Du nouveau sur la climatologie people

08 Février 2014 : Le climatologue Garth Paltridge nous parle de la situation actuelle de la climatologie et des climatologues.

Le texte suivant constitue un prolongement du billet précédent dans lequel nous avions donné la parole à deux scientifiques français.
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Garth Paltridge (ci-contre) est un authentique climatologue. Il est actuellement professeur émérite de l'Université de Tasmanie et membre de l'Académie des Sciences australienne.
Il a été Directeur de Recherche au sein de la Division de la Recherche sur l'Atmosphère du CSIRO.
(NdT : Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization qui est, à peu près, l'équivalent du CNRS français). Il a également été le Directeur de l' "Institute of Antarctic and Southern Ocean Studies" et Président du "Antarctic Cooperative Research Centre".

Il est l'auteur de "The climate caper : facts and fallacies of global warming" soit "La balade climatique : des faits et des idées fausses sur le réchauffement climatique.

Son activité de recherche a été consacrée à la physique du changement climatique aussi bien en tant que théoricien qu'en tant que modélisateur sur ordinateur.

Garth Paltridge fait donc partie du "sérail" de la climatologie internationale, tout comme Judith Curry, souvent mentionnée dans ce site. Vivant à l'intérieur du système depuis de nombreuses années, Paltridge est donc particulièrement bien placé pour nous expliquer ce qui se passe, en réalité, au coeur de la climatologie …et, surtout, des climatologues.

Comme à l'accoutumée, les encadrés en couleur différente (ici en jaune) contiennent une traduction en Français du texte initial. Les caractères engraissés le sont par PU. Vous avez, ci-dessous, une traduction complète du texte original publié par Paltridge dans Quadrant Online (une revue australienne de bon standing en ligne).

Voici le titre et le sous titre de l'article publié par Garth Paltridge :

Les incertitudes intrinsèques du changement climatique.

Pratiquement tous les scientifiques qui sont directement impliqués dans les prédictions climatiques sont conscients des énormes incertitudes qui pèsent sur leurs travaux. Comment se fait-il alors qu'ils puissent jurer, la main sur le coeur, que les émissions humaines de dioxyde de carbone détruisent la planète ?

Dans ce titre introductif, Garth Paltridge nous fait part de son étonnement du hiatus considérable qui existe entre les incertitudes incontournables qui demeurent en matière de modélisation du climat et les certitudes affichées aussi bien par des organismes tels que le GIEC que par de nombreux climatologues. Dans ce sens, il rejoint les conclusions du billet précédent et, notamment, les déclarations de Pierre Darriulat.

Dans une introduction a caractère pédagogique, Paltridge commence par nous expliquer pourquoi et comment les modèles informatiques du climat sont intrinsèquement condamnés à de graves incertitudes. Garth Paltridge, théoricien et modélisateur, a longtemps exercé ses talents dans ce domaine précis. A ce tire, il sait donc parfaitement de quoi il parle et son explication et ses conclusions sont assez proches de celles d'autres climatologues et en particulier de celles d'un autre climatologue expérimenté, Pierre Morel (fondateur du LMD, le Laboratoire de Météorologie Dynamique), qui les avait mentionnées lors d'une conférence (donnée en 2009) dont j'avais cité quelques extraits dans un billet antérieur.

L'Organisation Météorologique Mondiale des Nations Unies a mis en place les premiers jalons pour l'établissement du Programme Mondial sur le Climat au début des années 1970. Entre autres activités, elle a tenu une conférence à Stockholm pour définir les principaux problèmes scientifiques qu'il faudrait résoudre avant que des prévisions climatiques fiables deviennent possibles. La conférence en a défini un grand nombre mais elle ne s'est focalisée que sur seulement deux d'entre eux.

Le premier concernait notre incapacité à simuler les caractéristiques de la couverture nuageuse et son extension dans l'atmosphère. Les nuages sont importants parce qu'ils déterminent l'équilibre entre le réchauffement dû au soleil et le refroidissement par émission d'infra rouges de la planète et, de ce fait, ils constituent un élément qui contrôle la température de la Terre. Le second concernait notre incapacité à prévoir le comportement des océans. Les océans sont importants parce qu'ils constituent un des principaux réservoirs de chaleur du système climatique. Ils présentent des fluctuations internes, plus ou moins au hasard, sur toutes sortes d'échelles de temps qui vont de quelques années jusqu'à des siècles.Ces fluctuations induisent des variations des températures de la surface des océans qui, à leur tour, affectent la totalité du climat de la Terre.

La situation n'a pas beaucoup évolué depuis les dernières décennies. Beaucoup des problèmes rencontrés dans la simulation du comportement des nuages et des océans sont encore bien présents (à côté d'autres problèmes de moindre importance) et pour des raisons qui n'ont pas changé. Peut-être le plus manifeste est que les modèles du climat doivent effectuer leurs calculs en chaque point d'une grille imaginaire plaquée sur la planète toute entière, à différentes altitudes dans l'atmosphère et à des profondeurs variables dans les océans. Les calculs sont effectués pour des pas de temps d'une heure et c'est de cette manière que les modèles progressent vers un futur hypothétique. Des difficultés surviennent parce des contraintes pratiques liées à la taille des calculateurs font que la distance horizontale entre chaque point des grilles est aussi grande qu'un degré ou deux de longitude et latitude, ce qui représente une distance de plusieurs dizaines de kilomètres.

Ces distances sont beaucoup plus grandes que la taille d'un amas nuageux typique. Il en résulte que la simulation des nuages exige une bonne dose de suppositions quant à ce que pourrait être une moyenne convenable de ce qui se passe entre les points de la grille du modèle. Même si les observations expérimentales suggèrent que les modèles obtiennent des moyennes grossièrement satisfaisantes pour des prédictions à court terme, il n'y a aucune garantie que les prédictions seront correctes pour des conditions atmosphériques qui régneront dans un futur éloigné de plusieurs décennies. Parmi d'autres problèmes, les petites erreurs dans la modélisation numérique des processus complexes ont la fâcheuse habitude de s'accumuler à mesure que le temps passe.

Toujours au sujet de cette affaire de points de la grille, les fluctuations océaniques et les turbulences plus petites que la distance entre les points de la grille d'un modèle sont invisibles pour ce modèle. Ceci ne serait pas en soi un problème sauf que les tourbillons dans les fluides turbulents peuvent devenir de plus en plus grands. Un petit tourbillon apparu au hasard dans un océan réel peut grossir et apparaître sorti de nulle part du moins pour ce qui concerne le modèle prévisionnel et il peut mettre le bazar dans les prévisions à partir de là et pour tout le futur.

 

Garth Paltridge met ensuite le doigt sur les incohérences qui existent entre les incertitudes inhérentes à la modélisation, mentionnées ci-dessus, et les certitudes proclamées par les climatologues dans les rapports et les discours prononcés avec une grande assurance devant le public, les politiques et les autres scientifiques, :

Tout ce qui précède se trouve en arrière-plan d'un des plus grands mystères de la question du changement climatique. En pratique tous les scientifiques directement concernés par les prédictions climatiques sont au courant des énormes problèmes et des incertitudes qui sont encore inhérentes aux résultats de leur travaux. Alors, comment se fait-il que ceux d'entre eux qui ont été impliqués dans le dernier rapport du GIEC puissent jurer, la main sur le coeur, qu'il y a une probabilité de 95% que les émissions humaines de dioxyde de carbone ont provoqué l'essentiel du réchauffement climatique qui s'est produit durant les dernières décennies ? .

Gardez à l'esprit que la représentation des nuages dans les modèles climatiques (et celle des la vapeur d'eau qui est intimement impliquée dans la formation des nuages) est de nature à amplifier le réchauffement prévu pour une augmentation de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone -et ceci en moyenne pour la plupart des modèles – d'un facteur d'environ trois. En d'autres termes, les deux tiers de la prévision de la hausse de la température, provient de ces caractéristiques des modèles. En dépit de ce que les modèles nous disent – et peut-être parce que ce sont les modèles qui nous le disent – aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé à ce sujet, ne vous dirait qu'il est sûr à 95% que les nuages amplifient plutôt que réduisent le réchauffement climatique dû à l'augmentation du dioxyde de carbone. S'il n'est pas certain que les nuages amplifient le réchauffement climatique, il ne peut pas être sûr que la plus grande partie du réchauffement climatique résulte de l'augmentation du dioxyde de carbone.

Gardez aussi à l'esprit qu'aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé spécifiquement sur ce sujet, ne vous dirait qu'il y a seulement une très petite possibilité (c'est à dire plus petite que 5%) que le comportement interne de océans pourrait être une cause majeure du réchauffement de la dernière moitié du siècle passé. Il serait particulièrement attentif à ne pas faire une telle déclaration maintenant alors qu'il n'y a pas eu de réchauffement significatif depuis les quinze dernières années environ. Dans la course folle à la recherche de ce qui pourrait expliquer la pause et pour trouver les raisons des échecs évidents des modèles incapables de la simuler, nous avons soudainement entendu dire que, peut-être, la chaleur du réchauffement climatique se serait "cachée" dans les profondeurs des océans. En d'autres termes, on nous explique qu'une quelconque fluctuation interne des océans pourrait avoir limité la tendance à la hausse de la température du globe. De ce fait, il est plus qu'un peu étrange que nous n'entendions pas dire, venant du GIEC (ou, en tout cas, pas à voix haute) qu'une quelconque fluctuation naturelle interne du système a pu aussi provoquer la plus grande partie de la hausse précédente.

Pour expliquer ces incohérences entre les rapports du GIEC, les discours au public et/ou aux politiques, et les incertitudes de la science, Garth Paltridge nous rappelle quelques points d'histoire ainsi que la dérive (selon lui) dans laquelle ont été entraînés nombre de scientifiques du climat. Selon Paltridge, les climatologues se sont faits piéger par les politiques (et notamment par les environnementalistes), ainsi que par certains de leurs collègues qui ont abondamment profité de la situation. Ceci répond, au moins en partie, à la question souvent posée par ceux qui font aveuglément confiance à la "science officielle" au prétexte qu'ils ne parviennent pas à comprendre "comment tant de scientifiques pourraient–ils se tromper ?".

Au vu de tout ceci, nous devons, au moins, envisager la possibilité que l'establishment scientifique qui se trouve derrière la question du réchauffement climatique, a été attiré dans un piège qui consiste à sur-évaluer grandement le problème du climat – ou, ce qui revient essentiellement à la même chose, à sous-estimer sérieusement les incertitudes inhérentes au problème climatique – dans un effort pour promouvoir la cause. Il s'agit d'un piège particulièrement pernicieux dans le contexte de la science parce qu'il risque de détruire, peut-être pour les siècles à venir, la réputation exceptionnelle et chèrement conquise, de l'honnêteté qui est à la base du respect de la société vis à vis de l'oeuvre scientifique. Jouer avec le capital réputation pour des objectifs politiques à court terme n'est pas la manière la plus intelligente de traiter ces affaires.

Le piège a été tendu vers la fin des années 1970 ou aux alentours de l'époque où le mouvement environnemental a commencé à réaliser que la prise en compte du réchauffement climatique cadrerait avec un bon nombre de ses objectifs sociétaux. C'est exactement à cette époque qu'il fut considéré comme une évidence, dans les corridors du pouvoir, que les scientifiques financés par le gouvernement (c'est à dire, la plupart des scientifiques) devraient se procurer une fraction importante de leur financement et de leurs salaires à partir de sources externes – dans tous les cas, externes à leur organismes de tutelle.

Du fait qu'ils ne sont pas naturellement liés à une industrie privée spécifique, les scientifiques qui travaillent dans les laboratoires de recherche environnementale ont été contraints d'aller rechercher des fonds dans d'autres départements gouvernementaux. En retour, ceci les a contraint à accepter les exigences du militantisme et de la manipulation de l'opinion publique. Pour ce type d'activité, une association qui se tient à distance respectable du mouvement environnemental constituerait un mariage paradisiaque. Entre autres avantages, il fournirait un moyen pour que les scientifiques puissent être suffisamment distanciés de la responsabilité découlant de n'importe quelle exagération, présentée au public, au sujet de la signification de leur problématique de leur recherche.

Le piège a été partiellement tendu pour la recherche climatique lorsqu'un certain nombre de scientifiques de la discipline ont commencé à tirer des satisfactions de l'exercice du militantisme. Leur satisfaction découlait d'un accroissement considérable de leur financement ainsi que de l'opportunité de recruter. Cette augmentation ne concernait pas vraiment l'aspect de la science dure mais plutôt l'émergence d'institutions périphériques et d'organisations engagées, du moins en partie, dans la promotion du message de la catastrophe climatique. C'est alors qu'a émergé un nouveau et lucratif mode de vie de la recherche duquel a découlé la possibilité de donner son avis à tous les types et à tous les niveaux du gouvernement, à dispenser sur les ondes des affirmations non contestables au public et à une justification immédiate pour assister des conférences internationales – ces dernières dans un certain luxe comparativement aux standards habituels des scientifiques. Cela avec une périodicité jamais vue jusque là.

Quelque part au cours du processus, on en arriva à faire croire à beaucoup dans le public et, de fait, à de nombreux scientifiques eux-mêmes, que les climatologues étaient l'équivalent de chevaliers montés sur des étalons blancs qui menaient une grande bataille contre les forces du mal – c'est à dire le mal sous la forme de "Big Oil" et de ses ressources financières supposées illimitées. Le fantasme était plus qu'un peu séduisant.

Le piège fut définitivement armé quand beaucoup des principales académies des sciences de la planète (telles que la Royal Society au Royaume Uni, l'Académie des sciences des USA, l'Académie des sciences australienne) se convainquirent de produire des rapports qui venaient étayer les conclusions du GIEC. Ces rapports furent proclamés comme des analyses nationales supposées indépendantes du GIEC et les unes des autres alors que, par nécessité, elles étaient compilées avec l'aide et, dans certains cas, suivant les injonctions de nombreux scientifiques impliqués dans les machinations internationales du GIEC. Et de fait, les académies qui sont les plus prestigieuses des institutions de la science, ont formellement hissé leurs drapeaux sur le mat du politiquement correct.

Selon Paltridge, le piège s'est refermé et il ne reste plus aucun moyen de trouver une sortie honorable. Ceux qui pourraient encore parler ne le font pas, sans doute par peur des représailles déjà évoquées par Marc Fontecave dans le billet ci-dessous et à des multiples reprises dans cette page. Désormais, le système court sur son erre.
La conclusion est plutôt optimiste pour ce qui est de l'avenir du climat mais elle est pessimiste sur l'avenir de la crédibilité de la science et des scientifiques.

Depuis cette époque, après trois ou quatre ans, il ne restait plus aucune possibilité acceptable offerte à la communauté scientifique, lui permettant d'évoquer le spectre des graves incertitudes qui pèsent sur les prédictions du désastres climatique. Il devient alors impossible d'utiliser le mouvement environnemental comme bouc émissaire s'il advenait que la menace du réchauffement climatique n'avait aucune substance véritable. Il n'est désormais plus possible d'échapper à sa responsabilité première s'il apparaît, à la fin, que prendre des mesures au prétexte de la réduction du réchauffement climatique s'avère être l'erreur scientifique la plus coûteuse jamais infligée à l'humanité. Le détournement de la richesse mondiale au nom du changement climatique est de l'ordre d'un milliard de dollar par jour. Et, pour le futur, on peut reprendre une citation du sénateur US Everett Dirksen : "Un milliard par ci, un milliard par là, et bien vite on commence à parler de vrai argent.".

Au même moment, l'homme de la rue, fort de son bon sens et qui, dès à présent, peut sentir à des lieues à la ronde, l'odeur des exagérations d'une campagne environnementaliste, commence à entrevoir que c'est la politique, et non la science, qui pilote cette affaire.

Les scientifiques – enfin, disons, la plupart des scientifiques – sont peut-être un peu naïfs mais ils ne sont en général ni méchants, ni idiots, ni facilement subornés aussi bien par l'argent que par le politiquement correct. Alors, quelles que soient les satisfactions que l'on peut éprouver en soutenant la version officielle de la connaissance et quelles que soient les contraintes exercées par le pouvoir scientifique en place, il est quand même surprenant que le récent rapport du GIEC ait pu être publié sans pratiquement aucun murmure de mécontentement de la part des étages inférieurs de l'establishment scientifique. Qu'est-il advenu du scepticisme qui, dit-on, est le sang nourricier de la recherche scientifique ?

La réponse se trouve probablement dans le fait que tout cela est incertain. La probabilité que l'on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu'un climato-sceptique ou qui que ce soit d'autre dans cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d'affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d'égalité. Le problème est que la recherche climatique exige d'énormes ressources et qu'il s'agit d'un jeu entre les institutions et les organisations. Le scepticisme est une affaire d'individus. Les choses étant ce qu'elles sont dans le domaine du changement climatique, le scepticisme exercé par un individu peut s'avérer être un facteur sévèrement limitant pour la poursuite d'une carrière. Quoiqu'il en soit, la plupart des scientifiques, pris individuellement, ont une conscience et ils sont réticents à dresser leur tête au dessus du parapet pour promouvoir un point de vue sur des choses qu'il est intrinsèquement impossible de prouver.

En bref, il y a plus d'incertitudes qu'il n'en faut pour permettre aux êtres humains d'être, au moins, raisonnablement optimistes sur le fait que le réchauffement climatique ne sera pas, et de loin, aussi mauvais qu'on le proclame.
Les climatologues et, en fait, tous les scientifiques, ne sont pas aussi chanceux. Ils ont beaucoup à perdre si l'avenir prouve qu'ils se sont trompés. "

Garth Paltridge


eisenhowerCette analyse peut, sans doute, faire écho aux mises en garde que certains trouveront remarquablement prémonitoires que Dwight D. Einsenhower avait énoncées lors de son départ de la présidence des Etats-Unis en 1961.

Voici le traduction de la dernière partie de ce discours connu par les Nord-américains sous le nom de "Farewell address" de Dwight .D.Eisenhower (34e Président des USA, de 1953 à 1961)

"[...] Au cours de cette révolution, la recherche est devenue un élément central. Elle est aussi devenue plus formalisée, complexe et coûteuse. Une fraction de budget en augmentation constante a été décidée pour, par, et à la direction du gouvernement fédéral.

De nos jours, l'inventeur solitaire qui travaillait dans son atelier a été remplacé par des groupes constitués de scientifiques dans des laboratoires et sur les terrains d'expérience. De la même manière, l'université libre qui a été historiquement la source des idées ouvertes et de la découverte scientifique, a connu une révolution dans la manière de mener ses recherches. En partie du fait des financements considérables devenus nécessaires, un contrat gouvernemental est devenu virtuellement un substitut à la curiosité intellectuelle. A la place de chaque vieux tableau noir, il y a maintenant des centaines de calculateurs électroniques modernes.

L'éventualité d'une domination des savants de la nation par le biais du recrutement fédéral, par celui des attributions des contrats et par les puissances d'argent est toujours bien présenteet elle doit être considérée comme une affaire sérieuse.

D'autre part, tout en conservant notre respect pour la recherche et la découverte; comme nous le devons, il nous faut aussi être vigilant quand à un danger égal et opposé que la politique pourrait, elle-même, se retrouver captive d'une élite scientifico-technologique."

D.D. Eisenhower.


En conclusion :
Comme vous avez pu le constater, le texte de Garth Paltridge ne constitue pas une critique frontale et sévère du comportement de la plupart de ses collègues scientifiques du climat, à l'exception de ceux d'entre eux qui ont manifestement pris goût au militantisme, aux "jeux.du pouvoir" et aux feux de la rampe médiatique. Paltridge pense plutôt que la collectivité des climatologues s'est fait piéger dans un système pernicieux duquel il ne peuvent plus s'échapper honorablement quelles que soient les évidences scientifiques présentes et à venir. Du moins, c'est de cette manière qu'il explique l'obstination du GIEC et de ses participants à nous assurer que leurs certitudes se renforcent alors que les écarts entre les modélisations et les observations divergent de plus en plus nettement, comme le rappelle Paltridge et comme vous l'avez constaté dans les billets précédents.

J'ai pensé que ces points de vue, énoncés par 'un climatologue expérimenté, venant du coeur du "sérail" de la climatologie internationale, pourrait éclairer le débat d'un jour nouveau pour les lectrices et lecteurs de PU qui savent déjà que la situation réelle est bien différente de ce que l'on peut lire, entendre et voir dans les médias.

A bientôt.

Stay Tuned !

Pensée unique 9/2/2014

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