Que faire d’Alain Juppé ?

  Agnès Verdier-Molinié dirige avec une compétence hors pair la Fondation iFRAP, issue du Think tank éponyme créé en 1985 par Bernard Zimmern et reconnue d’utilité publique en 2009. Il est important de savoir que la Fondation iFRAP est, et a toujours été, intégralement financée par la générosité privée ce qui la rend indépendante de tout pouvoir.
 
    À ce sujet, je me souviendrai toujours de la réaction, sur un plateau de télévision, d’une ministre de Lionel Jospin balayant d’un revers de main méprisant la référence faite par le présentateur à l’existence de l’iFRAP dont les travaux avaient déjà le don, à l’époque, de mettre mal à l’aise les représentants de l’Etat ayant une haute idée de leur fonction !
 
    Or il se trouve que dans la dernière Nouvelle Lettre hebdomadaire (No 1282 du 14 juin 2016)* publiée par l’Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS), Jacques Garello fait référence à l’émission “Vérité politique” du 12 juin dernier sur TF1 au cours de laquelle Agnès Verdier-Molinié a pu interroger Alain Juppé sur son programme économique.
 
    A cette occasion, Jacques Garello fait grief à Mme Verdier-Molinié de n’être pas aussi libérale que le présentateur Gilles Bouleau s’était plu à la qualifier dans son portrait introductif; “Mais ses excès mêmes”, reconnaît volontiers le professeur Garello, “ont permis de mieux mesurer la “responsabilité” d’Alain Juppé à propos de deux changements décisifs” :
 
     1° la réduction de la charge fiscale des entreprises : en faisant tourner ses ordinateurs, l’iFRAP aurait chiffré à quelque 250 milliards d’euros l’écart entre les prélèvements subis en France et en Allemagne, alors qu’Alain Juppé se limite à une réduction des dépenses publiques de 100 milliards, et veut en rester à 26 milliards d’allègements.
 
    2° la réduction du nombre de personnes bénéficiant du statut de la fonction publique : 4,9 millions en France contre 900.000 en Angleterre. Dans le programme Juppé, on se contenterait de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite”.
 
    De cette première prestation du candidat déclaré Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre, Jacques Garello tire deux enseignements dont l’importance m’apparaît en effet fondamentale pour la suite des évènements:
 
    “Le premier, c’est que le débat est désormais engagé entre ceux qui vont oser porter un jugement novateur et ceux qui vont sauvegarder le système actuel, au prix de quelques amendements. A ce jour, d’après ce que j’ai lu et ce qui s’est dit, seuls Hervé Mariton et François Fillon ont fait dans l’innovation (…);
 
    “Le deuxième enseignement c’est qu’un programme doit se situer entre deux écueils : d’une part, celui des calculs macro-économiques, de l’illusoire pointillisme et, d’autre part, celui des grandes pétitions de principes. En évoquant la liberté, l’égalité et la fraternité, en déplorant la “fracture sociale” et le dynamisme des entrepreneurs et des salariés, en plaidant pour l’équilibre entre trop d’islam et pas assez, entre trop d’Europe et pas assez, en rappelant que la nation est diversité et unité, Alain Juppé se présente comme “responsable” et peut séduire un public élargi. Qui ne serait pas d’accord avec lui ? Mais précisément c’est entre les deux écueils du pointillisme technocratique et du truisme grandiloquent que doit se situer un projet de société”.
 
    Dans la perspective de la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017 qui aura lieu en novembre prochain, Jacques Garello évoque à juste titre Hervé Mariton et François Fillon dont la volonté sincère de réformer et la teneur de leurs programmes respectifs, frappés au coin de la liberté, permettent enfin d’espérer pour la France.
 
    Dans cette optique de renouveau national et sans préjuger le résultat final de cette primaire revêtant, à mes yeux, une importance capitale pour l’avenir de notre infortuné pays tombé bien bas, je forme le voeu que si l’un ou l’autre des deux candidats précités s’impose, qu’il choisisse alors le postulant malheureux le plus proche de ses idées pour le seconder. Pour la France.
 
______________________
 
* Voir le site www.libres.org
    
Librement !
Philippe S. Robert
http://sully1.typepad.com
FRANCE

Philippe Robert 17/6/2016

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 098 vues

Tous les articles de Philippe Robert

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Economie-li-dac, Libertés-LIDAC, Liens d'actualité

 

Comments are closed. Please check back later.