La France que l’on abat

1/Gilles Kepel confie effaré qu'un jour ayant voulu faire des photos à Molenbeeck il se vit rabrouer vertement, tandis qu'au moment de l'arrestation du "logisticien" de l'OEI (Organisation de l'État Islamique) l'on vit jeunes, femmes bâchées et hommes en gandoura hurler à mort contre les forces de l'ordre belges. Pour excuser un tel soutien ambiant à l'assassin certains (collabos) désignent bien sûr les "problèmes d'exclusion" ce qui ferait sourire si ce n'était pas soutenu si doctement avec thèses et postes universitaires à l'appui en France et ailleurs.

D'autres encore avaliseront l'idée que leur dit "islam" s'avère toujours incompris et que des "traditions ancestrales rétrogrades" persistent encore alors que bien sûr lapider les adultérins, couper mains et pieds pour les voleurs et assassins, tuer les apostats signifient par contre un "progrès significatif" pour reprendre l'expression à la mode. L'UOIF ira certainement répandre cette bonne nouvelle à Molenbeek, Trappes (Ryad…).

2/ Et tandis que les soutiens occidentaux à ce "progrès significatif" pérorent et paradent toujours, Obama et Hollande en tête, ce dernier, fort du soutien de pseudo historiens et leurs thèses acquises sous pochette suprise (tels Cambadélis, Benjamin Stora…) iront avaliser l'idée que cette "mésinterprétation" du "vrai islam" viendrait de l'insuffisance de repentance quant à ladite "guerre d'Algérie" qui se doit d'avoir été uniquement fomentée par la France

Et il faut non seulement se répandre en commémorations et génuflexions mais l'enseigner bien sûr et derechef avec moultes excuses, et aussi reconnaissances pour un supposé apport "décisif" à un moyen-âge occidental obscur et médiocre sans cet apport de l'islam, le tout afin de rassurer dans leur "vécu" ces "jeunes" issus de cette contrée alors que depuis que cette pratique a été effectuée (plus de vingt ans maintenant) cela n'a fait que renforcer leur haine puisque si la France doit ainsi se faire pardonner pour des "crimes génocidaires" comme le clamait l'actuelle momie faisant office de président algérien (appuyé par BHL, Stora, Plenel, Sorman, Brauman le palestiniste...) cela veut dire que l'on peut légitimement non seulement la haïr ("Nique la France") mais exiger des réparations, sonnantes et trébuchantes, jusqu'à exporter ostensiblement un mode de vie qui n'a pourtant rien à voir avec l'histoire de l'Afrique du Nord et beaucoup plus avec la colonisation arabo-musulmane qui s'est imposée dans le sang et continue à le faire.

3/ Alors que le Venezuela s'effondre en appliquant les recettes françaises russes castristes du socialisme ses admirateurs viennent hurler dans les amphis lycées et rues françaises et américaines leur haine du "capitalisme", profitant des errances affairistes d'un colbertisme et d'un fédéralisme aux abois pour se refaire une santé morale, ce qui est parfaitement injuste, mais l'Histoire est ainsi ("il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron" clamaient les opportunistes de 68).

Car tous ces pourfendeurs du dimanche continuent à prendre des vessies pour des lanterne (ils sont payés grassement pour le faire) et demain l'on rasera gratis, toujours, surtout lorsque s'opérera à grande échelle un "QE citoyen" ou la distribution par hélicoptère de monnaie en veux-tu en voilà où le désir de faire de plus en plus fi des lois de l'économie comme l'on fait fi depuis longtemps des lois de la politique, de la biologie des sexes, de la psychologie des préférences, lorsque l'idéalisme de la lumpen intelligentsia exige de transformer en réalité le moindre fantasme, tout en niant la notion de "réalité" bien trop "normative" et l'on retombe sur le Venezuela, voire le Brésil, tout ne comprenant pas pourquoi Trump monte, monte, préférant le traiter de "néo-fasciste" pour ne pas voir la poutre plantée dans l'oeil français.

Est-ce à dire que cette "loi travail" était la "bonne" ? Bien sûr que non puisque le problème relève bien moins d'une augmentation intensive de la productivité déjà bien prégnante que dans le manque de compétitivité lié au défaut d'investissement conséquence du coût exorbitant d'un "modèle social" pourtant de plus en plus inégal, autoritaire, créateur de misère sociale, politique, affective : cherchez l'erreur. Et pourtant le mécontentement actuel va permettre le regonflage idéologique d'une gauche moribonde de plus en plus minoritaire dans le pays mais dominante dans les institutions politico-médiatiques corsetant le paysage social français. Elle bénéficie aussi de la complicité objective d'un dit "souverainisme" étatiste prêt à soutenir une socialisation des pertes (et une privatisation des profits) qui a pourtant été le pourvoyeur et le lit de la situation actuelle.

Pourtant, il serait loisible d'agir sans opposer privé et public puisque par exemple le premier peut avoir des délégations de service public à partir du moment où un cahier donné de charges serait respecté comme c'est déjà le cas pour l'enseignement et la médecine conventionnés. Pourquoi ne pas en accentuer le phénomène ? Cela permettrait de contourner l'impossibilité de réformer des structures vermoulues comme la SNCF, l'EDF, l'éducation nationale, la santé… Certains justifient la hausse continue de la dépense publique en avançant qu'il faut des infirmières et des postiers, sauf qu'ils peuvent fort bien relever du secteur privé, le boulanger y relève bien et il ne fait pas du mauvais pain pour autant.  De même, si l'idéologie n'avait pas pénétré autant jusqu'aux conseils des Prudhommes et des juges, il aurait été judicieux de leur donner plus d'ampleur et d'indépendance (jusqu'à les élire…) afin de gérer au mieux les conflits permanents propres à toute société.

Mais tant qu'il sera seulement ou principalement question de "faire payer aux puissants " la manière dont l'ordre social est organisé en France (ainsi que le veulent Piketty Aubry Mélenchon et les souverainistes étatistes) au lieu de penser à une autre redistribution des droits de propriété via une cogestion et une participation citoyenne redynamisées, l'on nourrira encore plus et la misère sociale et la misère politique ces deux mamelles du défaitisme français actuel.

Au lieu par exemple de proposer une réforme constitutionnelle permettant, en cas de crise profonde d'un secteur d'activité, de dissocier "l'aide" aux PME et TPE de l'aide aux grandes entreprises, puisque le C.I.C.E a bien plus saupoudré celles-ci que la petite entreprise du coin -du fait qu'il est interdit de sélectionner au départ les entreprises qui en ont le plus besoin, on a arrosé tout le monde et en fin de compte toujours les mêmes ou la théorie de l'hélicoptère distributeur de monnaie avant la lettre. Ce qui est non seulement absurde mais permet à ceux-là mêmes qui ont été les vecteurs de cette situation depuis des décennies d'avoir le toupet de vitupérer contre une "gabegie" qu'ils ont contribué pourtant à construire ou le pompier pyromane. Sans parler de la déliquescence des institutions qui accentue le sentiment d'un effondrement littéral de l'appareil étatique, à l'exception encore de sa capacité à lever l'impôt et de manier la matraque : pour combien de temps ?…
 

Au fond, croire que l'on pourra "redresser la France" avec une classe politique intellectuelle médiatique voire économique (car le MEDEF est partie prenante lui aussi de l'étatisme subventionniste) aussi cyniquement médiocre revient à continuer à se tromper et lourdement.

Faycal Souteï 19/3/2016

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