6 décembre 2021

Climat: si on arrêtait de tout mélanger?


Le « climat » est au centre des préoccupations actuelles, mais l’intérêt qu’on lui accorde est essentiellement destiné à l’utiliser comme un épouvantail. Même « l’invraisemblable douceur » du mois de décembre 2006 et la facture de chauffage allégée sont considérées comme des catastrophes ! La mémoire en ce domaine est très sélective, car on omet de rappeler l’automnale fraîcheur du surprenant mois d’août précédent, et on s’empresse d’oublier l’hiver 2005-2006 qui a battu des records de froid, ou de chutes de neige, ou bien l’hiver 2000 lorsque la Sibérie a enregistré ses plus basses températures. La grande victime est
d’abord la discipline climatologique elle-même (cf. M. Leroux : «Global warming : myth or reality ? The erring ways of climatology », Praxis-Springer, 2005, 509 p., ouvrage que la presse française continue à ignorer). Tout le monde se proclame « climatologue », et on mélange tout : climat, pollution, écologie et écologisme, développement durable, scoops médiatiques, politique et intérêts économiques. Ainsi les incohérences, les affirmations gratuites, les impossibilités physiques et les mensonges éhontés sont multiples. Nous n’en soulignons que quelques aspects.

 

Pas plus qu’il n’existe de consensus parmi les scientifiques, les prétendus « experts » du GIEC ne sont nécessairement des «climatologues ». Car ils sont nommés par des instances non scientifiques, mais politiques … comme cet « expert national chargé du changement climatique » nouvellement nommé à l’ADEME, physicien nucléaire ! Tout « sceptique » déclaré est donc irrémédiablement écarté. Il conviendrait donc d’abord de compter les vrais scientifiques, mais surtout les climatologues avérés, chargés d’entériner le « Résumé Pour Décideurs ». C’est ce texte, et non les « Bases scientifiques » du climat (cf. www.ipcc.ch), qui fait ensuite « autorité ». C’est à l’occasion de ces réunions du GIEC que sont orchestrés, avec force marchandages, les « coups » médiatiques, destinés à impressionner l’opinion : en 1995 est introduite la phrase, toujours non prouvée, de « la responsabilité de l’homme dans le changement climatique », et en 2001 qu’est imposée la « crosse de hockey », qui prétend que la température n’a jamais été aussi élevée au cours des 1000 dernières années. Cette courbe est erronée, mais elle n’a toujours pas été retirée officiellement ! Les fourchettes de prédictions pour 2100 sont atténuées par rapport au précédent rapport de 2001 : + 2°C à + 4,5°C (contre 1,5°C à 6°C), et pour le niveau de la mer de + 28 à 48 cm (contre 9 à 88 cm). Le rapport de 2007 restera-t-il aussi « rassurant », sous peine de voir le Protocole de Kyoto continuer à s’étioler ? Nous savons maintenant que la dramatisation a été amplifiée, en dépit de l’absence d’argument scientifique nouveau, et bien que la température « globale » la plus élevée ait été atteinte en 1998 !

La vapeur d’eau est le principal acteur (95 %) de l’effet de serre, très loin devant le CO2, qui est pourtant toujours mis en avant, bien que le sens de la relation avec la température ne soit pas celui qui est prôné. La paléoclimatologie prouve en effet qu’une élévation de la température précède de 800 ans environ celle du taux de CO2 … En outre sa teneur passée révélée par les analyses isotopiques n’est pas comparable aux valeurs mesurées récentes : il est donc impossible de prétendre que les taux actuels n’ont « jamais » été aussi élevés (depuis 650 000 ans paraît-il !), et par conséquent impossible de prétendre que le climat actuel présente un caractère « exceptionnel ». Les chimistes glaciologues devraient donc, avant de se proclamer climatologues, montrer qu’ils sont capables de fournir une estimation fiable des valeurs passées ! 
 

Les prédictions sont issues de modèles climatiques dont l’efficacité est discutée. En premier lieu, et c’est le comble pour des modèles numériques, par les mathématiciens eux-mêmes qui jugent que « les modèles employés sont à ce point sommaires, grossiers, empiriques, fallacieux, que les conclusions qui en sont tirées sont dépourvues de toute valeur prédictive »
(B. Beauzamy, 2006). Ils utilisent notamment des relations simplistes, comme la règle de trois qui relie le CO2 et la température, ou la température de l’air et la pluie, ou celle de l’eau marine et l’activité cyclonique, relations incapables de rendre compte de la complexité des phénomènes météorologiques … En outre, c’est un défaut fondamental, ces modèles ne
représentent pas la dynamique réelle de la circulation générale, sachant qu’ils reposent sur le schéma tricellulaire de la circulation (1856), comme le montre encore H. Le Treut (cf. Pour la Science, 2007), alors que ce schéma a été officiellement jugé inacceptable dans les années 1950. Mais il n’est toujours pas remplacé !
 

On annonce un « extraordinaire » réchauffement du Pôle Nord … en dépit des observations de l’ACIA (Arctic Climate Impact Assessment, 2004) qui montrent sur la période 1954-2003 la juxtaposition de secteurs de refroidissement et de réchauffement. D’où proviendraient alors  les vagues de froid, et ce froid actuel si sévère en Californie ou dans les plaines américaines, sachant que le froid vient du pôle ? Le temps et le climat (qui est la « somme » des temps) dépendent étroitement de la dynamique des échanges méridiens d’air et d’énergie, donc de la circulation générale et de ses variations. Chaque jour, avec des intensités variables, d’énormes masses d’air froid quittent les pôles (appelées Anticyclones Mobiles Polaires, ou AMP).

Chaque AMP soulève au cours de sa progression vers les Tropiques autour et au-dessus de lui l’air moins froid, ou carrément chaud, en l’obligeant à se déplacer en retour vers le pôle correspondant. Ce soulèvement provoque une circulation cyclonique instable d’air chaud et humide qui alimente nos précipitations. Dans chaque unité de circulation, la trajectoire préférentielle des AMP divise l’espace (comme dans l’Atlantique Nord pris en exemple) en deux parties différentes : la façade ouest où descendent les AMP est « froide » (Amérique du Nord à l’est des Rocheuses), tandis que la façade orientale (Europe de l’Ouest) qui bénéficie prioritairement des remontées cycloniques de sud est « chaude ». Ce schéma climatique « normal » évolue constamment. La circulation s’est notamment intensifiée depuis les années 1970, véritable tournant climatique provoquant en particulier un transfert accéléré de chaleur sensible et latente tropicale vers les hautes latitudes. Les conséquences régionales sont diverses : sur la trajectoire des AMP renforcés la température baisse, et la pression augmente,
hausse de pression qui peut se traduire par une diminution sévère des pluies, et sur le continent par un réchauffement induit, voire par une canicule estivale temporaire. Sur le trajet des remontées cycloniques d’air chaud venu du sud, la température s’élève, la pression baisse, et les précipitations (pluies et neige) augmentent. Tel est le cas sur le pourtour de la Mer de
Norvège (ou de la Mer de Béring). Qui aurait alors l’idée bizarre de calculer un « climat
atlantique moyen » (ou « pacifique moyen ») à partir de comportements aussi différents ?

C’est pourtant ce qui est fait à l’échelle du globe entier, en « moyennant » les six unités de circulation, pour obtenir une température moyenne dite « globale » ! C’est ce résultat, dépourvu de toute signification climatique, qui est brandi (avec une « hausse » de 0,6°C sur 140 ans !) comme la preuve unique et « irréfutable » du « réchauffement » ! C’est, sur le plan scientifique, simplement risible !  On n’hésite pas non plus à affirmer sans preuve, et surtout en évitant soigneusement de citer les arguments « gênants » : – Le Groenland fond … c’est vrai sur les pourtours baignés par l’air chaud venu du Sud (en 1816 et 1817 déjà on avait pu atteindre le pôle en longeant les côtes groenlandaises), mais le satellite prouve que sa partie sommitale se refroidit et s’élève de 6 cm par an (en raison du transport accru de potentiel précipitable). – L’Antarctique se
disloque …alors qu’il est particulièrement stable (voire même bénéficie d’un gain de masse), sauf la Péninsule antarctique en raison de sa latitude et de conditions dynamiques particulières qui favorisent vers elle le transfert d’air chaud. – Les glaciers disparaissent … pourquoi ne pas dire qu’ils ont été plus réduits encore dans les Alpes au Moyen-Age, et que leur longueur
dépend de leur alimentation en neige antérieure à l’actuel ? C’est d’autant plus vrai à l’altitude des neiges du Kilimandjaro, proches de 6000 mètres, où ce n’est pas la température (inférieure à 0°C) qui a varié, mais (comme ailleurs) les conditions dynamiques de la pluviosité, avec notamment un glissement vers le sud de la structure pluviogène de l’Equateur Météorologique Vertical (EMV) (cf. M. Leroux : The Climate of Tropical Africa, 1983, 2001, Praxis-Springer, 560 p + CD). – Le Gulf Stream va s’arrêter … alors qu’il faudrait pour cela que le vent (moteur des courants marins superficiels) cesse de souffler, c’est-à-dire que toute la circulation aérienne comme océanique soit bloquée, ce qui est naturellement invraisemblable ! – La mer monte … mais aucune courbe ne le prouve (sauf pour quelques hypothétiques centimètres (12 cm en 140 ans) et aucune terre n’a encore disparu, l’évolution du niveau de la mer dans la fameuse île Tuvalu n’étant jamais montrée, certainement parce que les mesures effectuées depuis 1978 (par l’Australian National Tidal Facility) ne révèlent aucune tendance. – Les cyclones tropicaux vont augmenter … pourtant les spécialistes de météorologie tropicale affirment qu’aucune tendance à la hausse n’est observée (cf. Ph.J. Klotzbach, 2006 ; W. Gray, 2007), Ch. Landsea, spécialiste incontesté des cyclones, a préféré démissionner du GIEC pour « ne pas contribuer à un processus motivé par des objectifs préconçus et scientifiquement non fondés ». – etc… 
 
En bref, au lieu de tirer des plans sur la comète 2100, la climatologie, dans une impasse conceptuelle depuis une cinquantaine d’années, devrait plutôt chercher à contribuer efficacement à déterminer les mesures idoines de prévention et d’adaptation au climat du futur proche, climat dont l’évolution ne dépend en aucune façon du CO2. Car le changement climatique – c’est le propre du climat que d’évoluer constamment – est bien réel, et comme le prouve la hausse continue de la pression atmosphérique (sur la trajectoire des anticyclones mobiles) ce changement n’est pas celui qui est prédit par le GIEC. Ce sont les raisons et les mécanismes de ce changement permanent qu’il convient de définir sérieusement. Dans le même temps les autres disciplines, desservies par le mélange des genres et qui n’ont pas besoin de l’illusoire épouvantail climatique, pourront elles-mêmes se consacrer efficacement à lutter contre la pollution, ou à favoriser le développement durable.

Février 2007- article envoyé pour publication au journal Le Monde : http://lcre.univ-lyon3.fr/climato/Leroux-LeMonde.pdf

 

Pour voir la plus récente interview : http://www.dailymotion.com/video/x33184_marcel-leroux-climatologue-non-peop_tech

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