7 février 2023

Dernière lettre au pouvoir avant faillite morale et politique

     Monsieur le Président de la République,
 
    Dans l’esprit des Français soigneusement tenus dans l’ignorance par tous les pouvoirs usant et abusant du faux nez de l’Etat providence, la plus vive inquiétude commence insidieusement à se faire jour.
 
    Cette très vive inquiétude est d’abord et avant tout motivée par la révélation brutale, désormais commentée sans tabou à tous les niveaux de la société française, que la Nation est surendettée au-delà de tout sens commun.



 
    Une telle situation, à laquelle, d’ailleurs, le traité de Lisbonne ne sera d’aucun secours sans au minimum un réel effort de redressement national, porte de plus en elle les prémisses d’une future désagrégation de l’UE contemporaine.
 
    Entre parenthèses, ce qui pourrait advenir de mieux aux Européens serait un détricotage de cette UE politique dont vous rêvez tout éveillé mais qui, par sa nature même, n’a aucune chance de jamais fonctionner selon la volonté des peuples dits souverains.  
 
    Mais fermons la parenthèse et revenons à notre sujet brûlant du jour : l’état de la France. En voici la description, expéditive (de mon fait), peut-être, mais implacable qu’en fait Nicolas BAVEREZ sous le titre évocateur : "Emprunter plus pour dépenser plus".*
 
    "La France est le seul des grands pays développés dont le dernier excédent budgétaire remonte à 1973 (…) La conséquence immédiate se trouve dans l’explosion de la dette publique, passée de 20 à 80% du PIB depuis 1980, avec des prévisions de 88% du PIB en 2012 et 100% en 2015".
 
    Une première constatation conduisant sans coup férir à une première conclusion : "Au total, la dette française est sur le point de sortir de tout contrôle (…) notamment dans le cas probable d’une hausse des taux d’intérêt. La distinction entre bons et mauvais déficits relève de la casuistique".
 
    Seconde constatation d’évidence à laquelle, M. le Président, vous ne semblez manifestement pas prêter toute l’importance (cruciale) voulue : "Loin de favoriser la croissance, la dette publique paupérise la nation et alimente le chômage".
 
    D’où ce rappel fort à propos à d’autre temps et, bien sûr, à d’autres moeurs plus vertueuses : "Force est de constater que le désendettement à marche forcée de la France dans les années 60 est allé de pair avec une croissance de 4,5% et une situation de plein-emploi".
 
    Le revers de la médaille étant alors, toujours selon Nicolas BAVEREZ, qu’"A l’inverse, l’emballement de la dette à partir de 1980 est indissociable du décrochage de la compétitivité du pays et de l’enfermement dans un sous-emploi structurel". N’est pas DE GAULLE qui veut…
 
    Alors, et surtout, M. le Président, quid du grand emprunt national (et obligatoire, sussure-t-on !?) à venir ? Pour Nicolas BAVEREZ, il s’agit purement et simplement d’une illusion "qui couvre du voile du volontarisme le piège mortel des déficits et de la dette".
 
    Pis encore, assène-t-il, "En laissant croire qu’il est possible de pérenniser les déficits et qu’il n’existe pas de limites à la capacité d’endettement de l’Etat, la France encourage la formation d’une nouvelle bulle financière autour des finances publiques".
 
    Et Nicolas BAVEREZ de conclure : "Il est vain de fustiger la cupidité des hommes de la finance, le court-termisme des marchés et les excès du capitalisme pour appliquer des principes, des raisonnements et des techniques identiques au secteur public. Au bout du surendettement de l’Etat comme de celui des ménages ou des entreprises, on trouve toujours le krach".
 
    M. le Président, vous ne sauriez ignorer que vous ne pourrez rien entreprendre sans avoir, au préalable, obtenu la confiance de vos concitoyens. Aussi devriez-vous écouter plus attentivement la société civile qui, légitimement, vous juge sur vos actes : "Deux ans après (Ndlr : votre élection en fanfare), la rupture n’est plus qu’une illusion et les réformes attendues ne sont qu’un ambrouillamini de mesures sans grande signification et de nul effet sur les problèmes du pays".**
 
    M. SARKOZY, toute la question est donc désormais de savoir si le tribunal composé des 64 millions de Français que compte notre cher et vieux pays acceptera, en 2012 ou bien même avant, de vous voter des circonstances atténuantes. En ce qui me concerne, sincèrement, je ne m’en sens guère l’envie.
       
 
    *Le Point No 1920 du 12 juillet 2009.
 
   **http://www.claudereichman.com/articles/peuplefidele.htm
    
Librement !

Membre du Parti libéral démocrate
http://sully1.typepad.com
02400 FRANCE
 
 


 

 

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