27 septembre 2022

Obama : les paroles et les actes

Lu sur le site du CRIF :

  Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Israël :

 

Les faits et gestes du président Barack Obama sont scrutés partout dans le monde et les déplacements à l’étranger du nouveau président américain, suscitent énormément de commentaires et d’intérêts. Comment l’expliquez-vous ?
Je crois que le président Obama représente pour beaucoup de gens aux Etats-Unis et sur toute la planète, une nouvelle phase, une page tournée dans l’histoire des Etats-Unis et des relations de ce pays avec la communauté internationale. Dans son parcours personnel, il représente sans doute l’incarnation d‘un certain rêve américain que partage énormément de gens quelque soit leur nationalité. Il faut ajouter à cela, un indéniable charisme hors du commun, c’est un fait qu’il faut se contenter de constater faute de pouvoir l’expliquer.
 
Comment interprétez-vous l’allocution qui a été prononcée au Caire le 4 juin  2009, à l’adresse du monde musulman et des pays arabes ? Peut-on parler de discours historique ? De changement d’orientation ? De l’après 11 septembre 2001 ? Obama entraîne-t-il les Etats-Unis à tourner définitivement le dos à l’ère de George W. Bush ?
C’est sans le moindre doute un discours exceptionnel et on pourrait passer des journées entières à le disséquer à l’analyser, mais s’il faut être bref, je le résumerai ainsi : c’est une main tendue des Etats-Unis vers le monde arabo-musulman, et en même temps une expression de foi et de valeurs comme on en a jamais vu de la part d’un leader mondial, en déplacement dans le monde arabe ou ailleurs. Ce discours si dense en principes et en credo est tout le contraire du choc des civilisations, même s’il n’en dément pas une certaine validité de base. C’est, enfin de compte, la proposition d’un formidable espoir pour les habitants du Proche et du Moyen-Orient et pour le monde entier.
 
Depuis son investiture, il semble qu’Obama veuille faire pression sur Israël. Il multiplie les rappels à l’ordre, notamment lorsqu’il parle des implantations (settlements, en anglais) israéliennes dont il demande l’arrêt de la construction. Vous semble-t-il qu’il y ait une autre ou nouvelle approche américaine en la matière ?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Obama ne fait qu’exprimer la traditionnelle position américaine sur cette question. C’est l’insistance sur ce point qui constitue une certaine nouveauté, mais on a beaucoup exagéré le propos du président américain. Il a bien rectifié après sa rencontre avec le président Nicolas Sarkozy, en précisant qu’il fallait donner le même poids aux engagements des Israéliens qu’à ceux des Palestiniens : notamment l’arrêt de la violence et de l’incitation à la haine.
 
Il semble également que le Premier ministre israélien ait été étonné par ce positionnement. Le premier ministre annonce qu’au discours de Barack Obama, il répondra par un discours de Jérusalem qu’il a lui-même qualifié de « central » sur sa conception de la paix. L’événement aura lieu dans huit à dix jours. Quelle est la marge de manœuvre de Benjamin Netanyahou ?
La marge de manœuvre est aussi large que le sont les traditionnelles relations entre les Etats-Unis et Israël. C’est dire si le Premier ministre ne manque pas de latitude malgré la tension que certains veulent voir dans l’actualité de cette relation transatlantique. Netanyahou peut en effet présenter un programme politique, bénéficiant de beaucoup de flexibilité et d’idées novatrices. Le seul point sur lequel il ne cédera pas, c’est évidemment la sécurité d l’Etat d’Israël.
 
Propos recueillis par Marc Knobel
 

 

 

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