16 septembre 2021

Les Grecs du “non” sont-ils des veaux ?

Les Français l'ont été (le seraient?) au dire de de Gaulle, pourquoi pas les Grecs aussi qui veulent que l'on rase gratis, eux, qui importent jusqu'aux oeufs, avec 30% de taux de pauvreté, un million et quelques de fonctionnaires  partant plus tôt à la retraite que beaucoup de pays, etc etc etc (manque de cadastre, armateurs non imposés, maquillage des comptes pour entrer dans l'Euro, complicité de certaines banques d'affaires et agences de notation avec les technocrates de Bruxelles pour une part heideggeriens, foucaldiens, postmodernes…) ; comment se fait-il que se soient encore les communistes qui tirent les marrons du feu de ces Venezuela et Zimbabwe en puissance talonnés il est vrai par les nationaux-étatistes exigeant que ce système de tonneau sans fond soit néanmoins payé non plus par les autres veaux européens, mais le retour à des monnaies "nationales", retour vers le futur des années 70 cet "eldorado" paraît-il alors qu'il fut le dernier soubresaut des "trente glorieuses" avant son effondrement entre 1981 (victoire des néo-keynésiens de Reagan -flottaison des monnaies- à Mitterrand-étatisation du social) et 2001(fusion des tiers-mondistes/gauchistes/islamistes commencée en 1979 en Iran ayant abouti à l'élection d'Obama).

L'enjeu grec n'est semble-t-il même plus l'effacement des 300 milliards et quelques de dettes, mais le fait que l'équipe actuelle grecque veut, exige même (à coup de referendum et de coup de gueule intimidants de divers leaders français socialo-gauchistes envers un Hollande capable de tout pour élargir sa base électorale pour 2017) que la banque centrale européenne continue de déverser voire d'augmenter le débit de ses flots d'euros pour financer ses propres orientations budgétaires, voilà le pari de cette tragédie grecque renouvelée (en attendant sans doute Polemos donc l'extension de la "Révolution", en réalité de l'Involution).

Le tout au "nom de la solidarité européenne", légitimé par toute une hypothétique analyse néo-keynésienne stipulant qu'un déversement sans limites de grands jets de liquidités finira bien par remplir le verre de tout un chacun, peu importe si ce n'est pas le cas ou si peu puisque même aux USA qui ont mis au point cette stratégie (le Japon puis la Chine avaient emboîté le pas) cet excès de liquidités crée en fait des effets spéculatifs que les mêmes ensuite dénoncent à l'encontre du "capitalisme financier néo-libéral" qu'ils ont pourtant contribuer à construire avec " l'open bar" permanent des banques centrales ; à moins de nationaliser/étatiser tous les circuits financiers, (revenir au Crédit Lyonnais de Mitterrand finançant Bernard Tapie, ou des établissements, publics, américains ayant créé les "subprimes"…).

On en est loin des propos fallacieux des pleureuses PS et FDG comme leur nom (ne) l'indique (pas) parlant sur chaque radio/TV d'une malnutrition d'enfants qu'ils ont pourtant eux-mêmes contribué à construire depuis 40 ans, un peu comme ces chefs mendiants rendant difformes des enfants pour mieux apitoyer la mauvaise conscience du bourgeois (aujourd'hui du bobo).

Mais qui est responsable de cette gabegie sinon cette "grécophilie" impavide faisant croire que nous sommes tous redevables d'une philosophie grecque horizon indépassable (depuis Heidegger) qui pourtant avait été rejetée il n'y a pas si longtemps aux rayons des vieilleries à l'époque du "matérialisme dialectique" triomphant, quand le fait de parler d'Aristote était mal venu (hormis en théologie et en histoire de la philosophie) entre les années 1930 et 1980 parce qu'il n'avait pas condamné l'esclavagisme, parce qu'il n'était pas féministe, et s'était trompé en cosmologie (Leo Strauss fut attaqué sur ces bases parce que c'est bien lui qui a réintroduit la lecture d'Aristote aux USA) tandis qu'aujourd'hui on devrait à nouveau concevoir dans la nouvelle école scolastique postmoderne et néo-marxiste (foucaldo-bourdieusienne) que l'on devrait tout à sa redécouverte durant la Renaissance alors que celle-ci ne prend toute sa force pleine et entière (non réduite à sa logique) que dans le contexte de la vie judéo-chrétienne comme l'a montré Thomas d'Aquin lorsqu'il s'agit par exemple de poser la vertu comme un juste milieu objectif entre un excès et un défaut, ou lorsqu'il s'agit comme Descartes et Spinoza de penser la dialectique des passions/motivations et de la Raison comme étant leur limite (distinguer et non pas séparer corps et âme, Principe 8 chez Descartes) et instrument (leur "lien" ou entendement dit Kant, leur "esprit" ajoute Hegel).

La Grèce n'est pas le seul foyer ni même le foyer principal de la civilisation européenne (n'en déplaise à la Nouvelle Droite et ses relais au néo-FN, le FN historique aussi).

Israël, la pensée judéo-chrétienne, sont tout autant sinon plus à sa base comme le rappelle le dernier livre de Richard Millet, Israël depuis Beaufort (Les Provinciales, juillet 2015) puisque c'est bien chez les Juifs puis les Chrétiens que l'esclavage a été aboli, de même que le sacrifice humain (les jeux du Cirque) ; et les Dix Commandements sont bien à la base de notre Droit public et civil, le Droit romain réglant plutôt le droit des affaires et des litiges afférents, et, enfin, c'est bien en Europe et non ailleurs que l'esclavagisme envers les non chrétiens en particulier les amérindiens et les africains a été fortement critiqué puis peu à peu aboli sans l'aide de la pensée grecque ni de la pensée culturaliste et tiers-mondiste d'ailleurs en gestation dès 1492 dans un orientalisme de plus en plus relativiste (jusqu'à aujourd'hui prendre fait et cause contre Israël).

Cette crise grecque est au fond le révélateur de nos impairs et manques à tous les niveaux.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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