Il précise (au neuvième paragraphe): “J’ai qualifié l’Holocauste, c’est-à-dire le génocide des Juifs par les Allemands, de honte pour notre peuple. Et j’ai dit que nous Allemands avons placé au cœur de Berlin un monument dédié à ce crime inconcevable”, écrit-il. (…)” Ce qui n’a rien à voir avec le titre de l’article AFP (dont provient cet extrait) et repris sans retenue par I24 news : “Allemagne: un dirigeant de l’AfD dénonce la “repentance” de la Shoah“… Autant dans ce cas réduire la France au massacre des Communards par les Versaillais (comme le font les anars) la République à la Terreur (qui n’a pas été assez loin déplorait Michel Foucault) l’affrontement avec les djihadistes à gaza comme un “génocide” et bien sûr l’esclavagisme comme étant le mode de production principal ayant permis “l’accumulation du capital” opérée par l’Europe, tout en éludant les autres modes esclavagistes bien plus cruels (castration par millions dans l’esclavage arabo-musulman comme l’a démontré Tidiane N’ Diaye dans Le Génocide voilé…
Non. La réponse n’est pas dans ce réductionnisme là, car “on” ne peut en effet réduire la patrie de Bach, Kant, Goethe, Mozart Hegel, Marx, Einstein (…) au national-socialisme ; par contre il est possible de se demander, et l’on espère que ce dirigeant de l’AFD,” Björn Höcke”, se pose (ra) la question suivante :
” Comment se fait-il justement que cette patrie de génies aussi illustres a-t-elle pu se doter de dirigeants aussi médiocres et arriérés qui, prétendant effacer la dite scission entre le monde divin et le monde humain (humanisme) ont plutôt opté pour détruire l’origine grécoromaine et judéo-chrétienne de la civilisation politique européenne au profit d’un aryanisme fantasmatique ?“…
C’est la question (également en France d’ailleurs : comment la patrie de Descartes, Molière -toujours exclus du Panthéon- a-t-elle pu se soumettre à un Laval et aujourd’hui au nihilisme des deux M…).
Généralement l’on met cette errance nationale socialiste (diff-errance…) sur le dos de l’incapacité allemande (idem pour l’italienne) à se penser comme nation politique unifiée (ou Etat-Nation) à l’instar de l’Espagne, du Royaume-Uni de la France de la Russie… Unification qui le fut cependant mais sous la férule d’un absolutisme “éclairé” (Frédéric II) celui de la Prusse via l’effondrement, la “débâcle” (écrit Zola) du second empire bonapartiste français….
Mais un tel constat reste un peu court (Jeune Homme).
Il faudrait sans doute plutôt élargir le spectre sur plusieurs dimensions pour observer également voire surtout que cette dite scission entre le monde divin et le monde humain (vie contemplative et vie active d’ Hannah Arendt) est le lent produit d’une vision de plus en plus scientiste (égocentrique) de la Raison (débouchant sur l’hygiénisme étatiste contemporain) opposant alors logique et éthique qu’Hegel tenta de sauver mais échoua en confiant sa “synthèse” précisément à ” l’Etat Prussien”… et son disciple Marx au dit “Prolétariat”, une classe tout autant mythique (rien à voir avec le monde ouvrier) ; ce qui imite en fait les “révolutionnaires” français recommençant tout à zéro (remplaçant jusqu’au nom des mois des jours) confiant le “Salut” à un “Comité du Salut Public” imaginaire présupposant qu’en se débarrassant des “impuretés” (les nobles, les royalistes, les vendéens…) jusqu’à faire une immense saignée à la façon des médecins de Molière (Heidegger le préconisait ardemment) pour sauver le genre humain incarné côté allemand par sa langue pour Fichte, par le prolétariat pour Marx par “la” République pour Robespierre…
Et quant à ces deux “Idées”, la nation allemande revivifiée par la pureté de sa langue d’un côté, le genre humain éclairé par les communistes “sa pointe la plus avancée” de l’autre, ainsi épurés de ces impuretés que sont le calcul juif (pléonasme pour Heidegger voire Marx également) et les langues bâtardes latines (Fichte) en se confrontant (“dialectiquement”) elles firent émerger la “dictature du prolétariat” d’un côté le ” national socialisme” de l’autre… Ce qui fait que les idéologues nazis piètres lecteurs de Fichte (Discours à la Nation allemande) et de Schopenhauer (le monde comme volonté et représentation) y substituèrent une origine “aryenne” (supposée originaire d’une époque précédant celle de la Tour de Babel...) ; une “résurrection” fantasmagorique pétrie d’hygiénisme, d’archéologie eugéniste (le “surhomme” vu aussi du côté d’Odin pour certains dignitaires nazis) alors que Lénine de son côté, tout aussi scientiste (le “marxisme” comme “science du prolétariat”) voulut faire un “homme nouveau” un Frankenstein (comme d’aucuns veulent fabriquer une “nouvelle” France).
Ce qui fait que la divergence nationale socialiste avec le léninisme relève surtout du degré en ce sens où chez ce dernier la “race” est d’abord métaphysique donc exclut tout “chauvinisme” ethnique à la différence du nazisme, mais ce n’est pas une différence de nature puisque l’ethnie est remplacé par le Parti élevé au rang divin, tel Trotski par exemple : on ne peut avoir raison contre le Parti (Le Parti a toujours raison : logique ET éthique…) d’où le Culte de la Personnalité sous Staline qui fut loin d’être une dérivation (idem actuellement en France…).
Autant de pistes en tout cas permettant de se demander pourquoi des peuples aussi cultivés que les Allemands, les Italiens, les Russes les Japonais les Chinois les Ottomans les Perses… ont-ils pu (bien plus que les Espagnols les Français et les Anglais…) basculé dans de telles barbaries, et qui continuent encore aujourd’hui pour certains d’entre-eux?…
Ce qui fait que la révolte de ce dirigeant de l’AFD protestant à l’encontre de ce réductionnisme ne voyant en l’Allemand aujourd’hui “réfractaire” qu’ un “néo-nazi” peut être recevable si et seulement s’il regarde aussi la poutre qui est dans son œil… (observant Caïn…)
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