Mahmoud Abbas: interlocuteur privilégié du gouvernement israélien?

Abbas récidivait en 1984, en publiant un ouvrage « The other face : the secret connection between the nazis and the Zionist movement » dont le style d’abject propagande n’est pas sans rappeler celui de Goebbels.
Une pareille insulte aux six millions de martyrs aurait dû faire bondir d’indignation les différents gouvernements israéliens si attachés à la mémoire de la Shoah.

Mais il n’en est rien. Les dirigeants israéliens, tout comme leurs homologues occidentaux, n’ont même jamais exigé d’excuses ni de démenti de la part d’Abbas.

Il y eut à cela un célèbre précédent, lors de la mémorable visite de Sadate à Jérusalem, en 1977.

Sadate fit son apparition à l’Hôtel King David en arborant une cravate ornée de croix gammées (2). Il ne s’agissait certainement pas ici d’une inadvertance.

En effet, non seulement Sadate s’était pendant la guerre porté volontaire chez les nazis, mais encore il était l’auteur, en 1953, d’une lettre chaleureuse autant qu’admirative adressée à Hitler, à la suite de la rumeur qu’il serait encore en vie, caché quelque part. Cette lettre commence par:  » Mon cher Hitler. Je vous félicite du fond du cœur. Même s’il vous semble que vous avez été battu, en réalité vous êtes le vainqueur  » et s’achève par: « Vous pouvez être fier d’être devenu immortel en Allemagne. Nous ne serions pas surpris si vous y apparaissiez de nouveau ou si un nouvel Hitler se levait dans votre sillage. » Signé, Anouar El-Sadate.
Mais là encore, les protestations furent étouffées une fois en vue la perspective de signature d’accords avec l’Egypte. L’attitude des dirigeants israéliens a donc toujours été complètement paradoxale : d’un côté, elle met en avant de façon dramatique la Shoah en obligeant presque toute personnalité politique en visite en Israël à se recueillir à Yad Va Shem, et de l’autre, elle légitime un admirateur d’Hitler comme Sadate ou un négationniste comme Mahmoud Abbas, dès que l’intérêt politique l’exige. L’opportunisme des dirigeants israéliens est d’autant plus « machiavélique » que ces derniers temps, on assiste (sous la présidence de Mr Abbas!) à une recrudescence des éditions en traduction arabe de Mein Kampf (3),

des « Protocoles des sages de Sion » et de fascicules qui ne tarissent pas en louanges envers Hitler (4) pour son entreprise d’extermination industrielle des juifs. Mais comme le paradoxe est aussi une des qualités du gouvernement de Ismaïl Hanieh, la Bande de Gaza est en parallèle devenue le foyer mondial d’un certain révisionnisme historique, sous la houlette islamique.
Un pamphlet poussif et poussiéreux(5) a ainsi été ressorti dernièrement des oubliettes. Il y est expliqué que l’« anomalie » de l’existence d’Israël doit être interprétée de façon « islamiste » et non laïque. Voici, dans ses grands traits, l’éblouissante « exégèse »: Le sionisme ne peut aboutir à la récupération éternelle d’une terre devenue musulmane, sous peine de remettre en question les fondements mêmes de l’Islam. Or puisque, selon l’Islam, Allah est le maître de l’Histoire, c’est à lui qu’est attribuée l’« initiative sioniste» de la création de l’état d’Israël, création nécessairement interprétée comme un stratagème d’Allah. Selon cette exégèse, Allah aurait décidé de ramener tous les juifs éparpillés de par le monde en un seul et même endroit, la « Palestine », afin de simplifier la tâche des musulmans. Toujours selon cette exégèse, les « vrais musulmans » ont en effet comme devoir, à la fin des temps, soit de convertir massivement les juifs à l’Islam (« la grande Conversion »), soit (en cas de refus) de les exterminer massivement (« La grande Tombe »).

Dans les deux cas, leur rassemblement sur une même terre, au cœur du monde islamique, est supposé faciliter considérablement l’exécution de la solution finale au « problème juif ».

Mais aujourd’hui, l’option de la ‘Grande Tombe’ est devenue chez les caïds islamistes du Hamas bien plus populaire que celle de la ‘Grande conversion’, tout simplement parce que l’état d’Israël s’est, à leurs yeux, « désacralisé » en devenant laïque. Il représente l’archétype même de l’entité hérétique, ‘Kafr’, dont le sort est clairement décidé dans l’Islam. En cela, et en dépit des apparences, l’état d’Israël est censé accélérer « l’Apocalypse », du moins dans sa version islamique.

C’est pourquoi, Le Hamas et autres acolytes du Jihad islamique, voient en la montée du néo-nazisme en Europe un allié naturel dans l’exécution de la théologie de la ‘Grande Tombe’. Et c’est aussi, et uniquement, pourquoi ils s’opposent à Mahmoud Abbas et à son révisionnisme laïque, ce même Abou Mazen qui, aux yeux du monde et d’Israël, fait dorénavant figure « d’homme de paix ».

Notes


(1) Voir Article  » Pour en finir avec l’usage du terme Palestine « .
(2) Voir photos.
(3) Voir photo
(4) Hitler a même été ‘islamisé’ par le monde arabe, où il porte le nom d’Abou Ali (sauf en Egypte où, on ne sait pourquoi, il a été rebaptisé Mohamad Khayder).
(5) Déjà formulée dans les années 30 , cette « exégèse » a été reprise et développée, à la quatrième conférence des études islamiques au Caire, en Septembre 1968. Le Sheikh Nazim El Djasser y donnait une lecture intitulée : « La bonne nouvelle au-delà des choses cachées« . Voir D.F. Green. Arab Theologians on Jews and Israel. P 48-53. Editions de l’Avenir. Genève, 1976

David Belhassen 23/1/2007

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