie du funeste "tout se vaut". Une façon de voir qui, hélas, m’incite fort à penser, à l’instar d’Albert CAMUS, que "mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde".

 
    * Pour une transcription complète en français de l’interview de M. AL-BULEIHI, on peut utilement se référer au site http://www.drzz.info/article-32110708.html.

Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
Membre du Parti libéral démocrate
http://sully1.typepad.com
02400 FRANCE
 
 
 

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