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État islamique : ce que l’on ne nous dit pas

Un membre de la DGSE retourné, idem dans la police, le problème n'est pas tant de critiquer les silences et les omissions, mais de corréler ces "rumeurs" avec ce que Jean Pierre Lledo a vérifié dans son documentaire recueillant les aveux d'anciens djihadistes "algériens" ayant égorgé leurs voisins durant ce qu'ils appellent, eux-mêmes, le "djihad contre la France" : ainsi, dès qu'ils ont été en quelque sorte "pris" par ce sentiment-force qui fait frissonner à l'écoute de l'hymne national, qui permet d'aller au front sachant que la mort est certaine, ce que l'analyse transactionnelle appelle la distribution circulaire enfant/parent/adulte dans laquelle la communauté à défendre représente ces trois moments, eh bien un appel irrésistible, pour certains, devient incompressible.

Cela s'observe dans tous les mouvements insurrectionnels ou de résistance, et le problème du nombre n'en est pas un puisque ces mouvements sont toujours minoritaires au départ avant de rallier la majorité par effet non pas de contagion nécessairement mais de légitimation qui s'institue dans les tréfonds, prend aux tripes et attire vers lui corps et âmes celles et ceux qui aspirent à s'abandonner totalement à quelque chose qui les dépasseraient, surtout pour une religion totale comme l'Islam qui exige la soumission absolue à un "moi islamique".

On ne comprendrait pas sinon pourquoi des familles entières décident de partir, d'autant qu'elles ne supportent plus le nihilisme scientiste et consumériste ambiant dont on voit le rejet par exemple en France dans le succès d'un Zemmour (contrebalancé néanmoins par des sondages à répétition avalisant paraît-il GPA et PMA) montrant alors qu'il ne s'agit plus d'adhésion individuelle façon Al Kaïda, mais d'un déclenchement psychique qui annonce le ralliement sans conditions à un écho qui semble venir des débuts mêmes, et qui semble bien porter ceux qui se battent ; ceux-ci par ailleurs n'étant plus seulement des poignées de militants faisant la guérilla mais bien une machine de guerre politico-militaire pacifiant à l'intérieur, et combattant à l'extérieur (ou les deux faces du Djihad), qui s'avère être au fond la définition classique d'un "État".

Face à un tel phénomène — double à vrai dire, puisque en face une radicalisation anti-djihadiste et anti-nihiliste commencent à sélectionner ses leaders et ses formes d'expression dans toute l'Europe — les stratégies actuelles prétendant se battre "contre le terrorisme" semblent bien vouées à l'échec.

D'autant plus qu'un Obama par exemple au nom d'une conception idéaliste (au sens péjoratif) a abandonné l'Irak aux Shiites dominés par l'Iran khomeiniste alors qu'un processus de pacification demande des dizaines d'années.

11 octobre 2014

Iris Canderson 2/1/2017

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