20 juin 2021

Mais où est donc passé le Méthane?

Comme vous l'avez constaté, si vous êtes des assidus de la presse, d'Internet ou des médias télévisuels, il ne se passe pas une journée sans qu'un docte "expert du climat" vienne vous expliquer que "le méthane (CH4), c'est bien pire que le CO2", "qu'il ne faut plus manger de viande bovine parce que les ruminants éructent du méthane à la tonne", que "les conséquences du méthane produit par les élevages sont pires que celles du CO2 résultant de la circulation automobile" et que "la fonte des pôles va libérer d'énormes quantité de méthane piégé dans le pergélisol, ce qui ferait fondre les pôles qui libéreraient du méthane qui ferait fondre les pôles qui libéreraient du méthane" ce qui, finalement, "transformerait notre planète en poêle à frire" comme l'a affirmé Michel Rocard à propos du CO2 qui troue la couche d'ozone.
Et le doute n'est plus permis parce que c'est le GIEC qui l'a dit…

De son côté, La FAO (titulaire du premier bonnet d'âne de décembre 2006), l'organisme de l'ONU qui est chargé de lutter contre la faim dans le plasticowmonde, sonne le tocsin pour qu'on débarrasse, au plus vite, notre planète de ses malheureux ruminants…

Et les chercheurs argentins d'équiper leurs vaches de bouées en plastique, non pour leur éviter la noyade dans les eaux du Rio Negro, mais pour recueillir leur rôts, comme on le voit sur l'image ci-contre. Tandis que leurs camarades biologistes du monde entier travaillent d'arrache-pied sur de vastes projets, richement dotés et destinés à remplacer l'herbe des pâturages par des aliments moins générateurs de méthane…

Cependant, comme vous le savez, à Pensee-unique.fr, nous préférons prendre du recul par rapport à ces perspectives ébouriffantes, surtout en cette période qui précède les (dés)accords de Copenhague. Et suivant notre bonne habitude, nous allons puiser nos informations à la source de résultats scientifiques publiées dans les journaux scientifiques de la meilleure qualité. Peer-reviewés, cela va sans dire.

Il n'est pas nécessaire d'effectuer de longues recherches pour trouver l'article très récent (du 17 Sept. 2009) suivant, publié dans une revue qui bénéficie de toutes les garanties requises. Voici la référence, le titre et la (longue) liste des auteurs :

GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 36, L18803, doi:10.1029/2009GL039780, 2009

"Observational constraints on recent increases in the atmospheric CH4 burden" soit "Limitations, résultant des observations, des hausses récentes de la charge en CH4 de l'atmosphère."
A noter, en passant, que l'utilisation du mot "burden" qui signifie littéralement "fardeau" ou "charge pesante" pour désigner le méthane en dit long sur les convictions profondes des auteurs de l'article. Voici la (longue) liste de ces auteurs :

E. J. Dlugokencky, L. Bruhwiler, J. W. C. White, L. K. Emmons P. C. Novelli, S. A. Montzka, K. A. Masarie, P. M. Lang, A. M. Crotwell, J. B. Miller et L. V. Gatti
Ces chercheurs relèvent tous des organismes qui font, depuis des années, la promotion du réchauffement climatique aux Etats-Unis. C'est à dire la NOAA et l'Université du Colorado (Boulder) à l'exception de Gatti qui est un chercheur Brésilien. Dlugokencky est considéré comme le grand manitou du méthane à la NOOA.

Ce chercheurs ont mobilisé les données de pas moins de 46 sites de mesures pour tracer les deux courbes maîtresses suivantes qui sont extraites de l'article en CH41question et qui sont rapportées ci-contre.

La courbe du haut qui est très connue, nous indique la proportion du CH4 atmosphérique en ppb, de 1983 au début 2009.
Un ppb c'est une partie (en volume) par milliard. Cela représente 1 mm3 dans un volume de mille litres. Un ppb, c'est aussi un millième de ppm qui est l'unité standard utilisée pour mesurer le taux de CO2 dans l'atmosphère.

Pour avoir une idée de l'influence de l'effet de serre (selon le GIEC) du méthane atmosphérique par rapport à celui du CO2, on peut faire un calcul (grossier) en se souvenant que l'effet de serre du CH4 serait 25 fois plus grand que celui du CO2 (Un article tout récent dit que c'est 33 fois, mais c'est à vérifier).

Ainsi, l'effet du méthane contenu dans l'atmosphère correspondrait approximativement à l'équivalent de de 45 ppm de CO2 à comparer aux 385 ppm de CO2 actuellement mesurés à Mauna Loa. On constate que d'après les mesures rapportées ci-contre, l'équivalent en CO2 du méthane présent dans l'atmosphère est passé de 41ppm (en 1983) à 45 ppm (en début 2009) ce qui correspond à une augmentation, en équivalent CO2 de 4 ppm en 26 ans. Rappelons que, pendant la même période, c'est à dire entre 1983 et le début 2009, le taux de CO2 réel, lui, aurait augmenté de quelques 45 ppm (en 26 ans) selon les mesures effectuées à Mauna Loa.

Autrement dit, l'augmentation du taux de CH4 dans l'atmosphère de 1983 à nos jours est pratiquement négligeable par rapport à celle du CO2 pendant la même période… contrairement à ce que pourrait laisser penser la courbe (du haut), représentée ci-dessus, dont l'axe des ordonnées est zoomé de façon outrancière..

Ce qui est plus surprenant encore et qui est, à ma connaissance, inexpliqué (il y a bien quelques hypothèses…) c'est le fait, bien visible sur ce graphe que le taux de méthane présent dans l'atmosphère tend à se saturer. Autrement dit, le taux de croissance du CH4 atmosphérique diminue dans le temps.
Pour en avoir le coeur net, les 11 chercheurs cités ci-dessus, ont étudié la variation temporelle du taux de CH4 présent dans l'atmosphère pendant la même période. En termes plus savants, ils ont tracé, sur la graphe du bas, la dérivée temporelle du taux de méthane en fonction du temps (reporté ici en d(CH4)/dt en ppb par an). En quelque sorte, ils ont tracé la vitesse d'augmentation du taux de méthane.

Comme on s'y attend au vu de la courbe précédente, cette courbe (du bas) présente une pente moyenne négative. Autrement dit, la vitesse décroît nettement depuis 1983 jusqu'à nos jours en subissant un certain nombre de montées et de descentes perceptibles sur ce graphe. Celui-ci est intéressant à plus d'un titre :

  • Le taux d'augmentation du CH4 atmosphérique est pratiquement égal à zéro en début 2009. Autrement dit le méthane n'augmente pratiquement plus en ce moment même.

  • Le "pic" de température de 1998, sans doute dû au El Niño qui a régné à cette époque, a conduit à une légère accélération de l'augmentation du taux de méthane et il en a été de même lors de l'éruption du Pinatubo (1991). On peut penser que du méthane, présent dans les marécages, a été relâché lors du tremblement de terre subséquent.

  • L'accélération apparente de la montée du taux de méthane en 2007 a provoqué une véritable panique parmi les alarmistes du climat qui ont aussitôt établi un lien avec la fonte exceptionnelle de l'arctique de cette année-là (elle aussi stoppée depuis lors). Malheureusement pour leurs prédictions apocalyptiques et heureusement pour nous, la hausse du taux de méthane s'est aussitôt ralentie jusqu'à nos jours.Il n'y pas eu de "tipping point" ou de divergence du genre de celle que j'ai évoquée au début de ce billet. En réalité, le méthane contenu dans le pergélisol reste sagement piégé comme il l'a fait dans le passé même quand la température avait augmenté de 10°C .

  • Si la tendance observée de 1983 à nos jours, se poursuit dans les années à venir, la taux de méthane présent dans l'atmosphère risque de partir à la baisse. Nous verrons. Mais les observations de ces 11 chercheurs sont incompatibles avec les affirmations alarmistes qui clouent au pilori les activités humaines, actuellement en pleine croissance.
    CH42
  • Cette saturation apparente du taux de méthane présent dans l'atmosphère est en contradiction flagrante avec les projections du GIEC ainsi que l'a relevé l'ancien climatologue d'Etat, Patrick J. Michaels, en reportant sur le graphe précédent, les projections officielles du GIEC, comme on peut les voir sur cette courbe.

 

 

 

 

La dernière phrase de la conclusion de l'article cité et cosigné par les 11 chercheurs de la NOOA, de l'Université du Colorado et de l'IPEN de Sao Paulo, en dit long sur le mode de fonctionnement de la science climatique actuelle : :

"We emphasize that, although changing climate has the potential to dramatically increase CH4 emissions from huge stores of carbon in permafrost and from Arctic hydrates, our observations are not consistent with sustained changes there yet."

"Nous insistons sur le fait que bien que le changement climatique ait le potentiel d'induire un accroissement significatif des émissions de CH4 à partir des énormes réserves de carbone stockées dans le pergélisol et dans les hydrates présents en Arctique, nos observations actuelles sont en désaccord avec des changements persistant dans cette région."

En bref, ils récitent le crédo du GIEC… mais ils constatent qu'il n'est pas en accord avec ce qu'ils observent ! Déchirant, n'est-ce pas ? Nous espérons qu'ils continueront à bénéficier de leurs contrats de recherche. A noter que cette démarche, très fréquente en climatologie avait été stigmatisée par Lindzen.

Notes : Ces observations rassurantes, qui viennent pourtant d'un article et de chercheurs GIEC-labélisés, n'ont évidemment et comme d'habitude, fait l'objet d'aucun écho de la part des médias…C'est toujours aussi curieux, de la part d'organes d'information.
porc

Et cela n'a pas empêché, non plus, Sir Nicholas Stern (baptisé "l'économiste du changement climatique". Il est l'auteur du fameux rapport pour Tony Blair et il vient d'être sollicité pour donner une série de cours au Collège de France dont la devise est "Docet Omnia" ("Il enseigne tout": En effet !)) de nous inviter, comme Pachauri, à devenir "légumistes" (comme on disait au temps de Jules Verne) et à ne plus manger de viande pour sauver la planète.(Sic)..

 

3 réflexions sur « Mais où est donc passé le Méthane? »

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