Les grenouilles qui voulaient…

Elle dit, elle exige ! Elle décide !

Lundi dernier en huit, 4 juin, on a pu l’entendre au journal télévisé de la Trois, déclarer en substance :

Le parti socialiste doit changer ! Il doit abandonner ses dogmes !

Elle n’a pas précisé lesquels de dogmes. Comme pour son programme gouvernemental alternatif, on peut les deviner en creux quels sont ces dogmes auxquels le PS doit définitivement renoncer.

Socialiste, notre future impératrice de l’opposition, elle fixe le cap : c’est « …le Socialisme du réel. »

La formule est de Madame Royal. Elle est curieuse.

Les héritiers de Staline, qui ont mené l’URSS a la débâcle et déconsidéré, pour quelques temps encore, les projets d’économie socialisée fondés sur une division internationale du travail non antagonique, appelaient « Socialisme réel » leur système de gouvernement policier et de planification bureaucratique.

Ce socialisme du réel, conforté par « l’abandon des dogmes » décidé par Madame la chef de l’opposition, présente la particularité de protester contre un président de la République française dénoncé par elle, ses amis et ses alliés, comme étant « ultra libéral autoritaire » tandis qu’elle ne proteste pas et refuse de s’opposer à l’ultra libéralisme- despotique de la commission européenne.

La chef(e) de la vague blanche dénonce le caractère antisocial du nouveau gouvernement ; normal, elle déclare rester une socialiste, mais une socialiste débarrassée de « dogmes ». Pourtant, malgré la multiplication de ses discours, elle n’a pas encore trouvé à dire un mot de la hausse massive du prix du courant électrique qui menace des millions de familles françaises au budget modeste, parce que la Commission européenne exige cette mesure indispensable -dit-elle- à l’entrée des opérateurs privés dans ce secteur vital de l’activité économique.

Madame Royale pourfend les vieux dogmes issus de Jean Jaurès et de Léon Blum. Pourquoi pas ?

Par contre, il est un dogme pour la dénonciation duquel sa bouche, toujours ou presque toujours souriante, sauf pour dénoncer « Sarko», reste jusqu’à ce jour scellée. Ce dogme, ce sont les pouvoirs despotiques confiés à la Commission européenne ; ce dogme devant lequel elle tourne la tête pour ne pas le voir, ce sont ces pouvoirs réellement dictatoriaux et leurs fondements économiques, que nous avons rejetés à plus de 55% il y a eu deux ans le 29 mai dernier.

Ces pouvoirs autoritaires, et même franchement despotiques, ne choquent pas la cheftaine de la vague blanche.

Même quand une directive de la Commission a pour effet de menacer la France d’être traduite devant la cour européenne de justice afin d’y être condamnée à de lourdes pénalités que devront payer toutes les familles de ce pays, on ne l’entend pas.

Le gouvernement de notre pays est accusé d’empêcher le plein déploiement de la concurrence libre et non faussée, en n’abrogeant pas la règlementation des prix du courant électrique, qui, pour la dite Commission, maintient toujours beaucoup trop bas les prix du courant électrique à la consommation.

On n’a pas encore entendu les cris indignés de la cheftaine de la vague blanche.

Ce silence n’est-il pas lié aux choix de 1992 pour le traité de Maastricht et à celui de 2005 qui contredisait celui de la majorité des citoyens qui ont clairement signifié la conclusion de leur droit « d’expertise » au plan du vote ?

Un fait demeure jusqu’à aujourd’hui, Madame Royal discourt comme si elle n’avait jamais entendu parlé de ce problème de menaces de la Commission européenne bien décidée d’imposer la hausse du prix du courant électrique afin de faciliter l’entrée d’opérateurs privés après le 1er juillet prochain.

En d’autres termes, le « socialisme du réel » de notre ex aspirante Présidente de la République et déjà presque nouveau secrétaire nationale du PS, si on veut savoir ce que c’est, il n’est qu’à regarder ce que décide chaque jour Bruxelles dans le domaine économique.

Bref, le futur programme du PS, cessant d’être socialiste selon des « dogmes » surannés, c’est une France et un gouvernement du pays annexes bien sage de la Commission de Bruxelles, dirigés par une caudilla tout de blanc vêtu et menant à la baquette le PS à la façon d’un thatchérisme « participatif ».

Procès d’intention ? Spéculations à partir d’un mot ou d’une expression malheureuse?

Lundi 4 juin toujours, sur la même antenne, répondant à une question relative aux mises en garde de la Commission européenne quand aux effets budgétaires des mesures décidées par le nouveau gouvernement, nous avons pu entendre notre caudilla Charente Poitou se déclarer d’accord « avec les milieux économistes ». On aura admiré au passage l’hypocrisie d’un(e) chef (e) politique voulant effacer le vote majoritaire du 29 mai 2005.

Elle répondra aux journalistes « qu’en effet les milieux économistes dénoncent les effets de dérive budgétaires des mesures du nouveau gouvernement ».

Les journalistes ne lui parlaient pas des opinions des « milieux économistes », mais des critiques et des inquiétudes de la Commission de Bruxelles. Mais peut être que pour la tornade blanche Charente Poitou, « commissaires de la Commission de Bruxelles » cela se traduit, en français d’interview, par l’expression, moins gênante, dans un pays qui voulait majoritairement rejeter la traité de Maastricht et qui a majoritairement rejeté le traité constitutionnel : les milieux d’économistes sérieux?

Pour dire les choses autrement, être investi candidat député devant les électeurs par la cheftaine de la vague blanche, cela signifie s’atteler à faire oublier le 29 mai 2005.

Cela veut dire travailler d’arrache pied à rallier les milieux populaires français à la camarilla bureaucratique investie par le traité de Maastricht, coterie de hauts fonctionnaires la tête farcie des dogmes de l’école de Chicago, qui exigent la hausse du prix du courant électrique, qui imposent de démembrer totalement le service postal public, qui exigent de tarir à la source le financement du logement social au moyen de la directive concernant le livret A.

Pas mal pour une alternative paraît-il opposée point par point à la politique de l’ultra libéral autoritaire Sarkozy.

Si le congrès du Parti Socialiste se donne à la chef de la vague blanche, si nos grenouilles socialistes se donnent à une reine, ce n’est pas à un bâton fiché dans la vase qu’elles s’abandonneront, pas une chef(e) qu’elles s’offriront mais une trique, un volatile ambitieux avalant les batraciens trop attachés aux « dogmes » et recrachant des têtards friands de l’ultra libéralisme bruxellois qu’ils verront désormais avec les yeux de Chimène de leur reine « socialiste » sans « dogme ». Nos grenouilles verront avec délice le « socialisme réel », le socialisme antilibéral et anti autoritaire dans chaque injonction de la Commission européenne.

Notre aspirante leader de l’opposition résolue au « sarkozysme » ultra libéral et autoritaire, aura réalisé un miracle qui devrait en préparer de nouveaux : changer les grenouilles en autruche, fière de garder la tête dans le sable afin d’applaudir la construction européenne dirigée par des institutions pour lesquelles, en 1992 et 2005, leur future nouvelle chef à ferraillé avec ardeur.

A suivre.


13/6/2007

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