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Bilan année 2012 en France : pathétique et sournoise

Commençons par l'idée, injuste et fausse, stipulant que les plus hauts revenus "doivent contribuer le plus" à la "solidarité": elle tient le haut du pavé depuis des lustres et donc a été la gagnante de l'élection présidentielle française, même si elle vient d'être (provisoirement) "retoqué" par le Conseil Constitutionnel (29 décembre 2012) dans sa version extrême (75% sur deux ans) alors que son raisonnement aggrave au contraire la misère et le chômage -comme tous les économistes non idéologues le démontrent- dans une France par ailleurs largement pourvue de "protections sociales" de tous ordres depuis des lustres.

Comme s'il fallait seulement distribuer sans apprendre à pêcher.

La preuve de cette détérioration ? Tous les services publics rendus comme la formation, la santé, la justice, se délitent, sans que l'on puisse dire que c'est le "manque de moyens", les "coupes sarkozystes", "la" crise, in fine, qui seraient les seuls fautifs (d'autant que "la" crise était prévisible depuis des années puisqu'il s'agit d'une mutation civilisationnelle vers l'ère techno-urbaine mondialisée dont nous vivons le bas Moyen-âge).

En fait la richesse et la misère ne sont pas liées, quoiqu'en dise "Geneviève" à Notre dame des Landes, pas plus que l'Etat et les services rendus au public. Mieux encore, ce discours stipulant que l'Etat ferait mieux que le privé, c'est-à-dire en réalité le peuple, les citoyens, la société civile, est non seulement faux, mais c'est d'abord un prétexte idéologique, une légitimation de l'élite étatiste d'aujourd'hui en place depuis la fin de la seconde guerre mondiale et de 1968, on le sait, pour assurer à son Etat (en réalité) sa domination sur le peuple (de même que sous le communisme la dictature du prolétariat s'est transformée en dictature sur le prolétariat et que la fameuse exploitation de l'homme par l'homme s'est traduite par la surexploitation de l'homme par le "Parti"…)

Du moins si l'on raisonne hors de l'idiome marxiste (déviation du Cynisme grec et du christianisme augustinien) qui s'appuie sur un seul facteur, celui d'une certaine cupidité humaine qui en effet peut chercher à abuser de sa position de force en absence de libertés, syndicales et politiques en particulier ; sa réfutation a d'ailleurs été réalisée pratiquement dans les pays de l'Est, en Chine, en Inde, au Brésil, etc…qui désormais aujourd'hui prospèrent, du moins en moyenne, puisque leur pouvoir politique empêchent encore de laisser à toute la société civile la pleine liberté de vaguer à ses affaires, ce qui permettrait de réduire les disparités villes/campagnes, alors que seule la corruption prospère en réalité (c'est d'ailleurs le mot d'ordre de la nouvelle direction chinoise que de lutter contre celle-ci…).

Mais les promoteurs français de la "fiscalité progressive" ne désarment pas loin s'en faut dans leur construction idéologique ; ils se pensent déjà "supérieurs" aux lecteurs non français du marxisme, forts d'un 1789 supposé "réussi", alors que cette date annonce surtout la perte de puissance française au profit de l'Angleterre puis des USA ; même si, cependant, le refus réformateur de l'aristocratie française, étatiste et mercantiliste, en a été le déclencheur ; en tout cas, pour ces promoteurs fiscaux actuels, plus l'on gagnerait plus l'on payerait dixit par exemple sa version "savante"made in Thomas Piketty, constructeur en chef.

Sauf que cette taxation dite "progressive" (i.e. "progressiste" bien sûr…), et ce même à taux large et bas, loin de soulager le déficit des finances publiques par une croissance accrue freine celle-ci voire l'annihile comme aujourd'hui, ce qui implique -outre une baisse de la rentrée de l'impôt- une baisse de la consommation, réelle, c'est-à-dire non artificiellement gonflée par des "primes à la casse", celles y compris des "jupettes" et autres "balladurettes"… sans parler des subventions pour payer les 35 heures et pour octroyer certains marchés publics à de grands groupes qui restent ainsi dépendants de la manne publique et donc justifient l'action étatique, ce qui est absurde, et, en fait, clientéliste (ou l'alliance déjà décriée par Marx dans son Dix huit Brumaire entre l'aristocratie financière et industrielle et les grands Commis de l'Etat).

De façon générale cette taxation dite "progressive" freine en réalité l'investissement puisqu'il faut parfois choisir, surtout pour les petites et moyennes entreprises : ou payer les surtaxes (dans un marché du travail des plus hostiles par ailleurs qu'un Gérard Filoche, secrétaire nationale du PS, ancien membre communiste officieux de l'OCI, entriste lambertiste à la LCR, tente de durcir de plus en plus) surtout à partir d'un certain niveau d'activité (et de vente/acquisition indispensable pour s'agrandir) ou investir et innover ; d'où le fait que le prochain " crédit d'impôt" socialiste vise plutôt à les "nationaliser"en réalité, à dose homéopathique, en les rendant dépendantes de marchés captifs et souvent fictifs (comme les emplois dits d'avenir), alors qu'en même temps, elles sont tout de suite ponctionnées si elles dégagent des marges suffisantes pour payer des dividendes ou si elles s'inscrivent dans des processus de vente/acquisition.

En définitive, cette taxation dite "juste" n'atteind pas en réalité ses objectifs officiels de redistribution puisque cette taxation reste diluée au sein d'un appareil d'Etat qui, déjà, refuse toute forme d'évaluation spécifique de l'efficacité des dépenses publiques (hors rapports généraux de la Cour des Comptes).

Bref, trop d'impôts tue l'impôt.

Strictement dit, il est démocratiquement préférable que la société civile prenne en charge, elle-même, certaines productions et services parce qu'ils seraient bien mieux assurés, et bien moins chers (transports, santé et retraite comprises) du moins en situation de réelle concurrence. Et surtout s'il existe certaines règles publiques qui permettraient d'écarter l'argument traditionnel des étatistes français, de tous bords, stipulant que les services publics assurées par le privé à l'étranger sont, par "essence", de bien moindre grande qualité que les services publics en France assurés eux par des entreprises publiques, or, ceci est, tout d'abord, loin d'être exact comme on le voit de plus en plus avec les retards permanents dans les transports, les prisons surpeuplées et insalubres, un système éducatif inefficace, idem pour la formation, etc.).

Ensuite, il s'avère que souvent à l'étranger un monopole privé remplace un monopole public, ce qui non seulement n'est pas mieux mais parfois devient pis en l'absence de règles publiques supervisées par des organismes (réellement) indépendants.

En effet, le monopole, même privé, empêche l'amélioration du service rendu ; il doit donc être non seulement interdit comme c'est certes le cas mais surtout empêché dans les coulisses des ententes en sous-main par ces instances d'évaluation réellement indépendantes ; n'oublions pas que l'instance d'évaluation du train anglais était dépendante sous Thatcher de l'entreprise ferrovière nouvellement propriétaire (il est vrai que lorsque les trains furent privatisés, en 1980, il fallait rattraper trente ans de non investissement public…) ; par ailleurs, il faut que des associations d'usagers, responsables, soient associées sinon à la gestion du moins au bon fonctionnement de ces divers services ; c'est, aussi, un impératif citoyen indispensable pour une société civile libérée de cet étatisme qui n'a en réalité que lui-même comme but.

En fait, le service public à la française style gaullo-communiste (à la sauce radical-soc repeinte en vert aujourd'hui) s'appuie sur l'idée, fausse, que par "essence" seules les entreprises, publiques, seraient à même de subvenir au bien commun. Certes des exemples étrangers (Enron, le chemin de fer anglais, certains armateurs) liés souvent à des effets pervers  et/ou à l'absence de règles strictes alimentent, encore, cette fable bien étatico-française.

Car, outre ce qui a été dit plus haut concernant la captation des marchés publics par des grands groupes inféodés, on a aussi vu par exemple que dans les domaines de la recherche et de l'enseignement supérieur, certains "chercheurs" se payent des sinécures en voyageant dans le monde entier via des colloques prétextes tandis que leurs homologues universitaires font leur neuf heures hebdomadaires avec des cours déjà bien rôdés d'une année sur l'autre, ce qui dégage encore plus de temps pour construire un monde idéal ou s'adonner à la course au prestige et au pouvoir dans les officines étatiques et internationales ; tout en faisant leurs séminaires du second semestre à l'étranger dans des facs privées (celles de "l'Empire" américain souvent, dénoncé dans leurs cours du "public"…).

C'est, là, le coeur même de ce raisonnement étatiste à la française : peu importe le coût de revient à partir du moment où le service public "est" assuré" alors que, d'une part, il faudrait s'en assurer justement, et, d'autre part, il ne faut pas oublier dans le calcul qu'une telle taxation assèche en réalité une économie qui aurait eu besoin de cet argent ponctionné pour innover investir innerver (les trois I) et donc créer des richesses et de l'emploi y compris dans l'enseignement supérieur et la recherche où il serait plus pertinent de permettre via des appels d'offre une concurrence entre établissements : ainsi l'on verrait les officines idéologisées péricliter au profit des meilleurs, plus indépendants et professionnels, les étudiants les plus défavorisés pouvant être aidés par un système conséquent de bourses financées entre autres par un Fonds Commun de Solidarité alimenté par des dégrèvements d'impôts à la façon du système de dons (ce Fonds pouvant servir également pour la mutualisation des soins lourds et le financement sécurisé des retraites par capitalisation, je l'ai déjà formulé, et détaillé, dans de nombreux textes et livres).  

 

*

Passons à autre chose en conclusion, par exemple la cohésion non seulement sociale mais sociétale.

 

Observons ainsi qu'aucune organisation musulmane, française, n'est venue devant l'ambassade du Mali pour manifester sa désapprobation concernant ce qui se passe au Nord de ce pays alors que des mains amputées se ramassent à la pelle. Curieux. "Don't panick"auraient-elles pu avancer comme le chantent certains humoristes (dont certains se disent même "chercheur", tel un certain Pascal Boniface) mais non, rien, pas plus que pour la Syrie et ses 45 000 assassinés alors qu'Israël est mis au ban pour une poignée de victimes involontaires alors que cette non intentionnalité est admise pour l'OTAN en Afghanistan.

Il est d'ailleurs curieux d'observer que les mêmes qui pleurnichent devant tant de morts ont voué aux gémonies ceux qui ont soutenu l'action américaine en Irak. Or, il s'avère que ceux qui tels Boko Haram, pourchassent le chrétien, tout comme en Syrie et ailleurs, ne sont pas des "bandits de grand chemin" mais des guerriers de l'islam qui doivent bien vivre en attendant le Califat et donc se font aussi bandits, trafiquants, etc, il ne faut donc pas croire ceux qui disent que la "misère" (encore elle) pousserait certains vers le djihadisme et qu'en fait ils calfeutraient cette misère par des revendications religieuses alors que c'est précisément l'inverse : ils veulent réaliser leur idéal comme les étatistes français de tous bords veulent réaliser le leur en mettant au pas la société civile, non pas à coup de machettes et d'amputations, mais de taxes et de spolations. D'où la fascination entre totalitarismes qui peuvent d'ailleurs marcher ensemble comme le fait par exemple Hollande et Bouteflika, la France ayant toujours soutenu les généraux "algériens" alors qu'ils sont les premiers responsables de la misère ambiante qui déborde.

En définitive, les immigrés, sans papiers et autres déjà là et qui aimeraient être des citoyens comme les autres sans qu'on les désigne d'abord par leur origine ou leur religion, payent la gabegie de leurs propres dirigeants et en même temps l'incurie étatiste à la française qui en empêchant l'initiative privée qui pourraient les aider à s'en sortir, comme aux USA, force les plus faible d'entre-eux à s'agglutiner à des gangs, et autres bandes, idéologiques également, dont les étatistes aiment se servir, comme repoussoirs, ou supplétifs.

Ainsi a été la France en 2012.

 

 

 

 

PS : quelques extraits du "Livre noir du communisme" (téléchargeable sur le Net) :

 

" (…) Dans les campagnes collectivisées, le rôle du kolkhoze était stratégique. Il avait
pour fonction d'assurer à l'État des livraisons fixes de produits agricoles,
par une ponction de plus en plus forte sur la récolte « collective ».

Chaque automne, la campagne de collecte se transformait en une véritable épreuve
de force entre l'Etat et une paysannerie qui tentait désespérément de garder
pour elle une part de la récolte.

L'enjeu était de taille: pour l'Etat le prélèvement, pour le paysan la survie.

Plus la région était fertile et pluselle était ponctionnée.

En 1930, l'État collecta 30 % de la production agricole
en Ukraine, 38 % dans les riches plaines du Kouban, au Caucase du
Nord, 33 % de la récolte du Kazakhstan. En 1931, pour une récolte bien
inférieure, ces pourcentages atteignirent respectivement 41,5 %, 47 % et
39,5 %. Un tel prélèvement ne pouvait que désorganiser totalement le cycle
productif; il suffit ici de rappeler que sous la NEP les paysans ne commercialisaient
que 15 à 20 % de leur récolte, réservant 12 à 15 % pour les
semences, 25 à 30 % pour le bétail et le reste pour leur propre consommation.
Entre les paysans, décidés à user de tous les stratagèmes pour
conserver une partie de leur récolte, et les autorités locales, obligées de
remplir à tout prix un plan de plus en plus irréaliste – en 1932, le plan
de collecte était supérieur de 32 % à celui de 1931 -, (…).

 

La campagne de collecte de 1932 prit un départ très lent. Dès que
l'on commença à battre la nouvelle moisson, les kolkhoziens s'efforcèrent
de cacher, ou de «voler» de nuit, une part de la récolte. Un véritable
« front de résistance passive» se constitua, conforté par l'accord tacite et
réciproque qui allait souvent du kolkhozien au brigadier, du brigadier au
comptable, du comptable au directeur du kolkhoze, lui-même paysan
récemment promu, du directeur au secrétaire local du Parti. Pour « prendre
les céréales », les autorités centrales durent envoyer de nouvelles «brigades
de choc» recrutées en ville parmi des komsomols et des
communistes.
Sur le véritable climat de guerre qui régnait alors dans les campagnes,
voici ce qu'écrivait à sa hiérarchie un instructeur du Comité exécutif
central envoyé en mission dans un district céréalier de la Basse-Volga :
« Les arrestations et les fouilles se font par n'importe qui : par les
membres ..du soviet rural, les émissaires en tout genre, les membres
des brigades de choc, n'importe quel komsomol qui n'a pas la
flemme. Cette année, 12 % des exploitants du district sont passés
devant le tribunal, sans compter les koulaks déportés, les paysans
frappés d'amendes, etc. D'après les calculs de l'ancien procureur
adjoint du district, au cours de la dernière année 15 % de la population
adulte a été victime de répression sous une forme ou une autre. Si
l'on ajoute à ceci qu'au cours du dernier mois huit cents exploitants
environ ont été exclus des kolkhozes, vous aurez une idée de l'ampleur
de la répression dans le district. [ ... ] Si l'on exclut les cas où la
répression de masse est réellement justifiée, il faut dire que l'efficacité
des mesures répressives ne cesse de diminuer dans la mesure où, lorsqu'elles
dépassent un certain seuil, il devient difficile de les mettre
en oeuvre. [ ... ] Toutes les prisons sont pleines à craquer. La prison de
Balachevo contient cinq fois plus de gens que prévu, et à Elan il y a,
dans la petite prison du district, 610 personnes. Au cours du dernier
mois, la prison de Balachevo a "rendu" à Elan 78 condamnés, parmi
lesquels 48 avaient moins de dix ans; 21 ont été immédiatement
relâchés. [ ... ] Pour en finir avec cette fameuse méthode, la seule
employée ici – la méthode de la force – deux mots sur les paysans
individuels vis-à-vis desquels tout est fait pour les détourner d'ensemencer
et de produire. (…) "

Lucien SA Oulahbib 31/12/2012

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