Au Groenland, la situation est beaucoup moins dramatique

Parmi beaucoup d'autres, voici encore trois nouvelles observations qui contredisent les affirmations alarmistes :

  • Au Groenland, la situation est beaucoup moins dramatique que les alarmistes l'avaient anticipée. La contribution des glaciers à la hausse du niveau des mers sera très limitée.
  • Contrairement aux supputations, les variations du niveau des mers dans le Pacifique tropical sont d'origine naturelle. On n'y distingue pratiquement pas de signature des gaz à effet de serre d'origine anthropique.
  • Contrairement aux affirmations alarmistes qui suggèrent une augmentation des événements climatiques extrêmes en cas de réchauffement, on n'observe pas de variation détectable dans la fréquence et l'intensité des précipitations depuis plus de mille ans, au moins en Europe où l'étude a été effectuée.

1) Observations de l'évolution des glaciers du Groenland :
Une compilation des observations satellitaires sur l'évolution de la quasi-totalité des glaciers émissaires du Groenland montre que les hypothèses ultra-alarmistes antérieures étaient infondées.
Voici des éléments significatifs extraits d'un article récent paru dans la livraison du 4 Mai 2012 de la revue
Science.

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T. Moon,1,2* I. Joughin,2 B. Smith,2 I. Howat3,4moon
(ci-contre, à droite, le sourire de Twila Moon de l'Université de Washington à Seattle)

1Earth and Space Sciences, University of Washington, Seattle, WA 98195, USA.
2Polar Science Center, Applied Physics Lab, University of Washington, Seattle, WA 98105, USA.
3School of Earth Sciences, Ohio State University, Columbus, OH 43210, USA.
4Byrd Polar Research Center, Ohio State University, Columbus, OH 43210, USA.

Abstract :
Earlier observations on several of Greenland’s outlet glaciers, starting near the turn of the 21st century, indicated rapid (annual-scale) and large (>100%) increases in glacier velocity. Combining data from several satellites, we produce a decade-long (2000 to 2010) record documenting the ongoing velocity evolution of nearly all (200+) of Greenland’s major outlet glaciers, revealing complex spatial and temporal patterns. Changes on fast-flow marine-terminating glaciers contrast with steady velocities on ice-shelf–terminating glaciers and slow speeds on land-terminating glaciers. Regionally, glaciers in the northwest accelerated steadily, with more variability in the southeast and relatively steady flow elsewhere. Intraregional variability shows a complex response to regional and local forcing. Observed acceleration indicates that sea level rise from Greenland may fall well below proposed upper bounds.

Les observations antérieures, effectuées sur plusieurs glaciers émissaires Groenlandais, qui commençaient au début du XXIème siècle, indiquaient une augmentation rapide (à l'échelle de l'année) et importante (>100%) de la vitesse des glaciers. En combinant les données résultant de plusieurs satellites, nous fournissons une étude portant sur une décennie ( de 2000 à 2010) et analysant l'évolution de la vitesse actuelle de presque tous (200+) les glaciers émissaires Groenlandais, révélant des comportements complexes dans le temps et dans l'espace. Les variations des glaciers à flux rapide s'écoulant dans le mer s'opposent aux vitesses constantes des glaciers s'écoulant sur les nappes glacées ainsi qu'à celles des vitesses lentes des glaciers qui s'écoulent sur de la terre. Pour ce qui concerne les aspects régionaux, les glaciers du Nord-Ouest ont constamment accéléré avec une variabilité plus importante dans le Sud-Est et des flux relativement stables ailleurs.La variabilité intra-régionale met en évidence une réponse complexe aux forçages local et régional. L'accélération observée montre que la hausse du niveau marin résultant du Groenland peut se révéler bien plus faible que les limites hautes qui ont été avancées.

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Voici un extrait significatif de la Figure 2 de l'article :

 

"Fig. 2. en bas:

Distribution des vitesses des glaciers (tirets courts), densité de vitesse lissées (barres colorées) et vitesses moyennes (tirets longs) pour 7 années de données. La région Nord-Ouest est en bleu avec des tirets marqueurs (côté gauche) et la région Sud-Ouest en gris avec des tiretés marqueurs en rouge (côté droit). Les lignes en tiret noir indiquent la vitesse moyenne régionale sur la décennie complète. (en haut pour le Sud-Ouest et en bas pour le Nord-Ouest). Seuls les glaciers pour lesquels il existe suffisamment de données de 2000 à 2005 et de 2005 à 2010 sont inclus."

Les années sont en abscisses. Les ordonnées sont graduées en km par an.

 

 

La conclusion de cet article est plus précise que le résumé :

Conclusion :

Finally, our observations have implications for recent work on sea level rise. Earlier research used a kinematic approach to estimate upper bounds of 0.8 to 2.0 m for 21st-century sea level rise. In Greenland, this work assumed ice-sheet–wide doubling of glacier speeds (low-end scenario) or an order of magnitude increase in speeds (high-end scenario) from 2000 to 2010. Our wide sampling of actual 2000 to 2010 changes shows that glacier acceleration across the ice sheet remains far below these estimates, suggesting that sea level rise associated with Greenland glacier dynamics remains well below the low-end scenario (9.3 cm by 2100) at present. Continued acceleration, however, may cause sea level rise to approach the low-end limit by this century’s end. Our sampling of a large population of glaciers, many of which have sustained considerable thinning and retreat, suggests little potential for the type of widespread extreme (i.e., order of magnitude) acceleration represented in the high-end scenario (46.7 cm by 2100). Our result is consistent with findings from recent numerical flow models (34).

Enfin, nos observations ont des implications pour le travail effectué récemment au sujet de la hausse du niveau des mers. Les recherches antérieures ont utilisé une approche cinématique pour estimer les limites hautes de la hausse du niveau des mers, allant de 0,8m à 2,0 m pour le XXIème siècle. Pour ce qui concerne le Groenland, ce travail supposait un doublement de la vitesse des glaciers sur toute l'étendue de la nappe glacée (scénario de la limite basse) ou d'une augmentation d'un ordre de grandeur des vitesses (scénario de la limite haute), de 2000 à 2010. Notre échantillonnage des variations réelles de 2000 à 2010 montre que l'accélération des glaciers sur l'étendue de la nappe glacée est très inférieure à ces estimations ce qui suggère que la hausse du niveau marin résultant de la dynamique des glaciers Groenlandais se trouve actuellement bien en dessous du scénario de la limite basse (9,3 cm vers 2100). Cependant, une accélération continue peut provoquer une hausse du niveau marin approchant la limite basse vers la fin de ce siècle. Notre échantillonnage d'un grand nombre de glaciers, dont beaucoup d'entre eux ont subi un amincissement et un retrait, suggère un faible potentiel pour le type d'accélération extrême (c'est à dire d'un ordre de grandeur) généralisée, prise en compte dans le scénario de la limite haute (46,7 cm en 2010). Notre résultat est cohérent avec les conclusions des récents modèles numériques des écoulements.

Je rappelle que, dans l'hypothèse basse retenue à ce jour par les adeptes du GIEC, les glaciers groenlandais devaient contribuer à une hausse de 9,3 cm vers 2100, tandis que dans l'hypothèse haute évoquée ci-dessus, la contribution avancée était de 46,7 cm.

Outre une profonde remise en cause des scénarios du GIEC concernant la hausse du niveau des océans (et, a fortiori, des scénarios encore plus alarmistes tels que celui du Potsdam Institute (Rhamstorf et al)), les observations effectuées par les auteurs de cet article montrent que la fonte (ou non) des glaciers émissaires du Groenland résulte de processus beaucoup plus complexes, aussi bien dans l'espace que dans le temps, que ceux qui avaient été évoqués dans les rapports du GIEC et qui résulteraient d'une fonte généralisée due, par exemple, à une hausse globale de la température.
Ainsi, des glaciers dont la fonte s'accélérait pendant quelques années, l'ont vue décélérer pendant une autre période. Certains glaciers en accélération se trouvent à proximité de glaciers en décélération. Les auteurs avancent l'hypothèse que des facteurs locaux jouent un rôle crucial dans la détermination de la fonte locale, tels que la présence d'un fjord, d'un autre glacier, de la géométrie du lit, des variations locales du climat ainsi que des entrées de courants marins à petite échelle et des conditions particulières des nappes glacées terminales.

Note : Il est intéressant (et révélateur) d'observer comment les journalistes en mal de catastrophisme, et notamment celui de la Tribune de Genève (qui part d'une dépêche Reuters), ont "interprété" cet article.

La TdG titre carrément "Les glaciers du Groenland glissent plus vite vers la mer" alors que les conclusions des auteurs de l'article rapporté ici, sont, précisément, qu'ils glissent beaucoup moins vite que prévu et que leur contribution à l'élévation du niveau des mers sera très certainement bien inférieure à celle qui avait été prévue par les modèles antérieurs.

Parmi quelques autres, Todayonline, une publication US qui utilise la version anglaise de la dépêche Reuters, titre, elle, honnêtement "La Fonte des glaciers du Groenland maîtrisée : La fonte des glaces n'est pas aussi rapide qu'on le craignait, nous dit une étude."

Malheureusement, l'auteur de cette publication qui, visiblement n'y connaît pas grand chose, n'hésite pas à multiplier carrément par 10 les observations objectives de la hausse du niveau des mers (qui se situe, en réalité, entre 1,8 mm/an et 3,2 mm/an). Ainsi, il affirme : " Global seas have been rising by a bit more than 30mm a year." (Les océans du globe ont monté d'un peu plus de 30mm/an.").

Nous avons l'habitude, mais tout de même…

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2) Variations du niveau des mers dans la région tropicale de l'océan pacifique.

Une équipe de chercheurs du LEGOS (Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales) de Toulouse (en collaboration avec un chercheur de Météo-France et un autre de Caltech, USA) a effectué une analyse détaillée de la variation du niveaux des mers observée dans la zone tropicale Pacifique.

L'article suivant qui en a résulté est intitulé "Tendances et variation spatiale observées du niveau des mers : Variabilité interne et/ou signature anthropique ?"

Quel est le but poursuivi par ces chercheurs ?
Comme les auteurs de cet article l'écrivent eux-mêmes :

"L'objectif de la présente étude est de répondre à deux questions scientifiques importantes en relation avec la variabilité régionale du niveau des mers :
(1) Si l'évolution des tendances n'est pas stationnaire dans le temps, comment a-t-elle évolué durant les dernières décennies et quelles sont les échelles de temps caractéristiques ?
(2) Quels sont les facteurs qui la pilotent : Résultent-ils principalemenent de la variabilité interne du système climatique ou reflètent-ils déjà les facteurs de forçage externes, en particulier, celui du forçage anthropique ?"

Comme vous allez le constater, l'article apporte des réponses éclairantes à ces deux questions.

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Voici le résumé original de l'arcticle suivi d'une traduction en français.

Abstract. In this study we focus on the sea level trend pattern observed by satellite altimetry in the tropical Pacific over the 1993–2009 time span (i.e. 17 yr). Our objective is to investigate whether this 17-yr-long trend pattern was different before the altimetry era, what was its spatio-temporal variability and what have been its main drivers. We try to discriminate the respective roles of the internal variability of the climate system and of external forcing factors, in particular anthropogenic emissions (greenhouse gases and aerosols). On the basis of a 2-D past sea level reconstruction over 1950–2009 (based on a combination of observations and ocean modelling) and multi-century control runs (i.e. with constant, preindustrial external forcing) from eight coupled climate models, we have investigated how the observed 17-yr sea level trend pattern evolved during the last decades and centuries, and try to estimate the characteristic time scales of its variability. For that purpose, we have computed sea level trend patterns over successive 17-yr windows (i.e. the length of the altimetry record), both for the 60-yr long reconstructed sea level and the model runs. We find that the 2-D sea level reconstruction shows spatial trend patterns similar to the one observed during the altimetry era. The pattern appears to have fluctuated with time with a characteristic time scale of the order of 25–30 yr. The same behaviour is found in multicentennial control runs of the coupled climate models. A similar analysis is performed with 20th century coupled climate model runs with complete external forcing (i.e. solar plus volcanic variability and changes in anthropogenic forcing).
Results suggest that in the tropical Pacific, sea level trend fluctuations are dominated by the internal variability of the ocean–atmosphere coupled system. While our analysis cannot rule out any influence of anthropogenic forcing, it concludes that the latter effect in that particular region is still hardly detectable.

Résumé : Dans cette étude, nous nous focalisons sur la tendance de la variation du niveau de mers observée à l'aide de l'altimétrie laser dans la région tropicale de l'océan Pacifique pour la période 1993-2009 (c'est à dire 17 ans). Notre objectif est de chercher à savoir si la tendance durant cette période de 17 ans était différente avant l'ère des mesures altimétriques, quelle était sa variabilité spatio-temporelle et quels en ont été les principaux moteurs. Mous tentons de discriminer entre les rôles respectifs de la variabilité interne du système climatique et ceux des facteurs de forçage externe, et en particulier du rôle des émissions anthropiques (gaz à effet de serre et aérosols). Sur la base d'une reconstruction 2-D du niveau marin du passé sur la période 1950-2009 (basée sur une combinaison des observations et de la modélisation des océans) et des résultats de modélisation sur plusieurs siècles (c'est à dire avec un forçage externe préindustriel constant); à partir de huit modèles couplés du climat, nous avons recherché comment l'évolution du niveau des mers, observée pendant les 17 années, a évolué pendant les dernières décennies et siècles passés. Nous avons tenté d'estimer les échelles de temps caractéristiques de sa variabilité. Dans ce but, nous avons calculé les évolutions du niveau marin dans des fenêtres successives d'une durée de 17 ans (qui est la durée de notre enregistrement altimétrique), aussi bien pour le niveau marin reconstruit sur une durée de 60 ans que pour le résultat de la simulation informatique. Nous trouvons que la reconstruction 2-D du niveau marin montre des tendances spatiales semblables à celles qui ont été observées durant l'ère altimétrique. On voit que les tendances ont fluctué dans le temps avec des temps caractéristiques de l'ordre de 25-30 ans. Le même comportement est observé dans les résultats des simulations pluriséculaires de contrôle des modèles couplés du climat. Une analyse similaire a été effectuée pour des simulations numériques des modèles climatiques couplés pour le XXème siècle avec un forçage externe complet (c'est à dire avec le soleil, la variabilité volcanique et les variations du forçage anthropique).
Les résultats suggèrent que dans le Pacifique tropical, les fluctuations de l'évolution du niveau des mers sont dominées par la variabilité interne du système couplé océan-atmosphère. Bien que notre analyse ne permette pas d'exclure toute influence du forçage anthropique, la conclusion est que ce dernier effet, dans cette région, est encore difficilement détectable.

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Note :

A titre d'illustration, voici, ci-contre, une carte colorée indiquant, notamment, les variations du niveau des mers dans la zone pacifique de juin 2002 à Mars 2012, vue par Envisat (ESA, Envisat a cessé définitivement d'émettre le 8 Avril dernier ).

La couleur bleue indique une baisse du niveau des océans. Le rouge indique une hausse (échelle graduée en bas du graphique).

Comme on le constate immédiatement, le variation du niveau de l'océan pacifique apparaît comme particulièrement hétérogène dans la zone tropicale (et équatoriale). Ainsi, plutôt que la considération d'une valeur moyenne peu significative, une étude prenant en compte la distribution spatiale des variations de niveau s'impose. C'est ce qu'ont fait les auteurs de l'article.

A noter également que l'étude porte non pas sur la contribution constante de la hausse du niveau des océans mais sur les variations, notamment durant les dernières décennies, de cette hausse.

Compte tenu de l'augmentation soutenue de la proportion des gaz à effets de serre dans l'atmosphère, notamment durant la dernière décennie, on aurait pu s'attendre à ce que la hausse du niveau des océans (et sa distribution spatiale) ait été modifiée en conséquence. De fait, il n'en est rien et, au moins jusqu'à présent, les caractéristiques fondamentales des variations du niveau des océans reflètent la variabilité interne du système climatique et non pas la contribution (supposée) anthropique. Voilà qui va à l'encontre de beaucoup d'idées reçues et généreusement entretenues..

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3) A la recherche des événements climatiques extrêmes depuis les derniers mille ans.

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a b s t r a c t
A predicted rise in anthropogenic greenhouse gas emissions and associated effects on the Earth’s climate system likely imply more frequent and severe weather extremes with alternations in hydroclimatic parameters expected to be most critical for ecosystem functioning, agricultural yield, and human health. Evaluating the return period and amplitude of modern climatic extremes in light of pre-industrial natural changes is, however, limited by generally too short instrumental meteorological observations. Here we introduce and analyze 11,873 annually resolved and absolutely dated ring width measurement series from living and historical fir (Abies alba Mill.) trees sampled across France, Switzerland, Germany, and the Czech Republic, which continuously span the AD 962-2007 period. Even though a dominant climatic driver of European fir growth was not found, ring width extremes were evidently triggered by anomalous variations in Central European April-June precipitation. Wet conditions were associated with dynamic low-pressure cells, whereas continental-scale droughts coincided with persistent high-pressure between 35 and 55N. Documentary evidence independently confirms many of the dendro signals over the past millennium, and further provides insight on causes and consequences of ambient weather conditions related to the reconstructed extremes. A fairly uniform distribution of hydroclimatic extremes throughout the Medieval Climate Anomaly, Little Ice Age and Recent Global Warming may question the common believe that frequency and severity of such events closely relates to climate mean stages. This joint dendro-documentary approach not only allows extreme climate conditions of the industrial era to be placed against the backdrop of natural variations, but also probably helps to constrain climate model simulations over exceptional long timescales.

Résumé :
Une hausse prévue des émissions des gaz à effet de serre et de ses effets associés sur le climat de la Terre, implique probablement des extrêmes climatiques plus fréquents et plus sévères avec des alternances des paramètres hydroclimatiques dont on pense qu'ils sont très critiques pour le fonctionnement des écosystèmes, pour les rendements de l'agriculture et la santé humaine. Cependant, l'évaluation de la périodicité et de l'amplitude et des extrêmes climatiques contemporains par rapport aux variations à l'époque préindustrielle est généralement limitée du fait d'observations instrumentales météorologiques de trop courte durée. Dans ce travail, nous introduisons et analysons 11.873 séries de mesures d'épaisseur de cernes d'arbres, datées de manière absolue, tirées de sapins vivants et historiques (Abies alaba Mill.) échantillonnés à travers la France, la Suisse, l'Allemagne et la République Tchèque. Cette série recouvre, de manière continue, la période 967-2007 AD. Même si un moteur climatique dominant de la croissance du pin européen n'a pas été trouvée, les épaisseurs extrêmes des cernes ont été, à l'évidence, déclenchées par des variations anormales des précipitations d'Avril à Juin dans la région du centre de l'Europe. Les conditions humides ont été associées avec des cellules dynamiques de basse pression, tandis que les sécheresses à l'échelle du continent ont coïncidé avec des hautes pressions entre 35° et 55°N. Des preuves documentaires confirment, de manière indépendante, de nombreux signaux dendroclimatiques tout au long du millénaire écoulé et apportent des indications sur les causes et les conséquences des conditions météorologiques ambiantes en rapport avec les extrêmes reconstruits. Une distribution pratiquement uniforme des extrêmes hydroclimatiques tout au long de l'anomalie climatique médiévale, du petit âge glaciaire et du réchauffement climatique récent, peut remettre en question la croyance répandue selon laquelle la fréquence et la sévérité de tels événements seraient étroitement liés aux moyennes des phases climatiques. Cette étude couplée entre la dendroclimatologie et les données documentaires permet, non seulement, de replacer les conditions climatiques extrêmes de l'ère industrielle dans le contexte des variations naturelles, mais elle contribue aussi probablement à imposer des contraintes aux simulations numériques du climat pour les durées exceptionnellement longues.

La courbe maîtresse extraite de l'article : buntgen3

 

(C) variabilité des précipitations annuelles en Europe centrale (trait fin bleu) et après lissage sur 40 ans (trait bleu épais)

Comme on le constate, on ne discerne pas de variations notable du nombre des événements hydroclimatiques extrêmes durant les mille dernières années, non plus que dans la période industrielle récente.

 

Note : On pourrait objecter que cet article repose, au moins en partie, sur des données dendroclimatiques dans lesquelles beaucoup n'ont qu'une confiance limitée. C'est exact, mais ce travail repose aussi et en grande partie sur un travail de documentation historique conséquent, ce qui permet de conforter les résultats obtenus par l'analyse des cernes des arbres. En effet, la région de l'Europe qui est concernée par cette étude est particulièrement riche en fonds historiques, ce qui n'est hélas pas généralisable à l'ensemble de la planète.

Pour ce qui est des cinq cents dernières années, le travail des chercheurs cités ci-dessus corrobore, au moins dans les grandes lignes, les conclusions de l'historien Emmanuel Garnier :
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Emmanuel Garnier : "Les dérangements du temps : 500 ans de froid et de chaud et Europe."

La présentation du livre donne le ton de l'ouvrage :

"…il est en revanche certain que les événements extrêmes qui focalisent tant l'attention de l'opinion publique aujourd'hui faisaient déjà partie du quotidien des sociétés anciennes. La sévérité des catastrophes observées sur cinq siècles démontre qu'elles n'eurent rien à envier à nos désastres récents."

 

 

En aparté et toujours à propos des événements climatiques extrêmes, il est intéressant de rappeler qu'à l'échelle du globe, l'énergie accumulée de ace2012l'activité cyclonique (indice ACE), ne montre toujours aucune tendance à la croissance contrairement à une croyance répandue et en contradiction avec ce qui avait été prévu dans les rapports du GIEC.

 

Voici le graphique ( mis à jour le 1er Mai 2012) de l'évolution de l'indice ACE depuis 1972.

 

A suivre… Stay tuned !

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Pensée unique 30/5/2012

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