Législatives : reniements et dessous des cartes

Il y aura second tour dans le XIVème à Paris. Yves Cochet, député vert sortant ne devance que d’un point 76 Nicole Guedj, ancien ministre, candidate UMP. Ils font respectivement 35,79 % et 34,03 %.
Et c’est loin derrière que vient Marielle de Sarnez, ancienne porte-parole de François Bayrou, candidat malheureux à la présidentielle, avec 18, 37 %, suivie par un émiettement de voix recueillies par divers candidats de gauche ou de droite.

Eliminée Marielle de Sarnez n’a pas donné de consignes de vote tout en enjoignant ses électeurs de tenir compte de la personnalité et de l’engagement pluraliste respectifs des deux candidats restant en lice. Comprenne qui pourra.

En revanche, Corinne Lepage, Présidente de Cap 21, qui avait renoncé à la candidature présidentielle pour rejoindre les rangs de l’ex UDF, devenue MoDem, a pris position pour le candidat Vert Yves Cochet. Ce qui étonne quand on connaît les sensibilités de Corinne Lepage concernant le Proche-Orient et qu’on les compare à celles des Verts. Avec, pour prendre un exemple récent, la récente prise de position des Verts à l’occasion de l’anniversaire de la Guerre de Six jours. Israël y est présenté comme coupable de tous les maux, non seulement des Palestiniens, mais de la région. Caricatures habituelles.

D’ailleurs, en son temps, Yves Cochet a dénoncé « le mur de l’apartheid » – de fait une barrière de sécurité destinée à protéger les populations civiles israéliennes d’attentats suicides sur son territoire -, soutenant le député arabe israélien Azmi Bishara, qui, ayant fui Israël, a démissionné récemment de la Knesset. Il est soupçonné, en effet, d’avoir aidé le Hezbollah lors de la guerre initiée par le mouvement terroriste contre Israël en été 2006. Donc de haute trahison.

Pedigré qui n’a pas empêché Ségolène Royal de venir apporter égelment son soutien à Yves Cochet. Il faut rappeler, d’ailleurs, que son co-chef de campagne, Jean-Louis Bianco, est également un tenant des thèses des Verts concernant Israël. Et il s’est prononcé par voie de pétition, entre autres, pour le versement de fonds européens au Hamas. Qui, livre actuellement une guerre sanglante au Fatah à Gaza…

Dans le 12ème, 8ème circonscription, Arno Klarsfeld, entré en politique lorsqu’il a accepté plusieurs missions pour Nicolas Sarkozy qui était alors le candidat UMP à la présidentielle et les a menées avec succès, est arrivé en tête avec 35,76 % des voix, devant la socialiste Sandrine Mazetier, qui a recueilli 33, 54 % des suffrages. Son authenticité, son honnêteté, sa simplicité, derrière lesquels se cache un esprit brillant, ont de toute évidence séduit une grande partie de l’électorat de cette circonscription. Qu’il sillonne assidûment depuis son dépôt de candidature. Il parle d’ailleurs aujourd’hui avec un enthousiasme non feint de l’arrondissement, évoquant, par exemple « La Coulée Verte, » ancien tracé d’un chemin de fer devenu lieu de balade. En vélo, en ce qui le concerne.
Tout comme l’ont séduit sans doute la grande maîtrise des dossiers de cet avocat inscrit au Barreau de Paris mais aussi de New York et Los Angeles.

Ségolène Royal, qui avait devancé pour la présidentielle son adversaire de l’UMP de quelques voix dans cet arrondissement, entourée cette fois de groupies, y a donc volé au secours de la candidate socialiste. Qui bénéficie du soutien des Verts, encore et toujours, et de ce qui reste du dinosaure qu’est devenu le PCF. Le candidat du MoDem, Jean-François Pernin, ne donne aucune consigne et ses électeurs se départageraient pour moitié, selon les sondages. Laconique, il publie un communiqué du MoDem sur son blog refusant toute « cuisine électorale » entre les deux tours.

Quant à Sandrine Mazetier, elle publie sur son blog une interview chat parue sur le site de l’Express qui contient des propos pour le moins insultants envers Arno Klarsfeld. Il y est qualifié de « candidat guignol » par un interlocuteur. La candidate socialiste non seulement laisse passer mais répond qu’il « cherche visiblement l’image et refuse la bande son. Ca n’est effectivement pas respectueux de la démocratie. » Elle accuse donc implicitement quelque 16.500 électeurs d’être des benets. Ce qui montre de sa part un grand respect de la démocratie, à coup sûr ! Et c’est d’ailleurs son équipe qui a choisi de mettre le passage cité ci-dessus en exergue. Plus bas, dans un édito elle parle, sans rire, « tolérance et ouverture…. »
Arno Klarsfeld, pour sa part, se refuse purement et simplement depuis le départ « à dire du mal des autres candidats. » Il se situe à cent coudées au-dessus de tout cela et la candidate socialiste n’aura donc pas la prise de bec qu’elle semble rechercher.

Deux circonscriptions à suivre donc le soir du second tour des législatives.

Hélène Keller-Lind 13/6/2007

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