La gauche sacrée

De son côté, la droite française est si impressionnée par les diktats de gauche qu’elle ne s’est jamais aventurée à remettre en question aucune des mesures (anachroniques) imposées par la gauche. Et pourtant, la plupart de ces mesures eurent les effets économiques les plus catastrophiques qui sont la cause majeure de la paupérisation galopante du pays. Tout le monde en convient, mais il ne faut rien changer.

L’UMP n’ose pas même diligenter une enquête sur l’importance du patrimoine qui aurait quitté la France depuis la création de l’ISF. Alors qu’un français par jour quitte le pays à cause de cet impôt totalement idéologique, on considère qu’il est urgent de ne rien changer.

C’est que la gauche française s’est élevée au rang de la nouvelle religion au pays de la laïcité. Elle a son clergé et ses inquisiteurs ; elle cultive son catéchisme avec ses saints et ses martyrs ; elle opère ses mises à l’index et ses relectures de l’histoire.
Les lois qu’elle parvient à faire voter entrent dans l’ordre du sacré. Elles deviennent des « lois sociales » et donc des acquis sociaux : plus question de remettre en cause les 35 heures, les emplois jeunes ou l’ISF. Qu’on puisse ou nous assumer le coût de ces acquis, voilà bien une question à laquelle la gauche ne veut pas se rabaisser. Ce sont des broutilles qui ne peuvent qu’intéresser des économistes décidément trop terre à terre !
Mr Sarkozy est obligé de se réfugier derrière un slogan qui sonne « gauche » en promettant la « rupture tranquille », qui n’est pas sans rappeler la « force tranquille » de François Mitterrand.

Ont-ils tous les mêmes conseillers en communication ? Pourquoi ce besoin d’utiliser le vocable des autres ?

Et lorsque la droite gagne des élections, elle est presqu’obligée de s’excuser en promettant de ne pas faire de chasse aux sorcières, en assurant qu’elle ne touchera pas aux lois votées par la gauche. Croyez-vous que la gauche ait tant de scrupules ? Lorsque cette dernière perd des élections, elle appelle au troisième tour social permanent pour empêcher le gouvernement élu de mettre en œuvre sa politique. Autant dire que la gauche a pour les institutions de ce pays un respect proche de zéro : avec l’affaire du CPE, elle est fière d’avoir fait tomber une loi mise en place régulièrement par les institutions compétentes. A quoi servent donc nos institutions ?

C’est pourquoi notre pays n’est gouverné que dans un seul sens et qu’il continuera de dériver invariablement vers la collectivisation rampante. Dans ce contexte, ceux qui peuvent encore fuir ne se priveront pas de le faire. Et pendant combien de temps les autres continueront-ils de se résigner en silence ?Perpignan, le 16 janvier 2007

Jean-Louis Caccomo 16/1/2007

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