Manipulation théâtrale et repentance

L’acteur principal, Dorcy Rugamba, rwandais, présente ainsi la pièce :  » Nous analyserons sous une loupe grossissante cette civilisation chrétienne qui depuis Constantin1er n’a jamais voulu côtoyer qu’elle-même et elle seule dans le monde. L’Humanité réduite au monologue disait Césaire. Nous allons découdre son alibi humaniste comme un vulgaire tricot, en tirant sur un seul fil -l’extermination systématique d’autrui- Et qui veut verra sous le manteau d’orgueil dans lequel elle se drape, la putréfaction et les vers nageant dans le pus ! Nous arracherons la feuille de vigne derrière laquelle l’Empire du Bien cache sa nudité pour que chacun accède au spectacle. (…) ».

La suite est du même acabit avec cette touche finale  » Nous mourrons tous d’effroi à la vue du plus haut tas de cadavres de toute l’histoire de l’humanité ! « ...

Ainsi, avec l’argent des contribuables français a été mise en scène la plus formidable accusation envers la civilisation occidentale et chrétienne coupable « d’extermination systématique d’autrui », (le nazisme dans ce cas en n’étant, implicitement, qu’une conséquence), extermination qui continue aujourd’hui puisqu’il s’agit d’analyser « cette civilisation chrétienne qui depuis Constantin 1er…), sans, en aucune manière, expliquer aussi que l’esclavage n’existe pas dans le monde depuis le christianisme et qu’au contraire celui-ci s’est installé à Rome en exigeant que l’esclavage soit aboli.

S’il s’est perpétué par la suite, il n’était pas le seul, l’islam en est pour quelque chose aussi, alors qu’en Occident, ce n’était pas sur des bases chrétiennes mais principalement mercantiles, bases humaines trop humaines, qu’il s’effectuait. Par la suite, et même si la comparaison anthropologique classait en effet les cultures en « supérieures » et « inférieures », il ne s’agissait pas d’une dimension raciste (hormis quelques excités) mais réaliste quant au niveau atteint dans le domaine des sciences et des techniques, avec des erreurs cependant néanmoins dans l’évaluation des arts, en particulier sculptural. Mais c’est bien l’Occident chrétien qui a aboli l’esclavage, alors qu’il continue dans nombre de pays à commencer par certains pays africains, comme le Soudan…

Mais le plus intéressant à analyser n’est pas là, puisque ces faits sont connus ; ce qui est le plus intéressant est d’observer la chaîne de causalité qui excuse aujourd’hui le fait d’absoudre en France les violences opérées par les bandes ethniques et l’organisation voire le soutien de l’immigration clandestine, soutien opéré désormais également par certains juges qui relâchent systématiquement ceux qui se font attraper.

Ainsi, sur la base d’une vision apocalyptique du passé, vision mise en scène avec de l’argent public, la justification et la légitimation des exactions et des passe droits sont toutes trouvées : on violente, on viole, on casse, pour se venger de cette civilisation  » qui, depuis Constantin… »… On atteint là le degré zéro de la pensée et de l’art, tout en alimentant une haine sans fin puisque « l’extermination systématique » continue paraît-il ; il est vrai que l’acteur ci-dessus est rwandais et, peut-être, met en cause la responsabilité française dans le massacre des Tutsies…encore faut-il savoir s’il est Tutsie, ce qui n’est pas dit, et de là à remettre en cause un « seul fil », il y a un pas à ne pas franchir, ce que fait pourtant cet individu avec la bénédiction de la puissance publique française, belge, européenne, occidentale.

Comment les jeunes « blacks » des « quartiers » emmenés par leurs profs de français ou d’histoire voir cette pièce vont réagir, voilà une interessante question à poser à Royal et Sarkozy mercredi 2 mai…

Jennifer Sochez 29/4/2007

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